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 Evangile selon Saint Jean, chap 16 ; verset 12 - 15

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MessageSujet: Evangile selon Saint Jean, chap 16 ; verset 12 - 15   Mer 4 Mar - 22:30

Evangile selon Saint Jean, chap 16 ; verset 12 - 15

Citation :
J’ai encore beaucoup de choses à vous dire ; mais vous ne pouvez les porter à présent.
Quand le Consolateur, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous guidera dans toute la vérité. Car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir.
Celui-ci me glorifiera, parce qu’il recevra de ce qui est à moi, et il vous l’annoncera.
Tout ce que le Père a, est à moi. C’est pourquoi j’ai dit qu’il recevra ce qui est à moi, et qu’il vous l’annoncera.

http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89vangile_selon_Saint_Jean_-_Crampon#Chapitre_16

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Jean, chap 16 ; verset 12 - 15   Mer 4 Mar - 22:38

Commentaire par Saint Thomas d'Aquin.

Versets 12-15.


http://docteurangelique.free.fr/index.html

Théophylactus :

Notre Seigneur développe les paroles qu'il vient de leur dire : « Il vous est utile que je m’en aille, » ou ajoutant : « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, » mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. »

S. Augustin :

(Traité 97 sur S. Jean). Tous les hérétiques se sont efforcés d'étayer sur ces paroles de l'Evangile leurs audacieuses inventions que la raison repousse avec horreur, comme si ces inventions étaient justement les vérités que les disciples ne pouvaient porter, et que l'Esprit saint leur eut enseigné ce que l'esprit immonde rougit d'enseigner et de prêcher en public. (Tr. 96) Mais on ne peut établir de comparaison entre les infamies qu'aucune pudeur humaine ne peut supporter, et les vérités salutaires que la faiblesse de l'esprit humain n'est pus capable de comprendre.

Les unes ne se trouvent que dans les corps livrés à l'impureté, les autres sont au-dessus de toute nature corporelle et sensible. (Même Traité). Mais qui de nous se croira capable de comprendre les vérités que les disciples ne pouvaient porter alors ?

Il ne faut donc point s'attendre à ce que je les explique. On me dira peut-être, il en est beaucoup maintenant qui pourraient comprendre ce que saint Pierre n’était pas alors même qu'il en est beaucoup qui sont aujourd'hui capables de recevoir la couronne du martyre, surtout depuis qu'ils ont reçu l'Esprit saint qui, alors n'avait pas encore été envoyé. J'accorde qu'il en soit beaucoup qui, depuis la venue du l'Esprit saint, puissent porter les vérités dont les disciples étaient incapables avant de l'avoir reçu. Est-ce une raison pour que nous sachions ce qu'il n'a pas voulu dire ?

Et puisqu'il a cru devoir les taire, qui de nous entreprendra de les dire ? (Plus bas).

Savons-nous pour cela les vérités qu'il n'a pas cru devoir révéler ? Il est également de la dernière absurdité de dire que les disciples étaient alors incapables de porter les hautes vérités que renferment leurs Epîtres écrites beaucoup plus tard, et dont on ne voit pas que le Seigneur leur ait parlé. Ces hommes qui appartiennent à des sectes perverses et corrompues, comme les Manichéens, les Sabelliens, les Ariens, ne peuvent supporter les vérités de la foi catholique qui se trouvent dans les saintes Ecritures et condamnent leurs erreurs, de, même que nous ne pouvons supporter leurs mensonges sacrilèges.

Qu'est-ce, en effet, que de ne pouvoir supporter quelque chose ?

C'est ne pouvoir l'envisager avec un esprit égal et tranquille. Mais quel est le fidèle, quel est même le catéchumène qui, avant d'avoir reçu avec le baptême le Saint-Esprit, ne lise pas ou n'entende pas d'un esprit égal, bien qu'il ne les comprenne pas, les vérités qui n'ont été écrites qu'après l'ascension du Sauveur? (Traité 97 vers la fin).

On me dira encore : Est-ce que les hommes verses dans la spiritualité n'ont pas dans leur doctrine des vérités qu'ils taisent aux hommes charnels, et qu'ils font connaître à ceux qui se conduisent selon l'esprit ? (Traité 98, avant le milieu).

