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 Première épître de Saint Jean , chap II ; verset 18 - 27

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MessageSujet: Première épître de Saint Jean , chap II ; verset 18 - 27   Lun 29 Juin - 19:06

Première épître de Saint Jean , chap II ; verset 18 - 27

Citation :
Mes petits enfants, c’est la dernière heure. Comme vous avez appris que l’antéchrist doit venir, aussi y a-t-il maintenant plusieurs antéchrists : par là nous connaissons que c’est la dernière heure.
Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ; car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous ; mais ils en sont sortis, afin qu’il soit manifeste que tous ne sont pas des nôtres.
Pour vous, c’est du Saint que vous avez reçu l’onction, et vous connaissez tout.
Je vous ai écrit, non que vous ne connaissiez pas la vérité, mais parce que vous la connaissez, et que vous savez qu’aucun mensonge ne vient de la vérité.
Qui est le menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’antéchrist, qui nie le Père et le Fils.
Quiconque nie le Fils, n’a pas non plus le Père ; celui qui confesse le Fils, a aussi le Père.
24 Pour vous, que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous. Si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous, vous demeurez aussi dans le Fils et dans le Père.
Et la promesse que lui-même nous a faite, c’est la vie éternelle.
Voilà ce que j’avais à vous écrire sur ceux qui vous séduisent.
Pour vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin que personne vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne sur toute chose, cet enseignement est véritable et n’est point un mensonge ; et selon qu’elle vous a enseignés, demeurez en lui.

http://fr.wikisource.org/wiki/Premi%C3%A8re_%C3%A9p%C3%AEtre_de_Saint_Jean_-_Crampon#Chapitre_2

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MessageSujet: Re: Première épître de Saint Jean , chap II ; verset 18 - 27   Lun 29 Juin - 19:08

TROISIÈME TRAITÉ.

DEPUIS LES PAROLES SUIVANTES : « MES PETITS ENFANTS, VOICI LA DERNIÈRE HEURE »,
JUSQU'A CES AUTRES : « SON ONCTION VOUS ENSEIGNE TOUT ». (Chap. II, 18-27.)
L'ANTÉCHRIST.


TRAITÉS SUR L'ÉPÎTRE DE SAINT JEAN AUX PARTHES. ( Ière)

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/frame.html

"Oeuvres complètes de Saint Augustin"

Traduites pour la première fois, sous la direction de M. Raulx, Bar-le-Duc, 1869


Les traités sur l'Évangile de saint Jean ont été traduits par un Vicaire général qui a voulu garder l'anonyme et par M. l'abbé AUBERT, lequel a traduit aussi tous les traités sur l'Épître de saint Jean.

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MessageSujet: Re: Première épître de Saint Jean , chap II ; verset 18 - 27   Lun 29 Juin - 19:09

183-187
6. « Je ne vous écris pas comme à des hommes qui ignorent la vérité, mais comme à des hommes qui la connaissent et qui savent que nul mensonge ne peut venir de la vérité ». Nous sommes avertis : voilà comment nous reconnaissons l'antéchrist. Qu'est le Christ ? La vérité ; car il a dit lui-même : « Je suis la Vérité (1) ». Or, « nul mensonge ne peut venir de la vérité ». Aussi, tous ceux qui mentent n'appartiennent-ils pas encore au Christ. Jean ne dit point: Quelque mensonge vient de la vérité ; il y a quelques mensonges qui ne viennent pas de la vérité. Remarquez bien la portée de ses paroles : ne vous caressez pas, ne vous flattez pas, ne vous trompez pas, ne vous laissez pas tomber dans l'illusion : « Nul mensonge ne peut venir de la vérité. Comme il y a des mensonges de plus d'une sorte », voyons comment les antéchrists peuvent mentir. « Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? »

Autre est la signification du mot Jésus, autre celle du mot Christ : quoique notre Sauveur Jésus-Christ ne soit qu'une seule personne, le nom de Jésus lui appartient néanmoins en propre. Comme Moïse, Elie, Abraham, ont eu leur nom particulier, ainsi Notre-Seigneur a-t-il en propre celui de Jésus : celui de Christ s'applique à une chose mystérieuse. De même qu'on dit un prophète, un prêtre ; de même, en prononçant le mot Christ, c'est comme si l'on disait : Un homme oint, qui doit sauver tout le peuple d'Israël. La nation juive attendait la venue de ce Christ ; et parce qu'il est venu sans apparat, elle ne l'a pas reconnu ; parce qu'il était une petite pierre, elle s'est buttée contre lui, et brisée. La pierre a grossi, elle est devenue une montagne immense (2) .

