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 Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 20 - 22

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MessageSujet: Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 20 - 22   Ven 12 Juin - 20:31

Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 20 - 22

Citation :
Car je vous dis que si votre justice ne surpasse celle des Scribes et des Pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point ; mais qui tuera sera justiciable du tribunal.
Et moi, je vous dis : Quiconque se met en colère contre son frère [à la légère] sera justiciable du tribunal ; et qui dira à son frère : Raca ! sera justiciable du Sanhédrin ; et qui lui dira : Fou ! sera justiciable pour la géhenne du feu.

http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89vangile_selon_Saint_Matthieu_-_Crampon#Chapitre_5

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 20 - 22   Ven 12 Juin - 20:35

Commentaire par Saint Thomas d'Aquin.

Verset 20-22


http://docteurangelique.free.fr/index.html

S. Hilaire :

(can. 4.) Dans ce magnifique début le Sauveur s’élève bien au-dessus de la loi ancienne; il déclare aux apôtres que l’entrée du ciel leur est fermée, si leur justice n’est supérieure à celle des Pharisiens; c’est le sens de ces paroles: « Je vous le dis en vérité, à moins que votre justice ne soit plus abondante, etc.

S. Jean Chrysostome :

(hom. 16.) La justice dont il parle ici est la réunion de toutes les vertus, pour la pratique desquelles il faut ajouter le secours de la grâce: car le Sauveur veut que ses disciples, tout grossiers qu’ils sont encore, se montrent plus vertueux que les docteurs de la loi ancienne. Il ne dit pas que les Scribes et les Pharisiens sont des hommes d’iniquité, puisqu’il parle de leur justice. Remarquez aussi qu’il confirme la vérité de l’Ancien Testament, par la comparaison qu’il en fait avec le Nouveau; ils ne différent que du plus du moins, et sont du même genre.

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Les justices des Scribes et des Pharisiens sont les commandements donnés par Moïse, et les commandements de Jésus-Christ sont le parfait accomplissement des premiers. Voici donc le sens des paroles du Sauveur: « Celui qui indépendamment des commandements de la loi n’accomplira pas ceux que je donne moi-même, quelque peu importants qu’ils lui paraissent, celui-là n’entrera pas dans le royaume des cieux; » car les commandements de Moïse délivrent bien de la peine portée contre les transgresseurs de la loi, mais ils ne peuvent introduire dans le royaume des cieux, tandis que mes commandements délivrent du châtiment et tout à la fois donnent entrée dans le royaume des cieux.

Mais puisqu’il est certain que violer ces moindres commandements et ne pas les observer est une seule et même chose, pourquoi est-il dit plus haut que celui qui les viole sera appelé le dernier dans le royaume de Dieu, tandis que nous voyons ici que celui qui ne les garde pas n’entrera point dans le royaume des cieux ? Je réponds à cela qu’être le dernier dans le royaume, ou n’y pas entrer reviennent au même, et qu’être simplement du royaume, ce n’est pas régner avec le Christ, mais faire seulement partie de son peuple.

Il veut donc dire que celui qui viole ces commandements sera du nombre des chrétiens, mais relégué au dernier rang; celui au contraire qui entre dans le royaume devient participant de la royauté du Christ: par conséquent, celui qui n’y entre pas n’a point de part à cette gloire, mais il est cependant de son royaume, en ce sens qu’il est du nombre de ceux sur lesquels règne le Christ, le roi des cieux.

S. Augustin :

(Cité de Dieu, liv. 20, chap. 9.) On peut encore donner cette explication: « Si votre justice n’est plus abondante que celle des Scribes et des Pharisiens qui n’observent pas ce qu’ils enseignent, et dont il est dit ailleurs: « Ils disent et ne font pas; » c’est-à-dire si votre justice n’atteint ce degré de perfection non-seulement de ne pas violer, mais de pratiquer ce que vous enseignez, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. Il faut donc entendre dans un sens différent le royaume des cieux, là où nous rencontrons ces deux sortes de personnes, celui qui transgresse ce qu’il enseigne, et celui qui le pratique, l’un appelé le plus petit, et l’autre grand; ce royaume c’est l’Église actuelle. Au contraire le royaume des cieux dans lequel n’entre que celui qui observe les commandements c’est l’Église telle qu’elle existera dans le siècle à venir.

