Tradition Catholique (Sede Vacante)

Bienvenue à vous tous et qui que vous soyez!
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 38 - 42

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 19491
Localisation : La Nouvelle Jérusalem.
Date d'inscription : 07/02/2006

MessageSujet: Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 38 - 42   Lun 23 Mar - 16:00

Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 38 - 42

Citation :
Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil et dent pour dent.
Et moi, je vous dis de ne pas tenir tête au méchant ; mais si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui encore l’autre.
Et à celui qui veut t’appeler en justice pour avoir ta tunique, abandonne encore ton manteau.
Et si quelqu’un te réquisitionne pour un mille, fais-en deux avec lui.
Donne à qui te demande, et ne te détourne pas de qui veut te faire un emprunt.

http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89vangile_selon_Saint_Matthieu_-_Crampon#Chapitre_5

_________________
Paltalk

Room Tradition Catholique Sede Vacante (partie Europe/ France)
https://sites.google.com/site/catholicismerefuteislam/

http://www.dailymotion.com/sedevacantisme

" Nihil Deo et angelis gratius animae conversione."

" Rien n'est plus agréable à Dieu et aux Anges que la conversion d'une âme."

Saint Ambroise, évêque de Milan.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://islamajesus.forumactif.com/forum.htm
admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 19491
Localisation : La Nouvelle Jérusalem.
Date d'inscription : 07/02/2006

MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 38 - 42   Lun 23 Mar - 16:11

Commentaire par Saint Thomas d'Aquin.

Verset 38 - 42


http://docteurangelique.free.fr/index.html

La Glose :

Après avoir interdit toute injustice contre le prochain, toute irrévérence envers Dieu, le Seigneur nous enseigne comment un chrétien doit se conduire à l’égard de ceux qui lui font quelque injure « Vous avez appris ce qui a été dit: « oeil pour oeil, dent pour dent (Ex 21, 24; Lv 24, 20; Dt 19, 21). »

S. Augustin :

(contre Fauste, 19, 25). Ce commandement a été donné pour éteindre le feu de ces haines violentes qui éclataient entre des ennemis acharnés les uns contre les autres, et pour mettre un frein à des colères sans mesure. Car quel est celui qui se contente d’une vengeance égale seulement à l’injure qu’il a reçue ?

Ne voyons-nous pas au contraire des hommes légèrement offensés tramer le meurtre, avoir soif du sang et trouver à peine de quoi l’assouvir dans les maux dont ils accablent leurs ennemis ?

C’est à cette vengeance aussi excessive qu’elle est injuste que la loi a posé de justes bornes en créant la peine du talion, qui mesure rigoureusement le châtiment à l’offense. Le but de cette loi n’est pas de dominer une nouvelle force à la fureur, mais de la contenir et de la réprimer; ce n’est pas de rallumer une flamme assoupie, mais de circonscrire celle qui brûlait déjà. En effet, la vengeance, réglée ici par la justice, ne dépasse pas les droits que l’injure donne à celui qui en est offensé. Il peut céder ce qui lui est dû, et c’est bonté de sa part; mais il peut le demander sans injustice.

Or, comme il y a péché à poursuivre une vengeance sans mesure tandis qu’il n’y en a aucun à ne vouloir qu’une vengeance modérée; il est évident que celui qui refuse toute vengeance est le moins exposé à pécher, et c’est pourquoi Notre Seigneur ajoute: « Et moi, je vous dis de ne pas résister au mal. » Je pourrais traduire ainsi ces paroles « Il a été dit aux anciens: Vous ne vous vengerez pas injustement; pour moi, je vous dis: Ne vous vengez pas (ce qui est vraiment accomplir la loi), » si ces paroles paraissaient être dans la pensée du Christ un complément de la loi.

Mais il est plus naturel de penser qu’il n’a eu d’autre but que celui même que se proposait la loi de Moïse, c’est-à-dire qu’il recommande de ne se venger en aucune manière, afin d’être plus assuré d’observer ce précepte et de ne pas dépasser les bornes d’une légitime vengeance.