Il n'y a aucune nécessité de taire aux fidèles qui ne font que commencer les secrets de la doctrine chrétienne, pour les exposer en particulier aux âmes plus avancées. (Le milieu). Les hommes spirituels ne doivent pas garder devant les chrétiens même charnels, un secret absolu sur les vérités spirituelles, parce qu'elles font partie de la foi catholique qui doit être annoncée à tous les hommes. Cependant, dans l'exposé qu'ils en font, ils doivent prendre garde qu'en voulant faire entrer ces vérités dans l'esprit de ceux qui n'en sont pas capables, ils leur inspirent le dégoût pour la parole de vérité plutôt que de leur en donner l'intelligence. (Même imité après le commencement).

Ne soupçonnons donc pas dans ces paroles du Seigneur, je ne sais quelles vérités secrètes qui pourraient être dites par celui qui enseigne, mais que ne pourrait supporter son disciple; mais comprenons que pour les choses mêmes qui, dans la doctrine chrétienne, font partie de l’enseignement commun des fidèles, si Jésus-Christ voulait nous les expliquer comme il les développe à ses anges, quels sont ceux qui pourraient supporter cette révélation, fussent-ils des plus avancés dans la spiritualité, ce que n'étaient pas encore les Apôtres ?

Certainement tout ce qu'on peut savoir de la créature est au-dessous du Créateur, et cependant qui garde le silence sur le Créateur ?

Dans quel endroit du monde n'est-il pas connu de tous les hommes ?

Et cependant alors que tous parlent de lui, quel est celui qui le comprend comme il doit être compris ? (Traité 96).

Et quel est celui qui, pendant cette vie, peut connaître toute la vérité ?

Est-ce que l'Apôtre ne dit pas : « Nous ne connaissons maintenant qu'imparfaitement ? » (1 Co 13)

Disons donc que comme l'Esprit Saint nous conduit à cette plénitude de vérité dont parle le même Apôtre, en ajoutant : « Mais alors nous le verrons face à face; » ce n’est pas seulement ce qui doit se faire en cette vie; mais la révélation pleine et entière qui doit avoir lieu dans la vie future que Notre Seigneur nous promet par ces paroles : « Lorsque l'Esprit de vérité sera venu, il vous enseignera toute vérité, » ou : « Il vous fera parvenir à toute vérité. »

Ces paroles nous font comprendre que la plénitude de la vérité nous est réservée pour l'autre vie, et que dans celle-ci l'Esprit saint enseigne aux fidèles les choses spirituelles d'une manière proportionnée à leurs dispositions, tout en excitant dans leur cœur un désir de plus en plus vif pour ces mêmes vérités.

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Jean, chap 16 ; verset 12 - 15   Mer 4 Mar - 22:38

DIDYME:

(de l'Esprit saint, 2) Ou bien Notre Seigneur veut dire que ses
disciples ne savaient pas encore tout ce qu'ils auraient à souffrir
dans la suite pour son nom; il ne leur en faisait connaître qu'une
partie, réservant pour plus tard la connaissance des épreuves plus
grandes qu'ils ne pouvaient porter alors, avant que leur chef leur en
eut donné l'exemple par l'enseignement de sa croix. Ils étaient encore
asservis aux figures, à l'ombre et aux images de la loi, et ils ne
pouvaient regarder la vérité dont la loi n'était que l'ombre. Mais
lorsque l'Esprit de vérité sera venu, il vous enseignera toute vérité;
et par sa doctrine et par son enseignement, vous fera passer de la mort
de la lettre à l'esprit de vie dans lequel seul se trouve la vérité de
tontes les Ecritures.

S. Jean Chrysostome :

(hom. 78 ). Ces paroles : « Vous ne pouvez porter maintenant ces
vérités, » (mais vous le pourrez plus tard) et ces autres : « L'Esprit
saint vous conduira à toute vérité, » pouvaient donner aux Apôtres la
pensée que l'Esprit saint était plus grand que lui, il se hâte donc
d'ajouter : « Car il ne parlera pas de lui-même, » etc.

S. Augustin :

(Traité 99 sur S. Jean). Ces paroles sont semblables à celles que le
Sauveur dit de lui-même : « Je ne puis faire rien de moi-même, mais je
juge suivant ce que j'entends, » toutefois il parlait ainsi en tant
qu'homme.

Or, comme l'Esprit saint n'est pas devenu créature par son union à un
être créé, comment entendre en lui ces paroles de Notre Seigneur ?

Nous devons les entendre dans ce sens que l'Esprit saint n'existe point
par lui-même, car le Fils est né du Père, et l'Esprit saint procède du
Père; or quelle différence entre procéder et naître, c'est ce qui
demanderait de longues discussions et ce qu'il serait téméraire de
définir. Entendre pour l'Esprit-Saint, c'est savoir, et savoir, c'est
être. Puisque donc l'Esprit saint n'existe pas de lui-même, mais par
celui de qui il procède, il reçoit la science et la propriété
d'entendre de celui duquel il reçoit l'être. L’Esprit saint entend
donc, toujours parce qu'il sait toujours; c'est donc de celui qui lui a
donné l'être qu'il a entendu, qu'il entend et qu'il entendra.