S. Augustin :

(cont. Faust. liv. 9 et 10.) Je ne sais si on pourrait trouver nommé une seule fois dans l’Ancien Testament ce royaume de Dieu dont il est si souvent question dans les discours du Seigneur. C’est une des révélations propres au Nouveau Testament, et cette révélation était réservée aux lèvres de ce roi dont l’Ancien Testament figurait l’empire sur ses serviteurs. Cette fin à laquelle doivent se rapporter les commandements demeurait voilée sous l’ancienne loi, bien que les Saints qui la voyaient révélée dans l’avenir, en faisaient dès lors la règle de toute leur vie.

La Glose :

Ou bien encore ces paroles: « Si votre justice n’est plus abondante, » ne se rapportent pas à ce que prescrivait l’ancienne loi, mais à la manière dont les Scribes et les Pharisiens l’interprétaient.

S. Augustin :

(cont. Faust. liv. 19, chap. 28.) Presque tous les préceptes que le Sauveur fait précéder de ces mots: « Mais moi, je vous dis, » se trouvent dans les livres de l’Ancien Testament; mais comme les Pharisiens ne comprenaient sous la défense de l’homicide que le seul fait de la mort donnée au prochain, le Seigneur leur découvre que tout mouvement de haine qui tend à nuire à notre frère fait partie du péché d’homicide. C’est pourquoi il ajoute: « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens: Vous ne tuerez pas. »

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Le Christ voulant montrer qu’il est le même Dieu qui avait promulgué les préceptes de la loi ancienne, et qui donne ceux de la loi de grâce, pose en tête de ses préceptes ceux qui dans l’ancienne loi se trouvaient avant tous les autres, c’est-à-dire les préceptes prohibitifs qui ont pour objet le prochain.

S. Augustin :

(Cité de Dieu, liv. 20.) De ce qu’il est écrit: Vous ne tuerez pas, nous ne concluons pas que c’est un crime d’arracher un arbrisseau, erreur grossière des Manichéens; nous n’appliquons pas non plus ce précepte aux animaux sans raison; car en vertu de l’ordre plein de sagesse établi par le Créateur, leur vie comme leur mort sont soumises à nos besoins. C’est donc de l’homme qu’il faut entendre ces paroles: « Vous ne tuerez pas; » vous ne tuerez pas un autre, vous ne vous tuerez pas vous-même; car celui qui se donne la mort, que fait-il d’autre chose que de donner la mort à un homme ?

N’allons pas voir non plus une violation de ce précepte dans la conduite de ceux qui ont fait la guerre par l’ordre de Dieu, ou qui dépositaires du pouvoir public ont usé de leur autorité pour prononcer contre des scélérats la juste sentence qui les condamnait à mort. Abraham lui-même qui voulut mettre à mort son fils pour obéir à Dieu, non-seulement n’est pas accusé de cruauté; mais l’Écriture fait le plus grand éloge de sa foi et de sa religion.

Il ne faut donc pas comprendre dans ce précepte ceux que Dieu commande de mettre à mort, ou par une loi générale, ou dans un cas particulier, par un ordre exprès et transitoire. On ne peut non plus considérer comme homicide celui qui prête son concours à l’exécution d’un ordre légitime, pas plus que celui qui donne son appui au magistrat qui porte le glaive; et on ne peut excuser autrement Samson de s’être enseveli avec ses ennemis sous les ruines de la maison où il se trouvait, qu’en disant qu’il obéit en cela à l’inspiration secrète de l’Esprit qui avait opéré par lui tant de prodiges.

