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 Evangile selon Saint Jean , chap 1 ; verset 1

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MessageSujet: Evangile selon Saint Jean , chap 1 ; verset 1   Jeu 12 Fév - 17:00

Evangile selon Saint Jean , chap 1 ; verset 1

Citation :
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.

http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89vangile_selon_Saint_Jean_-_Crampon#Chapitre_1

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Jean , chap 1 ; verset 1   Jeu 12 Fév - 17:15

Commentaire par Saint Thomas d'Aquin.

Verset 1


http://docteurangelique.free.fr/index.html

Au commencement était le Verbe.

S. Jean Chrysostome :

(hom. 3 sur S. Jean). Tandis que tous les autres Evangélistes commencent par l'incarnation du Sauveur, saint Jean, sans s'arrêter à sa conception, à sa naissance, à son éducation, aux progrès successifs de ses premières années, raconte immédiatement en ces termes la génération éternelle : « Au commencement était le Verbe. »

S. Augustin :

(Liv. des 83 quest). Le mot grec λόγος signifie également en latin raison et verbe, mais ici la signification de verbe est préférable, parce qu'elle exprime mieux les rapports, non-seulement avec le Père, mais avec les créatures qui ont été faites par la puissance opérative du Verbe. La raison, au contraire, même quand elle n'agit pas, s'appelle toujours raison.

S. Augustin :

(Traité 3 sur S. Jean). L'usage journalier de la parole, lui fait perdre de son prix à nos yeux, et nous en faisons peu de cas, à cause de la nature passagère du son dont elle est revêtue. Or, il est une parole dans l'homme lui-même qui reste dans l'intérieur de son âme, car le son est produit par la bouche. La parole véritable, à laquelle convient particulièrement ce nom, est celle que le son vous fait entendre, mais ce n'est pas le son lui-même.

S. Augustin :

(de la Trinité, 15, 10). Celui qui peut comprendre la parole non-seulement avant que le son de la voix la rende sensible, mais avant même que l'image des sons se présente à la pensée, peut voir déjà dans ce miroir et sous cette image obscure quelque ressemblance du Verbe dont il est dit : « Au commencement était le Verbe. » En effet, lorsque nous énonçons ce que nous savons, le verbe doit nécessairement naître de la science que nous possédons, et ce verbe doit être de même nature que la science dont il est l'expression.

La pensée qui naît de ce que nous savons est un verbe qui nous instruit intérieurement, et ce verbe n'est ni grec, ni latin, il n'appartient à aucune langue. Mais lorsque nous voulons le produire au dehors, nous sommes obligés d'employer un signe qui eu soit l'expression. Le verbe qui se fait entendre an dehors est donc le signe de ce verbe qui demeure caché à l'intérieur, et auquel convient bien plus justement le nom de verbe. Car ce qui sort de la bouche, c'est la voix du verbe, et on ne lui donne le nom de verbe ou de parole, que par son union avec la parole intérieure, qui est son unique raison d'être.

S. Basile de Césarée :

(hom. sur ces par). Le Verbe dont parle ici l'Evangéliste n'est pas un verbe humain; comment, en effet, supposer au commencement l'existence du verbe humain, alors que l'homme fut créé le dernier de tous les êtres ? Ce Verbe qui était au commencement, n'est donc point le verbe humain, ce n'est point non plus le verbe des anges; car toute créature est postérieure à l'origine des siècles, et a reçu du Créateur le principe de son existence. Elevez-vous donc ici à la hauteur de l'Evangéliste, c'est le Fils unique qu'il appelle le Verbe.

S. Jean Chrysostome :

(hom. 2 sur S. Jean). Mais pourquoi saint Jean nous parle-t-il immédiatement du Fils, sans rien dire du Père ? C'est que le Père était connu de tous les hommes, sinon comme Père, du moins comme Dieu; le Fils unique, au contraire, n'était pas connu. Voilà pourquoi l'Evangéliste s'applique dès le commencement à en donner la connaissance à ceux qui ne l'avaient pas. Disons plus, le Père lui-même est compris dans tout ce qu'il dit du Fils. C'est pour cette raison qu'il lui donne le nom de Verbe.

