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 Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS

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JP B
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MessageSujet: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Dim 10 Avr - 15:59

Dans le présent fil sera réservé les éventuels commentaires ou/et questions que nos aimables lecteurs seraient désireux d’écrire à la lecture de ces « LEÇONS de MÉTAPHYSIQUE ÉLÉMENTAIRE ».

Merci de votre compréhension !

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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Jerkoff
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MessageSujet: JPII   Dim 10 Avr - 23:27

Hors sujet !

Le modérateur.
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JP B
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Lun 11 Avr - 0:20


Jerkoff !

Vos messages en double (ou triple) on été supprimés pour n'en conserver qu'un seul qui, après réflexion que je n'ai pas le temps de faire maintenant, sera peut-être également supprimé !...

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Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
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« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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JP B
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Mar 19 Avr - 16:09

Dans l’“INTRODUCTION” aux LEÇONS de MÉTAPHYSIQUE ÉLÉMENTAIRE par Eric TAILHADES, voyons combien ce passage va comme un gant à un Clown.Mégalomane.Inquisiteur qui ne se fonde que sur le Droit canonique (où, il est vrai, il est très fort) pour aborder les question théologiques (tandis que le Codex Juris Canonici est, bien sûr, au service de la théologie et non l’inverse) et à tous ceux qui, béatement, l’adulent sur le forum “Tenu par ces Dames” :
Citation :
De là le risque considérable des études exclusivement livresques, où les esprits brillants, mais superficiels se complaisent, et dont le résultat est de donner des gens qui sont en fait coupés du réel. Peu conscients des transpositions imposées par le langage, prenant la partie pour le tout, manquant de cette intelligence du vrai nourrie par la contemplation et la réflexion, plus appuyés sur leur mémoire que sur une vraie compréhension, souvent plus ou moins enflés d’orgueil, ils excellent dans la présentation de la question de cours et sont nuls dès qu’il s'agit de résoudre le problème. Esprits scolaires, forts en thèmes, ils séduisent malheureusement souvent les braves gens parce qu’ils parlent bien et paraissent en savoir long, tandis qu’on laissera de côté tel qui semble plus balourd, mais dont la profondeur, la lenteur, voire l’humilité garantiront une meilleure perception du réel, et, finalement une plus grande sagesse, donc une plus grande utilité pour le prochain.
Exclamation Laughing
De même, dans notre message « B. La connaissance humaine se borne-t-elle à la connaissance sensible ? », voyons combien ce passage va également comme un gant à Gégé le charretier qui, outre d’être d’une grossièreté sans nom, ne sait faire aucune distinction (tellement il en manque ! clown …) :
Citation :


Réponses aux objections

1°) Dire qu’on ne peut juger d’une situation sans l’avoir vécue, ne vaut que pour la connaissance sensible et non pour la connaissance scientifique ou intellectuelle. C’est pourquoi ce qui relève dans le mariage ou la propriété de la connaissance intellectuelle, notamment des sciences morales, peut être connu et enseigné par une personne non mariée ou non propriétaire. Celle-ci peut être même bien davantage compétente en la matière, de par ses études, qu’un père de famille ou un riche propriétaire.
A condition, toutefois, que la connaissance soit vraiment intellectuelle et non seulement livresque ; c’est-à-dire que le sujet connaissant ait bien compris
et ne se soit pas contenté d’apprendre par cœur.

Laughing lol!

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Jean-Paul BONTEMPS
 
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Luernos
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Mar 3 Mai - 19:02

En votre message du 30 écoulé, cher JP B, je relève cette citation en final:

Citation :
LES ÊTRES SE COMPOSENT DONC DE DEUX RÉALITÉS DISTINCTES.

Cette distinction n’est pas seulement une distinction de raison mais une distinction réelle avant toute considération de l’esprit, bien que essence et existence ne soient pas séparables dans l’être créée. Elles le composent comme le couple puissance et acte.

L’ESSENCE EST LA PUISSANCE DONT L’EXISTENCE EST L’ACTE.