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 20 - 22   Ven 12 Juin - 20:38

S. Jean Chrysostome :

(hom. 19.) Par cette formule: « Il a été dit aux anciens, » le Sauveur nous apprend qu’il y avait bien longtemps que ce commandement avait été donné aux Juifs. Il s’exprime ainsi pour entraîner vers des préceptes plus élevés, les esprits lents qui l’écoutaient, comme un maître qui voulant stimuler un enfant paresseux par le désir d’une instruction supérieure lui dirait: Vous avez perdu beaucoup de temps à épeler. Or le Seigneur ajoute: « Mais moi je vous dis que quiconque se mettra en colère contre son frère, méritera d’être condamné par le jugement. »

Remarquez dans ces paroles la puissance du législateur; aucun des anciens n’avait parlé de la sorte, mais ils s’exprimaient ainsi: « Le Seigneur a dit. » Ils parlaient comme des serviteurs qui portent les ordres de leur maître; Jésus-Christ parle comme le fils qui commande au nom de son père et en son propre nom. Ils annonçaient les ordres de Dieu à ceux qui étaient comme eux les serviteurs de Dieu; Jésus-Christ imposait ses lois à ses propres serviteurs.

S. Augustin :

(Cité de Dieu, liv. 9, chap. 10.) Il y a parmi les philosophes deux opinions sur les passions de l’âme. Les Stoïciens ne veulent pas qu’un sage puisse y être accessible; les Péripatéciens admettent que le sage peut les éprouver, mais modérées toutefois et soumises à la raison, comme lorsque le sentiment de la compassion est tellement tempéré qu’il sauvegarde les droits de la justice. (Et au commencement du chap. 5.) D’après les principes de la doctrine chrétienne, il est moins question de savoir si une âme pieuse peut se livrer au sentiment de la colère ou de la tristesse, que de connaître la source de ces impressions.

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Celui qui se met en colère sans raison est coupable; si sa colère est motivée, il cesse de l’être, car sans cette irritation légitime, la doctrine ne fait aucun progrès; la justice n’a point de stabilité; les crimes ne sont point réprimés. Celui donc qui ne se met pas en colère lorsqu’il le doit, commet une faute, car la patience qui est déraisonnable devient la source de tous les vices, nourrit la négligence, et porte directement au mal, non-seulement les mauvais, mais les bons eux-mêmes.

S. Jérôme :

Dans quelques exemplaires, on lit ces mots: sans cause, mais dans les plus exacts, la pensée est claire, et la colère est tout à fait défendue, car s’il nous est ordonné de prier pour nos persécuteurs, quelle occasion nous reste-t-il de nous mettre en colère ? Il faut donc supprimer cette addition: « Sans cause, » car « la colère de l’homme n’opère pas la justice de Dieu. »

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Cependant la colère qui a une cause légitime n’est pas colère, mais jugement, car la colère proprement dite est une émotion produite par la passion. Or, lorsque la colère a une cause raisonnable, elle n’est plus le fruit de la passion, et alors ce n’est plus de la colère, mais du jugement.

S. Augustin :

(liv. 1 des Rétract., chap. 19.) Nous disons encore qu’il faut considérer attentivement ce que c’est que la colère contre son frère, car ce n’est pas se mettre en colère contre son frère que de s’irriter du mal qu’il a commis. Celui-là donc se met en colère sans raison, qui s’emporte contre son frère et non contre le péché dont il s’est rendu coupable.

S. Augustin :

(Cité de Dieu, liv. 14, chap. 5.) Aucun homme raisonnable ne blâmera qu’on se mette en colère contre son frère pour le ramener au bien. Ces mouvements qui sont produits par l’amour de la vertu et par la sainte charité ne doivent pas être considérés comme des vices, puisqu’ils sont conformes à la droite raison.