Il veut enseigner que le Verbe est le Fils unique de Dieu, il détruit donc par avance toute idée d'une génération charnelle, en montrant que ce Verbe a été engendré de Dieu d'une manière incorruptible. Une seconde raison pour laquelle il lui donne ce nom, c'est que le Fils de Dieu devait nous faire connaître ce qui concerne le Père. Aussi ne l'appelle-t-il pas simplement Verbe, mais il le distingue de tous les autres verbes, en ajoutant l'article. L'Ecriture a coutume d'appeler verbe ou parole les lois et les commandements de Dieu; mais le Verbe dont il est ici question est une substance, une personne, un être qui est né du Père par une naissance exempte de corruption et de douleur.

S. Basile de Césarée :

(hom. précéd). Mais pourquoi est-il le Verbe ? parce que sa naissance est sans douleur, parce qu'il est l'image de celui qui l'a engendré, qu'il le reproduit tout entier en lui-même, sans aucune division, et en possédant comme lui toute perfection.

S. Augustin :

(de la Trin., 15, 13). De même qu'il existe une grande différence entre notre science et celle de Dieu, le verbe qui est le produit de notre science est aussi bien différent du Verbe de Dieu qui est né de l'essence même du Père; comme si je disais qu'il est né de la science du Père, de la sagesse du Père, ou ce qui est plus expressif encore, du Père, qui est science, du Père, qui est sagesse. Le Verbe de Dieu, Fils unique du Père, est donc semblable et égal à son Père en toutes choses; car il est tout ce qu'est le Père, il n'est cependant pas le Père, parce que l'un est le Fils, et l'autre le Père.

Le Fils connaît tout ce que connaît le Père, puisqu'il reçoit du Père la connaissance en même temps que l'être. Connaître et exister sont ici une seule et même chose; et ainsi le Fils n'est point pour le Père le principe de la connaissance, parce qu'il n'est pas pour lui le principe de l'existence. C'est donc en s'énonçant lui-même, que le Père a engendré le Verbe qui lui est égal en toutes choses; car il ne se serait pas énoncé dans toute son intégrité et dans toute sa perfection, si son Verbe lui était inférieur ou supérieur en quelque chose. N'hésitons pas à considérer quelle distance sépare de ce Verbe divin notre verbe intérieur, dans lequel nous trouvons cependant quelque analogie avec lui.

Le verbe de notre intelligence ne reçoit pas immédiatement sa forme définitive, c'est d'abord une idée vague qui s'agite dans l'intérieur de notre âme, et qui est le produit des différentes pensées qui se présentent successivement à notre esprit. Le verbe véritable n'existe, que lorsque de ces pensées qui s'agitent et se succèdent dans notre âme, naît la connaissance qui donne à son tour naissance au verbe, et ce verbe ressemble en tout à cette connaissance; car la pensée doit nécessairement avoir la même nature que la connaissance dont elle est le produit. Qui ne voit quelle différence extrême dans le Verbe de Dieu, qui possède la forme et la nature de Dieu sans l'avoir acquise par ces divers essais de formation, sans qu'il puisse jamais la perdre, et qui est l'image simple et consubstantielle du Père ?

C'est la raison pour laquelle l'Evangéliste l'appelle le Verbe de Dieu, plutôt que la pensée de Dieu; il ne veut pas qu'on puisse supposer en Dieu une chose qui soit soumise au changement, ou au progrès du temps; qui commence à prendre une forme qu'elle n'avait pas auparavant, et qu'elle peut perdre un moment après en retombant dans les vagues agitations de l'intelligence.

S. Augustin :

(serm. 38 sur les par. du Seig). C'est qu'en effet le Verbe de Dieu est la forme qui n'a jamais été soumise à la formation, c'est la forme de toutes les formes, la forme immuable, exempte de vicissitudes, de décroissance, de toute succession, de toute étendue mesurable, la forme qui surpasse toutes choses, qui existe en toutes choses, qui est le fondement sur lequel reposent toutes choses, et le faîte qui les couvre et les domine.

S. Basile de Césarée :

(hom. précéd). Notre verbe extérieur a quelque ressemblance avec le Verbe de Dieu. Notre verbe, en effet, reproduit la conception de notre esprit, car nous exprimons par la parole ce que notre intelligence a préalablement conçu. Notre cœur est comme une source, et la parole que nous prononçons est comme le ruisseau qui sort de cette source.

S. Jean Chrysostome :

(hom. précéd). Remarquez ici la prudence spirituelle de l'Evangéliste. Il savait que les hommes avaient de tout temps rendu des honneurs divins à l'être qu'ils reconnaissaient exister avant toutes les créatures et qu'ils appelaient Dieu. C'est donc par cet être qu'il commence en lui donnant le nom de principe, et bientôt celui de Dieu : « Dans le principe était le Verbe. »

Origène :

Ce nom de principe ou de commencement a plusieurs significations. Il peut signifier le commencement d'un chemin ou d'une longueur quelconque, comme dans ces paroles : « Le commencement de la bonne voie est de faire la justice. » (Pr 16, 5). Il signifie encore le principe ou commencement de la génération, comme dans ces paroles du livre de Job : « Il est le commencement des créatures de Dieu; et l'on peut, sans rien dire d'extraordinaire, affirmer que Dieu est le commencement ou le principe de toutes choses. Pour ceux qui regardent la matière comme éternelle et incréée, elle est le principe de tous les êtres qui ont été tirés de cette matière préexistante. Le mot principe a encore une signification plus particulière, comme lorsque saint Paul dit que le Christ est le principe de ceux qui ont été faits à l'image de Dieu.

(Col 1) Il y a encore le commencement ou le principe de la discipline et de la morale chrétienne, et c'est dans ce sens que le même Apôtre dit aux Hébreux : « Lorsqu'on raison du temps, vous devriez être maîtres, vous avez encore besoin qu'on vous enseigne les premiers commencements do la parole de Dieu. » (Hé 5, 12). Le mot principe a lui-même deux sens différents, il y a le principe considéré dans ses rapports avec nous. Ainsi le Christ est par nature le principe de la sagesse, on tant qu'il est la sagesse et le Verbe de Dieu; et il est pour nous ce môme principe en tant que Verbe fait chair. Parmi tontes ces significations différentes du mot principe, nous pouvons choisir ici celle qui exprime le principe agissant;

car le Christ créateur est comme le principe en tant qu'il est la sagesse, et le Verbe dans le principe, est la même chose que le Verbe dans la sagesse; car le Sauveur est la source d'une infinité de biens. De même donc que la vie était dans le Verbe, ainsi le Verbe était dans le principe, c'est-à-dire dans la sagesse. Considèrez, si d'après cette signification, il est possible d'entendre le principe, dans ce sens que c'est suivant les règles de cette sagesse, et les idées exemplaires qu'elle renferme, que toutes choses ont été faites. Ou bien encore, comme le Père est le principe du Fils, le principe des créatures et de tous les êtres, il faut entendre ces paroles : « Dans le principe était le Verbe, » dans ce sens que le Verbe qui était le Fils, était dans le principe, c'est-à-dire dans le Père.

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Jean , chap 1 ; verset 1   Jeu 12 Fév - 17:16

S. AUGUSTIN:

(de la Trin., 6, 2). Ou bien encore, ces paroles : « Au commencement, » dans le principe, signifient : « Avant toutes choses. »

S. Basile de Césarée :

(hom.
précéd). Le Saint-Esprit a prévu que des envieux et les détracteurs de
la gloire du Fils unique chercheraient à détruire par leurs sophismes
la foi des fidèles en disant : S'il a été engendré, on ne peut pas dire
qu'il était, et avant d'être engendré, il n'était pas. C'est pour
fermer par avance la bouche à ces blasphémateurs, que l'Esprit saint
dit : « Au commencement était le Verbe. »

S. Hilaire :

(de
la Trin., 2). Tous les temps sont dépassés, tous les siècles sont
franchis, toutes les années disparaissent; imaginez tel principe que
vous voudrez, vous ne pouvez circonscrire celui-ci dans les limites du
temps, il existait avant tout les temps.

