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Saint Hilaire, évêque de Poitiers, docteur de l'Eglise, patron du diocèse de Poitiers. 368.
" Se taire quand on doit parler est de la pusillanimité, non de la modestie."Lib. contra Constantium.
Saint Hilaire de Poitiers. Grandes heures d'Etienne Chevalier. Jean Fouquet. XVe.Hilaire vient d'hilarité, parce qu'il servit Dieu avec un coeur plein de joie. Ou bien Hilaire vient de
altus, haut, élevé, et
arès vertu, parce qu'il fut élevé en science et en vertu, durant sa vie. Hilaire viendrait encore de
hylè, qui veut dire matière primordiale, qui fut obscure, et en effet, dans ses oeuvres, il y a grande obscurité et profondeur.
Saint Hilaire naquit en Aquitaine seconde, qui
" surpassait alors toutes les autres provonces gauloises en urbanité ". Son père se nommait Francaire et était d'une famille de grande noblesse.
Il
fut élevé dans le paganisme et ne se fit chrétien que dans l'âge mûr.
Il mena une vie honnête et pure. Après la grâce de Dieu, l'étude de la
philosophie puis de l'Ecriture sainte furent les causes de sa
conversion :
" Je considérais que l'état le plus
désirable, selon les sens, est le repos dans l'abondance, mais que ce
bonheur est commun avec les bêtes. Je compris donc que le bonheur de
l'homme devait être plus relevé, et je mettais dans la pratique de la
vertu et dans la connaissance de la vérité. La vie présente n'étant
qu'une suite de misères, il me parut que nous l'avions reçue pour
exercer la patience, la modération, la douceur, et que Dieu, tout bon,
ne nous avait point donner la vie pour nous rendre plus misérables en
nous l'otant.
Mon âme se portait donc avec ardeur à connaître ce
Dieu, auteur de tout bien, car je voyais clairement l'absurdité de tout
ce que les païens enseignaient touchant la divinité, la partageant
entre plusieurs personnes, de l'un et de l'autre sexe, l'attribuant à
des animaux, à des statues et à d'autres objets insensibles. Je
reconnus qu'il ne pouvait y avoir qu'un seul Dieu, éternel,
tout-puissant, immuable."
Sacre de saint Hilaire. Vies de saints. J. de Monbaston. XIVe.Le
fait qu'il semble avoir reçu le baptême peu de temps avant l'épiscopat
n'indique pas qu'il n'était pas chrétien bien avant. En effet, un usage
en ce temps était de ne le recevoir que dans un âge avancé ou après une
longue préparation.
Il avait tellement peur de perdre le trésor de
la foi qu'il ne fréquentait ni les Juifs ni les hérétiques. Plus tard
par charité, cette auxiliaire indispensable à la foi, le porta à
modifier, le cas échéant, cette attitude.
Saint Hilaire avait
une femme dont la vertu était remarquable. Ils eurent une fille Abra,
qu'il engagea à demeurer vierge et à vivre pour Notre Seigneur. En ce
temps, il arrivait que l'on prît des clercs ches les hommes marié mais
on es engageait à ne plus avoir de commerce avec elles, sous peine
d'adultère. Il reçut l'épiscopat à la fin des années 340.
Saint
Hilaire était tellement conscient de la dignité de l'épiscopat que
lorsqu'il voulut représenter à l'empereur qu'il méritait à ses yeux une
grande considération, il lui dit :
" Episcopus ego sum !"
" Je suis évêque !"Il considérait l'évêque comme
" le prince parfait de l'Eglise, lequel doit posséder dans leur perfection les plus grandes vertus ".
"
Dans un évêque, l'innocence de la vie ne suffit pas sans la science, et
sans la sainteté, la plus grande science ne suffit pas davantage ; en
effet, comme il est institué pour l'utilité des autres, à quoi leur
sert-il, s'il ne les instruit, et ses instructions ne seront-elles pas
stériles, si elle ne sont pas d'accord avec sa vie ?"D'un prêtre, il dit sans cesse :
"
Qu'il orne sa vie en prêchant, qu'il orne sa prédication en vivant ;
car innocent, il n'est utile qu'à lui-même s'il n'est pas savant, sa
science n'a aucune autorité s'il n'est pas innocent."
Concile de Séleucie. Speculum historiale. V. de Beauvais. XVe.Il commença sa prédication avec l'évangile de saint Matthieu car
" le Nouveau Testament est caché dans l'ancien et l'Ancien Testament est manifesté dans le Nouveau ". Puis il continua par saint Jean pour affirmer la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ.
C'est
aussi, et surtout, par le combat contre les Ariens et le faible et
tyrannique empereur Constance, que saint Hilaire mérita d'être le saint
Athanase de l'Occident. Il entra dans le combat au moment du concile
d'Arles (353), où l'empereur était présent, qui demanda aux évêques de
souscrire aux hérésies ariennes. Paulin, évêque de Trèves, reffusa et
fut exilé.
Plus tard dans la même année, dans un concile réunit
à Milan, l'empereur fit renouveler ses admonestations et les assortit
de l'ordre de condamner saint Athanase.
Il est difficile de
savoir si notre saint assista à ce concile, mais, alors que les légat
du pape saint Libère était exilés eux-aussi pour avoir refusé selon la
mission que leur avait donner le Pontife suprême de signer cette
condamnation, saint Hilaire fit parvenir à l'empereur son premier livre
à Constance.
En 356, les Ariens, emmenés par Saturnin d'Arles,
convoquèrent un concile à Bézier. Saint Hilaire s'y rendit en vue de
réfuter leurs erreurs. Mais Saturnin interdit qu'il fût entendu et
envoya une fausse relation u concile à l'empereur. Saint Hilaire fut
exilé en Phrygie avec saint Rodhane, évêque de Toulouse.
De là, par ses écrits et ses ambassades, il poursuivit le gouvernement de son diocèse mais aussi son combat contre l'hérésie.
Saint Hilaire combattant les hérétiques. Legenda aurea - Bx. J. de Voragine. Richard de Monbaston. XIVe.C'est en cet exil qu'il composa son
Traîté de la Trinité (
http://jesusmarie.free.fr/hilaire_de_poitiers_la_trinite.html), afin de démasquer l'erreur et de défendre la vérité.
Notre saint y prouve de la manière la plus ferme la consubstantialité du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Il y fait voir aussi que l'Arianisme ne peut être la vérité car cette
doctrine n'a point été révélée à saint Pierre, dont la foi sera
indéfectible car Jésus-Christ à prié précisément pour cela.
Pendant
son exil, il se tint deux nouveaux conciles. L'un à Rimini, où les
ignominies touchant à la vraie foi continuèent et l'autre à Séleucie
(359).
L'empereur ayant ordonnée que tous les évêques y fussent,
saint Hilaire s'y trouva et put providentiellement s'opposer aux
Ariens. Au point que ceux-ci furent même condamnés par les semi-Ariens.
A
la suite, des points de désaccords grâves demeurant, on envoya une
ambassade, à laquelle saint Hilaire se joignit, à Constantinople.
Là les Ariens qui pulullaient trouvèrent l'occasion de tenir un nouveau concile qu'ils organisèrent à leur main (360).
Saint
Hilaire alors envoya une requête à Constance lui demandant, d'être
confronté directement et publiquement à Saturnin d'Arles, l'auteur de
son exil, et de conférer avec lui devant tout le concile de la vérité
intégrale de la foi.
Les Ariens persuadèrent à l'empereur de ne
point accéder à ces requêtes et saint Hilaire fut renvoyé dans les
Gaules et à son diocèse (360).
Sur le chemin, saint Hilaire aborda l'île de Gallinaria (aujourd'hui connue sous le nom d'
Isoletta d'Albenga,
qui n'était alors pas habitable par les hommes car elle était infestée
de serpents venimeux. Lesquels serpents se retirèrent et disparurent
dès que notre saint eût mis le pied sur l'île.
Saint Hilaire remettant les ordres mineurs à saint Martin. Marquet. Cathédrale Saint-Gatien de Tours. XVIIe.C'est
de cette île que saint Martin, qui était déjà son disciple, l'alla
chercher à Rome, sur la nouvelle qu'il était renvoyé dans les Gaules.
Saint Martin manqua son maître mais le rejoignit bientôt sur la route
et termina le voyage jusqu'à Poitiers avec saint Hilaire.
Saint
Martin avait quitter le service militaire en 356, et c'est pour ne plus
quitter saint Hilaire qu'il fonda le deuxième monastère des Gaules à
Ligugé où il y passa 15 ans.
De son diocèse, saint Hilaire
poursuivit son combat. Il restaura la vraie foi et remit de l'ordre
dans des églises qui avaient beaucoup souffert des persécutions des
Ariens. Il fut appelé bientôt
" Sauveur et Père de la Patrie ".
Clovis,
quelque 150 ans plus tard, marchant au combat contre Alaric, roi des
Goths, vit une grande lumière émaner de la basilique s'avancer vers lui
et une voix lui dire de se hâter une fois qu'il aurait fait sa prière.
Clovis comprit que saint Hilaire marcherait avec lui. La victoire fut
acquise en trois heures et la défaite d'Alaric fut un désastre.
En
361, il rédigea un ouvrage destiné à Constance afin de l'exhorter avec
vigueur à revenir sur ses errements et sur le soutien scandaleux qu'il
donnait aux Ariens. La mrot de Constance cette même année ne lui permit
pas de le lui adresser.
En 364, saint Hilaire passa en Italie où
il retrouva entre autres saint Eusèbe de Verceil, pour continuer d'y
combattre les hérétiques. une grande souffrance fut pour lui de voir
Lucifer de Cagliari, qui avait été un intrépide défenseur de
l'orthodoxie à ses côtés, faire un schisme avec quelques évêques.
Contre le pape Damase, au motif qu'il trouvait trop légères les peines
qu'encouraient les hérétiques et les voies de réintégration dans
l'orthodoxie trop peu exigeantes.
Cathédrale Saint-Pierre de Poitiers.Saint
Hilaire trouva à Milan l'usurpateur Auxence, Arien, contre lequel il
écrivit d'ailleurs, après avoir obtenu une confrontation publique avec
Auxence en présence de l'empereur qui se termina par la déroute de
l'Arien, mais n'obtint que peu de résultat car la profession de foi que
fut obligé de signer Auxence le fut en termes aussi équivoques que
subtils.
L'empereur le renvoya alors à Poitiers où saint Hilaire
s'éteignit le 13 janvier 368 après avoir poursuivit sans relâche le
combat contre les hérétiques et le gouvernement de son diocèse.
Saint
Hilaire, dont des reliques sont toujours conservées à Poitiers, mais
aussi au Puy-en-Velay, est représenté en évêque, terrassant des
serpents.