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Sans ce nouveau commandement, celui de la loi de Moïse ne peut se soutenir, car si nous usons de cette concession de la loi pour rendre à tous le mal pour le mal, nous deviendrons tous mauvais, parce que ceux qui nous persécutent sont malheureusement très nombreux; tandis que si, d’après le précepte du Christ, on ne résiste pas au mal, les bons restent bons, quand bien même ils ne pourraient adoucir les méchants.

S. Jérôme :

Le Seigneur, en nous ôtant le droit de nous venger, tranche donc jusqu’à la racine du péché; dans la loi, la faute est corrigée; ici, les commencements mêmes du péché sont détruits.

La Glose :

On peut dire aussi que par ces paroles le Seigneur ajoute quelque chose à la justice de l’ancienne loi.

S. Augustin :

(serm. sur la mont.) La justice des Pharisiens qui s’appliquait à ne point dépasser la mesure de la vengeance, est une justice imparfaite, et c’est le commencement de la réconciliation et de la paix; mais la justice parfaite est de s’interdire toute vengeance. Aussi entre cet excès que la loi condamne, de rendre plus de mal qu’on n’en a reçu, et la perfection dont le Sauveur fait un précepte à ses disciples, et qui consiste à ne pas rendre le moindre mal à ceux qui nous en ont fait, nous trouvons ce moyen terme qui ne rend que le mal qu’on a reçu. Et c’est par ce moyen terme que le monde a passé de la plus grande division à l’accord le plus parfait.

En effet, si vous prenez l’initiative de l’offense, vous commettez une souveraine injustice; si, sans avoir commencé, vous tirez de votre ennemi une vengeance supérieure à l’offense, vous n’atteignez pas tout à fait le même degré d’iniquité. Si vous ne rendez que le mal que vous avez reçu, vous vous montrez tant soit peu généreux; car celui qui a commencé le premier mérite un châtiment supérieur à l’offense dont il s’est rendu coupable. Mais le Sauveur qui est venu accomplir la loi a porté à sa perfection cette justice ébauchée, exempte de sévérité, et où l’on sent déjà la miséricorde. Quant aux deux degrés intermédiaires, il nous les laisse à comprendre.

Car il en est qui tirent une vengeance légère pour une grave offense, et c’est par ce degré qu’on arrive à ne pas se venger du tout. Mais c’est trop peu encore pour le Seigneur, il veut que vous soyez disposé à en supporter davantage. Aussi nous recommande-t-il non-seulement de ne pas rendre le mal pour le mal, mais de ne pas résister au mal, etc., c’est-à-dire non-seulement de ne pas rendre le mal qui nous aurait été fait, mais encore de ne pas empêcher celui qu’on voudrait nous faire. C’est ce que signifient ces paroles: « Si quelqu’un vous frappe sur la joue droite, présentez-lui aussi la gauche. »

C’est donc un acte de miséricorde et de condescendance que le Sauveur demande, et c’est ce que comprennent parfaitement ceux qui acceptent d’être comme les serviteurs de personnes qui leur sont chères, par exemple, des enfants, ou de ceux qui sont atteints de frénésie. Que n’ont-ils pas à en souffrir, et si leur bien le demande, ils sont disposés à en supporter encore davantage. Le Seigneur souverain médecin des âmes enseigne donc ici à ses disciples à supporter les infirmités de ceux dont ils veulent sauver les âmes, car toute méchanceté vient de la faiblesse de l’esprit, et personne n’est plus inoffensif que celui qui pratique la vertu dans sa perfection.

_________________
Paltalk

Room Tradition Catholique Sede Vacante (partie Europe/ France)
https://sites.google.com/site/catholicismerefuteislam/

http://www.dailymotion.com/sedevacantisme

" Nihil Deo et angelis gratius animae conversione."

" Rien n'est plus agréable à Dieu et aux Anges que la conversion d'une âme."

