Tradition Catholique (Sede Vacante)

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 Saint Augustin + contre les Ariens

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Lun 9 Mai - 12:59

CHAPITRE IV. IL EST INUTILE DE PROUVER AUX CATHOLIQUES QUE JÉSUS-CHRIST EST DIEU ET HOMME TOUT ENSEMBLE.



Vous dites que « le Christ est à la droite du Père, et qu'il intercède pour nous (Rom, VIII, 34.) ». Pourquoi nous objecter ce passage, si vous reconnaissez qu'il est à la fois Dieu et homme ? Quel intérêt en revient à votre cause qu'on lise, qu'il est toujours assis à la droite du Père ? C'est inutilement, sinon sur de vains témoignages, que vous vous appliquez à prouver ce que nous faisons profession de croire.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mar 10 Mai - 12:14

CHAPITRE V. DÉFINITION CATHOLIQUE DE LA SAINTE TRINITÉ.



Vous dites que vous honorez convenablement le Saint-Esprit comme docteur, comme guide, comme illuminateur, comme sanctificateur; que vous révérez le Christ comme créateur; et que vous adorez le Père avec une sincère piété comme l'auteur de toutes choses. Si vous dites que le Père est auteur, parce que le Fils vient de lui, mais que lui ne vient pas du Fils; et que le Saint-Esprit procède de lui et du Fils, en ce sens qu'en engendrant ce Fils, le Père a voulu que le Saint-Esprit procédât aussi de lui; si vous dites que le Fils est créateur, sans retrancher pour cela cet attribut au Père et au Saint-Esprit; enfin, si vous dites que le Saint-Esprit est docteur, guide, illuminateur et sanctificateur, sans prétendre pour cela enlever ces fonctions au Père et au Fils ; nous admettons vos propres expressions et les faisons nôtres. Mais si vous élevez des idoles dans votre coeur et supposez qu'il y a deux dieux, l'un plus grand, qui serait le Père, et l'autre inférieur, qui serait le Fils; et si vous imaginez que le Saint-Esprit est le dernier des trois et ne mérite pas même d'être appelé Dieu, ce n'est plus dès lors notre foi, parce qu'elle n'est pas chrétienne et par là même n'est plus la foi. Nous vous faisons grâce encore de cette parole imprudente que vous avez échappée, quand vous avez dit que le Christ était descendu jusqu'à la contagion des misères humaines. Et comme nous avons voulu vous reprendre à ce sujet, et vous apprendre ce qu'il faut appeler de ce nom, vous avez répondu que je vous interprétais à faux, et vous avez pensé que je m'en tenais trop à la rigueur des principes philosophiques. Il me suffit que vous ayez admis, qu'en descendant jusqu'à la contagion des misères humaines, le Christ n'a contracté la tache d'aucune faute.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mer 11 Mai - 9:37

CHAPITRE VI. INCONSÉQUENCE DES ARIENS, QUI REFUSENT AU PÈRE CE QU'ILS ACCORDENT A LA CRÉATURE, LE POUVOIR D'ENGENDRER SON SEMBLABLE.



Quand j'ai observé, à propos des animaux, que, tout terrestres et mortels qu'ils sont, ils engendrent néanmoins des êtres d'une nature semblable à la leur, par exemple, l'homme et le chien, je pense que vous n'avez pas reculé d'horreur et de mépris, mais plutôt que vous en aurez fait semblant, lorsque vous avez répliqué qu'une comparaison aussi basse n'était point digne d'une aussi grande majesté. Pourquoi en effet ce langage, sinon parce que vous craigniez que la vérité ne vous fermât la bouche avec des arguments tirés d'aussi bas et qu'elle ne vous empêchât de respirer, comme elle le fait encore? Ainsi, tandis que vous voyez la créature corruptible engendrer un rejeton de même nature qu'elle, vous croyez que Dieu le Père tout-puissant ne peut engendrer son Fils unique, qu'en lui communiquant une nature inférieure à la sienne.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Jeu 12 Mai - 12:59

CHAPITRE VII. LE FILS EST ÉGAL AU PÈRE.



Mais vous dites : Le Seigneur a engendré le Seigneur, un Dieu a engendré un Dieu, le Roi a engendré un Roi, le Créateur a engendré un Créateur, bon il a engendré un être bon, sage un être sage, clément un être clément, puissant un être puissant. Si, grâce à ces paroles, vous pensez échapper à l'objection qu'on vous fait, que vous refusez à Dieu le pouvoir d'engendrer ce qu'il est lui-même, et si vous dites pour cette raison : Le Seigneur a engendré le Seigneur, un Dieu a engendré un Dieu, etc., pourquoi ne dites-vous pas : Le Tout-Puissant a engendré le Tout-Puissant, comme vous avez dit : Puissant il a engendré un être puissant ? Si vous voulez parler franchement, eh bien ! dites : Le Seigneur plus grand a engendré un Seigneur inférieur à lui ; un Dieu plus grand, un Dieu inférieur; un Roi plus grand, un Roi inférieur; un Créateur plus grand, un Créateur inférieur; meilleur, il a engendré un être bon ; plus sage, un être sage ; plus clément, un être clément; plus puissant, un être puissant. Maintenant, si vous ne tenez pas ce langage, et si vous convenez que le Fils n'a rien de moins que le Père, pourquoi ne déclarez-vous pas qu'il lui est égal? Et pourquoi ne poursuivez-vous pas ainsi votre énumération Le Seigneur a engendré un Seigneur égal à lui, Dieu un Dieu égal, le Roi un Roi égal, le Créateur un Créateur égal; bon, il a engendré un être également bon; sage, un être également sage; clément, un être également clément; puissant, un être également puissant ? Que si vous niez cette égalité du Fils avec le Père, alors déclarez sans détour qu'il est un Fils dégénéré. Car ce Dieu, inférieur au Dieu plus grand dont vous le dites le fils, vous n'admettez pas qu'il fasse du moins des progrès comme un enfant, afin qu'il puisse un jour égaler son père. Vous prétendez qu'il est né parfait, non pas dans le dessein de se glorifier, mais de maintenir son infériorité relative à l'égard du Père. Quoique vous souteniez de pareilles erreurs, vous ne cessez pas néanmoins de dire : Le Père n'a rien ôté au Fils en l'engendrant. Comment se peut-il faire qu'il n'ait rien ôté au Fils en l'engendrant, lorsqu'au lieu de le faire son égal, il l'a fait son inférieur? Cela veut-il dire qu'après avoir engendré son Fils, il ne lui a rien ôté de ce qu'il lui avait donné en l'engendrant ? En ce sens-là, certainement, il ne lui a rien ôté; mais il en est ainsi même à l'égard des enfants des hommes qui viennent heureusement au monde; le Créateur ne leur ôte rien après leur naissance; que dis-je ? il ajoute plutôt leurs dons naturels, et leur accorde en grandissant ce qu'ils n'avaient pas au moment de leur naissance. Quelle importance faut-il donc attacher à ce que vous avez dit de la conduite du Père envers son Fils unique, qui n'a pas été tiré du néant ni de la matière, mais qui est né de lui-même ? Quelle merveille qu'il n'ait pas ôté ce qu'il a donné, s'il n'a pas, en le donnant, ôté ce qu'il pouvait donner? Comment en êtes-vous venu à dire qu'il n'est pas jaloux? Ou bien, est-ce qu'il était dans l'impossibilité de donner à son Fils? Mais alors où est la toute-puissance de Dieu le Père? Or, toute la question se réduit au dilemme suivant : Ou Dieu le Père n'a pu engendrer un Fils égal à lui-même, ou il ne l'a pas voulu. S'il ne l'a pu, c'est une imperfection; s'il ne l'a pas voulu, c'est par motif de jalousie. Or, ces deux conclusions sont fausses. Donc le Fils est vraiment égal à Dieu son Père. Si donc il vous plaît toujours d'entendre cité par moi : « Les perfections invisibles de Dieu sont rendues compréhensibles par la connaissance que nous en donnent ses créatures (Rom. I, 20.) », apprenez, par ce qui se passe dans la création visible, où les parents engendrent ce qu'ils sont eux-mêmes, apprenez, dis-je, à connaître la naissance du vrai Fils de Dieu, et ne dites plus que Dieu le Père a engendré ce qu'il n'est pas lui-même. Or, s'il a engendré ce qu'il est lui-même, cessez de nier l'unité de substance du Père et du Fils.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Ven 13 Mai - 11:56

CHAPITRE VIII. SAINT AUGUSTIN NE RÉPOND PAS AUX DIGRESSIONS SUPERFLUES DE MAXIMIN SUR L'INCARNATION ET LA MORT DE JÉSUS-CHRIST.



Dans les digressions suivantes, que vous faites à propos de la croix et de l'incarnation du Christ, vous êtes fidèle à votre habitude, en voulant nous prouver ce qui est l'objet de notre commune foi; mais en ne vous répondant rien à ce sujet, je me montre, moi aussi; fidèle à ma promesse.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Sam 14 Mai - 12:37

CHAPITRE IX. DE L'INVISIBILITÉ DU FILS.



1. Lorsque nous discutions sur l'invisibilité du Fils, que vous avez consenti à reconnaître en lui sous le rapport de la divinité, tandis qu'auparavant vous l'aviez attribuée exclusivement au Père, vous avez dit, à propos des créatures invisibles, une foule de choses qui n'avaient pas de rapport à la question : le lecteur pourra d'ailleurs en juger. Or, il s'agit entre nous de l'invisibilité de Dieu : et c'est là tout l'objet du débat, car vous pensez qu'il n'est fait mention que de l'invisibilité du Père dans ce passage de l'Apôtre : « Au Dieu immortel, invisible, unique (I Tim. I, 17.) ». Si le texte portait: Au Père seul, la solution serait peut-être plus difficile ; mais nous lisons : « Au Dieu unique » : ce qui évidemment n'est pas contre nous; conséquemment, et le Fils unique, en sa nature divine, et le Saint-Esprit, en la nature qu'il possède aussi, sont également invisibles, car la Trinité est un seul et unique Dieu, suivant notre foi. Sommes-nous dans le vrai en le soutenant, c'est ce que nous avons démontré ailleurs, et ce que nous démontrerons encore, quand il le faudra. Maintenant, sur cette question, il est peut-être permis de s'étonner que l'Ecriture dise de Dieu seul, qui est la Trinité même : « Au seul Dieu invisible », tandis qu'il existe des créatures qui sont invisibles aussi: «Toutes choses », est-il dit du Christ, « ont été créées par lui, et les visibles et les invisibles (Coloss. I, 16.) ». Mais c'est parce que les faux dieux sont visibles, que l'Apôtre s'exprime en ces termes : « Au seul Dieu invisible soit honneur et gloire ». Car, quoiqu'il existe des créatures invisibles, ce ne sont pas pour nous des dieux, Mais, lors même que le texte ne porterait pas : « Au seul Dieu » ; mais : « Au Roi des siècles, immortel, au seul invisible, soit honneur et gloire » : à qui s'appliquerait-il, si ce n'est à Dieu? Donc, honneur et gloire soit à Dieu seul, qui est un Dieu invisible, et non pas, qui est le seul invisible; car il y a aussi, comme nous l'avons observé, des créatures qui sont invisibles. On peut demander encore pourquoi il est écrit: « Nul n'a jamais vu Dieu (Jean, I, 18.) », tandis que le Seigneur dit expressément : « Ne savez-vous pas que les anges voient sans cesse la face de mon Père qui est dans les cieux (Matt. XVIII, 10.) ? » Voilà une citation qui confond votre ignorance, au moment où vous soutenez que le Père seul est invisible, sans savoir ce que vous dites. Jésus-Christ a dit : « Ce n'est pas que personne ait vu le Père, si ce n'est celui qui est de Dieu; car celui-là a vu le Père (Jean, VI, 46.) » : personne, peut s'entendre ici des hommes. Comme il était homme lui-même et parlait alors dans la chair, son langage revenait ainsi à dire : Ce n'est pas qu'aucun homme, si ce n'est moi, ait vu le Père ; de même qu'il est écrit : « Quel est le sage qui comprendra ces choses (Psaume CVI, 43.) ? » car ces paroles ne peuvent s'appliquer aux saints anges. C'est pourquoi l'Apôtre, parlant de l'invisibilité de Dieu, dit en termes plus découverts : « Que nul des hommes ne l'a vu et ne peut le voir (I Tim. VI, 16.) ». Il ne dit pas : Personne ; mais : « Nul des hommes ». Ce qui nous donne l'intelligence de ce passage « Personne n'a jamais vu Dieu », c'est-à-dire Nul des hommes ; de même qu'il est écrit « Personne ne monte au ciel (Jean, III, 13.) », quoique les anges y montent et en descendent continuellement. L'Apôtre n'a pas dit cependant : Nul des hommes ne pourra voir Dieu; mais « Personne ne peut ». Car l'homme pourra voir Dieu un jour, mais quand il sera la récompense éternelle de ses fidèles serviteurs. De là ces paroles de l'apôtre Jean : « Mes bien-aimés, dit-il, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n'apparaît pas encore : nous savons que quand il se montrera, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est (I Jean, III, 2.) ». Comment dites-vous donc que le Père seul est invisible ? Ce qui serait faux, lors même qu'il ne serait vu que par le Fils. Mais maintenant que, suivant le témoignage de nos saints livres, il est vu des anges, et qu'il se manifestera aussi aux hommes, lorsqu'ils seront devenus semblables aux anges ( Matt. XXII, 30.), que signifie ce que vous dites? Que devient votre affirmation audacieuse, d'après laquelle les créatures inférieures sont vues par les créatures supérieures, mais non réciproquement les créatures supérieures par les créatures inférieures? Il est vrai que vous avez ensuite abandonné cette définition, quand vous avez reconnu que le Père est vu par le Fils, quoique vous prétendiez que, même sous le rapport de la substance divine, le Fils est inférieur au Père. Mais que direz-vous des anges, qui voient sans cesse la face de Dieu le Père ? Est-ce que, conformément à la règle que vous avez établie sans réflexion, il faudra mettre les anges au-dessus de Dieu le Père?

2. Mais vous pensez avoir été habile, quand vous avez trouvé cette échappatoire, au sujet du Fils : Il a vu le Père, mais sans pouvoir l'embrasser entièrement. Vous ne vous apercevez pas ici du vice de votre argument : car, lors même que le Père n'aurait pu, comme vous le prétendez, être embrassé par le Fils, ce n'est pas une raison pour qu'il ait été invisible à ses yeux. Or, toute la discussion entre nous, quand vous avez avancé cet argument, roulait sur la question de savoir, non pas si le Père pouvait être, ou non, embrassé par le Fils, mais s'il était visible ou invisible pour lui car l'Apôtre ne dit pas : Au seul Dieu qui ne peut être embrassé; mais: « Au seul Dieu invisible ». Vous avez cru pouvoir tirer de ce texte une preuve défavorable au Fils et donner à entendre qu'il n'était pas invisible, même dans sa nature de Dieu. Mais vaincu par la vérité et contraint de confesser l'invisibilité du Fils, vous vous êtes préparé, comme je le pense, à faire la réponse suivante : L'invisible a engendré l'invisible ; de même que vous avez dit: Le puissant a engendré le puissant; afin de pouvoir dire, quand vous seriez pressé de vous expliquer : Le plus invisible a engendré l'invisible, comme le plus puissant a engendré le puissant; le plus sage, le sage, et le reste de votre théorie. Autant vous montrez de sagesse, quand vous dites que le Père ne peut être embrassé par le Fils, autant vous en faites voir, quand vous démontrez que le Fils est embrassé par le Père. Le Fils, dites-vous, voit le Père, mais sans pouvoir l'embrasser. Quant au Père, ce sont vos propres expressions, il voit le Fils, en le tenant et le possédant en son sein. Il n'y a, pour tenir un pareil langage, que ceux qui ont la sagesse charnelle. Car, je le vois, ce sein du Père n'est qu'un mot imaginé pour le besoin de votre cause ; c'est une sorte de capacité où la grandeur du Père embrasse et tient enserrée l'infériorité relative du Fils : à peu près comme une maison sert matériellement d'asile à l'homme, comme le sein d'une nourrice reçoit un enfant. Voici donc une merveille d'un nouveau genre qu'il faut attribuer au Christ: c'est qu'il a pris de l'accroissement dans sa nature de serviteur et qu'il y est devenu plus grand que dans sa nature divine, puisqu'il était porté auparavant dans le sein du Père, et qu'il est maintenant assis à sa droite. De grâce, mettez de côté ces puérilités et ces contes de vieilles ; et quand il est question du sein du Père, entendez-le en ce sens que l'un a engendré, et que l'autre est le Fils ; et non pas, que l'un est plus grand, et l'autre plus petit. Car si le Père ne peut être embrassé, et que la même chose ne puisse être attribuée au Fils, alors l'Ecriture ment quand elle fait dire à celui-ci : « Tout ce qu'a mon Père est à moi (Jean, XVI, 15.) » : on peut lui répondre en effet: Le Père ne peut être embrassé, et vous êtes privé de cet attribut. Mais comme il ne peut sortir d'erreur de la bouche de la Vérité, et que tout ce que possède le Père appartient au Fils; il est impossible de dénier au Fils cet attribut du Père, si grand d'ailleurs qu'on veuille l'imaginer. Pour nous, il est de notre devoir de vous opposer toujours cette maxime du Sauveur : « Tout ce qu'a mon Père est à moi », soit afin de vous convaincre, soit afin d'amener, et c'est là notre principal désir, votre conversion : de sorte que, chaque fois que vous attribuez au Père une perfection que vous déniez au Fils, nous avons à la produire comme un témoignage irréfragable contre vos erreurs ou vos mensonges. Et qu'est-il besoin de discuter avec vous, quand vous prétendez, pour appuyer votre thèse, que la sagesse humaine est visible, tandis que vous avez accordé que l'âme humaine, qui est certainement le siège de la sagesse de l'homme, est elle-même invisible? Mais quoi qu'il en soit de votre manière de voir sur les créatures invisibles, en ce qui concerne Dieu, et c'est là tout l'objet de notre discussion, il est suffisamment démontré que le Père n'est pas seul invisible.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Lun 16 Mai - 12:48

CHAPITRE X. EXPOSITION DU MYSTÈRE DE LA SAINTE TRINITÉ.



1. Vous pensez que Dieu le Père ne peut être un seul Dieu, s'il est uni au Fils et au Saint-Esprit : vous craignez que le Père ne soit plus un seul Dieu unique, mais qu'il ne devienne une partie d'un Dieu unique en trois personnes. Ne craignez rien; dans l'unité de la divinité il n'y a pas de division de parties. Le Père et le Fils et le Saint-Esprit, en d'autres termes, la Trinité elle-même n'est qu'un seul Dieu. Elle est ce Dieu unique, dont il est écrit, qu' « il n'y a d'autre Dieu que le seul Dieu (I Cor. VIII, 4.) » ; et qui a dit expressément : « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est le Seigneur unique ». Nous ne faisons aucun scrupule de dire que nous servons ce Dieu seul et unique, quand nous entendons et lisons ce passage : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul (Deut. VI, 4, 13.) ». Ces paroles ne nous détournent pas de l'adoration que nous devons au Christ, dont nous sommes les membres (I Cor. VI, 15.), et au Saint-Esprit, dont nous sommes le temple (Id. III, 17.); s'il est écrit: Tu ne serviras que le Seigneur ton Dieu seul, nous appliquons ce texte, non pas au Père exclusivement, mais à la Trinité même. Pour vous, lorsqu'on vous demande quel est, à votre avis, celui dont il est fait mention dans ce passage : « Le Seigneur ton Dieu est le Seigneur unique », vous répondez que c'est Dieu le Père. Et lorsque ensuite on vous demande de quel Seigneur Dieu il est dit : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul », vous répondez encore qu'il s'agit là de Dieu le Père. Voici alors ce qu'on nous objecte : Si le Seigneur notre Dieu est un Seigneur unique, et que ce soit le Père, pourquoi imaginez-vous deux seigneurs dieux, en disant que le Christ est aussi Seigneur Dieu? Si ce Père est le seul et unique Seigneur Dieu digne d'adoration, comment vous montrez-vous dociles à ce commandement, quand vous adorez aussi le Fils comme Seigneur Dieu ? Car le premier n'est pas seul adoré, quand on rend le même culte au second. Or, suivant notre foi, reconnaissant la Trinité comme notre unique Seigneur Dieu, nous avons certainement l'assurance qu'en lui rendant à elle seule le culte qui est à Dieu, nous servons l'unique Seigneur Dieu.

2. Donc, dites-vous, Dieu le Père est une portion de Dieu. Pas du tout. Car le Père et le fils et le Saint-Esprit sont trois personnes ; et ces trois, n'ayant qu'une même substance, sont un, et souverainement un: en eux, il n'y a ni diversité de natures, ni diversité de volontés. Or, s'ils étaient un par nature, sans l'être par la volonté, ils ne seraient pas parfaitement un ; et s'ils étaient différents de nature, ils ne seraient pas un. Ces trois, qui sont un par l'union étroite et ineffable de la divinité, sont donc un seul Dieu. Quant au Christ, il est une personne douée d'une double substance, parce qu'il est Dieu et homme tout ensemble. En lui cependant le Dieu ne peut être appelé une portion de cette personne : sans quoi, le Fils de Dieu, Dieu lui-même avant de prendre la nature de serviteur, n'aurait pas été tout ce qu'il est, et quand l'homme s'unit à sa divinité, il aurait pris de l'accroissement. S'il est de la dernière absurdité de tenir un pareil langage à l'égard d'une des trois personnes, parce que Dieu ne peut être la partie de quoi que ce soit; à combien plus forte raison l'un des trois ne peut-il être appelé une portion de la Trinité? Ensuite, quand l'Apôtre dit : « Celui qui s'attache au Seigneur est un même esprit avec lui (I Cor. VI, 17.) », est-ce que le Seigneur est une portion de cet homme qui ne fait qu'un avec lui ? Si nous le disions, que serait-ce à dire sinon que le Seigneur gagne à être uni à l'homme, et perd à en être séparé ? Donc, en la Trinité qui est Dieu, le Père est Dieu, le Fils est Dieu, et le Saint-Esprit est Dieu, et tous les trois ne sont qu'un seul Dieu : et l'un d'eux n'est pas une troisième partie de cette Trinité, et deux ne sont pas une portion plus grande qu'un seul : et tous réunis ne sont pas quelque chose de plus que chacun en particulier, parce que leur grandeur est spirituelle et différente de celle des corps. Qui peut comprendre, comprenne (Matt. XIX, 12.); que celui qui n'en est pas capable, croie et demande l'intelligence de comprendre ce qu'il croit. Car le Prophète dit vrai dans ce passage: « Si vous ne croyez, vous ne comprendrez point (Isa, VII, 9.) ».

3. Vous avez dit que le Dieu unique n'est pas composé de parties. Et comme vous prétendez ne dire cela que du Père, vous ajoutez Ce qu'il est, c'est une puissance qui n'a pas été engendrée, qui est simple. Et cependant voyez que de choses multiples vous imaginez réunies dans cette vertu simple ! Car voici vos propres paroles : Un Dieu a engendré un Dieu, le Seigneur un Seigneur, le Roi un Roi, le Créateur un Créateur, bon il a engendré un être bon, sage un être sage, clément un être clément, puissant un être puissant. Pourquoi donc n'avez-vous pas craint d'énumérer tant de vertus dans une vertu simple, comme est Dieu? En effet, sans parler des quatre premières, et à ne nous en tenir qu'aux quatre autres, qu'il est possible de désigner sous des noms communs, la bonté, la sagesse, la clémence et la puissance seraient-elles des parties d'une vertu que vous affirmez être simple ? Si vous dites oui, une vertu simple comprend donc des parties, et cette vertu simple est, selon vous, un seul Dieu. Vous affirmez par conséquent que le Dieu unique est composé de parties. Non, répondez-vous, il n'y a pas de parties : et cependant vous en comptez quatre, et il n'y a qu'une vertu en même temps simple. Si donc, dans la personne unique du Père, vous trouvez plusieurs choses, et n'y admettez pas de parties, à combien plus forte raison y a-t-il, dans le Père et le Fils et le Saint-Esprit, un seul Dieu avec la divinité individuelle en chacun d'eux, et trois personnes avec la propriété particulière à chacun, sans qu'il y ait, a raison de leur perfection personnelle, les parties d'un Dieu unique ! Le Père est une vertu, et le Fils aussi, et le Saint-Esprit également. Ici vous dites vrai: mais quand vous prétendez que la vertu engendrée par la vertu, et la vertu procédant de la vertu, n'ont pas la même nature, vous formulez une erreur, vous contredites la foi orthodoxe et catholique.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mar 17 Mai - 13:12

CHAPITRE XI. LE FILS EST INVISIBLE COMME LE PÈRE.



Vous revenez sur vos pas, pour me demander de quelle manière le Fils est invisible, tandis que j'ai déjà exposé précédemment ce que j'ai cru devoir dire à ce sujet. Mais, objectez-vous, si vous affirmez que le Fils est invisible, parce qu'il ne peut être contemplé par les yeux humains ; pourquoi n'affirmez-vous pas la même chose des vertus célestes, puisqu'elles ne peuvent être non plus aperçues par le regard de l'homme ? Vous parlez absolument comme s'il était au pouvoir de l'homme de comprendre la manière dont les vertus célestes sont invisibles ; ou comme si c'était pour nous un devoir de le rechercher, lorsque l'Écriture nous donne cet avertissement : «Ne recherchez point ce qui est au-dessus de vous (Eccli. III, 22.) ». Vous ne tenez point compte vous-même de cette recommandation, puisque vous avez eu la hardiesse de prétendre que les anges sont vus par les archanges, mais non les archanges par les anges. Il suffit que j'aie démontré l'inconséquence où l'on tomberait, en croyant que le Fils est visible dans sa nature divine, parce que l'Écriture contient ces mots: « Au seul Dieu invisible (I Tim. I, 17.)», Appliquant ce texte au Père, vous en tiriez la conclusion que le Fils n'est pas invisible, et cela, en dépit de l'Écriture, qui le proclame le créateur même des choses invisibles. Voici toutefois l'argument qui vous reste : Ils sont tous deux, le Père et le Fils, invisibles, mais le Père est invisible à un degré supérieur; or, en donnant ainsi au Père quelque chose qui n'appartient pas au Fils, vous faites de ce même Fils un menteur, car il dit : « Tout ce qu'a mon Père est à moi (Jean, XVI, 15.) ».

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mer 18 Mai - 12:05

CHAPITRE XII. LE FILS EST TOUT-PUISSANT COMME LE PÈRE.



3. Vous tenez le même langage au sujet de la puissance du Fils ; vous accordez qu'il a la puissance en partage, mais vous en attribuez une plus grande au Père : ainsi, d'après vos maîtres et vos docteurs, celui qui est puissant aurait pu engendrer un être puissant, mais le Tout-Puissant n'aurait pu engendrer un être tout-puissant. Il suit de là que, si le Père possède la toute-puissance, et que le Fils ne l'ait pas, celui-ci ment quand il dit : « Tout ce qu'a mon Père est à moi ». De plus, si le Père fait quelque chose que le Fils ne peut pas faire, il est juste de dire que le Père est plus puissant que le Fils ; mais comme il a dit « Tout ce que fait le Père, le Fils le fait également (Id. V, 19.) », le meilleur, n'est-il pas de s'en rapporter à lui plutôt qu'à vous, de croire à ses enseignements plutôt qu'à vos erreurs ? Mais, dites-vous, le Père ne tient sa puissance de personne, tandis que le Fils l'a reçue du Père. Nous confessons, nous aussi, que le Fils tient sa puissance de celui dont il est né, et que nul n'a donné la puissance au Père, parce que nul ne l'a engendré. Le Père a donné la puissance au Fils en l'engendrant, de même que tout ce qu'il a dans sa substance, il l'a, par le fait de la génération, donné à celui qu'il a engendré de sa propre substance. Mais la question est de savoir si le Père a donné au Fils une puissance égale ou inférieure à la sienne. S'il a donné une puissance égale, alors il faut dire, croire et entendre, non plus que celui qui est puissant a engendré un être puissant, mais que le Tout-Puissant a engendré un être tout-puissant; et s'il lui a donné une puissance inférieure à la sienne, comment alors tout ce qu'à le Père, appartient-il au Fils? Si la toute-puissance du Père n'appartient pas au Fils, comment « tout ce que fait le Père, le Fils le fait-il également ? » c'est chose impossible, à moins qu'il ne soit tout-puissant.

2. Et quand l'Apôtre dit : « Celui qui est heureux et seul puissant », je ne suis pas obligé d'entendre ces paroles du Père exclusivement, mais de Dieu, en d'autres termes, de la Trinité elle-même. Voici en effet ce qu'il écrit à Timothée : « Je vous ordonne devant Dieu qui fait vivre toutes choses, et devant Jésus-Christ qui a attesté par sa mort l'excellente confession qu'il avait faite sous Ponce-Pilate, de garder ces préceptes sans tache et sans reproche, jusqu'à l'avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que doit manifester en son temps Celui qui est heureux et le seul puissant, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs ; qui seul possède l'immortalité, et habite une lumière inaccessible ; que nul homme n'a vu et ne peut voir, à qui est honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen (I Tim. VI, 13-16.) ». Je ne vois rien à ces paroles qui ne convienne à la Trinité. Mais sans parler ici de l'Esprit-Saint, dont vous ne voulez pas même faire un Dieu inférieur au Fils, parce que vous lui refusez absolument la divinité, il suffit que nous vous convainquions de l'égalité qui existe entre le Père et le Fils. De ce que l'Apôtre dit : « Je vous jure devant le Dieu qui donne la vie à tout », s'ensuit-il en effet que le Père seul donne la vie, à l'exclusion du Fils ? Si vous dites que le Père seul donne la vie à toutes choses, comment donc « tout ce que fait le Père, le Fils le fait-il également ? » Car, selon vous, le Père donne la vie à toutes choses, et le Fils ne le fait pas. Après cela, quand il dit : « Comme le Père ressuscite les morts et leur rend la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il lui plaît (Jean, V, 21.) » ; comment cela s'accorde-t-il avec la vérité, si le Père donne la vie à toutes choses, à l'exclusion du Fils ? Par conséquent, lorsque l'Apôtre ajoute : « Et devant Jésus-Christ qui a attesté par sa mort l'excellente confession qu'il a faite sous Ponce-Pilate », il entend parler proprement du Fils ; car bien que le Fils donne la vie à toutes choses comme le Père, nous savons que ce n'est pas le Père, mais le Fils qui a souffert sous Ponce-Pilate dans sa nature de serviteur. L'Apôtre ajoute : « Gardez ces préceptes sans tache et sans reproche, jusqu'à l'avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que doit manifester en son temps Celui qui est heureux et seul puissant » : ce qui sera manifesté, c'est l'avènement de Jésus-Christ ; et celui qui fera cette manifestation, c'est Dieu, et non pas le Père seul, car, suivant la vérité, et non suivant votre erreur, la Trinité est un seul Dieu, « heureux et seul puissant, Roi des rois et « Seigneur des seigneurs ». Est-ce que par hasard vous oseriez encore refuser au Fils le titre de Roi des rois et de Seigneur des seigneurs ? Mais, entre autres choses, voici ce qui est écrit de lui dans l'Apocalypse de Jean « Et c'est lui qui foule la cuve de vin de celui qui est puissant, et il porte écrit sur son vêtement et sur sa cuisse : Le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs (Apoc. XIX, 15, 16. ) ». Mais de peur que vous n'objectiez que: ce nom, écrit sur le vêtement et sur la cuisse du Fils, c'est le nom du Père, on lit plus haut dans un autre endroit du même livre : « Et l'Agneau les vaincra, parce qu'il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois (Id. XVII, 14.) ». Selon vous, il y a donc deux rois des rois et deux seigneurs des seigneurs ; et si on l'entend du Père exclusivement, ce texte de l'Apôtre : « Celui qui est heureux et seul puissant, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs », va contre vous. Mais, suivant la vraie foi, la Trinité est un seul Dieu, « qui est heureux et seul puissant, Rois des rois et Seigneur des seigneurs, qui possède seul l'immortalité, et habite une lumière inaccessible ». Et comment serait-il vrai de dire : « Approchez de lui, et vous serez éclairés (Ps. XXXIII, 6.) », si cela ne signifie pas que personne n'est capable de trouver ces lumières en lui-même, s'il en a la présomption, mais que c'est un don de Dieu ? Or, on dit que Dieu seul possède l'immortalité, parce que seul il est inaccessible au changement. Le changement est en effet une sorte de mort dans tout être qui est sujet à changer, parce qu'il fait que quelque chose qui était en lui, cesse d'être. L'âme de l'homme elle-même, que l'on dit immortelle, parce qu'elle ne cesse point en quelque sorte de vivre suivant son mode propre, éprouve cependant une sorte de mort en rapport avec sa nature: car, si elle pèche après avoir bien vécu, elle meurt à la justice ; et si elle revient à la justice après avoir été pécheresse, elle meurt au péché ceci soit dit, sans préjudice de ses autres modifications, dont il serait trop long de parler ici. La nature des créatures célestes a pu mourir également, parce qu'elle a pu commettre le péché : car les anges mêmes ont péché, et sont devenus ces démons dont le diable est le chef. Et ceux qui n'ont pas commis le péché, ont pu aussi le commettre. Et toute créature raisonnable qui est impeccable, ne le tient pas de sa nature, mais de la grâce divine. Conséquemment Dieu seul possède l'immortalité ; sans le devoir à personne, mais en vertu de sa nature, il n'a pu et ne peut subir aucun changement, il n'a pu et ne pourra pécher par suite de quelque changement. Sous le rapport de sa nature divine, « nul homme ne l'a vu et ne peut le voir » ; mais il pourra un jour le contempler, s'il est du nombre de ceux dont il est dit : « Heureux ceux qui ont le coeur pur, parce qu'ils verront Dieu (Matt. V, 8.) ». A ce Dieu, c'est-à-dire, au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, à la Trinité qui est un seul Dieu, honneur et gloire dans les siècles des siècles. Amen.

3. Mais loin de nous de prétendre, à votre exemple, que le Père est plus puissant que le Fils, parce que le Père a engendré un créateur, et que le Fils n'a pas fait la même chose. Ce n'est pas qu'il n'en ait pas été capable, mais c'est qu'il n'a pas dû le faire. Car la génération n'aurait point de bornes, si le Fils, qui est engendré, engendrait lui-même un petit-fils au Père : en effet, si le petit-fils, à son tour, n'engendrait pas un arrière-petit-fils à son aïeul, il faudrait, d'après votre admirable sagesse, l'accuser d'impuissance. De même encore, s'il n'engendrait pas un petit-fils à son grand-père, et un arrière-petit-fils à son bisaïeul, vous ne l'appelleriez pas tout-puissant; la suite des générations demeurerait ainsi incomplète, si l'un donnait toujours naissance à un autre; et nul ne la complèterait, si un seul ne pouvait y suffire. Donc le Tout-Puissant a engendré le Fils tout-puissant, parce que « tout ce que fait le Père, le Fils le fait également ». Car la nature du Père a engendré, elle n'a pas fait le Fils.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Jeu 19 Mai - 12:41

CHAPITRE XIII. LE FILS EST SAGE COMME LE PÈRE.



1. Votre erreur est la même au sujet de ce texte de l'Apôtre : « A Dieu, qui est le seul sage »; mais notre réponse, à propos de la sagesse, ne sera pas autre que celle qui concerne là puissance. Si l'Apôtre avait dit : Au Père qui est le seul sage, il n'aurait pas par cela même séparé le Fils du Père. Car si l'Apocalypse rapporte que le Fils « portait écrit un nom que nul ne connaît que lui (Apoc. XIX, 12. ) », est-ce qu'il s'ensuit que le Père, inséparable comme il l'est de son Fils, ne connaît point ce nom? De même donc que le Père sait aussi bien que le Fils ce que celui-ci est proclamé savoir à lui seul, parce qu'ils sont inséparables ; de même, lorsque le texte porterait : Au Père qui est le seul sage, il faudrait l'entendre aussi du Fils, par la raison qu'ils sont inséparables. Mais comme le texte, au lieu de : Au Père qui est le seul sage, porte: « Au seul Dieu sage », et que la Trinité est un seul Dieu, la solution de la difficulté est beaucoup plus facile pour nous; nous entendons que la sagesse appartient à Dieu seul, comme nous avons entendu que la puissance appartient à lui seul, c'est-à-dire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, qui est le seul et unique Dieu, que nous devons servir uniquement ; nous craindrions de suivre une autre interprétation, qui serait fausse, ou plutôt de n'avoir point l'intelligence du texte et de paraître violer ce précepte, en rendant au Christ le culte dû à Dieu.

En effet, l'Ecriture ne dit pas : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu qui est le Père, et tu le serviras de préférence; en sorte qu'il nous serait aussi permis d'adorer le Fils, mais à la condition de rendre au Père un culte plus parfait comme à un Dieu plus grand, et un culte moindre au Fils, comme à un Dieu moins parfait ; mais il est dit : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul (Deut. VI, 13.) c'est-à-dire le seul Dieu tout-puissant, le seul Dieu sage ; c'est ainsi que vous êtes confondus par ce texte, vous qui refusez de reconnaître qu'il n'y a qu'un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, et déclarez que l'unique Seigneur Dieu, que nous devons servir, c'est Dieu le Père, tout en admettant que le Fils est Dieu et Seigneur : de cette manière, vous professez ouvertement qu'il y a deux dieux et deux seigneurs, l'un plus grand, et l'autre moindre ; et, conformément à la logique de votre erreur, vous vous montrez coupable de la violation de ce précepte, car vous rendez, non-seulement au plus grand, mais encore au moindre, le culte qui est dû au Seigneur Dieu.

2. C'est à la fin de son épître aux Romains, que l'Apôtre emploie ces paroles : « A Dieu, qui est le seul sage », lorsqu'il s'exprime ainsi : « A celui qui est puissant pour vous affermir dans l'Evangile que j'annonce et dans la doctrine de Jésus-Christ, laquelle vous a été prêchée conformément à la révélation du mystère qui, étant demeuré caché dans tous les siècles passés, a été découvert maintenant par les Ecritures prophétiques, selon l'ordre du Dieu éternel, et est venu à la connaissance de tous les peuples, afin qu'ils obéissent à la foi; à Dieu, qui est le seul sage, gloire dans tous les siècles par Jésus-Christ. Amen (Rom. XVI, 25-27.) ». Ce qui veut dire : « A celui qui est puissant pour vous affermir, à Dieu, qui est seul sage, gloire dans tous les siècles». Mais ces mots intercalés dans le texte, « par Jésus-Christ », faut-il les entendre en ce sens que Dieu seul est sage par Jésus-Christ, c'est-à-dire que Dieu est sage, non par participation, mais par génération dé la sagesse, qui est Jésus-Christ; ou bien, différemment, faut-il les entendre en ce sens: A Dieu, qui est le seul sage, gloire par Jésus-Christ? c'est une question à éclaircir. Mais qui oserait prétendre que Dieu le Père tient sa sagesse du Fils, puisqu'il n'est pas douteux que la sagesse est inhérente à sa substance, et que la substance du Fils vient plutôt du Père, qui l'a engendré, que la substance du Père ne vient du Fils, qui a été engendré par lui ? Reste donc la seconde hypothèse, c'est-à-dire que, gloire soit par Jésus-Christ à Dieu, qui est le seul sage, ce qui veut dire, avec tout l'éclat et la manifestation extérieure, par lesquels la Trinité divine s'est fait connaître aux nations : l'Apôtre dit : « Par Jésus-Christ », parce que (pour ne citer que cette raison) c'est Jésus-Christ qui a donné l'ordre de baptiser les nations au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit (Matt. XXVIII, 19. ), et que c'est alors que la gloire des trois personnes divines a brillé avec plus d'éclat. Par conséquent, si l'on dit que Dieu, qui est la Trinité elle-même, est le seul sage, c'est qu'il a seul la sagesse qui lui est substantielle, et non accidentelle ou partielle, comme celle qui appartient à une nature raisonnable. Quant à cette particule du texte « à qui », mise pour « à lui soit la gloire », quand il aurait suffi de dire : Que la gloire soit à lui, elle marque une locution inusitée dans notre langue; elle n'infirme pas le sens que nous recherchons ou sur lequel nous sommes en suspens. Qu'importe en effet pour le sens, qu'on dise : Que la gloire soit à lui; ou : A qui soit la gloire par Jésus-Christ? Car, « par Jésus-Christ à lui soit la gloire », revient à dire : A lui soit la gloire par Jésus-Christ. Seulement l'une des deux constructions est usitée, et l'autre ne l'est pas.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Ven 20 Mai - 8:56

CHAPITRE XIV. DE LA PROCESSION DU SAINT-ESPRIT.



1. Vous me dites : Si le Fils est de la même substance que le Père, le Saint-Esprit est aussi de la substance du Père : pourquoi alors l'un est-il Fils, et l'autre non? (Matt. XXVIII, 19.) Voici ma réponse, que vous la compreniez, ou que vous ne la compreniez pas. Le Fils vient du Père, le Saint-Esprit vient du Père; mais l'un est engendré, et l'autre procédant: c'est pourquoi l'un est le Fils du Père, duquel il est engendré ; et l'autre est l'Esprit du Père et du Fils, parce qu'il procède de l'un et de l'autre. Mais quand il parle de l'Esprit-Saint, le Fils dit : « Il procède du Père (Jean, XV, 26.) », parce que le Père, qui a engendré un tel Fils, est auteur de cette procession, et qu'en l'engendrant, il lui a accordé que l'Esprit-Saint procéderait aussi de lui. En effet, s'il ne procédait pas aussi de lui, il n'aurait pas dit à ses disciples : « Recevez le Saint-Esprit», et il ne l'aurait pas donné en soufflant sur eux (Id. XX, 22.), l'expiration et l'aspiration étant une action symbolique, qui figurait la procession du Saint-Esprit de Jésus-Christ et la communication qu'il en faisait. Que si l'Esprit-Saint naissait, ce ne serait donc pas du Père seul, ni du Fils seul, mais de l'un et de l'autre; il serait certainement appelé le fils de l'un et de l'autre. Or, comme il n'est aucunement leur fils, il n'a pas dû naître de l'un et de l'autre. Il est donc leur Esprit, en procédant d'eux. Mais, en parlant d'une nature si excellente, qui pourra dire la différence qui existe entre naître et procéder? Tout ce qui procède ne naît pas, quoique tout ce qui naît procède ; de même que tout ce qui est bipède n'est pas homme, quoique tout ce qui est homme soit bipède. Voilà ce que je sais quant à distinguer entre la génération de l'un et la procession de l'autre, je ne le sais, je ne le puis, je ne m'en sens pas capable. Et comme ces deux choses sont ineffables, suivant cette parole du Prophète relative au Fils : « Qui racontera sa génération (Isaïe, LIII, 8. )? » il est parfaitement vrai de dire du Saint-Esprit : Qui racontera sa procession? Qu'il nous suffise donc de savoir que le Fils n'est pas par lui-même, mais par celui de qui il est né; que le Saint-Esprit n'est pas par lui-même, mais par celui dont il procède. Et comme il procède de l'un et de l'autre, ainsi que nous l'avons démontré, on l'appelle l'Esprit du Père, d'après ce passage : « Si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus-Christ d'entre les morts, habite en vous » ; et l'Esprit du Fils, d'après cet autre passage : « Celui qui n'a pas l'Esprit de Jésus-Christ, celui-là ne lui appartient pas (Rom. VIII, 11, 9. ) ». Car il n'y a pas deux Esprits-Saints, appartenant chacun à l'un d'eux, l'un au Père et l'autre au Fils, mais il n'y a qu'un seul Esprit du Père et du Fils : c'est de cet Esprit unique qu'il est écrit: « Car nous avons tous été baptisés dans le même Esprit, pour n'être qu'un même corps, soit Juifs ou Gentils, soit esclaves ou libres; et nous avons tous reçu un même Esprit (I Cor. XII, 13.) ». Et ailleurs: « Un seul corps et un seul esprit (Eph. IV, 4.) ».

2. Le Fils est consubstantiel au Père. Qu'est-ce donc que cette Trinité, si elle n'est pas d'une seule et même substance ? Car le Fils ne vient pas de quelque créature ou du néant, mais de celui qui l'a engendré; et de même le Saint-Esprit ne vient pas de quelque créature ou du néant, mais de celui dont il procède. Mais vous ne voulez pas que le Fils soit engendré de la substance du Père, et pourtant vous reconnaissez qu'il ne vient pas du néant, ou de la matière, mais du Père. Et vous ne voyez pas combien il est nécessaire que celui qui ne vient pas du néant, ni de quelque autre chose, mais de Dieu, ne puisse pas être autrement que de la substance de Dieu et être ce qu'est Dieu dont il vient, c'est-à-dire, Dieu de Dieu. Par conséquent, étant né Dieu de Dieu, parce qu'il n'a pas été autre chose auparavant; mais que sa nature est coéternelle à celle de Dieu, il n'est pas autre chose que celui dont il tire son origine, c'est-à-dire, qu'il est d'une seule et même nature, ou d'une seule et même substance. Quand nous vous disons ces choses, je ne sais où vous avez l'esprit, pour imaginer que nous disons du Fils qu'il est né du Père à la manière des créatures corporelles: et comme celles-ci naissent corruptibles, vous nous accusez d'attribuer à la génération du Fils unique par le Père, les douleurs et la corruption de la créature mortelle. Plein des pensées de la chair, vous n'imaginez pas que la substance divine puisse engendrer d'elle-même le Fils, à moins d'éprouver le laborieux enfantement de la créature. Vous êtes dans l'erreur, faute de savoir les Ecritures et de connaître la puissance de Dieu (Matt. XXII, 29.). Quand vous lisez ce texte: « Afin que nous soyons dans son vrai Fils, Jésus-Christ (I Jean, V, 20.)», pensez qu'il s'agit du véritable Fils de Dieu. Mais vous ne le pensez nullement, si vous niez que ce Fils soit né de la substance du Père. Car était-il déjà Fils de l'homme, avant de devenir, par un don d'en haut, Fils de Dieu, né de Dieu en vérité, mais par grâce, et non par nature? Ou bien, quoique n'étant pas Fils de l'homme, était-il par hasard une autre créature quelconque, devenue ensuite Fils de Dieu, par une transformation que Dieu aurait opérée? Si rien de cela n'est vrai, il est donc né du néant ou de quelque substance. Mais de peur que nous ne croyions que, selon vous, le Fils est sorti du néant, vous nous avez délivré de ce souci: vous avez affirmé que telle n'est pas votre opinion. Il vient donc de quelque substance. Si ce n'est pas de celle du Père, de laquelle? dites-le. Mais vous ne le trouvez pas. N'hésitez donc pas à confesser avec nous que le Fils de Dieu, Jésus-Christ Notre-Seigneur, est consubstantiel au Père.

3. Continuation du même sujet. Le Père et le Fils sont donc d'une seule et même substance. C'est là cet omoúsion, que les Pères catholiques ont établi dans le concile de Nicée contre les hérétiques ariens, sur l'autorité de la vérité et sur la vérité de l'autorité: quoiqu'il reposât sur l'antique foi, il ne fut point compris comme il le devait être au concile de Rimini, en raison de la nouveauté de l'expression; la ruse de quelques-uns trompa la bonne foi du plus grand nombre, et l'impiété hérétique s'efforça d'en fausser le sens sous l'empereur Constance, fauteur de l'hérésie. Mais, peu de temps après, lorsque la liberté de la foi catholique eut prévalu ; quand on eut saisi, comme il le fallait, la valeur de cette expression, cet omoúsion fut défendu par tout l'univers et partout ce qui gardait la vraie foi catholique. Que veut dire en effet omoúsion, sinon d'une seule et même substance ? Que signifie, je le répète, omoúsion, sinon: « Mon Père et moi nous sommes une même chose (Jean, X, 30.) ? » Mais, pour ne rien préjuger, vous ne devez pas maintenant alléguer le concile de Rimini, ni moi celui de Nicée. Leur autorité, pour le moment, ne fait pas loi pour nous; que l'affaire, que la cause, que le débat s'éclaircisse par les passages extraits des Ecritures, non point en présence de témoins propres à chacun des partis, mais en présence de témoins communs à tous les deux. Nous lisons les uns et les autres: « Afin que nous soyons dans son véritable Fils Jésus-Christ : il est vrai Dieu et la vie éternelle ». Inclinons-nous les uns et les autres devant des témoignages de ce poids. Dites-moi donc si ce vrai Fils de Dieu, qui est différent de ceux qui ne portent ce nom que par grâce, est de quelque substance, ou non. Je ne dis pas, répondez-vous, qu'il ne soit d'aucune substance, de peur que cela ne signifie qu'il est sorti du néant. Il est donc de quelque substance, de laquelle ? je vous le demande. Si ce n'est pas de la substance du Père, cherchez-en une autre. Si vous n'en trouvez pas d'autre, parce que c'est absolument impossible, alors reconnaissez en lui la substance du Père, et confessez que le Fils est consubstantiel au Père. La chair naît de la chair, l'enfant de la chair naît de la substance de la chair. Ne nous parlez plus de ce qui est corruptible ; ôtez de votre esprit les épreuves que subit la chair, et par les créatures, voyez et comprenez les perfections invisibles de Dieu (Rom. I, 20.). Ce Créateur, qui a donné à la chair d'engendrer la chair, et aux parents d'engendrer de la substance de la chair de vrais enfants de la chair, de sorte que les enfants sont d'une seule et même substance que leurs parents, croyez qu'il a été beaucoup plus en son pouvoir d'engendrer de sa substance un Fils véritable et d'avoir avec ce vrai Fils une seule et même substance, douée d'une incorruptibilité spirituelle permanente et infiniment éloignée de la corruption de la chair.

4. Continuation. Quant à ce que vous dites de l'âme, je n'y comprends rien. Voici en effet vos propres expressions: « Vous rapprochez cette grandeur incomparable, non pas d'une âme noble, mais d'un corps fragile. Du corps naît certainement une chair, un fils corporel : l'âme cependant ne naît pas de l'âme ». Après cette sorte de définition, qui est de vous, vous affirmez de nouveau que l'âme engendre des fils. « Si donc », ajoutez-vous, « notre âme engendre d'une manière incorruptible et impassible et sans éprouver aucune diminution ni de souillure quelconque; mais qu'elle engendre légitimement un fils conformément aux lois divines, et que la sagesse elle-même conserve son intégrité en s'accommodant aux exigences du corps: à combien plus forte raison la même chose convient-elle au Dieu tout-puissant ! » Et un peu plus loin vous dites : « A combien plus forte raison Dieu le Père, qui est incorruptible, engendre-t-il le Fils d'une manière incorruptible ! » Je l'ai déjà observé, je ne comprends pas ce que vous voulez dire de l'âme, quand vous dites d'abord que l'âme ne naît point de l'âme, et ensuite que l'âme engendre un fils d'une manière incorruptible. Si elle engendre une âme, comment l'âme ne naît-elle point de l'âme ? Si elle engendre de la chair, c'est à vous de voir comment la chair est un vrai fils de l'âme. Le Christ, à propos duquel vous avez imaginé cette comparaison, est effectivement vrai Fils de Dieu. Mais si, en disant que l'âme engendre un fils d'une manière incorruptible, vous avez voulu l'entendre dans le sens de ce passage de l'Apôtre : « Je vous ai tous engendrés par l'Evangile en Jésus-Christ (I Cor. IV, 15.) » ; pourquoi ne remarquez-vous pas que ces âmes existaient déjà, dans leur ancien genre de vie, et que l'Apôtre les a engendrées en les renouvelant par l'Evangile ? Or, le Verbe de Dieu, Dieu lui-même et Fils unique de Dieu, nous l'avons déjà dit, n'a pas été quelque chose antérieurement et n'a pas été engendré de nouveau par le Père, mais il a été toujours avec le Père, comme il est toujours et sera éternellement engendré par l'Eternel d'une manière admirable et au-dessus de toute expression. Mais si vous avez imaginé cette comparaison inconvenante, pour en arriver à dire que Dieu le Père a engendré d'une manière incorruptible, ne vous donnez pas tant de peine : je confesse absolument que Dieu le Père a engendré d'une marnière incorruptible, mais qu'il a engendré ce qu'il est lui-même. Car je répète ici encore ce qu'il faudra souvent vous redire : Ou le Fils de Dieu est né de quelque substance, ou il n'est né d'aucune. Dans la seconde hypothèse, il est donc sorti du néant: ce que vous ne voulez pas dire, nous le savons déjà. S'il est né de quelque substance, et que ce ne soit pas de celle du Père, il n'est donc pas son véritable Fils. Et s'il est né de la substance du Père, le Père et le Fils sont d'une seule et même substance. Mais comment prétendez-vous que le Père n'a rien retranché au Fils, si tout en étant de la même substance, le Fils est cependant inférieur au Père et ne peut croître comme un enfant?

5. De l'immortalité commune aux trois personnes divines. Au sujet de l'immortalité de Dieu, déjà précédemment j'ai fait voir que l'Apôtre attribue le privilège de l'immortalité, non pas au Père, mais à Dieu, qui est le Père, et le Fils et le Saint-Esprit; j'ai alors cité en entier tout le texte de l'Apôtre, et je l'ai expliqué.

6. De l'égalité du Fils avec le Père. Il vous déplaît de nous entendre dire que le Fils est égal au Père: comme s'il pouvait y avoir quelque inégalité dans celui qui est le vrai Fils de Dieu et n'est pas né dans le temps, mais est coéternel à celui qui l'a engendré, comme l'éclat qui naît du feu se manifeste au même moment que le feu qui l'engendre. Mais, dites-vous, le Fils de Dieu a le Père pour auteur. Si par là vous voulez dire que le Père a engendré, et que le Fils est engendré; que celui-ci vient du Père, et que le Père ne vient pas du Fils; je suis d'accord avec vous, je vous le concède. Mais si vous voulez en conclure que le Fils est inférieur et le Père plus grand, et que le Fils n'est pas de la même substance que le Père; je repousserai avec horreur vos assertions: car un fils de l'homme lui-même, en tant qu'il est fils, a pour auteur le père à qui il doit le jour; ci cependant ce n'est pas un motif pour qu'il ne soit pas de la même substance que son père; et quoiqu'il soit plus petit que son père, il peut néanmoins avec le temps parvenir à la ressemblance et à la force de celui-ci, quoi qu'elle ne doive pas se trouver semblable de tout point, attendu que le père décroît avec la vieillesse. C'est ainsi en effet que ce qui est mortel doit varier avec l'âge, parce que la naissance est dans le temps, au lieu d'être éternelle. Il n'en est pas de même de celle du Fils : le Fils ne prend point d'accroissement, et le Père ne vieillit point. C'est pourquoi ils ne diffèrent point d'âge ; car il n'y a point d'âge, où il s'agit d'éternité : c'est pourquoi ils ne diffèrent point de forme, parce que le vrai Fils n'est pas né pour prendre de l'accroissement, mais est né égal à son Père, pour ne pas être un Fils dégénéré. Il faut donc proclamer que la naissance divine est beaucoup meilleure et plus parfaite que la naissance humaine, grâce à l'incorruptibilité et à l'inviolabilité de la génération : il ne faut pas néanmoins qu'elle soit moins parfaite, en raison de la diversité de nature.

7. Continuation du même sujet. Mais, dites-vous, le Fils a reçu la vie du Père. Oui, comme celui qui est engendré la tient de celui qui l'a engendré. « Tout ce qu'a mon Père, dit le Sauveur, est à moi (Jean, XVI, 15.) ». Donc, tout ce qui appartient au Père, l'un en engendrant l'a donné, et l'autre l'a reçu en naissant. Et l'un n'a rien perdu pour avoir donné de ce qu'il avait, et l'autre n'a pas reçu étant déjà né et dans un état d'indigence; mais de même que le Père est demeuré en possession de tout, lorsqu'il eut donné au Fils tout ce qu'il avait, ainsi le Fils n'a jamais été sans posséder tout ce qu'il a reçu comme Fils; non pas dans un état d'indigence, mais en naissant : car il n'a jamais pu ne pas être né, et ce sans quoi il n'est pas né et d'une manière immuable, il l'a possédé toujours, parce que toujours il a été né. En effet, s'il y a quelque chose que le Père n'ait pas donné au Fils, le Fils nous a trompés quand il a dit; « Tout ce qu'a le Père est à moi ». Mais, comme il a dit vrai, il s'ensuit, nous le répétons, que le Père a donné, en engendrant, tout ce qu'il possède, et que le Fils l'a reçu en naissant. Par conséquent, le premier a donné la vie, parce qu'il a engendré la vie; le second a reçu la vie, parce qu'il est né vie : si elle est inférieure, disparate, différente, le Père n'a donc pas donné au Fils la vie, qui lui appartient. Alors comment ceci est-il la vérité : « Tout ce qu'a mon Père est à moi? » Mais qui oserait tenir ce langage : La Vérité n'a pas dit vrai ? Ainsi « comme le Père a la vie en lui-même, il a aussi donné au Fils d'avoir en lui-même la vie (Jean, V, 26. ) ». Il l'a donnée comme il l'a, en la manière qu'il la possède, telle qu'il l'a, et aussi grande qu'il l'a. Tout ce qui est au Père, appartient au Fils. Le Père n'a donc pas donné au Fils moins qu'il ne possède, et le Père n'a pas perdu la vie en la donnant au Fils, car il se maintient en possession de la vie qu'il a donnée en engendrant. Le Père est la vie, et le Fils est la vie. Et l'un et l'autre possèdent ce qu'ils sont eux-mêmes seulement l'un est la vie qu'il ne tient de personne, et l'autre est la vie qu'il tient de la vie; mais semblable, aussi grande et absolument telle que la première, parce que le Fils unique est un véritable Fils, un Fils parfait, un Dieu qui n'est pas un Fils dégénéré du Dieu unique, qui est son Père : le Fils est donc égal au Père. Tout ce que vous dites qu'il tient du Père, nous l'affirmons également: en un mot, le Père a donné, le Fils a reçu. Mais quand le Père a donné tout ce qu'il a en engendrant, il a certainement engendré son égal, parce qu'il ne lui a pas donné moins que ce qu'il a. Comment donc, de ce que l'un a donné, et l'autre reçu, concluez-vous que le Fils n'est pas égal au Père, puisque vous voyez que celui à qui tout a été donné, a reçu l’égalité elle-même? Il est vrai qu'il est écrit « Il vaut mieux donner que recevoir (Act. XX, 35.) » : mais ce texte s'applique à cette vie, où la privation se fait sentir, et où l'abondance est assurément quelque chose de meilleur. Car il est meilleur de posséder que d'être dans le besoin; de donner que de recevoir; de faire l'aumône que de mendier. Mais quand celui qui a donné, a donné en engendrant, et celui qui a reçu, a reçu en naissant, le don n'a pas été fait à quelqu'un dans le besoin, mais c'est l'abondance de tous biens qui a été engendrée elle-même. Et celui qui a reçu ne peut être inégal à celui qui a donné, parce qu'il a reçu précisément pour être son égal. En effet, celui qui a dit : « Tout ce qu'a mon Père est à moi », n'a pas moins que le Père. Il est donc son égal. Mais parce qu'il « s'est abaissé, en prenant la forme d'un esclave », sans perdre pour cela la forme de Dieu; il s'est rendu obéissant jusqu'à la mort de la croix (Philipp. II, 7, 8.) », en cette forme de serviteur, où il avait été mis un peu au-dessous des anges (Ps. VIII, 6.), tout en demeurant égal au Père en la forme de Dieu : car cette forme n'est pas sujette au changement.

8. Le Fils est égal au Père, comme Dieu; inférieur au Père, comme homme. De la mission du Fils. Dès lors, qu'y a-t-il d'étonnant que le Fils ait dit, comme vous le rappelez : « Je fais toujours ce qui plaît à mon Père (Jean, VIII, 29.) » ; et au tombeau de Lazare : « Mon Père, je vous rends grâces de ce que vous m'avez exaucé; pour moi, je savais que vous m'exaucez toujours; mais je dis ceci pour ceux qui m'environnent, afin qu'ils croient que c'est vous qui m'avez envoyé (Id. IX, 4. ) » ; et encore : « Il faut que je fasse les oeuvres de celui qui m'a envoyé (Id. IX, 4. ) » : quoi d'étonnant encore qu'avant de rompre les pains, «il ait rendu grâces à son Père (Matt. XXVI, 26 ; Marc, VIII, 6 ; Jean, VI, 11.)? » Si votre dessein était de prouver, par ces citations et d'autres semblables, que le Fils est inférieur au Père dans sa forme de serviteur, et que, dans la forme de Dieu, le Fils vient du Père, et non le Père du Fils : ce qui ressort très-souvent de ses paroles, et donne lieu à ceux qui ne les comprennent pas, de croire qu'il est inférieur au Père, même quant à sa divinité : alors vous vous conformeriez à la droite règle de la foi et vous ne contrediriez pas la vérité; vous n'iriez pas contre l'Evangile avec de pareils témoignages, mais vous en produiriez les enseignements. En effet, quelles choses plaisent au Père et ne plaisent pas au Fils? Ou bien, comment le Fils peut-il faire uniquement ce qui est agréable au Père, de qui il tient tout ce qui le rend égal à lui? Comment n'aurait-il pas rendu grâces au Père de qui il vient, surtout en sa forme de serviteur, où il est moindre que lui ? Comment celui qui, en tant que Dieu, exauce avec le Père, n'aurait-il pas prié le Père, en tant qu'homme? Quel chrétien, du reste, ignore que le Père a envoyé, et que le Fils a été l'envoyé du Père? Il fallait effectivement que l'engendré fût envoyé par celui qui lui avait donné la vie, et non le Père par celui qu'il avait engendré : or, il n'y a pas là inégalité de substance, mais l'ordre réglé par la nature des choses; non pas que l'un soit antérieur à l'autre, mais l'un né de l'autre. Il fallait donc que l'envoyé fît les oeuvres de celui qui l'avait envoyé: or, quelles sont les oeuvres du Père qui n'appartiennent pas au Fils, puisque ce Fils a dit lui-même : « Tout ce que fait le Père, le Fils le fait également (Jean, V, 18.) ? » Il dit cependant que ces oeuvres sont celles du Père : il n'oublie pas en effet qu'il est de lui : car c'est au Père qu'il doit d'exécuter ces oeuvres. Pour vous, vous donnez à ces paroles une interprétation telle, que vous croyez le Père plus grand que le Fils, parce qu'il a dit qu'un passereau ne tomberait pas sans la permission du Père (Matt. X, 29. ) : comme si ce passereau tombait sans la volonté du Fils. Est-ce que, selon vous, le Fils serait tellement inférieur au Père, qu'il n'aurait pas même le passereau en son pouvoir? Mais si vous ne voulez pas admettre pour règle, que chaque fois que vous lisez dans les saints livres des passages qui semblent établir l'infériorité du Fils relativement au Père, il faut alors les entendre de sa nature de serviteur, où il est vraiment inférieur au Père; ou les entendre, non pas en ce sens que l'un est plus grand ou plus petit que l'autre, mais que l'un vient de l'autre : si, dis-je, vous ne voulez pas vous en tenir à cette règle d'une justesse irréprochable, vous n'aurez sous aucun rapport une idée véritable du Fils de Dieu, à moins que vous n'affirmiez qu'il est de la même substance que le Père. En effet, pour parler le langage humain et me prêter à la faiblesse des hommes charnels, supposons deux hommes, le père et le fils : si le fils obéit à son père, lui demande quelque chose pour un motif quelconque et l'en remercie, puis est envoyé par son père quelque part et dit qu'il ne vient pas pour faire sa volonté, mais celle de celui qui l'a envoyé : est-ce qu'il est démontré par là que ce fils n'est pas de la même substance que son père ? Pourquoi donc, lorsque vous lisez des choses semblables au sujet du Fils de Dieu, vous hâtez-vous de commettre en paroles et en pensées cet odieux sacrilège de croire et d'affirmer qu'il n'y a pas une seule et même substance commune au Père et au Fils ?

9. Encore de la mission du Fils. Comment encore avez-vous cru devoir rappeler ce passage, où le Christ parle évidemment comme homme : « J'ai le pouvoir de quitter ma vie, et j'ai le pouvoir de la reprendre; car c'est le commandement que j'ai reçu de mon Père ? » Qu'est-ce qu'y gagne votre cause? A-t-il en effet dit autre chose que ceci: J'ai le pouvoir de mourir et de ressusciter ? Qu’a-t-il donc voulu faire entendre par ces paroles: « Personne ne me la ravit, mais c'est de moi-même que je la quitte et que je la reprends (Jean, X, 18.) », sinon qu'il ne devait pas mourir, s'il n'en avait la volonté? Aurait-il pu cependant mourir et ressusciter, s'il n'avait été homme? Mais en alléguant ce témoignage, vous l'avez fait précéder de cette réflexion : C'est assurément encore du pouvoir qu'il avait reçu du Père, qu'il disait : « J'ai le pouvoir de quitter ma vie, et j'ai le pouvoir de la reprendre », comme si, dans le cas où il n'eût pas été homme, il aurait dû donner sa vie. C'est donc comme homme, et non comme Dieu, qu'il a reçu ce pouvoir. Ce n'est pourtant pas qu'il ait dit : Ce pouvoir, mais: « C'est le commandement que j'ai reçu de mon Père ». Or, qui ne sait que, autre est un commandement, autre un pouvoir ? En effet, une chose que nous pouvons faire quand nous le voulons, est en notre pouvoir; tandis qu'un commandement nous oblige, quand il est en notre pouvoir de l'accomplir: et si nous n'avons pas encore ce pouvoir, il faut que nous le sollicitions par la prière, afin d'accomplir ce qui nous est commandé. En résumé, si vous consentez à comprendre ce qui est clair, c'est en tant qu'homme qu'il avait reçu ce pouvoir. Mais, pour répondre aux esprits amis de le dispute, je raisonnerai dans l'une et l'autre hypothèse : S'il a reçu ce pouvoir en tant qu'homme, vous voyez vous-même que ce texte ne vous sert de rien ; car si, de ce qu'il a reçu ce pouvoir du Père, vous voulez prouver que le Fils est inférieur au Père, nous ne doutons pas non plus que le Christ, en tant qu'homme, est inférieur au Père : et si vous prétendez qu'il a reçu ce pouvoir en tant que Dieu, le Père, en l'engendrant égal à lui-même, lui a donné un pouvoir sur toutes choses aussi grand que celui qui lui appartient. En effet, s'il a en pouvoir quelque chose de moins que le Père, tout ce qu'a le Père n'est pas à lui : mais comme tout cela lui appartient, il est hors de doute qu'il a un pouvoir aussi grand que le Père. C'est aussi, ou comme homme, ou comme Dieu, qu'il a reçu un commandement : si c'est comme homme, il n'y a pas à discuter, puisqu'il est sous ce rapport inférieur au Père ; si c'est comme Dieu, il n'est pas prouvé pour cela qu'il lui soit inférieur : car il a reçu ce commandement, non après en avoir senti le besoin, mais dès sa naissance. Car tous les commandements de Dieu sont dans son Verbe unique, et il les lui a donnés en l'engendrant, et non après l'avoir engendré, et pour lui donner quelque chose qui lui manquait : conséquemment il l'a engendré aussi grand que lui-même, parce qu'il a engendré de lui-même son vrai Fils, et l'a engendré parfait dans la plénitude de sa divinité, au lieu de l'engendrer perfectible avec l'âge. Mais je vous demande très-humblement pourquoi vous ne dites pas d'un homme quelconque, fils d'un autre homme, qui a reçu un ordre de son père, qu'il est par cela même d'une substance différente, tandis que vous osez nier que le Fils de Dieu soit de la substance paternelle, parce qu'il a reçu un commandement de son Père? Or, certainement, il a reçu un commandement de son Père, et néanmoins il est de la même substance que celui qui le lui a donné. Si des hommes, des pères avec leurs fils, les uns et les autres d'une même substance, accouraient pour vous entendre; si les fils n'étaient pas dégénérés à leurs propres yeux pour avoir reçu ainsi des ordres de leurs pères, qui d'entre eux pourrait supporter votre dénégation ? Mais peut-être dites-vous que ce sont des pères instruits qui ont donné des commandements à des fils sans instruction. Reportez-vous maintenant au Fils de Dieu, né Dieu de Dieu le Père, qui serait né certainement imparfait, s'il avait reçu un commandement dans son ignorance. Mais, comme il est né parfait, le Père lui a donné son commandement en l'engendrant, et le Fils l'a reçu en naissant. Car jamais le vrai Fils de Dieu n'a été dans l'ignorance, et jamais il n'y a eu un moment où il ne fût point le Fils de Dieu.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Ven 3 Juin - 14:57

CHAPITRE XV. LE FILS EST PAR NATURE CE QU'EST LE PÈRE.



1. Vous ne refusez pas au Fils la forme de Dieu, et nous niez qu'il soit égal à Dieu le Père, parce que vous vous imaginez que la forme du Père est plus parfaite que celle du Fils : comme si le Père n'avait pas lieu de donner sa forme complète au Fils, qu'il n'a pas fait de rien, ni fait d'une autre chose. Ou bien, si le Père, pouvant engendrer sa forme complète dans son Fils unique, l'a cependant engendrée moins parfaite : remarquez la conséquence de cette proposition, et revenez sur vos pas, pour ne pas être entraîné à dire que le Père est jaloux. Vous dites que le Fils est Dieu et Seigneur; mais vous faites par là même deux dieux et deux seigneurs, en dépit de l'Ecriture qui vous crie : « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est un Seigneur unique (Deut. VI, 4. ) ». Mais quel profit vous revient-il de donner au Père, dans une pensée sacrilège, une forme plus parfaite que celle que vous accordez au Fils ? Est-ce que, si l'un est plus grand, et l'autre inférieur, il n'y a pas par là même deux seigneurs et deux dieux? Si vous désirez échapper à cette erreur, alors dites que le Père et le Fils, malgré la différence que vous mettez entre eux, sont néanmoins, selon vous, non pas deux, mais un seul Seigneur Dieu. Vous dites que le Fils est né roi de son Père roi; et vous ne remarquez pas que dans le genre humain les fils de rois sont hommes, devant leur nature à des hommes, quoiqu'ils ne soient pas rois, nés de rois; et que, bien qu'ils ne partagent pas la puissance royale avec leurs pères, ils tiennent d'eux cependant une nature tout à fait semblable. Vous accordez au Fils de Dieu le royaume que vous lui faites partager avec le roi son Père, et, par une légèreté impie, vous lui refusez la nature paternelle; vous le dites inégal à Dieu le Père, lui qui « n'a pas cru commettre un larcin », c'est-à-dire, s'emparer d'un bien appartenant à un autre « en s'égalant à Dieu ; mais » néanmoins, prenant en main nos intérêts plutôt que les siens, « s'est anéanti lui-même » ; ne perdant point pour cela sa forme de Dieu, mais « prenant la forme de serviteur », en laquelle « il s'est rendu obéissant » au Père « jusqu'à la mort de la croix (Philipp. II, 6-8.) ». Vous ne voulez pas reconnaître qu'il a été en cette forme inférieur à Dieu le Père, afin d'être amené à reconnaître qu'il est égal au Père en la forme de Dieu. Pour nous, ce sont vos paroles, nous sommes appelés enfants par grâce, nous ne le sommes pas par nature : le Fils est l'unique engendré, parce qu'il est né ce qu'il est suivant la nature de sa divinité. Ces paroles, nous les revendiquons aussi pour nous. Puisque vous confessez que le Fils de Dieu est tel par nature, et non par grâce, pourquoi donc ne soutenez-vous pas qu'il est de la même nature que le Père, et ne voyez-vous pas l'incohérence de votre langage? Est-ce qu'il vous serait plus permis d'ôter au Fils du Dieu-Roi la royauté paternelle que la nature paternelle?

2. Le Christ n'est vrai Fils de Dieu, qu'à la condition d'avoir avec lui une seule et même nature, c'est-à-dire une seule et même substance, et de lui être en tout semblable. Déjà précédemment nous avons démontré, autant que nous avons cru devoir le faire, comment le Saint-Esprit est de Dieu, et cependant n'est pas son fils, parce qu'il est de Dieu, non par naissance, mais par procession. Pour nous, dites-vous, nous n'admettons pas de nature en Dieu le Père, puisqu'il n'est pas né. Et comme pour rendre raison de cette affirmation, vous ajoutez : Nous croyons ce qu'a dit le Christ : «Dieu est esprit (Jean, IV, 24.) » comme si le Christ, que vous reconnaissez pourtant pour être Fils de Dieu par nature, n'était pas esprit, en tant que Dieu. De ce que le Père est esprit, il ne s'ensuit donc pas qu'il n'ait pas de nature. Mais peut-être la lui refusez-vous, en vous fondant sur cette raison qu'il n'est pas né : car vous vous imaginez que nature vient du mot naître. Sachez donc qu'on dit de tout ce qui existe qu'il est en raison de sa substance, en d'autres termes, eu égard à sa nature. Certes, si vous ne pensez pas qu'on doive dire que le Fils est de la même nature que le Père, dites qu'il est de la même substance : cela suffit pour le besoin de notre discussion. Toutefois il est nécessaire de vous rappeler cette parole de l'Apôtre : « Vous serviez autrefois ceux qui ne sont point dieux par nature (Galates, IV, 8.) » : passage qui montre évidemment que nous servons celui qui est Dieu par nature. Voyez donc où vous placerez Dieu le Père, vous qui croyez qu'il n'est pas Dieu par nature : et s'il vous reste encore une ombre de pudeur, rougissez de honte. Voici ce que nous vous disons. Nous ne servons pas un Dieu qui ne soit pas Dieu par nature, de peur de ressembler à ceux dont il est écrit : «Vous serviez ceux qui « ne sont point dieux par nature ». Si vous voulez leur ressembler, nous demandons que tel ne soit pas votre désir et que vous reconnaissiez que Dieu le Père est Dieu par nature; nous demandons aussi, qu'après avoir professé que le Fils est son Fils, non par grâce, mais par nature, vous ne refusiez pas d'admettre qu'il est de la même nature que le Père, afin de ne pas nier qu'il soit autre chose que son vrai Fils. En effet, comment dites-vous que vous reconnaissez en lui le vrai Fils de Dieu, et que vous ne niez pas sa ressemblance avec le Père, quand vous niez qu'il soit de la même substance que le Père? De même que l'identité de substance prouve la vérité de sa filiation, ainsi la différence de substance prouve le contraire. Comment donc dites-vous que le Fils est semblable au Père, quand vous refusez de lui accorder la substance du Père ? Est-ce qu'un tableau ou une statue ne peuvent pas ressembler à l'homme? et cependant l'on ne dit pas que ces images soient fils de l'homme, parce qu'elles sont d'une substance différente. L'homme, il est vrai, a été fait à la ressemblance de Dieu; cependant, comme il n'est pas d'une seule et même substance, il n'est pas son vrai fils; et il est son fils par grâce, parce qu'il ne l'est point par nature. Si donc vous voulez professer ouvertement que le Christ est le vrai Fils de Dieu, d'abord et avant tout dites qu'il est d'une seule et même substance, pour en venir à déclarer qu'il est vrai Fils et Fils de Dieu, en tout semblable à son Père. En effet, quand vous imaginez en lui une substance différente, vous le rendez plutôt différent que semblable, et vous lui refusez absolument la qualité de vrai Fils. Vous voulez savoir en quoi l'unité et l'identité de substance peuvent servir à prouver la vérité de la filiation du Fils : quoique le fils né de l'homme soit un homme semblable à son père en certaines choses, et diffère de lui sous d'autres rapports, cependant, comme il est de la même substance, on ne peut nier qu'if soit vraiment son fils; et comme il est son vrai fils, on ne peut nier qu'il soit de la même substance. Mais vous, vous voulez que le vrai Fils de Dieu soit semblable au Père, quoiqu'il soit d'une substance différente, tandis qu'il n'y a que l'identité de substance qui puisse prouver la vérité de la filiation. En effet, voici deux hommes; quoique l'un ne soit pas le fils de l'autre, ils sont cependant d'une seule et même substance ; et l'homme, né d'un autre, le vrai fils d'un homme, ne peut être absolument d'une substance différente de celle de son père, quoiqu'il ne lui soit pas semblable en toutes choses. Quant au vrai Fils de Dieu, il est d'une seule et même substance avec,le Père, parce qu'il est son vrai Fils ; et il est en tout semblable au Père, parce qu'il est Fils de Dieu. Car il n'est pas permis de tenir le même langage au sujet du Fils de Dieu qu'au sujet des enfants des hommes ou des petits des autres êtres, et de dire que le vrai Fils est d'une même substance que le Père, mais qu'il n'est pas en tout semblable au Père. Donc, si vous voulez dire que le Christ est le vrai Fils de Dieu, confessez avec nous la foi du concile de Nicée.

3. L'esprit du Fils est de la même nature que celui du Père. Nous sommes accusés, observez-vous, d'admettre des natures différentes. Hé ! dites-vous autre chose de Dieu le Père et de Dieu le Fils? Dites-vous autre chose? Et pensez-vous vous laver de cette accusation, parce que vous vous empressez d'ajouter: Apprenez que, selon nous, le Père, qui est esprit, a engendré un esprit avant tous les siècles; qu'étant Dieu, il a engendré un Dieu? Voilà ce que vous enseignez, et en cela vous êtes dans le vrai ; mais vous passez sous silence ce qui constitue votre erreur, et une erreur exécrable. En effet, étant esprit, il a engendré un esprit, voilà une vérité ; mais, cette vérité, vous la dites avec une prétention perfide, parce qu'on dit qu'il y a des esprits de nature différente. L'Esprit de Dieu, ou autrement l'Esprit divin et l'esprit de l'homme sont effectivement d'une nature différente; et cependant l'un et l'autre sont esprits. De même, l'esprit de l'homme et l'esprit de la bête sont de différente nature; et cependant on dit l'esprit de l'un et de l'autre. On dit encore : Dieu qui est Dieu, et l'homme qui est dieu, comme dans ce passage : « Vous êtes des dieux (Ps. CXXXI, 6. ) ». C'est ainsi que Moïse fut donné pour dieu à Pharaon (Exod. VII, 1.). Et quoiqu'il l'ait de la différence entre la substance de l'homme et celle de Dieu, cependant l'un et l'autre sont appelés dieux. En vain dites-vous de Dieu le Père et de Dieu le Fils : Celui qui est esprit a engendré un esprit; c'est avec raison qu'on vous fait un reproche d'admettre entre eux des natures différentes ; et tout en disant : Un Dieu a engendré un Dieu, de ne pas écarter la différence de nature, parce que vous n'accordez pas que le Fils soit en tout semblable au Père. Car, si vous accordiez qu'il lui est en tout semblable, on comprendrait que vous admettiez comme conséquence qu'ils sont d'une seule et même nature ou substance. Si donc vous pensez à vous laver du crime qu'on vous reproche, d'admettre qu'il y ait diversité de natures entre Dieu le Père et Dieu le Fils ; de même que vous dites : Celui qui est esprit a engendré un esprit ; dites : Celui qui est esprit a engendré un esprit de même nature ou substance. De même encore que vous dites : Un Dieu a engendré un Dieu ; dites : Un Dieu a engendré un Dieu d'une même nature ou substance. Si vous croyez cela et si vous le proclamez, désormais vous ne serez plus accusé de ce chef. Mais si vous ne faites pas cet aveu, qu'importe que vous disiez : Le Père, qui n'a point véritablement pris naissance, a engendré un vrai Fils ? puisqu'il est hors de doute que le Christ n'est pas le vrai Fils de Dieu, s'il n'est d'une seule et même substance que celui qui l'a engendré.

4. Refuser au Fils et au Saint-Esprit ce qui leur est commun avec le Père, c'est nier leur divinité. Il est vrai que le Fils dit au Père : « La vie éternelle consiste à vous connaître, vous qui êtes le seul Dieu véritable et Jésus-Christ que vous avez envoyé (Jean, XVII, 3.) » c'est-à-dire, à reconnaître pour seul vrai Dieu vous et Jésus-Christ que vous avez envoyé. En appliquant ces paroles uniquement au Père, et en ne reconnaissant pour vrai Dieu que lui seul, à l'exclusion du Fils, que voulez-vous, sinon refuser d'admettre que le Fils est vrai Dieu? Mais comme le Père et le Fils ne sont pas deux dieux, mais un seul Dieu, il est indubitable que le Fils est aussi vrai Dieu, et, avec le Saint-Esprit, seul Dieu. De ce que le Saint-Esprit n'est pas nommé dans ce passage, il ne faut pas en effet s'en émouvoir, comme s'il y avait lieu de douter qu'il fût Dieu, ou vrai Dieu. C'est comme si l'on disait que le Christ ne connaît pas ce qui est en Dieu, parce que l'Apôtre a dit : « Nul ne connaît ce qui est en Dieu, que l'Esprit de Dieu (I Cor. II, 11. ) » ; car : « Nul ne sait, que l'Esprit de Dieu », revient à dire : Seul, l'Esprit de Dieu connaît ces choses. Donc, de même que le Christ n'est pas exclu de cette science, qui est censée n'appartenir qu'à l'Esprit de Dieu; ainsi l'Esprit-Saint n'est pas exclu de la qualité de seul vrai Dieu, qui est attribuée au Père et au Christ. Il en est de même de ce nom qui, dans l'Apocalypse, n'était connu que de celui qui le portait, c'est-à-dire du Christ (Apoc. XIX, 12.). Assurément le Père le connaissait aussi, et vous n'oseriez le nier; il faut en dire autant du Saint-Esprit, en dépit de vos dénégations : « Car cet Esprit sonde tout, même les profondeurs des secrets de Dieu (I Cor. II, 10.) » ; à moins que vous ne lui refusiez l'intelligence, parce qu'il est dit qu'il sonde : mais alors il faudra nier que Dieu pénètre les cœurs et les reins des hommes, parce qu'il est écrit « Dieu sonde les reins et les coeurs (Ps. VII, 10.) ». De ce que Dieu le Père et Jésus-Christ sont appelés le seul Dieu, il ne s'ensuit donc nullement que le Saint-Esprit ne soit pas aussi véritablement Dieu. Mais le Fils ne dit pas, comme cela vous le semble, que le Père est le seul Dieu puissant, sage et bon. La Trinité est le seul et unique Dieu, comme le démontrent les raisons que nous avons fréquemment exposées plus haut.

5. Dieu a pu engendrer son Fils égal à lui-même : donc il l'a engendré tel. Dieu le Père, dites-vous, a engendré Dieu le Fils non perfectible, mais parfait : en cela vous dites vrai. Mais quand vous refusez d'égaler la perfection du Fils à la perfection du Père, vous êtes dans l'erreur, et vous vous mettez en contradiction avec la Vérité même qui est le Fils. Si, dites-vous, l'homme pouvait engendrer un fils parfait, il n'engendrerait pas un petit enfant, qui ne pourrait accomplir la volonté de son père qu'après de longues années. Vous tenez ainsi contre vous-même le langage de la plus pure vérité. Pour ne pas vous contredire, admettez donc l'égalité du Père et du Fils. Car, si cela était en son pouvoir, l'homme lui-même engendrerait tout de suite un fils égal à lui, et il n'attendrait pas les années pour que son fils fût capable de mettre ses volontés à exécution. Pourquoi donc Dieu n'aurait-il pas engendré son Fils égal à lui-même, puisque les années ne lui sont pas nécessaires à cet effet, et que la toute-puissance ne lui fait pas défaut? ou bien, par hasard, ne l'aurait-il pas voulu? Alors, chose incroyable, il serait donc jaloux. Mais il ne l'est pas : donc il a engendré son Fils égal à lui-même. Il suit de là qu'ils sont d'une seule et même substance, puisque l'homme, qui n'engendre pas son égal, parce qu'il n'en a pas le pouvoir, engendre cependant un fils de la même substance que lui-même. Sans cela, il ne serait pas son véritable fils. Comment donc dites-vous : Le Père a engendré son Fils tel qu'il est maintenant et qu'il demeurera sans fin ? Vous parleriez comme il faut, si vous ne niiez pas l'égalité du vrai Fils de Dieu avec son Père. Mais quand vous le dites parfait, et niez qu'il soit égal au Père, affirmant en même temps qu'il demeure sans fin tel qu'il est né, évidemment vous faites entendre que le Fils demeure toujours dans un état d'infériorité relativement au Père. Ainsi le fils né de l'homme vient au monde inférieur à son père; et comme il naît dans un état imparfait, il arrive avec l'âge à atteindre la forme de son père : le Fils de Dieu naît inférieur au Père; et parce qu'il est né parfait et immortel, il ne reçoit aucun accroissement, mais sa perfection même le condamne éternellement à ne pouvoir atteindre la perfection du Père. Voilà ce que vous croyez, ce que vous dites; et, chose plus déplorable encore, ce que vous enseignez. Mais, dites-vous, les auditeurs ont la liberté de choisir entre les deux: ou l'obéissance du Fils, qui « s'est anéanti, en prenant la forme de serviteur », et à qui le Père « a donné un nom au-dessus de tous les noms (Philipp. II, 7, 9.) » ; ou votre interprétation. Point du tout : les auditeurs, à qui le Seigneur donne l'intelligence, ne choisissent pas entre la deux, mais admettent ces deux vérités, je veux dire, l'obéissance du Fils à l'égard du Père, et notre interprétation, ou plutôt, notre exposé, où nous faisons voir qu'en obéissant en sa forme de serviteur, il n'a pas perdu la forme de Dieu, dans laquelle il est égal au Père. Pour vous, comprenez l'outrage que vous faites au Fils de Dieu, quand vous lui attribuez l'obéissance, pour en venir à déprécier sa nature divine.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Lun 6 Juin - 12:35

CHAPITRE XVI. JÉSUS-CHRIST, PARLANT COMME HOMME, A DIT DE SON PÈRE QU'IL EST SON DIEU : ET EN CELA IL A DIT VRAI.



1. Quand m'avez-vous entendu dire que le Fils a dit de son Père qu'il est son Dieu, par égard pour les Juifs, et cela par humilité, non point conformément à la vérité? Vous n'avez jamais pu entendre sortir ces paroles de ma bouche, parce que je ne les ai jamais prononcées; mais j'ai dit formellement que le Christ parlait ainsi, eu égard à sa forme de serviteur. Or, comme sa forme de serviteur est elle-même réelle et vraie, il a dit avec vérité que son Père était aussi son Dieu, eu égard à sa forme de serviteur, et en cela il n'a pas eu recours à une feinte humilité. Qu'est-ce en effet qu'une humilité qui se produit aux dépens de la vérité? Mais vous avez fait tous vos efforts pour réfuter cette vérité d'une certitude irréfragable, en soutenant que ces paroles du Seigneur : « Mon Dieu et votre Dieu », ne se rapportent pas à sa nature humaine, parce qu'il s'est servi des mêmes paroles après sa résurrection : comme si le Seigneur avait anéanti sa forme de serviteur et ne l'avait pas plutôt rendue plus parfaite par la résurrection; comme si celui qui est mort n'était pas le même qui est aussi ressuscité ; comme si la forme qui a subi la mort n'était pas la même qui est revenue à la vie; comme si ce n'était pas cette même forme qui s'est élevée dans le ciel, dans laquelle le Fils de Dieu est assis à la droite du Père, et dans laquelle il viendra un jour pour juger les vivants et les morts ! Le témoignage suivant des anges n'est-il pas d'une clarté parfaite: « Il viendra de la même manière que vous l'avez vu monter au ciel (Act. I, 11.) ? » Pourquoi donc, après sa résurrection, n'aurait-il pas dit: « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu (Jean, XX, 17.) », puisqu'il devait monter au ciel dans la forme qui était la cause pour laquelle son Père, en dehors de tous les temps, était devenu son Dieu dans le temps? C'est en raison de cette forme de serviteur que, non-seulement après sa résurrection, mais encore après le jugement, « il sera assujetti à celui qui lui aura assujetti toutes choses (I Cor. XV, 28.) ». Quels que soient donc les textes que vous avez réunis, pour démontrer que celui qui est le Père du Christ a été appelé le Dieu du Christ, je regarde comme superflu de discuter la manière dont ils ont été dits : mais je pense que vous ne devez pas douter vous-même de l'inutilité des soins que vous avez mis à les collectionner.

2. De quelque manière qu'on entende le texte : « Data est mihi omnis potestas », il confond les Ariens. Pourquoi avez-vous rappelé ce passage, où le Seigneur, revêtu de cette même chair qu'il avait ressuscitée, et accomplissant toujours sa mission en tant qu'homme, dit à ses disciples : « Toute puissance m'a été donnée au ciel et sur la terre allez enseigner toutes les nations et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit; leur apprenant à observer tout ce que je vous ai ordonné (Matt. XXVIII, 18-20.) ? » En vérité, je ne vois pas quel argument vous avez prétendu tirer de ce passage. Car le Seigneur a-t-il dit : Toute puissance m'a été donnée par mon Dieu? Il l'eût dit, qu'on ne devrait pas hésiter à l'entendre par rapport à sa nature humaine. Mais comme il ne l'a pas dit, je ne comprends pas ce que vous voulez faire de ce texte; ou plutôt, je le comprends bien, vous avez voulu avoir matière à parler. En réalité, s'il a reçu ce pouvoir comme Dieu, il le tient de son Père dès sa naissance, et non comme en ayant éprouvé ensuite le besoin : le Père le lui a donné en l'engendrant, et non à titre d'accroissement. Et si ce pouvoir a été donné au Christ en tant qu'homme, quelle difficulté y a-t-il à cela? Auriez-vous eu l'intention par hasard de nous apprendre que le Seigneur a donné l'ordre de baptiser les nations au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit? Or, ici il n'y a qu'un seul nom, et vous vous refusez à y reconnaître une seule divinité.

3. C'est dans un sens erroné que Maximin entend l'onction du Christ annoncée par les Prophètes. Vous dites que, même avant l'incarnation, le Père était appelé le Dieu du Christ, puisqu'il est écrit : « Dieu, votre Dieu vous a oint » ; et cela, de longs siècles avant que le Christ fût venu dans la chair : mais ne comprenez-vous point que la prophétie parle ici de choses à venir comme de choses accomplies? N'est-ce pas de la même manière que le Seigneur lui-même dit prophétiquement : « Ils ont percé mes mains et mes pieds (Ps. XXI, 18.) », et tout le reste, où il annonce sa passion si longtemps à l'avance, et exprime les choses futures comme si déjà elles étaient réalisées? La prophétie a donc annoncé des événements futurs, sous la forme de récit d'événements passés, quand elle a dit : « Dieu, votre Dieu vous a oint d'une huile d'allégresse, d'une manière plus excellente que vos adeptes qui y ont part avec vous » : sous le nom des adeptes du Christ, elle désigne ceux qui devraient être ses serviteurs, ses compagnons, ses amis, ses frères, ses membres. Il a donc été prédit qu'un jour le Dieu du Christ oindrait l'humanité du Christ, lequel, tout en se faisant homme, n'est pas moins resté Dieu. Or, il devait être oint, non avec une huile visible et corporelle, mais par l'Esprit-Saint, que l'Ecriture désigne sous le nom de l'huile d'allégresse, expression figurée qui n'est point étrangère à sa manière de parler. Elle dit : « Il a oint », au lieu de : Il oindra; parce que ce qui devait s'accomplir en son temps, était déjà fait en prédestination. Ici, craignant que le Saint-Esprit, dont fut oint le Christ, ne parût plus grand que le Fils, parce qu'il est réellement supérieur à l'humanité du Christ; celui qui sanctifie était en effet plus grand que celui qui est sanctifié : craignant, dis-je, cette conséquence, vous avez prétendu que l'huile d'allégresse figurait la joie dont le Fils tressaillit avec le Père; quand eut lieu la création. Et, selon votre habitude, vous avez accumulé des textes qui ne servaient en rien à votre cause, touchant la joie du Père et du Fils. Mais que faites-vous? où allez-vous? Comment irez-vous nier ce qui est plus clair que le jour, ou le détourner de son sens, tandis qu'on vous répète cette parole du bienheureux Pierre, aux Actes des Apôtres : « Ce Jésus de Nazareth, Dieu l'a oint de l'Esprit-Saint (Act. X, 38. ) ». Voilà ce que prophétisait ce passage : « Votre trône, ô Dieu, subsiste éternellement; le sceptre de votre règne est un sceptre de droiture : vous avez aimé la justice, et haï l'iniquité. C'est pourquoi, Dieu, votre Dieu vous a oint (Ps. XLIV, 7, 8.) » : le Fils, qui, tout en se faisant homme, est demeuré Dieu, a été oint par Dieu le Père; il était rempli de cette onction, c'est-à-dire de l'Esprit-Saint. C'est pourquoi il est écrit de lui : « Jésus étant plein du Saint-Esprit, s'éloigna du Jourdain (Luc, IV, 1.) ».

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mer 8 Juin - 15:30

CHAPITRE XVII. LE SAINT-ESPRIT EST CRÉATEUR COMME LE FILS, QUOIQUE SAINT JEAN, AU DÉBUT DE SON EVANGILE, NE LE DISE PAS EXPRESSÉMENT.



4. Vous dites qu'on ne peut pas entendre du Saint-Esprit ces paroles qui s'appliquent au Fils : « Toutes choses ont été faites par lui, et rien n'a été fait sans lui (Jean, I, 3. ) ». Et vous dites cela, pour persuader à qui vous pouvez, ce dont vous vous persuadez à tort, que le Saint-Esprit n'est pas créateur : comme si vous lisiez : Toutes choses ont été faites sans le Saint-Esprit; ou : Toutes choses n'ont été faites que par lui (le Verbe). Lors même que vous liriez quelque chose de semblable, nous ne devrions pas croire pour cela que le Saint-Esprit fût exclu de l'oeuvre de la création; de même que le Fils n'est pas exclu de cette science dont il est dit : « Nul ne connaît ce qui est en Dieu, que l'Esprit de Dieu (I Cor. II, 11.) ». Si, parce qu'il n'est pas dit expressément que l'Esprit-Saint prit part à la création, dans ce passage où il est question du Fils : « Toutes choses ont été faites par lui », vous pensez pour cela qu'il n'est pas créateur : assurément vous ne pouvez pas croire non plus qu'ils aient été baptisés en son nom, ceux à qui saint Pierre a dit : « Faites pénitence, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ (Act. II, 38.) »; car il n'a pas ajouté : Et du Saint-Esprit; ni : Au nom du Père, car le Père lui-même n'est pas nommé dans ce passage. Or, s'ils durent recevoir le baptême au nom de Jésus-Christ, sans que le Père et le Saint-Esprit aient été nommés, et qu'on admette qu'ils n'aient pas été baptisés autrement qu'au nom du Père, et du Fils d du Saint-Esprit, pourquoi n'entendez-vous pas ces paroles qui regardent le Fils : « Toute choses ont été faites par lui », en ce sens qu'elles se rapportent aussi bien au Sainte Esprit, quoiqu'elles ne le nomment point?

2. L'Esprit-Saint est créateur, comme le Fils, et créateur même de la chair du Fils: preuves scripturales. Qu'y a-t-il de plus excellent parmi les créatures que les vertus des cieux? Or, il est écrit: « C'est parle Verbe du Seigneur que les cieux ont été affermis, et par l'Esprit de sa bouche, toute leur vertu (Ps. XXXII, 6.) ». Vous m'aviez défié de trouver dans les divines Ecritures des textes à l'aide desquels je pourrais prouver que le Saint-Esprit est égal au Fils. Et voilà que j'en ai trouvé, qui pourraient nous le montrer plus grand, n'était la foi qui confesse, conformément à la vérité, qu'il est son égal. Car les vertus des cieux, affermies par l'Esprit de la bouche du Seigneur, c'est-à-dire par l'Esprit-Saint, sont certainement quelque chose de plus que les cieux, affermis par le Verbe du Seigneur, c'est-à-dire par son Fils unique. Mais si vous consultez la vérité, les cieux et les vertus des cieux ont été affermis par l'un et par l'autre; et ce qui est dit de l'un, sans qu'il soit fait mention de l'autre, s'entend de tous les deux. Or, qu'y a-t-il de plus inconsidéré que de nier que l'Esprit de Dieu soit créateur, quand David adresse au Seigneur ces paroles : « Vous leur ôterez l'esprit, et ils tomberont en défaillance, et retourneront dans leur poussière : vous enverrez votre Esprit, et ils seront créés, et vous renouvellerez la face de la terre (Ps. CIII, 29, 30.) ? » à moins peut-être que l'Esprit-Saint n'ait pas été propre à créer des choses sujettes au changement, tandis qu'il l'était à en créer qui devaient durer sans fin. J'ai dit un peu plus haut : Qu'y a-t-il, parmi les créatures, de plus excellent que les vertus des cieux ? Que dirai-je de la chair du Créateur ? car le Créateur lui-même, par qui toutes choses ont été faites, a dit : « Le pain que je donnerai, est ma chair pour la vie du monde (Jean, VI, 52. ) ». Quoi donc ? le monde a été fait par le Fils, et le Fils est Créateur ; sa chair, qui a été donnée pour la vie du monde, a été faite par l'Esprit-Saint, et l'Esprit-Saint ne serait pas Créateur ? Lorsque la Vierge Marie eut dit à l'Ange, qui lui promettait un fils: « Comment cela se fera-t-il ? car je ne connais point d'homme », l'Ange lui répondit: «Le Saint-Esprit descendra en vous, et il a vertu du Très-Haut vous couvrira de son sombre; c'est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous, s'appellera le Fils de Dieu (Luc, I, 34, 35.) ». Ici, comme je l'ai remarqué en passant, à un endroit de votre discussion, vous vous efforciez de prouver que le Saint-Esprit vint d'abord, afin de purifier et de sanctifier la Vierge Marie; puis, que la vertu du Très-Haut, c'est-à-dire la sagesse, qui est le Christ (I Cor. I, 24.), vint ensuite, et, suivant ce qui est écrit, s'éleva une maison (Prov. IX, 1.), c'est-à-dire, se créa à elle-même une chair, au lieu de la devoir au Saint-Esprit. Mais qu'est-ce donc que dit le saint Evangile : « Elle fut reconnue enceinte, ayant conçu du Saint-Esprit (Matt. I, 18.) ? » C'est ainsi que la bouche de ceux qui disent des choses injustes, se trouve fermée (Ps. LXII, 12.). Si donc vous avez l'intention d'ouvrir la bouche pour dire la vérité, confessez que ce n'est pas le Fils seul mais encore le Saint-Esprit qui est le créateur de la chair du Fils.

3. Le Fils et le Saint-Esprit sont inséparables dans l'oeuvre de la création. Direz-vous par hasard que le Saint-Esprit est l'auteur des choses dont j'ai parlé, c'est-à-dire qu'il a affermi toute vertu des cieux; qu'il créera de nouveau les hommes créés d'abord pour être changés en poussière; qu'il a façonné lui-même la chair du Christ (je ne veux point parler de son âme, car cette question est extrêmement difficile); et enfin qu'il a pu créer d'autres choses encore, mais qu'il n'a pas néanmoins fait toutes choses, comme le Fils unique, dont il est dit : « Tout a été fait par lui ? » Si vous tenez ce langage, ne craignez-vous point qu'on vous dise que le Saint-Esprit est d'autant plus élevé que le Fils, qu'il s'est réservé de créer des choses plus parfaites, et qu'il n'a pas daigné s'abaisser à des choses d'un ordre inférieur ? Mais qui pense ainsi, à moins d'être insensé ? Donc tout a été fait par le Fils, et à Dieu ne plaise que nous considérions le Saint-Esprit comme étranger à cette création; de même que quand il est dit des opérations merveilleuses de la grâce : « C'est un seul et même Esprit qui opère toutes ces choses (I Cor. XII, 11 .) », le Fils n'est pas néanmoins exclu de cette opération divine.

4. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un seul principe, comme ils sont un seul Dieu. Vous vous flattez sans doute d'avoir avancé quelque chose de bien favorable à votre cause, quand vous avez dit: Le Fils était au commencement, avant qu'il y eût quelque chose; quant au Père, il était avant le commencement. Où avez-vous lu de pareilles choses, pour y croire ? Où avez-vous pris l'assurance de les mettre en avant, quand elles ne reposent sur aucune autorité, sur aucune raison? Que signifie en effet : « Avant le commencement », puisque tout ce qui était auparavant était le principe lui-même ? Si donc le Père est avant le principe, il est avant lui-même, parce qu'il est lui-même le principe. Maintenant, que veut dire : « Au commencement était le Verbe (Jean, I, 1.) », sinon : le Fils était dans le Père ? Du reste, le Fils répondant aux Juifs, qui lui demandaient qui il était, leur dit : « Je suis le principe, moi-même qui vous parle (Id. VIII, 25.) ». Le Père est donc le principe, sans venir du principe; le Fils est le principe tirant son origine du principe; mais l'un et l'autre réunis ne forment pas deux principes, mais un seul principe; de même que, le Père étant Dieu, et le Fils également, l'un et l'autre ne sont pas deux dieux, mais un seul Dieu. Je ne dénierai pas non plus le nom de principe au Saint-Esprit, qui procède de l'un et de l'autre; mais je dirai qu'ils sont tous les trois ensemble un seul principe, comme ils sont un seul Dieu.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Ven 10 Juin - 14:12

CHAPITRE XVIII. PREUVE DE LA CONSUBSTANTIALITÉ DU VERBE, TIRÉE DU PSAUME CIXe, SUR CES MOTS MAL INTERPRÉTÉS PAR LES ARIENS : Ex utero ante luciferum genui te.



1. Que serait-ce, dites-vous, si vous entendiez ces paroles du Père : « La domination est avec vous au jour de votre puissance, dans les splendeurs des saints : je vous ai engendré de mon sein avant l'apparition de l'aurore (Ps. CIX, 3.) ? » Quelles sont ces promesses ou ces menaces que vous nous annoncez, si j'entendais ce que j'entends fréquemment et ce que je crois d'une foi très-ferme ? Mais je suis profondément étonné que vous ne voyiez pas ici l'inutilité de vos efforts. Car, soit que le Prophète s'adresse lui-même, dans ce passage, au Seigneur Jésus, soit qu'il mette ces paroles dans la bouche du Père s'adressant à son Fils, ce texte ne me contredit point, puisque j'admets, vénère et enseigne les deux générations du Christ, celle qu'il tient de Dieu le Père en dehors des temps, et celle qu'il a reçue de sa mère, selon la chair, dans la plénitude des temps. Cela fait voir que vous avez voulu simplement allonger la discussion, là où j'ai sur vous l'avantage de comprendre le motif pour lequel le Prophète a dit : « Je vous ai engendré de mon sein » ; car vous admettez aussi que ces paroles s'entendent du Père. Or, Dieu n'a pas de sein comme le comporte la conformation du corps de l'homme; mais ce mot, emprunté à un objet sensible, signifie au figuré la substance incorporelle et nous donne à entendre que le Fils unique a été engendré de la substance du Père; qu'est-ce à dire, en d'autres termes, sinon qu'il est d'une seule et même substance que lui ? J'ai donc été obligé d'apporter ce texte en preuve contre vous; mais je vous remercie de m'en avoir donné l'occasion. Considérez par conséquent la grandeur de votre faute, quand, après avoir reconnu que le Fils est engendré du sein du Père, vous en venez à lui refuser l'identité de substance, faisant ainsi à Dieu la plus grave injure, comme s'il avait pu engendrer de son sein autre chose que ce qu'il est lui-même. Quand vous osez dire que du sein du Père il est sorti une nature différente de la sienne, ne sentez-vous pas que vous admettez en Dieu une génération défectueuse et que vous prêchez en cela quelque chose de monstrueux ? Mais si, comme c'est votre devoir, vous repoussez ce blasphème, et l'avez en horreur avec nous, avec nous aussi approuvez enfin, et gardez la foi et l'omoúsion du concile de Nicée.

2. Faux-fuyant de Maximin, pour échapper à la logique de son adversaire. Quand vous eûtes entendu ce passage cité par moi, où le Christ dit prophétiquement à son Père : « Vous êtes mon Dieu dès le sein de ma mère (Ps. XXI, 11.) »; passage où il nous est donné d'entendre que le Père est son Dieu, quant à la nature qu'il a reçue du sein de sa mère dans le temps; et qu'il est son Père, quant à la nature que celui-ci a engendrée de lui-même; ne trouvant rien à répondre, et cependant ne voulant pas rester muet, vous avez dit: Vous confessez que le Christ est né selon la chair du sein de sa mère; et vous avez ajouté: Les Juifs ne le mettent pas non plus en doute: or, qui ne voit le défaut où vous tombez ici? Pourquoi, demandez-vous ensuite, ne pas produire ici les preuves qui démontrent cette naissance dans le principe, comme nous le fait voir le texte allégué précédemment? Comme si je n'admettais, ne prêchais, et n'embrassais pas cette naissance, non temporelle, mais éternelle, qu'ont en vue ces paroles : «Au commencement était le Verbe », et comme si je ne reconnaissais que la naissance temporelle du Christ du sein de sa mère. Voici ma profession de foi : je dis que Dieu le Fils a été engendré par Dieu le Père avant tous les temps. Maintenant, comment celui qui est son Père est-il son Dieu, je l'ai fait voir, en disant que c'est en raison de l'humanité dont il s'est revêtu, en prenant naissance au sein maternel, sans avoir eu aucun homme pour père. Et pour en donner la preuve, j'ai cité ce verset où il dit à son Père par la voix du Prophète : « Vous êtes mon Dieu dès le sein de ma mère ». Vous qui dites que je reconnais la naissance du Christ selon la chair, ce que les Juifs eux-mêmes ne font pas difficulté de croire, comme si je n'admettais que cette seule naissance; n'allez pas ici chercher une échappatoire, et dites-nous plutôt pourquoi vous ne répondez rien sur ces paroles du Christ à son Père : « Dès le sein de ma mère, vous êtes mon Dieu ». Voyant que vous n'aviez rien à objecter sur ce texte, vous avez pensé vous tirer d'embarras en mettant en avant cette autre naissance que le Christ a reçue comme Dieu de Dieu. Je vous le demande : quand vous n'avez rien à répondre, combien ne feriez-vous pas mieux de vous taire ?

3. Si le Christ est inférieur au Père, comme homme, il ne lui est pas moins consubstantiel, comme Dieu. S'il se reconnaît, dites-vous, redevable à celui qui l'a engendré, eu égard au corps dans lequel il s'est anéanti, combien plus doit-il vénérer celui qui l'a engendré si grand et si parfait, et lui offrir toujours ses sentiments de soumission ! Quelque vénération et quelque obéissance que vos idées charnelles exigent de la part du Fils à l'égard du Père, son Père n'est toujours son Dieu que depuis qu'il est né du sein de sa mère. Et quelle que soit la soumission de Dieu le Fils à l'égard de Dieu le Père, comme je vois que vous ne comprenez pas la parfaite égalité du Père et du Fils dans cette génération divine, je vous le demande, est-ce que la nature d'un homme est différente de celle de son fils, parce que le fils obéit au père? Voilà ce que nous ne pouvons absolument supporter de votre part, que de l'obéissance du Fils vous vouliez conclure logiquement la différence de nature entre le Père et le Fils. Certes, cette question : Le Père et le Fils sont-ils d'une seule et même substance? n'est pas la même que celle-ci : Le Fils est-il soumis au Père? N'allons pas là-dessus renier le vrai Fils de Dieu, qui ne peut l'être absolument qu'à la condition qu'il y ait unité et identité de substance entre le Père et le Fils. Avouez donc que Dieu le Père et Dieu le Fils sont d'une seule et même substance. Que la divinité vous contraigne de reconnaître en elle ce qu'elle a elle-même accordé à l'humanité ! Un homme obéit à son père, de qui il tient sa nature d'homme; cependant il ne cesse pas d'être homme, parce qu'il obéit. Et si son fils était, je ne dis pas aussi honoré, mais plus honoré que lui, un père en serait ravi de joie, loin de lui en porter envie; cependant ce fils honorerait encore son père, lors même qu'il ne serait pas venu au monde petit enfant, destiné à grandir avec l'âge, mais qu'il serait né son égal. Que si son père avait pu l'engendrer égal à lui-même, nul doute qu'il aurait usé de ce pouvoir. Qui donc oserait dire que le Tout-Puissant n'a pas eu la puissance d'agir ainsi? J'ajoute même que si l'homme le pouvait, il engendrerait un fils plus grand et plus parfait que lui-même; or, il ne peut rien exister de plus grand ni de plus parfait que Dieu : donc nous devons croire que son vrai Fils lui est égal. Si vous dites : Le Père est d'autant plus grand que le Fils, que, n'ayant été engendré de personne, il a engendré néanmoins son égal; je me hâterai de répondre. C'est tout le contraire : le Père n'est pas plus grand que le Fils, parce qu'il l'a engendré, non inférieur à lui-même, mais son égal. La question d'origine est en effet celle-ci : De qui est-il fils? et la question d'égalité : Qui est-il ou quelles sont ses qualités ? Conséquemment, si la vérité exige que le Fils obéisse au Père dont il est l'égal, nous ne nous opposons pas à ce qu'il en soit ainsi; mais si vous voulez prétendre que cette obéissance établit en lui l'infériorité de nature, nous protestons : car Dieu le Père ne consentirait pas à refuser sa nature à son Fils unique, pour avoir de lui l'obéissance.

4. Si le Christ est soumis au Père, ce n'est pas comme Dieu, mais comme homme. Que le Christ se soit soumis à ses parents, ce n'est pas sa majesté divine, mais la faiblesse de sa nature humaine qui s'est inclinée devant eux. C'est donc à tort que vous avez dit S'il fut soumis aux parents qu'il a créés ( Luc, II, 51.), combien plus l'est-il à l'égard de celui qui l'a engendré et si grand et si parfait? Car voici ce qu'on vous répond : S'il fut soumis à ses parents à cause de son jeune âge, à combien plus forte raison l'est-il à Dieu à cause de sa nature humaine ! Comme il a rendu cette forme immortelle et ne l'a point perdue par la mort, pourquoi vous étonner qu'après la fin de ce siècle il doive être soumis à celui qui lui a soumis toutes choses? Pour vous, vous prétendez que le Fils est soumis au Père, non point à raison de la forme de serviteur dont il s'est revêtu, mais parce que le Père l'a engendré si grand et si parfait, c'est-à-dire, un Dieu grand, il est vrai, mais néanmoins inférieur au Père lui-même . Mais, en tenant ce langage, vous faites injure et au Père et au Fils : au Père, parce qu'il n'aurait pu ou voulu engendrer son Fils unique égal à lui-même; au Fils unique du Père, parce qu'il n'aurait pas été engendré son égal, mais serait né avec les perfections relatives, auxquelles il n'aurait pu rien ajouter dans la suite, pour atteindre le degré de perfection qu'il n'avait pas en naissant.

5. Le corps et l'âme de Jésus-Christ sont soumis au Père; mais, comme Dieu, il est le maître de tout. Mais ce n'est pas seulement, comme vous le pensez, le corps du Fils, c'est-à-dire le corps humain qu'il a pris, mais encore son âme humaine, que nous déclarons soumise au Père; et c'est à son humanité que nous rapportons ces paroles : «Lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera assujetti à celui qui lui aura soumis toutes choses ( I Cor. XV, 28. ) ». Nous l'entendons en ce sens que le Christ est la tête et le corps: la tête, c'est le Sauveur lui-même, ressuscité d'entre les morts et assis à la droite du Père ; et l'Eglise, c'est son corps, sa plénitude, comme le dit très-clairement l'Apôtre (Coloss. I, 18.). Par conséquent, lorsque toutes choses seront soumises au Christ, elles le seront assurément à la tête et au corps. Car, en tant qu'il est né Dieu avant tous les temps, rien n'a jamais pu échapper à son empire.

6. Le texte de l'Apôtre : « Lorsque tout sera soumis au Fils », n'est pas favorable aux Ariens; il prouve seulement qu'après les humiliations de la crèche et du Calvaire, viendra la glorification de l'humanité de Jésus-Christ au jugement dernier. Je sais que vous avez cru devoir nous rappeler ce texte : « Le Père ne juge personne, mais il a donné au Fils tout pouvoir de juger (Jean, VIII, 50.) ».Je voudrais cependant que vous nous fassiez connaître en quel sens le Père ne juge personne, puisque le Fils dit lui-même. « Je ne cherche pas ma gloire; un autre en prendra soin et me fera justice (Jean, VIII, 50.) » ; afin que vous sachiez que s'il est écrit : « Le Père ne juge personne, mais il a donné à son Fils tout pouvoir de juger », c'est parce que sa nature humaine, que n'a point le Père, apparaîtra pour juger les vivants et les morts: c'est pourquoi le Prophète a dit; « Ils contempleront celui qu'ils ont percé (Zach. XII, 10.) ». Mais le Père sera aussi invisiblement avec lui, parce qu'il en est inséparable. Car si Jésus-Christ a dit, avant de mourir: « Je ne suis pas seul, parce que mon Père est avec moi (Jean, XVI, 32. ) », combien plus cela sera-t-il vrai, quand il viendra pour juger les vivants et les morts ! L'Esprit-Saint sera également avec lui. Comment en effet l'Esprit-Saint, dont il fut rempli au sortir du Jourdain (Luc, IV, 1.), se séparerait-il de lui, quand il siégera sur son trône royal? Ces paroles de l'Epître aux Hébreux: «Nous ne voyons pas encore que tout lui soit assujetti; mais nous voyons ce Jésus un peu abaissé au-dessous des anges à cause des souffrances de sa mort (Hebr. II, 8, 9.) », doivent nous donner l'intelligence de ces autres paroles écrites aux Corinthiens: « Lorsque toutes choses lui seront assujetties » : elles ont été dites, non par rapport à la divinité, mais par rapport à l'humanité du Christ. Il apparaîtra donc avec cette nature d'homme, dans laquelle il s'est abaissé au-dessous des anges par sa passion et sa mort, lorsqu'il jugera les vivants et les morts, et dira: « Venez, les bénis de mon Père, partager le royaume (Matt. XXV, 34.) ». Vous avez prétendu tirer de ce texte la preuve que le Christ est, non pas comme homme, mais comme Dieu, inférieur à son Père : mais votre preuve est encore à faire, aux yeux des esprits intelligents.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Sam 11 Juin - 18:49

CHAPITRE XIX. DES GÉMISSEMENTS DU SAINT-ESPRIT.