S. Jean Chrysostome :

(hom.
2 sur S. Jean). Lorsqu'un homme monte sur un navire, tant qu'il est
près du rivage, il voit se dérouler devant lui les ports et les cités,
mais dès qu'il est avancé en pleine mer, il perd de vue ces premiers
objets, sans que ses yeux puissent s'arrêter sur aucun point. Ainsi
l'Evangéliste, en nous élevant au-dessus de toutes les créatures,
laisse notre regard comme suspendu et sans objet, et ne lui permet
d'entrevoir ni aucunes bornes dans les hautes régions où il l'a
transporté, ni aucunes limites où il puisse se fixer, car ces paroles :
« Au commencement, » expriment à la fois l'Etre infini et éternel.

S. Augustin :

(serm.
38 sur les par. du Seign). On fait cette objection : S'il est Fils,
donc il est né. Nous l'avouons. Ils ajoutent : S'il est né un Fils au
Père, il était Père avant la naissance de son Fils. La foi rejette
cette conclusion. Mais, poursuit-on, expliquez-moi donc comment le Père
a pu avoir un Fils, qui fut coéternel au Père dont il est né, car le
fils naît après son père pour lui succéder après sa mort.

Ils
vont chercher leurs comparaisons dans les créatures, il nous faut donc
aussi trouver des comparaisons à l'appui des vérités que nous
défendons. Mais comment pouvoir trouver dans toute la création un être
coéternel, alors qu'aucune créature n'est éternelle ? Si nous pouvions
trouver ici-bas deux êtres absolument contemporains, l'un qui engendre,
l'autre qui est engendré, nous pourrions avoir une idée de l'éternité
simultanée du Père et du Fils. La sagesse nous est représentée dans
l'Ecriture comme l'éclat de la lumière éternelle et comme l'image du
Père. Cherchons dans ces deux termes une comparaison qui, à l'aide de
deux choses existant simultanément, puisse nous donner l'idée de deux
êtres coéternels.

Personne n'ignore que l'éclat de la lumière
vient du feu; supposons donc que le feu est le père de cet éclat, dès
que j'allume une lampe, le feu et la lumière existent simultanément.
Donnez-moi du feu sans lumière, et je vous concéderai que le Père n'a
point eu de Fils. L'image doit son existence au miroir, cette image se
produit dès qu'un homme se regarde dans un miroir, mais celui qui se
regarde dans un miroir existait avant de s'en approcher. Prenons encore
comme objet de comparaison une plante on un arbuste nés sur le bord des
eaux, est-ce que leur image ne naît pas simultanément avec eux ?

Si
donc cet arbuste existait toujours, l'image de l'arbuste aurait la même
durée. Or, ce qui vient d'un être est vraiment né de lui; l'être qui a
engendré peut donc toujours avoir existé avec celui qui est né de lui.
Mais on me dira : Je comprends que le Père soit éternel, et que le Fils
lui soit coéternel, mais de la même manière que je comprends l'éclat du
feu moins brillant que le feu lui-même, ou comme l'image de l'arbuste
qui se produit dans les eaux, moins réelle et moins parfaite que
l'arbuste lui-même. Non, l'égalité est parfaite et absolue.

Je
ne le crois point, me réplique-t-on, parce que vos comparaisons ne sont
pas justes. Peut-être, cependant, trouverons-nous dans les créatures
des choses qui nous feront comprendre comment le Fils est coéternel au
Père, sans lui être inférieur, mais ce ne sera pas dans un seul objet
de comparaison. Joignons donc ensemble deux comparaisons différentes,
celle qu'ils donnent eux-mêmes et celle que nous apportons. Ils ont
emprunté leur comparaison aux êtres qui sont postérieurs par le temps à
ceux qui leur donnent naissance, par exemple, à l'homme qui naît d'un
autre homme; mais cependant ces deux hommes ont une même nature. Nous
trouvons donc dans cette naissance l'égalité de nature, mais nous n'y
trouvons pas l'égalité d'existence.

Au contraire, dans cette
autre comparaison empruntée à l'éclat du feu et à l'image de l'arbuste,
vous ne trouvez pas l'égalité de nature, mais l'égalité de temps. Vous
trouvez donc réunies en Dieu les propriétés qui sont disséminées dans
plusieurs créatures, et vous les trouvez réunies, non pas comme elles
sont dans les créatures, mais avec la perfection qui convient au
Créateur.

actes du concile d'ephèse. L'Ecriture appelle le Fils,
tantôt le Fils du Père, tantôt le Verbe, tantôt l'éclat de la lumière
éternelle, et elle emploie tour à tour ces divers noms en parlant du
Christ, pour les opposer aux blasphèmes de l'hérésie. Votre fils est de
même nature que vous; l'Ecriture, pour vous montrer que le Père et le
Fils ont une même nature, appelle le Fils, qui est né du Père, son Fils
unique. Mais comme la naissance d'un fils rappelle l'idée de souffrance
et de douleur qui accompagnent inséparablement la génération humaine,
la sainte Ecriture appelle le Fils de Dieu le Verbe, pour éloigner
toute idée de souffrance de la génération divine.

Et encore,
tout père est incontestablement plus âgé que son fils, mais il n'en est
pas de même pour la nature divine, et c'est pour cela qu'elle appelle
le Fils unique du Père, l'éclat de la lumière éternelle. En effet, la
lumière naît du soleil, mais elle ne lui est point postérieure. Le nom
d'éclat de la lumière éternelle vous montre donc que le Fils est
coéternel au Père, le nom de Verbe vous prouve l'impassibilité de sa
naissance, et le nom de Fils, sa consubstantialité avec le Père.

S. Jean Chrysostome :

(hom.
2 sur S. Jean). On objecte encore : Ces paroles : « Au commencement, »
ne signifient pas simplement et nécessairement l'éternité, car n'est-il
pas dit de la création du ciel et de la terre : « Au commencement, Dieu
fit le ciel et la terre ? » Mais qu'a de commun cette expression : « Il
était, » avec cette autre : « Il fit ? » Lorsqu'on dit d'un homme : «
Il est » cette expression marque le temps présent; lorsqu'on l'applique
à Dieu, elle signifie celui qui existe toujours et de toute éternité.
De même l'expression : « Il était, » appliquée à notre nature, signifie
le temps passé, mais lorsqu'il s'agit de Dieu, elle exprime son
éternité.

Origène :

(hom. 2. sur div.
sujets). Le verbe être a une double signification, tantôt il exprime
les différentes successions de temps, lorsqu'il se conjugue avec
d'autres verbes; tantôt il exprime la nature de la chose dont on parle
sans aucune succession de temps, c'est pour cela qu'il est appelé verbe
substantif.

S. Hilaire :

(De la
Trin., 2). Jetez donc un regard sur le monde, comprenez ce qui est
écrit du monde : « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre. » Ce
qui est créé reçoit donc l'existence au commencement, et ce qui se
trouve renfermé dans le principe qui lui donne l'existence se trouve
également renfermé dans les limites du temps. Or, ce simple pécheur,
sans lettres, sans science, s'affranchit des bornes du temps, remonte
avant tous les siècles et s'élève au-dessus de tout commencement. Car
ce qui était, c'est ce qui est, ce qui n'est circonscrit par aucune
durée, et qui était au commencement ce qu'il est, bien plutôt qu'il
n'était fait.

Alcuin :

C'est donc
contre ceux qui alléguaient la naissance temporelle du Christ, pour
enseigner qu'il n'avait pas toujours existé, que l'Evangéliste commence
son récit par l'éternité du Verbe : « Au commencement était le Verbe. »

Et le Verbe était en Dieu.

