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 Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Dim 17 Oct - 12:40

CHAPITRE VI. TERMES FIGURÉS.



7. Sous ce peu de mots nous est donc insinuée la création entière avant le péché de l'âme. Les noms de ciel et de terre signifient toutes les créatures visibles ; le nom de jour tous les temps; les noms de verdure, d'herbe de la campagne, la créature invisible ; et le nom de cette source qui sortait de la terre et en arrosait toute la surface, désigne les flot:: de vérité qui pénétraient l'âme avant le péché. Pour ce jour dont le nom, comme clous l'avons dit, sert à marquer tout l'espace du temps, il noirs indique que non-seulement la créature visible, ruais encore la créature invisible peut être soumise à l'action du temps.

Nous le voyons pour l'âme; car par l'étonnante variété de ses goûts et de ses affections, par la chute même dont l'effet l'a rendue misérable et par la réparation au moyen de laquelle elle revient à son état de bonheur, elle est convaincue de pouvoir Changer avec le temps. C'est pourquoi il n'a pas été dit seulement : « Quand arriva le jour où Dieu créa le ciel et la terre, » noms sous lesquels nous devons entendre les êtres visibles; maison ajoute: « la verdure et l'herbe de la campagne; » et sous ce terme, nous l'avons dit, est désignée, à raison de sa vigueur et de sa vie, la créature invisible c'est-à-dire l'âme.

Or s'il a été dit: « Quand arriva le jour où Dieu créa le ciel et la terre et toute la verdure et l'herbe des champs, » c'est pour nous faire comprendre que non-seulement la créature visible, mais encore la créature invisible appartiennent au temps, comme sujettes à changer, parce que Dieu seul est immuable, lui qui est avant tous les temps.

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CATHERINE
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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Dim 17 Oct - 18:24

L'homme est appelé à changer sans cesse compte tenu de la faiblesse de sa nature suite à la chute de nos premiers parents.
Dieu se situe hors du temps contrairement aux hommes. Il est le début et la fin de chaque être sur terre.
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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Lun 18 Oct - 13:14

CHAPITRE VII. L'ARGILE DU CORPS HUMAIN.



6. Après avoir constaté en quels termes il nous est parlé de toute la création tant visible qu'invisible, aussi bien que des heureux effets produits par la source divine sur la créature invisible-, voyons maintenant ce que nous suggère le texte sacré au sujet de l'homme en particulier ; ce qui doit principalement nous occuper. D'abord sur le passage où il est dit que Dieu a formé l'homme du limon de la terre, on demande ordinairement quel était ce limon ou . quelle matière est désignée par ce terme. Les ennemis des livres de l'ancien Testament, qui entendent toute chose dans le sens grossier de la lettre, et par cela même sont toujours dans l'erreur, se récrient ici avec aigreur contre ce fait, que Dieu a formé l'homme du limon de la terre. Pourquoi, disent-ils, Dieu s'est-il servi du limon pour former l’homme ? Manquait-il donc d'une matière meilleure? n'avait-il pas à sa disposition les corps célestes dont il pouvait faire l'homme ? Pourquoi l'a-t-il formé d'une fange terrestre qui le rende si fragile et sujet à la mort?

Or, ils ne comprennent pas en premier lieu, la multitude des sens que présentent dans les Ecritures le nom de terre et d'eau; car le limon est un mélange d'eau et de terre. Mais nous disons que le corps, humain n'est devenu corruptible, fragile et mortel qu'après le péché; et ces hérétiques ne voient avec horreur dans notre corps que la mortalité à laquelle nous n'avons été soumis que par une juste condamnation. Mais, tout en formant l'homme du limon de cette terre, Dieu ne pouvait-il rendre son corps incorruptible, si, fidèle à garder le précepte divin, l'homme avait voulu s'abstenir du péché? Y a-t-il là rien d'étonnant, rien de difficile à Dieu ? Nous disons que le ciel même, avec sa beauté, est sorti du néant, ou a été fait d'une matière informe, parce que nous croyons à la toute-puissance de l'auteur; doit-on alors s'étonner que le corps formé d'un limon quelconque, ait pu sous la main de ce Dieu tout-puissant, exister de manière à n'affliger l'homme, avant le péché, par aucune infirmité, par aucun besoin, et à se trouver exempt de toute corruption ?

9. Il est donc oiseux, de demander avec quoi Dieu a fait le corps de l'homme, s'il s'agit ici de la formation du corps. Je sais que quelques-uns des nôtres l'entendent ainsi, ils disent que si par ces mots : «Dieu forma l'homme du limon de la terre, » on ne trouve point ces autres : « A son image et à sa ressemblance, » c'est qu'ici il est parlé seulement de la formation du corps. Pour l'homme intérieur, il est désigné par ces expressions : « Dieu fit l'homme à son image et « à sa ressemblance. » Mais je le veux, entendons ici l'homme en corps et en âme, supposons qu'il ne s'agit pas de quelque nouveau travail, mais de reprendre avec plus de soin ce qui a été déjà brièvement insinué plus haut.

Si donc nous entendons ici l'homme composé d'un corps et d'un âme, la raison ne s'offense pas de ce que le terme de limon sert à le désigner, vu le mélange de substance dont son être est formé. De même que l'eau rapproche, unit et retient la terre quand elle se mêle au limon qu'elle forme, ainsi l'âme en vivifiant la matière corporelle, met en harmonie les unes avec les autres les différentes parties de cette matière, et empêche le corps de tomber en dissolution.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Mar 19 Oct - 10:55

CHAPITRE VIII. LE SOUFFLE DE VIE.



10. Par ces paroles : « Et Dieu souffla sur lui l'esprit de vie et l'homme fut fait âme vivante, » nous devons entendre que si jusque-là le corps était seul, l'âme y fut alors unie. Peut-être était-elle créée déjà, mais retenue comme dans la bouche de Dieu, c'est-à-dire dans sa vérité ou son infinie sagesse, d'où cependant elle ne sortit pas de manière à en être séparée par une (140) distance locale lorsqu'elle fut communiquée à l'homme par le souffle divin, puisque l'être de Dieu n'est limité à aucun espace, mais est présent partout. Peut-être aussi reçut-elle l'existence au moment même où Dieu souffla l'esprit de vie sur l'argile qu'il venait de façonner, et alors cette insufflation n'est autre chose que l'opération divine créant l'âme dans l'homme par l'esprit de sa puissance. Suppose-t-on que l'homme, à qui l'être avait été donné, subsistait déjà dans l'union de l'âme et du corps?

Le souffle de Dieu vint ajouter le sens et la raison à l'âme vivante, lorsqu'en vertu de cette insufflation l'homme fut fait âme vivante, non pas que le souffle eût été changé en âme vivante, mais il agit sur l'âme vivante. Jusque-là néanmoins 'nous ne devons pas encore voir l'homme spirituel dans celui qui a été fait âme vivante, mais toujours l'homme animal: il ne devint spirituel que quand placé dans le Paradis, c'est-à-dire mis en possession d'une vie heureuse, il reçut aussi le précepte de la perfection qu'il (levait trouver dans la soumission à la parole de Dieu. Aussi après qu'il eut péché en rejetant le précepte divin et qu'il fut chassé du Paradis, il ne lui resta que son être animal (1).

Et c'est pourquoi nous qui sommes nés de lui après son péché, nous n'avons en nous que l'homme animal avant d'avoir atteint l'homme spirituel, c'est-à-dire Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui n'a point commis le péché (2), et avant d'avoir été réformés, vivifiés par lui, et rétablis dans le bonheur où a mérité d'entrer avec lui le larron pénitent, au jour qui termina sa vie mortelle (3). Car écoutons ce que dit l'Apôtre : « Ce n'est pas ce qui est spirituel qui a été fait d'abord, mais ce qui est animal, ainsi qu'il est écrit : Le premier Adam a été fait âme vivante, le nouvel Adam, esprit vivifiant (4). »

11. Ainsi par ces expressions : « Dieu souffla sur lui l'esprit de vie, et l'homme fut fait âme vivante, » nous ne devons pas entendre que c'est comme une partie de la nature de Dieu qui est devenue l'âme- de l'homme, ce qui nous obligerait d'admettre que la nature divine est muable, erreur dont sont convaincus les Manichéens surtout, par la vérité même. En effet comme l'orgueil est le père de toutes les hérésies, ils ont osé dire que l'âme est de la nature de Dieu. Et là dessus nous les pressons de la manière suivante: Donc, leur disons-nous, la nature de Dieu est sujette à l'égarement et la misère; donc elle est infectée de la contagion des vices et du péché; ou bien encore, d'après vos propres aveux, elle se souille au contact d'une nature qui lui est essentiellement contraire, et le reste . autant de conséquences que l'on ne peut croire de la nature de Dieu.

L'âme effectivement a été faite par la toute-puissance divine, conséquemment elle n'est ni une partie de Dieu, ni la nature de Dieu; c'est ce qui nous est expressément c1éclaré dans un autre endroit : « Celui, dit le prophète, qui a fait l'esprit de chacun, est lui-même l'auteur de toutes choses (1). » Ailleurs encore il est dit : « C'est Lui qui a fait dans l'homme l'esprit de l'homme (2). » Il est donc bien avéré par ces témoignages que l'esprit de l'homme a été créé. Or dans les Ecritures l'esprit de l'homme n'est rien autre chose que la faculté raisonnable de son âme elle-même, faculté qui le distingue des animaux et lui donne sur eux un empire naturel. C'est dans ce sens que l'Apôtre dit : « Personne ne connaît ce qui est dans l'homme, sinon l'esprit qui est en lui (3). » On ne pourrait donc, d'après ces témoignages, croire que l'âme et non l'esprit, a été créée, ni soutenir que l'esprit est de la nature de Dieu, ou qu'une partie de Dieu s'est changée en lui au moment de l'insufflation divine.

C'est d'ailleurs ce que réprouve le simple bon sens; car l'esprit de l'homme qui tantôt se trompe et tantôt juge suivant la vérité, crie par là qu'il est muable, ce qu'on ne peut absolument supposer de la nature de Dieu. Mais ; dire que l'âme humaine est la propre substance de Dieu, quand elle gémit encore sous une telle masse de vices et de misères, c'est la plus haute expression de l'orgueil.