Que dit à son sujet l'Écriture ? « Quiconque heurtera cette pierre, s'y brisera, et elle écrasera celui sur qui elle tombera (3) ». Remarquez bien ces paroles : La pierre brisera celui qui se buttera contre elle, et elle écrasera celui sur qui elle tombera. Pour commencer, et parce que le Sauveur avait apparu tout petit, les hommes l'ont heurté : plus tard, il viendra dans l'éclat de sa grandeur, pour juger le monde, et alors il écrasera celui sur qui il tombera. A son second avènement, il n'écrasera pas celui qu'il n'aura pas brisé lors de sa première venue. Quiconque ne l'aura pas heurté au temps de son humiliation, ne le redoutera pas au temps de sa grandeur. Le Christ est une pierre de scandale pour tous les méchants : quoi qu'il dise, ses paroles leur déplaisent.


7. Écoutez-moi , je vous en donnerai la preuve. Évidemment, tous ceux qui sortent de l'Église, qui sont retranchés de l'unité de l'Église, sont des antéchrists ; personne ne peut en douter : Jean en a fait la déclaration formelle : « Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n'étaient pas de nous ; car, s'ils avaient été de nous, ils seraient demeurés avec nous ». Tous ceux qui ne demeurent pas avec nous, mais qui sortent du milieu de nous, sont donc des antéchrists. Et où se trouve la preuve qu'ils sont des antéchrists ? Dans leur mensonge. « Qui est menteur, si non celui qui nie que Jésus soit le Christ? »

Interrogeons les hérétiques : lequel d'entre eux nie que Jésus soit le Christ ? Que votre charité remarque un grand mystère. Faites attention à ce que le Seigneur Dieu nous aura inspiré, à ce que je voudrais vous faire comprendre. Il en est qui sont sortis de nous, pour devenir les Donatistes. Nous leur demandons si Jésus est le Christ, et aussitôt ils avouent que Jésus est le Christ. Si, pour être antéchrist, il faut nier que Jésus soit le Christ, les Donatistes ne peuvent nous regarder comme des antéchrists, et il nous est tout aussi impossible de formuler contre eux pareille accusation, parce que nous sommes les uns et les autres unanimes à déclarer que Jésus est le Christ. S'ils ne nous désignent pas sous le nom d'antéchrists, et si nous ne leur donnons pas davantage cette épithète, ils ne se sont donc pas plus éloignés de nous, que nous ne nous sommes éloignés d'eux.

Et puisque nous ne sommes point séparés les uns des autres, nous sommes en communauté de croyances ; dès lors, à quoi bon deux autels dans cette ville ? Pourquoi les familles et les ménages sont-ils divisés? Pourquoi un lit commun et deux Christs ? L'Apôtre nous avertit; il veut que nous confessions la vérité. Ou bien les Donatistes sont sortis de nos rangs, ou bien nous sommes sortis des leurs. Mais non, nous ne venons pas d'eux, car nous possédons le titre de l'hérédité du Sauveur : nous le lisons, et nous nous y trouvons désignés : « Je te donnerai les nations pour héritage, et la terre pour empire (1) ». On voit chez nous l'héritage du Christ ; on ne le voit pas chez les Donatistes : ils ne sont pas en communion avec l'univers, avec tous ceux que le Sauveur a rachetés au prix de son sang.

Nous avons pour nous Notre-Seigneur lui-même, car après sa résurrection, ses disciples étant plongés dans le doute, il se montra à eux et leur donna la facilité de le toucher ; et comme leur doute ne se dissipait point, il leur dit : « Il fallait que le Christ souffrît, et qu'il ressuscitât le troisième jour, et qu'on prêchât en son nom la pénitente et la rémission des péchés ». En quel endroit? par où? à qui? « A toutes les nations, en commençant par Jérusalem (1) ». Nous sommes tranquilles : l'unité de l'héritage nous appartient. Quiconque n'est pas en communion avec cet héritage, en est sorti.


1 Jean, XIV, 6.
— 2. Dan. II, 35.
— 3. Luc, XX, 18
1. Ps. II, 8.
1. Luc, XXIV, 46, 47.

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MessageSujet: Re: Première épître de Saint Jean , chap II ; verset 18 - 27   Lun 29 Juin - 19:10

8. Mais ne nous affligeons pas : « Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n'étaient pas de nous, car s'ils avaient été de nous, ils seraient demeurés avec nous ». S'ils nous ont quittés, ils sont donc des antéchrists; s'ils sont des antéchrists, ils sont des menteurs ; s'ils sont des menteurs, ils nient que Jésus soit le Christ. Nous revenons de nouveau à la difficulté proposée. Interroge-les tous, les uns après les autres : en Jésus, ils reconnaissent le Christ. Les termes dont Jean se sert, ne nous laissent pas le champ libre ; ils sont trop précis pour cela. Vous apercevez certainement la difficulté : pour nous comme pour eux, elle est un. sujet de trouble, si nous n'en avons pas une idée claire. Ou c'est nous qui sommes des antéchrists, ou ce sont les Donatistes : ils nous appliquent cette dénomination, et disent que nous nous sommes séparés d'eux : de notre côté, nous agissons de même à leur égard ; mais l'épître indique le caractère distinctif des antéchrists.

Celui-là en est un, qui nie que Jésus soit le Christ. Cherchons donc à savoir qui lui refuse ce titre : ne nous arrêtons pas aux mots : allons droit aux faits. Car, interrogeons-les tous, et tous d'une seule voix, ils nous répondront que Jésus est le Christ. Laissons, pour un moment, leurs langues en paix, examinons leurs couvres. Si nous parvenons à nous assurer de ce que dit l'Écriture, à savoir qu'on peut nier une chose, non-seulement par parole, mais encore par action, nous constaterons, de manière à n'en pas douter, que beaucoup d'antéchrists confessent de bouche le Christ, tandis que, par leur conduite, ils le renient. En quel endroit de l'Écriture trouvons-nous cette sentence? Écoute l'apôtre Paul ; en parlant de tels hommes, il a dit : « Ils font profession de connaître Dieu, mais ils le renoncent par leurs œuvres (1) ».

Nous voyons qu'ils sont eux-mêmes des antéchrists, car quiconque renonce le Christ par sa conduite, en est un. Je n'entends pas ce qu'il dit, mais je vois ce qu'il fait. Ses oeuvres parlent, et nous lui demandons des paroles? Où est, en effet, le méchant qui ne cherche pas à dire de belles choses ? Mais qu'est-ce que le Seigneur dit à des gens de ce caractère ? « Hypocrites, comment pourriez-vous dire de bonnes choses, puisque vous êtes méchants (2) ? » Vous faites retentir à mes oreilles les accents de votre voix ; moi, j'examine vos pensées secrètes ; j'aperçois en vous des intentions perverses et vous me faites voir des fruits trompeurs. Je sais quelle récolte vous me préparez ; on ne cueille point de figues sur des chardons, et les épines n'ont jamais produit de raisins: on reconnaît tous les arbres à leurs fruits (3). Plus menteur est l'antéchrist, qui fait profession de reconnaître le Christ en Jésus, et qui, par ses actes, refuse de le croire. Il est un menteur, puisqu'il parle d'une manière et agit d'une autre.

1. Tit. I, 16.

2. Matth. XII, 31

3. Id. VII, 16.


9. Par conséquent, mes frères, si nous examinons la conduite des hommes, nous remarquons non-seulement qu'un grand nombre d'antéchrists sont déjà sortis de nos rangs, mais aussi que beaucoup sont encore inconnus, parce qu'ils sont restés, jusqu'à présent, au milieu de nous ; car, tout ce qu'il y a dans l'Église de parjures, de fraudeurs, de scélérats, d'amateurs de sortilèges, d'adultères, d'ivrognes, d'usuriers, d'embaucheurs, de personnes mauvaises qu'il nous est impossible d'énumérer , est opposé à la doctrine du Christ, à la parole de Dieu ; or, le Verbe de Dieu, c'est le Christ, et tout ce qui est opposé au Verbe de Dieu appartient à l'antéchrist, puisque l'antéchrist est l'adversaire du Christ.

