Tradition Catholique (Sede Vacante)

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 Mgr Guérard des Lauriers + son Sacre

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Date d'inscription : 07/02/2006

MessageSujet: Mgr Guérard des Lauriers + son Sacre   Dim 24 Oct - 21:26



Entretien datant de Mai 1987.

7) Sodalitium :

Monseigneur, en 1981, vous avez été sacré évêque par Mgr Thuc. Cet évêque n'a pas toujours été clair en ses actes. À la suite de ce Sacre, vous avez été « excommunié » par le Cardinal Ratzinger - Que dire de cela ?



Mgr Guérard :

J'ai reçu la Consécration épiscopale, le 7 mai 1981, de Mgr Pierre Martin Ngô-dinh-Thuc.

J'affirme que cette Consécration est valide, légale autant qu'il se pouvait, parfaitement licite.

On appelle : « légal », ce qui est conforme à la lettre de la loi. On appelle : « licite » ce qui est conforme au but visé par la loi. La vertu d'épikie consiste à négliger la « lettre », si celle-ci s'avère être contraire au « but ».

[I.] La Consécration est valide.

Attendu que : 1) le rite traditionnel a été intégralement observé [la lecture du « mandat romain » exceptée !] ; 2) Mgr Thuc et moi-même avions l'intention de faire ce qu'entend faire l'Église.

[II.] La Consécration est légale, autant qu'il se peut.

Il faut en effet savoir que, par un Bref en date du 15-111-1938, Pie XI institua Mgr Thuc comme étant son Légat [« deputamus in Nostrum Legatum Petrum Martinum Ngô-dinh-Thuc Episcopum titularem Sœsinensem ad fines Nobis notos, cum omnibus necessariis facultatibus »]. Mgr Thuc avait donc le pouvoir de consacrer des Évêques, SANS en référer ANTÉCÉDEMMENT au Saint-Siège, et par suite sans « mandat romain ».

Mgr Thuc conserva ce MÊME pouvoir, lorsqu'il fut institué Archevêque de Hué par Pie XII. La preuve en est que ce fut lui, Mgr Thuc, et non l'Administrateur apostolique, qui choisit et consacra tous les Évêques du Vietnam entre 1940 et 1950 [Mgr Thuc m'en expliqua, de vive voix, et non sans une insistante malice, la raison (cachée et véritable !). De cette façon, les pensions, frais en cas de maladie, etc. desdits Évêques, ces charges donc incombaient aux fidèles du Vietnam ; tandis qu'ils eus­sent incombé à « Rome », si ces mêmes Évêques eussent été consacrés par l'Administrateur apostolique]. Quoi qu'il en soit de cette « divertissante » [!] « finalité », il reste qu'au strict point de vue de la cause formelle, « Rome », EN FAIT, sous Pie XII, a confirmé Mgr Thuc dans ses pouvoirs et prérogatives de Légat. Mgr Thuc avait conscience de les avoir consa­crés et il en fit part oralement à plusieurs personnes : « Quand on trou­vera ces Documents après ma mort... ! » Mais ces Documents ne furent mis au jour, et « à jour », que très tardivement [ils passèrent par de mul­tiples et périlleuses vicissitudes], et c'est pourquoi il n'a pas été possible d'en faire état comme il eut été opportun. C'est donc en toute bonne foi et même en toute candeur, que Mgr Thuc procéda à faire : Consécrations et Ordinations. Il pensait, à juste titre en avoir canoniquement le droit, puisque ce droit ne lui avait pas été retiré.

Lesdites Consécrations et Ordinations, faites par Mgr Thuc, sont-elles « légales » c'est-à-dire conformes à la lettre de la loi ?