DIDYME:

(De l'Esprit saint). Notre Seigneur dit donc : « Il ne parlera pas de
lui-même, » c'est-à-dire sans la volonté de mon Père et la mienne;
parce qu'il tire son existence de mon Père et de moi, et c'est de mon
Père et de moi qu'il a reçu d'être, et de parler. Pour moi, je dis la
vérité, c'est-à-dire je lui inspire ce que je dis, car il est l'Esprit
de vérité.

Lorsqu'il s'agit de la Trinité, il ne faut point entendre ces
expressions dire et parler dans leur signification ordinaire, mais dans
le sens qui seul peut convenir aux natures incorporelles, et surtout à
la Trinité qui inspire sa volonté dans le cœur des fidèles et de ceux
qui sont dignes d'entendre sa voix. Pour le Père parler, et pour le
Fils entendre, est le signe d'une entière égalité de nature, et d'une
parfaite unité de volonté.

Quant à l’Esprit-Saint, qui est l’Esprit de vérité, l'Esprit de
sagesse, lorsque le Fils parle, on ne peut dire qu'il entend ce qu'il
ne sait pas, puisqu'il est lui-même ce qui sort du Fils, la vérité qui
procède de la vérité, le consolateur qui émane du consolateur, le Dieu
esprit de vérité qui procède de Dieu. Et afin que personne ne lui
attribuât une volonté différente de celle du Père et du Fils, Notre
Seigneur ajoute :

« Ce qu'il entendra, il le dira. »

S. Augustin :

(De la Trin., 2, 43) On ne peut conclure de là que l'Esprit saint soit
inférieur au Père et au Fils, car ces paroles doivent s'entendre de lui
en tant qu'il procède du Père.

S. Augustin :

(Traité 99 sur S. Jean). Il ne faut pas s'étonner que le verbe « il
entendra » soit au futur, le Saint-Esprit entend de toute éternité
parce qu'il sait de toute éternité. Or quand il s'agit d'un être
éternel sans commencement comme sans fin, quel que soit le temps qu'on
emploie, il n'est pas contraire à la vérité. Quoique cette nature
immuable ne soit pas susceptible de passé et de futur, mais seulement
du présent, cependant on ne parle point contre la vérité en disant :

« Il a été, il est, et il sera, »

il a été, car il n'a jamais cessé d'être; il sera, parce que son
existence n'aura jamais de fin; il est, parce qu'il existe toujours.

DIDYME:

(De l'Esprit saint). C'est encore par l'Esprit de vérité que la science
certaine de l'avenir est accordée à de saints personnages, c'est sous
l'inspiration de cet Esprit dont ils étaient remplis que les prophètes
prédisaient, et voyaient comme présents des événements qui ne devaient
arriver que bien longtemps après : « Et il vous annoncera les choses à
venir. »

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Jean, chap 16 ; verset 12 - 15   Mer 4 Mar - 22:39

S. Bède :



Il est certain qu'un grand nombre de saints personnages remplis de la
grâce de l'Esprit saint ont connu et annoncé les événements à venir.
Mais comme il en est un grand nombre aussi en qui brille l'éclat des
plus pures vertus, et à qui la science des choses à venir n'est point
donnée, on peut entendre ces paroles :



« Il vous annoncera les choses à venir »



dans ce sens qu'il vous remettra en mémoire les joies de la céleste
patrie. L'Esprit saint fait connaître encore aux apôtres les épreuves
qu'ils devaient endurer pour le nom de Jésus-Christ, et les biens qui
devaient être la récompense de ces mêmes épreuves.

S. Jean Chrysostome :



(hom. 78 ). C'est ainsi que Notre Seigneur élève l'esprit et les
pensées de ses disciples, car rien n'excite à un plus haut degré la
curiosité et les désirs de la nature humaine, comme la connaissance do
l'avenir. Il les délivre donc de celte sollicitude en leur révélant les
épreuves qui les attendent, afin qu'ils n'y tombent point sans y être
préparés. Il leur explique ensuite quelle est cette vérité dont il a
dit : « L'Esprit saint vous enseignera toute vérité, » en ajoutant : «
Il me glorifiera, » etc.



