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 Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 17 - 19

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MessageSujet: Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 17 - 19   Dim 14 Fév - 22:03

Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 17 - 19

Citation :
Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes ; je ne suis pas venu abolir, mais parfaire.
Car, je vous le dis en vérité, jusqu’à ce que passent le ciel et la terre, un seul iota ou un seul trait de la Loi ne passera pas, que tout ne soit accompli.
Celui donc qui aura violé un de ces moindres commandements, et appris aux hommes à faire de même, sera tenu pour le moindre dans le royaume des cieux ; mais celui qui les aura pratiqués et enseignés, sera tenu pour grand dans le royaume des cieux.

http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89vangile_selon_Saint_Matthieu_-_Crampon#Chapitre_5

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 5 ; verset 17 - 19   Dim 14 Fév - 22:17

Commentaire par Saint Thomas d'Aquin.

Verset 17-19


http://docteurangelique.free.fr/index.html

La Glose :

Après avoir exhorté ses disciples à se préparer à tout souffrir pour la justice, et à ne pas tenir cachée la doctrine salutaire qu’ils allaient entendre, mais à la recevoir dans l’intention de la communiquer aux autres, il leur fait connaître ce qu’ils devront enseigner. Il suppose qu’ils lui font cette question: Quelle est donc cette doctrine qui ne doit pas rester cachée et pour laquelle vous nous ordonnez de tout nous offrir ? Et il leur répond: « Ne pensez pas que je sois venu détruire la loi ou les prophètes. »

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Il s’exprime ainsi pour deux raisons: premièrement, pour engager ses disciples à imiter son exemple, en s’efforçant d’accomplir toute la loi, ainsi qu’il le faisait lui-même; secondement, les Juifs devaient l’accuser plus tard de violer la loi (Mt 12; Mc 2; Lc 6; 13; Jn 5; 7; 9, etc.); il fait donc raison de cette calomnie avant même qu’elle se produise.

Saint Rémi :

Mais il ne veut pas qu’on s’imagine qu’il n’est venu que pour annoncer la loi, comme les prophètes; il nie donc d’abord qu’il soit venu pour détruire la loi, et il affirme ensuite qu’il est venu pour l’accomplir: « Je ne suis pas venu détruire la loi, mais l’accomplir. »

Saint Augustin :

(Serm. sur la mont.) Cette maxime présente deux sens, car accomplir une loi c’est ou bien ajouter ce qui lui manque, ou faire ce qu’elle prescrit.

Saint Jean Chrysostome :

Jésus-Christ a donc accompli les prophéties en réalisant tout ce qu’elles avaient prédit de lui, et il a également accompli la loi en n’omettant aucune des prescriptions légales et en justifiant les hommes par la foi, ce que la lettre de la loi ne pouvait faire.

Saint Augustin :

(contre Fauste, liv. 19, chap. 7.) Enfin, comme il était difficile, même à ceux qui vivent sous l’empire de la grâce, dans cette vie mortelle d’accomplir ce commandement de la loi: « Vous n’aurez pas de désirs coupables (Ex 20, 17; Dt 5, 21; Rm 7, 8; 13, 9), » le Sauveur, devenu notre Pontife par le sacrifice de sa chair, nous obtient miséricorde, et il accomplit encore ici la loi, car notre faiblesse et notre impuissance se trouvent guéries par la vertu de ce divin chef dont nous sommes devenus les membres. Je pense que ces paroles: « Je ne suis pas venu détruire la loi, mais l’accomplir, » peuvent s’entendre aussi de ces additions qui expliquent le sens des anciens préceptes ou la manière de les mettre en pratique. C’est ainsi que le Seigneur nous a fait connaître qu’un simple mouvement de haine qui nous porte à nuire à notre frère doit être rangé parmi les péchés d’homicide. Il nous dit encore plus loin qu’il aime mieux que nous restions dans la vérité suis recourir au serment que de nous exposer à tomber dans le parjure en jurant même selon la vérité. Pourquoi donc, ô Manichéens, rejetez-vous la loi et les prophètes, alors que le Christ affirme qu’il est venu non pour les détruire, mais pour les accomplir ?

L’hérétique Fauste répond:

Mais qui atteste que Jésus a tenu ce langage ?

Matthieu.

Et comment donc Matthieu peut-il raconter ce que Jésus a dit sur la montagne, lui qui n’a suivi le Sauveur que lorsqu’il en fut descendu, tandis que Jean, qui était sur la montagne, n’en dit pas un mot ?

Saint Augustin répond:

S’il n’y a pour dire la vérité sur le Christ que celui qui l’a vu ou entendu, personne aujourd’hui n’est en état de le faire. Pourquoi donc saint Matthieu n’aurait-il pu apprendre de la bouche de saint Jean la vérité sur le Christ, alors que nous, qui sommes nés si longtemps après, nous pouvons enseigner sur Jésus-Christ la vérité que nous puisons dans les écrits de saint Jean ? C’est ce qui fait que non seulement l’évangile de saint Matthieu, mais encore celui de saint Luc et de saint Marc jouissent d’une égale autorité. D’ailleurs, est-ce que le Seigneur n’a pu raconter à saint Matthieu les faits qui avaient précédé sa vocation ? Avouez donc franchement que vous ne croyez pas à l’Évangile, car en ne croyant dans l’Évangile qu’à ce qui vous convient, c’est plutôt à vous-mêmes qu’à l’Évangile que vous croyez.

Fauste dit encore:

Nous pouvons prouver qu’un autre que saint Matthieu (et je ne sais qui) a écrit cette maxime sous le nom de cet apôtre: « Lorsque Jésus passait, il vit un homme assis au comptoir, Matthieu était son nom. » Et quel est donc l’écrivain qui, pour parler de lui-même, s’exprime de la sorte: « Il vit un homme, » et non pas: « Il me vit ? »

Saint Augustin répond:

saint Matthieu parle de lui commue d’une personne étrangère, de même que saint Jean l’a fait dans ce passage: « Pierre, se retournant, vit cet autre disciple que Jésus aimait, » ce qui prouve que telle était la manière de s’exprimer des évangélistes dans leurs narrations.

Il y a plus, réplique Fauste:

cette défense que Jésus-Christ nous fait de croire qu’il soit venu détruire la loi est bien plutôt de nature à nous faire soupçonner qu’il la détruisait réellement, car, puisqu’il ne violait aucun article de la loi, pourquoi les Juifs l’en auraient-ils soupçonné ?

C’est là, répond saint Augustin:

une bien faible difficulté, car nous ne nions pas qu’aux yeux des Juifs inintelligents, le Christ n’ait passé pour un destructeur de la loi et des prophètes.

Fauste ajoute:

D’ailleurs, ni la loi ni les prophètes n’ont besoin de cet accomplissement, puisqu’il est écrit: « Vous observerez les commandements que je vous donne, sans y rien ajouter, ni sans rien ôter. »

répond saint Augustin:

Fauste, ne comprend pas ce que c’est que l’accomplissement de la loi, lorsqu’il l’entend de l’addition de nouveaux préceptes. La plénitude de la loi c’est la charité (Rm 13, 18) que le Seigneur a répandue sur les fidèles en leur envoyant l’Esprit saint. La loi est donc accomplie lorsqu’on obéit à ses préceptes ou lorsque les événements réalisent les prédictions qu’elle a faites.

Fauste continue:

Reconnaître que Jésus est l’auteur du Nouveau Testament, qu’est-ce autre chose que déclarer qu’il a détruit l’Ancien ?

Non, répond saint Augustin:

car l’Ancien Testament renferme les figures de l’avenir, qui devaient disparaître devant les réalités apportées par Jésus-Christ, et dans ce fait même les prophètes trouvaient leur accomplissement, puisqu’ils annonçaient que Dieu devait donner aux hommes un nouveau Testament.

Fauste poursuit:

Si le Christ a prononcé ces paroles, c’est évidemment dans un autre sens ou (ce qu’on ne peut admettre) c’est un mensonge, ou il n’a rien dit de semblable. Or, personne n’osera dire que le Christ a menti; ces paroles ont donc une autre signification, ou elles n’ont jamais été dites. Quant à moi, la foi des Manichéens me met en garde contre l’admission de ce chapitre, car elle m’a tout d’abord appris qu’il ne faut pas regarder comme venant du Sauveur tout ce que les Évangélistes lui attribuent, et qu’il y a beaucoup d’ivraie que le glaneur qui rôde pendant la nuit a répandue dans presque toutes les Écritures pour corrompre le bon grain.