Pour qu'elles le fussent parfaitement, il eût fallu qu'APRÈS [Non pas « avant » puisque Mgr Thuc avait juridiquement le pouvoir] l'acte posé, Mgr Thuc en référât à l'Autorité. Mais Mgr Thuc tenait, comme moi-même, qu'il n'y a plus d'Autorité ; bien que, paradoxalement et fort malheu­reusement, il tînt également à demeurer en bons termes avec l'« autorité »[6]. [Qu'on veuille bien lire Autorité = véritable Autorité, dont il y a actuellement "vacance formelle" ; autorité = PSEUDO-Autorité qui sévit depuis le 7 décembre 1965]. De là, deux conséquences :

Au point de vue OBJECTIF, c'est-à-dire si l'on considère en elles-mêmes les Consécrations et Ordinations accomplies par Mgr Thuc, celles-ci sont aussi « Légales » qu'il se pouvait [et qu'il se peut !]. Car, d'une part, Mgr Thuc avait juridiquement le pouvoir de les accomplir sans « mandat romain » ; et d'autre part, il était et il demeure impos­sible de « déclarer » ces consécrations et Ordinations à une Autorité qui, en acte et comme telle, n'existe pas. La « légalité » desdites Consécrations et Ordinations est en ÉTAT DE PRIVATION, comme TOUT l'est actuellement dans l'Église militante, en raison de la « vacan­ce formelle » du Siège apostolique.

Au point de vue SUBJECTIF, c'est-à-dire si l'on considère les dites Consécrations et Ordinations comme étant l'un des comportements de Mgr Thuc, force est d'observer qu'elles ont été pour lui le « glaive de douleur » et la pierre de scandale. Elles exigeaient qu'il rompît avec « rome », et il le fit en parole : mais lui tenait, par les « raisons du cœur », à ménager « rome », et il fut pris au piège où il trouva la mort.

« Noli judicare si non vis errare ». Quoi qu'il en soit de cette intime agonie, et du Jugement de Dieu, il reste que les Consécrations et Ordinations accomplies par Mgr Thuc sont aussi légales qu'il se peut, participant selon le mode qui est propre à leur nature à l'état de priva­tion qui affecte actuellement toute l'Église militante, et distinctement chacune de ses composantes... L'Église Corps mystique, Épouse du Christ, étant vierge, même sur terre, de quelque privation que ce soit.

[III.] La Consécration est licite

II faut, pour le bien comprendre, rappeler que, dans l'Église mili­tante considérée en tant qu'elle est un collectif humain, TOUTE LOI PUREMENT ECCLÉSIASTIQUE [les modalités concernant la vacance et la provision du Siège apostolique ressortissent à ce type de loi], MÊME CELLE PORTANT UNE SENTENCE LATAE SENTENTIAE, n'a sa force exécutoire qu'en vertu de l'Autorité actuellement exercée. Pour qu'il en fût autrement, pour qu'il puisse exister dans l'Église mili­tante des lois purement ecclésiastiques ayant force exécutoire indé­pendamment de l'Autorité, il faudrait qu'au moins pour ces lois, l'Autorité reçût son propre mandat de l'Église militante en tant que celle-ci est un collectif humain. Or cette doctrine est explicitement condamnée par Vatican I comme étant erronée [DS 3054]. Toute loi purement ecclésiastique est donc, radicalement, une loi humaine, n'ayant de force exécutoire que de par l'Autorité : laquelle, par essen­ce, est monarchique [monos arche].

Il s'ensuit que toute loi purement ecclésiastique peut être soumise, et EST ACTUELLEMENT SOUMISE, aux vicissitudes mêmes des lois humaines. D'une part, l'Autorité qui donne force à la loi peut faire défaut ; et c'est ce qui arrive, de par la vacance formelle du Siège apostolique. D'autre part, il se peut que, per accidens, appliquer la lettre de la loi nuise, au lieu de le réaliser, au but visé par la loi. C'est bien ce qui se pro­duit actuellement.

L'exigence du « mandat romain », exigence renforcée par Pie XII, comme condition de toute Consécration épiscopale, est ordonnée à mieux affirmer et sauvegarder le caractère monarchique de l'Autorité s'exerçant sur tout Evêque, et sur tous les Évêques de la catho­licité. Or, sous Karol Wojtyla, une « consécration » faite de par le « mandat romain » entraîne : que, premièrement, la personne « consacrée » [suppo­sé qu'elle le soit !] est ipso facto en état de schisme capital comme l'est Wojtyla lui-même ; que deuxièmement, la « consécration » faite avec le nouveau rite qui est douteux, est elle-même douteuse, et doit donc être considérée pratiquement comme non valide. La fidélité au « mandat romain » a donc pour conséquence, à brève échéance, que Wojtyla sera le monarque absolu d'une assemblée mondiale dont les membres revêtiront à l'occasion les insignes épiscopaux, bien qu'ils ne soient aucunement Évêques, ni par conséquent successeurs des Apôtres.