Saint Ambroise, évêque de Milan.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://islamajesus.forumactif.com/forum.htm
admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 19491
Localisation : La Nouvelle Jérusalem.
Date d'inscription : 07/02/2006

MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 38 - 42   Lun 23 Mar - 16:12

S. Augustin :

(Du mensonge.) La conduite que les Saints
ont tenue sous la loi nouvelle sert à nous faire comprendre les
exemples de l’Écriture qui nous sont présentés sous forme de préceptes,
comme lorsque nous lisons dans l’Évangile: « Vous avez reçu un
soufflet, présentez l’autre joue. » (Lc 6).

Nous ne pouvons certainement trouver de plus parfait exemple de
patience que l’exemple du Seigneur lui-même: Or lorsqu’il eut reçu un
soufflet dans sa passion, il ne dit pas: « Voici l’autre joue, » mais:
« Si j’ai mal parlé, faites voir le mal que j’ai dit: et si j’ai bien
parlé, pourquoi me frappez-vous ? » Cet exemple nous prouve que c’est
intérieurement qu’il faut être disposé à présenter l’autre joue.

S. Augustin :

(serm.
sur la mont.) En effet, Notre Seigneur était disposé non-seulement à
recevoir un soufflet sur l’autre joue pour le salut des hommes, mais à
voir son corps tout entier attaché à la croix. Mais que signifie cette
joue droite ? C’est au visage que l’on reconnaît un homme; être frappé
au visage c’est donc d’après l’Apôtre devenir l’objet du dédain et du
mépris. Mais on ne peut distinguer le visage en visage droit et en
visage gauche, et cependant on peut avoir une double dignité, l’une
selon Dieu, l’autre selon le monde, de là cette distinction de joue
droite et de joue gauche, distinction qui apprend à tout disciple de
Jésus-Christ qui voit mépriser en lui son caractère de chrétien à se
montrer disposé à souffrir les mépris qui tomberaient sur les honneurs
temporels dont il peut être revêtu.

Toutes les offenses auxquelles nous sommes exposés peuvent se diviser
en deux classes, les offenses qu’on ne peut réparer, les offenses qui
peuvent l’être. Or c’est justement dans les offenses où la réparation
n’est pas possible, qu’on cherche ordinairement la consolation de la
vengeance. On vous a frappé, à quoi vous sert de rendre le coup que
vous avez reçu ? Avez-vous guéri par là la blessure qu’on a pu faire à
votre corps ? Non sans doute, il n’y a qu’une âme où la colère déborde
qui puisse désirer de pareils adoucissements.

S. Jean Chrysostome :

(sur
S. Matth.) En rendant à votre ennemi le coup que vous avez reçu,
l’avez-vous apaisé et amené à ne plus vous frapper ? Bien au contraire,
vous l’avez excité à vous porter de nouveaux coups, car la colère loin
de calmer la colère ne sert qu’à l’irriter davantage.

S. Augustin :

(serm.
sur la mont., 10, 19, 20, ou 37, 38.) Aussi le Seigneur veut-il que
nous supportions cette faiblesse de la colère du prochain dans un vrai
sentiment de compassion, plutôt que de chercher dans son châtiment un
adoucissement à la nôtre. Et cependant il ne défend pas ici la
vengeance qui a pour but la correction du prochain, car elle fait
partie de la miséricorde et se concilie très bien avec la disposition
de souffrir encore davantage de celui qu’on veut corriger.

Celui qui est revêtu du pouvoir légitime doit nécessairement tirer
vengeance des crimes commis; mais il doit le faire avec le cœur d’un
père qui ne peut haïr son enfant. De saints personnages ont puni de
mort certains crimes pour inspirer aux vivants une crainte salutaire,
et alors ce n’était pas la mort qui était préjudiciable à ceux qui
étaient punis, mais bien leur péché, qui aurait pu s’aggraver s’ils
avaient continué de vivre. C’est ainsi qu’Élie en frappa plusieurs de
mort (cf. 3 R 18, 40; 4 R 1, 10; Lc 9, 54), et les disciples de
Jésus-Christ ayant voulu s’autoriser de cet exemple, le Seigneur les
reprit, en blâmant non pas l’action du prophète, mais l’ignorance qui
les poussait à se venger, et en leur faisant remarquer que ce n’était
pas l’amour de la correction fraternelle, mais la haine qui excitait en
eux le désir de la vengeance.