Citation :
1. I Rétr. Ch. X, n. 3. — 2. I Pierre, II, 22. — 3 Luc, XXIII, 43. — 4. I Cor. XV, 44-46.

Citation :
1. Ps. XXXII,15. — 2. Zach. XII, 1. — 3. I Cor. II, 11.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Mar 19 Oct - 12:04

Dieu en nous insufflant une âme, a mis quelque chose de divin dans de l'humain (humus en latin : terre) et c'est pourquoi on peut dire que Dieu créa l'homme à sa ressemblance.
C'est le Malin qui veut faire croire à l'homme qu'il peut se suffire à lui-même et qu'il peut vivre sans Dieu.


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Lucie
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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Mar 19 Oct - 17:41

Citation :
dire que l'âme humaine est la propre substance de Dieu, quand elle gémit encore sous une telle masse de vices et de misères, c'est la plus haute expression de l'orgueil.

L'orgueil des F.M. qui croient être des dieux. "Je monterai, je serais semblable au Très-Haut." "Qui s'abaisse sera élevé. Qui s'élève sera abaissé." Je comprends pourquoi le démon leur a choisi cette doctrine : il ne pouvait pas mieux choisir pour faire les FM à son image et sa ressemblance, soit des créatures misérables asservies à leurs vices, et qui croient encore pouvoir provenir de la nature divine de Dieu, orgueil que même le démon ne possède pas. Evil or Very Mad Le Bon Dieu les punira pour leur superbe et renversera de leurs trônes leurs têtes orgueilleuses.

Rien de divin en nous, même notre âme, sinon la grâce de Jésus-Christ, fruit de son Sang Précieux, qui nous vivifie et nous permet de devenir spirituel. Notre nature infirme, pour se surélever, a besoin de la grâce, elle ne se suffit pas à elle-même, elle ne se conserve pas même elle-même et on retournerait dans le néant si Dieu, par un miracle permanent, ne nous conservait la vie, le mouvement et l'être en ce moment-même.
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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Mar 19 Oct - 19:13

Il est évident que l'âme humaine n'est pas divine, tirée de la substance même de Dieu.

Ce n'est qu'ainsi que l'homme peut être "divinisé":

Citation :
Puisque sa divine puissance nous a accordé tous les dons qui regardent la vie et la piété, en nous faisant connaître celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, et qui par elles nous a mis en possession de si grandes et si précieuses promesses, afin de vous rendre ainsi participants de la gloire divine, en vous soustrayant à la corruption de la convoitise qui règne dans le monde.

http://fr.wikisource.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_%C3%A9p%C3%AEtre_de_Saint_Pierre_-_Crampon

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Mer 20 Oct - 13:38

CHAPITRE IX. LES DÉLICES DU PARADIS.



12. Voyons maintenant le bonheur de l'homme, désigné sous le nom de paradis. Le repos que l'on goûte à l'ombre des bocages est ordinairement délicieux, c'est de l'Orient que part la lumière destinée à nos sens corporels, et là se montre d'abord le ciel, corps bien supérieur au nôtre et d'une nature plus excellente. C'est pourquoi ici encore il faut voir un sens figuré, les délices spirituelles de la vie bienheureuse; et pour le même motif il est dit que le paradis fut planté à l'Orient. Or comprenons que nos joies spirituelles sont marquées par tous ces arbres beaux à la vue de l'intelligence, et dont les fruits sont bons à manger comme une nourriture incorruptible, la nourriture des âmes bienheureuses; car le Seigneur a dit : « Travaillez pour une nourriture qui ne se corrompt point (1) ; » telles sont toutes les connaissances qui servent d'aliment à l'âme. L'Orient désigne la lumière de la sagesse, et Eden les délices immortelles de l'âme intelligente. Car les interprètes enseignent que ce mot traduit de l'hébreu en latin, signifie délices, jouissance ou banquet. S'il a été mis ici sans traduction, c'est pour paraître indiquer quelque lieu particulier, et plus encore, pour faire une locution figurée.

Par tous ces arbres qui s'élèvent de la terre nous entendons cette joie spirituelle, qui consiste à dominer la terre, à n'être pas enveloppé ni accablé par le désordre des passions terrestres. L'arbre de vie planté au milieu du paradis représente cette sagesse qui fait comprendre que sa destination est de tenir comme le milieu des choses. Si elle est supérieure à toute la nature corporelle, elle a néanmoins au dessus d'elle la nature de Dieu; ainsi elle ne doit s'égarer ni à droite en affectant ce qu'elle n'est pas, ni à gauche en dédaignant négligemment ce qu'elle est. Voilà l'arbre de vie planté au milieu du paradis. L'arbre de la science du bien et du mal rappelle aussi cette situation naturelle de l'âme entre la nature divine et la nature corporelle; car cet arbre était encore planté au milieu du paradis. Il est appelé arbre de la science du bien et du mal, parce que si l'âme qui doit s étendre vers ce qui est devant elle, c'est-à-dire vers Dieu, et oublier ce qui est derrière elle (2), c'est-à-dire les plaisirs des sens, vient à se replier sur elle-même en abandonnant Dieu, et à vouloir jouir, comme si elle était sans Dieu, des facultés de son être, elle s'enfle d'orgueil, elle qui est la source de tout péché.

Et lorsque la peine de cet égarement vient la frapper, elle voit par expérience combien diffère le bien qu'elle a délaissé du mal où elle est tombée. C'est, pour elle, avoir mangé du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal. Quand donc il lui est commandé de manger du fruit de l'arbre qui est dans le paradis, mais de ne pas manger du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal, il lui est interdit d'en jouir de manière à dépraver, et à corrompre comme en mangeant, l'intégrité de sa nature.



Citation :
1. Jean, V, 27. — 2. Philip. III,13.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Jeu 21 Oct - 10:03

CHAPITRE X. LES QUATRE FLEUVES.



12.Un fleuve sortait de l'Éden; Éden délices, plaisirs, banquet; c'est ce fleuve dont veut parler le Psalmiste quand il dit : « Vous les abreuverez au torrent de vos voluptés (1), » car Éden en hébreu signifie voluptés. Ce fleuve se divise en quatre parties et représente les quatre vertus de prudence, de force, de tempérance et de justice. On dit que le Phison c'est le Gange, et le Géon le Nil, ce qu'on peut remarquer encore dans le prophète Jérémie. Ces fleuves portent donc aujourd'hui d'autres noms, ainsi en est-il du Tibre qui d'abord s'appelait Albula. Pour le Tigre et l'Euphrate ils ont jusqu'ici conservé leurs noms.

Ces noms cependant, désignent aujourd'hui comme je l'ai dit, des vertus spirituelles, ce qu'on peut voir même à leur traduction dans les langues hébraïque ou syriaque. C'est ainsi que Jérusalem, encore que ce soit un lieu visible et terrestre, veut dire dans le sens spirituel Cité de paix; de même Sion quoiqu'une simple montagne de la terre, rappelle la Contemplation, et dans les allégories que présentent les Écritures ce nom est employé souvent pour élever l'âme à la méditation des choses spirituelles. C'est ainsi encore que cet homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho, comme s'exprime Notre-Seigneur, et qui frappé, blessé, fut laissé à demi mort parles voleurs (2), nous oblige certainement à prendre dans le sens spirituel ces lieux, que suivant l'histoire on trouve néanmoins sur la terre.

14. La prudence signifie la contemplation même de la vérité, contemplation que ne peut rendre aucun langage humain parce, qu'elle est ineffable; et vouloir la faire connaître, c'est se mettre plutôt dans le douloureux travail de l'enfantement que de la produire au jour. L'Apôtre nous dit lui-même qu'il a entendu là des paroles dont l'expression est impossible à l'homme (3).

Cette prudence traverse donc la terre qui possède l'or, le rubis et la pierre d'onyx, c'est-à-dire : la bonne règle de vie, qui purifiée de toute souillure terrestre, brille comme l'or le plus pur; et la vérité que ne peut vaincre aucune erreur pas plus que la nuit ne peut vaincre l'éclat des rubis; enfin la vie éternelle désignée par la couleur verte de la pierre d'onyx à cause de sa vigueur toujours pleine de sève. Pour ce fleuve qui coule autour de la terre d'Éthiopie, échauffée et comme embrasée par les rayons. du soleil; il signifie la force à laquelle la chaleur de l'action donne du mouvement et de la vivacité. Le troisième fleuve, le Tigre se dirige contre les Assyriens et rappelle la tempérance qui résiste à la sensualité, toujours ennemie des conseils de la prudence : aussi le terme d'Assyriens est souvent pris dans les Écritures pour synonyme d'ennemi.

Il n'est pas dit de quel côté se dirige le quatrième fleuve, ou quelle terre il parcourt c'est que la justice tient à tous les côtés de l'âme, et n'est autre chose que l'ordre et l’équilibre d'où résultent l'union et l’harmonie des trois autres vertus. A la tête marche la prudence ; la force vient en second lieu; et en troisième la tempérance : dans cette union, dans cette harmonie consiste la justice.

Citation :
1. Ps. XXXV, 9. — 2. Luc, X, 30. — 3. II Corinth. XII, 4.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Ven 22 Oct - 13:38

CHAPITRE XI. OCCUPATION DE L'HOMME DANS LE PARADIS; FORMATION DE LA FEMME.



15. L'homme fut placé dans le paradis pour y travailler et pour le garder; ce travail était une occupation honorable et sans fatigue. Autre chose est le travail dans le paradis, autre chose le travail sur la terre, auquel l'homme a été condamné après sa faute. Quant à la garde dont parle l'écrivain sacré, elle marque la nature de cette occupation primitive de l'homme. En effet dans le repos de la vie bienheureuse où la mort n'a point d'empire, tout le soin se borne à conserver ce que l'on a. L'homme reçut aussi le précepte dont nous avons déjà traité plus haut (1) ; et la conclusion de ce précepte, exprimée de telle sorte qu'elle ne s'adresse pas à un seul, puisqu'il est dit avec le nombre pluriel : « Le jour où vous en mangerez, vous mourrez, » commence déjà à faire entendre comment la femme fut formée.

