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 Épître aux Hébreux, chap 11 ; verset 2 - 7

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MessageSujet: Épître aux Hébreux, chap 11 ; verset 2 - 7   Jeu 2 Juil - 16:05

Épître aux Hébreux, chap 11 ; verset 2 - 7

Citation :
C’est pour l’avoir possédée que les anciens ont obtenu un bon témoignage.
C’est par la foi que nous reconnaissons que le monde a été formé par la parole de Dieu, en sorte que les choses que l’on voit n’ont pas été faites de choses visibles.
C’est par la foi qu’Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que celui de Caïn ; c’est par elle qu’il fut déclaré juste, Dieu approuvant ses offrandes, et c’est par elle que, mort, il parle toujours.
C’est par la foi qu’Enoch fut enlevé sans qu’il eût subi la mort : "on ne le trouva plus, parce que Dieu l’avait enlevé" ; car avant cet enlèvement, il avait reçu ce témoignage qu’il avait plu à Dieu.
or, sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie qu’il existe, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent.
C’est par la foi que Noé, divinement averti des événements qu’on ne voyait pas encore, construisit, avec une pieuse crainte, une arche pour sauver sa famille ; c’est par elle qu’il condamna le monde, et devint héritier de la justice qui s’obtient par la foi.

http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89p%C3%AEtre_aux_H%C3%A9breux_-_Crampon#Chapitre_11

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MessageSujet: Re: Épître aux Hébreux, chap 11 ; verset 2 - 7   Jeu 2 Juil - 16:07

Commentaire par Saint Thomas d'Aquin.

Versets 2-7.


http://docteurangelique.free.fr/index.html

L’Apôtre, après avoir donné la définition de la foi, l’explique ici par des exemples. I° Il indique, d’une manière générale, ce qu’il veut établir ; II° Il le prouve par des exemples (verset 3) : C’est par la foi que nous savons.

I° Quant à la première partie, le texte de l’Apôtre se continue ainsi : C’est dans ces termes que je définis ce que je recommande la foi ; et il n’y a en ceci aucune innovation, car (verset 2) c’est en elle, c’est-à-dire par cette foi, que les pères, c’est-à-dire que les saints patriarches, ont reçu le témoignage, c’est-à-dire ont cru et ont été établis dans la justice par la foi ; (Gen., XV, 6) : "Abram crut à Dieu et ce lui fut imputé à justice" ; (Ps. CXV, 10) : "J’ai cru, alors que je disais…" Or, parmi tous le Pères de l’Ancien Testament, deux spécialement, à savoir David et Abraham, reçoivent ce témoignage de la foi.

II° C’est donc (verset 3) par la foi que nous savons, etc... L’Apôtre manifeste en particulier ce qu’il veut établir, au moyen des exemples de ceux qui nous ont précédés : I. quant à ce qu’ils ont cru et enseigné ; II. quant à ce qu’ils ont fait (verset 1) : C’est par la foi qu’Abel ; III. quant à ce qu’ils ont souffert (verset 35) : Les uns ont été cruellement tourmentés.

I. Or l’enseignement de l’Ancien Testament fut de deux sortes : l’un donné ouvertement ; l’autre voilé par des figures et des mystères. Le premier fit connaître l’unité de Dieu et la création du monde ; le second le mystère de l’incarnation et celui de la réparation. Ainsi donc, de même qu’en mémoire de la création, les Hébreux célébraient le sabbat, nous observons nous-mêmes le dimanche en mémoire de la résurrection. De l’enseignement sur la création du monde, l’Apôtre dit (verset 3) : C’est par la foi que nous savons, etc..., et ceci peut se lire de deux manières. D’abord en mettant à l’ablatif le mot verbe, « par le verbe de Dieu » ; alors voici le sens : Nous-mêmes, comme les patriarches, c’est par la foi, c’est-à-dire par l’enseignement de la foi, à savoir de l’Ancien Testament (Gen., I, 3) : "Dieu dit : Que la lumière soit faite, etc..." ; (Ps. XXXII, 9) : "Il a parlé, et toutes choses ont été faites."

Nous savons donc ainsi que le monde a été fait, c’est-à-dire disposé, par le Verbe de Dieu, c’est-à-dire par l’autorité souveraine de Dieu. Ce dogme, en effet, appartient à la foi, de savoir qu’il a été fait ainsi. Car, puisque la foi a pour objet les choses qu’on ne voit pas, même les siècles, c’est-à-dire la création, ont été faits ainsi d’éléments invisibles dans leur matière première, qui, étant nue et privée de toute forme, est invisible, sans apparence et sans disposition ou arrangement aucun. Voilà ce qui fait dire à saint Paul (verset 3) : et que tout ce qui était invisible auparavant est devenu visible. Cependant cette manière d’entendre, bien que vraie, ne présenterait rien que d’assez ordinaire. En second lieu, on peut mettre au datif le mot verbe : « pour le verbe de Dieu ». Alors le sens serait celui-ci : Nous savons par la foi comment la création a été d’abord préparée, c’est-à-dire disposée dans l’ordre convenable pour répondre au Verbe de Dieu, afin que ce qui était auparavant invisible, etc...

Il est donc nécessaire de se rappeler ici que le Verbe de Dieu est le concept de Dieu lui-même, par lequel il se connaît et connaît toutes choses. Or Dieu se compare à la créature, comme l’ouvrier à son oeuvre. Nous voyons donc que l’ouvrier produit à la ressemblance de ce qu’il a conçu, son oeuvre extérieure. Il fait sa maison matérielle, par exemple, à la ressemblance de la maison qu’il a déjà formée dans son esprit, et si cette maison extérieure se rapporte au plan préconçu, c’est une oeuvre ordonnée comme il convient, autrement elle n’est pas telle. Or, toute la création étant disposée de la manière la plus parfaite, puisqu’elle est produite par un ouvrier tel qu’il ne peut y avoir en lui ni erreur ni imperfection, elle répond donc dans toute la perfection qu’elle peut atteindre, au divin concept.

C’est de là que Boèce a dit, au livre de la Consolation : Plein de beauté lui-même et de la suprême beauté, Dieu porte dans sa pensée un monde plein de beauté, et il en réalise l’image fidèle. L’Apôtre dit donc (verset 3) : C’est par la foi que nous savons que les siècles, c’est-à-dire toute l’universalité des créatures, a été préparée, c'est-à-dire disposée pour répondre d’une manière convenable au verbe, c’est-à-dire au concept de Dieu, comme l’oeuvre à l’art qui l’a produite ; (Ecclésiastique I, 10) : "Dieu l’a répandue," c’est-à-dire sa sagesse, "sur tous ses ouvrages." Nous lisons à la suite (verset 3) : et que tout ce qui était auparavant invisible, etc...

Or, dans l’antiquité, c’était une opinion généralement répandue dans les esprits, que rien ne se fait de rien (Physique, liv. II). Quand donc quelque oeuvre nouvelle frappait les yeux, on disait qu’elle était faite de quelque chose d’invisible. Les anciens supposaient donc, les uns comme Empédocle et Anaxagore, que tout était dans tout, ce qui ne touche en rien notre sujet. D’autres soutenaient l’invisibilité des formes, comme Anaxagore lui-même. Quelques-uns voulaient que les corps provinssent des idées, comme Platon, ou de l’intelligence, comme Avicenne. Selon tous ces philosophes, les choses visibles ont donc été formées des types ou idées invisibles. Pour nous, nous disons suivant l’explication qui précède, que ces choses visibles ont été produites des types et des idées invisibles, existant dans le Verbe de Dieu par qui tout a été fait. Or ces types, bien que réellement une même chose, en raison des rapports divers que l’on peut signaler relativement à la créature, diffèrent logiquement. Ainsi l’homme a été créé suivant une raison d’être, le cheval suivant une autre, comme l’explique saint Augustin au livre des LXXXIII Questions.