Saint Augustin répond:

Le Manichéen t’a enseigné une opinion impie et perverse en vertu de laquelle tu acceptes dans l’Évangile tout ce qui favorise ton hérésie, et tu rejettes tout ce qui la condamne.

Pour nous, l’Apôtre nous a enseigné cette divine méthode de regarder comme anathème quiconque annoncerait un Évangile différent de celui que nous avons reçu. Et quant à l’ivraie, le Seigneur lui-même nous a expliqué ce que c’était. Ce ne sont point les erreurs qui seraient mêlées à la vérité des Écritures, comme il vous plaît de le dire, mais ce sont les hommes enfants du démon.

Fauste ajoute:

Lorsqu’un Juif viendra vous demander pourquoi vous n’observez pas ce que prescrivent la loi et les prophètes, puisque le Christ n’est pas venu les détruire, mais les accomplir, vous serez forcé ou de devenir l’esclave d’une vaine superstition, ou de reconnaître que ce chapitre n’est pas authentique, ou de nier que vous soyiez le disciple du Christ.

Les catholiques, répond saint Augustin:

ne sont nullement embarrassés par ce chapitre, comme s’il leur reprochait de ne pas garder la loi et les prophètes, car ils ont dans le cœur l’amour de Dieu et l’amour du prochain, deux préceptes qui résument la loi et les prophètes, et ils savent que tout ce qui, dans l’Ancien Testament, a été prophétisé allégoriquement par les événements, par la célébration des fêtes légales, par les expressions figurées se trouve accompli en Jésus-Christ et en son Église. Donc nous ne devenons pas tributaires d’une vaine superstition, nous ne nions pas la véracité de ce chapitre, et nous ne renonçons pas à être les disciples du Christ. Celui donc qui vient dire: Si le Christ n’avait pas détruit la loi et les prophètes, les anciens rites se seraient perpétués dans les cérémonies chrétiennes, peut ajouter: Si le Christ n’avait pas détruit la loi et les prophètes, sa naissance, sa passion, sa résurrection seraient encore l’objet des promesses. Au contraire, une preuve qu’il n’a pas détruit, mais accompli la loi et les prophètes, c’est justement qu’il ne nous est plus prédit comme devant naître, souffrir et ressusciter, ce que proclamaient toutes les figures de l’ancienne loi; mais qu’on nous annonce sa naissance, sa mort, sa résurrection comme autant de faits accomplis que nous rappellent à l’envi toutes les solennités chrétiennes. Combien donc est grossière l’erreur de ceux qui pensent que le changement des signes et des rites a dû changer la nature des choses signifiées dont le rite prophétique promettait l’existence, et dont le rite évangélique démontre l’accomplissement.

Fauste ajoute encore:

Si le Christ est l’auteur de ces paroles, examinons pourquoi il les a dites. Est-ce pour adoucir la fureur des Juifs qui en le voyant fouler aux pieds ce qu’ils regardaient comme saint ne croyaient pas devoir l’entendre davantage ? Ou bien est-ce pour nous engager à nous soumettre au joug de la loi, nous qui devions croire parmi les Gentils ? Si ce n’est pas l’une de ces raisons, ce doit être l’autre, et en cela le Christ ne nous a pas induit en erreur. Il y a en effet trois sortes de loi, la première est celle des Hébreux, que saint Paul appelle loi de péché et de mort; la seconde, la loi des Gentils, qu’il appelle naturelle, en disant: « Les nations font naturellement ce que la loi leur commande; » la troisième, la loi de vérité appelée par saint Paul: « La loi de l’esprit de vie. » Il en est de même des prophètes: il y a les prophètes des Juifs, qui sont connus; les prophètes des Gentils, dont saint Paul écrivait: « Un de leurs compatriotes et leur prophète a dit. » Enfin les prophètes de la vérité, dont le Christ a dit: « Je vous envoie des sages et des prophètes. » Or, s’il avait parlé des observances judaïques dans le dessein de nous les faire accomplir, nul doute qu’il ne fût ici question de la loi des prophètes des Juifs. Mais il ne rappelle ici que des préceptes plus anciens: « Vous lie tuerez pas, vous ne commettrez pas d’adultère, » qui furent autrefois promulgués par Enoch, par Seth et par d’autres justes; il est donc évident qu’il veut parler ici de la loi et des prophètes de la vérité. Paraît-il au contraire vouloir parler des préceptes judaïques; c’est pour les déraciner complètement, comme celui-ci: « Œil pour œil, dent pour dent. »