Mais après même qu’il leur eut enseigné la loi de charité et qu’il eut
répandu l’Esprit saint dans leurs âmes, on vit encore de semblables
vengeances; c’est ainsi que la parole de Pierre fit tomber morts à ses
pieds Ananie et sa femme, et que l’apôtre saint Paul livra un homme à
Satan pour mortifier sa chair. C’est pourquoi je ne puis comprendre le
déchaînement aveugle de quelques-uns contre les châtiments corporels
que nous voyons dans l’Ancien Testament, dans l’ignorance où ils sont
de l’esprit et l’intention qui les a fait infliger.

S. Augustin :

Quel
est l’homme de bon sens qui oserait dire aux rois: « Qu’un de vos
sujets choisisse d’être religieux ou impie, cela ne vous regarde pas ?
On ne peut leur dire davantage: Que dans votre royaume on soit débauché
ou de moeurs pures, vous n’avez pas à vous en occuper. » Sans doute il
vaut mieux amener les hommes à la pratique de la religion par
l’instruction que par des peines coercitives, mais cependant nous
pourrions prouver par l’expérience que pour plusieurs il a été fort
utile d’être forcés par la peine ou par la crainte à se faire instruire
ou à pratiquer ce qu’on leur avait déjà enseigné. Ceux qui se laissent
conduire par l’amour sont évidemment les meilleurs, mais c’est le plus
grand nombre qu’on ne ramène que par la crainte.

C’est la conduite que Jésus-Christ tient à l’égard de saint Paul: il le
dompte d’abord par la force avant de le soumettre par ses divines
leçons.

S. Augustin :

(serm. sur la mont.) Un
chrétien veut-il observer la juste mesure de vengeance qui lui est ici
permise, lorsqu’il a reçu quelque outrage de ce genre, que la haine
n’entre pas dans son cœur, qu’il soit disposé à souffrir encore
davantage, et qu’en même temps il ne néglige pas de se servir de
l’influence du conseil ou de l’autorité pour faire rentrer son frère
dans le devoir.

S. Jérôme :

Dans le sens
mystique, lorsqu’on nous frappe sur la joue droite, nous devons
présenter non pas la joue gauche, mais l’autre joue (cf. Pv 4, 27; Qo
10, 2; Mt 6, 3), car le juste n’a pas de gauche. Par exemple, si un
hérétique nous frappe dans la discussion, et qu’il veuille porter
atteinte au sens droit d’une vérité dogmatique, nous devons lui opposer
un autre témoignage semblable tiré de l’Écriture.

S. Augustin :

(serm.
sur la mont.) Il est un autre genre d’injures qui peuvent se réparer
complètement: elles sont de deux espèces, l’une s’attaque à l’argent,
l’autre consiste dans les actions outrageantes. C’est de la première
des deux dont Notre Seigneur ajoute: « Si quelqu’un veut plaider contre
vous pour vous prendre votre robe, abandonnez lui encore votre manteau.
»

Or de même que le soufflet reçu sur la joue exprime tous les outrages
qui ne peuvent être réparés que par le châtiment, ainsi ce que le
Seigneur dit ici du vêtement comprend toutes les injures qui peuvent
être réparées sans recourir à la vengeance; et ce précepte doit
s’entendre de la disposition du cœur, et non de ce qu’il faut faire en
réalité. Ce qui nous est commandé à l’égard de la tunique ou du
manteau, nous devons le faire pour tous les biens temporels dont nous
avons le domaine, de quelque manière que ce soit. Car si ce précepte
porte sur le nécessaire, à plus forte raison devons-nous abandonner le
superflu ?