Pour donner du courage à tous ceux qui ne comprendraient pas encore ce principe fondamental ..., je viens d'apprendre, et à la lecture d'un de ses ouvrages, qu' Etienne Gilson, le grand philosophe thomiste, a avoué alors qu'il était déjà le professeur de la Sorbonne faisant autorité en philo, qu'il avait mis 40 ans ( ! ) pour COMPRENDRE, - or comprendre ce n'est pas imaginer que le sens approximatif que l'on donne à tel écrit qu'on lit, est la Vérité ! , c'est assimiler le sens le plus approchant de la vérité... -
ici la notion d' ETRE !

Il a d'ailleurs avoué aussi qu'il a cru faire oeuvre originale, en défendant au début de sa carrière, la notion de "philosophie chrétienne" contre ses détracteurs (Blondel, Bréhier et plusieurs modernistes) alors que l'encyclique de Léon XIII avait déjà déblayé le terrain; il a surtout avoué ne jamais avoir lu l'encyclique ! au début il écrivait l'avoir oublié et plus tard il avouait qu'il n'avait pas lu; puis à près de 60 ans il avoue qu'il commence à comprendre la notion d'être telle qu'elle est mise au jour par saint Thomas.

Voilà de quoi nous rendre modestes, modérer la méchanceté gratuite des "débats" et aussi nous réconforter dans notre recherche intellectuelle qui doit sans cesse être guidée par la méditation de la Sainte Ecriture !

Il accuse aussi nombre de thomistes (les néos-thomistes) et de professeurs éminents de ne pas comprendre les notions fondamentales ! En effet, si l'on ne comprend pas la notion fondamentale, alors on développe des milliers d'idées secondaires très concordantes et raisonnables, mais qui sont en fait toutes viciées par l'erreur de départ: les philosophes passent donc leur temps à se disputer sur les conséquences - qui sont en fait tout apparemment très intelligentes, - de leur erreur initiale !

L'énoncé de ce principe fondamental signifie qu'

En chaque chose, Saint Thomas développant Aristote qui n'a jamais défini la notion d''être" en tant qu'"être",
discerne:
- la composition de cette chose, sa nature, sa définition, son essence,
- et le fait que cette essence en question, existe !
C'est une fois que l'on commence à comprendre cela, en s'aidant de diverses comparaisons matérielles, et en
ré-exprimant dans son langage personnel ce qui est enseigné ici, et en multipliant les reformulations approchantes, que l'on peut commencer à comprendre, ensuite, cette formule abstraite, si vraie dans le fond, mais si obscure de par sa technicité :

en chaque chose, sa nature est est la puissance ; son existence est l'acte !

Or en ce principe réside une des quatre options permettant le raisonnement humain. C'est celle que l'Eglise Catholique a choisi car elle explique au plus près la Révélation notamment condensée dans Exode, 3, JE SUIS celui qui suis... Dieu c'est l'"être"

La seconde est celle de l'athéisme ramenant l'"être" à une "chose" dont on ne sait que ce qu'elle n'est pas...

La troisième et la quatrième résultent de Platon complété par Aristote.

D'un côté, l'être n'exiserait pas en soi, existerait seulement la pensée des choses, qui engendrerait sans fin la pensées d'autres choses, toutes choses s'équivalant par l'intermédiaire (de l 'infiniment petit à l'infiniment grand) de cette pensée humaine...

Ou bien de l'autre côté, en fait, rien n'existerait, le Néant serait à l'origine de tout (nommé faussement "dieu" par les religions) et du néant procèderait la pensée des choses, - en commençant par l'homme qui se trouve donc être Dieu véritable, - mais la pensée de la chose dépendante ne contiendrait pas toute la pensée de la chose ayant suscité la chose dépendante.
C'est cette métaphysique qui depuis 2500 ans a servi de fondement, entre autres, à la Kabbale...Donc elle sert à tout esprit de secte quelles que soient les dimensions de la secte, et donc elle a servi notamment de ferment de cohérence aux roncalli, montini, wojtyla et razinger.


C'est simple : quatre options: et une seule catholique, celle de la Cité de Dieu, qui est bâtie conceptuellement dessus !









+

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JP B
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Mar 3 Mai - 22:16

Bonsoir, cher Luernos !