Saint Augustin répond:


On voit clairement quelle est cette loi, quels sont ces prophètes que Jésus-Christ n’est pas venu détruire, mais accomplir: c’est la loi qui a été donnée par Moïse. C’est une erreur de dire, comme

Fauste:

que le Seigneur est venu accomplir certains préceptes, ceux qui avaient été transmis par les anciens justes avant la loi, comme celui-ci: « Vous ne tuerez pas; » tandis qu’il en a détruit certains autres qui étaient propres à la loi mosaïque (comme celui-là: « œil pour œil, dent pour dent »), car nous tenons pour vrai que ces derniers préceptes ont été parfaitement conformes au temps où ils furent établis, et que le Christ ne les a pas détruits, mais accomplis, comme nous le prouverons pour chacun d’eux. C’est ce que ne comprenaient pas non plus ces hérétiques appelés Nazaréens, qui, persévérant dans cette croyance perverse, voulaient forcer les Gentils convertis à judaïser.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Comme tous les événements qui devaient se passer depuis le commencement jusqu’à la fin du monde, étaient allégoriquement prophétisés dans la loi, Notre Seigneur pour éloigner cette pensée que Dieu aurait pu ignorer par avance quelques-uns de ces événements, ajoute: « Il ne peut se faire que le ciel et la terre passent avant que tout ce qui a été prédit dans la loi ne soit accompli et réalisé; c’est le sens de ces paroles: « Je vous le dis en vérité; le ciel et la terre ne passeront point que tout ce qui est dans la loi, jusqu’à un seul iota et à un seul point, ne soit accompli parfaitement. »

Saint Rémi :

Le mot amen est un mot hébreu qui signifie en latin, vraiment, exactement, ou ainsi soit-il. Le Seigneur emploie cette expression pour deux raisons, ou à cause de la dureté de cœur de ceux qui étaient lents à croire, ou pour avertir ceux qui croyaient de prêter une attention plus profonde à ce qui allait suivre.

Saint Hilaire :

(Can. 4.) En s’exprimant de la sorte: « Jusqu’à ce que le ciel et la terre pussent, » il déclare que le ciel et la terre, qui sont les principaux éléments de la création, seront dissous comme nous le croyons nous-mêmes.

Saint Rémi :

Ils demeureront quant à leur substance, mais ils passeront en ce sens qu’ils seront renouvelés.

Saint Augustin :

(serm. sur la mont.) Par ces paroles: « Un seul iota ou un seul point de la loi ne passera » le Sauveur exprime avec énergie la perfection qui est renfermée dans chacune des lettres de la sainte Écriture. Parmi ces lettres la plus petite est l’iota, qui s’écrit d’un seul trait. Le point est un petit signe qui surmonte l’iota à son sommet. En s’exprimant ainsi, le Seigneur nous apprend que dans la loi les petites choses doivent être accomplies avec soin.

Raban :

C’est avec un dessein marqué qu’il emploie l’iota grec, et non l’iota des Hébreux, car l’iota exprime le nombre dix et par là même le nombre des préceptes du Décalogue dont l’Évangile est le point extrême et le plus haut degré de perfection.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Si un homme ami de la vérité ne peut s’empêcher de rougir lorsqu’on surprend un mensonge sur ses lèvres, et si l’homme sage ne promet jamais rien qu’il ne l’exécute, comment les paroles divines pourront-elles demeurer sans effet ? Et c’est pour cela qu’il conclut en disant: « Quiconque violera un de ces commandements les plus petits de tous et enseignera aux hommes à les violer, sera regardé comme le dernier dans le royaume de Dieu. » Le Seigneur nous fait entendre clairement, ce me semble, quels sont ces commandements les moindre de tous, en disant: « Celui qui violera l’un de ces moindres commandements, » c’est-à-dire, ceux dont je vais parler.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 16.) Ce n’est point des lois anciennes qu’il veut parler ici, mais des préceptes qu’il devait lui-même imposer; il les appelle les plus petits quoique de la plus grande importance, par ce même sentiment d’humilité avec lequel il s’est si souvent exprimé sur son propre compte.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Ou bien autrement, les commandements de Moïse, « Vous ne tuerez pas, vous ne commettrez pas d’adultère, » sont d’un accomplissement facile, car l’énormité du crime effraie et arrête la volonté; aussi la récompense qu’ils promettent est minime, bien que le crime qu’ils défendent soit grand. Les commandements du Christ au contraire: « Vous ne vous mettrez pas en colère, vous ne convoiterez pas, » sont difficiles à observer, et par la même raison, la récompense qui les sanctionne est grande, bien que ce qu’ils défendent soit léger. Il s’agit donc ici de ces préceptes du Christ: « Vous ne vous mettrez pas en colère, vous ne convoiterez pas. » Ceux qui commettent ces fautes légères seront les derniers dans le royaume de Dieu; c’est-à-dire celui qui se sera mis en colère sans commettre un grand péché, n’aura pas à craindre la peine de la damnation éternelle, mais il ne partagera pas la gloire de ceux qui auront observé ces commandements de moindre importance.