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) D’ailleurs je pense que Notre Seigneur Jésus-Christ ne parle pas ici de l’irritation qui vient du sang, mais de la colère qui a sa source dans l’âme, car on ne peut commander au sang de ne pas se troubler. Lorsque donc un homme irrité ne cède pas aux inspirations de la colère, ce n’est pas l’âme, c’est l’homme extérieur et sensible qui est irrité.

S. Augustin :

Dans cette première partie, il n’est question que d’une seule chose, de la colère; dans la seconde, le Sauveur condamne à la fois la colère et les paroles qui en sont l’expression: « Celui, » continue-t-il, « qui dira à son frère: Raca, méritera d’être condamné par le conseil. » Il en est qui veulent tirer du grec l’étymologie de ce mot raca, et comme racos (ρακος) en grec signifie haillons, ils en concluent que ce mot veut dire: couvert de haillons. Mais il est plus probable que ce mot n’a aucune signification déterminée, et qu’il exprime simplement le mouvement d’une âme pleine d’indignation. Les grammairiens appellent ces sortes de mots interjections, comme lorsqu’un homme dans la douleur s’écrie: hélas !

S. Jean Chrysostome :

(homél. 16.) Ou bien raca est un terme de mépris et de dédain; cette locution correspond à celle dont nous nous servons en parlant à nos serviteurs ou à des personnes plus jeunes que nous: « Va-t’en toi, va le lui dire, toi. » C’est ainsi que le Seigneur veut déraciner jusqu’aux moindres effets de la colère, et qu’il nous ordonne d’avoir les uns pour les autres les plus grands égards.

S. Jérôme :

Ou bien raca est un mot hébreu qui signifie sans valeur, esprit vide et qui équivaut à cette expression injurieuse: sans cervelle que nous n’oserions employer. C’est avec intention qu’il ajoute: « Celui qui dira à son frère. » Car nul ne peut être notre frère sans avoir le même père que nous.

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) C’est une indignité de dire à un homme qu’il n’a rien en lui, alors que son âme est le temple de l’Esprit saint.

S. Augustin :

La troisième partie de ce précepte comprend trois choses, la colère, les paroles qui la manifestent, l’outrage qu’elles expriment: « Celui qui dira à son frère vous êtes un fou, sera passible du feu de l’enfer. »

S. Augustin :

(serm. sur la mont.) Il y a donc divers degrés dans ces péchés que la colère nous fait commettre: le premier est de se mettre en colère, tout en comprimant le mouvement de la colère dans son cœur; si l’agitation intérieure se trahit par une parole qui ne signifie rien, mais dont l’éclat seul atteste l’irritation de l’âme, il y a un degré de plus que dans la colère dont le mouvement est réprimé par le silence. Mais on est bien plus coupable encore si l’on s’emporte à des paroles évidemment outrageantes.

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 20 - 22   Ven 12 Juin - 20:40

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) De même qu’on ne peut appeler esprit vide celui qui possède l’Esprit saint, on ne peut appeler insensé celui qui connaît Jésus-Christ. Mais si le mot raca a le même sens que vide, c’est donc une même chose de dire, insensé et raca. Oui, mais ces deux mots diffèrent dans l’intention de celui qui les profère: le mot raca chez les Juifs était une expression en usage qu’ils employaient non pas sous l’impression de la colère ou de la haine, mais par un vain mouvement de présomption plutôt que par un sentiment de colère.

Mais si la colère n’y a aucune part, pourquoi est-ce un péché ? Parce que c’est une expression qui favorise la dispute plutôt que l’édification, car si nous ne devons pas prononcer même une bonne parole, à moins qu’elle ne soit utile, combien plus devons-nous nous interdire ce qui est tout à fait mal en soi ?

S. Augustin :

(serm. sur la mont.) Voici donc trois degrés de culpabilité qui nous rendent passibles du jugement, du conseil, du feu de l’enfer, et par lesquels le Sauveur nous fait monter de ce qui est léger à ce qui est plus grave. Dans le jugement, en effet, on peut encore se défendre; mais au conseil, il appartient de prononcer la sentence définitive, après que les juges ont conféré entre eux sur le châtiment qu’ils doivent infliger au coupable; dans la géhenne du feu, la condamnation est certaine aussi bien que le châtiment de celui qui est condamné.