C’est ce que Notre Seigneur nous enseigne en disant: « Si quelqu’un
veut plaider contre vous. » Ces paroles comprennent tout ce qu’on peut
nous disputer devant les tribunaux. Mais doit-on y comprendre les
esclaves ?

C’est une grande question, car un chrétien ne peut assimiler la
propriété d’un esclave à la propriété d’un cheval, quoiqu’il puisse se
faire que le cheval soit d’un prix plus élevé qu’un esclave. Or si
votre esclave trouve en vous un maître plus sage que celui qui désire
vous l’enlever, je ne sais qui oserait vous conseiller de ne pas y
attacher plus d’importance qu’à votre vêtement.

_________________
Paltalk

Room Tradition Catholique Sede Vacante (partie Europe/ France)
https://sites.google.com/site/catholicismerefuteislam/

http://www.dailymotion.com/sedevacantisme

" Nihil Deo et angelis gratius animae conversione."

" Rien n'est plus agréable à Dieu et aux Anges que la conversion d'une âme."

Saint Ambroise, évêque de Milan.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://islamajesus.forumactif.com/forum.htm
admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 19491
Localisation : La Nouvelle Jérusalem.
Date d'inscription : 07/02/2006

MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 38 - 42   Lun 23 Mar - 16:12

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) C’est une chose indigne qu’un chrétien se présente devant le tribunal d’un juge infidèle. Mais quand même le juge serait chrétien,
si vous le mettez dans la nécessité de vous juger, lui qui devait
respecter en vous la dignité de la foi, vous perdez à ses yeux pour une
affaire temporelle cette dignité dont le Christ vous avait revêtu.
D’ailleurs tout procès est une source d’irritation et de pensées
coupables, car si vous voyez qu’on veut l’emporter contre vous par
l’intrigue ou par l’argent, vous vous empressez de recourir aux mêmes
moyens dans l’intérêt de votre cause, et certes ce n’est pas ce que
vous vouliez dès le début.

S. Augustin :

(Enchirid. chap. 78 ). C’est pourquoi le Seigneur défend ici aux chrétiens tout débat devant les tribunaux pour des affaires temporelles. Si donc
l’Apôtre en défendant sous les peines les plus sévères tout appel au
tribunal des infidèles permet cependant que les causes entre fidèles
soient jugées entre eux, il est évident que c’est une concession qu’il
fait à leur faiblesse.

S. Grégoire le Grand :

(Moral., 31, 10.) Parmi ceux qui nous ravissent nos biens temporels nous devons supporter les uns, mais nous devons nous opposer aux autres, tout en conservant la charité à leur égard. En cela nous ne nous opposons pas
seulement à ce qu’ils nous enlèvent ce qui est à nous, mais nous les
empêchons de se perdre eux-mêmes en ravissant ce qui ne leur appartient
pas; car nous devons beaucoup plus craindre pour les ravisseurs
eux-mêmes, que désirer avidement des biens privés de raison. Or lorsque
nous sacrifions la paix avec le prochain à un bien temporel, il est
évident que nous aimons ce bien plus que le prochain.

S. Augustin :

(serm. sur la mont.) La troisième espèce d’injures qui consiste dans des
actions dommageables est un mélange des deux premières et peut se
réparer par le châtiment ou sans le châtiment. Car celui qui contraint
méchamment un homme, et le force malgré lui à l’aider, peut porter la
peine de sa méchanceté et rendre ce que l’on a fait pour lui. A l’égard
de ces injures le Seigneur veut qu’un cœur chrétien se montre rempli de
patience et disposé à en souffrir encore davantage, c’est pourquoi il
ajoute: « Si quelqu’un veut vous contraindre à faire mille pas avec
lui, faites-en deux mille autres encore, » paroles qui exigent beaucoup
moins que nous marchions en réalité, que d’être disposés à le faire.