C’est donc ainsi que les siècles ont été disposés pour le Verbe de Dieu, afin que des types rationnels, invisibles, existant dans le Verbe, les choses visibles, c’est-à-dire toute la création, vinssent à l’existence. Or toutes ces expressions concluent contre les Manichéens qui prétendent qu’il n’y a pas à s’occuper de ce que l’homme croit, mais seulement de ce qu’il fait. L’Apôtre, au contraire, établit la foi comme principe de toutes les oeuvres. C’est ce qui lui fait dire qu’elle est la substance, c’est-à-dire le fondement. Sans la foi, les oeuvres sont donc vaines. Les Manichéens soutiennent aussi que l’on ne doit croire que ce dont on a la raison, tandis que l’Apôtre enseigne que la foi est l’argument des choses qu’on ne voit pas. Enfin ces hérétiques condamnent l’Ancien Testament, comme venant du mauvais principe, c’est-à-dire du démon, tandis que l’Apôtre déclare que c’est par la foi que les anciens pères ont reçu le témoignage.

II. Quand saint Paul dit ensuite (verset 1) : C’est par la foi qu’Abel, etc..., il rappelle ce que les pères ont fait. Et d’abord ceux d’entre eux qui ont vécu avant le déluge ; ensuite ceux qui ont vécu avant la Loi (verset 8 ) : C’est par la foi que celui qui a reçu le nom d’Abraham ; enfin ceux qui ont vécu sous la Loi (verset 23) : C’est par la foi qu’après que Moïse. Avant le déluge vécurent trois patriarches particulièrement agréable à Dieu, à savoir : Abel (Gen., IV, 14), Hénoch (Gen., II, 24) et Noé (VI, 8 ). L’Apôtre montre donc : 1° la foi d’Abel ; 2° celle d’Hénoch (verset 5) : C’est par la foi qu’Hénoch ; 3° celle de Noé (verset 7) : C’est par la foi que Noé.

1° L’Apôtre rappelle donc ce qu’Abel a fait par la foi et ce qu’il a obtenu par elle.

1. C’est par la foi qu’Abel offrit son sacrifice. De même, en effet, que la confession est le témoignage de la foi intérieure, dans le culte extérieur qu’Abel a rendu par son sacrifice on reconnaît la grandeur de sa foi ; et de ce que son sacrifice a été choisi, puisqu’il offrit (Gen., IV, 4) les premiers nés de son troupeau et ce qu’il avait de plus gras, on voit aussi que sa foi était choisie. Car un sacrifice aussi excellent était le signe d’une foi excellente et éprouvée ; (Mal., I, 14) : "Malheur au trompeur, qui ayant dans son troupeau une bête saine et l’ayant vouée au Seigneur lui en sacrifie une malade." Quant au sacrifice de Caïn, il n’est aucunement fait mention de son excellence mais seulement qu’il offrit au Seigneur des fruits de la terre [(Gen., IV, 3)].

L’Apôtre dit donc que c’est par la foi qu’Abel (verset 1) offrit alors plus de sacrifice, non en quantité, mais en qualité, que Caïn, c’est-à-dire un sacrifice plus excellent, que ne fut celui de Caïn, à Dieu, puisque c’était en son honneur. Autrement il n’aurait pas été agréable à Dieu. La Glose dit : beaucoup par la foi ; mais ceci ne se trouve pas dans le grec, car le mot « plurima » est l’accusatif. La chose est manifeste par la phrase même de l’Apôtre qui emploie le comparatif grec ; à moins qu’on ne dise : avec plus de foi, c’est-à-dire qu’Abel offrit avec une foi meilleure, plus excellente que celle de Caïn, parce que le sacrifice extérieur, ainsi qu’il a été dit, fut la marque de la foi intérieure.