« La lettre tue, l'Esprit vivifie » [II Cor. III, 6 ; cf. Rom. II, 27-29]. Quand la lettre de la loi [la prescription du « mandat romain »] a pour effet de DETRUIRE la fin qui est visée par la loi [savoir l'unité, et par­tant la réalité même de l'Église militante], alors, c'est la vertu d'EPIKIE de ne pas tenir compte de la lettre de la loi, dans la stricte et seule mesure où cela est nécessaire pour continuer d'assurer la fin qui est visée par la loi. Les actes qui sont posés, par nécessité, contre la lettre de la loi, en vue d'assurer le but visé par la loi, de tels actes sont dits « licites », bien qu'ils soient illégaux. Cette doctrine a toujours été admise dans l'Église.

Nous disons donc que les Consécrations conférées par Mgr Thuc, légales autant qu'il se pouvait [II] puisque Mgr Thuc se trouvait dis­pensé du mandat romain, furent et demeurent PARFAITEMENT LICITES ; bien que, comme on l'a expliqué [II], leur « légalité » demeu­re hypothéquée de la privation même qui affecte actuellement toute l'Église militante.

[IV.] Le « cardinal » Ratzinger m'a notifié [par le Nonce à Paris, et non par le Général des Dominicains] que j'avais encouru l'excommunication « latae sententiae ». Il m'exhortait à « revenir », me promettant bon accueil !

- Je n'ai pas répondu à ce message, pour les raisons suivantes :

« Ex parte objecti ». La sentence est, en elle-même, privée de tout fondement : ainsi qu'il est ci-dessus exposé [II, III].

« Ex parte subjecti » : id est : Joseph Ratzinger, et « auctoritatis ». Les seuls actes de 1’« autorité » qui puissent n'être pas VAINS sont exclu­sivement ceux ordonnés à ce que perdure dans l'Église, materialiter, la hiérarchie : MATERIALITER seulement, puisque [cf. 2 a], l'« autorité » n'a de pouvoir dans l'Église que « materialiter » et non « formaliter ». Ainsi, par exemple, l'acte par lequel l'« autorité » reconnaît la valeur et la portée ecclésiales des Consécrations conférées par Mgr Thuc : un tel acte serait valide. Tandis que tout acte de l'« autorité » qui n'est pas ordonné expressément à la permanence de la hiérarchie [au moins « materialiter »] est VAIN.

Il n'y a pas à tenir compte d'une chose qui est privée de fondement, qui est vaine ; c'est le conseil de St Jean (II Jn 10-11).

- Le message du « cardinal » Ratzinger m'a diverti, et même réjoui. De tous les Évêques professant intégralement la Foi catholique, je suis le seul qui soit « excommunié » par la « rome » de Wojtyla. N'étant aucu­nement en communion avec cette « rome »-là, je rends grâce qu'elle ait, au moins sur le point, déclaré quelle est la Vérité !

8 ) Sodalitium :

En 1984 et en 1986, vous avez sacré deux évêques sans l'accord de Rome. Pourquoi faites-vous cela, et pensez-vous devoir encore sacrer des évêques et ordonner des prêtres ?


Mgr Guérard :

J'ai sacré deux Évêques, sans « mandat romain » : Mgr Storck [30-IV-84] ; Mgr McKenna [22-VIII-86].

[I.] Il faut que dure sur terre l'OBLATION PURE, l'OBLATIO MUNDA [Mal. 1,11].

Certains me prêtent l'intention de vouloir « sauver l'Église ». Je refu­se au contraire de m'associer avec ceux qui professent ce propos « in directo ». Car DIEU SEUL, JÉSUS SEUL (cf. 11) sauvera Son Église dans le Triomphe de Sa Mère. De ce fait, je suis certain. Je n'ai pas à savoir le « comment ».

Par contre, je crois DEVOIR tout sacrifier, faire tout ce qui est en mon pouvoir, pour que perdure sur terre l'OBLATIO MUNDA. La Messe tradi­tionnelle telle que la célèbrent Mgr Lefebvre et les prêtres par lui ordon­nés, cette Messe célébrée una cum Wojtyla, est, QUOI QU'EN VEUILLE le célébrant, OBJECTIVEMENT entachée d'une double impureté qui res­sortit au sacrilège et au schisme capital (cf. 5).