S. Jean Chrysostome :

(hom.
2 sur S. Jean). C'est surtout le propre de Dieu d'être éternel et sans
commencement, c'est ce que l'Evangéliste a établi tout d'abord, mais de
peur qu'on ne vînt à conclure de ces paroles : « Au commencement était
le Verbe, » que le Verbe n'a pas été engendré, il ajoute aussitôt pour
repousser cette idée : « Et le Verbe était en Dieu. »

S. Hilaire :

(De
la Trin., 2). Il est dans le Père sans aucun commencement, il n'est
point soumis à la succession du temps, mais il a un principe de son
existence.

S. Basile de Césarée :

(hom.
précéd). Il s'exprime encore de la sorte contre ceux qui osaient
blasphémer que le Verbe n'était pas. Où donc était le Verbe ? Il
n'était pas dans un lieu, car ce qui ne peut être circonscrit, ne peut
être soumis aux lois de l'espace. Mais où était-il donc ? Il était en
Dieu. Or, ni le Père, ni le Fils, ne peuvent être contenus dans aucun
espace.

Origène :

Il est utile de faire
remarquer que nous lisons dans l'Ecriture, que le verbe ou la parole a
été faite ou adressée à quelques-uns, par exemple à Osée, à Isaïe, à
Jérémie; mais le Verbe n'est pas fait en Dieu comme une chose qui
n'existe pas en lui. C’est donc d’un être qui est éternellement en lui,
que l'Evangéliste dit : « Et le Verbe était avec Dieu, » paroles qui
prouvent que, même au commencement le Fils n'a jamais été séparé du
Père.

S. Jean Chrysostome :

(hom. 3
sur S. Jean). Il ne dit pas : Il était en Dieu, mais : « Il était avec
Dieu, » nous montrant ainsi son éternité comme personne distincte.

Théophylactus :

L’erreur
de Sabellius se trouve détruite par ces paroles. Cet hérétique
enseignait que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne formaient qu’une
seule personne, qui se manifestait tantôt comme le Père, tantôt comme
le Fils, et tantôt comme le Saint-Esprit; mais quoi de plus fort pour
le confondre que ces paroles : « Et le Verbe était en Dieu ? » car
l’Evangéliste déclare ouvertement que le Fils est différent du Père, qu
il désigne ici par le nom de Dieu.

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Jean , chap 1 ; verset 1   Jeu 12 Fév - 17:17

Et le Verbe était Dieu.

S. Hilaire :

(De
la Trin., 2). Vous me direz : Le Verbe, c'est le son de la voix
l'énoncé des choses, l'expression des pensées. Le Verbe était dans le
principe avec Dieu, parce que la parole, expression de la pensée, est
éternelle, lorsque celui qui pense est éternel lui-même. Mais comment
le Verbe était-il au commencement, lui qui n'est ni avant, ni après le
temps; je ne sais même s'il peut exister dans le temps ?

Lorsque
les hommes parlent, leur parole n'existe pas avant qu'ils ouvrent la
bouche, et lorsqu'ils ont fini de parler, elle n'existe plus; au moment
même où ils arrivent à la fin de leurs discours, le commencement a
cessé d'exister; Mais si vous avez admis, tout ignorant que vous êtes,
ces premières paroles : « Au commencement était le Verbe, » pourquoi
demander ce que signifient les suivantes : « Et le Verbe était avec
Dieu. » Est-ce que vous pouviez supposer qu'en Dieu le Verbe était
l'expression d'une pensée cachée, ou bien Jean aurait-il ignoré la
différence qui existe entre ces deux termes : Etre et assister ?

Ce
qui était au commencement vous est présenté comme étant, non pas dans
un autre, mais avec un autre. Faites donc attention au nom et à la
nature qu'il donne au Verbe : « Et le Verbe était Dieu. » Il n'est plus
question du son de la voix, de l'expression de la pensée; ce verbe est
un être subsistant et non pas un son, c'est une substance, une nature
et non une simple expression, ce n'est pas une chose vaine, c'est un
Dieu.