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MessageSujet: Re: Épître aux Hébreux, chap 11 ; verset 2 - 7   Jeu 2 Juil - 16:09

2. Or, il résulta de sa foi deux conséquences : l’une pendant sa vie même, à savoir le témoignage de sa justice ; c’est ce qui fait dire à saint Paul (verset 1) : et par là, il est déclaré juste," c’est-à-dire par sa foi ; (Matth,, XXIII, 35) : "Depuis le sang du juste Abel, etc..." Toutefois ce n’est pas à cause de ce témoignage du Christ que l’Apôtre déclare qu’Abel fut déclaré juste, car s’il ne veut alléguer ici que des autorités prises dans l’Ancien Testament, c’est plutôt à cause de ce qu’on lit dans la Genèse (IV, 4) : "Le Seigneur regarda favorablement Abel et ses présents," car le regard du Seigneur considère principalement les justes ; (Ps; XXXIII, 15) : "Les yeux du Seigneur sont sur les justes."

C’est donc ainsi (verset 1) que Dieu lui-même rendait ce témoignage à ses dons. Ce qui se fit peut-être parce que les dons qu’il avait offerts furent consumés par le feu du ciel. Tel fut le regard de Dieu. Toutefois il abaissa son regard sur celui qui offrait le sacrifice, avant même de l’arrêter sur son offrande ; car c’est à cause de la bonté de celui qui offre que l’offrande est acceptée, quand elle n’est pas sacramentelle ; puisque l’efficacité de celle-ci n’est pas atteinte par l’indignité du ministre, quoique pourtant, dans celui qui l’offre, pour que cette offrande lui soit profitable, la bonté soit requise. Abel obtint un second témoignage après la mort. C’est pourquoi l’Apôtre dit (verset 1) : et c’est à cause de sa foi qu’il parle encore après sa mort, parce que, comme remarque la Glose, après sa mort, sa foi se recommande toujours, puisque nous y trouvons sujet de parler de lui et de proposer et sa foi et sa patience en exemple, afin d’exhorter les autres à la même patience.

Cependant cette interprétation ne vient pas à l’esprit de l’Apôtre, puisque tout ce qu’il enseigne ici, il le prend des Écritures. On l’explique donc mieux par ce qui est dit (Gen., IV, 10) : "La voix du sang de votre frère crie de la terre jusqu’à moi," rapproché de ce qui est dit ci-après (XII, 24) : un sang qui parle mieux que celui d’Abel. Il a donc obtenu par elle, c’est-à-dire par le mérite de sa foi, que même après sa mort, c’est-à-dire que le sang qu’il a répandu par sa mort crie vers Dieu et le supplie.

2° Quand l’Apôtre ajoute (verset 5) : C’est par la foi qu’Hénoch, etc..., il fait l’éloge d’Hénoch. Et d’abord il énonce ce qu’il veut établir ; en second lieu il le prouve (verset 5) : Et on ne l’y a plus vu.

1. L’Apôtre ne parle pas des oeuvres d’Hénoch, parce que l’Écriture n’en parle que très peu ; il rappelle seulement ce que Dieu a fait pour lui : c’est (verset 5) : par la foi, c’est-à-dire par le mérite de la foi, que enlevé de la vie de ce monde, il est conservé dans un autre monde à l’abri des coups de la mort. Saint Paul dit donc (verset.5) : afin qu’il ne vît pas la mort. (Gen., V, 24) : "Hénoch ne parut plus, parce que Dieu l’enleva." Il est véritable, en effet, qu’Hénoch n’est pas mort encore ; et toutefois il mourra un jour, car la sentence que Dieu a prononcé contre nos premiers parents prévaricateurs (Gen. V, 17) : "En même temps que vous mangerez de ce fruit, etc..., subsistera dans toute sa force contre tous ceux qui de quelque manière que ce soit naîtront d’Adam, comme elle a reçu son accomplissement même en Jésus-Christ ; (Ps. LXXXVIII, 49) : "Qui est l’homme qui pourra vivre sans voir la mort ?"