Et voulez-vous savoir combien ouvertement les méchants résistent au Christ ? Il arrive parfois qu'ils agissent contrairement à leurs devoirs , et que leurs fautes attirent une réprimande : n'osant blasphémer contre le Christ , ils blasphèment contre ses ministres, qui les reprennent de leurs péchés. Montre-leur que tu leur parles au nom du parviens à leur démontrer que le Christ lui-même les condamne, ils s'en vont même contre lui, et commencent à le gourmander ; ils s'écrient: Comment et pourquoi nous a-t-il ainsi bâtis? Ne tiennent-ils pas, tous les jours, ce langage, les hommes con. damnés par leur conduite ? Pervertis par le seul fait de leur mauvais vouloir, ils en rejettent la faute sur leur auteur. Du haut du ciel, le Créateur (car celui qui a réparé notre être nous l'a aussi donnée), leur crie : Que t'ai-je fait?

J'ai fait l'homme, et non pas l'avarice; j'ai fait l'homme, et non le brigandage; j'ai fait l'homme, et non l'adultère. Tu l'as entendu : mes oeuvres chantent ma gloire ; de la bouche des trois enfants sortait la louange de celui qui les préservait des flammes (1). Les couvres du Seigneur publient ses louanges ; le ciel, la terre, la mer les publient, comme aussi tout ce qui est dans le ciel ; les anges, les étoiles, le soleil et la lune, les poissons, les oiseaux, les animaux, les reptiles, tous les êtres louent le Seigneur. Mais as-tu jamais entendu dire que l'avarice chante la gloire de Dieu, que l'ivrognerie, la luxure, le badinage soient un hymne en son honneur ? Rien de ce que tu n'entends pas louer le Tout-Puissant, n'a été fait par lui. Corrige le fruit de tes oeuvres, et tu sauveras l'oeuvre de Dieu en toi. Si tu n'y veux consentir, si tu aimes tes défauts et que tu t'y abandonnes, tu es opposé au Christ. Que ce soit intérieurement, que ce soit à l'extérieur, peu importe, tu n'en es pas moins un antéchrist : que tu sois de la paille manifestement ou d'une manière occulte, tu es toujours de la paille. Pourquoi ne l'es-tu pas ouvertement ? parce que la tempête ne s'est pas élevée pour le faire voir.

1. Dan. III, 24-90.

10. Tout cela, mes frères, est clair comme le jour. Voici maintenant pour nous empêcher de dire : Je n'adore pas le Christ, mais j'adore Dieu, son Père : « Quiconque nie le Fils, ne reconnaît ni le Fils, ni le Père; et qui confesse le Fils, reconnaît et le Père et le Fils ». Vous, qui êtes froment, c'est à vous qu'il s'adresse : puissent ceux qui sont paille, l'entendre et devenir eux-mêmes froment. Que quiconque, en examinant sa conscience, se reconnaît comme amateur du monde, se convertisse ; qu'il devienne un amateur du Christ, pour ne pas être un antéchrist. Si l'on dit à un amateur du monde qu'il est un antéchrist, il se met en colère et regarde comme une injure à lui faite ce qu'on lui dit ; peut-être va-t-il jusqu'à menacer de faire inscrire la personne qui conteste avec lui et l'appelle antéchrist. Le Christ lui dit Sois patient ; si ce qu'on te reproche est faux, réjouis-toi avec moi, car j'ai été moi-même calomnié par des antéchrists : si, au contraire, ce que tu as entendu est vrai, attaque ta conscience ; tu redoutes les accusations, crains davantage encore de les mériter.