S. Hilaire :

(De la Trin., 7).
L'Evangéliste lui donne le nom de Dieu sans aucune addition étrangère
qui puisse être matière à difficulté. Il a bien été dit à Moïse : « Je
t'ai établi le dieu de Pharaon. » (Ex 7, 1). Mais on voit immédiatement
la raison de cette dénomination dans le mol qui l'accompagne : « de
Pharaon, » c'est-à-dire, que Moïse a été établi le dieu de Pharaon,
pour s'en faire craindre et prier, pour le châtier et pour le guérir;
mais il y a une grande différence entre ces deux choses :

Etre
établi le dieu de quelqu'un et être véritablement Dieu. Je me rappelle
encore un autre endroit des Ecritures où nous lisons : « J'ai dit :
Vous êtes des dieux. » (Ps 81) Mais il est facile de voir que ce nom
n'est donné ici que par simple concession; et ces paroles : « J'ai dit,
» expriment bien plutôt une manière de parler que la réalité du nom qui
est donné. Au contraire, lorsque j'entends ces paroles : « Et le Verbe
était Dieu; » je comprends que ce n'est point une simple dénomination,
mais une véritable démonstration de sa divinité.

S. Basile de Césarée :

(homél.
précéd). C'est ainsi que l'Evangéliste réprime les calomnies et les
blasphèmes de ceux qui osent demander : Qu'est-ce que le Verbe ? Il
répond : « Et le Verbe était Dieu. »

Théophylactus :

On
peut encore donner une autre liaison de ces paroles avec ce qui
précède. Puisque le Verbe était avec Dieu, il est évident qu'il y avait
deux personnes distinctes, n'ayant toutes deux qu'une seule et même
nature; c'est ce qu'affirmé l'Evangéliste : « Et le Verbe était Dieu, »
c'est-à-dire, que le Père et le Fils n'ont qu'une même nature, comme
ils n'ont qu'une même divinité.

Origène :

Ajoutons
que le Verbe ou la parole que Dieu adressait aux prophètes, les
éclairait, de la lumière de la sagesse; au contraire, le Verbe qui est
avec Dieu, reçoit de Dieu la nature divine, et voilà pourquoi saint
Jean a fait précéder ces paroles : « Et le Verbe était Dieu; » de ces
autres : « Et le Verbe était avec Dieu ou en Dieu. »

S. Jean Chrysostome :

(hom.
4 sur S. Jean). Et il n'est pas Dieu dans le sens de Platon, qui
l'appelle tantôt une certaine intelligence, tantôt l'âme du monde,
toutes choses complètement étrangères à sa nature divine. Mais on nous
fait cette objection : Le Père est appelé Dieu avec addition de
l'article, et le Fils sans l'article. Que dit en effet l'apôtre saint
Paul ? « Du grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ. » (Tite, 2, 13).
Et dans un autre endroit : « Qui est Dieu au-dessus de toutes choses? »
(Rm 9, 5).

C'est-à-dire, que le Fils est appelé Dieu sans
article. Nous répondons que la même observation peut s'appliquer au
Père. En effet, saint Paul écrivant aux Philippiens, dit : « Qui ayant
la forme et la nature de Dieu (έν μορφή Θεού, sans article), n'a point
cru que ce fût pour lui une usurpation d'être égal à Dieu. » (Ph 2, 6).
Et dans son Epître aux Romains : « Grâce et paix soient à vous de la
part de Dieu (άπό Θεού, sans article), notre Père, et de Jésus-Christ
Notre Seigneur. » (Rm 1, 7).

D'ailleurs, il était parfaitement
inutile de mettre ici l'article, alors qu'on l'avait employé mainte
fois dans ce qui précède. Donc le Fils n'est pas Dieu dans un sens plus
restreint, parce que le nom de Dieu qui lui est donné n'est pas précédé
de l'article.

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Evangile selon Saint Jean , chap 1 ; verset 1
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