Elle fut faite, dit le texte, pour servir d'aide à l'homme afin de produire, dans une union spirituelle, des fruits tout spirituels; c'est-à-dire des oeuvres saintes à la louange de Dieu, l'homme commandant et elle obéissant, l'homme étant gouverné par la sagesse, et elle par l'homme. Car le chef de l'homme est le Christ, et l'homme est le chef de la femme (2). Voilà pourquoi Dieu dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul.

Aussi bien, une chose encore était à réaliser: il fallait non-seulement que l'âme fût maîtresse du corps, parce que le corps n'a que le rang de serviteur et d'esclave, mais de plus que la raison qui fait proprement l'homme, assujettit la partie animale de l'âme et s'en fit un aide pour commander au corps. Pour représenter ce devoir, a été formée la femme, que l'ordre naturel soumet à l'homme; et ce qui paraît avec une évidence frappante dans les rapports de deux personnes, c'est-à-dire de l'homme et de la femme, peut être aussi observé dans une seule. Car le sens intérieur, ou la puissance virile de la raison, doit soumettre au frein et à la règle d'une juste loi cette partie animale qui nous sert à'agir sur nos membres., de même que l'homme doit gouverner la femme, sans lui permettre de dominer sur loi, ce qui plongerait la famille dans le désordre et la misère.

16. Ainsi donc, Dieu fit d'abord voir à l'homme combien il l'emportait sur les brutes, sur les animaux dépourvus de raison: c'est ce que marque le passage où il est dit que tous les êtres animés furent réunis devant Adam, pour qu'il vit comment ils les appellerait et quels noms il leur donnerait. Ce qui montre en effet que l'homme est au dessus des animaux par la raison elle-même, c'est que la raison seule qui apprécie chacun d'eux, peut les distinguer et les désigner chacun sous une dénomination particulière. Mais c'est là une raison qui se révèle facilement: car l'homme comprend vite qu'il est au dessus des brutes; ce qu'il comprend difficilement, c'est qu'il y a en lui une partie raisonnable qui gouverne et une partie animale qui est gouvernée.

Citation :
1. Ci-dessus, ch. IX. — 2. I Corinth. XI, 3.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Sam 23 Oct - 6:51

CHAPITRE XII. LE SOMMEIL D'ADAM.



Et parce que l'homme pour voir cela a besoin d'une sagesse plus profonde; je crois que cette vue intérieure est désignée sous le nom du sommeil envoyé par Dieu au premier homme, quand la femme fut formée pour lui être unie. Si l'on veut en effet reconnaître cette vérité, il n'est pas besoin des yeux du corps, et on la comprendra d'autant mieux et d'autant plus clairement, qu'on s'isolera davantage des choses sensibles pour se renfermer au dedans de l'intelligence, ce qui est comme s'endormir. Car la réflexion même qui nous fait comprendre qu'en nous il y a une partie qui doit commander par la raison et une autre (113) qui doit obéir à la raison, est comme la formation de la femme, tirée d'une côte de l'homme pour mieux marquer leur union. Ensuite pour dominer convenablement la partie inférieure de son être et former en soi une sorte d'hymen, où la chair ne convoite pas contre l'esprit, mais lui soit soumise, en d'autres termes, où la concupiscence de la chair ne lutte point contre la raison, mais plutôt cesse d'être charnelle en obéissant à la raison, on a besoin d'une sagesse parfaite. Or le regard de cette sagesse, parce qu'il est intérieur, secret, complètement étranger à tout sens corporel, peut ,convenablement être entendu sous l'image du sommeil d'Adam; car l'homme mérite d'être le chef de la femme, quand le Christ c'est-à-dire la Sagesse même de Dieu, est le chef de l'homme.

17. Si à la place de cette côte du premier homme, Dieu remet de la chair, c'est pour rappeler le sentiment d'amour dont chacun est pénétré pour son âme; on ne la traite pas avec dureté et mépris, car on aime naturellement ceux que l'on dirige. Il faut donc remarquer que la chair ici ne désigne pas la concupiscence charnelle; mais bien plutôt ce qu'entendait le Prophète quand il parlait du coeur de chair substitué, chez le peuple de Dieu, au coeur de pierre (1). Aussi bien l'Apôtre dit encore dans le même sens : « Non sur des tables de pierre, mais sur les tables de chair du coeur (2). » Autre chose est en effet une locution propre, autre chose une locution figurée telle que celle dont nous traitons maintenant. Si donc la femme proprement dite a d'abord été réellement formée par Dieu du corps de l'homme, elle ne l'a été de cette manière assurément que pour insinuer quelque mystère. Dieu manquait-il de limon pour en faire aussi la femme? Ou bien ne pouvait-il, s'il le voulait, ôter sans douleur une côte à Adam éveillé? Soit donc que ce langage soit figuré, soit que l'action elle-même le soit, ce n'est pas sans raison que Dieu a parlé ou agi de cette manière. C'est assurément pour exprimer des mystères et des secrets; soit ceux que notre faiblesse essaie d'exposer, soit ceux que mettrait en lumière une interprétation meilleure, pourvu cependant qu'elle fût conforme à la saine doctrine.



Citation :
1. Ezéch. XI, 19. — 2. II Cor. III, 3.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Dim 24 Oct - 12:17

CHAPITRE XIII. UNION SPIRITUELLE.



18. L'homme donna donc un nom à sa femme comme un supérieur à son inférieur, et il dit « Voici maintenant l'os de mes os et la chair de ma chair. » L'os de mes os, peut être pour marquer la force; La chair de ma chair, peut être pour marquer la tempérance. Car on enseigne que ces deux vertus appartiennent à la partie inférieure de l'âme, régie par la prudence de la raison. Quant aux paroles suivantes : « Elle sera appelée femme, parce qu'elle a été prise de son mari, » cette étymologie n'a point passé dans notre langue. Car on ne trouve pas comment le nom de mulier peut dériver du nom de vir. Mais on dit que dans la langue hébraïque les mots sont semblables : Vocabitur virago, quoniam de viro suo sumpta est. Aussi bien le terme virago ou plutôt virgo vierge, a quelque ressemblance avec le nom de vir, homme. Quant au nom mulier, il n'en a point : mais, comme je l'ai dit, cela vient de la différence des langues.

19. Adam ajoute : « L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à son épouse, et ils seront deux dans une même chair. » Je ne vois d'autre moyen d'admettre ici le sens historique, si ce n'est en disant qu'ordinairement les choses arrivent ainsi dans le genre humain. Mais tout cela est une prophétie dont l'Apôtre rappelle le souvenir quand il dit : « C'est pourquoi l'homme abandonnera son père et sa mère pour s'attacher à son épouse; et ils seront deux dans une seule chair. C'est un grand sacrement; je dis dans le Christ et dans l'Église (1). »

Si les Manichéens lisaient ce passage autrement qu'en aveugles, eux qui se servent des Epîtres des Apôtres pour tromper tant de monde, ils comprendraient comment l'on doit entendre les Écritures de l'ancien Testament, et n'oseraient point attaquer, par des discours sacrilèges, ce qu'ils ignorent. Adam et sa femme étaient nus sans en rougir : ceci désigne la simplicité et la chasteté de l'âme. Car voici encore ce que dit l'Apôtre: « Je vous ai préparés, fiancés comme une vierge toute pure pour un époux unique, pour Jésus-Christ. Mais je crains que comme le serpent séduisit Eve par ses artifices, vos esprits ne dégénèrent de la simplicité et de la chasteté qui est dans le Christ (1). »

Citation :
1. Ephès. V, 31, 32.

Citation :
1. II Cor. VI, 2, 3.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Lun 25 Oct - 13:11

CHAPITRE XIV. EVE ET LE SERPENT.



20. Or le serpent signifie le diable, qui certainement n'était pas simple;. car s'il est dit que le serpent était le plus avisé de tous les animaux, c'est pour nous faire entendre sous des termes figurés sa ruse et sa malice. Il n'est pas dit que le serpent était dans le Paradis, mais il était parmi les bêtes sorties des mains de Dieu. Car le Paradis, ainsi que je l'ai dit plus haut (2), signifie la vie heureuse où n'était plus le serpent, puisqu'il était déjà le diable et qu'il était déchu de sa béatitude pour n'avoir pas voulu rester dans la vérité. Il ne faut pas s'étonner qu'il ait pu parler à la femme quand celle-ci était dans le Paradis et que lui n'y était pas. Car, ou bien la femme n'était pas dans le Paradis d'une manière locale mais plutôt par la jouissance du bonheur, ou bien en supposant qu'il y ait eu un lieu digne du nom de Paradis et dans lequel Adam et la femme habitaient corporellement, devons-nous comprendre que le diable, lui aussi, y soit entré d'une manière corporelle. ? Non, sans aucun doute, mais il n'y est entré que spirituellement, selon ce que dit l'Apôtre: « Le prince des puissances de l'air, de l'esprit qui agit maintenant sur les fils de la défiance (3). » Apparaît-il donc à ces fils, sous des traits visibles, ou est-ce d'une façon locale et sensible qu'il approche de ceux sur qui il exerce son action? Nullement, mais au moyen de merveilleux procédés il leur suggère par des pensées tout ce qu'il peut. A de telles suggestions résistent ceux qui disent vraiment ce que dit encore l'Apôtre : « Nous n'ignorons pas ses ruses (4). » Comment eut-il accès près de Judas, quand il.lui persuada de livrer le Seigneur? Est-ce qu'il parut réellement à ses yeux dans un lieu déterminé? Point du tout, mais, comme le déclare l'Évangile, il entra dans son coeur (5). Or l'homme le repousse s'il garde le Paradis. Car Dieu plaça l'homme dans le Paradis pour travailler et le garder. Aussi bien il est dit de l'Église dans le Cantique des Cantiques : « C'est un jardin fermé, une fontaine scellée (5), » où certainement n'est pas admis ce méchant qui persuade le mal. Et cependant il trompe par la femme, c'est-à-dire par la partie inférieure de l'âme. Car notre raison elle-même ne peut être amenée à consentir au péché, si la délectation n'a été excitée dans cette partie de l'âme qui doit obéir à la raison, comme la femme à l'homme qui la gouverne.

21. Maintenant encore, dans chacun de nous, lorsque nous succombons au péché, il ne se fait rien autre chose que ce qui a eu lieu dans les rapports de ces trois êtres, le serpent, la femme et l'homme. Car il y a d'abord la suggestion du mal, soit par la pensée, soit par les sens, la vue, le toucher, l'ouïe, le goût ou l'odorat. Si après cette suggestion, nous n'inclinons pas vers le péché, le rusé serpent est repoussé; dans le cas contraire, il y a déjà comme la défaite de la femme. Quelquefois cependant la raison agissant avec vigueur impose silence et met un frein à la passion déjà excitée; alors nous ne tombons point dans le péché, mais en luttant plus ou moins nous gagnons une couronne. Si au contraire la raison consent, si elle conclut à l'action que la passion conseille, l'homme est comme chassé du paradis, il perd la vie heureuse. Car le mal est imputé sans même que le t'ait ait lieu, puisque le seul consentement rend la conscience coupable.

Citation :
2. Ci-dessus, ch IX. — 3. Ephès. II 2. — 4. II Cor. 11. — 5. Luc, XXII, 3. — 6. Cant. IV, 12.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Mar 26 Oct - 13:43

CHAPITRE XV. MARCHE DE LA TENTATION.



22. Il faut considérer avec soin de quelle manière ce serpent persuada le péché. Aussi bien ceci intéresse éminemment notre salut. Car ces malheurs ont été écrits pour nous porter à en éviter de semblables. La femme interrogée répondit en rappelant ce qui leur avait été prescrit, et le serpent lui dit : « Vous ne mourrez point; car Dieu savait que le jour où vous aurez mangé de ce fruit, vos yeux seront ouverts, et vous serez comme des Dieux, sachant le bien et le mal. » Ces paroles nous montrent que l'orgueil a été le moyen employé pour persuader lé péché; c'est ce que prouvent en effet les mots : « Vous serez comme des Dieux. » Quant aux précédents : « Dieu savait que le jour où vous aurez mangé de ce fruit vos yeux seront ouverts, » quel en est le sens, sinon qu'il leur fut persuadé de refuser la soumission à Dieu; de demeurer plutôt indépendants, sans rapport avec le Seigneur; de ne plus observer sa loi, parce qu'il voyait avec peine qu'ils se gouvernassent eux-mêmes en dehors de la lumière (115) intérieure et en faisant usage de leur propre sagesse, comme de leurs yeux, pour connaître le bien et le mal, quand il le leur avait défendu ?

Il leur fut donc persuadé de trop aimer leur puissance, de vouloir être égaux à Dieu, d'user mal, c'est-à-dire contre la loi divine, de cette condition mitoyenne qui les soumettait eux-mêmes, tout en soumettant leurs corps à eux-mêmes. Cette situation mitoyenne était comme le fruit de l'arbre, planté au milieu du paradis; il leur fut donc persuadé de laisser perdre ce qu'ils avaient reçu, pour vouloir usurper ce qui ne leur avait pas été donné. Car Dieu ne donna pas à la nature de l'homme de pouvoir être heureuse par sa propre puissance, en dehors de l'action divine, parce qu'à Dieu seul il appartient d'être heureux, dans une indépendance absolue et par sa puissance naturelle.

23. « Et la femme, vit que le fruit était bon à manger, qu'il était beau à voir et à connaître. » Comment voyait-elle, sises yeux étaient fermés? Mais cela a été dit pour nous faire comprendre que leurs yeux, qui furent ouverts après qu'ils eurent mangé de ce fruit, sont les yeux par lesquels ils se voyaient nus et se déplaisaient, c'est-à-dire les yeux de la fourberie auxquels déplaît la simplicité. Car dès qu'on est déchu de cette intime et très-secrète lumière de la vérité, l'orgueil ne veut plaire que par de trompeuses apparences; et c'est de là que naît encore l'hypocrisie, avec laquelle on se croit bien sage quand on a pu abuser et tromper celui qu'on a voulu. Ainsi la femme donna du fruit à son mari, ils en mangèrent l'un et l'autre et alors furent ouverts leurs yeux, comme nous l'avons dit plus haut; alors aussi ils virent qu'ils étaient nus; c'est que leurs yeux mêmes étaient troublés et ils jugeaient honteuse cette simplicité que marque le terme de nudité.

Afin donc de n'être plus simples ils se firent des ceintures avec des feuilles de figuier; ils voulaient cacher leur honte c’est-à-dire la simplicité dont rougissait alors leur orgueil mal avisé. Or les feuilles de figuier signifient une certaine démangeaison, s'il est permis toutefois d'employer ce mot en parlant de choses incorporelles, que produisent dans l'esprit, d'une façon étonnante, le désir et le plaisir du mensonge. Aussi dit-on le sel de la plaisanterie; et l'on sait que dans les plaisanteries domine une espèce de mensonge.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Mer 27 Oct - 12:28

CHAPITRE XVI. PRÉLUDES DU JUGEMENT D'ADAM ET D'ÈVE.



24. C'est pourquoi, comme Dieu se promenait dans le Paradis sur le soir, c'est-à-dire se disposait à juger l'homme et fa femme; avant donc que leur fût infligée la peine qu'ils avaient méritée, Dieu se promenait dans le Paradis cela signifie que la présence de Dieu se détachait pour ainsi dire de leurs âmes, eux-mêmes n'étant plus stables dans son précepte. Sur le soir; quand déjà le soleil se couchait pour eux, en d'autres termes, quand cette lumière intérieure de la vérité commentait à les quitter; ils entendirent la voix du Seigneur et se cachèrent pour éviter sa présence. Qui fuit la présence de Dieu et se cache devant lui, sinon le malheureux qui l'ayant abandonné veut dès lors aimer ses propres intérêts ? Adam et Eve en effet avaient déjà le masque du mensonge. Or quiconque est menteur parle de son fond (1). Ils se cachent donc près de l'arbre qui était au milieu du Paradis, c'est-à-dire en eux-mêmes; car ils ont été créés pour tenir le milieu des choses, être au dessous de Dieu et au dessus des corps. Ils se cachent en eux-mêmes, pour se laisser aller au trouble et à la misère qu'engendra l'erreur, après avoir abandonné la vérité, qui n'était point l'essence de leur nature. L'âme humaine peut bien effectivement participer à la vérité; mais cette vérité est Dieu lui-même, immuable et bien au dessus de nous. Celui donc qui se détourne de cette vérité pour se tourner vers lui-même, et qui se glorifie et se réjouit, non d'avoir Dieu pour guide et pour lumière, ruais d'être libre dans ses mouvements, ales ténèbres du mensonge en partage. Car tout menteur parle de son propre fond; ainsi ce déserteur de la vérité est troublé et réalise cette parole du prophète : « Mon âme a été troublée en moi-même (2). »

Dieu alors interroge Adam, non qu'il ignore où il en est, mais pour l'obliger à confesser sa faute. Car Jésus-Christ Notre-Seigneur n'ignorait pas, tout ce qu'il demandait. Or Adam répondit, après avoir entendu la voix divine, qu'il s'était caché parce qu'il était nu. Quelle pitoyable erreur! pouvait-il déplaire à Dieu dans l'état de nudité où Dieu l'avait créé? Mais le propre de l'erreur est de faire croire à l'homme que ce qui lui déplaît, déplaît aussi à Dieu. Cependant il faut comprendre dans un sens très-relevé ce que dit le Seigneur : « Qui t'a fait connaître que tu étais nu, si ce n'est que tu as mangé du fruit duquel seul je t'avais défendu de manger? » Adam en effet était nu d'abord, c'est-à-dire exempt de dissimulation, mais il était revêtu de la lumière divine. S'en étant détourné pour se tourner vers lui-même, ce que signifie avoir mangé du fruit de l'arbre, il vit sa nudité et se déplut parce qu'il n'avait en propre aucun bien.

Citation :
1. Jean, VIII, 44. — 2. Ps. XLI, 7.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Jeu 28 Oct - 13:02

CHAPITRE XVII. EXCUSES D'ADAM ET D'ÈVE. — CHATIMENT DU SERPENT.



25. Ensuite, selon la coutume de l'orgueil, il ne s'accuse pas d'avoir écouté la femme, mais il rejette sa faute sur elle; et en le faisant, il veut par une vaine subtilité et comme par suite de la fourberie que le misérable conçoit, rendre Dieu lui-même responsable de son péché. Car il ne dit pas seulement : « La femme m'a donné du fruit, » il va plus loin et dit. « La femme que vous m'avez donnée. » Rien de plus ordinaire aux pécheurs que de vouloir attribuer à Dieu ce dont ils sont accusés, et ce mouvement vient de l'esprit d'orgueil. L'orgueil en effet fait que l'homme ayant péché en voulant être égal à Dieu, c'est-à-dire absolument indépendant comme Dieu lui-même est indépendant puisqu'il est le maître de tout, et ne pouvant l'égaler en grandeur, s'efforce, quand il est déchu et qu'il gît dans son péché, de rendre Dieu semblable à lui.

Ou plutôt encore il veut montrer que Dieu a péché et que lui-même est innocent. De son côté la femme étant interrogée rejette la faute sur le serpent. Adam avait-il donc reçu une épouse pour se soumettre à elle et non plutôt pour la faire obéir à ses ordres ? et la femme ne pouvait elle garder le commandement de Dieu plutôt que d'écouter les paroles du serpent?

26. Le serpent n'est pas interrogé, mais il reçoit le premier sa peine, parce qu'il ne peut s'avouer coupable ni s'excuser d'aucune manière. Or cette condamnation du serpent n'est pas celle qui lui est réservée au jugement dernier et dont parle Notre-Seigneur quand il dit : « Allez au feu éternel, quia été préparé au diable et à ses anges (1) ; » il s'agit ici de la peine qui nous le rend redoutable et nous oblige à nous en garder. Car sa peine est d'avoir en sa puissance ceux qui méprisent les commandements de Dieu. C'est ce que déclarent les paroles dans lesquelles la sentence lui est dénoncée; cette peine est même d'autant plus grande, qu'il est réduit à se réjouir d'une si malheureuse puissance, lui qui avant de tomber était habitué à mettre son plaisir dans la vérité. souveraine où il ne voulut pas se maintenir.

Aussi les bêtes mêmes lui sont préférées, non comme ayant plus de puissance, mais comme ayant mieux conservé leur nature. Elles n'ont en effet perdu aucune béatitude céleste, puisque jamais elles n'en ont joui, et elles passent leur vie avec la nature qu'elles ont reçue. Il est donc dit à cet esprit méchant : « Tu ramperas sur ta poitrine et sur ton ventre. » C'est ce qu'on remarque aussi dans la couleuvre; et ce qui convient à cet animal visible, est, par métaphore, appliqué à l'invisible ennemi de l'homme. Sous le nom de poitrine est désigné l'orgueil, parce que la poitrine est le siège des mouvements impétueux de l'âme; pour le nom de ventre il désigne la concupiscence charnelle, parce que le ventre est la plus molle des parties sensibles du corps. Et comme, au moyen de l'orgueil et de la concupiscence charnelle, le diable s'insinue près de ceux qu'il veut séduire, il lui a été dit pour cela : « Tu ramperas sur ta poitrine et sur ton ventre. »

Citation :
1. Matt. XXV, 41.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Ven 29 Oct - 10:00

CHAPITRE XVIII. INIMITIÉ DU SERPENT ET D'ÈVE.



27. « Et tu mangeras la terre, lui est-il dit encore, tous les jours de ta vie; » en d'autres

termes, tous les jours où tu dois exercer cette puissance, avant que vienne te frapper la dernière peine du jugement. Car ce temps d'un pouvoir qui le réjouit et dont il s'honore semble être celui de sa vie. Les paroles donc : « Tu mangeras la terre, » peuvent être comprises dans deux sens : ou bien ils. t'appartiendront, ceux que tu auras trompés par l'attachement aux choses terrestres, c'est-à-dire les pécheurs que désigne le nom de terre; ou du moins ces paroles figurent un troisième genre de tentation, qui est la curiosité. Car manger la terre, c'est sonder des profondeurs et des obscurités mais des profondeurs et des obscurités temporelles et terrestres.

28. Dieu ne met pas d'inimitié entre le serpent et l'homme, il en met seulement entre lui (117) et la femme. Est-ce parce que le démon ne trompe et ne tente pas les hommes ? Il est manifeste qu'il les trompe. Est-ce parce qu'il n'a abusé que la femme et non Adam? Mais pour n'avoir fait parvenir l'imposture jusqu'à lui que par le moyen de la femme, en est-il moins son ennemi ? D'ailleurs c'est au temps futur que Dieu parle quand il dit: « Je mettrai l'inimitié entre toi et la femme. » Et si l'un dit que le démon n'a pu désormais séduire Adam, nous répondrons qu'il n'a pas non plus séduit Eve. Pourquoi donc ces paroles, si ce n'est pour nous montrer clairement que nous ne pouvons être tentés par le diable, qu'au moyen de cette partie animale dont nous avons déjà beaucoup parlé plus haut et qui présente dans un seul l'homme comme l'image et la similitude de la femme?

Il y a aussi des inimitiés établies entre la semence du diable et celle de la femme; la semence du diable signifie les suggestions perverses, et celle de la femme, les fruits de bonnes oeuvres par lesquels on résiste à la tentation du mal. Le diable observe la plante du pied de la femme, afin de la mettre sous son joug, si elle se laisse aller à des joies défendues; de son côté elle observe la tête du serpent, afin de le repousser dès que se fait sentir la tentation du mal.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Sam 30 Oct - 10:34

CHAPITRE XIX. PEINE INFLIGÉE A LA FEMME.



29. Point de difficulté relativement au châtiment de la femme. En effet il est évident qu'elle est soumise à des douleurs multipliées et qu'elle pousse bien des gémissements dans les angoisses de cette vie. Quant `aux enfantements douloureux, ils se réalisent chez la femme proprement dite; il faut néanmoins les considérer dans l'invisible partie de nous-mêmes que représente la femme. Effectivement les femelles même des animaux sans raison mettent au jour leurs petits avec douleur, et pour elle c'est la condition de leur mortalité plutôt que la peine du péché. Il peut donc se faire que pour les femmes aussi cette douleur soit naturelle à leurs corps mortels; mais le grand supplice est que d'immortels qu'ils étaient leurs corps sont devenus mortels. Néanmoins il y a dans cette sentence une profonde et mystérieuse signification; c'est qu'on ne s'abstient jamais de ce que prétend la volonté de la chair, sans éprouver d'abord de la douleur jusqu'au moment oit l'habitude du bien est formée.

Cette habitude formée est comme un fils qui vient de naître; c'est l'inclination disposée au bien par l'habitude. Pour faire naître cette bonne habitude on a résisté avec douleur à l'habitude mauvaise. Que signifient encore ces mots qui expriment la suite de l'enfantement: « Tu te tourneras vers ton mari et il te dominera (1).? »Est-ce que la plupart des femmes et même presque toutes n'enfantent pas en l'absence de leurs maris et ne sont pas après l'enfantement dans l'impossibilité de se tourner vers eux ?Ces femmes superbes et qui dominent leurs maris perdent-elles ce vice après avoir enfanté et se laissent-elles dominer par eux? Loin de là; elles croient qu'en devenant mères elles ont acquis une dignité nouvelle et se montrent ordinairement plus orgueilleuses. Pourquoi donc après ces mots: « Tu enfanteras dans la douleur, » a-t-il été ajouté : « Et tu te tourneras vers ton mari, et il te dominera, » si ce n'est pour marquer que cette partie de l'âme qu'attachent les plaisirs des sens, obéit avec plus de soin et de zèle à la raison comme à un mari, quand pour vaincre telle ou telle habitude mauvaise elle a éprouvé de la douleur et dés difficultés, et qu'instruite pour ainsi dire au moyen.même de ce pénible combat elle se tourne vers la raison, reçoit et exécute volontiers ses. ordres pour ne point tomber de nouveau dans quelque habitude pernicieuse?Ainsi donc ce qui paraît malédiction devient commandement, pour qui lit avec l'esprit les choses spirituelles. Car la loi est spirituelle (2).

Citation :
1. Gen. III, 16. — 2. Rom. VII, 14.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Lun 1 Nov - 12:20

CHAPITRE XX. CHATIMENT DE L'HOMME.



30. Que dirons-nous aussi de la sentence portée contre l'homme ? Les riches qui sont pourvus des moyens les plus faciles d'existence et qui ne cultivent point la terre, out-ils échappé à la peine énoncée en ces termes? « La terre pour toi sera maudite désormais. Tu mangeras de ses fruits dans la tristesse et les gémissements de ton cœur tous les jours de ta vie. Elle te produira des ronces et des épines et tu mangeras l'herbe de ton champ. Tu mangeras ton pain à la sueur, de ton front, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre d'où tu as été tiré, car tu es terre et tu retourneras en terre (3)? » Mais certainement il est manifeste que personne n'échappe à l'effet de cette sentence. Car la tristesse et les travaux que la terre ménage à. l'homme ne sont autre chose que la difficulté pour tous, durant cette vie, de trouver la vérité, et cela par suite de l'état corruptible du corps.

En effet, comme le déclare Salomon, « le corps, qui se corrompt appesantit l'âme et cette demeure terrestre abat l'esprit dans une multitude de préoccupations (1). » Les épines et les ronces sont les embarras des questions tortueuses, ou les pensées qui ont pour objet les soins de cette vie et qui ordinairement, si elles ne sont extirpées et rejetées du champ de Dieu, étouffent la parole pour l'empêcher de fructifier dans l'homme, selon l'enseignement évangélique de Notre-Seigneur (2). Maintenant encore la nécessité veut que nous soyons instruits de la vérité par le moyen des yeux et des oreilles du corps; d'un autre côté il est difficile de résister aux illusions qui dé ces sens pénètrent dans l'âme, quoique les mêmes sens nous transmettent aussi la vérité. Quel est donc, au milieu d'une perplexité pareille, celui dont le visage ne sue pas pour manger son pain? C'est ce que nous devons souffrir tous les jours de notre vie, c'est-à-dire de cette vie qui aura un terme. Cette sentence regarde celui qui cultive le champ de son âme; il souffre cela jusqu'à ce qu'il retourne dans la terre dont il a été formé: en d'autres termes,jusqu'à ce qu'il sorte de la vie présente. L'homme en effet qui cultive ce champ intérieur et gagne son pain quoique avec peine peut endurer ce travail jusqu'à la fin de cette vie; mais après cette vie il n'est point nécessaire qu'il en soit chargé. Quant à celui qui laisse sans culture le champ dont il s'agit, il subit dans toutes ses œuvres la malédiction portée contre sa terre, durant la vie de ce monde, après laquelle il éprouvera le feu du purgatoire ou la peine éternelle. Ainsi personne n'échappe à la sentence; mais il faut faire en sorte que du moins on n'en ressente point l'effet au delà du tombeau.

Citation :
3. Gen, III, 17-19.

Citation :
1. Sag. IX, 15. — 2. Marc, IV, 18,19.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Mar 2 Nov - 11:41

CHAPITRE XXI. NOM DONNÉ A ÈVE APRÈS SON PÉCHÉ. LES TUNIQUES DE PEAUX.