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MessageSujet: Re: Première épître de Saint Jean , chap II ; verset 18 - 27   Lun 29 Juin - 19:12

11. « Que tout ce que vous avez appris dès le commencement demeure donc toujours en vous. Et si ce que vous avez appris dès le commencement demeure en vous, vous demeurerez aussi dans le Fils et dans le Père. C'est ce que lui-même nous a promis ». Peut-être chercherais-tu une récompense et dirais-tu : Je garde soigneusement en moi le dépôt de ce que j'ai entendu dès le commencement, je m'y conforme; les périls, les peines, les tentations, je supporte tout pour le conserver intact. Quel bénéfice, quelle récompense en aurai-je? Qu'est-ce que Dieu me donnera plus tard pour avoir supporté ici-bas tant d'épreuves? Je ne vois pas qu'il y ait sur la terre la moindre tranquillité :le corps appesantit l'âme et cette enveloppe corrompue l'entraîne à des choses indignes d'elle; mais je supporte tout, afin que demeure en moi ce que j'ai entendu dès le commencement, et que je puisse dire à mon Dieu : « A cause des paroles sorties de votre bouche, j'ai suivi des voies difficiles (1)». Pour quelle récompense? Ecoute, et ne perds pas courage. Si la tribulation t'énervait, que , du moins, la récompense promise te rende ton courage. Celui qui travaille dans une vigne perd-il jamais le souvenir du salaire final.

Fais en sorte qu'il n'y pense plus; et par là même tu lui casseras les bras. Le souvenir de la rémunération promise donne le courage de persévérer dans le travail, et, pourtant, celui qui te l'a promise est un homme; il peut manquer à sa parole. Combien plus courageux tu dois être à cultiver le champ du Seigneur, puisque tu as reçu la parole de la vérité même, qui ne peut avoir de remplaçant, qui est incapable de mourir ou de tromper ceux à qui elle a fait une promesse ? Et qu'est-ce qui t'a été promis? Voyons : quel est l'objet de ses promesses? Est-ce de cet or que les hommes aiment si vivement, ou de l'argent? Sont-ce des propriétés pour l'acquisition desquelles les hommes sacrifient leur or, quoiqu'ils l'aiment tant? Sont-ce d'agréables prairies, de vastes habitations, des esclaves en grand nombre, des troupeaux immenses ? Ce n'est point là la digne récompense qu'il nous promet pour nous faire persévérer dans le travail. Quel est son nom? La vie éternelle. Vous l'avez entendu et vous avez jeté un cri d'allégresse: portez vos affections sur ce qu'on vient de vous nommer, et tirez-vous de vos épreuves pour vous reposer dans la quiétude de l'éternelle vie. Voilà donc ce que Dieu a promis, une vie qui ne finira jamais. Voici ce dont il nous menace : un feu qui ne s'éteindra pas. Que dira-t-il aux hommes placés à sa droite ? « Venez, bénis de mon Père , entrez en possession du royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde ». Et, aux hommes placés à sa gauche? « Allez au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges (1) ». Tu n'aimes pas encore le royaume des élus, crains du moins le séjour des damnés.

1. Ps. XVI, 4. 1.

1 Matth. XXV, 31, 41

12. Souvenez-vous donc, mes frères, que le Christ nous a promis la vie éternelle. Voilà, nous dit l'Apôtre, « ce qu'il nous a lui-même promis en nous annonçant la vie éternelle. J'ai cru devoir vous écrire ceci à l'égard de ceux qui vous séduisent ». Que personne ne vous séduise pour vous faire mourir ; désirez voir s'accomplir pour vous la promesse de la vie éternelle. Que peut vous promettre le monde? Qu'il vous promette ce qu'il voudra, ne mourrez-vous pas peut-être demain? De quel front oseras-tu paraître en présence de l'Eternel? — Mais on me fait des menaces; c'est un homme puissant qui veut me faire du mal.— De quoi te menace-t-il ?

De la prison, des chaînes, du feu, des tourments, des bêtes? Te menacerait-il du feu éternel? Tremble plutôt en présence des menaces du Tout-Puissant; aime ce qu'il te promet; et, alors, le monde entier te semblera méprisable, soit qu'il veuille te flatter, soit qu'il cherche à t'inspirer de l'effroi. « J'ai cru devoir vous écrire ceci à l'égard de ceux qui vous séduisent, afin que vous sachiez que vous avez reçu l'onction, et que nous conservions en nous cette onction que nous avons reçue ». C'est le sacrement de l'onction, dont la vertu cachée est l'onction invisible, l'Esprit-Saint : et l'onction invisible n'est autre que la charité ; n'importe en qui elle se trouve, elle y est comme une racine que ne peuvent dessécher même les plus ardents rayons du soleil; tout ce qui est bien enraciné puise, non pas un élément de destruction, mais un principe de vie dans la chaleur du soleil.