Vous avez parfaitement compris ! Et cela, au sens étymologique de “comprendre”, du latin comprehendere : « prendre en soi »…

Et, pour en venir directement à la fin de votre message, c’est parce que beaucoup n’ont pas compris que l’acte pur – qui est l’existence – ne se trouve qu’en Dieu tandis que pour toutes les créatures, et donc pour nous les hommes, fussions-nous assis sur le Siège de Pierre (matériellement, c’est-à-dire en puissance ; ou formellement, i.e. en acte), fussions-nous partie de la hiérarchie conciliaire, il n’y a qu’une composition de puissance et d’acte, d’essence distincte de l’existence quoiqu’elles soient, en chaque créature, inséparables, c’est parce que beaucoup n’ont pas compris cela, dis-je, qu’ils s’imaginent qu’aucun membre de cette hiérarchie conciliaire à laquelle je viens de faire allusion ne peut, avec la grâce de Dieu qui est tout puissant, se convertir et redevenir catholique, tandis qu’eux-mêmes pensent sans doute être fixés à jamais dans la Vérité…
Vérité que, soit dit en passant et entre parenthèses, ils ne connaissent du reste pas, s’imaginant tout connaître et n’ayant pas besoin d’en connaître plus !
Nous non plus, d’ailleurs, nous ne connaissons pas la Vérité ; mais du moins essayons-nous de ne pas être trop orgueilleusement tranchant en refusant d’écouter la nature, autrui, et Dieu au fond de notre cœur…

Cela dit, j’avoue ne pas avoir très bien saisi, veuillez m’en excuser, ce passage : « mais la pensée de la chose dépendante ne contiendrait pas toute la pensée de la chose ayant suscité la chose dépendante. »
Cette incompréhension de ma part ne me semble toutefois pas bien grave pour pénétrer le sens général de votre aimable message.

U. de P.

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Jean-Paul BONTEMPS
 
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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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JP B
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Mer 18 Mai - 17:24




Les XXIV thèses et les erreurs contemporaines.

_____________________


[A propos de la distinction entre matière et forme]

_____________________

par

Philippe TAILHADES


Citation :

A cette question de la composition de matière et de forme dans l’être corporel, de multiples erreurs ont été opposées. La principale est celle d’Epicure pour qui les corps ne sont que des assemblages d’atomes incorruptibles sans commencement ni fin et qui par une mystérieuse force, à la fois répulsive et attractive, s’assemblent pour former les êtres que nous atteignons par la connaissance sensible. C’est ce système qui a le plus de vogue dans les milieux dits scientifiques aujourd’hui, le système de Descartes pour lequel le corps n’était qu’une extension (une certaine quantité de volume), étant considéré comme absurde.
Il est inutile de dire que ce système d’assemblage d’atomes n’est pas moins absurde que les imaginations de Descartes. Il ne rend en effet pas plus compte de la réalité : comment se fait-il que ces atomes se rassemblent de telle sorte qu’ayant formé un être complet comme la pierre ou la plante, ils cessent de s’ajouter les uns aux autres ? Quel principe fait que ces atomes se rassemblent un certain nombre de fois identiquement, et non pas toujours différemment ou toujours identiquement ? Comment a-t-on des hommes et des moutons, des moisissures et des chênes, des étoiles et du feu ?
Autant de questions auxquels répond le principe de forme : c'est la forme qui fait qu’un être est tel et qui maintient cet être tel qu’il est : un chat grandit, forcit, vieillit, mais reste chat, et même tel chat.
Le plus fort est que les modernes ne cessent de se gausser des suppositions faites par Aristote et reprises comme telles par St Thomas, selon lesquelles les astres auraient été des êtres incorruptibles et même vivants. Or, comme le remarque le P. Pègues dans son commentaire de la Somme, nos contemporains ne font pas autre chose que donner l’incorruptibilité et la vie (force attractive et répulsive) à l’indéfiniment petit comme les atomes, exactement comme les anciens le supposaient de l’indéfiniment grand comme les astres. Seulement chez les anciens, cette erreur venait d’une connaissance trop sommaire du cosmos ; alors que l’erreur des modernes, qui ont « sous la main » les êtres qu’ils prétendent composés d’atomes, est une erreur philosophique reposant essentiellement sur le refus d’admettre une différence fondamentale, dans la composition de l’être corporel vivant, entre la forme de l'animal non raisonnable, corruptible par la corruption de la matière, et la forme de l’homme, incorruptible et par conséquent immortelle.