Cependant, la mort de deux [des descendants d’Adam], à savoir Hénoch et Elie, a été différée. La raison en est que l’enseignement de l’Ancien Testament est en relation avec les promesses du Testament Nouveau, dans lequel on nous fait concevoir l’espérance de la vie éternelle ; (Matth., IV, 17) : "Faites pénitence, car le royaume des cieux est proche." Voilà pourquoi Dieu, après avoir prononcé la sentence de mort, a voulu amener les hommes à l’espérance de la vie. Il en a agi ainsi à l’égard des pères de chacun des états, à savoir celui de nature, celui de la Loi et celui de la grâce. Dans le premier de ces états, il a donc donné l’espérance d’échapper à la nécessité de la mort, et il l’a fait dans la personne d’Hénoch ; au temps de la Loi dans celle d’Élie, et dans celui de la grâce, dans la personne de Jésus-Christ, par lequel nous recevons l’effet de cette promesse.

Voilà pourquoi les autres mourront, tandis que le Christ ressuscité d’entre les morts ne meurt plus. Mais les deux premiers mourront par l'Antéchrist. C’est donc ainsi qu’Hénoch a été enlevé non pas pour qu’il ne vît pas la mort, mais seulement pour ne pas la sentir au moins pendant cette génération.

2. Quand saint Paul ajoute (verset 5) : et on ne l’a plus vu sur la terre, etc..., il établit qu’Hénoch a été ainsi traité, à cause du mérite de sa foi. Premièrement donc il prouve qu’il a été enlevé ; en second lieu, qu’il a été enlevé à cause de sa foi (verset 5) : avant d’avoir été ainsi traité.

A) La preuve de la première partie est prise de l’Écriture, au ch. V, 24 de la Genèse, que l’Apôtre cite cependant en d’autres termes, car il y est dit ici (verset 5) : On ne l’a plus vu, parce que Dieu l’a transféré ailleurs. C’est le même sens (Sag., IV, 10) : "Comme le juste a plu à Dieu, il en a été aimé, et Dieu l’a transféré d’entre les pécheurs parmi lesquels il vivait." De même, en effet, qu’il fut selon l’ordre que l’homme, par suite du péché, fut expulsé du Paradis, il le fut également que le juste y fut introduit. Car Hénoch, le septième des descendants d’Adam par Seth, fut très bon, ainsi que Lamech, le septième aussi des descendants d’Adam mais par Cain, fut très mauvais, puisqu’il fut le premier qui introduisit la bigamie, en violant les lois de la nature.

B) En disant (verset 5) : avant d’avoir été ainsi traité, l’Apôtre prouve qu’Hénoch fut enlevé de ce monde à cause du mérite de sa foi, puisque, avant qu’il fût ainsi enlevé, l’Écriture dit de ce patriarche qu’il marcha avec Dieu, ce qui veut dire être d’accord avec Dieu et lui plaire. C’est parce qu’il fut tel que Dieu l’enleva. Or, sans la foi, il est impossible de marcher avec Dieu et de lui plaire, donc, etc... L’Apôtre établit entièrement ce raisonnement, quant aux prémisses. D’abord la majeure. Car (verset 5) : l’Écriture lui rend ce témoignage qu’avant d’avoir été ainsi traité il plaisait à Dieu, et c’est pour cette raison que Dieu l’enleva ; (Ecclésiastique XLIV, 16) : "Hénoch a plu à Dieu, et il a été transféré dans le paradis pour faire entrer les nations dans la pénitence [dans la sagesse ?]."