La Messe perpétuée par la Fraternité St-Pie X n'est pas, NE PEUT PAS ÊTRE, l'OBLATIO MUNDA. Cette impossibilité DE DROIT est encore renforcée par la cir­constance fort aggravante que voici : en vue de [paraître] justifier leur célébration una cum Wojtyla, les Écôniens n'hésitent pas à affirmer, à dif­fuser l'erreur, c'est-à-dire qu'ils corrompent la Foi des fidèles en leur ino­culant l'hérésie[7]. Si Mgr Lefebvre n'avait pas profané la Messe tradi­tionnelle, en exigeant qu'elle soit célébrée una cum Wojtyla, je n'eusse pas même songé, ni à recevoir, ni encore moins à conférer l'Épiscopat.

MISEREOR SUPER SACRIFICIUM ! Telle est la raison primordia­le, à elle seule nécessitante pour qui la perçoit, pour laquelle j'ai accep­té de recevoir, et pour laquelle je propose, de conférer l'Épiscopat.

[II.] Il convient éminemment que dure sur terre la MISSIO instituée par le Christ [Matth. XXVIII, 18-20].

La MISSIO comprend certes l'offrande de l'OBLATIO MUNDA : et cela, d'abord. Mais elle est plus ample : « Allez, enseignez, baptisez, éduquez ». Elle est confiée à tous les Apôtres uniment, à chacun respectivement. Elle est donc réellement distincte de la SESSIO, c'est-à-dire de la juridiction promise [Matth. XVI, 18-19], et puis donnée [Jn XXI, 15-17] plénièrement, à Pierre seul ; communiquée aux autres par participation à Pierre, et donc seulement dans la médiation de Pierre. - Aux prêtres « fidèles » qui contes­tent, comme étant une « nouveauté suspecte », la distinction réelle entre la MISSIO et la SESSIO, je me borne à poser une question. «Vous confessez les fidèles. Vous en avez reçu le Pouvoir, lors de votre ordination sacerdo­tale. Voilà, très précisément, la MISSIO, en la seconde de ses fonctions [« baptisez », administrez tous les sacrements]. Mais, de qui, de quelle per­sonne morale ou physique, tenez-vous « les pouvoirs » qui, d'après le Concile de Trente, sont requis pour que vous puissiez user validement du Pouvoir reçu lors de votre Ordination ? Non, vous n'avez pas « ces pouvoirs », enco­re moins s'il se peut, si vous êtes d'Écône car vous reconnaissez alors offi­ciellement être « suspens a divinis ». Vous répondez : « l'Église supplée ». Mais cette « suppléance » est assurée, dans l'Église en ordre, par une loi purement ecclésiastique ; laquelle, comme toutes les lois de cette sorte, est actuellement privée de force exécutoire. Il n'y a donc pas de « sup­pléance ».

La Vérité est que vous pouvez user du Pouvoir, sans avoir les « pouvoirs », parce qu'actuellement le Décret de Trente est privé de force exécutoire. La Vérité est par conséquent que vous exercez la MISSIO, bien que vous soyez privé de la participation normalement requise à la SES­SIO... par cette raison que toute l'Église militante est elle-même dans ce MÊME état de privation (par rapport à la SESSIO) dont vous vous trouvez affecté. La MISSIO et la SESSIO sont donc, au sein de l'Église militante, deux parties coessentielles réellement distinctes, en droit inséparables, en fait actuellement dissociées : la SESSIO est tenue en suspens par la vacan­ce formelle du Siège apostolique [cf. 1] ; la MISSIO perdure, autant que faire se peut, dans les prêtres et les fidèles professant d'être attachés à la Tradition : MISSIO, en état de privation, nous le répétons.

Dans ces conditions, voici l'alternative que doivent décider les fidèles attachés à la Tradition :

A) Ou bien ne pas poursuivre la MISSIO. Parce que celle-ci, en état de privation puisque désertée par la SESSIO, se trouve ipso facto anormée, vouée à de multiples périls, à commencer par l'hérésie et par le schisme. Le seul Sacrement possible, et certainement valide, serait le Baptême. Il suffit pour que Dieu donne la Foi et la grâce sanctifiante.

Ce parti n'est donc pas EN DROIT impossible. C'est celui que prennent de TRÈS RARES fidèles.

B) Ou bien poursuivre la MISSIO. Parce qu'on estime qu'il est EN FAIT impossible de conserver la grâce sanctifiante, et même la seule FOI, sans les Sacrements.

In dubiis, Libertas ! On peut choisir : soit A, soit B.

Mais : 1) que chacun respecte le choix d'autrui ; 2) que chacun se conforme rigou­reusement à l'exigence interne, ontologique, de son propre choix.

J'ai choisi B. Je respecte profondément les personnes qui ont choisi A : que Dieu leur soit en aide. Mais je réprouve que certaines de ces personnes critiquent et jugent avec « hauteur », comme si elles étaient l'Autorité, le choix B qu'elles sont libres de ne pas faire... ou même agis­sent EN FAIT, comme si elles choisissaient B.

Si on choisit de poursuivre la MISSIO, afin que la FOI et la VIE soient conservées pour le plus grand nombre, il faut évidemment des Évêques. Pas de Sacrement sans Sacerdoce sans Évêques[8].

MISEREOR SUPER TURBAM ! Telle est la seconde raison pour laquelle j'ai accepté de recevoir, et pour laquelle je propose de confé­rer l'Épiscopat.

[III.] Les normes qui président à ces Consécrations épiscopales, sans « mandat romain ».

a.) Les normes qui découlent du Droit canon ayant cours dans l'« Église en ordre ». Les lois, même purement ecclésiastiques, sont l'ex­pression de la Sagesse. Elles conservent toujours valeur directive, même si, per accidens, elles aliènent leur force exécutoire. Il faut donc veiller à ne poser aucun acte qui contreviendrait à la Sagesse inspira­trice de ces lois. Il faut, à cet égard, préciser ceci :

1) Les Sacres conférés par Mgr Thuc sont licites, et légaux autant qu'il se pouvait. Les Sacres conférés par les Évêques consacrés par Mgr Thuc sont licites, bien qu'illégaux.

2) Aucun de ces Sacres, tous licites, n'a conféré de juridiction aux Évêques ainsi consacrés. Aucun Évêque ne peut avoir de juridiction que sous la mouvance de l'authentique Vicaire de Jésus-Christ. C'est cela que Pie XII a voulu réaffirmer vigoureusement en renforçant la censure portée contre les Sacres sans mandat romain. C'est là une rai­son de surcroît pour tenir le caractère RELATIF de la juridiction, qui est inhérente à l'Épiscopat.

3) Les rapports entre les Évêques consacrés par Mgr Thuc sont chose bonne en elle-même. Mais on doit, on devra déclarer clairement qu'une éventuelle assemblée de ces Évêques ne jouit comme telle dans l'Égli­se d'aucune juridiction. Elle pourrait utilement jouer le rôle d'un fer­ment. Elle ne serait pas habilitée à restaurer la hiérarchie.

b.) Les règles qui découlent de l'épikie : laquelle fonde que lesdites Consécrations sont licites.

Les Consécrations, sans mandat romain, sont actuellement et provi­soirement, licites en vue du salus animarum ; lequel est, selon Pie XII, la lex suprema de l'Église militante. D'où deux conséquences :

Conséquence « positive ». Il faut multiplier de telles Consécrations, en sorte que subsistent sur toute la terre L’OBLATIO MUNDA et la MIS­SIO. La principale condition est que des prêtres soient aptes et consen­tants à assumer cette responsabilité.