Je pense vous avoir suffisamment répondu, quand je vous ai dit que le Saint-Esprit ne gémit pas lui-même, mais que c'est lui qui nous fait gémir, en inspirant à nos âmes de saints désirs, tant que nous sommes éloignés du Seigneur. Alléguant des passages analogues des saintes Ecritures, je vous ai démontré, d'une manière qui me semblait péremptoire, que les gémissements attribués au Saint-Esprit signifiaient ceux qu'il fait naître en nous; de même que Dieu a dit: « Je connais maintenant (Gen. XXII,12. ) », quand il a fait connaître à l'homme ce qu'il savait. En effet, connaissant toutes choses avant qu'elles arrivent, il n'avait pas commencé de savoir au moment où il disait savoir. Qu'importe que vous sentiez votre impuissance à répondre sur ce sujet, puisque vous ne l'avouez pas ?

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mar 14 Juin - 11:13

CHAPITRE XX. UNITÉ DE SUBSTANCE ENTRE LE PÈRE ET LE FILS : PREUVES SCRIPTURALES.



1. J'ai démontré également que vous n'avez pu rien répondre sur ces paroles de Notre-Seigneur: « Mon Père et moi nous sommes une même chose (Jean, X, 30. ) ». Mais afin d'insister de nouveau sur cette démonstration, si vous voulez prouver, par les exemples dont j'ai usé, comme vous dites, comment le Sauveur déclare que « son Père et lui sont une même chose » ; et si vous en appelez pour cela au témoignage de l'Apôtre, cité par moi, et qui est ainsi conçu : « Celui qui s'attache au Seigneur, est un même esprit avec lui (I Cor. VI, 17.) »; convenez, vous aussi, que le Fils, uni au Père, est un même Dieu avec lui. Car l'Apôtre ne dit pas: « Celui qui s'attache au Seigneur» est une même chose, comme il est dit: « Mon Père et moi, nous sommes une même chose »; mais : « est un même esprit ». Or, comme vous ne convenez pas que le Fils, uni au Père, est un même Dieu avec lui; d'où vient que vous apportez en preuve ce passage de l'Apôtre: « Celui qui s'attache au Seigneur, est un même esprit avec lui », sinon, pour que-je vous confonde en produisant contre vous-même le témoignage dont vous vous êtes servi? Maintenant du moins distinguez ces deux choses, que vous n'avez pu distinguer, lorsque nous étions à discuter ensemble. Ecoutez-moi donc avec attention. Quand on dit de deux ou de plusieurs choses Elles sont un ou une, et qu'on détermine ce qu'est cet un ou cette une, que ces choses soient de substance différente ou d'une même substance, on peut les nommer ainsi indistinctement. En effet, l'esprit de l'homme et l'Esprit du Seigneur sont d'une substance différente ; et cependant il est écrit : « Celui qui s'attache au Seigneur, est un même esprit avec lui ». Les âmes des hommes et les coeurs des hommes sont d'une seule substance, et il est écrit : « Ils n'avaient qu'un coeur et qu'une âme (Act. IV, 32.) ». Mais quand on dit de deux ou de plusieurs choses : Elles sont une même chose, et qu'on n'ajoute pas ce qu'est cette chose identiquement la même, on comprend par là qu'il n'y a pas en elle diversité, mais unité de substance; c'est ainsi qu'il est dit: « Celui qui plante et celui qui arrose sont une même chose (I Cor. III, 3.) » ; et encore : « Mon Père et moi nous sommes une même chose ». Pour vous, qui voulez que le Père et le Fils soient des substances différentes, vous n'avez pu découvrir que l'on ait dit de substances différentes, qu'elles sont une même chose. Et après que vous vous refusez à faire l'aveu, qu'étant uni au Père, le Fils est un même Dieu avec lui, vous en venez vous-même à produire aussi le témoignage de l'Apôtre allégué par moi: mais c'est contre vous-même que vous citez ces mots de l'Apôtre : « Celui qui s'attache au Seigneur est un même esprit avec lui ». Car s'il est permis de dire de choses, qui sont de nature différente, qu'elles sont « un même esprit », à combien plus forte raison est-on en droit de dire du Père et du Fils qui ont une seule substance, qu'ils sont un seul Dieu ! Si vous comprenez cela, vous voyez dès lors que vous n'y avez rien répondu, et vous reconnaissez que vous vous êtes bien inutilement étendu sur la question de l'accord de leurs volontés. Nous aussi, il est vrai, nous faisons profession de croire à l'incomparable accord de la volonté et de la charité individuelle du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et c'est pourquoi nous disons: Cette Trinité est un seul Dieu. Mais aussi, nous déclarons en outre, ce que vous ne faites pas de votre côté, qu'en raison de l'identité et de l'unité de nature et de substance, ces trois ne font qu'un. Si vous faites ces distinctions et voulez cesser d'être opiniâtre, vous verrez que vous n'avez pas répondu sur ces questions, et désormais vous n'en reparlerez plus certainement.

2. Jésus-Christ parlait comme homme, en disant : « Que votre volonté soit faite et non pas la mienne! » et: « Mon âme est triste jusqu'à la mort ». Sur ces paroles du Fils à son Père . « Néanmoins que ma volonté ne s'accomplisse pas, mais la vôtre », que vous revient-il d'ajouter vos propres paroles et de dire : Il montre par là que sa volonté est vraiment soumise à son Père: comme si nous niions que sa volonté humaine dût être soumise à la volonté de Dieu? Car celui qui lit ce passage du saint Evangile avec quelque peu d'attention, ne tarde pas à découvrir que Notre-Seigneur a parlé ici comme homme. Voici en effet ce qu'il dit en cet endroit : « Mon âme est triste jusqu'à la mort (Matt. XXVI, 39, 38. ) ». Est-ce que ce langage pouvait convenir à la nature du Verbe unique ? Mais vous qui êtes homme à croire que le Saint-Esprit est capable de gémir, comment ne prétendez-vous pas aussi que la nature du Verbe unique de Dieu a été capable de tristesse ? Toutefois dans la crainte qu'on ne tint un pareil langage, Jésus-Christ n'a pas dit: Je suis triste, bien que, lors même qu'il l'aurait dit, on n'eût dû l'entendre que de sa nature humaine; mais il a dit: « Mon âme est triste », et il parlait sans aucun doute de l'âme humaine, qu'il avait, en tant qu'homme. Et en disant : « Que ma volonté ne s'accomplisse pas », il montre qu'il voulait autre chose que le Père: ce qui n'était possible qu'à son coeur d'homme, puisqu'il personnifiait notre infirmité, non en ses affections divines, mais en ses affections humaines. En effet, si le Verbe unique n'avait pas pris la nature de l'homme, jamais il n'aurait dit à son Père : « Que ma volonté ne s'accomplisse pas », cette nature immuable étant incapable d'avoir une volonté différente de celle du Père. Si vous discerniez cela, vous ne seriez pas des hérétiques ariens.

3. S'il y a deux natures en Jésus-Christ, il n'y a en lui qu'une seule personne, de laquelle on peut dire ce qui convient ci l'une ou à l'autre nature. Il est vrai que ces autres paroles : « Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé (Jean, VI, 38.) », peuvent encore s'entendre du Verbe unique; suivant cette interprétation, Jésus-Christ ne ferait pas sa volonté, mais celle du Père, parce que le Fils est tout ce qu'il est par le Père, tandis que le Père n'est pas tout ce qu'il est par le Fils; on pourrait entendre de même les paroles suivantes: « Ma doctrine n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé (Id. VII, 16.) » ; car la doctrine du Père est son Verbe, et celui-ci n'est pas de lui-même, mais du Père. Et d'un autre côté, quand il dit: «Tout ce qu'a mon Père est à moi (Jean, XVI, 15.) », il fait voir qu'il est égal au Père. Toutefois il n'est pas absurde d'admettre qu'il a parlé ainsi en tant qu'homme, lorsqu'il a dit: « Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé ». Car c'est par là que le second Adam, qui efface le péché du monde, s'est montré différent du premier Adam, par qui le péché est entré dans le monde (Rom. V, 12. ) : il n'a pas fait sa volonté, mais celle de celui qui l'a envoyé, tandis que celui-ci a fait sa volonté, au lieu de faire la volonté de son créateur. Et qu'on ne s'étonne point que le Christ soit descendu du ciel, en tant qu'homme, parce qu'il s'est fait homme en naissant d'une mère terrestre. Car cela se dit en raison de l'unité de personne qui est en lui, attendu que Jésus-Christ, Dieu et homme tout ensemble, est une seule personne. C'est pourquoi il dit encore: « Nul n'est monté dans le ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme, lequel est dans le ciel (Jean, III, 13. ) ». Si donc vous avez égard à la distinction des natures, c'est le Fils de Dieu qui est descendu du ciel, et le Fils de l'homme qui a été crucifié; si vous considérez l'unité de personne, le Fils de l'homme est lui-même descendu du ciel, et le Fils de Dieu a été lui-même crucifié. Il est, en effet, ce Seigneur de la gloire, dont l'Apôtre parle en ces termes. « S'ils l'eussent connu, ils n'auraient jamais crucifié le Seigneur de la gloire (I Cor. II, 8.) ». C'est donc par rapport à l'unité de personne, que le Christ ne s'est pas contenté de dire du Fils de l'homme, qu'il était descendu du ciel, mais encore qu'il était dans le ciel, lorsqu'il conversait sur la terre. Il n'a donc pas fait sa volonté, puisqu'il n'a pas commis de péché, mais il a fait la volonté de celui qui l'avait envoyé. L'homme fait en effet la volonté de Dieu, quand il accomplit la justice qui vient de Dieu.

4. Le Fils a reçu sa mission, non-seulement du Père, mais encore du Saint-Esprit et de lui-même. Et n'allons pas croire que le Fils a reçu sa mission du Père, sans avoir été envoyé par le Saint-Esprit; car voici ce qu'il dit lui-même par le Prophète : « Et maintenant, « j'ai été envoyé par le Seigneur, et par son Esprit ». Que ce langage soit tenu par le Fils, c'est ce que font voir les paroles qui précèdent dans le contexte. Voici en effet comment on y est amené : « Ecoutez-moi, dit-il, ô Jacob, et vous, Israël, que j'appellerai à moi. Je suis le premier, et je suis pour l'éternité; et c'est ma main qui a fondé la terre, c'est ma main droite qui a mesuré les cieux. Je les appellerai, et ils se présenteront ensemble: ils se rassembleront, et ils écouteront. Qui leur a annoncé ces choses? Je t'ai aimé, et j'ai fait ta volonté dans Babylone, afin d'en enlever la race des Chaldéens. C'est moi qui ai parlé, moi qui ai appelé; je l'ai amené, et je l'ai fait réussir. Approchez-vous de moi, et écoutez ceci. Car dès le commencement je n'ai point parlé en secret; j'étais là quand les choses arrivaient; et maintenant j'ai été envoyé par le Seigneur, et par son Esprit (Isa. XLVIII, 12-16.) » . Y a-t-il quelque chose de plus clair? Et s'il a été envoyé par le Père et par le Saint-Esprit, ce n'est pas sans avoir été envoyé par lui-même: car, de même qu'il nous apparaît livré par son Père, dans le passage suivant : « Il n'a pas épargné son propre Fils, mais il l'a livré pour nous tous (Rom. VIII, 32.) », ainsi, dans un autre endroit, il est dit du Fils personnellement : « Il m'a aimé, et il s'est livré lui-même pour moi (Gal. II, 20.) ». Maintenant, comment ne ferait-il pas sa volonté propre, celui qui a dit : « Comme le Père ressuscite les morts et leur rend la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il lui plaît (Jean, V, 21.)», et à celui qui lui disait: « Si vous voulez, vous pouvez me guérir », fit cette réponse : « Je le veux, sois guéri », et aussitôt la parole qui marquait sa volonté eut son accomplissement (Matt. VIII, 2, 3.)? Or, de même que-le Fils fait la volonté du Père, ainsi le Père fait la volonté du Fils. Car le Fils a dit : « Mon Père, je veux que là où je suis, ceux-ci y soient aussi avec moi (Jean, XVII, 24.) ». Il n'a pas dit: je demande, ou, je désire, mais: Je veux: afin que celui-ci fît la volonté de celui-là, comme celui-là faisait la volonté de celui-ci; non pas que l'un et l'autre fissent des choses différentes; mais l'un et l'autre, les mêmes choses. « Tout ce que fait le Père, le Fils le fait en effet pareillement (Id. V, 19.) ». Ce sont ses propres paroles, les paroles de la vérité, et elles ne peuvent enseigner l'erreur.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Lun 20 Juin - 12:28

CHAPITRE XXI. ARGUMENTS SUR LES PREUVES SCRIPTURALES DE LA DIVINITÉ DU SAINT-ESPRIT.



1. Vous dites que vous acceptez le texte suivant que j'ai allégué : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en vous (I Cor. III, 16.)? » Mais vous avez objecté que le sens de ces paroles était celui-ci : que Dieu n'habite pas un temple en personne, que le Saint-Esprit ne l'ait auparavant sanctifié et purifié; comme si, Dieu devant habiter un temple, l'Esprit-Saint ne le sanctifiait et ne le purifiait pas pour lui-même, tandis que l'Apôtre a prouvé qu'il est Dieu, par ce motif que nous sommes son temple : car il ne dit pas: L'Esprit de Dieu vous sanctifie et vous purifie, afin que Dieu habite en vous; mais : « L'Esprit de Dieu habite en vous ». Assurément Dieu habite en son temple: qu'est-ce en effet que le temple de Dieu, sinon sa demeure? Vous avez vu vous-même que celui dont nous sommes le temple est nécessairement notre Dieu : et cependant, vous n'avez pas voulu rappeler cet autre texte que j'ai mis en avant : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit, que vous avez reçu de Dieu ? » Confessez donc maintenant la divinité du Saint-Esprit. Car s'il n'était pas Dieu, il n'aurait pas de temple, et de temple, je ne dis pas bâti de main d'homme, mais formé des membres de Dieu. « Le Christ », dont nos corps sont les membres, est en effet « Dieu au-dessus de tout, béni dans tous les siècles (Rom. IX, 5.) ». Et celui qui a dit: « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple de l'Esprit Saint ? » est le même qui a dit: «Ne savez«-vous pas que vos corps sont les membres du Christ ( I Cor. VI, 19, 15.) ? » Celui à qui Salomon éleva un temple de bois et de pierres, est Dieu, et celui à qui est élevé un temple formé des membres du Christ, c'est-à-dire de membres divins, ne serait pas un Dieu, et cela quand le bienheureux martyr Etienne, parlant de Dieu, s'est exprimé en ces termes : « Salomon lui bâtit une demeure; mais le Très-Haut n'habite point dans des temples faits de la main des hommes, (Act. VII, 47, 43.)». Et cependant les membres du Christ, ces membres dont il est le chef au plus haut des cieux, sont les temples du Saint-Esprit, qui est venu certainement du ciel. Nier sa divinité, qu'est-ce à dire, sinon qu'on n'est pas et qu'on ne veut pas être son temple? Voici ce que dit l'Apôtre : « Je vous conjure, mes frères, par la miséricorde de Dieu, de lui offrir vos corps comme une hostie vivante, sainte et agréable à ses yeux (Rom. XII,1. ) ». Les corps des fidèles sont donc une hostie offerte à Dieu, lés membres de Jésus-Christ et le temple du Saint-Esprit, et le Saint-Esprit ne serait pas Dieu ? Qui dit cela, sinon celui en qui il n'habite point? Car celui en qui il habite, est certainement son temple. Enfin, après avoir dit : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit, que vous avez reçu de Dieu, et que vous n'êtes point à vous-mêmes? car vous avez été achetés à un grand prix », l'Apôtre ajoute immédiatement: « Glorifiez donc Dieu dans votre corps (I Cor. VI, 19, 20.)». Démonstration évidente de la divinité du Saint-Esprit, puisqu'il faut le glorifier dans notre corps, comme dans son temple. De même, l'Apôtre dit à Ananie : « Comment avez-vous osé mentir au Saint-Esprit ? » et pour montrer que l'Esprit-Saint est Dieu : « Ce n'est pas aux hommes, dit-il, mais à Dieu que vous avez menti (Act. V, 3, 4.) ».

2. Saint Augustin s'étonne que les Ariens refusent la divinité au Saint-Esprit, après qu'ils lui en attribuent les perfections. Je suis surpris (et je n'ai point de paroles pour exprimer mon étonnement), que vous exaltiez le Saint-Esprit, au point d'affirmer qu'il est présent partout pour la sanctification des fidèles, et que néanmoins vous osiez lui refuser la divinité. N'est-il donc pas Dieu, celui qui remplit l'univers tout entier? Car l'Ecriture s'exprime ainsi : « L'Esprit du Seigneur a rempli tout l'univers (Sag. I, 7.) ». Mais que dis-je : il remplit l'univers? Il a rempli le Rédempteur même de l'univers ! Le Seigneur « Jésus est » en effet « sorti du Jourdain, rempli du Saint-Esprit (Luc, IV, 1.) » ; et vous osez dire que le Seigneur Jésus était Dieu, et que l'Esprit-Saint, dont il était rempli, n'était pas Dieu? en agissant de la sorte, vous affectez au sujet du Saint-Esprit des sentiments si misérables, que vous lui refusez même ce qui fut attribué à Moïse : ce serviteur de Dieu n'apportait pas aux Egyptiens des munificentes et des grâces, mais des châtiments miraculeux, guidé qu'il était dans sa mission par ce divin Esprit, qui est en effet « le doigt de Dieu (Exod. VIII, 19.) » ; et cependant il était considéré par Pharaon comme un dieu. Il était en un lieu spécial pour punir les Egyptiens, et il était le dieu de Pharaon (Id. VII, 1.) : le Saint-Esprit est présent partout, pour la régénération des hommes à leur salut éternel, et il ne serait pas leur Dieu ! Mais il l'est certainement, et il est un Dieu véritable, car il a pour temple les membres du vrai Dieu. Le temple est sans doute inférieur à celui pour qui il est fait: comment donc ne serait-il pas Dieu, celui à qui sont assujettis les membres d'un Dieu? Par conséquent il est aussi le Maître de son temple : qui nierait en effet, qui serait assez fou pour nier que quelqu'un fût le maître de sa maison ? Comment donc le Saint-Esprit ne serait-il pas le Seigneur, lui qui est le seigneur (ou le maître) des membres du Seigneur? Il est en effet cet Esprit du Seigneur, dont il est dit en un seul et même endroit : « Quand Israël se tournera vers le Seigneur, alors le voile sera ôté. Or, le Seigneur est Esprit; et où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté (II Cor. III, 16,17.)».

3. Afin d'échapper au reproche de blasphème, les Ariens accordent au Saint-Esprit ce que ne possède aucune créature, et lui refusent ce qui est accordé à la créature elle-même. J'ai déjà fait voir précédemment que le Saint-Esprit est créateur : mais comment ne serait-il pas roi, celui qui a pour temple les membres du roi ? Comment ne trônerait-il pas avec le Père et le Fils, celui dont le Fils a été rempli, celui qui a pour demeure les membres du Fils? A moins peut-être que, lorsqu'il est sorti du Jourdain, le Fils n'ait été rempli de l'Esprit-Saint; mais que, quand il est allé s'asseoir à la droite du Père, il se soit séparé de lui? Ensuite, comment l'Esprit-Saint ne trônerait-il pas avec le Père, puisqu'il procède de lui? Il est évident que ceci ne doit pas s'entendre dans un sens charnel : sans quoi nous devrions nous représenter le Fils assis plus honorablement que le Père; attendu que la place la plus honorable est la droite, et qu'alors le Père serait assis à la gauche. Enfin, quel esprit vous aura inspiré de refuser à l'Esprit-Saint ce que la sainte Ecriture attribue aux saints : voyez-le vous-mêmes. En effet, l'Apôtre dit expressément : « Lorsque nous étions morts par nos péchés, Dieu nous a rendu la vie en la rendant au Christ, par la grâce duquel nous avons été sauvés ; et non-seulement il nous a ressuscités avec lui, mais il nous a même fait asseoir avec lui dans le ciel en la personne de Jésus-Christ (I Cor. II, 8.) ». Les saints, sanctifiés par le Saint-Esprit, rendus à la vie avec Jésus-Christ, sont donc tellement prédestinés à partager son trône, que l'Apôtre donne déjà comme accompli cet événement à venir qui est d'une parfaite certitude : et voilà que vous refusez à l'Esprit-Saint ce privilège, quel qu'il soit, comme si celui qui a rendu des hommes dignes de s'asseoir avec le Père et le Fils, n'en était pas digne lui-même. Vous lui refusez également le droit d'être adoré, et cela par une erreur analogue, quoique vous lisiez, comme je l'ai déjà fait voir, que des hommes mêmes ont été adorés par des saints. Et pour éviter le reproche odieux de blasphémateur, vous louez le Saint-Esprit, de manière à lui attribuer des perfections qu'il ne partage avec aucune créature, et à lui refuser en même temps des privilèges accordés même à l'homme.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Sam 15 Oct - 14:25

CHAPITRE XXII. ON NE DIT DE PLUSIEURS CHOSES, QU'ELLES FONT UN OU UNE MÊME CHOSE QUE LORSQU'ELLES SONT D'UNE SEULE ET MÊME SUBSTANCE.



1. J'avoue avoir affirmé, comme vous le dites, et maintenant encore j'affirme, que notre Sauveur n'a pas dit : Afin qu'eux et nous, nous soyons un, mais : « Afin qu'ils soient un eux-mêmes » . Et en ce qui concerne ces paroles de l'Evangile, je me rappelle avoir suffisamment répondu, quand j'ai montré que vous étiez incapable de réfuter ma démonstration. Car je vous ai sommé de produire un texte, où il serait dit de plusieurs choses, qui ne sont pas d'une seule et même substance, « qu'elles sont une même chose », et vous ne l'avez pas produit. Qu'importe, en effet, que vous donniez comme une marque de l'accord fondé sur la charité, cette parole relative à Paul, et à Apollo : « Celui qui plante et celui qui arrose sont une même chose (I Cor. II, 8.) » ; puisque vous ne faites pas voir qu'ils aient été de substance différente? Ils étaient hommes effectivement tous deux. S'ils ne s'aimaient pas réciproquement, ils étaient un par nature, et non par affection ; et s'ils n'étaient pas un par nature, on ne pouvait pas dire qu'ils fussent une même chose par affection.

Le Fils demande donc que ses disciples soient un, comme lui et son Père sont un; c'est-à-dire, qu'ils soient un non-seulement par nature, ce qu'ils étaient déjà, mais encore par la perfection de la charité et de la justice, suivant la capacité de leur nature, et autant que cela leur est possible dans le royaume de Dieu afin qu'ils soient eux aussi tout à fait un dans leur nature, comme le Père et le Fils sont parfaitement une même chose, quoique dans leur nature propre, qui est plus excellente et incomparablement meilleure. Le Fils dit donc à son Père : « Père saint, conservez en votre nom ceux que vous m'avez donnés : afin qu'ils soient un, comme nous ». Il n'a pas dit : Afin qu'ils soient un avec nous; ou bien : Afin qu'eux et nous, nous soyons un. De même un peu plus loin : « Je ne prie pas pour eux seulement, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous ensemble ils ne soient qu'un, comme vous, mon Père, vous êtes en moi, et moi en vous, afin qu'ils soient de même en nous ». Ici encore il ne dit pas : Afin qu'eux et nous, nous ne soyons qu'un; mais : « Afin qu'ils soient un en nous ».

C'est que les hommes, qui sont un par nature, ne peuvent être un par la plénitude de la justice d'une manière parfaite et souveraine en rapport avec le mode qui leur est propre, s'ils ne sont consommés en Dieu, de manière à être un dans le Père et dans le Fils, c'est-à-dire, un en eux, et non, un avec eux. Il poursuit en ces termes : « Afin que le monde croie que vous m'avez envoyé; et je leur ai donné la gloire que vous m'avez donnée, afin qu'ils soient un, comme nous ne sommes qu'une même chose : je suis en eux, et vous en moi, afin qu'ils soient consommés dans l'unité ». Et ici encore, il ne dit pas : Afin qu'ils soient un avec nous; ou bien : Afin qu'eux et nous, nous soyons un.

Enfin, quand il eut ajouté : « Afin que le monde connaisse que vous m'avez envoyé, et que vous les avez aimés comme vous m'avez aimé », il dit encore : « Mon Père, je veux que là où je serai, ceux-ci y soient aussi avec moi (Jean, XVII, 11-24.) ». « Que là où je serai, ils soient », dit-il, « avec moi ». Il ne dit pas : Qu'ils soient un avec moi. Il a donc voulu qu'ils fussent avec lui, et non pas, qu'eux et lui ne fissent qu'un. Qu'avez-vous voulu dire par ces mots: Il a fait mention de la charité et non de la substance; quoique vous n'ayez pas rapporté ces paroles du Seigneur à la circonstance où il les a prononcées? Mais que nous importe, puisqu'il n'a pas dit ou voulu que ses disciples et lui ne fissent qu'un, ou ses disciples avec son Père; mais qu'il a voulu que l'unité régnât entre ceux qu'il savait être d'une seule substance ? « Comme nous, dit-il, ne faisons qu'un », car il savait qu'ils étaient pareillement d'une seule et même substance.

2. Pour vous, si vous essayez de répliquer, montrez-nous dans la sainte Ecriture un passage où il soit dit de plusieurs objets, qui sont d'une substance différente : Ils sont une même chose. Car Jésus-Christ n'a pas dit, ce que vous avez eu cependant le front d'affirmer, que les Apôtres ne font qu'un avec le Père et avec le Fils, parce qu'ils obéissent en tout à la volonté du Père, et que lui étant soumis à l'imitation du Fils, ils ne font également qu'un avec le Père (Voir serm. CXL, n. 4.). En disant cela, vous avez fait de Dieu et des saints une seule et même chose. Un saint serait donc en droit de dire Dieu et moi, nous ne faisons qu'un?

C'est un blasphème indigne du coeur et des lèvres des saints. Je pense que vous auriez vous-même horreur d'entendre cela de la bouche de qui que ce fût, et que vous ne laisseriez dire à personne, quelle que fût l'excellence de sa sainteté: Dieu et moi, nous ne faisons qu'un. Mais peut-être vous paraîtrait-il coupable d'orgueil, celui qui oserait parler ainsi de lui-même. Mais quoique personne parmi vous n'ait la témérité de dire : Dieu et moi, nous ne faisons qu'un ; y aurait-il quelqu'un de nous qui oserait s'exprimer ainsi : Paul et Dieu ne font qu'un, de même que nous disons sans hésitation aucune : Paul et Apollon ne font qu'un; Dieu le Père et Dieu le Fils ne font qu'un ? Or, si vous n'osez dire : Un saint, un prophète, un apôtre quelconque, et Dieu, né font qu'un ; qui vous pressait, qui vous tourmentait, qui vous poussait pour vous faire dire que les Apôtres ne font qu'un avec le Père et le Fils ?

Le Père et le Fils sont une même chose, dites-vous, cependant ils ne sont pas un seul; et vous ajoutez sur-le-champ : Une même chose marque l'accord qui est entre deux; un seul marque le singulier. Vous vouliez dire: Ils sont une même chose, voilà ce qui désigne l'accord; il est un, a rapport au nombre singulier; mais la chaleur de la discussion vous a empêché de peser vos paroles. Car une même chose et un seul appartiennent également au nombre singulier.

Mais ce qui est vrai, c'est que : ils sont une même chose, en raison de l'addition de ce mot, ils sont, fait entendre le pluriel uni d'une certaine manière au singulier; tandis que, il est un, est évidemment au nombre singulier. Mais l'Apôtre aurait-il dit : Celui qui s'attache au Seigneur, sont une même chose ? Qu'est-ce que cela eut signifié, sinon : Un saint et Dieu ne font qu'un ? Mais un pareil langage était infiniment éloigné de sa sagesse; c'est lui cependant qui a dit : « Celui qui s'attache au Seigneur, est un seul esprit avec lui (I Cor. VI, 17.) », afin que vous sachiez que ces mots : Ils sont une même chose, ne se disent que des objets d'une seule et même substance : de même qu'il a été dit à certains hommes : « Vous êtes une même chose en Jésus-Christ (Gal. III, 28.) », et que Jésus. Christ lui-même a dit : « Mon Père et moi, nous ne faisons qu'un (Jean, X, 30.) ».

Quand on emploie le mot un et qu'on y ajoute un autre mot qui le détermine, on peut le dire, et de choses de substance différente, comme dans ce passage : « Celui qui s'attache au Seigneur, est un même esprit avec lui », et de choses de substance identique, comme dans cet autre passage : « Ils n'avaient qu'un coeur et qu'une âme (Act. IV, 32.) ». Le texte latin porte le singulier au lieu du pluriel (il y avait, au lieu de, ils avaient), car il y est dit ce qui était parmi eux, c'est-à-dire, un coeur et une âme.

