Tradition Catholique (Sede Vacante)

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 Saint Augustin + contre les Ariens

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Sam 2 Avr - 14:26

XXVIII. Voici ce qui m'étonne, mon très-cher. Vous dites que le Saint-Esprit est, lui aussi, de la substance du Père; mais si le Fils et le Saint-Esprit sont, l'un et l'autre, de la substance du Père, pourquoi le premier est-il Fils, tandis que le second ne l'est pas ? En quoi celui-ci vous a-t-il donc offensé, puisqu'il est de la même substance que le Fils, puisque, suivant vos propres expressions, il est égal au Fils? pourquoi dès lors n'est-il pas, lui aussi, établi héritier universel? pourquoi, lui aussi, n'est-il pas fils? pourquoi n'est-il pas, aussi bien que le Fils, appelé du nom de « premier-né de toute la création (Coloss. I, 15.) ? » Ou bien, s'il est égal au Fils, le Fils unique n'est donc plus unique, puisqu'il partage avec un autre sa qualité de Fils; et que de plus cet autre est de la même substance du Père, dont vous dites que le Fils tire son origine ? Assurément tout cela est pénible à entendre. Car vous comparez cette majesté si sublime, non point à l'âme qui a reçu en partage la noblesse, mais au corps qui est la faiblesse même. La chair, en effet, le fils corporel naît d'un autre corps; mais l'âme ne naît point d'une autre âme. Si donc notre âme engendre sans éprouver aucune corruption ni aucune souffrance, sans se sentir ni amoindrie ni souillée ; si au contraire elle peut engendrer un fils légitimement et conformément aux lois divines et qu'elle ne perde rien de son intégrité, quand elle accorde avec sagesse son consentement à l'oeuvre du corps ; à combien plus forte raison doit-il en être ainsi du Dieu tout-puissant? Je l'ai dit déjà il y a un instant, nous nous efforçons de parler de lui suivant la mesure de nos forces, mais aucune comparaison humaine ne saurait en donner une juste idée. A combien plus forte raison Dieu le Père, qui est essentielle ment incorruptible, a-t-il engendré le Fils sans éprouver les atteintes de la corruption ! Il l'a engendré cependant; croyez à l'assurance que je vous en donne ; car je possède à cet égard le témoignage des saintes Ecritures: « Qui pourra raconter sa génération (Isa. LIII, 8.) ? » Il a engendré comme il l'a voulu, parce qu'il est puissant, sans faire aucune réserve frauduleuse ; il a engendré un Fils puissant sans que la jalousie ait eu aucune part dans cette couvre. Je l'ai dit, pour les hommes religieux il n'est pas convenable de porter des accusations fausses. Or, je professe, moi, que le Verbe de Dieu est le Verbe de Dieu, immortel et à l'abri de la corruption. Car, quant au corps qu'il a pris pour notre salut, voici ce qui en est dit dans l'Ecriture : « Ma chair reposera dans l'espérance », c'est-à-dire dans l'espérance de la résurrection; « car vous ne laisserez point mon âme dans les enfers, et vous ne permettrez point que votre saint voie la corruption (Ps. XV, 9.) ». Si, en effet, cet être saint qui a été appelé le Fils de Dieu, n'a point vu la corruption, puisque sans aucun doute il est ressuscité le troisième jour d'entre les morts; à combien plus forte raison la divinité, qui a pris ce corps, doit-elle demeurer aussi exempte de corruption ? Pourquoi dites-vous que vous ne comprenez pas ? Si je ne réponds pas à toutes vos questions, je serai justement convaincu de manquer d'intelligence; mais dans le cas contraire, il n'est pas conforme à la religion de m'attaquer par des injures. Car, non-seulement j'affirme que la sagesse du Fils de Dieu est immortelle, niais je prouverai aussi que la sagesse même des saints de Dieu est immortelle. En effet, si les saints eux-mêmes, c'est-à-dire leurs corps, sont rappelés à une vie immortelle, combien plus cette sagesse vivante qui leur appartient et qui fleurira jusqu'à la fin du monde dans tous ceux qui croient, doit-elle aussi demeurer immortelle?

Quoique, dans ce long discours, j'aie omis de parler de l'immortalité du Dieu tout-puissant, de ce que le bienheureux apôtre Paul exprime en ces termes : « Seul il possède l'immortalité (I Tim. VI, 16.) », je m'arrêterai cependant sur ce texte et, avec l'aide de Dieu et le secours de sa grâce, j'en donnerai l'interprétation. L'Ecriture attribue à Dieu seul l'immortalité, comme elle attribue aussi à lui seul la puissance et même la sagesse. Mais qui donc, parmi les hommes spirituels, ignore que l'âme humaine est immortelle? surtout après cette maxime du Sauveur : « Ne craignez point ceux qui tuent le corps, mais qui ne peuvent tuer l'âme (Matt. X, 28.) », parce qu'elle est immortelle. De plus, si l'âme est immortelle, à plus forte raison devons-nous reconnaître que toutes les puissances célestes sont nécessairement immortelles aussi. Enfin le Sauveur dit : « Celui qui garde ma parole, ne verra jamais la mort (Jean, VIII, 51.) ». Or, si celui qui garde la parole du Christ « ne verra jamais la mort », combien plus le Christ lui-même doit-il, par la puissance de sa divinité, être immortel, puisque l'efficacité de sa parole est si grande ! Cependant nous avons déjà expliqué le sens de ces paroles de l'Apôtre : « Lui seul possède l'immortalité ». Le Fils, il est vrai, possède l'immortalité, mais il la reçoit du Père. Toutes les puissances célestes possèdent aussi l'immortalité, mais elles la reçoivent par l'intermédiaire du Fils ; car c'est par lui que toutes choses existent. Le Père au contraire possède seul véritablement l'immortalité, parce qu'il ne l'a pas reçue d'un autre, parce qu'il n'a pas été engendré et qu'il ne tire son origine de personne. Le Fils au contraire, comme il l'a déclaré lui-même, est immortel parce qu'il a été engendré par le Père. Vous affirmez souvent que le Fils est égal au Père : cependant le Fils unique lui-même, Dieu véritable, proclame toujours et partout qu'il a été formé parle Père; ainsi que je l'ai dit tout à l'heure, il a même déclaré avoir reçu lai vie de lui, en ces termes : « Comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir aussi en lui-même la vie (Jean, V, 26.) ». Reconnaissez donc que si le Fils est immortel, incorruptible et inaccessible à toutes nos pensées, il tient ces qualités du Père aussi bien que la vie. Le Père a la vie en lui-même sans la recevoir de personne ; c'est pour cela qu'il est véritablement « bienheureux et seul puissant ». Mais quel est celui qui « s'est anéanti lui-même? » Est-ce le Père, ou le Fils? lequel les deux s'est empressé de plaire à l'autre par son obéissance, sinon celui qui disait : « de fais toujours les choses qui lui sont agréables (Id. VIII, 29.) ? » Quel est celui qui disait en arrivant près du tombeau de Lazare : «Mon Père, je vous rends grâces de ce que vous m'avez écouté; pour moi, je savais bien que vous m'écoutez toujours; mais je dis ceci à cause de ceux qui m'environnent, afin qu'ils croient que vous m'avez envoyé (Id. XI, 41, 42.) ? » Quel est enfin celui qui, au moment où il ouvrait les yeux d'un aveugle-né, fut interrogé par ses disciples en ces termes «Est-ce celui-ci ou bien ses parents qui ont péché, pour qu'il soit né aveugle ? » et leur répondit. : « Ni celui-ci, ni ses parents n'ont péché ; mais c'est afin que les oeuvres de Dieu soient manifestées en lui : il faut que j'accomplisse les oeuvres de celui qui m'a envoyé (Id. IX, 2-1. ) ? » Sans aucun doute c'est le Fils bien-aimé du Père, le même qui ayant pris des pains, ne les rompit point tout d'abord, mais éleva auparavant ses regards vers le ciel, rendit grâces à son Père, et les rompit ensuite et les distribua. C'est ainsi en effet qu'il agit dans sa passion même, ou plutôt immédiatement avant sa passion, comme il est rapporté dans l'Evangile (Matt. XXVI, 26.) : car « le Seigneur Jésus », dans la nuit même où il fut trahi, « prit du pain, et après avoir rendu grâces il le rompit (I Cor. XI, 23, 24.)». Mais sans m'étendre davantage sur ce point, de peur de vous fatiguer désormais par l'éloquence de mes paroles ou par l'abondance des témoignages, et afin de terminer par un trait qui résume tout, c'est ce Fils qui enseignait en ces termes que rien n'arrive sans la permission du Père, pas même la mort d'un passereau : « Deux passereaux ne se vendent-ils pas un as? cependant pas un seul d'entre eux ne tombera sur la terre sans la volonté du Père (Matt. X, 29.) ». C'est lui enfin qui disait en parlant de sa propre puissance qu'il avait reçue du Père : « J'ai le pouvoir de donner mon âme, et j'ai le pouvoir de la prendre de nouveau. Car j'ai reçu ce commandement de mon Père (Jean, X, 18. ) ». Si tel est le récit des Evangiles, il faut s'en tenir à ce qui est écrit ; si au contraire j'ai par hasard changé quelques passages, ou si j'en ai omis par oubli, montrez-le-moi. Car je ne suis pas homme à ne point souffrir qu'on me reprenne. Le bienheureux apôtre Paul ordonne en effet, que l'évêque se laisse volontiers enseigner ( I Tim. III, 2. ); or, celui-là seul est ainsi disposé, qui apprend chaque jour et qui chaque jour aussi donne un enseignement plus parfait aussi nous ne repoussons point ce que l'on peut dire de mieux; nous sommes disposé à tout, malgré les injures qu'on nous adresse. Toutefois, de peur que la vérité ne soit exposée à des contradictions inconvenantes nous ne nous plaignons point des injures que nous souffrons; nous nous bornons à annoncer la gloire de Dieu.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Lun 4 Avr - 14:39

XXIX. Ce que dit l'Apôtre est incontestable « Lorsqu'il était dans la nature de Dieu ». Aussi, personne ne nie que le Fils soit dans la nature de Dieu. Nous-même nous avons dit plus haut, et assez longuement, ce me semble, qu'il est Dieu, qu'il est Seigneur, qu'il est Roi. Le bienheureux apôtre Paul nous apprend encore « qu'il n'a point pensé « que ce fût une usurpation de se faire égal à Dieu » ; or, nous ne lui attribuons point, cette usurpation qu'il n'a pas commise; mais nous employons toutes nos forces à publier « qu'il s'est anéanti lui-même, en se rendant obéissant » au Père « jusqu'à la mort et jusqu'à la mort de la croix ( Philipp. II, 6-8.) ». Pour nous, c'est par grâce que nous avons été appelés enfants; nous ne le sommes point par nature et dès notre naissance : mais le Fils est Fils unique, parce qu'il a reçu dès sa naissance tout ce qui appartient à sa nature divine. Si vous voulez vous-même lui adjoindre un frère, car en affirmant que le Saint-Esprit est semblable et égal au Fils, vous déclarez par là même que le Saint-Esprit, lui aussi, est de la substance du Père; s'il en est ainsi, dis-je, le Fils n'est donc plus unique, puisqu'il en est un autre de la même substance. Pour nous, notre nature ne vient point de Dieu le Père qui est sans naissance : nous croyons à ces paroles du Christ : « Dieu est esprit (Jean, IV, 24.) ». Mais le Fils a pris naissance de lui, ainsi que nous l'avons dit : car nous le proclamons Fils véritable, et nous ne nions point qu'il soit semblable au Père; du reste cet enseignement nous vient des divines Ecritures. Et puisque vous nous accusez de parler de natures différentes, sachez que, suivant nos propres expressions, le Père qui est esprit a engendré avant tous les siècles un autre esprit, Dieu a engendré un Dieu ; et le reste que nous avons déjà exposé plus haut. Le Père qui est véritable et sans naissance, a engendré un Fils véritable. A la vérité le Seigneur dit dans l'Evangile : « Qu'ils vous connaissent, vous, seul vrai Dieu, et celui que vous avez envoyé, Jésus-Christ (Id. XVII, 3.) » ; mais ici le Père est appelé seul véritable dans le même sens qu'il est appelé seul bon, seul puissant, seul sage. Le démon lui-même, je crois, n'a point osé dire que le Père a engendré avant toutes choses un Fils qui n'est point parfait. Le Fils engendré par le Père n'est point susceptible de perfectionnement. Si l'homme, puisque vous avez employé cette comparaison, si l'homme pouvait engendrer en un instant un fils parfait, il n'engendrerait point un peut enfant qui aura besoin de plusieurs années successives pour réaliser enfin un jour la volonté de son père. Le Père au contraire, qui est véritablement heureux et seul puissant, a engendré le Fils tel qu'il est maintenant et tel qu'il demeurera éternellement, non susceptible de perfectionnement parce qu'il est parfait; et qui de plus a reçu cette perfection de son Père, comme il a reçu aussi la vie de lui. Au reste, c'est une maxime du Sauveur, que « la parole de deux ou trois témoins mettra fin à toute discussion (Matt. XVIII, 16.) ». Or, vous avez cité ce texte de l'Apôtre : « Lorsqu'il était dans la nature de Dieu, il n'a point pensé que ce fût une usurpation » ; et ce texte, vous. l'avez interprété à votre libre volonté; nous-même à notre tour, nous avons répondu suivant notre manière de voir. Les auditeurs auront maintenant la liberté de choisir l'un ou l'autre sentiment; et sans doute, suivant la suite de ce texte, ils regarderont comme obéissant au Père, le Fils « qui s'est anéanti en prenant la nature d'esclave », et auquel aussi le Père « a donné », comme nous l'avons dit, « un nom qui est au-dessus de tout nom » ; ou bien ils parviendront tous à comprendre votre interprétation.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mar 5 Avr - 10:00

XXX. «Je monte vers mon Dieu et vers votre Dieu (Jean, XX, 17.)». Vous affirmez, je crois, que le Seigneur s'est exprimé ainsi à cause de la nature d'esclave qu'il a prise : c'est, dites-vous, par un acte d'humilité volontaire et lorsqu'il était revêtu d'un corps humain, quoique sa victoire sur le démon, son triomphe sur la mort et sa propre résurrection fussent alors accomplis, c'est pour cela, dites-vous, qu'il tenait ce langage : « Je monte vers mon Père et vers votre Père ». A cette époque cependant l'humilité de sa. chair n'était plus nécessaire, comme vous dites, à cause des Juifs; il s'agissait seulement de donner une règle de foi exacte. C'est de cette manière encore, qu'après sa résurrection il disait en un autre endroit à ses disciples réunis sur le mont des Oliviers : «Toute puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre : allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé (Matt. XXVIII, 18-20.) ». Mais si le Fils a parlé ainsi par humilité et non point en toute vérité, pourquoi l'Apôtre a-t-il osé répéter les mêmes expressions et dire : « Que le Dieu de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Père rempli de gloire..... (Eph. I, 17.) ? » Pourquoi du moins dit-il «Dieu qui est Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, béni dans tous les siècles, osait... (II Cor. XI, 31.) et ailleurs. « Afin que d'un même coeur et d'une même bouche, vous rendiez gloire à Dieu et au Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Rom. XV, 6.)? » Pourquoi ajoute-t-il encore ces expressions formelles : « Béni soit Dieu, le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ (II Cor. I, 3.) ? » Pourquoi enfin le Saint-Esprit disait-il au Fils, avant même l'incarnation du Christ : « C'est pour cela que Dieu, votre Dieu, vous a oint (Ps. XLIV, 8.) ? » Argumentez autant qu'il vous plaira, vous ne réussirez pas à prouver que cette onction a été faite sur le corps du Christ nous lisons bien qu'il a été baptisé (Matt. III, 16.), mais nous ne lisons pas qu'il ait été oint corporellement. Mais le texte est conçu en ces termes : « C'est pourquoi Dieu, votre Dieu, vous a oint de l'huile de l'allégresse plus abondamment que vos frères », et par là même il est évident que dans cette expression: l'huile de l'allégresse, le mot huile désigne cette allégresse dont le Fils disait par la bouche de Salomon : « J'étais pour lui chaque jour le sujet d'une joie toujours nouvelle; moi-même je me réjouissais continuellement devant sa face, pendant qu'il se réjouissait à la vue des perfections de l'univers et surtout à la vue des enfants des hommes (Prov. VIII, 30, 31.) ». Par rapport à ces paroles . « J'étais pour lui chaque jour le sujet d'une joie toujours nouvelle », on lit expressément au livre de la Genèse, que, suivant ce qui est dit au même livre : « Et Dieu vit que toutes choses étaient excellemment bonnes (Gen. I, 31.) », le Père se réjouissait à la vue de chacune des oeuvres de son Fils, et était rempli d'une vive allégresse, quand il contemplait la perfection avec laquelle ce même Fils les avait accomplies. En même temps le Fils se réjouissait devant son Père de l'accomplissement parfait de la volonté paternelle. « Toute Ecriture divinement inspirée est utile pour enseigner (II Tim. III, 16.) ». C'est pourquoi « pas un seul iota, pas un seul point de la loi ne passera ( Matt. V, 18.)». « Le ciel et la terre passeront », a dit le Seigneur, « mais mes paroles ne passeront point (Id. XXIV, 35.).

XXXI. Il est certain que le Fils était dans le principe, qu'il était dans le Père, et qu'il était Dieu ; il était dans le principe en Dieu, comme premier-né de toute la création ; toutes choses ont été faites par lui, et rien n'a été fait sans lui (Id. I, 1-3.) : mais ces paroles ne sauraient être appliquées à la personne du Saint-Esprit. Vous ne trouverez dans les divines Ecritures aucun texte qui vous autorise à dire que le Saint-Esprit est égal au Fils. Car ce même Fils était dans le principe ; le Père, au contraire, est avant tout principe, il est sans principe, n'ayant pas été engendré et n'ayant pas eu de naissance. Mais le Fils était dans le principe, comme premier-né de toute la création (Coloss. I, 15.). Il était avant toute créature, avant qu'il existât quoi que ce soit, et il était en Dieu, et il était Dieu, et il était dans le principe en Dieu.

XXXII. Que direz-vous maintenant, si vous entendez le Père s'exprimant en ces termes : « Toute puissance est à vous au jour de votre force, au milieu des splendeurs des saints ; je vous ai engendré dans mon sein avant l'aurore (Ps. CIX, 3.) ? » Vous reconnaissez qu'il est né selon la chair du sein d'une mère, ce que les Juifs mêmes ne nient point. Mais pourquoi ne citez-vous pas ici publiquement les témoignages qui établissent sa naissance dans le principe, ainsi que le texte précédent nous l'enseigne? S'il se reconnaît redevable à son Père, à raison du corps dans lequel il s'est anéanti, lui « qui étant riche, s'est fait pauvre à cause de nous », comme parle l'Apôtre (II Cor. VIII, 9.) ; à plus forte raison doit-il nécessairement, en sa qualité de Fils bien-aimé, témoigner sans cesse à son Père le respect et la soumission qu'il lui doit pour avoir été par lui engendré si grand et si parfait. Vous avez dit avec beaucoup de raison qu'il obéissait même à ses parents, à cause de sa nature d'esclave (Luc, II, 51.). Or, si on le voit obéir à ses parents qu'il a créés lui-même, puisque toutes choses ont été faites par lui ; car nous savons que le Fils a été engendré par le Père, non point dans le temps, mais avant tous les temps ; s'il est soumis, dis-je, à ses parents, comme l'autorité des divines Ecritures le montre on ne peut plus clairement; à combien plus forte raison assurément est-il soumis à ce même Père par qui il a été engendré si grand et si parfait, suivant ces paroles de l'apôtre saint Paul : « Lorsque tout aura été soumis au Fils, alors le Fils lui-même sera soumis à celui par qui toutes choses lui auront été soumises (I Cor. XV, 28.) ». Vous prétendez nous faire dire à nous-mêmes, que nous reconnaissons hautement que tout est soumis à son corps, ou plutôt à l'économie entière de l'incarnation accomplie par lui pour notre salut ; mais que du reste ce même corps seul est soumis au Père, et non point le Fils unique, Dieu véritable. Nous savons en effet et nous croyons nous-mêmes que « le Père ne juge personne, mais qu'il a remis tout jugement entre les mains du Fils, afin que tous rendent gloire au Fils comme ils rendent gloire au Père lui-même (Jean, V, 22-23.) ». Aussi, nous reconnaissons hautement que si, au jour de la résurrection, alors que toutes choses lui auront été soumises, si tous rendent gloire au. Fils et lui offrent leurs hommages et leurs adorations, le Fils cependant ne s'élève point en cela au-dessus de ce qu'il est; mais en même temps nous voyons clairement qu'il est soumis à son Père avec tout ce qui lui est soumis à lui-même, quand il dit : « Venez, bénis de mon Père; possédez le royaume qui vous est préparé depuis le commencement du monde ( Matt. XXV, 34.) ».

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mer 6 Avr - 14:20

XXXIII. On a entendu déjà la citation d'un texte que vous avez paru dénaturer à votre gré pour le rendre conforme à votre manière de voir. Mais la parole de l'Apôtre n'en subsiste pas moins: « Nous ne savons ce que nous devons demander dans la prière; mais l'Esprit lui-même demande pour nous avec des gémissements inénarrables ». Vous avez paru nous intimider par cet argument: le Saint-Esprit est donc malheureux jusqu'à être réduit à gémir? Cependant nous ne disons point que le Saint-Esprit soit dans un état capable d'exciter la compassion. Car ce même texte fait éclater la gloire du Saint-Esprit, puisque, suivant l'Apôtre, il gémit, non point à cause de lui, mais « à cause de nous (Rom. VIII, 26, 27) ». Du reste le Fils même intercède et prie non point pour lui, mais pour nous pareillement, comme je l'ai dit déjà ci-dessus. « Celui qui est fidèle dans de petites choses, est fidèle aussi dans celles qui sont plus grandes (Luc, XVI, 10.) ».

XXXIV. Il n'y a, pour établir l'unité du Père et du Fils, qu'un seul genre de preuves possible: vous et moi, nous ne pouvons prendre nos arguments ailleurs que dans ces comparaisons mêmes dont vous vous êtes servi. Si donc, comme vous le dites et comme l'Apôtre le confirme, si « celui qui s'unit au Seigneur, devient un seul esprit avec lui (I Cor. VI, 17.) », assurément cette unité d'esprit consiste en ce que cet homme accomplit la volonté de Dieu à laquelle il se conforme, suivant ce que le Sauveur a enseigné. Car le Sauveur nous a appris à dire, entre autres formules de prières que nous devons réciter: « Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel (Matt. VI, 10.) ». La terre assurément, c'est nous-mêmes. Conséquemment, de même que la volonté de Dieu est faite dans les cieux, de même aussi nous devons accomplir en nous ce que nous demandons, et le réaliser dans nos oeuvres; et ainsi, en voulant ce que Dieu veut, nous deviendrons un seul esprit avec lui. Or, le Fils lui-même, peu d'heures avant sa passion, s'écriait aussi en s'adressant à celui qui l'a engendré : « Abba, Père, que ce calice passe loin de moi ; toutefois non pas comme je veux, mais comme vous voulez vous-même (Marc, XIV, 36.) ». Par ces paroles : « Non pas comme je veux, mais comme vous voulez vous-même », il montre que sa propre volonté est véritablement soumise à son Père ; car c'est pour faire la volonté de celui-ci qu'il est descendu du ciel: « Je suis descendu du ciel, dit-il, pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé (Jean, VI, 38.) ». La volonté du Fils est donc entièrement conforme à la volonté du Père. Et autant le Fils comme Dieu est supérieur à toute créature, autant cette conformité à la volonté de son Père est plus parfaite et son union avec lui plus intime. Je dis : son union avec lui plus intime ; il lui est uni en effet comme son Fils bien-aimé, par les liens de l'amour et de la plus tendre affection, par la conformité mutuelle de leurs pensées, dé leurs sentiments et de leurs volontés. Nous devons recevoir avec un respect sans bornes toutes les citations tirées des saintes Ecritures. Car ce n'est point pour être corrigés par nous, que ces livres divins nous ont été donnés comme maîtres. Et certes, plût au ciel que nous méritions d'être appelés disciples fidèles des Ecritures !

XXXV. J'accepte ces paroles que vous avez citées : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous (I Cor. III, 16.) ? » Dieu en effet n'habite point dans un homme, si cet homme n'a été auparavant sanctifié et purifié par le Saint-Esprit. Enfin il fut dit aussi à la bienheureuse Vierge Marie : « Le Saint-Esprit descendra en vous » : sans doute pour la sanctifier et la purifier. Puis le texte ajoute : « Et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre (Luc, I, 35.) ». Vous-même avez dit plus haut que la vertu du Très-Haut, c'est le Christ. La vérité, du reste, ne se démontre point par des raisonnements, elle se prouve par des témoignages incontestables de l'Écriture. C'est pourquoi vous devez citer des textes établissant que le Saint-Esprit est Dieu, qu'il est Seigneur, qu'il est Roi, qu'il est auteur et Créateur, qu'il est assis avec le Père et le Fils, qu'il est adoré, sinon par les esprits célestes, du moins par les créatures terrestres, pour né pas en nommer d'autres ; car peut-être vous démontrerez qu'il est adoré par les êtres infernaux. Et en vous demandant de produire ces témoignages, nous ne portons aucune atteinte à l'honneur du Saint-Esprit. Car, . nous l'avons déjà dit ci-dessus, il est ce même Esprit-Saint sans lequel « personne ne peut dire : Seigneur Jésus ( I Cor. XII, 3.) ». Il est cet Esprit-Saint « en qui nous crions : Abba, Père (Rom. VIII, 15.) ». Il est cet Esprit-Saint si grand et si parfait «que les anges mêmes désirent le contempler aussi (I Pier. I, 12.) ». Il est si parfait, si puissant que sur tous les points de l'univers créé, soit à l'Orient ou à l'Occident, soit au Septentrion ou au Midi, quiconque se prosterne devant lui, ne saurait prononcer « le nom du Seigneur Jésus, si ce n'est dans le Saint-Esprit ». Sa nature est telle qu'il est présent à la fois dans tous ceux qui prient Dieu avec sincérité (Ps. CXLIV, 18.). Il est si grand et si parfait que, là où on baptise une personne, soit en Orient, soit en Occident, ou dans un endroit quelconque, il y est présent à l'instant même. Voyez combien grande est la puissance du Saint-Esprit. On ne saurait porter atteinte à sa dignité sans porter atteinte en même temps à celle du Dieu Fils unique, « par qui toutes choses ont été faites et sans qui rien n'a été fait (Jean, I, 3.) » ; de même que celui « qui ne rend pas gloire au Fils, ne rend pas gloire non plus au Père qui l'a envoyé (Id. V, 23.) ».

XXXVI. Vous prétendez que le Christ notre Sauveur n'a point dit : Afin qu'eux-mêmes et nous nous soyons un; niais: « Afin qu'ils soient un » dans leur nature et leur substance propre, unis en quelque sorte et comme fondus ensemble dans une concorde et une égalité parfaites ; selon vous encore, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un à cause de leur nature indivisible et identique. Je vais lire le texte ; c'est par cette lecture qu'on peut prouver ce que le Christ a dit. Or, dans l'Évangile, priant son Père pour ses disciples, il s'exprime ainsi : « Mon Père, faites qu'ils soient un, comme nous-mêmes nous sommes un; afin que comme je suis en vous et vous en moi, eux aussi soient un en nous, et qu'ainsi ce monde sache que vous m'avez envoyé, et que vous les avez aimés comme vous m'avez aimé moi-même (Id. XVII, 21-23.) ». Je crois ce que je lis : il est parlé ici d'amour, et non point de substance. Il est certain aussi que le même Sauveur a dit : « Celui qui entend mes commandements et qui les garde, c'est celui-là qui m'aime. Or, celui qui m'aime sera aimé par mon Père, et moi-même je l'aimerai; et nous viendrons, et nous établirons en lui notre demeure (Jean, XIV, 21, 23.) ». En effet, si cette grandeur et cette majesté infinies du Père, et celles du Fils pareillement, peuvent être embrassées par un esprit aussi borné que le nôtre, à combien plus forte raison est-il certain et hors de doute que le Fils peut être dans le Père ! mais toutefois comme Fils et comme une personne différente du Père : car, ainsi que vous l'avez vous-même exposé, le Père et le Fils sont un, mais ils ne sont pas une seule personne : la première expression désigne l'unité qui naît de la concorde, la seconde désigne l'unité numérique. Vous avez cité à ce sujet un témoignage du bienheureux Paul, auquel nous avons donné un entier assentiment : il est en effet une sorte de vérités si inébranlables, qu'elles sont proclamées par ceux mêmes qui y opposent leur contradiction. Vous avez cité ces paroles de saint Paul « Moi, j'ai planté, Apollo a arrosé ; mais Dieu a donné l'accroissement. C'est pourquoi celui qui plante et celui qui arrose ne sont rien ; mais celui qui donne l'accroissement est tout. Or, celui qui plante et celui qui arrose ne sont qu'un; et cependant chacun recevra son salaire propre selon son travail (I Cor. III, 6-8.) ». Ainsi, remarquez-le bien; quoiqu'ils ne soient qu'un par leur concorde mutuelle, cependant « chacun recevra son salaire propre selon son travail ». Voyez encore ce que dit le Seigneur en saint Jean : « Moi et le Père nous sommes un (Jean, X,30.) » : paroles que nous croyons et que nous recevons avec une foi assurée. Celui qui dit : « Moi », c'est le Fils; et en disant : « et le Père », il montre que le Père est distinct de lui. « Nous sommes un », dit-il, et non pas : nous sommes une seule personne. Nous avons dit plusieurs fois que la première de ces deux expressions désigne l'unité qui naît de la concorde. Pourquoi le Père et le Fils ne seraient-ils pas un, puisque le Fils s'écriait autrefois : « Pour moi, je fais toujours ce qui est agréable au Père (Id. VIII, 29.) ? » Pour qu'il ne fût pas un avec le Père, il faudrait qu'il fît parfois des choses opposées à la volonté du Père. Les Apôtres aussi sont un avec le Père et le Fils en ce sens que, regardant en toutes choses la volonté de Dieu le Père, ils sont eux-mêmes, à l'exemple du Fils, soumis au Dieu unique qui est le Père. Et nous lisons que le Sauveur a demandé cette sorte d'unité non-seulement pour les Apôtres, mais aussi pour ceux qui devaient recevoir la foi par la parole des Apôtres : « Je prie, dit-il, non-seulement pour ceux-ci, mais à encore pour ceux qui doivent, par leur parole, croire en moi : que tous soient un, comme vous, mon Père, êtes eu moi et moi en vous, afin qu'ils soient, eux aussi, un en nous, et que ce monde sache que vous m'avez envoyé, et que vous les avez aimés comme vous m'avez aimé moi-même ». Comme nous l'avons dit, le Sauveur parle ici de l'amour et non point de la divinité. Et qui donc ignore que Paul est Paul, qu'Apollo est Apollo? Paul lui -même ne dit-il pas quelque part : « J'ai travaillé plus qu'eux tous ; non pas moi cependant, mais la grâce de bien avec moi (I Cor. XV, 10.) ? » Car celui qui travaille davantage, obtient aussi davantage. Néanmoins Paul et Apollo ne sont qu'un par la communauté de leurs pensées, de leurs sentiments, de leur amour, quand ils font ce que Dieu veut.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Jeu 7 Avr - 13:15

XXXVII. Vous dites qu'il n'y a qu'un seul Dieu. Ajoutez donc ou bien que le Père et le Fils et le Saint-Esprit sont un Dieu unique,ou bien que ce titre appartient exclusivement au Père, lequel a pour Fils le Christ qui est notre Dieu. Est-ce dans le sens de la loi judaïque, que vous nous exhortez à professer l'unité de Dieu ? Ou bien est-ce plutôt la soumission du Fils, telle que la foi chrétienne la proclame, qui révèle l'unité dé ce Dieu dont le Fils est notre Dieu, ainsi que nous l'avons dit? Car le Père et le Fils n'ont point entre eux cette unité : croyez-en du moins le témoignage de saint Paul qui le déclare dans presque chacune de ses épîtres : « Que la grâce et la paix, dit-il, soient avec vous de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ (2. Rom. I, 7 ; I Cor. I, 3 ; II Cor. I, 2; Gal. I, 3; Eph. I, 2.) ». Ailleurs encore : « Il n'y a qu'un seul Dieu, le Père ; de qui viennent toutes choses, et en qui nous sommes nous-mêmes ; il n'y a aussi qu'un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui toutes choses existent, et en qui nous sommes pareillement (I Cor. VIII, 6.) ». Celui que nous chrétiens nous déclarons Dieu unique, est le même que le Fils proclame seul bon, quand il dit : « Nul n'est bon, si ce n'est Dieu seul (Marc, X, 18.) ». Non pas que le Christ ne soit bon; car il dit lui-même : « Je suis le bon pasteur (Jean, X, 11.) ». Non pas que le Saint-Esprit ne soit bon; car le Prophète s'écrie : « Votre Esprit qui est bon me conduira dans la voie droite (Ps. CXLII, 10.) ». Ecoutez encore ce témoignage du Sauveur: «L'homme bon, dit-il, tire le bien du trésor de son cœur (Luc, VI, 4 . ) ». Enfin toute créature de Dieu est excellemment bonne. Or, si la créature est bonne, si l'homme est bon, si le Saint-Esprit, si le Christ sont bons, où pourra-t-on trouver celui qui est seul bon ? Mais le Sauveur dit que « nul n'est bon, si ce n'est Dieu a seul », en ce sens que celui-ci est la source même de la bonté et qu'il est bon sans avoir reçu cette perfection de personne. Le Christ au contraire tient de son Père toute la bonté qu'il possède; de même toutes les créatures de Dieu ont reçu, par le Christ, tout ce qu'elles ont de bon. Mais c'est à cette source unique de bonté, que le Fils et ceux qui ont été créés parle Fils, ont tous sans exception, et suivant la mesure de leur foi personnelle, puisé la bonté qu'ils possèdent ; le Père seul ne tient que de lui-même sa propre bonté. C'est en ce sens que le Christ dit : « Nul n'est bon, si ce n'est Dieu seul ». Ainsi donc Dieu est unique en ce sens que seul il est incomparable, seul immense, comme nous l'avons dit déjà.

XXXVIII. Nous ne nions point que le Fils n'aime le Père, puisque nous lisons quelque part dans l'Ecriture : « Afin que ce monde sache que j'aime le Père et que je fais ce que le Père m'a commandé (Jean, XIV, 31.) ». Il est certain que le Fils est aimé et, qu'il aime, et qu'il accomplit les ordres du Père, comme il le déclare lui-même. C'est pour cela qu'ils sont un, suivant ces paroles du Sauveur : « Moi et mon Père nous sommes un (Id. X, 30.) ». Quant à ces autres paroles : « Celui qui me voit, voit aussi le Père (Id. XIV, 9.)», nous devons croire d'une foi assurée que celui qui voit le Fils, voit et contemplé le Père par le Fils.

XXXIX.Vous avez déclaré que la supériorité du Père n'existe que par rapport à la nature d'esclave du Fils : ceci me paraît plus qu'insensé. Car nous savons, et vous avez dit vous-même hautement, que le Fils est devenu par sa nature d'esclave, inférieur même aux anges. Assurément vous restreignez trop la gloire de Dieu, en déclarant que la supériorité du Père est relative seulement à cette nature d'esclave. Cette supériorité appartient aux anges mêmes. Le Christ n'est point venu pour nous apprendre que le Père est supérieur à la nature d'un esclave ; mais la Vérité est venue à nous précisément pour nous enseigner et nous faire comprendre que le Père est plus grand que le fils, même en tant que ce Fils est un grand Dieu. Pour nous donc, voici quelle est la gloire que nous rendons au Père : nous le proclamons plus grand que ce grand Dieu, nous publions qu'il surpasse en élévation l'élévation même du Fils. Quant à la question de savoir si on rend à Dieu l'honneur qui lui est dû, en disant que la supériorité du Père est relative à la nature d'esclave, cela vous regarde.

XL. Vous dites que la divinité s'est montrée à nos pères : et vous avez déclaré un peu auparavant que la divinité est certainement invisible. Oui, la divinité s'est montrée, mais non point le Père qui est invisible; et si nous disions que le Père a été vu, nous accuserions de mensonge l'Apôtre qui dit de lui : « Il n'a été vu par aucun homme, et personne ne peut le voir ( I Tim. VI, 16.) ». Et non-seulement nous donnerions un démenti au Nouveau Testament, mais nous contredirions pareillement l'Ancien même. Car Moïse dit expressément : « Nul ne peut voir Dieu, et vivre (Exod. XXXIII, 20.) ». D'autre part, ce même Moïse a rapporté, au livre de la Genèse, que depuis Adam, le premier homme, jusqu'au temps de l'incarnation, le Fils a toujours été vu. En voulez-vous des preuves? lisez l'endroit qui nous montre le Père disant au Fils : « Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance». Puis le texte ajoute: « Et Dieu créa l'homme (Gen. I, 26, 27.) ». Quel est ce Dieu, sinon le Fils ? Vous l'avez démontré vous-même dans vos propres traités. Ainsi ce Fils qui est le prophète de son Père et qui disait encore : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul; faisons-lui une aide, semblable à lui ( Id. II, 18.)» ce Fils a été vu par Adam, puisque l'Ecriture met dans la bouche de celui-ci ces paroles : « J'ai entendu votre voix pendant que vous marchiez dans le paradis, et je me suis caché parce que j'étais nu ». Vous savez aussi ce que Dieu lui répondit : « Et qui vous a montré que vous étiez nu ? N'est-ce point parce que vous avez mangé du fruit de l'arbre dont je vous avais défendu de manger (Gen. III, 10, 11.) ? » Ce même Dieu a été vu aussi par Abraham (Id. XVIII, 1.) : Abraham a vu le Fils, et si vous voulez y croire, c'est le Dieu seul engendré qui l'a affirmé lui-même dans le saint Evangile, en ces termes : « Abraham votre père s'est réjoui dans l'espérance de voir mon jour ; il l'a vu, et il a été rempli de joie (Jean, VIII, 56.) ». Jacob aussi vit ce même Fils qui, par une préparation antérieure, lutta avec lui dans la forme dont il devait être revêtu à son avènement, c'est-à-dire dans une forme humaine. De là ces paroles de Jacob : « J'ai vu le Seigneur face à face et mon âme a été sauvée ».

L'endroit lui-même fut nommé: «Vision de Dieu ». Nous avons aussi à cet égard la parole affirmative du Dieu qui luttait avec Jacob pour se préparer à ce que nous voyons accompli dans la passion du Christ. Car il dit à Jacob lui-même : « Désormais vous ne serez plus appelé Jacob; votre nom sera Israël (Gen. XXXII, 23-30.)», c'est-à-dire homme voyant Dieu. Enfin nous avons dans le Nouveau Testament la preuve que ce Dieu a été vu. C'est de lui que les Apôtres disaient : « Et nous avons vu sa gloire, comme la gloire que le Fils unique reçoit du Père (Jean, I, 14.) ». Au reste, si on déclare, comme vous essayez vous-même de le faire, que le Père a été vu, toutes les Ecritures sont donc à vos yeux mensongères. Car enfin saint Paul proclame que le Père est invisible (I Tim. VI, 16.), et le Seigneur l'affirme dans l'Evangile (Jean, I, 18.). Vous nous accusez fréquemment de dire avec une hardiesse téméraire des choses qui ne doivent pas être dites : le lecteur en jugera. Nous ne parlons point pour obtenir les éloges de qui que ce soit: la crainte de Dieu m'a obligé à vous répondre dans le seul désir de resserrer les liens de la fraternité qui règne parmi ceux de notre parti : peut-être aussi est-ce en vue de cette fraternité que vous avez daigné vous-même nous provoquer à vous répondre dans le but d'amener par ce moyen ceux qui sont connus pour être des nôtres, à donner leur assentiment, je puis le dire, à votre profession de foi. Car vous avez travaillé à m'arracher ces disciples, non-seulement par vos paroles ; mais vous avez donné aussi votre traité auquel je suis obligé de répondre, comme je l'ai fait relativement à l'invisibilité du Dieu tout-puissant. De plus, vous avez vous-même, quoique dans un autre dessein, déclaré par vos propres paroles, que le Sant-Esprit a été vu en forme de colombe, et en forme de langues de feu (Matt. III, 16; Act. II, 3.) ; le Fils incontestablement a été vu aussi dans sa nature humaine. Le Père au contraire n'a été vu ni en forme de colombe, ni dans une nature humaine ; jamais il ne s'est transformé, et jamais il ne se transformera ; car il est écrit de lui : « Je suis celui qui suis, et je n'ai point changé (Exod. III, 14; Malach. III, 6.) ». Le Fils a pris une nature humaine quand déjà il possédait certainement sa nature divine, comme vous l'avez déclaré vous-même: ce que le Père n'a point fait ; le Saint-Esprit a pris également la forme d'une colombe : ce que le Père n'a point fait non plus. Sachez donc qu'il n'y a qu'un seul invisible, un seul incommensurable, un seul immense. Ma prière et mon désir, c'est d'être disciple des divines Ecritures. Et votre religion n'a pas oublié, je pense, cette réponse que je lui ai faite ci-dessus : Si vous déclarez que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont une seule puissance, une seule substance, une seule divinité, une seule majesté, une seule gloire ; si vous le prouvez par les divines Ecritures, si vous citez un texte quelconque à cet égard, nous souhaitons devenir les disciples de ces livres divins.

Moi Maximin, évêque, j'ai signé.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Ven 8 Avr - 13:51

Collation faite des présentes, Augustin dicta ce qui suit : Vous avez dit que je parle en m'appuyant sur le secours des princes, et nullement selon la crainte de Dieu. Mais les hommes auxquels Dieu donne l'intelligence, voient assez quel est celui qui parle selon la crainte de Dieu : ils jugent facilement entre celui qui se conforme pleinement à cette parole du Seigneur : « Ecoute, ô Israël . le Seigneur ton Dieu est un Seigneur unique ( Deut. VI, 4.) »; car pour nous, nous recevons cette parole avec soumission et nous la prêchons fidèlement ; et celui qui refuse d'entendre cette même parole et prétend que les deux Seigneurs sont deux dieux ; car introduisant deux dieux et deux seigneurs aussi, il montre bien qu'il ne craint point le Dieu et Seigneur unique par qui il a été dit : « Ecoute, ô Israël : le Seigneur ton Dieu est un Seigneur unique ». Vous savez que votre discours d'une longueur démesurée nous a ravi le temps nécessaire pour vous répondre et que le reste du jour serait tout à fait insuffisant pour qu'on nous donnât seulement une seconde lecture de ce que vous avez dit. Cependant tout ce que vous avez mis en avant pour prouver que le Fils de Dieu est Dieu, qu'il est un grand Dieu, qu'il est né du Père, qu'il diffère de celui-ci parce que le Fils n'est point le même que le Père, tout cela, sachez-le bien, avait pour but d'absorber par ces longueurs sans fin, un temps qui nous était tout à fait indispensable : comme si vous étiez obligé de nous prouver ce que nous reconnaissons nous-mêmes être véritable. Car nous ne disons point que le Père est le même que le Fils, ni que le Père ou le Fils est le même que le Saint-Esprit qui appartient à la Trinité.

Ils sont complètement distincts entre eux mais tous ensemble ne sont qu'un seul Dieu et Seigneur. Et si nous disions qu'il y a deux seigneurs dieux, l'un grand et l'autre plus grand; l'un bon et l'autre meilleur; l'un sage et l'autre plus sage; l'un miséricordieux et l'autre plus miséricordieux; l'un puissant et l'autre plus puissant ; l'un invisible et l'autre plus invisible; l'un véritable et l'autre plus véritable; en un mot, si nos paroles étaient absolument conformes au langage que vous avez tenu pour nous amener à reconnaître nous aussi deux seigneurs dieux, Dieu lui-même nous condamnerait par ces paroles que j'ai déjà rappelées : « Ecoute, ô Israël : le Seigneur ton Dieu est un Seigneur unique ». Comme s'il nous disait : « O enfants des hommes, jusques à quand aurez-vous le coeur appesanti? pourquoi aimez-vous la vanité, et cherchez-vous le mensonge (Ps. IV, 3.) ? » Pourquoi vous faites-vous à vous-mêmes deux seigneurs dieux? pourquoi ne voulez-vous pas m'entendre quand je vous crie : « Ecoute, ô Israël : le Seigneur ton Dieu est un Seigneur unique?» pourquoi criez-vous pour me contredire : Nos seigneurs dieux sont deux seigneurs? Agiriez-vous ainsi, si vous vouliez être Israël? Conséquemment, puisque ce mot signifie : homme voyant Dieu, pardonnez-moi, je vous prie, si vous ne voulez pas être Israël, moi je veux l'être. Oui, je veux être compté parmi ceux à qui il est donné de voir Dieu. Et nous rendons grâces à ce même Dieu, de ce qu'il nous fait voir « maintenant dans un miroir et en énigme; mais alors face à face », comme parle l'Apôtre ( I Cor. XIII, 12.). Nous voyons donc par un bienfait de sa part, encore, il est vrai, dans un miroir et en énigme, mais enfin nous voyons comment il n'y a point contradiction entre ces deux propositions : Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont distincts entre eux, et cependant tous trois ensemble ne sont qu'un seul Seigneur Dieu. J'ai essayé, autant qu'il m'a été possible, de vous le faire voir aussi à vous-même: mais vous avez mieux aimé résister à mes efforts, parce que vous n'avez point voulu être Israël. Toutefois, si pour une raison quelconque, il vous est maintenant impossible de le voir, croyez et vous verrez ensuite. Car c'est en les comprenant qu'on voit ces choses, et non point en les considérant avec les yeux de la chair. Vous savez ce qu'a dit le Prophète à ce sujet : « Vous ne comprendrez point, si auparavant vous n'avez cru (Isa. VII, 9.) » . Ainsi puisque vous entendez ces paroles : « Le Seigneur ton Dieu est un Seigneur unique », ne faites point, du Père et du Fils, deux seigneurs dieux. Et quand vous entendez ces autres paroles : « Ne savez-vous pas que vos « corps sont en vous un temple du Saint-Esprit que vous avez reçu de Dieu ? » et au même endroit : « Ne savez-vous pas que vos corps sont les membres du Christ (I Cor. VI, 19, 15.)? »quand, dis-je, vous entendez ces paroles, ne niez point que le Saint-Esprit ne soit Dieu, afin de ne pas faire des membres du Créateur le temple d'une créature. Croyez d'abord que par leurs personnalités propres ils sont trois, et que cependant tous ensemble ne sont point trois seigneurs dieux, mais un seul Seigneur Dieu unique : et ensuite le Seigneur lui-même accordera à votre foi et à votre prière l'intelligence, et vous mériterez ainsi de voir, c'est-à-dire de comprendre ce que vous croyez. Considérez attentivement tout ce que vous avez dit dans votre longue controverse, et vous verrez que tout cela découle de cette erreur qui vous fait établir deux seigneurs dieux, contrairement à cette parole du Seigneur qui dit on ne peut plus clairement : « Le Seigneur votre Dieu est un Seigneur unique » ; de cette erreur qui vous fait aussi nier la divinité du Saint-Esprit, quoiqu'il vous soit impossible de nier que cet Esprit habite un temple saint. Cependant après notre conférence, où nous avons parlé tour à tour et sans intermédiaire, il me suffira pour le moment de vous avoir adressé ces observations. Mais, comme c'est une oeuvre longue et que vous avez hâte de retourner dans votre pays, je mettrai, s'il plait à Dieu et aussi clairement qu'il me sera possible, nos discours sous les yeux de ceux qui voudront les lire ; et avec ou sans permission, je montrerai que vous avez, à la vérité, cité des témoignages véridiques et divins, mais dans le but de prouver vos opinions erronées.

Et d'une autre main: Moi, Augustin, évêque, j'ai signé.

Puis d'une autre main encore, Maximin terminé : Quand vous aurez cet ouvrage et que vous me l'aurez envoyé, si je ne réponds pas à toutes les difficultés, les torts seront de mon côté.

Fin de la conférence; je l'ai collationnée.


http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/augustin/polemiques/ariens/max1.htm

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Sam 9 Avr - 12:21

RÉFUTATION DE MAXIMIN, ÉVÊQUE ARIEN.

LIVRE Ier.

Le langage diffus de Maximin, évêque des Ariens, nous a pris tout un jour dans la conférence, où nous discutâmes ensemble; ayant maintenant à faire entendre ma réponse, c'est à lui, évidemment que je dois m'adresser : soit qu'il juge encore à propos de répliquer, lorsqu'il m'aura lu, soit que, touché au coeur par l'action merveilleuse de la grâce, il se rende à l'évidence de la vérité. Quelle idée avez-vous eue, avocat des Ariens, de dire tant de choses, et de ne rien dire qui ait rapport au sujet qui nous occupe, comme si c'était répondre que de ne pouvoir garder le silence? Je démontrerai donc, en premier lieu, que vous n'avez pu réfuter ce que j'ai soutenu ; je ferai voir ensuite, autant que je le jugerai nécessaire, l'erreur des doctrines que vous avez avancées.



CHAPITRE PREMIER. DES DEUX DIEUX.



Après que vous eûtes parlé sur cette question des deux dieux, répondant à votre affirmation, que vous n'adoriez qu'un seul Dieu; « La logique », ai-je dit, « veut, ou que vous n'adoriez pas le Christ, ou qu'au lieu d'un seul Dieu, vous en adoriez deux ». Pressé de répondre sur ce point, vous avez, il est vrai, parlé beaucoup, pour affirmer que vous reconnaissiez aussi la divinité du Christ ; mais, quoique vous n'ayez pas nié que vous adoriez deux dieux, vous n'avez pas cependant osé l'affirmer. Vous avez compris en effet que les oreilles chrétiennes ne peuvent supporter qu'on dise qu'il y a deux dieux à adorer. Oh ! que vous seriez près de revenir de votre erreur, si vous craigniez de croire ce que vous avez eu peur d'affirmer ! car l'Apôtre s'écrie : « On croit de coeur pour être justifié, et on confesse de bouche pour être sauvé (Rom. X, 10.) ». Si vous pensez que votre croyance conduit à la justice, pourquoi donc ne la confessez-vous pas aussi de bouche, pour arriver au salut? que si confesser qu'il y a deux dieux à qui est due l'adoration, ne mène pas au salut, il est hors de doute que le croire ne conduit pas non plus à la justification. Pourquoi donc vous, qui ne voulez pas souiller votre bouche par une pareille confession, ne purifiez-vous pas votre coeur d'une croyance semblable ? Tenez-vous-en à la foi pure avec la doctrine catholique, et ne rougissez pas de réformer votre erreur. Avec la foi catholique tenez pour certain que le Père n'est pas le même que le Fils, et que le Fils n'est pas le même que le Père ; et ensuite que le Père est Dieu, que le Fils est Dieu, et que cependant ils ne sont pas ensemble deux dieux, mais un seul. C'est de cette manière seulement que vous adorerez et le Père et le Fils, reconnaissant qu'il n'y a qu'un seul Dieu, et non deux à adorer; ainsi, vous mettrez votre conscience à l'abri du reproche d'impiété, quand retentiront à vos oreilles ces divers oracles : « Il n'y a nul autre Dieu que le seul Dieu (I Cor. VIII, 4. ) »; et encore : « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est le seul et unique Seigneur » ; et quand vous entendrez ces paroles : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu ne serviras que lui (Deut. VI, 4, 13.) », vous pourrez en sécurité rendre, non-seulement au Père, mais encore au Fils, le culte qui n'est dû qu'à un seul Dieu. Souvenez-vous donc que vous n'avez point répondu à mon objection, savoir : que vous adorez, non pas un seul Dieu, mais deux.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Lun 11 Avr - 13:48

CHAPITRE II. DE LA CORRUPTION DE L'HOMME.

J'ai, en second lieu, discuté avec vous sur ces expressions dont vous vous étiez servi que Dieu le Père n'était pas descendu, lui, jusqu'aux contagions humaines, comme si le Christ les avait éprouvées dans sa chair ; et je vous ai fait remarquer l'interprétation qu'on donne ordinairement au mot contagion ; il ne s'entend jamais que dans un sens défavorable, et nous savons, ajoutais-je, que le Christ a été innocent de toute souillure. Ici encore vous avez été incapable de répondre quoique ce soit. Car les divins oracles que vous avez invoqués, n'ont pu vous être d'aucun secours ; vous n'avez pu en tirer la preuve que le Christ avait participé à la souillure de l'homme. En effet, vous rappelez ce texte de l'Apôtre : « Comme le Christ n'était point pécheur, Dieu l'a fait péché pour nous » ; mais lisez ce passage avec attention, et de peur de tomber à un exemplaire fautif ou d'être entraîné dans l'erreur par une version défectueuse, recourez au grec ; et vous vous convaincrez que le Christ n'a point commis le péché pour nous, mais que Dieu le Père l'a fait péché, c'est-à-dire, victime pour le péché. L'Apôtre dit en effet : « Nous vous conjurons, au nom de Jésus-Christ, de vous réconcilier avec Dieu, qui, pour l'amour de nous, a fait péché celui qui ne connaissait pas le péché ( II Cor. V, 20, 21.) ». Le Christ lui-même ne s'est donc point rendu coupable de péché, mais, par amour pour nous, Dieu l'a fait péché, en d'autres termes, comme je l'ai dit, il a fait de lui la victime pour le péché. Si vous vous donnez la peine de colliger et de relire les livres de l'Ancien Testament, vous trouverez en effet que les sacrifices pour les péchés y sont appelés péchés. Cette chair, semblable à la chair de péché, que le Christ a prise en venant à nous, l'Apôtre l'appelle aussi péché. « Dieu, dit-il, a envoyé son Fils revêtu d'une chair semblable à la chair de péché, et par le péché il a condamné le péché dans la chair (Rom. VIII, 3.) » : c'est-à-dire, dans cette chair qu'il a prise, semblable à la chair de péché, il a condamné le péché inhérent à cette chair de péché, qui est la nôtre. C'est pourquoi l'Ecriture dit encore de lui : « Quant à ce qu'il est mort, il est mort seulement une fois pour le péché; mais, quant à la vie qu'il a maintenant, il vit pour Dieu (Rom. VI, 10. ) ». Il est mort une fois seulement pour le péché, parce qu'il est mort dans une chair semblable à la chair de péché, quand il s'est dépouillé de sa chair en mourant : figure mystérieuse de ceux qui, ayant été baptisés dans sa mort, doivent mourir au péché, afin de vivre pour Dieu. C'est ainsi encore qu'il est « devenu » par la croix « malédiction pour nous (Gal. III, 13.) ». En effet, quand il fut pendu au bois, il attacha à ce bois la mort qui était venue par suite de la malédiction divine, et de cette manière « notre vieil homme a été fixé à la croix avec lui (Rom. VI, 6.) », ce qui permet de donner une interprétation véritable à cette parole inscrite dans la loi : « Maudit tout homme qui est pendu au bois (Deut. XXI, 23.) ». Qu'est-ce à dire, « maudit », si ce n'est : « Tu es terre, et tu iras dans la terre (Gen. III, 19.)? » Et que veut dire: « Tout homme », sinon que le Christ lui-même partagea notre humanité, et quoiqu'il fût la vie, qu'il a cependant souffert, non par une mort fictive, mais par une mort véritable ? Si vous avez l'intelligence de ces choses mystérieuses, vous comprendrez alors qu'il n'a point participé à la contagion du péché. Mais que nous importe, si dans votre langage, contagion signifie la même chose que contact des choses mortelles, pourvu cependant que vous admettiez avec nous que le Seigneur Jésus n'a commis aucun péché, ni de l’esprit, ni de la chair ?

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mer 13 Avr - 15:02

CHAPITRE III. DE L'INVISIBILITÉ DE DIEU.


En troisième lieu, traitant de Dieu, en tant qu'invisible, je vous ai averti qu'il fallait croire que l'invisibilité est un attribut, non pas seulement du Père, mais encore du Fils, considéré comme Dieu; je n'ai pas dit, comme homme: car il n'est personne qui mette en doute la réalité de son apparition parmi les hommes: dans la suite, j'ai encore discuté ailleurs sur cette matière. Or, contraint de vous rendre à l'évidence de la vérité, vous avez admis que le Fils est invisible, et par là même vous avez détruit votre propre affirmation: que le Père seul était invisible. Mais troublé de votre aveu, et craignant de vous être trop avancé en reconnaissant que le Fils jouissait également de l'invisibilité, vous avez osé affirmer que ce qui est plus petit peut être vu par ce qui est plus grand, mais que ce qui est plus grand ne peut être vu par ce qui est plus petit; les anges, disiez-vous, sont vus par les archanges, et les âmes par les anges, mais par contre, les anges ne sont pas vus par les âmes. De cette théorie vous déduisiez que, sous le rapport de la substance de sa divinité, le Christ était invisible, non pas seulement pour les hommes, mais encore pour les Vertus célestes, et que le Père est seul invisible, parce qu'il n'a pas de supérieur qui puisse le voir. Dites-nous, de grâce, quand est-ce que les archanges vous ont révélé qu'ils voient eux-mêmes les anges, et qu'ils n'en sont pas vus ? Quels sont les anges qui vous ont fait connaître qu'ils voient les âmes, et que les âmes ne les voient point? Qui vous a enseigné cela? Où l'avez-vous appris ? Où l'avez-vous lu ? Ne vaudrait-il pas mieux que vous appliquiez votre esprit à l'étude des saints livres, où nous lisons que les anges apparurent même aux hommes, quand et comme il leur plut de se faire voir à eux, suivant l'ordre ou la permission du Créateur de toutes choses ? Toutefois, après avoir dit que si le Père seul est invisible, c'est parce qu'il n'a pas de supérieur qui le voie, vous avez ensuite accordé qu'il est visible au Fils, en produisant contre vous-même le témoignage de l'Evangile, où le Fils dit en propres termes : « Ce n'est pas qu'aucun homme ait vu le Père, si ce n'est celui qui est né de Dieu : car c'est celui-là qui a vu le Père ( Jean, VI, 46.) » . La vérité a triomphé de vous, en cette circonstance, d'une manière éclatante; mais persistant à vouloir rester dans les liens de l'erreur, vous n'avez pas voulu que votre défaite vous fût profitable. Car, après avoir invoqué contre vous l'argument tiré de l'Evangile, d'où il résulte clairement que le Père est vu par le Fils, puisque le Fils dit lui-même : « Mais celui qui est né de Dieu, celui-là voit le Père », vous avez ajouté de vous-même: «Mais il le voit, sans pouvoir l'embrasser tout entier de son regard ». Vous avez oublié en chemin ce que vous aviez dit: que le Père est seul invisible, parce qu'il n'a pas de supérieur; vaincu par la force de la vérité, vous avez confessé en effet qu'il est vu par un inférieur. Car vous lui donnez pour inférieur le Fils, et cependant, sur le témoignage irrésistible du Fils, vous avez fait l'aveu que le Père est vu de lui. Quant à cette dénomination que vous donnez au Père, en disant qu'il ne peut être contenu, nous y reviendrons plus tard, afin que la vérité ait encore raison de vous sur ce terrain. Mais la question entre nous n'était pas de savoir s'il peut être contenu ou non; il s'agissait du visible et de l'invisible : or, sur ce point, si vous êtes visible vous-même à vos propres yeux, vous voyez que vous êtes vaincu.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Jeu 14 Avr - 12:48

CHAPITRE IV. DE L'IMMORTALITÉ DE DIEU.



En quatrième lieu, j'ai discuté avec vous la question de savoir si le Fils possède aussi l'immortalité divine. Quand l'Apôtre dit: « Lui seul a l'immortalité (I Tim. VI, 16.) », vous avez voulu entendre ce texte, en ce sens qu'il s'applique exclusivement au Père; tandis qu'il a pour objet non pas le Père seulement, mais Dieu, qui est le Père et le Fils et le Saint-Esprit. J'ai donc démontré que le Fils possède l'immortalité sous le rapport de la substance de sa divinité. Personne du reste ne met en doute qu'il ait été mortel dans sa chair. Or, quand vous vouliez me répondre en cet endroit, enfermé par la vérité de toutes parts, vous avez reconnu que l'immortalité appartient également à Dieu le Fils. Vous avez donc été vaincu, lorsque vous prétendiez que, suivant l'Apôtre, l'immortalité est un attribut exclusif du Père. Car vous n'échappez pas aux étreintes de la vérité, parce que vous dites : Il est vrai que le Fils possède l'immortalité, mais il la tient du Père. Il n'est pas question de savoir d'où elle lui vient, mais s'il l'a réellement. En effet,vous ne voulez entendre que du Père ce passage : « Il possède seul l'immortalité ». Sans doute, le Père a l'immortalité sans la tenir de personne, et le Fils la possède la tenant du Père : cependant et le Père et le Fils la possèdent en même temps. Autrement, si le Fils ne la possède pas, le Père ne l'a pas donnée au Fils, ou le Fils l'a perdue après l'avoir reçue du Père. Or, le Père l'a donnée au Fils, et le Fils ne l'a pas perdue, et le Père, en donnant, n'a pas perdu ce qu'il a donné par voie de génération. L'immortalité est donc commune au Père et au Fils, et non l'attribut exclusif du Père. C'est ainsi que vous êtes contraint d'avouer que ces mots « Lui seul possède l'immortalité », ne s'entendent pas seulement du Père ; car vous avez déjà été forcé de reconnaître que le Fils, lui aussi, possède l'immortalité. Cette immortalité est le privilège d'un seul ; mais
elle appartient à Dieu. Or, Dieu, ce n'est pas seulement le Père, c'est
aussi le Fils, et tous les deux, avec le Saint-Esprit, sont un seul
Dieu.
Mais comment est-il dit que Dieu a seul l'immortalité en partage, tandis que l'âme est également immortelle à sa manière, ainsi que d'autres créatures spirituelles et célestes à la fois, nous le verrons dans la suite ; quant à présent, il nous suffit que vous n'ayez pu rien nous répondre, et que vous ayez été contraint de reconnaître que l'immortalité n'appartient pas seulement au Père, mais encore au Fils, quoiqu'il la tienne du Père.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Ven 15 Avr - 14:30

CHAPITRE V. SOUS QUEL RAPPORT LE PÈRE EST-IL PLUS GRAND QUE LE FILS ?



J'ai démontré, en cinquième lieu, d'où vient que le Père est plus grand que le Fils qu'il n'est pas plus grand que lui sous le rapport de la divinité, le Fils lui étant coéternel à ce point de vue ; mais qu'il est plus grand que lui, sous le rapport de l'humanité, le Fils ayant été fait dans le temps. J'ai invoqué ace sujet le témoignage de l'Apôtre : «Ayant, dit-il, la forme de Dieu, il n'a point cru que ce fût une usurpation pour lui d'être égal à Dieu ». Par nature, il était égal à Dieu, il n'a rien usurpé. Voici ce que vous avez trouvé à répondre sur ce point. Qui donc dénie au Fils la nature divine ? Qu'il soit Dieu, et Seigneur, et Roi, je pense l'avoir longuement expliqué. Et « qu'il n'ait pas cru se faire usurpateur en s'égalant à Dieu », c'est ce dont le bienheureux apôtre Paul nous instruit; il n'a pas usurpé cet attribut, et nous ne le disons pas non plus. Non-seulement ces paroles, qui sont de vous, n'ont rien qui nous contredise ; mais encore elles paraissent plutôt nous être favorables. Car, si vous admettez la nature divine, pourquoi ne confessez-vous point franchement que le Fils de Dieu est égal à Dieu ? surtout, puisque sur ces expressions de l'Apôtre : « Il n'a pas cru que ce fût une usurpation de s'égaler à Dieu », vous n'avez pu trouver rien à dire en faveur de votre sentiment. Et parce que vous n'avez pu nier ce passage de l'Apôtre, vous avez dit : « Il n'a pas été usurpateur, et nous ne le disons pas non plus », comme si « il n'a pas usurpé » signifiait la même chose que « il n'a pas eu », sous-entendez, l'égalité avec Dieu; et que: « Il n'a point cru que ce fût pour lui une usurpation de s'égaler à Dieu », dût avoir le sens suivant : « Il n'a point cru que l'égalité avec Dieu dût être usurpée, parce qu'elle ne lui appartenait pas ». Car le ravisseur de la chose d'autrui est un usurpateur : il semblerait d'après vous, que le Fils n'a pas voulu ravir cet attribut, quand il pouvait le faire impunément. Vous voyez vous-même ce qu'il y a d'insensé dans une pareille interprétation, Comprenez donc que l'Apôtre a dit : « Il n'a point cru que ce fût pour lui une usurpation de s'égaler à Dieu », parce que le Fils n'a point considéré comme lui étant étrangère, une perfection qu'il avait par nature: cependant, quoiqu'il n'ait point cru que l'égalité avec Dieu lui fût étrangère, mais qu'elle lui appartenait en propre, « il s'est anéanti lui-même », ne recherchant point son intérêt, mais le nôtre. Afin que vous reconnaissiez qu'il en est ainsi, considérez comment l'Apôtre en vient à tenir ce langage. Enseignant aux chrétiens la charité basée sur l'humilité : «Que chacun », leur dit-il, « croie les autres au-dessus de soi, et n'ait point égard à ses propres intérêts, mais à ceux des autres ». Voulant ensuite appuyer cette doctrine sur l'exemple du Christ : « Soyez », ajoute-t-il, « dans le même sentiment et la même disposition où était Jésus-Christ, qui, ayant la forme de Dieu », dont il était en possession, « n'a point cru que ce fût pour lui une usurpation », c'est-à-dire, n'a pas cru faire un larcin « de s'égaler à Dieu » ; mais, recherchant nos intérêts, et non les siens, « s'est anéanti lui-même », non en dépouillant la forme de Dieu, mais « en prenant la forme de serviteur ». Car la première de ces natures n'est pas susceptible de changement; en s'anéantissant, il n'a pas perdu ce qu'il était, pour prendre ce qu'il n'était pas; il n'a pas non plus détruit ce qui est à lui, pour prendre ce qui est à nous et se rendre, comme homme, en prenant la forme de serviteur, « obéissant jusqu'à la mort de la croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé, et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom (Philipp. II, 6-9. ), etc. » Ces dons furent donc communiqués à son humanité, et non à sa divinité. Car, étant la forme de Dieu, il n'était pas susceptible d'élévation, et devant lui tout genou fléchissait au ciel, sur la terre et dans les enfers.

Mais quand il est dit : « C'est pourquoi Dieu l'a élevé », on comprend sans peine la raison de cette élévation, je veux dire, « son obéissance jusqu'à la mort de la croix ». La nature qui a reçu en lui un surcroît d'élévation, c'est donc celle qui a été mise en croix; c'est à elle qu'a été donné « un nom au-dessus de tout nom », afin que Jésus-Christ fût reconnu pour le Fils unique de Dieu, même dans sa nature de serviteur. Ne considérez donc point la forme de Dieu comme inégale avec Dieu : même en parlant des hommes, un pareil langage serait intolérable. En effet, quand on dit: Cet homme a la forme de cet autre homme, on n'a pas d'autre idée que celle de l'égalité entre ces hommes. Voudriez-vous par hasard vous refuser à entendre ce passage : « Ayant la forme de Dieu », en ce sens que le Fils avait la forme de Dieu le Père, ce qui ne fait penser à autre chose qu'à l'égalité de ces deux personnes divines ; mais pensez-vous que « la forme de Dieu » doive s'entendre de la forme propre au Fils, attendu qu'il est Dieu lui-même? Je ne m'inquiète pas si vous allez jusqu'à admettre cette dernière interprétation. Car, du moment que la plénitude de la forme ne provient pas des accroissements de l'âge, mais que le Fils est sorti parfait par voie de génération divine, il est hors de doute que si la forme du Fils n'est pas égale à celle du Père, il n'est pas véritablement son Fils. Or, il est écrit : « Afin que nous soyons en son vrai Fils, Jésus-Christ (I Jean, V, 20.) ». La nature du vrai Fils de Dieu ne peut donc être inégale à la nature de Dieu le Père. Au reste, vous n'avez pu encore rien répondre de satisfaisant sur ce point de ma discussion, où, m'appuyant sur les paroles de l'Apôtre, j'ai prouvé que le Fils est égal au Père.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Sam 16 Avr - 14:40

CHAPITRE VI. DES PETITS DES ANIMAUX.



En sixième lieu, pour démontrer que le Fils est de la même nature que le Père, j'ai fait ressortir l'énormité de votre erreur, en lui opposant les petits des animaux destinés à mourir; j'ai reproché à votre coeur de nier que Dieu le Fils soit de même nature que le Père, quoique vous ne niiez pas qu'il soit son véritable Fils, tandis que Dieu lui-même donne aux animaux d'engendrer des êtres qui sont de même nature qu'eux. Je ne me suis pas contenté alors de dire que l'homme est le fils de l'homme, mais j'ai osé dire que le chien est le fils du chien; non pas que j'aie voulu par là établir une ressemblance avec Dieu, mais confondre les détracteurs du Fils de Dieu insensés, qui, voyant des êtres corruptibles et mortels avoir une seule et même nature avec ceux qui leur ont donné la vie, se refusent à accorder au Fils de Dieu l'unité de substance qu'il tient du Père, dont il est inséparable et avec qui il possède l'incorruptibilité et l'éternité. J'ai dit aussi, au même endroit, que la condition des hommes est, selon vous, préférable à celle du Fils de Dieu : car on peut y prendre de l'accroissement et, en grandissant, les fils peuvent atteindre à la force des auteurs de leurs jours; or, d'après vos affirmations et vos enseignements, le Fils de Dieu, ayant été engendré par le Père dans un état relatif d'infériorité, est resté stationnaire et n'a pu, par un accroissement successif, parvenir jusqu'à la nature du Père. Ici, ce qui fit bien voir que vous étiez écrasé sous le poids de la vérité, vous ne trouvâtes absolument rien à répondre; mais, comme si le souffle allait vous manquer, vous jugeâtes que j'étais répréhensible, et vous dîtes qu'une comparaison aussi basse que celle du fils de l'homme ou du chien, ne devait pas être proposée, quand il s'agissait d'une majesté aussi grande et aussi respectable. Est-ce là répondre, où plutôt n'est-ce pas montrer la pauvreté de sa réponse? Comme si j'avais produit ces exemples tirés des natures terrestres, pour égaler la corruption à l'incorruption, la mortalité à l'immortalité, les choses visibles aux choses invisibles, les choses temporelles aux choses éternelles; et non pas plutôt pour vous convaincre, par des comparaisons empruntées aux derniers degrés des êtres, vous qui errez dans les choses les plus grandes et les plus sublimes; et ne voyez pas ce que la bonté souveraine du Créateur a accordé aux créatures les plus humbles et les plus viles, d'engendrer des êtres d'une nature semblable à la leur, quoiqu'elles soient bien loin d'être ce qu'il est lui-même. Vous ne comprenez pas encore le mal que vous dites, quand vous affirmez que celui qui est la Vérité même, n'est pas le vrai Fils de Dieu, tandis que les hommes, les chiens et les autres animaux ont, en réalité, des fils véritables qu'ils engendrent. Ou bien, si vous êtes contraint par la sainte Ecriture d'admettre qu'il est le vrai Fils de Dieu, de grâce, accordez qu'il ne soit pas un fils dégénéré. Comment cela ? Que les catholiques soient ici attentifs, et que les hérétiques soient couverts de confusion. Si le fils d'un homme robuste n'a pas la force en partage, on dit qu'il dégénère; cependant, il est ce qu'est son père, un homme, et quoique différent de lui, il n'a pas néanmoins une nature autre que la sienne. Pour vous, vous voulez le Fils unique de Dieu tellement dégénéré, que vous lui refusez la substance propre de son Père : vous prétendez qu'il est né inférieur à son Père et qu'il est demeuré dans cet état d'infériorité ; vous n'admettez aucune époque où il ait pu s'accroître, où il ait pu atteindre à la forme du Père. J'admire de quel front vous déclarez qu'il est le vrai Fils de Dieu, quand vous avez tant enlevé à sa nature à moins que, par une erreur extrêmement déplorable, vous ne croyiez parvenir à glorifier exclusivement le Père qu'en déversant l'injure sur la personne du Fils unique (Serm. CXXXIX, II. 4 et 5.).

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Lun 18 Avr - 14:15

CHAPITRE VII. DE LA GRANDEUR DU FILS.



J'ai dit en septième lieu : Nous reconnaissons dans le Fils de Dieu une grandeur si éminente, que nous le proclamons égal au Père. C'est donc sans raison, ajoutais-je, que vous avez voulu démontrer par des témoignages et de longs développements ce que nous faisons profession ouverte de croire. A ces observations j'ai ajouté un raisonnement, pour montrer comment le Fils, bien qu'il soit égal au Père, l'appelle cependant son Dieu, quand il dit . « Je monte vers mon Père, et votre Père; vers mon Dieu, et votre Dieu (Jean, XX, 17.) » . Car vous aviez vous-même invoqué ce texte de l'Evangile, pensant en tirer la preuve que le Fils n'est pas égal au Père. Répondant à cet argument, j'ai donc affirmé que si le Père est aussi le Dieu de son Fils unique, c'est parce qu'il s'est fait homme et est né d'une femme; et que c'est ce qu'il dit au Psaume, en prévision de ce qui devait arriver : « Vous êtes mon Dieu dès le sein de ma mère (Ps. XXI, 11.) » ; faisant voir ainsi que le Père est son Dieu, parce qu'il s'est fait homme. En effet, il a été enfanté à la vie d'homme en quittant le sein maternel, et Dieu est né du sein d'une vierge en venant parmi les hommes; en sorte que celui qui l'a engendré de lui-même est non-seulement son Père, mais encore son Dieu pour l'avoir créé au sein de sa mère. Quand vous avez voulu répondre à ces propositions, vous avez beaucoup parlé et produit un grand nombre de témoignages qui ne vous sont d'aucune utilité. Vous n'avez pu trouver absolument la raison de ces paroles de l’Ecriture: « Vous êtes mon Dieu dès le sein de ma mère », quoique vous les ayez rappelées vous-même. Du reste, je ne puis aucunement comprendre à quel propos vous avez cité ici ce passage d'un autre Psaume: « La principauté est avec vous au jour de votre puissance, au milieu des splendeurs des saints; je vous ai engendré de mon sein avant l'aurore (Ps. CIX, 3.) ». « Car la personne du Fils n'a pas dit : Vous êtes mon Dieu dès votre sein. Mais en admettant même qu'il s'agisse ici de cette ineffable génération du sein du Père, voici le sens de ce passage : Un Dieu a engendré de lui-même, c'est-à-dire de sa propre substance un Dieu, comme, à sa naissance du sein maternel, une créature humaine a engendré un homme : ce qui nous fait entendre que dans l'une et l'autre génération, celui qui est né, et ceux dont il est né, n'ont pas des substances différentes. Sans doute Dieu le Père, et la créature humaine qui est sa mère, sont de substances différentes; mais Dieu le Père et Dieu le Fils ne diffèrent point par la substance, de même que la mère selon la chair et l'homme qui est son fils ne sont point de substance différente. Ainsi entendez bien ce que dit ce même Fils en prophétie : « Vous êtes mon Dieu dès le sein de ma mère » ; et n'allez point obscurcir, sous des flots de paroles qui n'ont ici que faire, des choses assez claires par elles-mêmes. Le Père qui engendre le Fils de son sein, est son Dieu dès le sein de sa mère, et non dès son sein propre, A cela donc vous n'avez pu encore absolument rien répondre.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mar 19 Avr - 14:55

CHAPITRE VIII. DE LA SOUMISSION DU FILS.



Je vous ai répondu, en huitième lieu, sur la question de la soumission du Fils relativement au Père; vous aviez dit : Sa soumission prouve qu'il n'y a qu'un Dieu. Je vous ai donc répondu que la soumission du Fils à l'égard du Père s'entend très-bien de son humanité. Il n'y a là rien d'étonnant, puisque nous lisons que dans sa nature de serviteur il s'est soumis même à ses parents (Luc, II, 51.), et qu'il est écrit de lui : « Vous l'avez abaissé un peu au-dessous des anges (Ps. VIII, 6.) ». Par manière de réponse, vous avez observé que j'avais fait une remarque très-sage, en disant que dans sa nature de serviteur, il s'était soumis même à ses parents. Puis, voulant faire croire que la raison était de votre côté, tandis que vous la voyiez se dresser contre vous, et donner le change aux esprits inconsidérés et peu réfléchis, qui liraient ces choses, en leur donnant lieu de penser que vous me répondiez, taudis que vous n'aviez que dire, vous avez ajouté ces réflexions : « Si nous voyons que le Fils s'est soumis à ses parents qu'il a créés lui-même, car toutes choses ont été faites par lui, nous savons aussi qu'il a été engendré par le Père, non dans le cours des siècles, mais avant tous les siècles : si donc, disiez-vous, il était soumis à ses parents, comme l'Ecriture le démontre plus clair que le jour, à combien plus forte raison est-il soumis à Celui qui l'a engendré et si grand et si parfait, suivant cet oracle de Paul : Lorsque toutes choses auront été assujetties au Fils, alors il sera aussi lui-même assujetti à Celui qui lui aura assujetti toutes choses (I Cor. XV, 28.) ». On pourrait croire que ces paroles, émanées de vous, sont de moi et m'appartiennent entièrement, s'il n'était évident pour ceux qui vous ont entendu les prononcer, et pour tous ceux qui liront tout cela dans la suite, qu'elles ont été prononcées par vous. Qui croirait en effet que vous pouvez comme nous admettre que le Christ est inférieur quant à la forme de serviteur qu'il a prise, sans en conclure qu'il ne l'est pas quant à sa nature divine ?

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mer 20 Avr - 14:31

CHAPITRE IX. LE SAINT-ESPRIT ADORE-T-IL LE PÈRE ?



Nous vous avons prié, en neuvième lieu, de nous démontrer par les divines Ecritures, si vous le pouviez, que le Saint-Esprit adore le Père. Car c'est ce que vous aviez avancé; mais vous n'en avez pas donné de preuve, comme le fait assez voir l'ensemble de votre discussion, à laquelle j'ai répondu. Voyez donc maintenant la réponse que vous avez faite dans là suite à ma question. Après avoir parlé surabondamment du jugement du Fils, que nous croyons nous aussi d'une foi absolue; et de la soumission que le Fils rend à son Père, dans sa nature de serviteur, objet également de notre foi; abordant enfin la question de l'adoration du Père par le Saint-Esprit, vous en êtes revenu, quoique je vous aie déjà répondu sur ce point, à ces gémissements dont parlent les saintes Ecritures, quand elles disent : « Cet Esprit lui-même demande pour nous par des gémissements inénarrables (Rom. VIII, 26.) »; afin de nous faire croire que l'Esprit-Saint ne peut jamais cesser de gémir, parce qu'il n'y a ni jour, ni heure, ni moment, où des prières ne s'élèvent vers Dieu, ici ou là, de la part des saints. Cependant, comme il n'y a pas de temps où cessent les prières des saints, car, tandis que les uns prennent leurs repas et que d'autres font autre chose, nuit et jour il ne manque pas d'âmes que de saints désirs poussent à la prière, il arrive de la sorte que l'Esprit-Saint, qui est, présent à tous en tous lieux, ne peut cesser en aucune manière ses gémissements, ce qui accuse une extrême misère, puisqu'il est forcé de gémir pour tous ceux qui prient : à moins qu'on n'entende ce texte dans le sens que j'ai dit, c'est-à-dire, qu'il inspire aux saints de demander par les gémissements de saints désirs, en répandant en eux de pieuses affections, fruits de sa grâce spirituelle. Mais ces manières de parler, où la cause est prise pour l'effet; comme quand nous disons un froid engourdi, parce que le froid produit ce résultat, et un jour triste ou joyeux, parce qu'il nous rend tels, j'en ai cité des exemples empruntés même aux Ecritures, où Dieu, par exemple, dit à Abraham : « Je sais maintenant (Gen. XXII, 12.) », ce qui ne signifie rien autre chose que : Maintenant je te fais connaître; car on ne peut pas dire que Dieu ait appris ce qu'il ne pouvait ignorer, avant qu'il se réalisât; or, vous n'avez pas trouvé une autre interprétation qu'on pût donner à ces manières de parler tirées des divines pages force vous a été absolument de ne plus revenir à ces gémissements. En effet, pour avoir de telles idées sur l'Esprit-Saint, il faut s'inspirer, non de l'esprit, mais de la chair. Mais, lors même qu'on vous accorderait que le Saint-Esprit demande pour les saints, dans le sens que vous tenez, autre chose est demander ou prier, autre chose, adorer. Quiconque prie, demande; mais quiconque adore, ne prie pas pour cela, et quiconque demande, n'adore pas non plus pour cela. Voyez ce qui se passe à l'égard des rois, qu'on adore ordinairement, sans leur adresser de demandes, et qu'on sollicite quelquefois, sans les adorer. Ainsi vous n'avez pu encore démontrer en aucune manière que le Père soit adoré par le Saint-Esprit.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Jeu 21 Avr - 14:26

CHAPITRE X. COMMENT LE PÈRE, ET LE FILS, ET LE SAINT-ESPRIT NE SONT QU'UN SEUL DIEU.



J'ai voulu, en dixième lieu, vous amener à comprendre par quelle union ineffable la Trinité elle-même, que nous disons n'avoir qu'une seule substance, est un seul Dieu: ne voyons-nous pas en effet que des substances même dissemblables, je veux dire, l'esprit de l'homme et l'Esprit du Seigneur, grâce à l'union qui s'établit entre le Seigneur et l'homme, sont appelées un même esprit, dans ce passage de l'Apôtre. « Celui qui s'attache au Seigneur, est un même esprit avec lui (I Cor. VI,17.)? » Répondant sur cette question ou plutôt ne pouvant garder le silence, vous avez été contraint d'opposer que le Père et le Fils sont une même chose, non en unité de nature, mais de volonté. C'est ce que vous avez coutume de répondre ; mais vous le faites, quand on vous objecte cette parole du Seigneur : « Mon Père et moi nous sommes une même chose (Jean, X, 30.) ». Je n'ai pas voulu prouver en cet endroit que le Père, et le Fils, et le Saint-Esprit sont une même chose, en unité de substance, vérité que nous croyons d'une foi inébranlable ; mais que cette même Trinité est un seul Dieu. Car autre chose est de dire: ils sont une même chose; autre chose, elle est un seul Dieu. Notez la différence, elle est, ils sont. L'Apôtre ne dit pas: Ceux qui s'attachent au Seigneur, sont une même chose avec lui; parce qu'il y a diversité de nature ; mais il dit: « Celui qui s'attache au Seigneur, est un même esprit avec lui ». Mais si, selon vous, affirmer de deux que c'est un seul et quel est ce seul, savoir « un même esprit », comme dit l'Apôtre, revient à dire que deux sont une même chose, sans désigner quelle est cette unique chose, comme dans ces paroles du Sauveur: « Mon Père et moi nous sommes une même chose », pourquoi ne déclarez-vous pas que le Père et le Fils sont un seul Dieu ? Pourquoi voulez-vous entendre du Père exclusivement ces paroles de l'Ecriture: « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est le seul et unique Seigneur (Deut. VI, 4.)? » En effet, le Père est le Seigneur Dieu, et le Fils est aussi le Seigneur Dieu: pourquoi, selon vous, l'un et l'autre ne sont-ils pas ensemble le seul Seigneur Dieu, de même que, suivant le bienheureux Apôtre, l'esprit de l'homme et l'Esprit du Seigneur « sont un même esprit ? » Quel gain vous revient-il, pour votre cause, de soutenir que cette unité repose sur l'accord de la volonté ? C'est effectivement ce qui arrive, mais quand il y a diversité de nature, comme entre celle de l'homme et celle du Seigneur : et cependant « celui qui s'attache au Seigneur », par le consentement de la volonté, je le veux, « est un même esprit avec lui ». Si donc vous ne voulez pas admettre l'unité de substance entre le Père et le Fils, convenez du moins sans hésitation qu'il y a unité fondée sur le consentement de la volonté et dites, ne fût-ce qu'une fois, et d'une manière quelconque, que le Père et le Fils sont un seul Dieu. Mais vous ne le direz pas, de peur d'avoir à convenir, contrairement à tous vos précédents, que ces paroles: « Ecoute, Israël: le Seigneur ton Dieu est le seul et unique Seigneur », ne s'entendent pas seulement du Père, mais de l'un et de l'autre: parce que vous ne voulez pas reconnaître le Saint-Esprit comme Seigneur et comme Dieu. Convenez, dis-je, peu importe la manière dont vous l'entendrez, que le Père et le Fils sont un seul Seigneur Dieu; afin qu'en servant le Père et le Fils, vous ne serviez pas deux dieux et deux seigneurs contrairement au précepte divin, mais un seul Seigneur. Maintenant c'en est assez sur cette matière. Quand vous aurez lu ces réflexions, je pense que vous n'aurez pu trouver rien à répondre sur ce texte de l'Apôtre que j'ai rappelé : « Celui qui s'attache au Seigneur, est un même esprit avec lui » ; et si vous renoncez à l'esprit de contention, vous ne nous contredirez pas.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Ven 22 Avr - 14:46

CHAPITRE XI. DU TEMPLE DE L'ESPRIT-SAINT.



J'ai fait voir, onzièmement, que le Saint-Esprit est Dieu, par la raison que nous sommes nous-mêmes ses temples, comme l'atteste l'Apôtre, quand il dit : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous (I Cor. III, 16.) ? » et encore : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit, qui réside en vous, et que vous avez reçu de Dieu (Id. II, 19.) ? » Or, vous n'avez rien répondu à cela; car vous avez dit: J'accepte ce que vous avancez : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous? » En effet, ajoutez-vous, Dieu n'habite point dans l'homme, que l'Esprit ne l'ait auparavant purifié et sanctifié. Et vous avez voulu de cette manière donner à entendre que l'Esprit-Saint n'est pas appelé Dieu, et que nous ne sommes point son temple, mais celui de Dieu ; que le texte est positif. « Vous êtes le temple de Dieu ». Et si la suite porte : « L'Esprit de Dieu habite en vous », c'est que l'Esprit-Saint purifie le temple de Dieu, ce temple qui n'est pas le sien, afin que quand il l'aura purifié, Dieu établisse en lui sa demeure. Je ne veux pas faire ressortir maintenant toute l'absurdité que renferme votre sens. Ce que je me propose de montrer, c'est, en effet, qu'à travers beaucoup de verbiage, vous n'avez rien dit qui ait rapport à la question. Vous avez déserté la cause et vous vous êtes étendu en louanges à l'honneur de l'Esprit-Saint, et vous avez abondé dans ce discours à parler contre vous-même. Je dis : contre vous-même; car vous ne voulez pas reconnaître pour Dieu celui dont vous êtes forcé de proclamer tout haut la divinité, à tel point qu'il est, vous l'avouez, unique de sa nature, présent partout, sanctifiant les âmes, et partout où il y a des hommes qui veulent être chrétiens et prier Dieu, se donnant à tous en même temps, que ceux qui sont baptisés en Jésus-Christ se trouvent à l'orient ou à l'occident : or, c'est ce que nous proclamons nous-mêmes. Mais celui à qui nous attribuons tant de grandeur et de perfections, loin de nous de méconnaître qu'il est Dieu ! par cela même que nous sommes son propre temple, sa divinité éclate et se fait voir facilement. Il n'aurait pu en effet nous avoir pour temple, s'il n'était notre Dieu : afin de voiler ce point de doctrine et de détourner l'esprit des hommes de la lumière de la vérité, dans tout ce que vous avez dit du temple de Dieu, vous n'avez pas voulu qu'il fût question de l'Esprit-Saint; et du temple du Saint-Esprit, où l'existence se démontre avec la dernière évidence, vous n'avez absolument rien dit. Lorsque je vous ai objecté les deux témoignages de l'apôtre Paul; l'un où il s'exprime ainsi : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? » et l'autre où il dit : « Ne savez-vous pas que vos corps sont le temple de l'Esprit-Saint? » pourquoi avez-vous usé de subterfuge, au point de citer celui des deux qui contient ces mots : « Vous êtes le temple de Dieu », et de garder le silence sur l'autre, qui renferme ces expressions : « Vos corps sont le temple de l'Esprit-Saint ? » Pourquoi, je vous le demande, avez-vous eu recours à un tel procédé, si ce n'est parce que vous n'auriez pu prouver d'aucune manière que celui dont nous sommes nous-mêmes le temple, n'est point notre Dieu? Et si les divines Ecritures nous ordonnaient de lui élever un temple fait de bois et de pierres, n'est-il pas hors de doute que nous le reconnaîtrions pour Dieu ?

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Sam 23 Avr - 12:43

CHAPITRE XII. COMMENT LE PÈRE ET LE FILS NE SONT QU'UNE MÊME CHOSE.



Je vous ai prié, en douzième lieu, de produire, si vous le pouviez, des témoignages divins, affirmant qu'il y a identité là où il y a diversité de substances. Voulant répondre à cette question, vous n'avez pu articuler rien de pareil; mais, serré de très-près, vous avez eu l'audace d'affirmer que les Apôtres sont une même chose avec le Père et le Fils. Jésus-Christ n'a jamais tenu ce langage ; il est de vous, qui avez avancé que le Père et le Fils et les Apôtres sont comme une même chose. Or, Jésus-Christ n'a pas dit : Afin qu'eux et nous, nous soyons un; mais : « Afin qu'ils soient un comme nous ». Et pour nous en tenir aux termes propres de l'Evangile : « Père saint, dit-il, conservez en votre nom ceux que vous m'avez donnés, afin qu'ils soient un comme nous ». Est-ce qu'il a dit : Afin qu'ils soient un avec nous? ou bien : Afin qu'eux et nous soyons un? Puis un peu après : « Je ne prie pas, dit-il, pour eux seulement; mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous ensemble ils ne soient qu'un ». Ici encore, il n'a pas dit : Afin qu'ils soient un avec nous. Il ajoute : « Comme vous, mon Père, vous êtes en moi, et moi en vous, qu'ils soient de même un en nous ». Il ne dit pas non plus ici : Afin que nous soyons un; ou : Afin qu'ils soient un avec nous; mais : « Afin qu'ils soient un en nous » : afin qu'étant un par nature, parce qu'ils sont hommes, ils soient un aussi dans le Père et dans le Fils, ce qui ne veut pas dire un avec eux; en d'autres termes, les Apôtres ne sont pas un avec le Père et le Fils. Jésus-Christ ajoute encore ces paroles : « Afin que le monde croie que vous m'avez envoyé; et je leur ai donné la gloire que vous m'avez donnée, afin qu'ils soient un, comme nous ne sommes qu'une même chose; je suis en eux, et vous en moi, afin qu'ils soient consommés en l'unité (Jean, XVIII, 11-23. ) ». Quoiqu'il ait tant de fois répété: « Afin qu'ils soient un », jamais cependant il n'a dit : Afin qu'eux et nous, nous soyons un, c'est-à-dire, afin qu'ils soient un avec nous; mais tantôt il a dit : « En nous » ; tantôt, « comme nous », en d'autres termes, eux, suivant leur nature, nous, suivant la nôtre. Ceux qui étaient un par leur nature, il les voulait parfaits, par cela, même qu'ils ne faisaient qu'un. Car, en leur faisant cette recommandation : « Soyez donc, vous aussi, parfaits comme votre Père céleste est parfait (Matt. V, 48.)», son dessein n'est pas de les unir à Dieu en unité de nature, comme si leur nature et celle de Dieu étaient identiquement la même; mais il veut qu'ils soient parfaits dans leur nature, comme Dieu est parfait dans la sienne, quoiqu'elle soit différente et non identique : si nous ne sommes pas cela en lui, nous ne pouvons l'être nullement. Il n'est pas question ici de la manière d'être de tous les hommes en Dieu, en ce sens qu'il contient lui-même tout ce qu'il a créé; ce qui a fait dire « qu'il n'est pas loin de chacun de nous », parce que « nous avons en lui la vie, le mouvement et l'être (Act. XVII, 27, 28.) » ; mais de la manière d'être qui est mentionnée dans les termes suivants : « Vous n'étiez autrefois que ténèbres, mais maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur (Ephés. V, 8. ) ». De là cette autre parole : « Qu'elle se marie à qui elle veut, pourvu que ce soit dans le Seigneur (I Cor. VII, 38.) ». Vous n'avez donc pu trouver de passage où il soit dit de ceux dont la nature n'est pas identique, mais différente, qu'ils sont une même chose; et cependant, vous avez voulu nous échapper dans l'ombre, en disant que les Apôtres sont un avec le Père et le Fils, comme si les Apôtres, et le Père et le Fils, n'étaient qu'une même chose, tandis qu'il est évident que la substance des Apôtres est différente de celle du Père et du Fils. Mais parce qu'il est notoire que nulle part Jésus-Christ n'a dit: qu'eux et nous, nous soyons un; ou : qu'ils soient un avec nous; qu'il soit notoire aussi que vous n'avez pu nous répondre et que vous avez cherché à nous tromper.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Lun 25 Avr - 14:36

CHAPITRE XIII. DU TÉMOIGNAGE QUE LE PÈRE REND AU FILS.



En treizième lieu, je vous ai fait observer que le Père n'est pas plus grand que le Fils, pour lui avoir rendu témoignage. Car j'ai rappelé que les Prophètes, eux aussi, ont rendu témoignage au Fils, et cependant, vous ne pouvez pas prétendre qu'ils sont plus grands que lui. Vous aviez dit que le Père a rendu témoignage au Fils; or, j'avais cru que vous vouliez prouver par là qu'il est plus grand que celui à qui il a rendu témoignage; mais, comme dans la suite de la discussion, vous n'en avez plus dit mot, j'ai pris votre silence pour un aveu; il peut se faire cependant que vous ayez allégué que le Père a rendu témoignage au Fils, non pas pour prouver qu'il est plus grand que lui, mais que, autre est le Père, autre est le Fils. Or, ce dogme, nous le soutenons, vous et nous, contre les Sabelliens, car le Père n'est pas le même que le Fils. Ils disent que le Fils n'est pas autre, mais identiquement le même que le Père : pour nous, nous croyons qu'autre est le Père, autre est le Fils, mais que le Fils est cependant ce qu'est le Père.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mar 26 Avr - 14:42

CHAPITRE XIV. DE L'AMOUR DU PÈRE ET DU FILS.



En quatorzième lieu, comme vous aviez dit : Je lis le mot aimé, et je crois que c'est le Père qui aime, et que c'est le Fils qui est aimé, voici comment je vous ai répondu Ainsi, vous prétendez qu'il y a disparité entre le Père et le Fils, parce que le Père aime, et que le Fils est aimé; comme si vous pouviez nier que le Fils, lui aussi, aime le Père. Et j'ai ajouté : S'ils s'aiment tous deux réciproquement, pourquoi niez-vous donc qu'ils soient de même nature ? Je voulais, par cet argument, vous amener à ne plus nier l'unité de leur nature, en vous fondant sur cette raison, que l'un aime et que l'autre est aimé. Dans votre réponse à mon observation, vous êtes convenu, il est vrai, que le Fils, lui aussi, aime le Père, mais vous n'avez pas voulu reconnaître qu'ils sont de même nature : ainsi, selon vous, le Fils aurait pour le Père l'amour de la créature à l'égard du Créateur, et non l'amour du Fils à l'égard de celui qui l'a engendré, et vous voulez qu'il soit un fils dégénéré, en lui attribuant une nature différente de celle de son Père.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mer 27 Avr - 13:40

CHAPITRE XV. DE L'INVISIBILITÉ DE LA TRINITÉ.



J'ai dit, en quinzième lieu, que l'invisibilité est un attribut, non pas seulement du Père, mais encore de la Trinité; et toutefois que le Fils a apparu visiblement dans la forme de serviteur, et qu'il a, pour cette raison, parlé en ces termes : « Le Père est plus grand que moi (Jean, XIV, 28.) ». Mais comme la divinité se manifestait aux patriarches, j'ai dit que la Trinité s'abaissait à prendre la forme de la créature, au lieu d'apparaître dans sa nature propre, qui est invisible. Et en confirmation de ce que j'avançais, j'ai invoqué ces paroles de Moïse à celui à qui il parlait face à face : « Si j'ai à trouvé grâce devant vous, montrez-vous à moi vous-même ouvertement (Exod. XXXIII, 11-13.)», pour vous faire comprendre de quelle manière il voyait celui qu'il conjurait de se manifester à lui car, s'il avait vu Dieu dans sa substance divine, il ne lui aurait pas demandé de se montrer à lui. J'ai dit aussi que le Christ est le créateur des choses visibles et des choses invisibles, afin de prouver que celui qui a pu créer, non pas seulement les choses visibles, mais encore les choses invisibles, n'est pas visible lui-même quant à sa substance. En essayant de répondre, que de choses n'avez-vous pas dites qui n'ont point de rapport à la question ! le lecteur pourra en être juge ; et cependant, en ce qui concerne Moïse, pourquoi celui-ci voulait-il que Dieu, à qui il parlait, se montrât à lui, s'il voyait sa nature et sa substance? Vous n'avez absolument rien osé formuler sur ce point; et vous n'avez pas cessé d'affirmer que le Fils de Dieu, le créateur des choses invisibles, a été visible dans la forme de Dieu, avant même qu'il eût pris la forme de serviteur : voilà votre langage, quoique auparavant vous ayez fait l'aveu qu'il a pu se faire voir dans la forme de serviteur, mais qu'il est invisible dans la substance de sa divinité.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Jeu 28 Avr - 12:02

CHAPITRE XVI. QUE DIEU SEUL EST SAGE.



En seizième lieu, comme vous aviez appliqué au Père exclusivement ces paroles de l'Apôtre : « A Dieu, qui est le seul sage (Rom. XVI, 27. ) », j'ai répondu : Le Père serait donc le seul Dieu sage, et la sagesse de Dieu elle-même, qui est le Christ, et que l'Apôtre appelle « la force de Dieu et la sagesse de Dieu (I Cor. I, 24.) », n'aurait point la sagesse en partage ! J'ai ajouté : Il ne vous reste plus qu'à dire, car, jusqu'où ne va pas votre audace ! que la sagesse de Dieu est insensée. Sur quoi vous avez répondu : Le bienheureux apôtre Paul proclame que la sagesse appartient exclusivement au Père, quand il dit : « A Dieu, qui est le seul sage ». Mais, disiez-vous encore, il faut voir de quelle manière il est le seul sage; on n'affirme point que le Christ soit dépourvu de sagesse. Vous poursuivez sur ce thème, et vous faites votre profession de foi sur la manière dont vous entendez la sagesse du Christ; puis, après plusieurs considérations hors de propos, que vous avez enfilées pour traîner le temps et le discours en longueur, vous avez encore glissé ces mots : Mais vraiment le Père est le seul sage ; comme si l'Apôtre avait dit formellement : Au Père, qui est le seul sage. Mais il a dit : « A Dieu, qui est le seul sage » ; or, comme le Fils est Dieu aussi, ce que vous admettez comme nous, et que le Saint-Esprit est Dieu également, quoique vous le niiez; cette Trinité est le Dieu seul sage, qui n'a pu et ne pourra jamais être privé de sagesse en aucune manière; et la sagesse qu'elle possède, elle ne la tient pas d'ailleurs comme une grâce, mais elle la possède dans l'immobilité et l'immutabilité de sa nature. Maintenant si je vous disais : O homme, qui vous glorifiez de votre nom de chrétien, le Christ, pensez-vous, a-t-il une sagesse qui ne soit pas la véritable sagesse ? Le Christ, qui est vraiment Dieu, ne serait-il donc pas véritablement sage? Sous le coup de cette interrogation, ne vous troubleriez-vous pas, au point de me répondre aussitôt, que le Christ est vraiment sage? Que signifie donc cette parole que vous avez fait entendre : Mais vraiment le Père est le seul sage? Vous voyez dès lors le point où vous en êtes arrivé, et la grandeur du blasphème qu'il est de votre devoir de rétracter.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Ven 29 Avr - 14:11

CHAPITRE XVII. QUE DIEU N'A PAS ÉTÉ FAIT.

En dix-septième lieu, je vous ai fait voir que le Fils, aussi bien que le Père, n'a pas été fait, n'a pas eu de commencement. Vous aviez dit que vous ne reconnaissiez que le Père pour Dieu, parce que seul il n'a pas eu de naissance, il n'a pas été fait. En réponse à cette affirmation audacieuse : En déclarant que le Père n'a pas été fait, vous entendez donc, ai-je dit, que le Fils l'a été, lui par qui toutes choses ont été faites. Puis j'ai ajouté : Sachez que le Fils a été fait, mais dans la forme de serviteur. Car il est si loin d'avoir eu un commencement dans sa nature divine, qu'il a lui-même créé toutes choses. Que si, insistais-je, il a été fait, ce n'est point de lui, mais d'ailleurs, que toutes les créatures tirent leur existence. Avec tout votre flux de paroles, vous vous êtes trouvé si à court pour me répondre, que vous vous êtes absolument tu; comme si vous n'aviez rien entendu de ce que j'ai dit.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Sam 30 Avr - 14:42

CHAPITRE XVIII. QUE LE PÈRE N'EST POINT ENGENDRÉ.



Comme vous aviez dit du Père qu'il n'est pas né, en d'autres termes, qu'il n'a pas été engendré, j'ai, en dix-huitième lieu, discuté avec vous à ce propos, et voici mes propres paroles : Je ne dis donc pas que le Fils n'a point été engendré, mais que le Père a engendré, et que le Fils a été engendré. Or, le Père a engendré ce qu'il est: car, si le Fils n'est pas ce qu'est le Père, il n'est pas son Fils véritable, ainsi que nous l'avons déjà observé en parlant des petits des animaux. A cela encore vous n'avez pu répondre rien de vrai ni de faux.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Lun 2 Mai - 13:06

CHAPITRE XIX. DE L'ÉGALITÉ DU SAINT-ESPRIT AVEC LE PÈRE.



En dix-neuvième lieu, comme vous m'aviez demandé de vous démontrer que le Saint-Esprit est égal au Père, je vous ai répondu de la manière suivante : Pourquoi me demandez-vous de vous démontrer que le Saint-Esprit est égal au Père, comme si vous aviez prouvé que le Père est plus grand que le Saint-Esprit, de même que vous avez pu le prouver en ce qui concerne le Fils, eu égard à la forme de serviteur qu'il a prise? Nous savons en effet, ajoutais-je, qu'on dit du Père qu'il est plus grand que le Fils, parce que le Fils a pris la forme de serviteur; et maintenant encore le Fils conserve cette forme humaine, qu'il a élevée jusqu'au ciel; c'est pourquoi il est dit de lui que maintenant encore « il intercède pour nous (Rom. VIII, 34.) ». Et cette forme immortelle ne cessera jamais d'être dans le royaume des cieux : de là ces mots de l'Ecriture : « Alors le Fils sera aussi lui-même assujetti à celui qui lui aura assujetti toutes choses (I Cor. XV, 28.) ». Quant au Saint-Esprit, qui n'a pris aucune créature pour l'identifier à sa personne, quoiqu'il ait daigné se faire voir aussi lui-même par l'intermédiaire des créatures, soit en forme de colombe, soit en formé de langue de feu (Matt. III, 16; Act. ), jamais on n'a dit que le Père fût plus grand que lui; jamais que le Saint-Esprit ait adoré le Père; jamais enfin qu'il fût moindre que le Père. Dans la réponse que vous avez semblé faire à ce sujet, vous n'avez en réalité rien dit. Vous n'avez pu en effet démontrer qu'on ait jamais affirmé que le Père est plus grand que le Saint-Esprit, tandis que le Fils dit expressément, en raison de la forme de serviteur qu'il a prise: « Le Père est plus grand que moi (Jean, XIV, 28.) ». Et comme j'avais avancé que le Saint-Esprit n'a pris aucune créature pour l'identifier à sa personne, alors vous répliquâtes que l'Esprit-Saint est apparu dans la colombe et dans le feu, de la même manière que le Christ est apparu dans l'homme : comme si la colombe et l'Esprit ou le feu et l'Esprit formaient une seule personne, comme le Verbe uni à l'homme n'est qu'une personne. Les créatures dont le Saint- Esprit a fait choix, dans des vues mystérieuses, pour apparaître visible, lui qui est invisible de sa nature; la colombe, symbole du pur amour ; le feu, symbole de la charité ardente et éclairée, ces créatures, dis-je, n'ont apparu qu'un moment; et, leur rôle mystérieux accompli, ces formes sensibles ont disparu pour ne plus se montrer, semblables en cela à la colonne de nuée, qui était ténébreuse le jour, et lumineuse la nuit (Exod. XIII, 21-22.). Enfin, de peur qu'on n'imaginât que la colombe ou la flamme est unie à la substance de l'Esprit-Saint, ou que la nature d'une majesté si grande s'est transformée en ces créatures visibles, ou qu'elle les a prises pour les identifier à sa personne, on ne voit pas que dans la suite l'Esprit-Saint ait jamais apparu de la sorte. Il n'en est pas de même du Christ : il n'a pas pris la ressemblance humaine pour un temps, afin de se montrer aux hommes revêtu de leur nature, et de la déposer ensuite ; mais en gardant sa forme invisible de Dieu, il â pris la forme visible de l'homme, pour l'unir à sa personne; non-seulement il a pris cette forme au sein maternel, mais il a grandi, il a mangé, il a bu et il a dormi dans cette même forme; en elle il a été mis à mort, il est ressuscité, il est monté au ciel et il est assis à la droite du Père; en elle il viendra pour juger les vivants et les morts, et dans son royaume il sera assujetti à celui qui lui a assujetti toutes choses. A ces considérations, que j'ai abrégées dans ma réponse, et que je viens de développer, pour que vous en saisissiez mieux le sens, vous n'avez voulu prêter ni attention ni intérêt; mais vous vous êtes précipité dans le blasphème d'une manière si étrange, que vous avez été jusqu'à dire que la nature divine de Dieu et de l'Esprit-Saint était, ô horreur ! sujette à la mobilité et au changement. Voici en effet vos propres expressions : Ce que j'ai dit de l'invisibilité du Dieu tout-puissant, vous l'avez cependant affirmé vous-même, quoique dans un dessein différent : que le Saint-Esprit s'est fait voir en forme de colombe et en forme de langues de feu; que le Fils s'est montré dans la forme de l'homme; mais que le Père n'a apparu ni en forme de colombe, ni sous la forme de l'homme; qu'il ne s'est jamais transformé et qu'il ne le fera jamais, et que c'est de lui qu'il est écrit : « Je suis celui qui suis, et je ne change pas ». Puis vous ajoutez ensuite : Le Fils, déjà établi en la forme de Dieu, selon votre propre aveu, a pris la forme de serviteur, ce que le Père n'a pas fait; le Saint-Esprit a également pris la forme d'une colombe, tandis que le Père ne l'a pas fait. Sachez donc, observiez-vous, qu'il n'y en a qu'un seul qui est à la fois invisible, immense et au-dessus de toutes limites. Tiendriez-vous un pareil langage, si, animé par l'esprit, au lieu de l'être par la chair, vous pouviez penser à ce que vous dites? Car vous lisez dans les saintes Ecritures : « Je suis celui qui suis, et je ne change pas (Exod. III, 14 ; Malach. III, 6. ) ». Or, ces paroles ne s'appliquent pas seulement au Père, mais à la Trinité elle-même, qui est un seul Dieu ; et vous, les appliquant au Père exclusivement, vous croyez que le Fils est sujet à changer! Le Fils unique par qui toutes choses ont été faites, celui que l'Evangile proclame en ces termes : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu », et « toutes choses ont été faites par lui ( 2. Jean, I, 1, 3.) », vous le croyez susceptible de changement ! Que dirai-je maintenant du Saint-Esprit, quand vous vous formez des idées semblables de celui que vous reconnaissez être vrai Dieu et vrai Fils de Dieu ? Cela n'arriverait certainement point, si vous croyiez en fidèle catholique, que la forme de Dieu n'a pas été changée en la forme de serviteur, mais que la forme de serviteur a été prise par la forme de Dieu ; inspiré par l'esprit, au lieu de l'être par la chair, vous admettriez qu'après avoir pris la forme visible de l'homme, la divinité du Fils est demeurée invisible : alors vous ne vous jetteriez pas à l'écart dans un esprit de contention, mais vous comprendriez et vous verriez; vous pourriez considérer des yeux de la foi le Saint-Esprit, apparaissant d'une manière sensible par l'intermédiaire de la créature, suivant le choix de sa volonté, tout en conservant sa nature invisible, et sans la changer ou la transformer aucunement en forme de feu ou de colombe (1. Act. II, 3 ; Matt. III, 16.). Souvenez-vous du moins que vous n'avez pu démontrer, contrairement à ma proposition, par aucun témoignage divin, que le Père est plus grand que l'Esprit-Saint, et qu'il est adoré par lui.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mar 3 Mai - 13:55

CHAPITRE XX. QUOIQUE LE PÈRE NE SOIT PAS ENGENDRÉ, LE FILS EST CEPENDANT SON ÉGAL.



En vingtième lieu, comme vous aviez dit : S'il est égal au Père, il lui est certainement semblable; et s'il lui est semblable, il n'a pas certainement pris naissance; je vous ai répondu : Mais vous dites du Fils : S'il est égal, il est certainement semblable; cela signifie que, puisqu'il a été engendré, il semble qu'il n'est pas semblable au Père. Vous pourriez dire à ce prix que celui qu'Adam a engendré n'est pas homme, puisque lui, Adam, n'a pas été engendré, mais fait par Dieu. Or, si Adam, quoique non engendré, a pu cependant engendrer ce qu'il était lui-même, vous ne voulez pas que Dieu ait engendré un Dieu égal à lui ? Je ne m'étonne pas que vous n'ayez point trouvé de réponse à cette objection; mais je vous loue sans détour de n'avoir pas même tenté une réponse. Et plût au ciel que vous eussiez toujours agi ainsi ! car, dans nos discussions, vous n'avez jamais pu trouver rien de judicieux à répondre, et cependant presque toujours vous avez tenu à prendre la parole. Mais comme, sur les autres points, vous avez avancé tant de choses qui n'avaient pas de rapports nécessaires avec le sujet de notre débat, et que vous avez passé le temps à dire des mots, il faut vous rendre grâces de ce que parfois vous avez tellement compris l'impossibilité d'une réfutation, que vous avez mieux aimé garder alors le plus complet silence.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mer 4 Mai - 15:13

Livre Second

PRÉFACE.



Je dois maintenant, avec l'aide de Dieu, tenir ma promesse en ce qui concerne le reste; car j'ai dit au commencement de cet ouvrage : Je démontrerai, en premier lieu, que vous n'avez pu réfuter ce que j'ai soutenu; je ferai voir ensuite, autant que le besoin s'en fera sentir, les erreurs que vous avez avancées. Or, comme j'ai déjà démontré, autant qu'il m'a été possible avec la grâce de Dieu, que vous n'avez pu réfuter ce que j'ai soutenu, il me reste maintenant, aidé du même secours divin, à réfuter les propositions que vous avez avancées vous-même. Je ne reviendrai donc pas sur vos premières affirmations, dont j'ai fait immédiatement justice dans la discussion que j'ai eue avec vous; mais à votre dernière thèse, dont la prolixité a été telle que je n'ai pas eu le temps de vous répondre ce jour-là, j'opposerai des arguments si victorieux, que vous devrez, s'il plaît à celui qui est notre Maître, vous rendre à la lumière de la vérité, à moins que vous ne lui préfériez les ténèbres de la dispute. J'écarterai d'abord, pour le besoin de ma réponse, vos digressions superflues. Car la question qui s'agite entre nous est de savoir, si le Père, et le Fils, et le Saint-Esprit, sont de nature différente, comme vous le soutenez, ou plutôt, conformément à notre doctrine, s'ils sont d'une seule et même nature, et si la Trinité elle-même n'est qu'un seul Dieu : puisque nous sommes d'accord pour affirmer que le Père n'est pas le même que le Fils, que le Fils n'est pas le même que le Père, et que le Père ou le Fils ne sont pas la même chose que le Saint-Esprit. Malgré tout ce que vous avez dit dans un langage trop disert, pour montrer que, autre est le Père, autre le Fils, autre le Saint-Esprit; faites donc l'aveu que ce sont là des paroles superflues, quand vous discutez avec nous; si les Sabelliens étaient vos adversaires, à la bonne heure; vous pourriez alors tourner contre eux des armes qui nous sont communes, à vous et à nous. Vous avez encore parlé longuement, pour démontrer que Notre-Seigneur Jésus-Christ est un Dieu grand : à quoi bon nous prouver cela, puisque nous enseignons la même chose ? Vous avez aussi exalté l'Esprit-Saint en des termes pompeux et pleins de vérité; mais loin de renier ces louanges, nous pourrions y ajouter encore : il était donc inutile de nous les opposer, puisque nous les publions comme vous. Est-ce que nous ne professons pas également que le Christ est assis à la droite du Père ? Vous avez cependant fait une thèse en forme, pour démontrer cette vérité par les témoignages de nos saints livres, comme si jamais nous avions nié ce point de foi. Nous savons, les uns et les autres, et nous tenons pour certain que le Christ est venu dans la chair, or, pour le prouver, vous avez réuni les arguments tirés de l'autorité divine, absolument comme si nous croyions le contraire. Ces particularités et d'autres, que je signalerai en leur lieu et place, et pour lesquelles vous avez dépensé inutilement beaucoup de peine, afin de traîner la discussion en longueur et de gagner du temps, je devrai les toucher pour mention, sans y opposer de réfutation.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Jeu 5 Mai - 14:18

CHAPITRE PREMIER. QUI DES DEUX, DE MAXIMIN OU D'AUGUSTIN, S'INSPIRE DE LA CRAINTE DE DIEU.



Vous dites que je m'appuie sur le pouvoir des princes, et que je ne parle point suivant la crainte de Dieu; tandis que vous savez bien que nous sommes obligés de prier pour les rois, afin qu'ils arrivent à la connaissance de la vérité ( I Tim. II, 2,4.) : de ce que cette grâce a été donnée à quelques-uns, nous en témoignons notre reconnaissance à Dieu, et vous, vous en gémissez. Mais, à les bien comprendre, nos propres paroles témoignent qui de nous tient un langage inspiré par la crainte de Dieu, est-ce celui qui exalte Dieu le Père, et lui fait un titre de gloire, d'avoir engendré un Fils égal à lui-même; ou celui qui déshonore et le Père et le Fils, en disant que le premier n'a pu engendrer un fils en tout semblable à lui, et que le second est un fils dégénéré, non point depuis sa naissance, mais même en naissant ?

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Ven 6 Mai - 10:39

CHAPITRE II. JÉSUS-CHRIST A ÉTÉ ÉLEVÉ, QUANT À SON HUMANITÉ SAINTE; COMME DIEU, IL N'ÉTAIT PAS SUSCEPTIBLE DE PLUS D'ÉLÉVATION.



Vous dites que vous honorez le Christ, comme le Dieu de toute créature, devant qui tout genou fléchit au ciel, sur la terre et dans les enfers; les vôtres cependant nient qu'il soit égal à Dieu le Père, parce que le Père lui a accordé cette faveur : l'Apôtre dit en effet « C'est pourquoi Dieu l'a élevé, et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse etc. » Vous ne vous inquiétez pas de savoir à qui fut accordée cette faveur, si c'est à l'humanité, ou à la divinité du Christ. Il n'y a pourtant pas ici dé méprise possible. « Il s'est abaissé lui-même jusqu'à la mort, et jusqu'à la mort de la croix. C'est pourquoi Dieu l'a élevé, et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom ( Philipp. II, 8, 9.) ». Si donc Dieu lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom, parce qu'il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort de la croix, le Fils de Dieu n'était-il pas, avant qu'il en vînt à ces abaissements, Dieu suprême, Verbe de Dieu, et Dieu avec Dieu ? ou bien, est-ce après avoir été élevé pour s'être rendu obéissant jusqu'à la mort de la croix, qu'il a commencé d'être le Fils de Dieu élevé en gloire, le Fils unique de Dieu, Dieu lui-même ? est-ce alors seulement qu'il a commencé d'avoir un nom au-dessus de tout nom ? Qui serait assez insensé pour avancer de telles erreurs? Par conséquent ce don s'adressait à son humanité sainte, parce que c'est comme homme que le Fils s'est rendu obéissant jusqu'à la mort de la croix; comme Fils de Dieu, Dieu de Dieu, l'égal du Père par la naissance, il en était déjà en possession.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Sam 7 Mai - 12:40

CHAPITRE III. DE L'ÉGALITÉ DU FILS AVEC LE PÈRE, ET DU SAINT-ESPRIT AVEC LE FILS.



Vous me faites un reproche d'enseigner que le Saint-Esprit est égal au Fils. Je le soutiens assurément. Eh bien ! ajoutez-vous, prouvez que le Saint-Esprit est l'objet de nos adorations. Comme je le vois, la preuve, selon vous, qu'il soit égal au Christ, c'est qu'il soit adoré comme lui. Avouez donc maintenant que le Christ est égal au Père, puisque vous reconnaissez vous-même qu'il est adoré comme le Père. Mais quels hommes singuliers vous êtes ! quelle bizarre humilité vous inspire ! Quoi ! vous lisez dans l’Ecriture : « La lettre tue, mais l'Esprit vivifie (II Cor. III, 6.) », et vous ne voulez pas adorer l'Esprit-Saint ? Vous ne voulez donc pas adorer celui qui, de votre propre aveu, est la vie des âmes; tandis que le patriarche Abraham adora des hommes, parce qu'ils lui cédèrent un tombeau, pour y déposer le corps de son épouse qui venait de mourir ! Voici en effet ce que porte le texte sacré : « Abraham vint pleurer Sara et en faire le deuil. Et s'étant levé du lieu où était son corps, il dit aux enfants de Heth : Je suis parmi vous comme voyageur et étranger; donnez-moi donc le droit de posséder un tombeau au milieu de vous, où je puisse enterrer la personne qui m'est morte. Les enfants de Heth répondirent à Abraham: « Non, Seigneur; mais écoutez-nous maintenant : vous êtes parmi nous un prince favorisé de Dieu; enterrez votre mort dans l'un de nos plus beaux sépulcres : car nul d'entre nous ne vous refusera son tombeau pour y enterrer votre mort. Abraham, s’étant levé, adora le peuple des enfants de Heth (Gen. XXIII, 2-7.) ». Et vous, pour vous obstiner à repousser la grâce divine, vous ne consentirez pas à rendre au Saint-Esprit le devoir de l'adoration ! Mais, dites-vous, prouvez que le Saint-Esprit est adoré : comme si la lecture des saints livres ne nous donnait pas à entendre des choses qui n'y sont point consignées. Mais, sans aller chercher si loin, où avez-vous lu que Dieu le Père n'a pas été engendré ou n'est pas né ? C'est là cependant une vérité certaine. Et ce que vous avez affirmé plusieurs fois que le Père est incomparable même au Fils, vous ne l'avez point lu, et ce n'est point une vérité. Que si vous vous faisiez une idée raisonnable du culte d'adoration qui est dû à Dieu, en lisant que l'Esprit-Saint possède un temple, vous seriez plus convaincu de sa divinité que si vous lisiez qu'il est l'objet de notre adoration. Nous savons, et nous venons de le rappeler, que des hommes mêmes ont été adorés par des saints; mais les temples n'ont été érigés par les hommes qu'en l'honneur du vrai Dieu, tel fut le temple de Salomon, ou qu'en l'honneur de ceux qui passaient pour être des dieux, et qu'adoraient les nations idolâtres. Or, l'Esprit-Saint, suivant cette belle expression qui s'applique à Dieu, « n'habite pas dans des temples faits de mains d'hommes (Act, XVII, 24. ) », mais notre corps lui-même est son temple. Et nos corps, pour être traités avec respect, sont aussi les membres du Christ (I Cor. VI, 19, 15.). N'est-il donc pas un grand Dieu, celui à l'honneur duquel un temple est bâti, et par Dieu lui-même, et avec les membres d'un Dieu ?

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