Conséquence « négative ». Il ne faut pas que l'absence de référence à l'Autorité [inexistante en acte] débouche dans une anarchie qui serait en contradiction avec la nature même de l'Église militante. C'est pourquoi tous les Évêques ainsi consacrés, sans « mandat romain » et procédant de Mgr Thuc, doivent prendre l'engagement solennel et public de se sou­mettre inconditionnellement au Pape, si, de leur vivant, Jésus en donne un à Son Église. J'ajoute qu'actuellement, maintenant et quoi qu'il en soit d'un divin dénouement [cf. 11], l'unité entre lesdits Évêques ne peut repo­ser sur une pseudo-hiérarchie artificiellement forgée entre eux. L'unité ne peut reposer que sur la Foi ; celle-ci étant précisée, quant à l'application actuelle et concrète, conformément aux modalités qui viennent d'être exposées... ou à celles qu'imposerait une discussion portant sur toutes les données OBJECTIVES que comporte l'actuelle situation.

http://contra-impetum-fluminis.net/these.htm

Citation :
[6] ) Mgr Thuc avait ainsi : pensions et dons, pour secourir les « réfugiés » viet­namiens. Cf. mon article sur le B.O.C. (abréviation de "Bulletin de l'Occident Chrétien") n° 103 - (BP 112 - 92313 Sèvres Cedex).

Citation :
[7] Cette hérésie, répandue dans toutes les Chapelles et Écoles tenues par « Écône », est la suivante : « Le Magistère ordinaire universel de l'Église N'est PAS infaillible ». Or, la Vérité, tenue par la Tradition, et confirmée par Vatican I, est que le MAGISTÈRE ORDINAIRE UNIVERSEL EST INFAILLIBLE. Cf. M.-L. Guérard des Lauriers : « De Vatican II à Wojtyla », apud : Sous la Bannière, supplément au n° 8 [Éditions Sainte Jeanne d'Arc, les Guillots - 18260 Villegenon].

Citation :
[8] J'ai examiné cette question dans l'article : « Consacrer des Évêques ? » [Sous la Bannière, supplément au n° 3, janvier-février 1986]. Cf. p. 73 de ce volu­me [NDR].

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Lucie
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MessageSujet: Re: Mgr Guérard des Lauriers + son Sacre   Sam 30 Oct - 20:31

Je n'avais jamais lu ce passage, merci.

Je ne savais pas qu'il avait réfléchi ainsi sur l'importance de la Sainte Messe. Very Happy

Donc il confirme que Mgr Thuc pensait avoir les pouvoirs de Légat et donc autorité. Même admettant qu'il ait perdu la Foi, on doit lui appliquer ceci de Don Sarda :
Citation :

Quelle conduite doit observer le bon catholique avec les ministres de Dieu ainsi infectés de libéralisme ?Voilà qui est bien, dira quelqu'un. Tout ceci est très facile à comprendre, et il suffit d'avoir quelque peu feuilleté l'histoire pour s'en convaincre. Mais, le côté délicat et épineux est de tracer la conduite que doit tenir avec les ecclésiastiques dévoyés, le fidèle laïque, aussi saintement jaloux de la pureté de sa foi que des droits légitimes de l'autorité.Il est indispensable ici d'établir diverses distinctions et classifications et de répondre différemment à chacune d'elles.1° - Il peut arriver qu'un ministre de l'Église soit publiquement condamné par elle comme libéral; dans ce cas il suffira de se souvenir que tout fidèle ecclésiastique ou laïque que l'Église sépare de son sein, cesse d'être catholique quant au droit d'être tenu pour tel, tant que, par une véritable rétractation et un formel repentir, il ne s'est pas fait réintégrer dans la communion des fidèles. Lorsqu'il en est ainsi d'un ministre de l'Église, c'est un loup ; il cesse d'être un pasteur et même une brebis. Il faut l'éviter, et surtout prier pour lui.2° - Il peut se présenter le cas d'un ministre tombé dans l'hérésie sans être officiellement déclaré coupable par l'Église, il convient alors d'user d'une grande circonspection. Un ministre de l'Église, tombé dans une erreur contre la foi ne peut être officiellement discrédité que par le chef hiérarchique, ayant juridiction sur lui.Toutefois, sur le terrain de la polémique purement scientifique, on peut l'attaquer pour ses erreurs et l'en convaincre, laissant toujours le dernier mot ou la sentence définitive à l'autorité seule infaillible du maître universel. La grande règle, la seule règle en ces matières, dirions-nous volontiers, c'est la pratique constante de l'Église de Dieu, suivant cet adage d'un saint Père. Quod semper, quod ubique, quod ab omnibus [13]. Eh bien ! Voici comment l'on a toujours procédé dans l'Église de Dieu. De simples fidèles ont remarqué chez un ecclésiastique des doctrines opposées à celles communément enseignées comme exclusivement bonnes et vraies ; contre elles ils ont poussé le cri d'alarme dans leurs livres, de vive voix et dans leurs brochures, réclamant ainsi du magistère infaillible de Rome la sentence décisive. Ce sont le aboiements du chien qui avertissent le berger. A peine s'il y a eu dans le catholicisme une hérésie qui n'ait point été démasquée et confondue tout d'abord de cette façon.
On peut donc attaquer un Evêque mauvais sur le plan de ses erreurs mais on ne peut pas dire qu'il n'est officiellement plus Evêque. Voilà pourquoi Mgr Guérard des Lauriers dit toujours Mgr Lefèbvre, et pourquoi ils peuvent toujours consacrer, tous les mauvais Evêques, à cause du fait qu'ils ne sont officiellement pas déposés, s'ils n'ont pas fait d'erreurs horribles semblables à celles de Nestorius et nié directement un dogme, ce qui leur a valu l'anathème des fidèles mêmes ? Je trouve abusif cette façon de décider un tel et un tel Evêque hors de l'Eglise. Il est toujours Evêque officiellement, d'où le fait qu'il peut sacrer légalement malgré ses erreurs dans la Foi.

Mais :
Citation :

Dom Sarda :Pour accuser de libéralisme une personne ou un écrit, faut-il toujours attendre que l'Église enseignante ait porté un jugement spécial sur cette personne ou sur cet écrit ?Nous répondons carrément : Non.Si ce paradoxe libéral était une vérité, il fournirait indubitablement le moyen le plus efficace d'annuler, dans la pratique toutes les condamnations de l'Église, relatives aux écrits comme aux personnes. [Lucie : On se rappelle de l'incontournable : "ne nous jugez pas", ou "il ne faut pas juger" des modernistes et lefebvristes, atteints sur ce point d'un certain rigorisme janséniste et satanique.]
L'Église seule possède le suprême magistère doctrinal en droit et en fait, juri et facti; sa souveraine autorité se personnifie dans le Pape, et elle est l'unique qui puisse, définitivement et sans appel, qualifier abstractivement les doctrines et déclarer qu'elles sont concrètement contenues dans tel ou tel livre, ou professées par telle ou telle personne. Ce n'est point là une infaillibilité par fiction légale, comme celle que l'on attribue aux tribunaux suprêmes de la terre mais bien une infaillibilité réelle et effective, parce qu'elle émane de la continuelle assistance du Saint-Esprit, et qu'elle est garantie par la promesse solennelle du Sauveur. Cette infaillibilité s'exerce sur le dogme et sur le fait dogmatique, et par suite elle a toute l'extension nécessaire pour résoudre parfaitement en dernier ressort n'importe quelle question. Tout ceci se rapport à la sentence dernière et décisive, à la sentence solennelle, irréformable et sans appel, à la sentence en dernier ressort comme nous l'avons appelée. Mais, cette sentence, destinée à guider et à éclairer les fidèles, n'exclut pas d'autres jugements, moins autorisés mais cependant très respectables, que l'on ne peut pas mépriser et qui peuvent même obliger en conscience le vrai chrétien.
Don Sarda nous parle cependant de notre conscience qui peut juger untel comme mauvais à ce lien.
Citation :