C'est ainsi que nous disons du Père et du Fils: Ils sont une même chose, parce qu'ils sont tous deux d'une seule substance; et que nous disons aussi: Ils sont un seul, mais en déterminant le sens de ce mot, par exemple, un seul Dieu, un seul Seigneur, un seul tout-puissant, et autres qualifications semblables. Je pense vous avoir suffisamment fait toucher du doigt la différence qui existe entre ces deux manières de parler. Fouillez donc les Ecritures tant anciennes que nouvelles, et trouvez, si vous en êtes capable, un passage où il soit dit : Ils sont une même chose, en faisant allusion à des objets d'une nature ou d'une substance différente.


3. Explication du passage de saint Jean: «Il y en a trois qui rendent témoignage « l'esprit, l'eau et le sang; et ces trois sont « une même chose ». — Certes, je ne veux pas que vous vous mépreniez sur le sens de ces mots, dans l'épître de l'apôtre Jean : « Il y a trois témoins : l'esprit, le sang et l'eau ; et ces trois sont une même chose (I Jean, V, 8.)» ; que vous alliez dire peut-être que l'esprit, le sang et l'eau sont des substances diverses, et qu'il est dit cependant à leur propos : « Ces trois sont une même chose » : c'est pour cela que je vous avertis, de peur que vous ne soyez induit en erreur.

Car ces choses sont des types mystérieux, et dans les symboles on recherche toujours, non ce qu'ils sont en eux-mêmes, mais ce qu'ils signifient : autres sont les symboles, autre leur signification. Si donc on entend les choses symbolisées par ces types mystérieux, on trouvera qu'elles sont d'une même substance; c'est comme si nous disions: la pierre et l'eau sont une même chose, voulant désigner le Christ par la pierre, et le Saint-Esprit par l'eau : qui doute que la pierre et l'eau soient des natures différentes ? Mais comme le Christ et le Saint-Esprit sont d'une seule et même nature, en disant que la pierre et l'eau sont une même chose, il est permis de le prendre dans un sens absolu, parce que ces choses, dont la nature est différente, sont en même temps des types d'autres choses, dont la nature est identique.

Nous savons donc que trois substances sont sorties du corps de Notre-Seigneur, quand il était attaché à la croix: d'abord, son esprit, suivant ce passage : « Et ayant incliné la tête, il rendit l'esprit » ; puis, le sang et l'eau, quand son côté fut percé d'une lance (Jean, XIX, 30, 34.). A considérer ces trois choses en elles-mêmes, elles ont chacune des substances différentes ; et en ce sens, elles ne sont point une même chose. Mais si nous voulons rechercher ce qu'elles signifient, il n'est pas absurde d'y voir la Trinité elle-même, qui est un seul Dieu, souverain et véritable, Père, Fils et Saint-Esprit, dont on peut dire en toute vérité : « Il y a trois témoins, et ces trois sont une même chose ». Par l'esprit, nous pouvons entendre Dieu le Père, car en parlant de l'adoration qui lui est due, Notre-Seigneur disait : « Dieu est Esprit (Id. IV, 24.) » ; par le sang, nous pouvons entendre le Fils, parce que « le Verbe s'est fait chair (Id. I, 14.) » ; et enfin par l'eau, le Saint-Esprit, car, observe l'évangéliste, quand Jésus parlait de l'eau qu'il devait donner à ceux qui sont altérés, « il entendait cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui (Jean, VII, 39.) ». Maintenant que le Père et le Fils et le Saint-Esprit soient des témoins, quel est le fidèle croyant à l'Evangile pour en douter, quand le Fils s'exprime ainsi : « Je me rends témoignage à moi-même : et mon Père qui m'a envoyé, me rend aussi témoignage (Id. VIII, 18.) ? » S'il n'est pas fait mention du Saint-Esprit dans ce passage, il ne faut pas cependant s'imaginer qu'il soit séparé des autres personnes. Jésus-Christ n'a pas omis de parler de lui ailleurs, et il l'a suffisamment et clairement désigné comme témoin. Il dit de lui en effet, quand il promettait de l'envoyer : « Il rendra témoignage de moi (Id. XV, 26.) ». Tels sont « les trois témoins » en question ; « et ces trois sont une même chose », parce qu'ils sont d'une seule substance. Les symboles mystérieux qui les désignaient, sortant du corps de Notre-Seigneur, étaient la figure de l'Eglise annonçant la nature une, identique de la Trinité : car ces trois qui ont été figurés de trois manières, sont une même chose ; et l'Eglise qui les annonce est le corps de Jésus-Christ.

Si donc ces trois choses, qui les signifiaient, sont sorties du corps de Notre-Seigneur, de ce corps du Seigneur est sorti également l'ordre de baptiser les nations « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit (Matt. XXVIII, 19.) ». Au nom, et non pas, aux noms : car ces trois sont une même chose, et ces choses ne sont qu'un seul Dieu. Si, tout en se conformant à la foi catholique, qui ne confond et ne sépare point la Trinité, ne renie point l'existence des trois personnes et ne croit pas qu'il y ait entre elles différence de substance, on trouve quelqu'autre manière d'expliquer et d'entendre la profondeur de ce mystère qu'on lit dans l'épître de saint Jean, il ne faut pas du tout la repousser. Il faut se réjouir en effet de voir expliquer de plusieurs manières, pourvu cependant qu'elles ne s'écartent pas de la sagesse, les endroits obscurs des Ecritures saintes, où l'âme des fidèles trouve à s'exercer.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Ven 20 Jan - 17:14

CHAPITRE XXIII. LE PÈRE, LE FILS ET LE SAINT-ESPRIT SONT UN SEUL DIEU : PREUVES TIRÉES DE L'ÉCRITURE.



1. Comment me demandez-vous de prouver que le Père et le Fils et le Saint-Esprit sont un seul Dieu, quand les divines Ecritures l'établissent ainsi dans les termes les plus formels : « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est un seul et unique Seigneur (Deut. VI, 4.) ? » C'est aussi ce que vous entendriez vous-mêmes certainement, si vous consentiez à être Israël, non pas à la manière charnelle des Juifs, mais à la manière spirituelle des chrétiens. En effet, quand on ne veut plus se résoudre à entendre cette parole : « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est le seul et unique Seigneur », il ne reste plus qu'à prendre pour un menteur celui qui l'a dite. Or, s'il n'est pas un menteur, sa parole est vraie ; et si sa parole est vraie, la question est terminée. Car la vérité vous contraint sans aucun doute à confesser que le Père et le Fils et le Saint-Esprit sont un seul Seigneur Dieu. Niez la divinité du Saint-Esprit, dont le temple n'est pas fait de main d'homme, mais notre corps lui-même; dont le temple ne se compose pas de bois et de pierres, mais est formé des membres de Jésus-Christ : que direz-vous du Christ lui-même, que vous reconnaissez pour être notre Dieu et Seigneur ? Répondez-nous donc si le Père et le Fils sont un seul Seigneur Dieu. En effet, s'ils ne sont pas un seul Dieu, ils sont deux ; et s'ils sont deux, c'est un menteur, celui qui a dit : « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est le seul et unique Seigneur » ; c'est un menteur, celui qui a dit : « Considérez que je suis Dieu, et qu'il n'y en a pas d'autre que moi (Id. XXXII, 39.) ». Mais parce que vous n'oseriez pas dire qu'il a menti, pourquoi hésitez-vous de réformer votre jugement, et de venir ou de revenir à la foi catholique, qui ne reconnaît pas trois Seigneurs dans le Père, le Fils et le Saint-Esprit, mais un seul Seigneur Dieu, et se rend à cet appel du Seigneur à son peuple. « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est le seul et unique Seigneur »; à cet autre : « Considérez que je suis le Seigneur, et qu'il n'y en a point d'autre que moi ? » Si je dis que vous êtes un aveugle et un sourd, parce que vous ne voyez ni n'entendez cela, vous penserez sans doute que je vous fais injure. Eh bien je ne le dis pas : seulement expliquez-nous quel sens vous attachez à ces paroles : « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est le seul et unique Seigneur » ; dites-nous s'il faut entendre aussi le Christ dans ce passage, ou non. Car, si vous dites Oui, vous confesserez avec moi que le Père et le Fils sont un seul Seigneur Dieu. Et si vous répondez que non, alors contrairement à la parole divine, vous supposerez deux seigneurs, puisque vous ne niez pas que le Christ soit Seigneur Dieu. De même je vous demanderai en quel sens vous entendez ces paroles; « Considérez que je suis le Seigneur, et qu'il n'y en a point d'autre que moi ». Le Christ est-il compris dans ces paroles, oui ou non? Si oui, le Père et le Fils sont certainement un seul Seigneur ; si non, comme il est cependant Seigneur, alors c'est un démenti donné à celui qui a dit : « Il n'y en a point d'autre que moi ». Le Fils est en effet un autre Seigneur, si le Père et le Fils ne sont pas un seul Seigneur. Quoi que vous fassiez pour exalter le Père et mettre le Fils au-dessous de lui, votre but est de soutenir qu'ils ne sont point égaux, et non pas qu'ils ne sont point deux dieux. Criez, tant que vous voudrez, que le Père est plus grand et le Fils plus petit; on vous répondra qu'ils sont deux néanmoins, l'un plus grand et l'autre plus petit. Le texte sacré ne porte pas : Le Seigneur ton Dieu qui est le plus grand, est le seul et unique Seigneur ; mais : « Le Seigneur ton Dieu est le seul et unique Seigneur ». Il ne porte pas non plus : Il n'y en a point d'autre égal à moi ; mais : « Il n'y a point d'autre Seigneur que moi ». Reconnaissez donc que le Père et le Fils ne sont qu'un seul Seigneur Dieu, ou niez formellement que le Christ soit Seigneur Dieu, de même que vous le niez ouvertement pour le Saint-Esprit. Si vous le faites, je ne vous presserai plus avec ces divines paroles ; mais je produirai d'autres oracles, avec lesquels je démontrerai que votre erreur est plus détestable encore. Et maintenant si vous niez que le Saint-Esprit soit Seigneur Dieu, il suffira, pour que ces divines paroles vous confondent, que vous reconnaissiez le Christ pour Seigneur Dieu : que si le Christ n'est pas avec le Père un seul Seigneur Dieu, nous aurons alors deux seigneurs dieux, et nous verrons un mensonge dans ces divines paroles: « Le Seigneur ton Dieu est le seul et unique Seigneur » ; et : « Il n'y en a pas d'autre que moi ». Or, combien vos paroles savamment châtiées seront-elles préférables aux paroles mensongères de Dieu ?

2. C'est la Trinité elle-même qui dit dans l'Ecriture : « Le Seigneur Dieu est un Dieu unique »; et : « Je suis le Seigneur; et il n'y en a point d'autre que moi ». — Vous me demandez si je vous exhorte à professer là croyance en un seul Dieu, à la manière des Juifs; ou si, de préférence; conformément à la foi chrétienne, je conclus de la soumission du Fils qu'il n'y a qu'un Dieu, dont le Fils est notre Dieu. Vous parlez de la sorte, comme s'il fallait attribuer aux Juifs ces paroles : «Ecoute, Israël: le Seigneur ton Dieu est un seul et unique Seigneur » ; ou bien : « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'autre que moi ». Mais c'est Dieu qui a tenu ce langage, reconnaissez-le et gardez le silence; ou plutôt expliquez-nous comment il a dit la vérité, celui que nul d'entre nous n'ose taxer de mensonge. Expliquez-nous, vous dis-je, la vérité de ces paroles: « Le Seigneur ton Dieu est un seul et unique Seigneur », si nos seigneurs dieux, pour m'exprimer comme vous; sont au nombre de deux, l'un supérieur, l'autre inférieur; expliquez-nous encore la vérité de ces autres paroles: « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'autre que moi ». Lequel en effet, je vous le demande, du Père ou du Fils, s'est exprimé ainsi? Si le Père a dit: « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'autre que moi », il n'a pas dit vrai, parce qu'il y a un autre Seigneur, qui est le Fils. Et si c'est le Fils qui l'a dit, il n'a pas dit vrai non plus, parce qu'il y a un autre Seigneur, qui est le Père. Mais si c'est la Trinité, assurément elle a dit vrai et elle vous convainc de soutenir le faux. En effet, la Trinité, que la foi droite reconnaît, c'est-à-dire, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, cette Trinité, dis-je, au nom de laquelle nous sommes baptisés, est notre unique Seigneur Dieu, et en même temps il n'y en a point d'autre. C'est ce même Dieu dont l'Apôtre parle en ces termes : « Il n'y a nul autre Dieu que le Dieu-unique (I Cor. VIII, 4.) ». Que si vous rapportez ces paroles au Père, Jésus-Christ ne sera plus un Dieu pour vous, parce que l'Ecriture ne peut être contredite, quand elle affirme ceci: « Nul autre Dieu que le Dieu unique » : soit dit, sans faire mention du Saint-Esprit, dont j'ai prouvé la divinité précédemment, en dépit de vos dénégations. Si donc vous étiez des hérétiques macédoniens; qui ne sont séparés de la foi catholique qu'en ce qui concerne le Saint-Esprit, reconnaissant que le Père et le Fils sont deux personnes distinctes, l'une le Père, et l'autre le Fils, admettant qu'ils sont égaux et d'une seule et même substance, et néanmoins qu'ils ne sont pas deux seigneurs dieux, mais que tous deux sont ensemble un seul Seigneur Dieu: si du moins vous n'alliez pas plus loin qu'eux dans l'erreur, vous ne seriez pas pressés par ces divins oracles. Vous affirmeriez effectivement que le Père et le Fils sont un seul Seigneur Dieu, qui a dit : « Il n'y en a point d'autre que moi ». Plût au ciel qu'il ne nous restât plus qu'à vous faire admettre en outre le Saint-Esprit, et à reconnaître, à la place d'une dualité, la Trinité pour unique Seigneur Dieu. Mais maintenant que vous proclamez le Père Seigneur Dieu, et le Fils également, de manière que tous deux ne soient pas un seul Seigneur Dieu, mais deux, dont l'un est supérieur et l'autre inférieur, vous êtes évidemment percé du glaive de la vérité, qui brille dans ces paroles: « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est un seul et unique Seigneur » ; « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'autre que moi». Car Dieu le Père n'aurait pas voulu arracher les Israélites au culte des faux dieux du polythéisme, pour les induire en erreur au sujet du seul Dieu et Seigneur, en leur disant qu'il n'y avait point d'autre Seigneur que lui, tandis que l'on savait que son Fils était Dieu et Seigneur. Il était impossible que la Vérité et le Père de la vérité trompât son peuple par un mensonge : qu'un blasphème aussi horrible et aussi détestable retombe sur les hérétiques; les catholiques n'en sont point capables. En résumé, Dieu dit vrai dans ces paroles : « Ecoute, Israël: le Seigneur ton Dieu est le seul et unique Seigneur », parce que le Père et le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas trois dieux, mais un seul Dieu; ni trois seigneurs, mais un seul Seigneur. Il est dans le vrai en disant « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'autre que moi », parce que ce n'est pas le Père seulement, mais la Trinité elle-même qui s'exprime ainsi : elle est cet unique Seigneur, en dehors duquel il n'y en a point. En effet, si le Père disait: « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'autre que moi », il refuserait par là même à son Fils unique la qualité de Seigneur. Et qui de nous oserait accorder au Fils cette qualité, quand le Père s'élèverait contre nous par ces paroles : « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'autre que moi ? » Par conséquent, suivant la vraie foi, cette parole ne vient pas du Père, mais de la Trinité ; elle vient du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que les langues de ceux qui ignorent la vérité se taisent donc : cette Trinité est un seul Dieu. C'est donc de ce Dieu unique qu'il est dit : « Ecoute, Israël: le Seigneur ton Dieu est un seul et unique Seigneur». C'est ce Dieu unique qui dit. « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'autre que moi ». Le Fils, il est vrai, est inférieur au Père en tant qu'homme; il n'y a pas cependant deux dieux et deux seigneurs, en tant qu'il est Dieu; mais tous deux sont avec le Saint-Esprit un seul Seigneur.

3. Réfutation des allégations maladroites de Maximin. — Les textes de saint Paul que vous alléguez vous contredisent, et vous ne le voyez pas. Car voici ce qu'il dit : « Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père, et de Jésus-Christ notre Seigneur (1. Rom. I, 9 ; I Cor. I, 3 ; II Cor. I, 2; Gal. I, 3; Eph. I, 2.) ». Or, comment Jésus-Christ est-il Seigneur, si le Père a dit : « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'autre que moi? » Ainsi que je l'ai observé, cette parole ne vient donc pas du Père exclusivement, mais de la Trinité. Vous produisez encore un autre témoignage, et cela contre vous-même, en citant ce passage de l'Apôtre . « Il n'y a qu'un seul Dieu, qui est le Père, de qui toutes « choses procèdent, et qui nous a faits pour « lui; et il n'y a qu'un seul Seigneur, qui est Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites, et en qui nous sommes », pour parler votre langage; mais l'Apôtre a dit : « Et par qui nous sommes », au lieu de: « en qui nous sommes ». De pareilles inadvertances sont ordinaires quand on cite de mémoire, sans avoir le texte sous les yeux : mais venons-en plutôt à l'affaire en question. Voici ce que dit l'Apôtre : « Il n'y a qu'un seul Dieu, qui est le Père, de qui toutes choses procèdent, et qui nous a faits pour lui; et il n'y a qu'un seul Seigneur, qui est Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites, et par qui nous sommes tout ce que nous sommes ( I Cor. VIII, 6.) ». Il distingue parfaitement deux personnes, celle du Père et celle du Fils, sans aucune confusion et sans aucune erreur. Car il n'y a pas deux dieux pères, mais un seul Dieu le Père; ni deux seigneurs Jésus-Christ, mais un seul Seigneur Jésus-Christ. Il n'y a effectivement dans cette Trinité qui est Dieu, qu'un seul Père, et non deux ou trois; et qu'un seul Fils, et non deux ou trois; et qu'un Esprit du Père et du Fils, et non deux ou trois; et ce Père unique est certainement Dieu; et ce Fils unique est aussi Dieu, même de votre propre aveu; et, malgré vos dénégations, l'Esprit de l'un et de l'autre est également Dieu. C'est ainsi que si vous me demandez qui est le Seigneur, je réponds que chacun d'eux l'est; mais que tous ensemble, au lieu d'être trois seigneurs dieux, sont un seul Seigneur Dieu, Voilà notre foi, parce qu'elle est la foi droite, qui s'appelle encore la foi catholique. Pour vous, qui vous insurgez contre cette foi, je vous en prie, expliquez-nous comment Jésus Christ est aussi Seigneur, quand vous attribuez au Père seul, et non à la Trinité, cette parole : « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'autre que moi ». Mais vous vous troublez; mais vous ne trouvez rien à répondre; seulement vous ne voulez pas garder le silence lors même que vous êtes convaincu. Si, en réalité, ce n'est pas la Trinité divine, mais-le Père, qui a dit : « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'autre que moi », il n'y a pas de doute qu'il a renié son Fils pour Seigneur : et si son Fils est Seigneur avec lui, il n'a pas dit vrai en s'exprimant ainsi : « Il n'y a point d'autre Seigneur que moi ». Ici, en effet, il ne s'agit pas d'un Seigneur pareil aux maîtres de la terre, qui ont des hommes pour serviteurs, et que l'Apôtre appelle les maîtres selon la chair (Ephés. VI, 5.) ; mais il s'agit du Seigneur, à qui est dû le culte de latrie, comme le nomme la langue grecque, conformément à ces paroles : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul (Deut. VI, 13.)». Si ce Seigneur Dieu n'est pas la Trinité, mais le Père seul, assurément nous ne pouvons rendre un pareil culte à Jésus-Christ, à cause de ces paroles: « Tu ne serviras que lui seul », dès lors qu'elles doivent s'entendre en ce sens, qu'il ne faut rendre de culte qu’à Dieu le Père. Si c'est lui seul et non la Trinité qui a dit : « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point a d'autre que moi », il a nié que son Fils fût un Seigneur, à qui dût être offert le culte de religion, qui n'est dû qu'à Dieu. Il n'a pas dit en effet: Je suis un Dieu plus grand ou meilleur, et il n'y en a point d'égal ou de pareil à moi; mais, voulant qu'on rendît à lui seul le culte qui n'est dû qu'au Seigneur Dieu, il s'est ainsi exprimé : « Je suis le Seigneur, et il n'y a en a point d'autre que moi ». Or, si cette parole, conformément à la déclaration de la foi catholique, doit être attribuée à un seul Dieu, qui est la Trinité même, il est hors de doute qu'il ne faut rendre qu'à lui seul le culte qui n'est dû qu'au Seigneur Dieu, parce qu'il est lui-même le Seigneur, et qu'il n'y en a point d'autre que lui.

4. Nouvelles preuves de la Trinité, tirées de saint Paul. — Je demande ensuite comment vous entendez ce passage : « Il n'y a qu'un seul Dieu, qui est le Père, duquel toutes choses tirent leur être, et qui nous a faits pour lui; et il n'y a qu'un seul Seigneur, qui est Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites, comme c'est aussi par lui que nous sommes ». Est-ce que toutes choses ne tirent pas également leur être du Fils, puisqu'il dit lui-même : « Tout ce que fait le Père, « le Fils le fait également (Jean, V, 19.)? » Si vous établissiez cette distinction que toutes choses n'ont pas été faites par le Père, mais procèdent de lui; et que toutes choses ne procèdent pas du Fils, mais ont été faites par lui : lequel des deux vous semble être l'objet de ces réflexions du même Apôtre : « O profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont incompréhensibles, et oses voies impénétrables ! Car qui a connu les desseins de Dieu? Ou qui est entré dans le secret de ses conseils ? Qui lui a donné quelque chose le premier, pour en prétendre récompense? Car tout est de lui, tout est par lui, et tout est en lui : gloire à lui dans tous les siècles. Amen (Rom. XI, 33-36.) » . Est-il question ici du Père ou du Fils? Car il a nommé Dieu d'abord, en disant : « O profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! » Puis il a nommé le Seigneur en disant : « Qui connaît en effet les desseins du Seigneur? » Mais ceci n'a point de rapport à notre discussion : car vous assignez, vous aussi, ces deux noms au Père et au Fils. Vous ne donnez pas le nom de Dieu au Père, pour le dénier au Fils, ni réciproquement le nom de Dieu au Fils, pour le dénier au Père, bien que dans le passage de l'Apôtre allégué par vous, le nom de Dieu soit donné au Père, et le nom de Seigneur au Fils : « Il n'y a, dit-il, qu'un Dieu, qui est le Père, de qui toutes choses tirent leur être; et il n'y a qu'un seul Seigneur, qui est Jésus-Christ, par qui toutes choses ont été faites ». Mais remarquez où il a été dit : « O profondeur des trésors de la sagesse et de la science de Dieu ! » Car, qu'il soit question ici du Père, ou du Fils, « tout est de lui, tout est par lui, tout est en lui ». Comment donc toutes choses tirent-elles leur être du Père, et non pas du Fils; et comment toutes choses ont-elles été faites par le Fils, et non par le Père, puisque c'est l'un des deux que l'Apôtre a voulu désigner dans ce passage : « Tout, dit-il, est de lui, tout est par lui, et tout est en lui? » Si donc, qu'il s'agisse du Père ou qu'il s'agisse du Fils, il est dit néanmoins, suivant la plus pure vérité, que « tout est de lui, tout est par lui et tout est en lui », c'est là indubitablement la; démonstration de l'égalité qui existe entre le Père et le Fils. Que si, par la raison qu'il n'a pas nommé le Père et le Fils et le Saint-Esprit, mais Dieu et le Seigneur, termes également applicables à la Trinité elle-même, on peut rapporter chacune de ces trois particularités à chacune des trois personnes : De lui, au Père; par lui, au Fils; et en lui, au Saint-Esprit; pourquoi ne voulez-vous pas reconnaître que cette Trinité est l'unique Seigneur Dieu? Le texte ne porte pas en effet: d'eux, et par eux, et en eux; mais « tout est de lui, tout est par lui et tout est en lui »; et le texte ne porte pas non plus : A eux soit la gloire, mais : « gloire à lui dans tous les siècles. Amen ».

5. Maximin se trompe, en rapportant au Père exclusivement, au lieu de le rapporter aux trois personnes, ce qui est dit de Dieu dans les saintes Ecritures. — Vous tombez certainement dans l'erreur, quand vous pensez que ces paroles : « Il n'y a que Dieu qui « soit bon », se rapportent au Père exclusivement. En effet, quand même on lirait textuellement, : Il n'y a que le Père qui soit bon, on ne devrait pas l'entendre en ce sens que le Fils et le Saint-Esprit seraient exclus de cette bonté unique; parce que ces mots, que j'ai déjà rapportés : « Nul ne fait ce qui est de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu (I Cor. II, 11.) », où se trouve une manière de parler analogue, n'excluent pas le Fils de Dieu de cette science: Quelle latitude n'avons-nous donc pas pour interpréter ce passage, puisqu'il n'y est pas dit : Il n'y a que le Père, mais: « Il n'y a que Dieu qui soit bon », c'est-à-dire la Trinité elle-même ? Car celui à qui Jésus fit cette réponse, ne cherchait pas un bien quelconque, mais le bien qui le rendrait heureux. Que dis-je? il désirait la vraie béatitude elle-même, en d'autres termes, la vie éternelle; et il avait questionné le Christ comme homme, sans savoir qu'il était Dieu en même temps. Il lui avait dit : « Bon maître, que faut-il que je « fasse pour obtenir la vie éternelle? » Et il lui dit : « Pourquoi me dites-vous bon? Il n'y « a que Dieu qui soit bon (Marc, X, 17, 13.) » ; ou, comme on lit dans un autre évangéliste, et ce qui revient au même : « Il n'y a de bon que Dieu seul (Luc, XVIII, 19.) ». Cela signifiait : Vous serez dans le vrai en m'appelant bon, si vous connaissez que je suis Dieu. Car quand vous ne me prenez pas pour autre chose qu'un homme, pourquoi me dites-vous bon ? Il n'y a pour rendre bon ou heureux, que le bien immuable, qui est Dieu seul. Il y a de la bonté dans l'ange, dans l'homme ou toute autre créature; mais ces êtres n'ont pas en partage une bonté capable de rendre heureux ceux qui les possèdent; et il n'y a point de vie heureuse en dehors de la vie éternelle. Or, comment le vrai Fils de Dieu ne serait-il pas un bien de cette nature, puisqu'il est Dieu véritable et la vie éternelle à laquelle désirait parvenir celui qui l'interrogeait?

6. Inconvenance du sentiment de Maximin : combien plus la doctrine catholique est conforme à la raison elle-même. — Je soutiens que ces mots : « Il n'y a que Dieu, et Dieu seul, qui soit bon », se rapportent à la Trinité elle-même, qui est le seul et unique Dieu; et vous, vous prétendez qu'ils se rapportent au Père exclusivement, parce qu'étant Dieu sans le tenir de nul autre, il est bon aussi sans le tenir d'aucun autre; tandis que le Fils étant Dieu de par le Père, tient du Père sa grandeur et sa bonté. Or, remarquez bien lequel de nous conçoit de Dieu le Père et de Dieu le Fils la meilleure idée; est-ce moi qui dis : Dieu le Père est Dieu, il est vrai, sans le tenir d'un autre Dieu, et Dieu le Fils est Dieu de par, le Père, mais celui-ci tient de celui-là une grandeur égale à celle que celui-là même ne tient de - personne; en outre, le Père est bon d'une bonté qu'il ne reçoit de personne, tandis que le Fils est bon de la bonté qu'il tient du Père, mais la bonté qu'il tient du Père est égale à celle que celui-ci ne tient de personne; ou bien est-ce vous, qui prétendez que Dieu le Père est le seul bon, parce qu'il ne tient sa divinité d'aucun autre Dieu et sa bonté d'aucun autre être bon; et que le Fils ne doit pas être égal au Père, parce qu'il est Dieu de par lui, et qu'il tient également sa bonté de lui ? Vous blasphémez contre l'un et l'autre, en tenant un pareil sentiment; contre le Père, parce que, selon vous, il n'a pas engendré un Fils ni aussi grand, ni aussi parfait que lui-même; contre le Fils, parce qu'il n'a pas mérité de naître ni aussi grand ni aussi parfait que celui qui l'a engendré. Enfin, d'après votre opinion, ces deux choses qui font l'objet de notre débat, la divinité et la bonté, n'ont plus de raison d'être, puisqu'il est dit : « Il n'y a de bon que Dieu seul ». En effet, comment le Père est-il Dieu, s'il n'a pu engendrer un Fils aussi grand et aussi parfait que lui-même? et s'il ne l'a pas voulu, où est sa bonté ?