13. « Et vous n'avez pas besoin que quelqu'un vous instruise, parce que son onction vous enseigne tout ». Que faisons-nous donc, mes frères, en vous instruisant? Si l'onction de Dieu vous enseigne tout, ne semblons-nous pas travailler inutilement? Pourquoi tant crier? Abandonnons-nous donc à son onction, et qu'elle vous instruise elle-même. Mais maintenant je me fais une question, et je l'adresse aussi à l'Apôtre puisse-t-il écouter un enfant qui l'interroge. Je dis donc à Jean : Ceux à qui vous parliez avaient-ils l'onction ? Vous avez dit : « Parce que son onction vous enseigne tout». Pourquoi avez-vous écrit cette épître? Pourquoi instruisiez-vous ceux à qui vous l'adressiez? Pourquoi les enseigner? Pourquoi les édifier? Remarquez ici, mes frères, une grande et mystérieuse chose.

Le bruit de nos paroles frappe vos oreilles, mais le maître vous parle intérieurement. N'allez pas vous imaginer qu'un homme puisse en instruire un autre. Nous pouvons, par le son de notre voix, vous adresser des leçons; mais si Dieu n'est pas dans votre coeur pour vous instruire, c'est inutilement que nous nous faisons entendre. En voulez-vous une preuve , mes frères? N'avez-vous pas tous entendu mon discours ? Combien, néanmoins, sortiront d'ici sans avoir été instruits ? Autant qu'il a dépendu de moi, je me suis adressé à tous; mais ceux à qui cette onction n'aura point parlé, ceux que l'Esprit-Saint n'aura point instruits, s'en retourneront sans m'avoir compris. Au dehors se trouvent des maîtres, des aides, des leçons; mais au ciel est la chaire de celui qui instruit intérieurement; aussi le Sauveur a-t-il dit lui-même dans l'Evangile : « Gardez-vous d'appeler maître sur la terre aucun d'entre vous , car votre Maître, c'est le Christ (1) ».

Qu'il vous parle lui-même au coeur, puisqu'aucun homme ne se trouve là ; quand même, en effet, tu aurais quelqu'un à côté de toi, le Christ est seul dans ton coeur. Que ton coeur ne soit pas absolument seul ; que le Christ s'y trouve, comme aussi son onction; ainsi, quand ton coeur sera sec, il ne sera pas dans un désert où les eaux capables de le rafraîchir lui feraient défaut. Il y a donc, à l'intérieur, un maître qui instruit : c'est le Christ, c'est son inspiration. Là, où son inspiration et son onction font défaut, les paroles se font inutilement entendre à l'extérieur. Ainsi en est-il , mes frères, de celles que nous faisons parvenir à vos oreilles : à votre égard nous remplissons le rôle du jardinier vis-à-vis de l'arbre : il travaille en dehors de cet arbre; il emploie l'eau et donne une culture soignée; mais il a beau faire extérieurement, forme-t-il les fruits?

A-t-il le pouvoir de couvrir la nudité des branches d'un vêtement de feuilles? Est-il capable de faire quoi que ce soit à l'intérieur de cet arbre? Qu'est-ce qui fait tout cela ? Ecoutez un jardinier, l'apôtre Paul voyez ce que nous sommes, apprenez que nous avons un maître au dedans de nous « J'ai planté, Apollo a arrosé, mais c'est Dieu qui a donné l'accroissement. Celui qui plante n'est rien, non plus que celui qui arrose, mais c'est Dieu qui donne l'accroissement (2) ». Nous vous parlons donc, et soit que nous plantions en parlant, soit que nous arrosions, nous ne sommes rien ; Dieu, qui donne l'accroissement, c'est-à-dire, son onction, qui nous enseigne toutes choses, est tout.


1. Matth. XXIII, 8; 9.— 2. I Cor. III, 6, 7.

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CATHERINE
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MessageSujet: Re: Première épître de Saint Jean , chap II ; verset 18 - 27   Lun 29 Juin - 22:14

Très beaux textes à méditer.

Kitty
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MessageSujet: Re: Première épître de Saint Jean , chap II ; verset 18 - 27   

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Première épître de Saint Jean , chap II ; verset 18 - 27
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