A quoi servirait la règle de la foi et des mœurs, si dans chaque cas particulier le simple fidèle ne pouvait en faire lui-même l'immédiate application, s'il était continuellement obligé de consulter le pape ou le pasteur diocésain ? De même que la règle générale des mœurs est la loi, et que néanmoins chacun porte au-dedans de soi une conscience, dictamen practicum, en vertu de laquelle il fait les application spéciales de cette règle générale, sous réserve de correction, s'il vient à se tromper, de même la règle générale de la foi, qui est l'autorité infaillible de l'Église, consent et doit consentir à ce que chacun avec son jugement particulier en fasse les applications concrètes, sans préjudice de la correction et de la rétractation qu'il encourt si, ce faisant, il se trompe. Ce serait rendre vaine absurde et impossible la règle supérieure de la foi que d'exiger son application spéciale et immédiate par l'autorité première, à chaque cas, à chaque heure, à chaque minute.Il y a là un certain jansénisme brutal et satanique, semblable à celui des disciples du malheureux évêque d'Ipres, quand ils exigeaient pour la réception des sacrements des dispositions telles qu'ils les rendaient absolument impossibles pour les hommes au profit desquels ils sont destinés.Le rigorisme légal (ordenancista) qu'on invoque ici est aussi absurde que le rigorisme ascétique prêché à Port-Royal ; il donnerait des résultats encore pires et plus désastreux. Si vous en doutez, observez ce qui se passe. Les plus rigoristes sur ce point sont les plus endurcis sectaires de l'école libérale. Comment s'explique cette apparente contradiction ? Elle s'explique très simplement, si on veut bien se rappeler que rien ne conviendrait mieux au libéralisme, que cette muselière légale imposée aux lèvres et à la plume de ses adversaires les plus résolus. Ce serait, à la vérité, un grand triomphe pour lui d'obtenir, sous prétexte que personne autre que le Pape et les évêques ne peut parler avec autorité dans l'Église, le silence d'hommes tels que les de Maistre, les Valdegamas, les Veuillot, les Villoslada, les Aparisi, les Tejado, les Orti y Lara, les Nocedal et tant d'autres, dont, par la miséricorde divine, il y a toujours eu et il y aura jusqu'à la fin de glorieux exemples dans la société chrétienne. Voilà ce que le libéralisme voudrait, et, de plus, que l'Église elle-même lui rendît le service de désarmer ses plus illustres champions.
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MessageSujet: Re: Mgr Guérard des Lauriers + son Sacre   Sam 30 Oct - 22:36

Bravo Lucie. Very Happy

Il est clair qu'un laïque doit défendre sa foi contre tous, y compris contre un Evêque, s'il advenait qu'un Evêque (et il est advenu malheureusement) allait contre elle. Mais il est clair aussi qu'un laïque, peut certes prendre ouvertement position contre tel ou untel (en ce qui ME concerne, celui-ci est.. donc pour MOI..), mais n'est qu'un laïque et certainement pas l'Autorité qui seule peut excommunier tel ou untel (je ne parle pas là du cas d'un "Pape" hérétique).

La Sentence vient du Juge seul.

C'est pour cela que je dis Mgr Lefebvre (un Evêque peut se tromper de bonne foi), aujourd'hui comme demain, sans pour autant le suivre dans ses positions érronées.

De plus, je ne crois pas que l'Eglise en ordre tolererait qu'on usurpe ses droits, qu'on parle pour elle, en son nom propre.. Alors qu'elle ne nous a investi de rien (sauf de défendre notre Foi, et de fuir les loups qu'ils soient déguisés ou non).

Dieu soit loué, personne ne fait cela.

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MessageSujet: Re: Mgr Guérard des Lauriers + son Sacre   Mar 10 Mai - 13:22

La consécration épiscopale de Mgr Guérard des Lauriers

Publié le 10/05/2011 par sedevacantisme



Le
7 mai 1981, à Toulon, Mgr Pierre-Martin Ngo Dinh Thuc conférait au Père
Michel Louis Guérard des Lauriers, théologien dominicain, la
consécration épiscopale pour sauvegarder, étant donnée la vacance
formelle du Siège Apostolique, la transmission du sacerdoce et du
sacrifice.


Trente
ans après cet évènement qui sera un jour reconnu comme l’un des plus
solennels de l’histoire de l’Eglise, l’Institut Mater Boni Consilii, et
beaucoup de bons catholiques, remercient Dieu de nous avoir ainsi
conservé l’Oblatio Munda, le sacerdoce catholique et les sacrements, et
Le prient de bien vouloir abréger la tempête qui menace depuis tant
d’années, et toujours davantage, son Eglise.


SOURCE

http://sedevacantisme.wordpress.com/2011/05/10/la-consecration-episcopale-de-mgr-guerard-des-lauriers/

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MessageSujet: Re: Mgr Guérard des Lauriers + son Sacre   Mar 10 Mai - 17:28

Merci, cher Admin. pour ce témoignage qui, là où nous savons, va vous attirer des ennuis certains...

Pris moi-même dans mes vastes écritures, j'ai hélas raté cet anniversaire ! Embarassed

Bonne fin de journée et U. de P.

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Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Mgr Guérard des Lauriers + son Sacre   Aujourd'hui à 16:38

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