34. Qui ne doit être surpris qu'après son péché et la sentence du jugement de Dieu, Adam ait appelé.sa femme du nom de Vie, comme étant mère des vivants (3) : tandis qu'elle a mérité la mort et se trouve destinée à mettre au monde des hommes mortels? L'Écriture n'avait-elle donc pas en vue ces fruits mystérieux, après l'enfantement douloureux desquels la partie inférieure de l'âme se tourne vers la raison pour être soumise à son empire et desquels nous avons parlé précédemment? Dans ce sens en effet elle est la vie et la mère des vivants. Car la vie souillée par le péché est appelée mort dans l'Écriture. Ainsi l'Apôtre dit qu'une veuve qui vit dans les délices est morte (1), et nous voyons que le péché lui-même nous est présenté sous le nom et l'image d'un cadavre dans cet endroit de l'Ecclésiastique : « Celui qui se lave après avoir touché un mort et qui le touche de nouveau, à quoi lui sert de s'être lavé? Ainsi en est-il de celui qui jeûne après ses péchés, et qui marchant dans la même voie les commet derechef (2). »

Ici en effet mort est pour péché; abstinence et jeûne après le péché correspond au bain, c'est-à-dire à la purification obligatoire quand on a touché un mort, et retourner à son péché c'est toucher de nouveau un mort. Pourquoi donc cette partie animale de notre âme qui doit obéir à la raison, comme la femme à son mari, ne serait-elle pas appelée vie, quand par la raison elle-même elle aura conçu de la parole de vie une bonne règle de conduite? et quand se retenant sur la pente du vice quoiqu'avec peine et gémissement, elle aura par sa résistance à une mauvaise habitude, produit une habitude louable pour le bien, pourquoi ne serait-elle pas appelée mère des vivants, c'est-à-dire des actes dont la droiture et la bonté font le caractère; actes auxquels sont opposés les péchés que nous avons dit pouvoir être désignés sous le nom de cadavre ?

32. Car pour cette autre mort que tous, enfants d'Adam, nous devons d'abord à notre nature, et dont Dieu menaçait en donnant le précepte de ne pas manger du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal, elle est indiquée parla tunique de peaux. Adam et Eve se firent eux-mêmes des ceintures de feuilles de figuier et Dieu leur fit des tuniques de peaux (3) : c'est-à-dire qu'eux-mêmes cherchèrent le plaisir de mentir librement après avoir détourné leurs yeux de la vérité, et que Dieu condamna leurs corps à cette condition mortelle de la chair, où peuvent se cacher les cœurs faux. Car il ne faut pas croire que dans les corps tels qu'ils doivent être au ciel, puissent se dissimuler les pensées comme dans les corps tels qu'ils sont sur la terre.

Si même ici bas certains mouvements des âmes se peignent sur les traits du visage et surtout dans les yeux, comment la subtilité et la. ,simplicité des corps dans le ciel pourraient-elles permettre à un seul mouvement de l'âme de se voiler? Aussi mériteront-ils cette demeure et cette heureuse transformation qui les rendra semblables aux anges, ceux qui dans la vie présente, lors même qu'ils peuvent cacher le mensonge sous les tuniques de peaux, le haïssent pourtant et l'évitent par un ardent amour de la vérité écartant seulement ce que les auditeurs ne peuvent supporter, et ne mentant jamais; car viendra le temps où rien ne restera couvert, et il n'est aucun secret qui ne doive être manifesté un jour (1).

Nos premiers parents furent dans le paradis, quoique déjà frappés de la sentence divine, jusqu'au moment où ils se virent couverts des tuniques de peaux, c'est-à-dire voués à la mortalité de cette vie. Et quel signe plus frappant de la mort corporelle qui nous attend pouvait leur être donné, que ces peaux ordinairement arrachées aux bêtes qui ont perdu la vie? Ainsi donc quand l'homme veut être Dieu, non par une imitation légitime, mais par un orgueil criminel et en violant les préceptes divins, il est ravalé jusqu'à la condition mortelle des bêtes.

Citation :
3. Gen. IV, I.

Citation :
1. Tim V, 6. — 2. Eccli. XXXIV, 30, 31. — 3. Gen. III, 7, 21.

Citation :
1. Matt. X, 26.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Mer 3 Nov - 14:02

CHAPITRE XXII. ADAM HORS DU PARADIS.



33. C'est pourquoi la loi divine le tourne en dérision parla bouche même de Dieu, et cette dérision nous avertit de nous garder de l'orgueil autant que nous en sommes capables.

« Voilà, dit le Seigneur, qu'Adam est devenu comme un de nous pour la science de connaître le bien et le mal (2). » Les mots tanquam unus ex nobis font une locution équivoque qui présente une figure : car ces mots peuvent être compris de deux manières; ou bien dans ce sens qu'Adam est devenu lui-même en quelque sorte un Dieu, comme on dit : unus ex senatoribus, pour désigner quelqu'un qui est vraiment sénateur; et alors c'est une moquerie : ou bien dans ce sens qu'il serait vraiment un Dieu, par le bienfait de son Créateur et non par nature, s'il avait voulu lui demeurer soumis. Ainsi on dit ex consulibus ou pro consulibus en parlant de.celui qui n'est plus consul. Mais en quoi est-il devenu comme l'un de nous? C'est par rapport à la connaissance, du bien et du mal. L'homme donc saura par expérience, en le ressentant, le mal que Dieu connaît par sagesse; il verra, en souffrant sa peine qu'il ne peut éviter, l'effet de cette puissance du Très-Haut, dont il n'a pas voulu subir l'action de plein gré et dans son état de bonheur.

34. « Et alors, pour qu'Adam n'étendit pas la main sur l'arbre de vie, afin de vivre éternellement, Dieu le chassa, dimisit, du paradis (1). » Si l'on veut presser le terme dimisit, on voit qu'il signifie plutôt laisser aller que chasser, ce qui parait très juste, pour marquer que par le poids de ses péchés Adam était poussé de lui-même dans le lieu qui convenait à son état. C'est ce qu'éprouve ordinairement l'homme méchant, quand après avoir commencé à vivre avec les bons, il ne s'améliore pas : le poids de sa mauvaise habitude l'entraîne loin de cette société des gens de bien: ceux-ci ne le chassent pas malgré lui, mais ils le laissent aller selon ses désirs.

Dans les mots précédents: « Ne porrigeret Adam manum suant ad arborem vitae, » il y a encore une façon de parler équivoque. Nous parlons de cette sorte, soit quand nous disons: « Ideo te moneo ne iterum facias quod fecisti, » et nous voulons alors qu'on ne fasse plus ce que l'on a fait; soit quand nous disons : Ideo te moneo ne forte sis bonus; et nous voulons alors qu'on devienne bon. C'est comme s'il y avait : je t'avertis, ne désespérant pas que tu puisses être bon. L'Apôtre dit de la même manière : Ne forte det illis Deus poenitentiam ad vognoscendam veritatem, exprimant le désir et la possibilité de la pénitence et de la connaissance de la vérité pour ceux dont il parle (2). On peut donc croire que l'homme est sorti du Paradis pour être livré aux peines et aux travaux de la vie présente, afin qu'un jour il étende la main sur l'arbre de vie et vive éternellement : or l'extension de la main marque bien la croix par le moyen de laquelle on recouvre la vie éternelle.

Si néanmoins nous comprenons les mots: Ne manum porrigat et vivat in aeternum, non dans le sens optatif, mais dans le sens prohibitif, il n'est pas injuste qu'après le péché la vote de la sagesse ait été fermée à l'homme, jusqu'à ce qu'au moment déterminé il revive par la miséricorde divine après avoir été mort, et qu'il se retrouve après avoir été perdu. L'homme est donc sorti du paradis de délices pour travailler sur la terre dont il a été formé, cri d'autres termes, pour travailler dans ce corps mortel, et mériter s'il est possible, la grâce du retour. Or il demeura à l'opposé du paradis (3), c'est-à-dire dans la misère, de tout point opposée à la vie bienheureuse. J'estime en effet que le nom de paradis signifie la vie bienheureuse.

Citation :
2. Gen. III, 22.

Citation :
1. Gen. III, 23. — 2. II à Timoth. II, 26. — 3. Gen. III, 24.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Jeu 4 Nov - 13:01

CHAPITRE XXIII. LE CHÉRUBIN ET SON GLAIVE.



35. « Or Dieu plaça à la porte du Paradis un « Chérubin avec un glaive flamboyant qu'il agi« tait, pour garder la voie de l'arbre de vie (1); » ou bien avec un glaive sans cesse agité. Le mot Chérubin, comme le veulent ceux qui ont traduit de l'hébreu les saintes Écritures, se rend par plénitude de la science. Quant au glaive flamboyant et toujours agité, il désigne les peines temporelles; car le propre du temps est une mobilité continuelle, et toute tribulation agit en quelque sorte comme le feu. Mais autre chose est de subir l'action du feu pour être consumé; autre chose de la subir pour se purifier. L'Apôtre dit: « Qui est scandalisé sans que je brûle (2) ? » Or ce sentiment le purifiait plutôt parce qu'il venait de la charité. Les tribulations que souffrent les justes ont aussi rapport à ce glaive de feu : « Car de même que l'or et l'argent sont éprouvés dans le feu, ainsi les hommes agréables à Dieu le sont dans le creuset de l'humiliation, » est-il dit (3) ; et encore « La fournaise éprouve les vases d'argile, et la tribulation, les hommes justes (4). Puis donc que Dieu corrige celui qu'il aime, et flagelle tout « enfant qu'il regarde d'un air favorable (5), » selon ce que dit l'Apôtre : « sachant que la tribulation opère la patience, la patience l'épreuve (6), » nous lisons, nous entendons et il faut croire que la plénitude de la science et le glaive flamboyant gardent l'arbre de vie. Personne donc ne saurait y arriver que par ces deux moyens, c'est-à-dire par le support des peines et la plénitude de la science.

36. Mais si pour parvenir à l'arbre de vie les hommes sont assujettis à porter le poids de l'affliction et de la douleur durant presque toute la vie présente, la plénitude de la science parait être le partage du petit nombre seulement; de manière que tous ceux qui arrivent à l'arbre de vie ne paraissent pas y atteindre parla plénitude de la science, encore que tous endurent le poids des peines marquées par ce glaive de feu toujours en mouvement. Mais en songeant à ce que dit l'Apôtre : « La plénitude de la loi c'est la charité (7), » en remarquant aussi que la charité se trouve renfermée dans ce double précepte : « Tu « aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur et de toute ton âme et de tout ton esprit, et tu aimeras ton prochain comme toi-même, » que, de plus, « ces deux commandements contiennent toute la loi et les prophètes (1), » nous comprenons sans aucune difficulté qu'on arrive à l'arbre de vie non pas uniquement parle glaive de feu agité en tous sens, . c'est-à-dire par le support des , peines temporelles, mais en outre par la plénitude de la science, c'est-à-dire par la charité (1), l'Apôtre disant : « Si je n'ai pas la charité je ne suis rien (2). »

Citation :
1. Gen. III, 24. — 2. II Cor. XI, 29. — 3. Eccli. II, 5. — 4. Ibid. XXVII, 6. — 5. Hébr. XII, 6. — 6. Rom. V, 3,4 . — 7. Rom. XIII, 10.