Une autre erreur contemporaine, mais ayant court plutôt chez les spiritualistes touchant de près ou de loin à la gnose, c’est que les êtres corporels ne sont en réalité qu’un seul et gigantesque être, émanant de Dieu sans s’en différencier essentiellement, dont certains “bouillonnements” s'échappent ici et là semblant à nos sens former des êtres corporels distincts. Il s’agit d’un vague panthéisme idéaliste complètement déconnecté du réel que défendent de pseudos intellectuels au sein de groupuscules comme le GRECE dans ce langage amphigourique qui leur donne l’illusion de penser. Ainsi Alain De Benoît écrit dans son Manifeste de la Nouvelle Droite : « Le cosmos : un continuum. La N.D. adhère à une conception unitaire du monde dont la matière comme la forme ne constituent que des variations d’un même thème… Microcosme et macrocosme s’interpénètrent et se répondent. La N.D. rejette donc la distinction absolue entre l’être créé et l’être incréé… Le cosmos comme réalité (phusis) est le lieu de manifestation de l’Etre, le lieu où se dévoile la vérité (aléthéia) de notre co-appartenance à ce cosmos. "Panta rhei" (Héraclite) : en tout se tient l’ouverture au tout… »
De tels alignements de mots prêtent difficilement à une réfutation : qu’est-ce que ce “thème” dont « la matière et la forme ne constituent que des variations » ? Quel sens donner à des “phrases” comme : « le cosmos comme réalité (phusis) est le lieu de manifestation de l’Etre, le lieu où se dévoile la vérité (aléthéia) de notre co-appartenance à ce cosmos » ; ou « en tout se tient l’ouverture au tout » ? Ces gens-là écrivent comme un gosse de trois ans tape du poing sur le clavier d'un piano : il est aussi inutile de leur présenter un raisonnement philosophique que de donner une partition à ce bambin.

[…]

Dans son étude sur le transformisme “Hasard ou certitude ?” G. Salet écrit, citant Jean Daujat : « Les constituants sont bien réellement présents dans le composé avec leurs caractères propres mais ils sont assumés dans une organisation de leurs interactions sous la forme supérieure qui est le principe immanent de cette organisation et inclut en elle toutes leurs formes en les liants entre elles. Je ne crois pas que l’on puisse dire que la forme supérieure assume le “rôle” des formes des composants comme si elle l’exerçait à leur place mais elle assume en son organisation complexe les formes mêmes des composants qui n’exercent leur rôle que liés entre elles en cette organisation plus complexe dont la forme supérieure est le principe immanent » (souligné par G. Salet).
Or, quoiqu’en ait pu penser G. Salet, ce qu’écrit là J. Daujat est en contradiction absolue avec l’enseignement de St Thomas dans la Somme : « L’unité d'une chose est son être substantiel, écrit St Thomas. Mais c’est la forme substantielle qui donne l'être substantiel. Donc la forme substantielle d'une chose est unique. » (Ip., q76, a4)
En effet, contrairement à la forme accidentelle qui ne fait que donner telle ou telle propriété à un être (comme d’être chaud, gazeux, ou bleu), la forme substantielle donne l’être substantiel entièrement, complètement ; par la présence ou l’absence de la forme substantielle, l’être existe actuellement ou n’existe pas. Il ne peut donc y avoir simultanément dans un même être (l’eau par exemple) la forme substantielle de cet être (l’eau) et les formes substantielles de ses composants (dans l’eau, l’hydrogène et l’oxygène : les formes substantielles de l’hydrogène et l’oxygène sont seulement en puissance dans l’eau).
Et St Thomas donne l’explication suivante : « Si les formes substantielles des éléments demeuraient intégralement dans le composé, elles seraient en diverses parties de la matière. C’est de cette diversité que découlent les dimensions sans lesquelles la matière ne serait pas divisible. Or la matière ne se trouve sujette à la dimension que dans les corps. [La matière prime n’existe pas seule en dehors du composé matière et forme.] Mais divers corps ne peuvent être dans un même lieu. Il suit de là que si les formes demeuraient en acte dans les composants, ceux-ci seraient distincts dans le corps mixte selon l’emplacement. Et ainsi ce ne serait pas véritablement un corps mixte qui est un tout, ayant une unité, [comme dans le cas de l’eau] mais une combinaison apparente, composée de très petites particules juxtaposées, comme dans le cas d’un alliage ».
Prétendre le contraire n’est autre chose que reformuler l’atomisme. En effet, affirmer comme le font Daujat et Salet que la forme substantielle de l’être n’est que « le principe de l’organisation des interactions des formes des composants », ne concorde en rien avec l’expérience, puisque, dans le cas de l’eau par exemple, les “interactions” des composants oxygène et hydrogène n’ont rien de commun lorsqu’ils sont en puissance dans l’eau et lorsqu’ils sont en acte en dehors de l’eau : dans le premier cas, ils sont impropres à la combustion, dans l’autre ils sont l’un comburant, l’autre combustible ; à température et pression identiques, l’eau est à l’état liquide, l’oxygène et l’hydrogène sont à l’état gazeux. Par conséquent, prétendre que la forme substantielle « inclut en elle toutes les formes des composants en les liant entre elles », c’est affirmer qu’il n’y a pas « véritablement un corps mixte qui est un tout ayant une unité, mais qu’il n'y a qu’une combinaison apparente, composée de très petites particules juxtaposées, comme dans le cas d'un alliage ».