S. Jean Chrysostome :

(hom. 16.) Le mot αγγαρευσει, angariaverit, veut dire entraîner injustement, et tourmenter sans raison.

S. Augustin :

(serm. sur la mont.) Nous pensons que par ces paroles: « Allez avec lui
l’espace de deux autres milles: » Notre Seigneur a voulu compléter le
nombre trois, nombre qui exprime la perfection, pour rappeler à celui
qui agit ainsi qu’il fait acte de justice parfaite. C’est pour cela
qu’il appuie ce précepte sur trois exemples et que dans le troisième le
nombre deux est ajouté à l’unité pour compléter le nombre trois.

Ou bien, peut-être, faut-il entendre ici que dans ce précepte, le
Seigneur monte par degré de ce qui est plus facile à ce qui est plus
parfait. Il vous commande en premier lieu de présenter l’autre joue à
celui qui vous frappe sur la droite, c’est-à-dire d’être disposé à
supporter un affront moindre que celui que vous avez reçu.

A celui qui veut vous prendre votre tunique, il vous commande
d’abandonner votre manteau ou votre vêtement, suivant un autre texte;
c’est vous demander de supporter une injure égale, ou de bien peu
supérieure à celle qui vous a été faite. Enfin il vous ordonne
d’ajouter aux mille premiers pas, l’espace de deux autres mille,
c’est-à-dire de faire le double de ce que vous avez fait. Mais comme ce
serait peu de ne pas rendre le mal pour le mal, si l’on ne fait
positivement le bien, il ajoute: « Donnez à celui qui vous demande. »

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Nos richesses ne sont pas à nous, mais à Dieu, et il a voulu
que nous en soyons les dispensateurs, et non pas les maîtres.

S. Jérôme :

Si nous restreignons au devoir de l’aumône ces paroles du Sauveur, on ne
peut l’appliquer à un trop grand nombre de pauvres, car si les riches
donnaient constamment, ils ne pourraient donner toujours.

S. Augustin :

(serm. sur la mont.) Le Seigneur nous dit donc: « Donnez à tout homme qui vous demande, » mais non pas à celui qui vous demande toute sorte de choses. Quoi ! vous donneriez de l’argent à celui qui veut s’en servir pour
opprimer un innocent ou pour corrompre la vertu d’une femme !

Il ne faut donc donner que ce qui ne peut être nuisible ni pour vous,
ni pour un autre, autant que vous pouvez en juger sur la foi de celui
qui demande. Et lorsque vous croirez devoir lui refuser ce qu’il
demande, expliquez-lui les justes motifs de votre refus. De cette
manière il ne s’en ira point sans avoir rien reçu, et en lui faisant
comprendre l’injustice de sa demande vous lui aurez donné quelque chose
de bien préférable à ce qu’il demandait.

_________________
Paltalk

Room Tradition Catholique Sede Vacante (partie Europe/ France)
https://sites.google.com/site/catholicismerefuteislam/

http://www.dailymotion.com/sedevacantisme

" Nihil Deo et angelis gratius animae conversione."

" Rien n'est plus agréable à Dieu et aux Anges que la conversion d'une âme."

Saint Ambroise, évêque de Milan.


Dernière édition par Admin le Lun 23 Mar - 16:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://islamajesus.forumactif.com/forum.htm
admin
Admin
avatar

Nombre de messages : 19491
Localisation : La Nouvelle Jérusalem.
Date d'inscription : 07/02/2006

MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 38 - 42   Lun 23 Mar - 16:12

S. Augustin :

(Lettre 48 à Vincent.) Il est plus utile de retirer le pain à celui qui a faim,
et qui assuré de sa nourriture négligerait de pratiquer la justice, que
de faire de ce morceau de pain dont il a besoin, un moyen de séduction
pour le forcer de consentir au mal.

S. Jérôme :

On peut encore entendre ces paroles du trésor de la doctrine, qui ne
s’épuise jamais, mais qui se remplit abondamment à proportion de ce
qu’on donne.

