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 Saint Augustin + sur la chute de Pierre

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MessageSujet: Saint Augustin + sur la chute de Pierre   Jeu 25 Nov - 17:09

ONZIÈME SERMON. SUR LA CHUTE DE PIERRE.



ONZIÈME SERMON. SUR LA CHUTE DE PIERRE.

Citation :
ANALYSE. — 1. Pierre entraîné, comme Adam, par une femme. — 2. Pierre secouru plus vite que. notre premier père. — 3. Larmes de Pierre. — 4. Son amour pour Jésus-Christ.



7 . Nous le savons, mes frères, l'histoire d'Eve s'est renouvelée à l'égard de Pierre; une femme, une portière l'a aussi trompé; comme Adam, cet Apôtre s'est laissé circonvenir par une femme : c'est l'usage que le sexe s'emploie à tromper, et le diable a dû reconnaître dans cette portière. un vase rempli de sa ruse. Il est habitué à ne triompher de la vertu des hommes fidèles que par l'intermédiaire d'une femme. Pour vaincre Adam, Eve lui a servi d'instrument; une servante lui a suffi pour triompher de Pierre. Le diable, comme nous l'avons lu, s'était glissé dans le Paradis de délices, et il nous est facile de le comprendre, le prétoire des Juifs ne se trouvait pas à l'abri de ses influences. Dans l'Eden, Satan, déguisé en serpent, attaqua le premier homme; au tribunal de Caïphe, Judas remplaçait l'animal rampant. Donc, similitude complète entre la séduction de Pierre et celle d'Adam, parce que, dans un cas comme dans l'autre, il y eut similitude entre le commandement donné à Adam et les ordres intimés à Pierre. Tous deux, en effet, avaient reçu du Seigneur la défense, celui-ci de le renier, celui-là de toucher au fruit de l'arbre: le premier, de porter la main sur l'arbre de la science; le second, d'abandonner la sagesse de la croix. L'un goûta du fruit défendu ; l'autre prononça des paroles qui ne devaient point sortir de sa bouche; et, toutefois, il était plus facile à Pierre de renier son maître, qu'à Adam de prévariquer.

2. Aussi la grâce vint-elle plus vite au secours de Pierre qu'à celui d'Adam. Au moment où celui-ci se cachait, sur le soir, Dieu alla à sa recherche, et le Sauveur jeta les yeux sur celui-là au moment où il le reniait, au chant du coq. Devenu coupable d'une mauvaise action, notre premier père vit qu'il était nu, et il rougit; intérieurement troublé à la pensée de ses paroles, réprimandé par sa conscience, l'Apôtre gémit amèrement. Pris comme en flagrant délit, Adam chercha un, refuge dans la solitude ; corrigé de sa faute, Pierre fondit en larmes. Le premier homme se cacha pour se dérober aux regards de l'Eternel ; Dieu lui dit: « Adam où es-tu (1)?» Il n'avait pu fuir la présence du Tout-Puissant, mais sa conscience coupable ne trouvait plus de retraite assurée contre les remords; c'est pourquoi il tremblait. Le Seigneur le regarda, et lui ayant ouvert les yeux, dissipa son erreur. Ce fut aussi en regardant Pierre qu'il le corrigea ; car il est écrit: « Les yeux du Seigneur sont ouverts sur les justes : ses oreilles sont attentives à leurs cris (2) ».

3. Pierre s'en prit donc à ses yeux, mais aucune prière ne tomba de ses lèvres. Je lis dans l'Evangile qu'il pleura, mais, nulle part, je ne lis qu'il prononça un mot de prière ; je vois couler ses larmes, mais je n'entends pas l'aveu de sa faute. Oui, Pierre a pleuré et il s'est tû : c'était justice, car, d'ordinaire, ce qu'on pleure ne s'excuse pas, et ce qu'on ne peut excuser peut se pardonner. Les larmes effacent la faute que la honte empêche d'avouer. Pleurer, c'est donc, tout à la fois, venir en aide à la honte et obtenir indulgence : par là, on ne rougit pas à demander son pardon, et on l'obtient en le sollicitant. Oui, les larmes sont une sorte de prière muette : elles ne sollicitent pas le pardon, mais elles le méritent; elles ne font aucun aveu, et pourtant elles obtiennent miséricorde.

En réalité, la prière de larmes est plus efficace que celle de paroles, parce qu'en faisant une prière verbale, on peut se tromper, tandis que jamais on ne se trompe en pleurant. A parler, en effet, il nous est parfois impossible de tout dire, mais toujours nous témoignons entièrement de nos affections par nos pleurs. Aussi Pierre ne fait-il plus usage de sa langue, qui avait proféré le mensonge, qui lui avait fait commettre le péché et perdre la foi; il a peur qu'on ne croie pas à la profession de foi sortie d'une bouche qui a renié son Dieu : de là sa volonté bien arrêtée de pleurer sa faute , plutôt que d'en faire l'aveu, et de confesser par ses larmes ce que sa langue avait déclaré ne pas connaître. Si je ne me trompe, voici encore pour Pierre un autre motif de garder le silence: demander son pardon sitôt après sa faute, n'était-ce pas une impudence plus capable d'offenser Dieu, que de l'amener à se montrer indulgent? Celui -qui rougit en sollicitant son pardon, n'obtient-il pas ordinairement plus vite la grâce qu'il demande? Donc, en tout état de faute, mieux vaut pleurer d'abord, puis prier. Nous apprenons ainsi, par cet exemple, à porter remède à nos péchés, et il s'ensuit que si l'Apôtre ne nous a pas fait de mal en reniant son Maître, il nous a fait le plus grand bien par la manière dont il a fait pénitence de son péché.

4. Enfin, imitons-le relativement à ce qu'il a dit en une autre occasion. Le Sauveur lui avait, trois fois de suite, adressé cette question : « Simon , m'aimes-tu (1)? » et, chaque fois, il avait répondu : « Seigneur, vous le savez, je vous aime. Et le Seigneur lui dit : « Pais mes brebis ». La demande et la réponse ont eu lieu trois fois pour réparer le précédent égarement de Pierre. Celui qui, à l'égard de Jésus, avait proféré un triple reniement, prononce maintenant une triple confession, et autant de fois sa faiblesse l'avait entraîné au mal, autant de fois, par ses protestations d'amour, il obtient la grâce du pardon. Voyez donc combien il a été utile à Pierre de verser des larmes : avant de pleurer, il est tombé ; après avoir pleuré , il s'est relevé: avant de pleurer, il est devenu prévaricateur; après avoir pleuré, il a été choisi comme pasteur du troupeau, il a reçu le pouvoir de gouverner les autres, bien qu'il n'ait pas su, d'abord , se diriger lui-même. Telle fut la grâce que lui accorda Celui qui , avec Dieu le Père et le Saint-Esprit, vit et règne dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

Citation :
1. Gen. III, 9. — 2. Ps XXXIII, 16.

Citation :
1. Jean, XXI, 13. — 2. Ibid. 1.

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