Saint Augustin :

(serm. sur la mont., liv. 1, chap. 15, 16 ou 8.) Ou bien, au contraire, ces moindres commandements sont ceux de la loi ancienne, et ce sont les préceptes que le Christ va promulguer qui sont de la plus haute importance. Ces préceptes moindres que les autres sont indiqués ici par l’iota et par le point, celui-là donc qui les viole et qui enseigne aux autres à les violer de même sera appelé le dernier dans le royaume de Dieu. Et peut-être même n’entrera-t-il pas dans ce royaume des cieux, ou Dieu n’admet que ceux qui sont vraiment grands.

La Glose :

Violer la loi, c’est ne pas faire ce qu’ordonne la loi bien comprise, ou ne pas comprendre la fausse interprétation qu’on lui donne, ou détruire dans quelqu’une de ses parties l’ensemble des commandements ajoutés par le Christ.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 16.) Ou bien dans ces paroles: « Il sera appelé le dernier dans le royaume des cieux, il ne faut voir autre chose que le supplice de la damnation éternelle. En effet, dans le langage ordinaire du Sauveur, le royaume des cieux ne signifie pas seulement la jouissance du bonheur éternel, mais le temps de la résurrection, et l’avènement terrible du Christ.

Saint Grégoire le Grand :

(hom. 12 sur les Evang.) Ou bien par le Royaume des cieux il faut entendre l’Église où tout docteur qui viole un commandement de la loi est regardé comme le dernier, car celui dont la conduite est méprisable, comment peut-il empêcher que son enseignement ne soit méprisé ?

Saint Hilaire :

(can. 4.) Ou bien, par ces moindres choses, le Seigneur fait allusion à sa passion et à sa croix; celui qui par une fausse honte ne les confessera pas hautement, sera le plus petit, c’est-à-dire le dernier, et presque rien. Le Sauveur promet au contraire la gloire magnifique des cieux à celui qui ne rougira pas de les confesser; c’est pour cela qu’il ajoute: « Mais celui qui fera et enseignera sera appelé grand dans le royaume des cieux. »

Saint Jérôme :

Le Seigneur flétrit ici la conduite des Pharisiens qui, n’ayant que du mépris pour les commandements de Dieu, leur substituaient leurs propres traditions, et il leur apprend que l’enseignement qu’ils donnent au peuple perd tout son prix, s’ils détruisent le plus petit commandement de la loi. Voici encore une autre explication: c’est que la science du maître, ne fût-il esclave que d’une faute légère, le fait descendre de la place élevée qu’il occupait; c’est qu’il ne sert de rien d’enseigner la justice si on la détruit en même temps par la moindre faute; c’est qu’on n’est souverainement heureux qu’en traduisant dans sa conduite les enseignements que l’on donne aux autres.

Saint Augustin :

On bien encore, celui qui violera les plus petits des commandements de la loi, et qui enseignera à les violer, sera appelé le dernier; celui au contraire qui accomplira ces moindres commandements, et qui enseignera à les accomplir, ne devra pas être regardé comme grand, mais il sera toutefois au-dessus de celui qui les viole. Celui-là seul sera vraiment grand qui pratiquera et enseignera ce que le Christ enseigne.

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