S. Augustin :

(serm. sur la mont.) Les paroles qui suivent: « Et ne vous détournez point de celui qui veut emprunter de vous » se rapportent aux dispositions de l’âme, car « Dieu aime celui qui donne gaîment. » Tout homme qui reçoit, emprunte, dût-il ne rien rendre, parce que Dieu rend à ceux qui exercent la charité plus qu’ils n’ont donné. Si cependant on ne veut entendre par emprunteur que celui qui reçoit avec l’intention de rendre, il faut dire alors que le Seigneur comprend dans ses paroles ces deux manières de donner, ou le don gratuit, ou le prêt soumis à l’obligation de rendre.

Le Seigneur nous exhorte avec raison à ce genre de bienfait, en nous
disant: « Ne rejetez point, » c’est-à-dire ne détournez pas votre
volonté dans la pensée que Dieu ne vous serait plus redevable, parce
que votre débiteur se serait acquitté à votre égard, car ce que l’on
fait pour obéir à un précepte divin ne saurait demeurer sans fruit.

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Le Christ nous fait donc un devoir de prêter, mais sans
condition d’usure, car celui qui prête à cette condition ne donne pas
ce qui est à lui; il prend ce qui ne lui appartient pas; il brise un
des lieus de l’emprunteur, pour le charger d’un plus grand nombre de
chaînes; il donne, ce n’est point par un principe de justice divine,
c’est dans une pensée toute d’intérêt personnel. L’argent qu’on prête à
usure est semblable à la morsure d’un aspic, de même que le venin de
l’aspic répand secrètement la corruption dans tous les membres, ainsi
l’usure fait de tous les biens autant de dettes.

S. Augustin :

(lettre à Marcellin). On nous objecte que cette doctrine de Jésus-Christ n’est pas compatible avec les moeurs publiques, car qui peut, dira-t-on, se
laisser ravir quelque chose par l’ennemi ? qui serait disposé à ne pas
exercer contre ceux qui dévastent les provinces romaines les
représailles qu’autorise le droit de la guerre ? Nous répondons que ces
préceptes de patience doivent toujours se retrouver dans les
dispositions de notre cœur, et que cette bonté qui défend de rendre le
mal pour le mal doit toujours faire le fond de notre âme.

On doit d’ailleurs agir envers ceux qui se refusent aux avances de la
charité avec une sévérité pleine de douceur, et qui soit pour eux un
châtiment salutaire. Si la société se conduisait d’après les préceptes
du christianisme, les guerres elles-mêmes auraient leurs inspirations
bienveillantes. On n’y chercherait que l’utilité des vaincus en
rétablissant l’union entre l’impiété et la justice, car on gagne à être
vaincu quand on perd la liberté de faire le mal. Il n’y a rien, en
effet, de plus malheureux que la félicité des pécheurs, car elle
alimente l’impunité qui est un châtiment, et fortifie au-dedans de nous
cet ennemi intérieur qu’on appelle la volonté du mal.

_________________
Paltalk

Room Tradition Catholique Sede Vacante (partie Europe/ France)
https://sites.google.com/site/catholicismerefuteislam/

http://www.dailymotion.com/sedevacantisme

" Nihil Deo et angelis gratius animae conversione."

" Rien n'est plus agréable à Dieu et aux Anges que la conversion d'une âme."

Saint Ambroise, évêque de Milan.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://islamajesus.forumactif.com/forum.htm
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 38 - 42   

Revenir en haut Aller en bas
 
Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 38 - 42
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» SUITE DE SAINT MATTHIEU (Chap. 1, vv. 22-25) par Saint Jean Chrysostôme. (Extraits).
» L'Evangile selon saint Matthieu (film)
» Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 9, 9-13)
» A la suite de Jésus. Saint Matthieu, chapitre 8, 18-22
» Evangile selon saint Thomas...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Tradition Catholique (Sede Vacante) :: La Sainte Liturgie :: Ecriture Sainte et commentaire-
Sauter vers: