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 Evangile selon Saint Matthieu , chap 25 ; verset 1 - 13

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MessageSujet: Evangile selon Saint Matthieu , chap 25 ; verset 1 - 13   Mar 10 Fév - 14:45

Evangile selon Saint Matthieu , chap 25 ; verset 1 - 13

Citation :
Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, sortirent à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient folles, et cinq étaient sages.
Les folles, en prenant leurs lampes, n’avaient pas pris d’huile avec elles ;
mais les sages avaient pris de l’huile dans leurs vases avec leurs lampes.
Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, un cri se fit (entendre) : « Voici l’époux ! Allez à sa rencontre ! »
Alors toutes ces vierges se levèrent et préparèrent leurs lampes.
Et les folles dirent aux sages : « Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. »
Les sages répondirent : « De crainte qu’il n’y en ait pas assez pour nous et pour vous, allez plutôt chez ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous. »
Mais, pendant qu’elles s’en allaient en acheter, l’époux arriva, et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui au festin des noces, et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres vierges vinrent aussi, disant : « Seigneur, Seigneur, ouvrez-nous ! »
Mais il répondit : « En vérité, je vous le dis, je ne vous connais pas. »
Donc veillez, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure.

http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89vangile_selon_Saint_Matthieu_-_Crampon#Chapitre_25

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 25 ; verset 1 - 13   Mar 10 Fév - 15:02

Commentaire par Saint Thomas d'Aquin.

Versets 1-13


http://docteurangelique.free.fr/index.html

S. Jean Chrysostome :

(hom. 78 sur S. Matth.) Dans la parabole précédente, Notre-Seigneur nous a fait connaître quel serait le châtiment du serviteur qui frappait ses compagnons, s’enivrait et dissipait les biens de son maître. Dans celle-ci, il nous apprend quelle sera la punition de celui dont la vie s’écoule sans bonnes oeuvres, et qui n’amasse pas en abondance les provisions spirituelles dont il aurait besoin, car les vierges folles avaient de l’huile, mais pas en quantité suffisante : " Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges. "

S. Hilaire :

(can. 28.) Le Sauveur dit : " Alors, " car toute cette parabole se rapporte au grand jour du Seigneur (Soph 1, 14 ; Ml 4, 5 ; Jude 6), dont il vient de parler.

S. Grégoire :


(hom. 12 sur les Evang.) L’Église de la terre est appelée le royaume des cieux, comme dans cet autre passage : " Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils arracheront les scandales de son royaume " (Mt 13).

S. Jérôme :

Il en est qui appliquent exclusivement aux vierges cette parabole des vierges folles et des vierges prudentes ; les unes, d’après l’Apôtre, sont vierges d’esprit et de corps (1 Co 7) ; les autres n’ont en partage que la virginité du corps, sans les oeuvres de la virginité ; ou bien, tout en demeurant sous la garde de leurs parents, elles ne laissent pas d’être mariées par les désirs de leur cœur. Mais, d’après les antécédents, cette parabole me paraît avoir une signification différente et se rapporter, non pas seulement à ceux qui sont vierges de corps, mais à tout le genre humain.

S. Grégoire :

(hom. 12.) Tout homme possède en double chacun des cinq sens, et le nombre cinq étant doublé donne le nombre dix. Or, comme les deux sexes concourent à former la multitude des fidèles, la sainte Église nous est représentée sous la figure de ces dix vierges, et, comme les bons s’y trouvent mêlés aux méchants, et les réprouvés avec les élus, elle est comparée avec raison aux vierges sages et aux vierges folles.

S. Jean Chrysostome :

(hom. 78.) Notre-Seigneur choisit des vierges pour en faire le sujet de cette parabole, afin de nous apprendre que la virginité est sans doute une chose excellente, mais que cependant, si elle est dépourvue des oeuvres de miséricorde, elle sera jetée dehors avec les adultères.

Origène :

(traité 32 sur S. Matth.) Ou bien, ces vierges sont les sens de tous ceux qui ont reçu la parole de Dieu, car cette parole, par sa pureté, se prête et s’accommode à tous ceux que ses enseignements ont détachés du culte des idoles, pour les consacrer au culte du vrai Dieu par Jésus-Christ : " Et ayant pris leurs lampes, elles s’en allèrent, " etc. Ceux dont ces vierges sont la figure prennent leurs lampes, c’est-à-dire leurs sens extérieurs, sortent du monde et de ses erreurs, pour venir au-devant du Sauveur, qui est toujours prêt à entrer dans la maison de son épouse, la sainte Église, avec ceux qui sont dignes de l’accompagner.

S. Hilaire :

Ou bien, l’époux et l’épouse, c’est Notre-Seigneur Dieu, uni à un corps semblable au nôtre, car la chair est comme l’épouse de l’esprit. Ces lampes, que les vierges ont prises, sont la lumière de ces âmes en qui brille la blancheur éclatante du baptême.

S. Augustin :

(Serm. 22 sur les paroles du Seig.) Ou bien, les lampes qu’on porte à la main représentent les oeuvres, car il est écrit (Mt 5) : " Que vos oeuvres brillent aux yeux des hommes. "

S. Grégoire :

(hom. 12). Ceux dont la foi est droite et la vie pure sont semblables aux cinq vierges sages ; mais ceux qui font profession de la foi chrétienne, sans chercher à assurer leur salut par les bonnes oeuvres, ressemblent aux cinq vierges folles : " Il y en avait cinq d’entre elles qui étaient folles et cinq qui étaient sages. "

S. Jérôme :

Il y a en nous cinq sens qui aspirent aux choses célestes et qui désirent les biens du ciel. Il a été dit en particulier du sens de la vue, de l’ouïe et du toucher : " Ce que nous avons vu, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, et ce que nos mains ont touché " (1 Jn 1) ; du sens du goût : " Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux " (Ps 33) ; du sens de l’odorat : " Nous courrons sur tes pas à l’odeur de tes parfums " (Cant. 1). Mais il y aussi cinq autres sens qui soupirent avec ardeur après les plaisirs fangeux de la terre.

S. Augustin :

(Serm. 22 sur les paroles du Seig.) Ou bien, les cinq vierges sages représentent la continence que nous devons pratiquer dans les cinq sens du corps, en les séparant des attraits de la chair, car nous devons interdire aux désirs de notre âme les plaisirs de la vue, de l’ouïe, de l’odorat, du goût et du toucher. Mais comme les uns observent cette continence sous les yeux de Dieu, dans le but unique de lui plaire par la joie intérieure de la conscience, et les autres, devant les hommes, pour mériter leur estime, cinq d’entre ces vierges sont sages et cinq sont folles ; toutes cependant sont vierges, parce que toutes gardent la continence, quoiqu’elles aient un foyer d’action différent.

Origène :

(Traité 32.) Les vertus s’attirent et se suivent les unes les autres, de manière que celui qui en possède une a toutes les autres ; ainsi, tous les sens marchent à la suite les uns des autres, et, par conséquent, tous les cinq sens sont nécessairement, ou doués de la sagesse, ou livrés à la folie.

S. Hilaire :

Ou bien, cette distinction des cinq vierges sages et des cinq vierges folles établit la séparation qui existe entre les fidèles et les infidèles.

S. Grégoire :

(hom. 12.) Il est à remarquer que toutes ces vierges portent des lampes, mais qu’elles n’ont pas toutes de l’huile : " Mais les cinq vierges folles ayant pris leurs lampes, ne prirent pas d’huile avec elles. "

S. Hilaire :

L’huile, c’est le fruit des bonnes oeuvres ; les vases, sont les corps dans les entrailles desquels il faut cacher le trésor d’une bonne conscience. Les vierges qui ont pris de l’huile avec elles sont celles dont la foi est relevée par les oeuvres, et les vierges qui n’en ont pas sont celles qui paraissent professer la même foi, mais ne se mettent pas en peine de pratiquer les oeuvres des vertus.

S. Augustin :

(Serm. 22 sur les paroles du Seig.) Ou bien, l’huile, à mon avis, figure la joie elle-même, d’après ces paroles du Roi-prophète : " Votre Dieu vous a sacré d’une huile de joie " (Ps 44). Celui donc dont la joie n’a point pour motif qu’il plaît intérieurement à Dieu, n’a pas d’huile avec lui, car il ne possède point la véritable joie, puisqu’il ne pratique la continence que pour obtenir les louanges des hommes. Les vierges sages, au contraire, prennent avec leurs lampes de l’huile dans leurs vases, c’est-à-dire qu’elles portent dans leur cœur et dans leur conscience la joie des bonnes oeuvres, selon le conseil de l’Apôtre " Que l’homme examine ses propres actions, et alors il aura seulement de quoi se glorifier en lui-même et non dans un autre " (Ga 6).

S. Jean Chrysostome :

(hom. 78.) Ou bien l’huile, dans la pensée du Sauveur, c’est la charité, c’est l’aumône et tout autre secours donné aux indigents ; les lampes, sont les grâces de la virginité, et il appelle folles ces vierges qui, après avoir pratiqué ce qu’il y a de plus pénible, ont perdu tout le fruit de leurs efforts dans des épreuves beaucoup moins importantes, car il est bien plus difficile de vaincre la concupiscence de la chair que l’amour des richesses.

Origène :

Ou bien, l’huile, c’est la parole de la doctrine, qui remplit les âmes comme autant de vases. Rien, en effet, ne donne autant de force à l’âme qu’un discours moral sur une vertu quelconque, et qui est ici figuré par l’huile de la lampe. Or, les vierges sages ont pris avec elles autant de cette huile qu’il leur en fallait, même en supposant que leur mort fût éloignée, et que le Verbe dût tarder à venir pour consommer leur salut. Les vierges folles ont pris aussi avec elles leurs lampes, qui étaient d’abord allumées ; mais elles n’ont pas pris assez d’huile pour les entretenir jusqu’à la fin, parce qu’elles n’ont eu que de la négligence pour recueillir la parole divine qui fortifie la foi et entretient la lumière des bonnes oeuvres.

" Et, comme l’époux tardait à venir, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. "

S. Augustin :

(comme précéd.) Les bons comme les mauvais parmi les hommes meurent dans l’intervalle du temps qui s’écoule jusqu’à la résurrection des morts, laquelle aura lieu à l’avènement du Seigneur.

S. Grégoire :

(hom. 12.) Ce sommeil, c’est la mort et l’assoupissement qui précède le sommeil, c’est, avant la mort, la langueur pour tout ce qui concerne le salut, car cet assoupissement conduit directement à la mort.

S. Jérôme :

Ou bien, elles s’assoupirent, c’est-à-dire qu’elles moururent ; et il dit ensuite qu’elles s’endormirent, parce qu’elles devaient ressusciter. Ces paroles : " Et comme l’époux tardait à venir, " nous indiquent qu’il devait s’écouler un assez long espace de temps entre le premier et le second avènement du Seigneur.

Origène :

Ou bien, l’époux tardant à venir, et le Verbe ne venant pas aussitôt mettre un terme à notre vie, les sens, par suite de la faiblesse qui leur est naturelle, s’assoupissent comme ensevelis dans la nuit du monde. Elles s’endormirent ensuite, en négligeant de suivre les mouvements de l’esprit de vie ; cependant elles ne perdirent pas leurs lampes, et les vierges sages ne désespérèrent pas de conserver leur huile : " Mais, sur le minuit, on entendit un grand cri, " etc.