7. Pour être logique dans leur erreur, les Ariens en viennent précisément à nier que Jésus-Christ soit Fils de Dieu par nature. — Le Père, dites-vous, est la source de la bonté, et cette bonté, il ne la tient de personne. Est-ce que le Fils est moins bon, parce due la bonté qu'il a en partage, il l'a reçue du Père, qui a pu donner à son Fils, à sa naissance, une bonté égale à la sienne, attendu qu'il est Dieu, et qui la lui a donnée effectivement, attendu qu'il ne peut pas être jaloux ? En effet, si le Père a donné à son Fils unique moins de bonté qu'il n'en a lui-même, il est moins bon qu'il doit l'être : sentiment qui tient de la folie. Donc il a donné au Fils autant de bonté qu'il en a lui-même. Et parce que le Fils est tel par nature, et non par grâce, Dieu lui a donné cette bonté à sa naissance, et non quand il en était dépourvu; il l'a rempli de sa plénitude, et source de la bonté il a fait jaillir en lui cette source. Par conséquent celui qui a reçu, n'a pas éprouvé d'accroissement, et celui qui a donné n'a rien diminué en lui : parce que l'immutabilité n'est pas susceptible de diminution ; ni la plénitude, d'accroissement. Qu'est-ce d'ailleurs que la bonté en soi, sinon la vie qui communique la vie ? C'est parce que la source a engendré la source, que « comme le Père ressuscite les morts et leur rend la vie, ainsi le Fils donne a la vie à qui il lui plaît (Jean, V, 21.) ». Voilà le langage du Fils; ce n'est pas le mien. C'est pourquoi les paroles suivantes s'adressent convenablement à Dieu le Père : « Avec vous est la source de vie ». Or, quelle est cette source de vie auprès du Père, si ce n'est celui que désignent ces mots : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu; il était dès le commencement avec Dieu »; de qui l'Evangile dit encore un peu plus loin : « Et la vie était la lumière des hommes (Id. I, 1, 2, 4.) ? » Cette vie est la source de la vie, et cette lumière, la source de la lumière. Aussi ces paroles : « Avec vous est la source de vie », sont elles suivies immédiatement de celles-ci : « En votre lumière nous verrons la lumière (Ps. XXXV, 10.) », c'est-à-dire, en votre Fils nous verrons l'Esprit-Saint : cet Esprit, à qui vous avez reconnu vous-même, dans la première partie de notre conférence, le don d'illuminer. Le Fils, né du Père, est donc la source émanée de la source, et tous deux ensemble ne sont qu'une source; le Fils, né du Père, est la lumière émanée de la lumière, et tous deux ensemble ne sont qu'une lumière; de même qu'il est Dieu de Dieu, et que tous deux ensemble ne sont qu'un seul Dieu : et tout cela, non sans l'Esprit de l'un et de l'autre. De cette source de bonté, de cette source de vie, de cette lumière immuable, de cette plénitude inépuisable, c'est-à-dire, du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, seul et unique Seigneur Dieu, tous ceux qui ont la foi véritable, reçoivent une part de bonté, de vie, de lumière et de plénitude en proportion avec la mesure de leur foi. Or, par je ne sais quelle incroyable témérité (je le dirai avec votre permission), vous osez bien assimiler le Fils unique de Dieu à ces simples fidèles. Voici effectivement vos propres paroles : Qu'il soit question du Fils, ou de ceux qui ont été créés par le Fils, pour être bons, ils ont reçu chacun de cette source de la bonté une part proportionnelle à leur foi. Qu'est donc devenu ce que vous professiez naguère, que Jésus-Christ est Fils de Dieu par nature, et non par grâce ? Voilà que vous renversez votre propre sentiment; c'est maintenant que vous mettez au grand jour le secret perfide de votre hérésie, en déclarant que le vrai Fils unique de Dieu, vrai Dieu lui-même, n'est pas son Fils par nature, mais par grâce. En effet si, pour être bon, il a, comme le crient vos paroles, reçu une part de bonté proportionnelle à sa foi, il s'ensuit qu'il est Fils par grâce, et non par nature; et il y a eu un temps où il n'était pas bon, et c'est en croyant qu'il est devenu bon, puisque, pour être tel, il a, comme vous le dites, reçu de cette source de bonté, qui est le Père, une part de bonté en rapport avec la mesure de sa foi. Nous lisons, il est vrai, que « Jésus croissait en âge et en sagesse, et que la grâce de Dieu était en lui (Luc, II, 52.) » : mais ces paroles concernent la nature humaine que Jésus-Christ a prise de nous et pour nous-mêmes, et non sa nature divine, en laquelle il n'a pas cru que ce fût pour lui une usurpation de s'égaler à Dieu (Philipp. II, 6.). Si nous lisons qu'il croissait en âge et en sagesse, même par rapport à sa nature d'homme, nous ne lisons pas cependant qu'il ait mérité par sa foi une bonté qu'il n'avait pas auparavant. La question ne roule pas entre nous maintenant sur sa nature de fils de l'homme, en laquelle le Fils de Dieu est inférieur au Père; mais sur sa nature de Fils de Dieu, en laquelle il est égal au Père, comme nous le disons et contrairement à vos dénégations : le vrai Fils, le Fils unique, le Fils vrai Dieu du vrai Dieu, n'a dégénéré en rien du Père. Et nulle part vous n'avez pu lire dans les saintes Ecritures que le Père soit incomparable au Fils. Vous n'avez pas été non plus de bonne foi, en disant que le Père est immense; car vous n'avez avancé cette assertion, que pour représenter ce Fils privé de cette immensité et sujet à être délimité dans une certaine mesure. Conservez pour vous votre mesure, pour en mesurer votre faux seigneur, et mentir au sujet du Seigneur véritable.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mar 21 Mai - 10:17

CHAPITRE XXIV. OBSTINATION DES ARIENS À NE VOIR LE FILS DE DIEU QUE DES YEUX DE LA CHAIR.


Vous avez raison de reconnaître que le Père aime le Fils et que le Fils aime le Père; mais c'est à la condition que vous n'imaginerez pas dans le Père un amour supérieur à celui du Fils. Car, étant égaux sous le rapport de la nature divine, ils se portent mutuellement un amour égal, mais comme homme, le Fils accomplit le commandement de son Père;. car en tant que Dieu, il est lui-même le commandement du Père, puisqu'il en est le Verbe. C'est pour cela qu'il dit ailleurs, en parlant du commandement du Père, c'est-à-dire de lui-même : «Je sais que son commandement est la vie éternelle (1) ». Maintenant, que le Fils de Dieu soit lui-même la vie éternelle, c'est ce que la sainte Ecriture atteste. Et quand il s'exprime ainsi : « Celui qui me voit, voit aussi mon Père (2) », qui ne comprendrait que le sens de ces paroles est celui-ci . que quiconque voit le Fils par l'intelligence, voit en lui assurément l'égal du Père ? Vous ne voulez pas de cette doctrine, parce que vous ne voyez pas le Fils des yeux du coeur, autant que cela est possible dans cette vie.

1. Jean, XII, 50. — 2. Id. XIV, 9.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Mer 22 Mai - 10:25

CHAPITRE XXV. SAINT AUGUSTIN JUSTIFIE CETTE PROPOSITION QUE LE PÈRE EST PLUS GRAND QUE LE FILS, CONSIDÉRE COMME HOMME, ET QUE CELA SUFFIT À SA GLOIRE.



Vous pensez que je m'écarte de la vérité en disant que le Père est plus grand que le Fils, eu égard à la forme de serviteur dont celui-ci s'est revêtu (3).

3. Philipp. II, 7.


Vous prétendez, en effet, conformément à votre hérésie, que le Père est supérieur au Fils, même quant à sa nature divine; vous voyez de mauvais œil que le Fils ait la nature de son Père, et pour qu'il ne puisse y parvenir au moins dans la suite, vous voulez qu'il soit né parfait d'une perfection éternelle. Mais c'est en vain que l'homme voit d'un mauvais oeil la nature du Père communiquée au Fils de Dieu, quand le Père ne lui envie point cette nature, puisqu'il a engendré son Fils unique égal à lui-même. Cependant vous dites que la gloire du Père n'est pas grande, s'il n'est supérieur au Fils que par rapport à cette forme de serviteur, dans laquelle les anges eux-mêmes sont plus grands que celui-ci. Voyez vous-même, si vous vous proposez autre chose que de parvenir à célébrer la gloire exclusive du Père, aux dépens de celle de son Fils unique; ou d'autres termes, si vous ne vous efforcez pas d'accroître la gloire du Père, uniquement en portant atteinte à la nature du Fils. Allons donc ne voyez-vous pas que vous faites injure et au Père et au Fils, si le Père n'a pu ou voulu engendrer un Fils égal à lui-même, et si le Fils n'a pu naître égal à son Père ? Dieu ne consent pas à être loué comme Père, si l'on dit qu'il a engendré de lui-même un Fils dégénéré. Dans sa bonté et son amour pour son Fils, il ne veut pas des louanges prodiguées à sa nature divine, à la condition que son Fils unique n'aurait pu, la recevoir en naissant, ou y parvenir après avoir pris de l'accroissement. Il vous semble que ce n'est pas dire quelque chose de bien glorieux pour Dieu le Père, si l'on dit qu'il a sur la nature de serviteur une supériorité, qui paraît être également le partage même des anges; mais vous ne vous faites pas une idée exacte de la place occupée dans la création par la nature humaine, formée â l'image de Dieu. On peut dire des anges qu'ils sont supérieurs à l'homme, parce qu'ils sont supérieurs à sa nature corporelle, ils sont même plus grands que son âme, toutefois dans ce sens qu'elle est, en punition du péché originel, appesantie par un corps sujet à la corruption. Mais il n'y a que Dieu qui soit plus grand que la nature humaine, telle que Jésus-Christ l'a prise avec une âme humaine, que n'a pu souiller jamais aucun péché. Enfin l'Ecriture a déterminé le sens de ces mots : « Vous l'avez mis un peu au-dessous des anges (1) », quand elle a dit : «Nous voyons ce Jésus abaissé pour un peu de temps au-dessous des anges à cause de la mort qu'il a soufferte (2)». Il est donc question ici, non de la nature de l'homme, mais de la mort endurée par le Sauveur. Quant à cette nature humaine, qui surpasse toutes les autres créatures par son union à une âme intelligente et raisonnable, Dieu seul est plus grand qu'elle; et l'Ecriture ne l'humilie point certainement parce qu'elle dit : « Dieu est plus grand que notre coeur (3) ». Lors donc que le Fils de Dieu, revêtu de cette nature humaine, qu'il devait élever jusqu'à son Père, disait : « Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez certainement de ce que je m'en vais vers mon Père, parce que mon Père est plus grand que moi (4) » ; ce n'était pas, seulement sa chair, mais encore l'âme humaine qu'il avait prise, qu'il mettait au-dessous de Dieu son Père : on reconnaît là, sans aucun doute, la forme
entière du serviteur, parce que la créature obéit tout entière au
Créateur.


1. Ps. VIII, 6. — 2. Héb. II, 9. — 3. I Jean, III, 20. — 4. Jean, XIV, 28.

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MessageSujet: Re: Saint Augustin + contre les Ariens   Jeu 23 Mai - 11:13

CHAPITRE XXVI. IL EST FAUX QU'AVANT L'INCARNATION, LE FILS DE DIEU SE SOIT RENDU HABITUELLEMENT VISIBLE AUX HOMMES.



1 . Le dernier point de votre discussion concerne la question de savoir comment Dieu apparut aux anciens, quand le Christ n'avait pas encore pris le corps humain dans lequel il s'est fait voir, puisque la nature divine est de soi invisible. Vous aviez vous-même reconnu d'abord, entre autres choses, que ni le Père, ni même le Fils ne se sont rendus visibles dans la substance de leur divinité, non-seulement aux hommes, mais encore aux puissances célestes; puis, changeant de sentiment; vous dites que le Fils s'est fait voir aux yeux mortels, même avant l'incarnation, et vous affirmez que ce passage de l'Apôtre : « Nul homme ne l'a vu, a et ne peut le voir (1) », regarde uniquement Dieu le Père; quant au Fils, dès l'origine du genre humain, il se serait rendu habituellement visible aux hommes. Voulant administrer les preuves de cette assertion, vous avez mis en avant beaucoup de textes des saintes Ecritures, qui n'ont pu vous être d'aucun secours. En effet, vous ne lisez nulle part que Moise ait écrit, comme vous l'affirmez, que le Fils s'est toujours fait voir depuis Adam, le premier homme, jusqu'à l'Incarnation. Vous dites qu'il décrit cela dans le livre de la Genèse; mais cette assertion est tellement erronée, qu'elle est même ridicule. Est-ce que le livre de la Genèse renferme en effet tous les événements accomplis depuis Adam jusqu'à l'incarnation de Jésus-Christ? Ou bien, est-ce que Moïse a vécu dans la chair, ou écrit les faits qui se sont passés jusqu'à l'époque de l'incarnation de Jésus-Christ? Voilà ce que vous affirmez, et vous pensez dire quelque chose, ou vous passez pour parler sérieusement, aux yeux de ceux qui sont incapables de discerner des erreurs aussi évidentes.



1. I Tim. VI, 16.



2. Inopportunité et maladresse des citations empruntées par Maximin aux deux premiers chapitres de la Genèse. — Après cela, à quoi bon, je vous le demande, nous rappeler que le Père a dit au Fils : « Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance » ; à quoi bon, je le répète? Aviez-vous donc tant de loisir de parler, que sans faire attention à prouver ce que vous vous étiez proposé, vous nous ressassiez- de mémoire et sans aucune utilité les passages de la Genèse? De ce que le Père a dit au Fils: « Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance », s'ensuit-il, comme preuve concluante, que le Christ s'est rendu visible aux hommes avant son incarnation? Puis vous citez ce texte : « Et Dieu fit l'hommme (1) »; et vous ajoute: Quel est ce Dieu, sinon le Fils? Et pour m'en imposer en quelque sorte par une citation tirée de mes oeuvres : Voilà certainement, dites-vous, ce que vous avez enseigné dans vos traités. Je ne veux pas rechercher ici jusqu'à quel point vous dites vrai, dès que je vois que ce que vous avancez n'a point de rapport à notre discussion. Il s'agit effectivement entre nous de savoir si le Christ s'est manifesté aux hommes dans la substance de sa divinité. Et vous dites Dieu a fait l'homme; puis vous ajoutez : Quel est ce Dieu, sinon le Fils? comme s'il eût été nécessaire pour cela que l'homme vît de ses yeux mortels le Dieu gui l'a créé? Mais s'il en était ainsi, tous les hommes verraient Dieu : quel autre en effet leur donne la vie au sein maternel ? Vous poursuivez encore sur le même ton : Ce Fils, qui est le prophète de son Père, disait donc: « Il n'est pas bon que l'homme soit seul; faisons-lui une aide semblable à lui (2) ». Si je vous demandais qui vous a dit que ces paroles sont du Fils, en quel embarras ne vous trouveriez-vous pas? Car l'Ecriture qui a dit : « Au commencement Dieu fit le ciel et la terre», sans désigner si c'est le Père, ou le Fils, ou le Saint-Esprit, ou la Trinité, qui est un seul Dieu, à qui il faille attribuer cette création, continue à nommer Dieu pour les autres oeuvres, et à le donner comme leur créateur, en employant ces expressions : « Et Dieu fut, et Dieu dit ». C'est la même manière de parler dans cet endroit : « Et Dieu dit : Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance; et Dieu fut l'homme » ; et dans cet autre : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul; faisons-lui une aide semblable à lui ». Qu'est-ce donc qui vous a persuadé que ceci a été dit par le Fils, et ce qui précède, par le Père?



1. Gen. I, 26, 27. — 2. Id. II, 18.


Comment, je vous le demande, voyez-vous, distinguez-vous que le Père a dit : « Que la lumière soit (1) », etc. ; que le Père a dit enfin : « Faisons l'homme », et le Fils : « Faisons-lui une aide », tandis que l'Écriture n'emploie constamment d'autre formule que la suivante : « Dieu dit? » Que signifie cette témérité; cette présomption? Après cela, comme vous fondez ordinairement la supériorité relative du Père sur ce qu'il a dit : Que ceci ou cela soit, ce qui serait comme des ordres qu'il donne au Fils; et l'infériorité relative du Fils; sur sa soumission à remplir les ordres de son Père; que direz-vous sur ce passage : « Faisons l'homme?» Car ce n'est plus l'espèce de formule impérative adressée au Fils, comme précédemment. Que l'homme soit fait ; mais : « Faisons l'homme », porte le texte sacré. Je ne demande pas quel est, à votre avis, celui qui s'est exprimé de la sorte car nous savons déjà par vous que ces paroles sont adressées par le Père au Fils. Pourquoi donc n'a-t-il pas dit : Qu'il soit fait; ou Faites; mais : « Faisons? » Est-ce que Dieu a commandé le reste, et le Fils mis ses ordres à exécution; tandis que tous deux auraient fait l'homme, le Père en donnant l'ordre et coopérant à l'oeuvre, le Fils né donnant point d'ordre, mais le mettant seulement à exécution ? Mais si, selon vous, le Père a commandé, parce qu'il est écrit : « Dieu dit: Faisons l'homme », il faut admettre que le Fils, lui aussi, a commandé; car vous affirmez qu'il faut attribuer, non au Père, mais au Fils, ces expressions : « Faisons-lui une aide ». Et de même que sur ce passage : « Et Dieu fit l'homme », vous voulez voir la soumission du Fils obéissant à l'ordre de son Père, parce que le Père venait de dire : « Faisons l'homme »; de même, quand nous lisons : « Le Seigneur envoya à Adam un profond sommeil, et prit une de ses côtes», et le reste, où se trouve décrite la création de l'aide donnée à l'homme, nous devons, d'après vous, comprendre que le Père s'est en cela montré docile à un ordre de son Fils, puisque vous, attribuez, non au Père; mais au Fils, ces paroles : « Faisons-lui une aide ».


1. Gen. I, 1-27. — 2. Id. II, 18.



3. Maximin a promis de prouver que le Fils a apparu au premier homme et à la première femme. Qu'il tienne sa promesse ; le défi lui en est jeté. — Mais je dis cela, comme si parmi les choses qu'il vous a plu de croire ou d'imaginer sur ce sujet, il y avait quelque rapport avec le sujet qui nous occupe. Au fait, selon vous, ces paroles : « Faisons l'homme », contiendraient un ordre du; Père; et celles-ci : « Et Dieu fit l'homme », marqueraient l'obéissance du Fils : il vous plait également de dire que les paroles suivantes sont du Fils : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul; faisons-lui une aide »; mais, en disant cela, il n'aurait pas donné d'ordre, parce qu'il vous convient de le penser : comment prouvez-vous que le Fils, qui a créé l'homme; s'est montré à lui? Comment prouvez-vous que le Fils, qui a dit : « Il n'est pas bon que l'homme soit seul; faisons-lui une aide », a été vu de l'homme, ou de la femme elle-même, si vous ne voulez pas qu'elle ait été créée par le Père, dans la crainte que le Père ne paraisse avoir obéi au Fils; mais que le Fils se commandant et s'obéissant pour ainsi dire à lui-même, ait donné l'ordre de la créer et l'ait créée réellement ? Produisez la preuve de l'apparition du Fils en présence de l'homme et de la femme. Car vous aviez pro. mis de prouver que le Fils se serait montré aux yeux des hommes mêmes avant l'Incarnation. Mettez maintenant vos promesses à exécution. Pourquoi vous perdre dans le vague? Pourquoi trompez-vous notre attente, en ne tenant point votre promesse ? Vous entassez des paroles qui ne sont d'aucune utilité, pour occuper un temps qui nous est nécessaire. Si le Fils a été vu de l'homme et de la femme, par la raison qu'il les a créés, posez en principe, si vous l'osez, que Dieu le Fils ne peut créer des êtres doués de la vue et qu'il ne peut être vu de ces mêmes êtres, quoiqu'ils voient d'autres choses..Que si Dieu le Fils peut créer ces êtres ; car maintenant encore il crée tout ce qui voit, et cependant les yeux qu'il a créés ne peuvent le voir; que signifie alors ce que vous avez dit? Pour quel motif avez-vous fait entrer dans votre discours cette exposition du livre de la Genèse? Pourquoi nous avez-vous ravi dans des discours interminables et superflus un long espace de temps précieux?

4. Maximin prouve qu'Adam a tremblé de paraître devant Dieu, mais non pas qu'il l'ait vu. — Mais, observez-vous, le Fils s'est fait voir à Adam, puisque nous lisons qu'Adam a dit; « J'ai entendu votre voix, lorsque vous vous promeniez dans le paradis; et je me suis caché, parce que j'étais nu (1) ».



1. Gen. III, 10.



Voilà donc, bon homme que vous êtes, ce que vous auriez d'abord à nous répondre, pour exécuter votre promesse. Mais cet Adam s'est exprimé ainsi : « J'ai entendu votre voix » ; il n'a pas dit : J'ai vu votre face ou votre visage. Et ce qu'il ajoute : « Je me suis caché, parce que j'étais nu », ne prouve pas qu'il ait vu Dieu, mais qu'il a craint de paraître devant lui. Car si, de ce qu'on entend quelqu'un, on le voit, il s'ensuit que Dieu le Père a été vu aussi, chaque fois qu'il a rendu de vive voix témoignage au Fils. Nous savons en effet, par l'Évangile, que le Père a parlé et qu'il a dit : « Vous êtes mon Fils bien-aimé, etc. (1) » ; or, quand il a été entendu par les hommes, il ne leur a pas apparu pour cela. Par conséquent, lorsque furent prononcées les paroles que vous rappelez : « Qui t'a appris que tu étais nu ? » et les suivantes, Dieu a pu être entendu, sans être vu. Convenez donc que vous n'avez encore rien dit de ce que vous aviez annoncé ; et dites enfin quelque chose qui mérite les honneurs de la discussion, ou que nous puissions admettre comme un point favorable à votre cause.

5. De l'apparition de Dieu à Abraham. — Ce Dieu, objectez-vous, est apparu également à Abraham. Nous ne pouvons nier en effet cette apparition de Dieu à Abraham. L'Écriture la décrit elle-même avec la fidélité la plus scrupuleuse, et de la manière la plus détaillée : « Dieu, dit-elle, lui apparut près du «chêne de Mambré ». Mais ici encore il n'est pas déclaré expressément si c'est le Père ou le Fils qui apparut. L'Écriture, en faisant ce récit, nous enseigne que trois hommes parurent auprès d'Abraham; or, dans ces trois bommes, on peut reconnaître plutôt la Trinité même, qui est un seul Dieu. Je vois enfin trois personnages, et Abraham ne les nomme pas Seigneurs, mais le Seigneur, parce que la Trinité comprend, il est vrai, trois personnes, mais un seul Seigneur Dieu. Voici d'ailleurs le récit textuel de l'apparition : « Levant les yeux, il vit trois hommes qui se tenaient debout après de lui; et les ayant vus il courut de la porte de sa tente au-devant d'eux, et il se prosterna à terre, en disant : Seigneur, si j'ai trouvé grâce devant vous, ne passez pas votre serviteur ».



1. Marc, I, 11.



Nous voyons ici apparaître trois hommes, un seul Seigneur désigné, et cet unique Seigneur prié de ne pas passer son serviteur, parce qu'il convient que Dieu visite ceux qui le servent. Abraham entretient ensuite ses trois hôtes au pluriel: « Qu'on apporte maintenant de l'eau, et que je lave vos pieds, et reposez-vous sous cet arbre, jusqu'à ce que je serve du pain, et mangez; puis vous continuerez votre chemin, après vous en être détournés pour votre serviteur ». Il est évident, par cette invitation, qu'Abraham envisageait ses hôtes comme des hommes ; car, sans cette raison, il ne leur eût pas offert l'hospitalité, dans le but de restaurer leurs forces défaillantes. Et l'Écriture met leur réponse au nombre pluriel : « Et ils dirent : Fais comme tu as dit ». Au lieu de : Il dit, elle porte textuellement : « Ils dirent ». Puis, quand le repas fut préparé, « Il le servit devant eux, dit l'Écriture, et ils mangèrent ». Elle ne dit pas : Il servit devant lui, et il mangea. Mais quand fut venu le moment de promettre à Abraham le fils qu'il aurait de Sara, comme il s'agissait d'un bienfait divin, qui lui était offert en retour de sa généreuse hospitalité, l'Écriture ne met les paroles suivantes que dans la bouche d'un seul : « Où est Sara, ton épouse ? » Le texte ne porte pas en effet : Ils lui dirent, mais : « Il lui dit : Où est Sara, ton épouse ?» Et un peu plus loin, l'Écriture fait voir qui s'exprime ainsi ; car voici ce qu'elle ajoute, après que Sara se fut mise à rire : « Le Seigneur dit ensuite à Abraham : Pourquoi Sara a-t-elle ri en elle-même?» et dans toute la suite du texte jusqu'à la fin, c'est le Seigneur seul qui est censé parler toujours au singulier. Après cela, le texte sacré parle au pluriel, et comme si les personnages dont il s'agit étaient des hommes : « Ces hommes, dit-elle, s'étant levés, se tournèrent du côté de Sodome et de Gomorrhe; et Abraham allait avec eux, les reconduisant ». Puis l'Écriture revient de nouveau au singulier, et s'exprime ainsi : « Alors le Seigneur dit : Pourrai-je cacher à Abraham ce que je dois faire? » Ensuite vient la promesse faite à Abraham d'une postérité glorieuse et innombrable, et l'annonce de la ruine de Sodome. Et l'Écriture reprend de la manière suivante : « Et ces hommes partirent de là, et s'en allèrent à Sodome; mais Abraham était encore devant le Seigneur. Et s'approchant, Abraham lui dit : Ne perdez pas le juste avec l'impie; le juste (650) pourra-t-il être traité comme l'impie?» Puis, après cet entretien du Seigneur avec Abraham, !'Ecriture reprend : « Après que le Seigneur eut cessé de parler à Abraham, il se retira, et Abraham retourna chez lui. Et sur le soir, deux anges vinrent à Sodome». Ce sont ceux dont elle avait parlé précédemment en ces termes : « Ces hommes partirent de là et s'en allèrent à Sodome ». Mais elle n'avait pas dit qu'ils étaient deux, tandis qu'elle avait montré dès le commencement trois hommes apparaissant à Abraham, le saint patriarche leur donnant l'hospitalité, puis les accompagnant à leur départ et marchant avec eux.

6. Suite du même sujet, et apparition des deux anges à Loth. Loth ne reconnut qu'un seul Seigneur dans les deux anges, comme Abraham dans ses trois hôtes. — Vous vous hâtez donc peut-être un peu trop, d'affirmer que c'était Notre-Seigneur Jésus-Christ seul, qui portait la parole à Abraham et lui faisait la promesse; et que ses deux compagnons étaient deux anges, qui vinrent à Sodome comme des anges envoyés par leur Seigneur. Mais attendez : pourquoi vous pressez-vous ? Considérons toutes les circonstances avec soin, et voyons d'abord ce que dit le Seigneur à Abraham : « Le cri de Sodome et de Gomorrhe s'augmente de plus en plus, et leurs péchés se sont aggravés considérablement. Je descendrai donc, et je verrai si leurs oeuvres sont en rapport avec le cri qui est venu jusqu'à moi ». Ici, il promet de descendre en personne à Sodome, et cependant, il n'y est pas descendu lui-même, mais les deux anges. Car, « dès qu'il eut cessé de parler à Abraham, il se retira, et Abraham retourna chez lui. Et sur le soir », comme il a été dit, « deux anges vinrent à Sodome ». Que sera-ce, si l'on trouve aussi dans ces deux anges un seul Seigneur, qui, suivant sa parole, est descendu à Sodome en la personne de ses anges ? Ne sera-t-il pas.évident que dans la personne des trois hôtes d'Abraham il n'apparut qu'un seul Seigneur, et que. ces trois personnages ne figuraient rien autre chose que la Trinité elle-même? Mais voyons si la sainte Ecriture nous prouve qu'il u'y eut, ainsi que je l'ai dit, même dans les deux anges, qu'un seul Seigneur, afin que vous ne voyiez pas ici une assertion toute gratuite de ma part, Donc « sur le soir, deux anges vinrent à Sodome ; et Loth », dit !'Ecriture, « était assis à la porte de Sodome. Les ayant vus, il se leva, alla au-devant d'eux, et les adora la face contre terre ». Vous voyez ici des anges adorés par un homme juste, et vous ne voulez pas que l'adoration soit rendue au Saint-Esprit, tandis que, de votre aveu, il est certainement élevé au-dessus de tous les anges? Mais, direz-vous, il les prenait pour des hommes ; car il leur a offert, comme tels, l'hospitalité. C'est précisément ce qui vous confond encore davantage : car vous ne voulez pas de l'adoration pour le Saint-Esprit, quoiqu'il soit supérieur à tous les anges, et vous voyez les honneurs de l'adoration rendus, par des justes, même à des hommes inférieurs aux anges! Mais, direz-vous encore, c'est le Seigneur qu'a adoré Loth : oui, dans les deux anges, qu'il prenait pour des hommes, il a reconnu que le Seigneur se montrait comme dans ses prophètes. Ainsi se trouve donc déjà faite la preuve, que j'avais promis de donner d'après la sainte Ecriture . que le même Seigneur, qui se retira, suivant le texte sacré, dès qu'il eut cessé de parler à Abraham, descendit à Sodome en la personne des deux anges, suivant qu'il l'avait dit, et qu'il fut reconnu en eux par un homme juste. Loth leur donna donc l'hospitalité comme à des saints de Dieu, en qui il reconnut Dieu lui-même, puisque, comme Abraham, il ignorait qu'ils fussent des anges. Ce sont ces patriarches que désigne l'épître aux Hébreux, quand elle dit, à propos de l'hospitalité : « C'est par la foi que plusieurs ont exercé l'hospitalité envers les anges, sans les connaître (1) ». Ayant donc reçu ses hôtes, sans savoir qu'ils fussent des anges, sachant néanmoins qui était en eux, autant qu'il lui était. possible de le reconnaître par une révélation du Seigneur, il sortit avec eux de Sodome, (je passe sous silence les autres circonstances qui se produisirent dans l'intervalle); et avant de quitter la ville, dit le texte sacré, « ces hommes dirent à Loth: « Avez-vous ici des gendres, ou des fils, ou des filles ?Si vous avez encore quelque autre proche dans la ville, faites-le sortir d'ici: car nous allons détruire ce lieu, parce que leur cri s'est élevé devant le Seigneur, et le Seigneur nous a envoyés pour le perdre ».