Citation :
1. Matt. XXII, 37-40. — 2. I Cor. XIII, 2.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Ven 5 Nov - 15:09

CHAPITRE XXIV. ADAM ET ÈVE; LE CHRIST ET L'ÉGLISE.



33. J'ai promis d'étudier dans cet écrit les choses accomplies, et je crois l'avoir fait suffisamment; j'ai promis de les considérer aussi au point de vue prophétique, c'est ce qu'il me reste à faire eu peu de mots. J'espère en effet qu'après avoir placé d'abord comme un jalon qui frappe tous les yeux et vers lequel on peut tout rapporter, notre travail ne sera pas long. L'Apôtre donc voit un grand mystère dans ces paroles : « Pour cela l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à son épouse et ils seront deux dans une même chair; » ce que lui-même explique en ajoutant : « Je dis en Jésus-Christ et dans l'Église (3). » Ainsi donc ce qui s'est accompli historiquement dans Adam, désigne ce qui devait s'accomplir prophétiquement dans le Christ, qui a quitté son Père comme il le déclare quand il dit: «Je suis sorti de mon Père et je suis veau en ce monde (4). » Il l'a quitté, non pas en changeant de lieu, puisque Dieu n'est renfermé dans aucun espace; ni en se détournant de lui par le péché, comme font les apostats; mais en apparaissant aux hommes dans la nature humaine lorsque, Verbe, il s'est fait homme et qu'il a habité parmi nous (5). Ceci encore ne signifie pas qu'il a changé sa nature divine, mais qu'il a pris une nature inférieure, la nature de l'homme. A cet acte se rapportent aussi les paroles de l'Apôtre : « Il s'est anéanti lui-même (6) ; » car il n'est pas apparu aux hommes avec cette gloire éclatante dont il jouit dans le sein de. son Père; mais il a voulu condescendre à leur faiblesse, puisqu'ils n'avaient pas 1e cour assez pur pour voir le Verbe, qui dès le principe est Dieu en Dieu (7).

Qu'expriment donc ces mots: Il a quitté son Père? Evidemment qu'il n'est point apparu aux hommes comme il est en son Père. Il a aussi quitté sa mère, c'est-à-dire les anciennes et charnelles observances de la Synagogue, qui était sa mère comme appartenant à la race de David selon la chair, et il s'est attaché à son épouse, c'est-à-dire à l'Église pour être deux dans une même chair. L'Apôtre dit effectivement qu'il est le chef de l'Église et que l'Église est son corps (1). Aussi s'est-il endormi à son tour, mais du sommeil de sa passion pour la formation de l'Église son épouse; sommeil qu'il célèbre ainsi par l'organe du prophète : « Je me suis endormi, j'ai goûté le sommeil, et je me suis éveillé parce que le Seigneur m'a pris sous sa protection (2). » L'Église son épouse a été formée de son côté, je veux dire parla foi aux tourments qu'il a endurés et au baptême qu'il a établi; car son côté percé d'une lance répandit du sang et de l'eau (3).

De plus « il a été formé, comme je viens de le rappeler, de la race de David selon la chair; » ainsi que parle l'Apôtre (4), c'est-à-dire il a été formé en quelque sorte du limon de la terre quand il n'y avait point d'homme pour la cultiver: nul homme en effet n'a concouru à la formation du Christ avec la Vierge qui est sa mère. « Une source jaillissait de la terre et en arrosait toute la face. » La face de la terre, c'est-à-dire la dignité de la terre, est-elle autre chose ici que la mère du Seigneur, la vierge Marie, en qui s'est répandu l'Esprit-Saint, désigné dans l'Evangile sous les figures de fontaine et d'eau vive (5)? C'est donc aussi comme du limon qu'à été formé l'homme divin, établi dans le paradis pour y travailler et le garder, c'est-à-dire fixé dans la volonté du Père pour l'accomplir et l'observer toujours.

Citation :
3. Ephès. V, 31, 32. — 4. Jean, XVI, 28. — 5. Jean, I, 14. — 6. Philip. II, 7. — 7. Jean, I, 1.

Citation :
1. I Colos. I, 18. — 2. Ps. III, 6. — 3. Jean. XIX, 34. — 4. Rom. I, 3. — 5. Jean, VII, 38, 39.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Sam 6 Nov - 13:41

CHAPITRE XXV. LES MANICHÉENS ET LE SERPENT.



38. Nous aussi nous avons reçu en sa personne le commandement qui lui a été fait; car chaque Chrétien représente le Christ, quia dit lui-même : « Ce que vous avez fait au moindre des miens, c'est à moi que vous l'avez fait (6). » Et plaise à Dieu que selon le précepte divin nous jouissions de tous les fruits du Paradis, c'est-à-dire des délices de l'esprit. Or les fruits de l'esprit, dit l'Apôtre, «sont la charité, la joie, la paix, la patience, la douceur, la bonté, la foi, la mansuétude, la continence (7) ; que nous ne touchions pas à l'arbre de la science du bien et du mal planté au milieu du Paradis, c'est-à-dire que nous ne voulions pas nous enorgueillir de notre nature qui tient le milieu, comme nous l'avons déjà dit, et que nous n'éprouvions pas, une fois déçus, la différence qu'il y a entre la foi catholique toujours simple et la dissimulation des hérétiques! Ainsi en effet nous parvenons au discernement du bien et du mal. « Car, est-il dit, il faut qu'il y ait même des hérésies, afin que l'on connaisse parmi vous ceux qui sont à l'épreuve (1). »

Aussi le serpent signifie dans le sens prophétique le venin des hérétiques, surtout des Manichéens et en général des ennemis de l'ancien Testament. Car je ne crois pas que rien ait été plus clairement prédit dans le serpent que ces sortes d'hommes ou plutôt que la nécessité de l'éviter en leur personne. Il n'en est point effectivement qui promette avec plus de verbiage et de jactance la science du bien et du mal : et c'est dans l'homme lui-même, comme dans un arbre planté au milieu du paradis, qu'ils s'engagent à faire trouver cette connaissance. Et cette autre assurance : « Vous serez comme des dieux » quels autres la donnent plus qu'eux ? Leur sot orgueil, pour se communiquer, ne montre-t-il pas l'âme comme étant de la nature même de Dieu?

Quels autres encore sont mieux rappelés par ces yeux qui s'ouvrent après le péché; puisque, laissant de côté la lumière intérieure de la sagesse, ils poussent à l'adoration de ce soleil visible ? A la vérité tous les hérétiques séduisent généralement par une vaine promesse de science, ils blâment ceux qu'ils trouvent en possession de la simple foi, et parce qu'ils persuadent des choses toutes charnelles, ils appliquent leurs efforts à faire ouvrir, pour ainsi parler, les yeux de la chair pour obscurcir l'oeil intérieur. Mais les Manichéens ont horreur de leurs corps même, non à cause de la mortalité dont nous avons encouru la juste peine en. péchant, mais pour nier que Dieu en soit le Créateur. Ne dirait-on pas que leurs yeux charnels se sont ouverts et qu'eux aussi rougissent de leur nudité?

Citation :
6. Matt. XXV, 40. — 7. Gal. V, 22,23.

Citation :
1. I Cor. XI, 19.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Lun 8 Nov - 14:10

CHAPTRE XXVI. ENCORE LES MANICHÉENS ET LE SERPENT.



39. Rien cependant ne lés désigne et ne les signale avec plus de force que ce que dit le serpent: « Sans aucun doute vous ne mourrez point; car Dieu savait que le jour où vous aurez mangé de ce fruit vos yeux seront ouverts. » Ils croient en effet que ce serpent est le Christ lui-même : et c'est selon eux, je ne sais quel Dieu de la nation des ténèbres qui par envie a défendu de toucher à l'arbre de la science du bien et du mal, comme pour se réserver cette connaissance. Une telle opinion a donné naissance, je crois, à une certaine secte d'Ophites qui adorent, dit-on, un serpent pour le Christ, sans considérer ce que dit l'Apôtre : « Je crains que comme le serpent a séduit Eve par son astuce, ainsi vos esprits ne se corrompent (1). » Je pense donc qu'il s'agit d'eux dans cette prophétie.

Or c'est notre concupiscence charnelle que séduisent les paroles du serpent, et à son tour elle fait tomber dans le piège Adam, non.pas le Christ mais le Chrétien. Pourtant si celui-ci voulait observer le commandement de Dieu et vivre, avec persévérance, de la foi, jusqu'à ce qu'il fût capable de comprendre la vérité; en d'autres termes, s'il travaillait dans le Paradis et gardait avec soin ce qu'il a reçu, il n'oublierait pas sa dignité jusqu'à recouvrir quand sa chair lui déplaît comme une nudité, aux déguisements charnels du mensonge, ainsi qu'à des feuilles de figuier, pour s'en faire une ceinture. N'est-ce pas ce que font ces misérables hérétiques, lorsqu'ils mentent au sujet du Christ et le représentent comme ayant menti lui-même ? Ils se cachent en quelque sorte de devant la face de Dieu, lorsqu'ils désertent la vérité pour leurs mensonges. « Ils détourneront, dit l'Apôtre leur entendement de la vérité et se livreront à des fables (2). »

40. Et qu'on le remarque bien, ce serpent, ou cette erreur des hérétiques qui tente l'Église et dont l'Apôtre signale le danger quand il dit: « Je crains que comme le serpent séduisit Eve par son astuce, ainsi vos esprits ne se corrompent; » cette erreur, dis-je, rampe sur la poitrine, sur le ventre et mange la terre. Car elle ne trompe que les orgueilleux qui en s'arrogeant ce qu'ils ne sont pas, croient tout aussitôt que l'âme humaine est clé la même nature que le Dieu suprême; ou que les hommes dominés par les désirs charnels, qui, entendent dire volontiers que ce qu'ils font de honteux ne vient pas d'eux-mêmes mais de la nation ténébreuse; ou enfin que les hommes envieux, qui goûtent seulement les choses de la terre et envisagent d'un oeil terrestre les choses spirituelles. Il y aura des inimitiés entre ce serpent et la femme, entre la race de l'un et la race de l'autre, si celle-ci met au jour des fruits, quoiqu'avec douleur, et se tourne vers l'homme pour se soumettre à son empire. On peut en effet reconnaître par là qu'il n'y a pas en nous une partie qui ait Dieu pour auteur et une autre qui appartienne à la nation des ténèbres, comme disent les Manichéens, mais plutôt que ce qui doit gouverner dans l'homme, comme ce qui doit être gouverné, vient également de Dieu suivant ces paroles de l'Apôtre : « L'homme, il est vrai, ne doit point voiler sa tête parce qu'il est l'image et la gloire de Dieu, mais la femme est la gloire de l'homme : car l'homme ne vient pas de la femme mais la femme vient de l'homme. L'homme en effet n'a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme. C'est pourquoi la femme doit porter un voile sur la tête à cause des anges. Du reste, ni l'homme n'est point sans la femme, ni la femme sans l'homme dans le Seigneur. Car comme la femme a été tirée de l'homme, ainsi l'homme maintenant est par la femme, mais tout vient de Dieu (1). »

Citation :
1. II Cor. XI, 3. — 2. II Tim. IV, 4.