On voit donc la différence qui existe entre la justice des pharisiens et celle de Jésus-Christ: d’un côté l’homicide seul rend passible du jugement, de l’autre il suffit d’un simple mouvement de colère qui est le plus faible des trois degrés dont nous avons parlé.

Raban :

Par le mot de géhenne, le Sauveur veut exprimer ici les tourments de l’enfer. On croit que ce nom vient d’une vallée consacrée aux idoles, près de Jérusalem, qui était remplie de cadavres, et que Josias livra à la profanation, comme nous le lisons au livre des Rois (4 R 23, 10).

S. Jean Chrysostome :

(hom. 10.) C’est pour la première fois que le Sauveur prononce le mot d’enfer, et il ne le fait qu’après avoir parlé de son royaume, pour nous apprendre que l’un est un don de son amour, tandis que l’autre n’est que la punition de notre négligence et de notre lâcheté. Il en est beaucoup qui regardent comme trop sévère cette peine infligée pour une seule parole; aussi quelques-uns voudraient-ils ne voir ici qu’une hyperbole. Mais je crains qu’en nous abusant ici-bas sur le sens des paroles, nous ne nous réservions en réalité le dernier supplice dans l’autre vie.

Ne regardez donc pas ce châtiment comme excessif, car les paroles sont pour la plupart des hommes le principe de leurs crimes et de leurs châtiments. Que de fois, en effet, des paroles légères ont conduit à l’homicide ou à la destruction de villes entières ! Et d’ailleurs estimez-vous donc une faute légère que de traiter son frère de fou, et de le dépouiller ainsi de la prudence, de l’intelligence, qui nous font ce que nous sommes, et nous distinguent des animaux sans raison.

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Ou bien il sera passible du conseil, c’est-à-dire qu’il fera partie de ce conseil qui s’est déclaré contre le Christ, interprétation qui est celle des Apôtres dans leurs canons.

S. Hilaire :

(Can. 4.) Ou bien celui qui traite d’esprit vide son frère qui est rempli de l’Esprit saint, méritera d’être traduit devant le conseil des saints, qui, devenus ses juges, lui feront expier par une sentence sévère l’outrage qu’il a fait à l’Esprit saint.

S. Augustin :

(serm. sur la mont.) On me demandera peut-être quel supplice plus grave est réservé à l’homicide, si le simple outrage est puni par le feu de l’enfer; je répondrai qu’il faut admettre divers degrés dans les supplices de l’enfer.

S. Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Ou bien le jugement et le conseil sont des peines de la vie présente, et l’enfer le châtiment de la vie future. Jésus donne le jugement pour châtiment à la colère, pour montrer que s’il n’est pas possible à l’homme d’être tout à fait sans passions, il est en son pouvoir de leur mettre un frein; et la raison pour laquelle il n’assigne pas à la colère de châtiment déterminé, c’est qu’il ne veut point paraître l’interdire entièrement. Il met ici le conseil par allusion au grand conseil des Juifs, pour ne point passer toujours pour un novateur.

S. Augustin :

(serm. sur la mont.) Dans ces trois sentences, il faut faire attention aux mots qui sont sous-entendus. La première est complète et ne laisse rien à désirer: « Celui qui se met en colère » (sans cause selon quelques-uns); dans la seconde: « Celui qui dit à son frère: raca. » il faut sous-entendre sans cause; et dans la troisième: « Celui qui dira: Vous êtes un insensé, » il faut sous-entendre: « à son frère et sans cause ? » C’est ainsi qu’on justifie l’Apôtre d’avoir appelé insensés (Ga 3, 3) les Galates qu’il nomme ses frères, parce qu’il ne l’a pas fait sans raison.

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