Or, l’Écriture témoigna qu’il plaisait à Dieu, quand elle dit qu’Hénoch marcha avec Dieu ; (Mal II, 6) : "Il a marché avec moi dans la paix et l’équité" ; (Ps. C, 6) : "Et je n’avais pour ministre que celui qui marchait dans une voie innocente." L’Apôtre pose ensuite la mineure, en disant (verset 6) : Or, il est impossible de plaire à Dieu sans la foi" ; (Ecclésiastique I, 34) : "Ce qui lui est agréable, c’est la foi" ; (Rom., III, 28) : "Car nous devons reconnaître que l’homme est justifié par la foi." Il prouve cette mineure, quand il dit (verset 6) : Car pour s’approcher de Dieu il faut croire. Personne, en effet, ne peut plaire à Dieu, sans s’approcher de lui ; (Jacq., IV, 8 ) : "Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous" ; (Ps. XXXIII, 6) : "Approchez-vous de afin que vous en soyez éclairés." Or, nul ne peut s’approcher de Dieu si ce n’est par la foi, car la foi est la lumière de l’intelligence ; donc, personne ne peut plaire à Dieu sans la foi.

Mais celui qui s’approche par la foi doit croire au Seigneur. De même, en effet, que nous voyons, dans tout mouvement naturel, que, pour que ce mouvement ne se fasse pas en vain, il faut que l’objet qui peut recevoir l’impulsion, réponde à deux conditions : qu’il trouve un terme déterminé et une cause certaine par laquelle il soit mis en mouvement, et comme nous voyons encore que ce terme doit être fixé avant qu’il puisse atteindre l’effet de l’impulsion ; ainsi dans le mouvement qui nous approche de Dieu, le terme de ce mouvement est Dieu lui-même. Voilà pourquoi l’Apôtre dit (verset 6) : pour s’approcher de Dieu il faut croire premièrement qu’il est. Il s’exprime ainsi à cause de l’éternité de Dieu ; (Exode III, 14) : "Celui qui est m’a envoyé vers vous." En second lieu, il faut que celui qui s’approche de Dieu sache qu’il existe une providence de Dieu sur les choses humaines. Autrement personne n’irait à lui, si l’on n’avait l’espérance de quelque récompense de sa part. C’est ce qui fait dire à saint Paul (verset 6) : et qu’il récompense ceux qui le cherchent ; (Isaïe XL, 10) : "Voici le Seigneur Dieu qui vient ; il porte avec lui ses récompenses."

Or, la récompense est ce que l’homme cherche dans son travail ; (Matth., XX, 8 ) : "Appelez les ouvriers, et payez-les." Cette récompense n’est autre que Dieu lui-même, car en dehors de lui l’homme ne doit rien chercher ; (Gen., XV, 1) : "Ne craignez pas, je suis votre protecteur et votre récompense sera infiniment grande." Car Dieu ne donne rien autre chose que lui-même ; (Ps. XV, 5) : "Le Seigneur est la part qui m’est échue en héritage et la portion qui m’est destinée" ; (Lament., III, 24) : "Le Seigneur est mon partage, dit mon âme, etc..." L’Apôtre dit donc (verset 6) : Croire aussi qu’il récompense ceux qui le cherchent, et rien d’autre. (Ps. CIV, 4) : "Cherchez le Seigneur, et vous serez fortifiés ; cherchez sa face sans cesse."

Ces deux dispositions suffisent-elles donc pour le salut ? Il faut dire que depuis le péché de notre premier parent, nul ne peut être sauvé de la tache du péché originel, si ce n’est par la foi dans le médiateur ; mais cette foi eut des états divers, quant au mode de croire, suivant la diversité des temps et des états. Nous à qui ce grand bienfait a été accordé, nous sommes davantage tenus à croire que ceux qui vécurent avant l’avènement du Christ. Parmi ceux-ci eux-mêmes, quelques-uns eurent une foi plus explicite, par exemple, les premiers, et ceux à qui fut faite quelque révélation particulière. Ceux-là aussi, qui vécurent sous la Loi, crurent d’une manière plus explicite que ceux qui vécurent avant elle, parce qu’ils reçurent quelques sacrements, par lesquels le Christ était représenté d’une manière figurative. Pour les gentils qui furent sauvés, il suffisait pour eux de croire que Dieu récompensait, rémunération, du reste, qui ne se fait que par le Christ. Ils croyaient donc implicitement au médiateur.

Sur ce que l’Apôtre dit qu’il faut croire que Dieu est, on fait une instance, parce qu’il a été dit plus haut que l’objet de la foi ne peut être ce que l’on voit et ce que l’on sait ; or, dit-on, on peut démontrer que Dieu est. Il faut répondre qu’on peut avoir, à l’égard de Dieu, plusieurs sortes de connaissance. D’abord, par le Christ, en tant que Dieu est le Père de son Fils unique et consubstantiel ; ensuite de ce que le Christ lui-même a spécialement enseigné au sujet de Dieu Père, Fils et Saint Esprit, quant à l’unité d’essence et l’éternité des personnes divines : ces dogmes furent simplement l’objet de la foi, mais la foi n’en fut explicite, sous l’Ancien Testament, que pour les patriarches. Ensuite, qu’on ne doit adorer qu’un seul Dieu, comme le croyaient les Juifs ; enfin, que Dieu est unique, ce qui a été connu des philosophes eux-mêmes, mais ce n’est pas l’objet de la foi.

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MessageSujet: Re: Épître aux Hébreux, chap 11 ; verset 2 - 7   Jeu 2 Juil - 16:10

3° Quand l’Apôtre dit ensuite (verset 7) : C’est par la foi que Noé, il rappelle ce que Noé fit par sa foi, et ce que ce patriarche a obtenu par elle (verset 7) : et il devint ainsi héritier de la justice.

1. Il rapporte donc de lui cinq choses. Premièrement, que Noé a cru à la parole de Dieu, au sujet de son futur jugement, qu’on ne voyait cependant pas encore. C’est ce qui lui fait dire (verset 7) : C’est par la foi que Noé ayant été divinement averti de ce qu’il ne voyait pas encore. C'est-à-dire : avait cru. Secondement, que c’est par la foi que Noé a conçu de la crainte. La foi est, en effet, le principe de la crainte ; (Ecclésiastique XXV, 16) : "La crainte de Dieu est le principe de son amour, et on doit y joindre," à savoir, à cette crainte, "un commencement de foi." Voilà pourquoi l’Apôtre dit (verset 7) : et appréhendant le déluge qui était annoncé et qu’il ne voyait cependant pas encore. La foi a donc pour objet les choses qu’on ne voit pas. Troisièmement, que Noé a accompli l’ordre de Dieu en construisant l’arche.

C’est pourquoi saint Paul dit (verset 7) : il prépara l’arche, c’est-à-dire il la construisit dans les proportions convenables au dessein de Dieu. Quatrièmement, que Noé a espéré de Dieu son salut ; il dit donc (verset 7) : pour sauver sa maison, c’est-à-dire sa famille, puisque ceux-là seulement qui la composaient furent sauvés ; (I Pierre, III, 20) : "si peu de personnes, à savoir huit seulement, furent sauvées au milieu de l’eau." Cinquièmement enfin, que Noé, par ce que sa foi lui a fait ainsi accomplir (verset 7) : condamna le monde, c’est-à-dire manifesta que ceux qui vivaient dans ce monde étaient dignes de condamnation. Or la révélation qui fut faite à ce patriarche de construire l’arche fut la réponse à ses désirs et à la justice qui procède de la foi.

2. Enfin quand saint Paul ajoute (verset 7) : Et il devint ainsi héritier de la justice, il rappelle ce que Noé obtint par sa foi. Car de même que, après la mort, on entre en possession de l’héritage de celui qui le possédait, ainsi depuis le commencement du monde, la justice n’avait pas encore totalement disparu de ce monde, puisqu’il subsistait encore ; mais au déluge ce monde périt presque en entier, et alors Noé devient par sa foi comme l’héritier de la justice qui naît de la foi. On bien encore, comme ses pères avaient été justifiés par la foi, Noé est lui-même devenu par sa foi l’héritier de la justice, c’est-à-dire l’imitateur, par sa foi, de la justice de ses pères.

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