Citation :
1 I Cor. XI, 7,12.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Mar 9 Nov - 14:25

CHAPITRE XXVII. CHUTE ET CHATIMENT D'ADAM.



41. Maintenant donc qu'Adam travaille en son champ et, s'il y rencontre des ronces et des épines, qu'il voie là, non l'effet de la nature mais la peine du péché, et qu'il l'attribue, non à je ne sais quelle nation des ténèbres, mais au juste jugement de Dieu, parce que là règle de la justice est de donner à chacun ce qui lui revient. Que lui-même . présente à la femme la nourriture céleste qu'il a reçue de son chef qui est le Christ, sans se laisser imposer par elle une nourriture défendue, c’est-à-dire les doctrines trompeuses des hérétiques offertes avec grande promesse de science, et la prétendue révélation des secrets qu'ils font entrevoir pour ménager à l'erreur plus dé succès.

Car c'est l'orgueilleuse et inquiète prétention des hérétiques, qui sous l'image d'une femme dans le livre des Proverbes, fait entendre ces paroles « Qu'il se détourne et vienne à moi, celui qui est insensé; » elle engage ainsi ceux qui du côté de l'esprit sont dépourvus de ressources et leur dit: « Mangez avec délices le pain pris en secret, goûtez avec douceur les eaux dérobées. (2) » Et pourtant il est nécessaire, que si guidé par l'envie de mentir,. qui fait croire que le Christ a menti lui-même, on se laisse prendre à de tels discours, on reçoive aussi, par jugement divin, une tunique de peau. Ce nom me semble ne pas désigner dans la prophétie la mortalité du corps marquée dans le sens historique, dont nous avons traité précédemment, mais les illusions qui naissent des sens matériels et qui par un châtiment divin poursuivent le menteur et le jettent dans les ténèbres.

Celui-ci est ainsi chassé du paradis, c'est-à-dire de la foi Catholique et de la vérité, pour demeurer à l'opposé du paradis, en d'autres termes, pour contredire cette même foi. Et si quelque jour il revient à Dieu premièrement par le moyen du glaive flamboyant, c'est-à-dire des tribulations temporelles, reconnaissant et pleurant ses péchés, et en accusant, non plus une nature étrangère dont l'idée est chimérique, mais en s'accusant lui-même afin de mériter son pardon; secondement par la.plénitude de la science, c’est-à-dire parla charité aimant de tout son coeur, de toute son âme et de tout son esprit, Dieu qui, toujours immuable est au dessus de tout, et le prochain comme soi-même, il parviendra à l'arbre de vie et vivra éternellement.

Citation :
2. Prov. IX, 16, 17.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Mer 10 Nov - 14:11

CHAPITRE XXVIII. RÉSUMÉ ET RÉFUTATION DES IMPOSTURES MANICHÉENNES.



42. Que voient-ils donc à reprendre dans les livres de l'ancien Testament? Ils peuvent, suivant leur coutume, faire des questions; et nous répondrons comme le Seigneur daignera nous en faire la grâce. — Pourquoi, disent-ils, Dieu a-t-il créé l'homme, qu'il savait devoir pécher? — Il l'a créé, soit parce qu'il pouvait, même avec l'homme pécheur, faire beaucoup de bien, le retenant toujours sous le régime de sa ,justice; soit parce que le péché ne pouvait nuire à Dieu. Si d'ailleurs l'homme ne péchait pas il rie serait point condamné à la mort, et s'il péchait les autres mortels profiteraient de son exemple pour se corriger.

Car il n'est rien qui éloigne plus efficacement du péché, que la pensée de la mort qu'on ne peut éviter. —En le créant il devait l'affranchir du péché — Mais c'est à quoi l'homme devait travailler lui-même, car il fut créé tel, que s'il n'avait voulu il n'aurait point péché — Le diable, disent-ils encore, ne devait pas,avoir d'accès prés de la femme — Mais la femme elle-même ne devait pas le lui permettre; car elle était sortie des mains de Dieu en état de le repousser si elle ne voulait pas le recevoir — Dieu, ajoutent-ils, ne devait pas créer la femme — C'est dire qu'il devait négliger de faire un bien, puisque en effet la femme est certainement quelque chose de bien, jusque-là même que le grand Apôtre l'appelle la gloire de l'homme, en ajoutant que tout est de Dieu.

— Ils disent encore: Qui a faille diable? — C'est lui-même, car il est tel, non par le vice de sa nature, mais par le péché qu'il a commis. — Du moins, poursuivent-ils, Dieu ne devait pas le créer sachant qu'il pécherait — Et pourquoi ne l'aurait-il pas créé, puisque par sa justice et sa Providence, il redresse beaucoup d'hommes au moyen de la malice du diable? N'avez-vous donc pas entendu ce que dit l'Apôtre : « Je les ai livrés à Satan, afin qu'ils apprennent à ne pas blasphémer (1) ? » ? Le même Apôtre dit encore de lui-même: «De peur que la grandeur de mes révélations ne m'élevât, l'aiguillon de la chair, l'ange de Satan m'a été donné pour me souffleter (2). »

— Le diable est donc bon, demandent-ils puisqu'il est utile? — Non, en tant que diable il est mauvais, mais Dieu est bon et tout-puissant, et il fait servir la malice même du diable à la production de beaucoup d'oeuvres de justice et de sainteté. Car nous n'imputons au diable que sa volonté perverse qui l'applique à mal faire, non la Providence de Dieu qui du mal tire le bien.

Citation :
1. I Tim. I, 30. — 2 II Cor. XII, 7.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Jeu 11 Nov - 15:12

CHAPITRE XXIX. LE DOGME, DE L'EGLISE ET LES ERREURS DES MANICHÉENS.



Enfin la religion est l'objet de notre dispute avec les Manichéens, et la question se résume en ces termes: Que doit-on pieusement penser de Dieu? Ils ne peuvent nier que le genre humain soit dans la malheureuse condition qui résulte du péché, mais ils prétendent que la même nature de Dieu gémit sous cette infortune. Nous le nions, et nous soutenons que la nature vouée à la misère est celle que Dieu a tirée du néant, et qu'elle est devenue misérable non par force mais par le choix qu'elle a fait du péché. Selon eux, la nature de Dieu est contrainte par Dieu même au repentir et à l'expiation des fautes commises. Nous le nions et nous disons que c'est la nature faite ale rien parla puissance divine, qui devenue coupable est obligée de faire pénitence de ses péchés. Ils enseignent que la nature divine reçoit de Dieu même son pardon. Rejetant cette idée, nous disons que c'est la nature tirée par Dieu du néant, qui reçoit le pardon des crimes dont elle est souillée, gland elle s'éloigne du péché pour revenir à son Dieu.

La nature de Dieu, ajoutent-ils, est par nécessité sujette au changement. Nous le nions et nous disons changée par sa propre volonté, cette nature que Dieu a faite de rien. La nature de Dieu, poursuivent-ils, pâtit de fautes qui lui sont étrangères. Nous le nions et nous disons qu'aucune nature ne souffre que des fautes qui sont les siennes (1). De plus nous tenons Dieu pour si bon, si juste et si saint, qu'il ne pèche ni ne nuit à personne qui n'aura point voulu pécher, pas plus qu'on ne peut lui faire tort à lui-même en se livrant au péché. Ils disent qu'il y a une nature du mal à laquelle Dieu est forcé d'abandonner, pour en ressentir les cruelles rigueurs, une partie de la sienne. Nous, nous disons qu'il n' y a point de mal naturel (2) ; que toutes les natures sont bonnes; que Dieu lui-même est la nature souveraine; qu'il est l'auteur des autres sans en excepter une seule; que toutes sont bonnes en tant qu'elles sont, parce que Dieu a fait toutes choses excellentes, toutefois à des degrés divers qui les distinguent de manière que l'une est meilleure que l'autre; qu'ainsi de toute sorte de choses bonnes, les unes plus parfaites, les autres moins parfaites, se trouve formé par Dieu un ensemble parfait que lui-même gouverne avec une admirable sagesse; enfin que faisant par sa volonté toutes choses bonnes, il n'est réduit à souffrir aucun mal. Car il est impossible que celui dont la volonté est au dessus de tout ait à supporter quoique ce soit malgré lui.

On connaît maintenant ce qu'ils disent de leur côté, ce que nous disons du notre; que chacun voie donc la doctrine qu'il doit suivre. Pour moi j'ai parlé de bonne foi devant Dieu ; et sans aucun esprit de contention, sans nul doute de la vérité, sans vouloir en rien préjudicier à un traité plus exact, j'ai exposé ce qui m'a paru véritable.

Citation :
1. Rétract. ch. 10, n. 3. — 2. Ibid. 5.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + de la Genèse contre les manichéens   Jeu 11 Nov - 15:13

source

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/genese/gen1.htm#_Toc22396063

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