1. Hébr. XIII, 2.


C’est ainsi qu'eut lieu cet incendie de Sodome, allumé par les anges sur les ordres du Seigneur ; le Seigneur était cependant lui-même en la personne de ces anges; car, en envoyant ses messagers, il ne se sépare point d'eux. Il descendit donc à Sodome en leur personne, suivant qu'il l'avait prédit, quand il parlait avec Abraham ; après quoi il est dit qu'il se retira, et que les anges vinrent vers le soir à Sodome. Puis un peu plus loin, à peine eurent-ils entraîné Loth hors de la ville et lui eurent-ils dit, comme le rapporte l'Écriture: « Sauve ta vie, ne regarde point en arrière et ne t'arrête point dans tout ce pays ; sauve-toi sur la montagne, de peur que tu ne sois surpris », Loth leur répondit : « Seigneur, puisque votre serviteur trouvé grâce devant vous, je vous prie, etc. » Quand il eut fini de parler et se fut choisi une petite ville pour s'y réfugier, l'Écriture ajoute qu'il lui fut répondu : « J'ai tenu compte encore de la prière que tu me fais de ne pas détruire la ville dont tu me parles, hâte-toi donc de te sauver en ce lieu-là : car je ne pourrai point accomplir ma parole que tu n'y sois a entré (1) ». Qui lui adressa cette réponse, sinon celui auquel il avait dit : « Seigneur, je a vous prie? » Or, d'après les termes de .l'Ecriture, c'est à deux et non pas à un seul qu'il avait parlé : « Loth », dit-elle, « leur répondit : Je vous prie, Seigneur ». Loth reconnut donc un seul Seigneur en la personne des deux anges, comme Abraham en la personne de ses trois hôtes.

7. Les trois hôtes d’Abraham représentent la Trinité; les deux anges envoyés à Loth représentent le Fils et le Saint-Esprit. — Vous n'avez pas besoin de dire : Celui qui était le Seigneur et parlait avec Abraham, s'était retiré; et ceux qui étaient venus seuls à Sodome, étaient ses deux anges; car tee trois qui apparurent à Abraham sont tous appelés hommes, conformément à l'usage de l'Écriture, qui donne le nom d'hommes aux anges. Et Abraham ne se montra pas plus humble ni plus rempli de déférence à l'égard de l'un deux qu'à l'égard des deux autres, mais à tous il lava également les pieds, à tous il fit également les honneurs d'uni festin. Donc, il reconnut Dieu dans tous les trois.



1. Gen. XVIII et XIX.



C'est pourquoi l'Écriture avait déjà dit auparavant que Dieu lui avait apparu au chêne de Mambré, à l'ombre duquel il servit les trois hôtes, qu'il contempla des yeux de son corps; mais ce n'est pas de ses yeux charnels, mais des yeux du coeur qu'il vit Dieu en eux, c'est-à-dire qu'il le comprit et le reconnut même; de même que Loth reconnut Dieu dans les deux anges, ne leur parlant point comme à plusieurs, mais à un seul, et n'entendant aussi qu'un seul d'entre eux répondre à sa prière. Abraham entendit Dieu d'abord par l'organe de ses trois hôtes, puis seulement par l'organe de celui qui était resté à parler avec lui, quand les deux autres allèrent à Sodome ; quant à Loth, il entendit également un seul Seigneur par les deux anges, le conjurant de lui accorder sa délivrance, et recevant de lui la. réponse à sa demande : puisque tous deux, je veux dire Abraham et Loth, prenaient les anges pour des hommes, mais croyaient voir Dieu en leur personne. Pourquoi donc cette Trinité visible et cette unité intelligible, sinon pour.nous faire comprendre que le Père et le Fils et le Saint-Esprit étaient trois, sans être néanmoins trois seigneurs et trois dieux, mais un seul Seigneur Dieu ? Mais vous avez dit: Ce Dieu s'est fait voir à Abraham, sachant que vous aviez lu ce qui est écrit, que Dieu apparut à Abraham au chêne de Mambré; et voulant prouver . en quelque manière que c'était le Fils qui avait apparu à ce patriarche,vous avez passé sous silence les trois personnages dont parle l'Écriture, vous n'en avez absolument rien dit, de peur de nous laisser entendre que les trois personnes de la Trinité sont un Dieu d'une seule substance, de même que les trois hommes apparus à Abraham n'avaient qu'une substance identique : car l'Écriture avait dit déjà : « Dieu apparut à Abraham » ; ce qui excluait trois dieux : « Dieu apparut », porte le texte, et non pas Trois dieux apparurent; et Abraham vit trois personnages, mais il rendit ses adorations à un seul, ne voulut pas être passé par lui; et les réponses de la divinité lui furent adressées par un seul. Et il ne crut pas voir deux dieux dans la personne de deux d'entre eux . car Loth, lui aussi, vit deux personnages, et cependant ne reconnut qu'un seul Seigneur. Il me semble que les anges étaient une figure du Fils et du Saint-Esprit; car ils se dirent envoyés; de la Trinité qui est Dieu, il n'y a que le Père qui ne soit pas envoyé; le Fils et le Saint-Esprit ont reçu une mission, mais ils ne sont pas pour cela d'une nature différente, car les hommes, qui les figuraient, étaient (652) d'une seule et même substance. Vous avez donc eu l'habileté de passer sous silence un passage de l'Ecriture qui pouvait vous confondre. Et après avoir dit : Ce Dieu apparut à Abraham, ayant l'intention de faire croire que d'après la Genèse, le Fils s'était seul rendu visible à Abraham, vous n'avez pas voulu rapporter les circonstances de cette apparition, de peur qu'on n'y reconnût pas le Fils seul, ruais la Trinité qui est Dieu.

8. Abraham n'a pas vu le Fils de Dieu dans cette vie, ruais il s'est réjoui de son apparition future. — Vous dites : Si vous voulez croire que le Fils a apparu à Abraham, le Fils unique l'a affirmé lui-même eu ces termes dans le saint Evangile : «Abraham, votre père, a désiré avec ardeur de voir mon jour ; il l'a vu et il a été comblé de joie (1) ». O admirable promesse d'une discussion et d'une démonstration sérieuse ! Comme si le Fils de Dieu avait dit : Abraham votre père a désiré me voir; il m'a vu, et il en a été comblé de joie ! Mais quand bien même il aurait ainsi parlé, on pourrait l'entendre en ce sens, que le saint patriarche aurait vu le Fils de Dieu des yeux du coeur, et non des yeux de la chair : ce qui est précisément le sujet en discussion. Or, Jésus-Christ s'étant servi de ces expressions : « Abraham a désiré voir mon jour; il l'a vu et il en a été comblé de joie », pourquoi ne pas entendre par le jour du Christ, celui où il devait apparaître dans la chair ; temps qu'Abraham a pu voir en esprit comme les autres Prophètes, et dont il a pu, comme eux, se réjouir? Ici, la preuve que vous aviez en vue et que vous aviez promise, fait donc encore défaut.



1. Jean, VIII, 56.



9. L'ange qui lutta avec Jacob n'était pas le Fils de Dieu lui-même, mais peut très-bien être considéré comme une figure du Fils de Dieu. — Après cela, vous en venez à la lutte de Jacob avec un ange, que la Genèse elle-même appelle à la fois homme et Dieu. Voici en effet le texte : « Jacob demeura seul, et il y eut un homme qui lutta contre lui jusqu'au matin. Cet homme vit qu'il ne pourrait le surmonter, et il lui toucha la largeur de la cuisse, et la largeur de la cuisse de Jacob se dessécha, tandis qu'il luttait contre lui. Et il lui dit: Laissez-moi aller, car l'aurore commence déjà à monter. Mais Jacob lui répondit: Je ne vous laisserai point aller que vous ne m'ayez béni. Cet homme lui demanda : Comment vous appelez-vous? Il lui répondit: Je m'appelle Jacob ; et la même homme ajouta :On ne vous appellera plus à l'avenir Jacob, mais Israël, parce que vous avez été fort contre Dieu et que vous êtes puissant contre les hommes. Jacob lui fit cette demande : Dites-moi votre nom; Il lui répondit : Pourquoi demandez-vous mon nom ? Et il le bénit en ce même lieu, Jacob appela ce lieu Vision de Dieu, en disant : J'ai vu Dieu face à face, et ma vie a été sauve (1) ». Vous vous efforcez de faire voir par ce passage que le Fils a paru visiblement sur la terre, même avant son incarnation : s'il n'est pas absurde de voir ici une figure du Christ, à cause de la prophétie relative à l'avenir, attendu que, Jacob devait un jour paraître l'emporter sur le Christ, dans la personne de ses enfants qui mirent le Christ en croix ; attendu aussi qu'il devait voir le Christ face à face en la personne de ses enfants, et que l'âme des Israélites, témoins éclairés des lumières de la foi, devait être sauvée; cependant le prophète Osée dit clairement que cet homme luttant avec Jacob était un ange. Voici en effet ce qu'il a écrit au sujet de Jacob: « Il supplanta son frère dans le sein de sa mère, et il prévalut dans le combat contre Dieu, il fut plus fort que l'ange et il l'emporta sur lui (2) ». Ainsi donc, (le même que la Genèse appelle à la fois homme et Dieu celui qui lutta avec Jacob, de même ce Prophète le nomme à la, fois Dieu et ange. De cette sorte, celui qui était un ange fut qualifié du nom d'homme, comme, par contre, le nom d'homme fut appliqué à ceux qui apparurent à Abraham, quand lui et son neveu Loth reçurent des anges sans le savoir. Dieu était donc dans l'ange, comme il est dans l'homme, surtout quand il parle par l'organe de l'homme. Or, le Christ a été figuré par cet ange, de même que par l'homme. Qu'était-ce en effet qu'Isaac, fils d'Abraham, sinon le Christ en figure, quand il fut conduit comme une brebis pour, être immolés, et, pareil au Seigneur portant sa croix, fut chargé lui-même du bois sur lequel il devait être étendu ? Enfin, pourquoi nous étonner que Jésus ait été symbolisé par un ange, si nous le voyons figuré non-seulement paru n homme, mais encore par une brebis?



1. Gen. XXXII, 24-30. — 2. Osée, XII, 3, 4. —3. Isa. LIII, 7.


Qu'était-ce effectivement que ce bélier retenu par les cornes à un buisson, si ce n'est le Christ attaché à la croix, ou encore couronné d'épines ? Or, Abraham immola ce bélier à la place de, son fils, qu'il avait reçu l'ordre d'épargner (1). Dieu a ainsi voulu épargner l'homme, mais en même temps nous enseigner, par cette victime figurative, le mystère à venir de l'effusion du sang divin de Jésus-Christ dans sa passion. Si donc vous pensez que l'ange qui a lutté avec Jacob, ne tilt pas la figure, mais la réalité du Christ, vous pouvez dire pareillement que le bélier, immolé par le patriarche Abraham, fut le Christ non pas en figure, mais en personne ; vous pouvez dire que la pierre, frappée d'une verge, et d'où sortit pour le peuple une eau très-abondante (2), fut le Christ, non pas en figure, mais en personne. Car l'Apôtre s'exprime ainsi: « Ils buvaient de la pierre spirituelle a qui les suivait ; or, cette pierre était le Christ (3) ». Ces figures n'étaient pas les réalités elles-mêmes; elles étaient l'image dies choses à venir ; elles se présentaient aux regards des mortels, par l'intermédiaire de la créature inférieure, et surtout par le ministère des anges, Dieu intervenant en cela par sa puissance, mais néanmoins voilant toujours la nature soit du Père, soit du Fils, soit du Saint-Esprit.

10. Blasphème de Maximin, quand il suppose le Fils et le Saint-Esprit accessibles ait changement. — C'est donc à tort que vous affirmez que le Fils de Dieu s'est montré aux hommes, et que le Père ne leur a pas apparu; puisque le Père, et le Fils, et le Saint-Esprit ont pu également se faire voir par l'intermédiaire de la créature, mais qu'aucun n'a été vu dans sa substance. Dieu, comme il convient à la faiblesse des sens de l'homme, s'est donc montré à lui en figure plutôt qu'en réalité. Par conséquent, il n'a pas été vu tel qu'il est: car c'est là ce qui est promis aux saints dans la vie future; ce qui fait dire à l'apôtre Jean : « Mes bien-aimés, nous sommes dès à présent enfants de Dieu, mais ce que nous serons un jour ne paraît pas encore : nous savons que quand il se montrera dans sa gloire, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est (4) ».



1. Gen. XXII, 6-13. — 2. Exod. XVII, 6. — 3. I Cor. X, 4. — 4. I Jean, III, 2.



Les Apôtres ont donc vu le Seigneur, même en ce monde ; ils l'ont vu, mais non pas tel qu'il est. Enfin, Moïse désirait qu'il lui fût donné de le voir, lors même qu'il parlait avec lui face à face, selon le langage de l'Ecriture (1). Ayant exposé cette doctrine dans notre thèse précédente, j'aurais voulu que vous entendissiez la lecture de tout ce que j'avais écrit sur mes tablettes; mais vous avez passé outre, comme si vous n'aviez pas entendu. Alors ne mettant point de différence entre voir Dieu dans sa substance ou le voir par l'intermédiaire de sa créature, vous en êtes venu à soutenir ce blasphème horrible, que le Fils unique de Dieu était accessible au changement dans ce qui constitue sa divinité elle-même ; vous avez pensé, en effet, qu'on devait attribuer exclusivement au Père ces mots qui sont, dites-vous, dans l'Ecriture « Je suis celui qui suis, et je n'ai pas changé », comme si le Fils et le Saint-Esprit avaient changé, quand ils apparurent visiblement, l'un en naissant d'une femme, et l'autre en se montrant aux regards humains sous la forme d'une colombe ou de langues de feu. Je vous ai déjà répondu sur cet article, quand j'ai fait voir que vous étiez dans l'impuissance de réfuter ce que j'ai avancé. Or, afin que vous compreniez comment Dieu a dit: « Je suis celui qui suis, et je n'ai pas changé », ou plutôt, comme porte le texte sacré : « Je suis le Seigneur, et je ne change point (2) », et que ces paroles sont, non pas du Père exclusivement, mais du Dieu unique, qui est la Trinité elle-même; écoutez ce passage du Psalmiste : « Seigneur, dès le commencement vous avez fondé la terre, et les cieux sont l'ouvrage de vos mains: ils périront; mais pour vous, vous demeurerez; ils périront tous comme des vêtements; vous ferez qu'ils changeront de forme comme un manteau, et ils seront changés; mais pour vous, vous êtes toujours le même, et vos années ne finiront point (3) ». Et la sainte Ecriture atteste dans l'épître aux Hébreux que ce passage regarde le Fils de Dieu (4). Maintenant qui ne voit que ces mots: « Les cieux changeront, mais vous, vous êtes toujours le même », ne signifient rien autre chose que : Vous ne changerez pas? Par conséquent Dieu le Fils a aussi le droit de dire: « Je suis celui qui suis, et je n'ai pas changé » ; ou: « Je suis le Seigneur, et je ne change point ». Pour vous, si vous avez appliqué ces paroles uniquement au Père, c'est afin de faire croire que le Fils pouvait changer dans sa substance: de sorte qu'en prenant la nature humaine, il se serait changé en homme. Vous ne rétracterez un blasphème aussi énorme, qu'à la condition de croire que le Fils, en se revêtant de la nature humaine, a pris ce qu'il n'était point, sans rien perdre pour cela de ce qu'il était.



1. Exod. XXXIII, 13,11. — 2. Id. III, 14; Malach. III, 6. — 3. Ps. CI, 26-28. — 4. Hébr. I, 10-12.



11. Dilemmes auxquels ne peut échapper Maximin. — Je demande ensuite quel est celui qui apparut dans le buisson tout en feu, que les flammes ne consumaient point. L'Ecriture, il est vrai, déclare que c'était un ange: « L'ange du Seigneur lui apparut », dit-elle, « au milieu d'un buisson ardent ». Qui mettrait en doute que ce fût Dieu lui-même en la personne de l'ange? Mais quel était ce Dieu? Etait-ce le Père, ou bien le Fils? Vous allez dire : c'était le Fils; car vous ne voulez pas absolument que le Père ait apparu aux yeux des hommes, même par l'intermédiaire de ses créatures. Mais quelque parti que vous preniez, je réponds aux deux termes. Si c'était le Père, il a apparu lui aussi aux hommes; si c'était le Fils, le Fils n'est pas non plus accessible au changement. Car, quand Moïse eut demandé qui était celui qui l'envoyait, celui-ci lui répondit : « Je suis celui qui suis ». Qu'est-ce à dire, sinon : Je ne change pas; suivant ce texte du Prophète, que vous avez invoqué vous-même : « Je suis celui qui suis, et je n'ai pas changé ? » Il dit encore à Moïse: « Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob (1) ». Ayez le front, si vous le pouvez, de nier que Dieu le Père soit le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob; et si ce n'était pas lui, c'était le Fils qui parlait du milieu du buisson ardent. Or, si c'était le Père, confessez que Dieu le Père a, lui aussi, apparu aux hommes. Et s'ils sont, l'un et l'autre, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, comme vous l'avouez, pourquoi hésitez-vous de les proclamer tous les deux un seul Dieu? Car Jacob est ce même Israël, aux enfants de qui s'adressent ces paroles : « Ecoute, Israël: le Seigneur ton Dieu est un seul et unique Seigneur (2) ».



1. Exod. III, 2, 14, 15. — 2. Deut. VI, 4.



12. La divinité est invisible aux yeux mortels, dans sa substance; elle ne se change pas non plus en formes visibles; mais quand elle apparaît, c'est par le moyen d'une créature, qui peut être vue des yeux de la chair. — Reconnaissez donc comme vrai ce que j'ai sou. tenu ; que la divinité peut, quand il lui plaît, se faire voir aux yeux mortels, non quant à sa substance, qui est invisible et immuable, mais par le moyen d'une créature qu'elle choisit à cet effet. Par conséquent, je n'ai pas avancé ce que vous avez voulu me faire dire ou faire dire à mes paroles, que la divinité, en apparaissant aux patriarches, s'était rendue visible, tandis qu'auparavant j'avais dit qu'elle était invisible; mais je me suis exprimé de cette manière : Quand la divinité se montrait aux anciens, elle apparaissait visible par l'intermédiaire de la créature qu'elle avait choisie à cet effet; car elle était tellement invisible en sa propre nature, que Moïse lui-même, parlant avec Dieu face à face, disait : « Si j'ai trouvé grâce devant vous, montrez-vous à moi vous-même ouvertement (1) ». Voilà ce que j'ai dit: relisez, et vous trouverez que j'ai dit vrai, et que vous n'avez pas voulu ou pu me comprendre. Entendez donc ce même point de doctrine que je vais exposer un peu plus longuement. Je dis que la divinité du Père et du Fils et du Saint-Esprit est invisible aux yeux mortels dans sa nature et sa substance. Maintenant, loin de moi de prétendre qu'elle se change en des formes visibles, car je dis qu'elle est immuable. Quand elle apparaît aux yeux des mortels, comme il lui plaît, il ne reste donc plus qu'à l'entendre en ce sens qu'elle le fait par le moyen d'une créature, dont elle fait choix, et qui peut se faire voir aux regards mortels.

13. Maximin se trompe, en disant du Père; Seul il ne peut être contenu, et seul il est immense. — D'où vient qu'après avoir dit du Père: Il est seul invisible, proposition qui a déjà été suffisamment discutée, vous ajoutez: Seul il ne peut être contenu, et seul il est immense? Car nous ne lisons pas de Dieu que rien ne puisse le contenir. Je ne sais vraiment pourquoi vous vous servez d'une pareille expression. En effet, s'il ne peut être contenu, comment se fait-il que non-seulement le Fils, mais encore le Père, viennent à l'homme, ainsi que le déclare le Fils lui-même, et qu'ils font en lui leur demeure (2) ?



1. Exod. XXXIII, 11, 13. — 2. Jean, XXV, 23.



Je pense qu'ils sont contenus par celui en qui ils établissent leur demeure. Peut-être direz-vous: Ils sont contenus, non pas en tout, mais en partie? Dites ce que vous voudrez, car on vous répondra : Ceux qui peuvent être contenus, au moins en partie, ne sont pas de ceux dont on peut dire, que rien ne peut les contenir. Ne vous a-t-il pas suffi de prétendre qu'il né pouvait être contenu, et n'avez-vous pas ajouté qu'il était immense, afin de mieux faire sentir la première qualification que vous lui donnez ? c'est-à-dire, que la nature humaine n'est pas capable de le contenir tout entier, parce qu'il est immense? Mais on peut en dire autant, même du Fils. Car nul ne contient en soi le Verbe unique, au point d'oser dire qu'il le contient en toute manière. Certes nous ne mettons pas en doute qu'il soit, lui aussi, immense. Je vous le demande, en effet, de qui entendez-vous ce passage de l'Ecriture : « Il est grand et n'a point de bornes, il est élevé et immense ? » Car voici ce qui est dit du même un peu plus loin : « C'est lui qui est notre Dieu, et nul ne peut lui être comparé; c'est lui qui a trouvé toutes les voies de la vraie science, et qui l'a donnée à Jacob, son serviteur, et à Israël, son bien-aimé. Après cela il a été vu sur la terre, et il a conversé parmi les hommes (1)? » Quel est celui qui est dépeint de la sorte ? qui est, je vous prie, « grand et sans bornes, élevé et immense, et qu'on a vu sur la terre, conversant parmi les hommes ? » Je vois à quelles erreurs et à quelles angoisses vous êtes en proie . Vous craignez de dire que c'est le Père, quand vous entendez ces mots : « Il a été vu sur la terre, et il a conversé parmi les hommes », car vous convenez que le Père est invisible quant à sa substance, et vous ne voulez pas qu'il ait été vu des hommes par le moyen de sa créature. Vous craignez de dire que c'est le Fils, quand vous entendez ces autres paroles : « Il n'a point de bornes, il est élevé et immense». Car vous n'accordez qu'au Père l'attribut de l'immensité. Vous craignez de dire que c'est le Saint-Esprit, quand vous entendez ces mots « C'est lui qui est notre Dieu », car vous ne voulez pas que le Saint-Esprit soit Dieu. Que ferez-vous, que répondrez-vous, ô homme qui refusez d'être catholique, parce que vous seriez tenu de confesser que le Christ a été vu sur la terre en la forme de serviteur, sans néanmoins cesser d'être immense en la forme de Dieu, dans laquelle il est demeuré invisible? « C'est lui qui est notre Dieu, et l'autre peut lui être comparé ». Quel est cet autre, sinon l'antéchrist, que la vraie foi ne considère pas comme le vrai Christ, mais que l'exécrable erreur des Juifs attend à la place de celui-ci ?



1. Baruch, III, 26, 36-38.



14. Conclusion et récapitulation du traité. — Si vous souhaitez, et si vous demandez, comme vous le dites, d'être instruit des divines Ecritures, considérez les divins oracles qui ont rapport à la matière que nous discutons. N'allez point vous égarer dans un grand nombre de textes, qui ne vous sont d'aucune utilité ; prenez plutôt le sage parti de vous taire que de parler pour ne rien dire, quand vous ne trouvez rien à répondre à l'évidence de la vérité. Vous montrez par là que vous craignez d'être dévoilé devant vos disciples. Plût au ciel que vous fussiez tellement revêtu du Christ, que vous ayez à coeur de faire de vos disciples les disciples du Christ plutôt que les vôtres ! Car je ne regrette pas, autant que le Seigneur m'en a fait la grâce, toute la peine que je me suis donnée, afin que vous et vos disciples deveniez avec moi les disciples d'un même maître. Mais si, après avoir promis depuis tant de temps de répondre à ce traité, vous ne devez y faire d'autres réponses que celles, par exemple, que vous faisiez récemment, soit à mes questions, soit aux développements de ma pensée, vous ne m'opposerez point par là de réponses sérieuses; et vous ne vous tairez pas, afin de tromper d'une manière quelconque des esprits dénués d'intelligence. De tous les points que j'ai discutés, comme je l'ai pu, il ressort donc assez clairement qu'il y a une seule vertu, une seule substance, une seule divinité, une seule majesté, une seule gloire, commune au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit; parce que la Trinité elle-même est notre unique Seigneur Dieu, dont il est dit « Ecoute, Israël : le Seigneur ton Dieu est un seul et unique Seigneur (1) ». Or, ces paroles ont été dites, quand le Seigneur guidait seul son peuple, et qu'aucun autre dieu n'était connu de lui. Car le Christ lui aussi guidait ce peuple, puisque l'Apôtre dit : « Ne tentons pas le Christ, comme l'ont tenté quelques-uns d'entre eux (2) » : donc, ou le Christ est Dieu, ou il est un dieu étranger.



1. Deut. VI, 4. — 2. I Cor. X, 9.



Ce Dieu est donc le Père et le Fils et le Saint-Esprit, autrement, la Trinité qui est un seul Dieu; à qui seul nous devons le service qui n'est dû qu'à Dieu, suivant ces paroles : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul (1) ». Nous ne refusons pas ce service au Christ, dont nous sommes les membres, ni au Saint-Esprit dont nous sommes les temples. Cette Trinité, qui est un seul Dieu, dit « Je suis le Seigneur, et il n'y en a point d'autre que moi (2) ». Le Christ, que vous reconnaissez également pour Seigneur et pour Dieu, est aussi Seigneur; et le Saint-Esprit est le Seigneur de sa maison, c'est-à-dire de son temple. Il est effectivement cet Esprit du Seigneur, dont il est dit : « Le Seigneur est Esprit; or, là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté (3) ». C'est cette Trinité, ce Dieu unique dont parle l'Apôtre, en disant : « Il n'y a pas d'autre Dieu que le Dieu unique (4)». Et quand vous entendez ces paroles, vous n'oseriez pas nier la divinité du Fils unique. Ce Dieu, qui est Trinité, parle en ces termes : « Je suis celui qui suis, et je n'ai point changé (5) ».



1. Deut. VI, 13. — 2. Id. XXXII, 39. — 3. II Cor. III, 17. — 4. I Cor. VIII, 4. — 5. Exod. III, 14; Malach. III, 6.



Le Christ ne change pas, car l'Ecriture lui adresse ces mots : « Vous changerez les cieux, et les cieux seront changés; pour vous, vous êtes toujours le même (1) » ; l'Esprit de vérité ne changera pas non plus, puisqu'il est la vérité immuable, à qui Jésus-Christ lui-même rend un honneur si élevé, qu'il dit : « Il vous est utile que je m'en aille : car si je ne m'en vais point, le Consolateur ne viendra pas à vous (2) »; et encore : « Quiconque aura blasphémé contre le Fils de Dieu, il lui sera pardonné; ruais pour celui qui aura blasphémé contre le Saint-Esprit, il ne lui sera point pardonné (3) ». Et après avoir dit de lui-même : « Voici que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles (4) », il dit du Saint-Esprit : « Afin qu'il demeure avec vous éternellement (5) ». Si vous vous rendez paisiblement à ces témoignages et autres semblables, qui nous ont demandé beaucoup de temps pour être trouvés et corrigés tous en. semble, vous deviendrez, suivant la prière et le désir que vous en exprimez, disciple des saintes Ecritures, et nous aurons la joie de trouver en vous un frère.



1. Ps. C, 27, 28. — 2. Jean, XVI, 7. — 3. Matt. XII, 32. — 4. Id. XXVIII, 20. — 5. Jean, XIV, 16.

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