S. Augustin :



(Traité 6 sur S. Jean). C'est-à-dire qu'en répandant la charité dans
les meurs des fidèles, et en les rendant des hommes spirituels,
l'Esprit saint leur a fait connaître que le Fils était égal au Père,
lui qu'ils ne connaissaient auparavant que selon la chair, et que dans
leurs pensées tout humaines, ils ne considéraient que comme un homme.
Ou bien encore : « Il me glorifiera, » parce que la charité remplissant
les apôtres de confiance, et bannissant la crainte de leurs cœurs, ils
ont annoncé Jésus-Christ aux hommes, et répandu la connaissance de son
nom dans tout l'univers, car le Sauveur attribue ici à l’Esprit Saint
ce que les apôtres devaient faire sous son inspiration.



S. Jean Chrysostome :



Et comme il leur avait dit précédemment : « Vous n'avez qu'un seul
maître, qui est le Christ; » (Mt 23) pour les disposer à recevoir les
leçons de l'Esprit saint, il ajoute : « Il recevra de ce qui est à moi,
et vous l'annoncera. »



DIDYME:



Il faut entendre ce mot recevoir dans un sens qui puisse convenir à la
nature divine; car de même que le Fils en donnant, ne perd point ce
qu'il donne, et n'éprouve aucun dommage de ce qu'il accorde aux autres;
ainsi l'Esprit saint ne reçoit point ce qu'il n'avait pas auparavant,
car s'il a reçu ce qu'il n'avait pas, en communiquant lui-même cette
même grâce à un autre, il s'est appauvri de ce qu'il donnait.



Comprenons donc que l'Esprit saint a reçu du Fils ce qui était propre à
sa nature, qu'il n'y a point ici une personne qui donne et une personne
qui reçoit, mais une seule et même nature, car le Fils lui-même reçoit
du Père les propriétés qui font sa nature; en effet, le Fils n'est rien
en dehors de ce qui lui est donné par son Père, de même qu'on ne peut
concevoir la nature de l'Esprit saint en dehors de ce qui lui est donné
par le Fils.

S. Augustin :



(Traité 6 sur S. Jean). Il ne faut point toutefois penser, comme l'ont
fait quelques hérétiques, que l'Esprit saint soit moindre que le Fils,
parce que le Fils reçoit du Père, et que le Saint-Esprit reçoit du Fils
en suivant certains degrés qui établiraient une différence entre leurs
natures, aussi le Sauveur se hâte de résoudre cette difficulté et
d'expliquer ces paroles en ajoutant : « Tout ce qu'a mon Père est à
moi.



DIDYME:



C'est-à-dire, quoique l'Esprit de vérité procède du Père, cependant,
comme tout ce qui est à mon Père est à moi, l'Esprit du Père est le
mien, et il recevra de ce qui est à moi. Gardez-vous, en entendant ces
paroles de soupçonner ici une chose ou une propriété quelconque qui
serait possédée par le Père et par le fils; tout ce que le Père a dans
sa nature, c'est-à-dire dans son éternité, dans son immutabilité, dans
sa bonté, le Fils l'a également. Rejetons donc bien loin tous ces
filets des raisonneurs et des sophistes qui viennent nous dire :



« Donc le Père est le Fils; » s'il avait dit : Tout ce qu'a Dieu est à
moi, leur impiété pourrait y trouver matière à ces inventions
sacrilèges,



mais comme il a dit : « Tout ce qu'a mon Père est à moi, » en
proclamant le nom de son Père, il déclare lui-même qu'il est Fils, et
il se garde bien, lui qui est le Fils, d'usurper la paternité, bien que
par la grâce de l'adoption, il soit lui-même le Père d'un grand nombre
de saints.

S. Hilaire :



(De la Trin., 8 ) Notre-Soigneur n'a donc point laissé dans
l'incertitude si le Saint-Esprit venait du Père ou du Fils; il a reçu
du Fils d'être envoyé, et il procède du Père. Mais je demande si c'est
une même chose pour l'Esprit saint de recevoir du Fils et de procéder
du Père ? On devra certainement reconnaître que c'est une seule et même
chose de recevoir du Fils et de recevoir du Père; car lorsque Notre
Seigneur dit :



« Tout ce qu'a mon Père est à moi, »



et qu'il dit eu même temps que l'Esprit saint recevra de ce qui est à
lui, il enseigne par-la même qu'il doit recevoir également du Père. Il
dit cependant qu'il recevra de ce qui est à lui, parce que tout ce qui
est à son Père est à lui. Cette unité ne peut donc admettre de
différence, peu importe de qui on reçoit, puisque ce qui est donné par
le Père est considéré comme donné par le Fils.

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