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 25 ; verset 1 - 13   Mar 10 Fév - 15:03

S. Jérôme :

Suivant la tradition des Juifs, le
Christ doit venir au milieu de la nuit comme au temps de la délivrance
de la servitude d’Egypte, alors que la Pâque fut célébrée, que l’ange
exterminateur fut envoyé, que le Seigneur passa au-dessus des tentes,
et que le seuil de nos portes fut consacré par le sang de l’agneau. Je
pense que c’est de là qu’est venue cette tradition apostolique, qui
subsiste encore, de ne point permettre aux fidèles, la veille de
Pâques, de quitter l’Église avant le milieu de la nuit, pour leur faire
attendre l’arrivée et la résurrection de Jésus-Christ, afin que, après
l’accomplissement de cet heureux événement, ils puissent célébrer en
toute sécurité ce grand jour de fête. C’est en vue de cette nuit
solennelle que le Psalmiste disait : " Je me levais au milieu de la
nuit pour chanter vos louanges " (Ps 118).

S. Augustin :

(comme
précéd.) Ou bien, au milieu de la nuit, c’est-à-dire au moment où
personne ne soupçonnera l’arrivée de l’époux et ne s’y attendra.

S. Jérôme :

Ce
sera donc tout d’un coup, au milieu du calme de la nuit, alors que tous
se livrent paisiblement au repos et que le sommeil est le plus profond,
que le cri des anges, et les trompettes des puissances qui précéderont
le Christ, annonceront son avènement, comme il le dit lui-même : "
Voici l’époux qui vient, allez au-devant de lui. "

S. Hilaire :

(can.
27.) L’épouse seule, réveillée par le son de la trompette, va au devant
de l’époux, car l’époux et l’épouse, c’est-à-dire Dieu et la chair, ne
feront plus qu’un, parce que l’humilité de la chair sera revêtue d’une
gloire toute spirituelle.

S. Augustin :

(comme
précéd.) Je pense que ce qui est dit ici, que les vierges seules vont
au-devant de l’époux, doit s’entendre en ce sens que ce sont les
vierges elles-mêmes qui sont l’épouse. C’est ainsi que, lorsque tous
les chrétiens se rendent dans le sein de l’Église, nous disons que ce
sont des enfants qui accourent à leur mère, quoique cette mère n’est
autre que la réunion des enfants eux-mêmes. Or, maintenant, l’Église
est une vierge fiancée, et qui doit être unie à son époux, et elle
célébrera ces noces divines au jour où, dépouillée de tout ce qu’elle
avait de périssable et de mortel, Dieu l’appellera aux joies d’une
nouvelle union.

Origène :

Ou bien,
c’est au milieu de la nuit, alors que le sommeil est le plus profond,
qu’on entendra un grand cri, le cri des anges venant tirer tous les
hommes de leur sommeil, car ce sont les ministres du Seigneur (He 1)
qui viendront faire entendre à l’oreille de tous ceux qui dorment ce
cri : " Voici l’époux qui vient ; allez au-devant de lui. " Tous ont
entendu cet appel et tous se sont levés ; mais tous n’ont pas préparé
convenablement leurs lampes : " Aussitôt toutes ces vierges se levèrent
et préparèrent leurs lampes. " L’ornement de ces lampes spirituelles,
conformément à l’esprit de 1’Évangile, c’est le bon et légitime usage
des sens ; quant à ceux qui font un mauvais usage de leurs sens, ils ne
peuvent les relever par aucun ornement.

S. Grégoire :

Ou
bien, toutes les vierges se lèvent, parce que les élus et les réprouvés
sont réveillés du sommeil de la mort, et ils préparent leurs lampes,
parce qu’ils font en eux-mêmes le dénombrement des oeuvres qui peuvent
leur permettre d’espérer l’éternelle félicité.

S. Augustin :

(comme précéd.) Elles préparèrent leurs lampes, c’est-à-dire le compte qu’elles devaient rendre de leurs oeuvres.

S. Hilaire :

(can.
27.) Ou bien, l’action de reprendre leurs lampes, c’est le retour des
âmes dans les corps, et leur lumière, c’est la conscience des bonnes
oeuvres qui brille dans notre corps comme dans le vase qui la contient.

S. Grégoire :

(hom.
12.) Mais les lampes des vierges folles s’éteignent, parce que leurs
oeuvres, qui avaient paru briller d’un certain éclat extérieur aux yeux
des hommes, s’obscurcissent intérieurement à l’approche du juste Juge :
" Mais les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, " etc.
Elles demandent de l’huile aux vierges prudentes, c’est-à-dire que,
sentant et comprenant leur indigence intérieure, elles cherchent au
dehors des témoignages favorables. Leur trop grande confiance les a
trompées, et, sous l’empire de cette déception, elles disent à leurs
compagnes : Puisque vous nous voyez rejetées à cause du défaut de
bonnes oeuvres, rendez témoignage à ce que vous avez vu de notre vie.

S. Augustin :

(comme
précéd.) Ces vierges folles, selon leur habitude, recherchent toujours
ce qui fait le sujet ordinaire de leur joie. C’est pour cela qu’elles
veulent porter devant Dieu, qui pénètre le fond des cœurs, le
témoignage des hommes pour qui les secrets des cœurs sont invisibles ;
mais toutes ces actions, qui n’ont d’autre soutien que les louanges des
hommes, tombent et disparaissent dès que ce soutien vient à leur
manquer, et voilà pourquoi leurs lampes s’éteignent.

S. Jérôme :

Ou
bien, ces vierges qui se plaignent de voir leurs lampes éteintes,
montrent qu’elles ont encore quelque lumière ; mais cette lumière n’est
pas persévérante, et leurs oeuvres n’ont aucun caractère de durée.
Celui donc qui a le bonheur d’avoir une âme virginale et d’aimer la
pureté ne doit point placer sa joie dans les choses vaines et futiles
qui passent et qui se dessèchent si vite aux premières ardeurs du
soleil, et il s’attache à la pratique des vertus parfaites, pour jouir
d’une lumière éternelle.

S. Jean Chrysostome :

(hom.
78.) Ou bien, dans un autre sens, non-seulement ces vierges étaient
folles, parce qu’elles ont quitté la terre sans avoir avec elle l’huile
de la miséricorde, mais parce qu’elles espéraient qu’on leur donnerait
de cette huile là où elles se sont adressées mal à propos pour en
obtenir. Car bien que personne ne soit plus miséricordieux que ces
vierges sages, qui ont surtout brillé par la pratique de la
miséricorde, cependant elles n’ont pu accéder à la demande des vierges
folles : " Les sages leur répondirent Non, de peur que ce que nous en
avons ne suffise pas pour vous et pour nous. " Apprenons de là qu’aucun
d’entre nous ne peut espérer de soutien que des oeuvres au milieu
desquelles la mort le surprendra.

S. Jérôme :

Car
ce n’est point par avarice, mais par un sentiment de crainte que les
vierges sages font cette réponse. Donc chacun de nous recevra la
récompense due à ses oeuvres, et, au jour du jugement, ni les vertus ni
les vices des autres ne nous seront d’aucune utilité. Les vierges sages
donnent le conseil de ne point aller au-devant de l’époux sans avoir de
l’huile dans les lampes : " Allez plutôt à ceux qui en vendent, et
achetez-en ce qu’il vous en faut. "

S. Hilaire :

Les
marchands sont ceux qui, ayant besoin de la charité des fidèles, se
prêtent au commerce qu’on leur demande, et qui, pour prix des secours
donnés à leur indigence, nous vendent la conscience d’avoir fait une
bonne oeuvre, car c’est là une source abondante de lumière qui ne
s’éteint pas, qu’il faut acheter par les oeuvres de miséricorde et
conserver avec soin.

S. Jean Chrysostome :

(hom.
78.) Vous voyez donc quel riche commerce nous pouvons faire avec les
pauvres, et ce n’est pas dans l’autre vie que nous trouverons les
pauvres, mais ici-bas ; c’est donc pendant cette vie qu’il nous faut
faire provision de cette huile, pour alimenter notre lampe lorsque
Jésus-Christ nous appellera.

S. Jérôme :

Cette
huile se vend, elle s’achète à grand prix, et ne s’acquiert que par de
pénibles travaux, c’est-à-dire non-seulement par les aumônes, mais par
la pratique de toutes les vertus et des conseils enseignés par les
maîtres spirituels.

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 25 ; verset 1 - 13   Mar 10 Fév - 15:03

Origène :

Ou
bien, dans un autre sens, quoique folles, les vierges comprenaient
qu’elles ne pouvaient aller au-devant de l’époux sans lumière, et qu’il
fallait tenir allumées les lampes de leurs sens ; mais elles
s’apercevaient en même temps qu’ayant une très petite quantité de cette
huile spirituelle, leurs lampes allaient s’éteindre au milieu des
ténèbres qui approchaient. Or, les vierges sages renvoient les folles à
ceux qui vendent de l’huile, parce qu’elles voient que la provision
qu’elles ont faite de cette huile (c’est-à-dire de la doctrine) ne peut
suffire pour entretenir en elles la vie, et pour enseigner les autres ;
c’est pour cela qu’elles leur disent : " Allez plutôt trouver ceux qui
en vendent, " c’est-à-dire les docteurs, " et achetez-en pour vous, "
c’est-à-dire recevez-en de leurs mains. Or, le prix auquel s’achète
cette huile, c’est la persévérance, l’amour de la doctrine, le zèle et
les efforts qu’inspire le désir d’apprendre.

S. Augustin :

(comme
précéd.) Ou bien, ce n’est pas un conseil qu’elles donnent, mais un
reproche indirect qu’elles font aux vierges folles de leur négligence ;
car ceux qui vendent de l’huile sont les flatteurs, qui, en donnant des
éloges aux fausses vertus ou aux actions qu’ils ignorent, jettent les
âmes dans l’erreur, et qui, pour prix de la vaine joie qu’ils leur ont
inspirée comme à des insensées, reçoivent des avantages temporels. Les
vierges sages leur disent : " Allez à ceux qui en vendent, et
achetez-en ce qu’il vous faut, " c’est-à-dire voyons quelle utilité
vous retirerez de ceux qui s’étaient fait une habitude de vous vendre
leurs louanges. Elles ajoutent : " De peur que ce que nous en avons ne
suffise pas pour nous et pour vous, " car un témoignage étranger n’a
aucune valeur auprès de Dieu, pour qui les secrets du cœur sont à
découvert, et c’est à peine si le témoignage que la conscience rend à
chacun de nous peut suffire devant lui.

S. Jérôme :

Mais
le temps d’acheter était passé, le jour du jugement étant arrivé, il
n’y avait plus lieu de faire pénitence, et on les force, non pas de
faire de nouvelles oeuvres, mais de rendre compte des anciennes. " Or,
pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux vint, et celles qui
étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces. "

S. Hilaire :

Ces
noces, c’est le jour où nous revêtirons l’immortalité, c’est l’union
qui s’établira par une nouvelle société entre la corruption et
l’incorruptibilité.

S. Jean Chrysostome :

(hom.
78.) Ces paroles : " Pendant qu’elles allaient en acheter ", nous
apprennent qu’il ne nous servira de rien, pour échapper à la colère
divine, d’être miséricordieux après notre mort, pas plus qu’il ne
servit alors au mauvais riche de se montrer plein de tendresse et de
sollicitude pour ses parents.

Origène :

Ces
mêmes paroles : " Pendant qu’elles allaient etc., " ont encore un autre
sens, c’est-à-dire qu’il en est qui, après avoir négligé toutes les
occasions d’apprendre ce qui pouvait leur être utile, cherchent à
réparer cette négligence à la fin de leur vie, et sont prévenus par la
mort.

S. Augustin :

(comme précéd.)
Ou bien encore, pendant qu’elles allaient en acheter, c’est-à-dire
pendant qu’elles se répandaient au dehors, pour y trouver le sujet
ordinaire de leur joie, parce qu’elles ne connaissaient pas les joies
intérieures, le juge vint, et celles qui étaient prêtes, c’est-à-dire
celles à qui leur conscience rendait témoignage devant Dieu, entrèrent
avec lui aux noces, où l’âme pure s’unit, pour en être fécondée, au
Verbe de Dieu, source de toute pureté et de toute perfection.

S. Jérôme :

Après
le jour du jugement, il n’y a plus d’occasion de pratiquer la justice
et de faire de bonnes oeuvres, c’est pour cela qu’il ajoute : " Et la
porte fut fermée. "

S. Augustin :

(comme
précéd.) Après qu’on a reçu ceux qui, par une bienheureuse
transformation, sont appelés à la vie des anges, la porte du royaume
des cieux est fermée, car, après le jugement, il n’y a plus de place,
ni pour les prières, ni pour les mérites.

S. Hilaire :

Et
cependant, bien que le temps de la pénitence soit passé, les vierges
folles arrivent et demandent qu’on leur ouvre la porte : " Enfin les
autres vierges vinrent aussi et dirent : Seigneur, " etc.

S. Jérôme :

Elles
invoquent l’époux comme leur Seigneur, c’est une confession admirable
et un témoignage redoublé de leur foi ; mais que sert d’invoquer de
bouche celui que vous niez par vos oeuvres ?

La Glose :

Sous
le coup de la douleur qu’elles éprouvent de se voir repoussées, elles
l’appellent par deux fois : Seigneur, Seigneur, car elles n’osent
donner le nom de père à celui dont elles ont méprisé la miséricorde
pendant toute leur vie.

S. Augustin :

(comme
précéd.) Il n’est point dit qu’elles achetèrent de l’huile, il faut
donc supposer qu’ayant perdu toute la joie que leur donnaient les
louanges des hommes, elles en sont réduites à implorer la bonté divine
au milieu de leurs angoisses et de leurs afflictions. Mais, après le
jugement, la sévérité de Dieu est égale à la miséricorde ineffable qui
l’a précédé, comme l’indiquent les paroles qui suivent : " Mais il leur
répondit : Je vous le dis en vérité, je ne vous connais point. " Telle
est en effet la règle du plan divin, ou plutôt de la sagesse divine, de
ne point laisser entrer dans sa joie éternelle ceux qui, dans les
efforts qu’ils ont faits pour accomplir ses commandements, n’ont eu
pour but que de plaire aux hommes et non pas à Dieu.

S. Jérôme :

Car
Dieu connaît ceux qui sont à lui, et celui qui a voulu ignorer sera
lui-même ignoré (1 Co 14). Et bien que ces vierges folles soient
vierges par la pureté du corps, et par la profession de la vraie foi,
cependant elles ne seront pas reconnues par l’époux, parce qu’elles
n’ont pas d’huile dans leurs lampes. Ces paroles : " Veillez donc,
parce que vous ne savez ni le jour ni l’heure, " nous apprennent que
tout ce qui précède a pour but de nous exciter à préparer avec soin la
lumière de nos bonnes oeuvres, parce que nous ignorons le jour du
jugement.

S. Augustin :

(comme
précéd.) Non seulement nous ignorons le temps où doit venir l’époux,
mais encore chacun de nous ignore le jour et l’heure de sa mort, et
celui qui s’y tient toujours préparé le sera aussi lorsque retentira
cette voix qui doit réveiller tous les morts dans leurs tombeaux.

S. Augustin :

(Lettre
à Hesych.) Il en est qui ont voulu expliquer cette parabole des cinq
vierges sages et des cinq vierges folles, en la rapportant à
l’avènement qui s’accomplit tous les jours par le moyen de l’Église ;
mais il ne faut pas adopter témérairement cette explication, de peur de
rencontrer, dans la parabole, quelques circonstances qui la
contredisent formellement.

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Evangile selon Saint Matthieu , chap 25 ; verset 1 - 13
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