Il convient d’ajouter ici que Jean Daujat ne faisait que répéter les erreurs de son maître le marrane Maritain (cf. notre étude sur ce dernier), lequel n’eut jamais d’autre but que de désagréger et de dissoudre l’enseignement de St Thomas pour n’en faire qu’un paravent de formules derrière lesquelles se trouve en réalité le Bergsonisme.
Et on trouve tout à fait l’esprit de Maritain dans ces lignes qu’écrivait il y a une quinzaine d'années Georges Salet au directeur du BOC (*) au sujet de la forme des composants dans le composé : « si Duns Scott (qui est le père de la position de Daujat) et St Thomas avait pu en conférer directement, ils se seraient mis d'accord ». A ce sujet je ne ferais que renvoyer le lecteur à la Synthèse Thomiste du P. Garrigou Lagrange ; il y découvrira comment Suarez passa sa vie à essayer de prouver précisément que malgré leurs contradictions absolues Scott était parfaitement d’accord avec St Thomas, et comment ce même Suarez se trouve être le père du cartésianisme en ayant dissout les principes de St Thomas qui pouvaient seuls s’opposer aux innovations cartésiennes.

(*) : Éric T
AILHADES. (Note de JP B.)


[…]


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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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Luernos
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Jeu 19 Mai - 1:33

JP B a écrit:



Les XXIV thèses et les erreurs contemporaines.

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[A propos de la distinction entre matière et forme]

_____________________

par

Philippe TAILHADES


Citation :

A cette question de la composition de matière et de forme dans l’être corporel, de multiples erreurs ont été opposées. La principale est celle d’Epicure pour qui les corps ne sont que des assemblages d’atomes incorruptibles sans commencement ni fin et qui par une mystérieuse force, à la fois répulsive et attractive, s’assemblent pour former les êtres que nous atteignons par la connaissance sensible. C’est ce système qui a le plus de vogue dans les milieux dits scientifiques aujourd’hui, le système de Descartes pour lequel le corps n’était qu’une extension (une certaine quantité de volume), étant considéré comme absurde.
Il est inutile de dire que ce système d’assemblage d’atomes n’est pas moins absurde que les imaginations de Descartes. Il ne rend en effet pas plus compte de la réalité : comment se fait-il que ces atomes se rassemblent de telle sorte qu’ayant formé un être complet comme la pierre ou la plante, ils cessent de s’ajouter les uns aux autres ? Quel principe fait que ces atomes se rassemblent un certain nombre de fois identiquement, et non pas toujours différemment ou toujours identiquement ? Comment a-t-on des hommes et des moutons, des moisissures et des chênes, des étoiles et du feu ?
Autant de questions auxquels répond le principe de forme : c'est la forme qui fait qu’un être est tel et qui maintient cet être tel qu’il est : un chat grandit, forcit, vieillit, mais reste chat, et même tel chat.
Le plus fort est que les modernes ne cessent de se gausser des suppositions faites par Aristote et reprises comme telles par St Thomas, selon lesquelles les astres auraient été des êtres incorruptibles et même vivants. Or, comme le remarque le P. Pègues dans son commentaire de la Somme, nos contemporains ne font pas autre chose que donner l’incorruptibilité et la vie (force attractive et répulsive) à l’indéfiniment petit comme les atomes, exactement comme les anciens le supposaient de l’indéfiniment grand comme les astres. Seulement chez les anciens, cette erreur venait d’une connaissance trop sommaire du cosmos ; alors que l’erreur des modernes, qui ont « sous la main » les êtres qu’ils prétendent composés d’atomes, est une erreur philosophique reposant essentiellement sur le refus d’admettre une différence fondamentale, dans la composition de l’être corporel vivant, entre la forme de l'animal non raisonnable, corruptible par la corruption de la matière, et la forme de l’homme, incorruptible et par conséquent immortelle.

Une autre erreur contemporaine, mais ayant court plutôt chez les spiritualistes touchant de près ou de loin à la gnose, c’est que les êtres corporels ne sont en réalité qu’un seul et gigantesque être, émanant de Dieu sans s’en différencier essentiellement, dont certains “bouillonnements” s'échappent ici et là semblant à nos sens former des êtres corporels distincts. Il s’agit d’un vague panthéisme idéaliste complètement déconnecté du réel que défendent de pseudos intellectuels au sein de groupuscules comme le GRECE dans ce langage amphigourique qui leur donne l’illusion de penser. Ainsi Alain De Benoît écrit dans son Manifeste de la Nouvelle Droite : « Le cosmos : un continuum. La N.D. adhère à une conception unitaire du monde dont la matière comme la forme ne constituent que des variations d’un même thème… Microcosme et macrocosme s’interpénètrent et se répondent. La N.D. rejette donc la distinction absolue entre l’être créé et l’être incréé… Le cosmos comme réalité (phusis) est le lieu de manifestation de l’Etre, le lieu où se dévoile la vérité (aléthéia) de notre co-appartenance à ce cosmos. "Panta rhei" (Héraclite) : en tout se tient l’ouverture au tout… »
De tels alignements de mots prêtent difficilement à une réfutation : qu’est-ce que ce “thème” dont « la matière et la forme ne constituent que des variations » ? Quel sens donner à des “phrases” comme : « le cosmos comme réalité (phusis) est le lieu de manifestation de l’Etre, le lieu où se dévoile la vérité (aléthéia) de notre co-appartenance à ce cosmos » ; ou « en tout se tient l’ouverture au tout » ? Ces gens-là écrivent comme un gosse de trois ans tape du poing sur le clavier d'un piano : il est aussi inutile de leur présenter un raisonnement philosophique que de donner une partition à ce bambin.

[…]

Dans son étude sur le transformisme “Hasard ou certitude ?” G. Salet écrit, citant Jean Daujat : « Les constituants sont bien réellement présents dans le composé avec leurs caractères propres mais ils sont assumés dans une organisation de leurs interactions sous la forme supérieure qui est le principe immanent de cette organisation et inclut en elle toutes leurs formes en les liants entre elles. Je ne crois pas que l’on puisse dire que la forme supérieure assume le “rôle” des formes des composants comme si elle l’exerçait à leur place mais elle assume en son organisation complexe les formes mêmes des composants qui n’exercent leur rôle que liés entre elles en cette organisation plus complexe dont la forme supérieure est le principe immanent » (souligné par G. Salet).
Or, quoiqu’en ait pu penser G. Salet, ce qu’écrit là J. Daujat est en contradiction absolue avec l’enseignement de St Thomas dans la Somme : « L’unité d'une chose est son être substantiel, écrit St Thomas. Mais c’est la forme substantielle qui donne l'être substantiel. Donc la forme substantielle d'une chose est unique. » (Ip., q76, a4)
En effet, contrairement à la forme accidentelle qui ne fait que donner telle ou telle propriété à un être (comme d’être chaud, gazeux, ou bleu), la forme substantielle donne l’être substantiel entièrement, complètement ; par la présence ou l’absence de la forme substantielle, l’être existe actuellement ou n’existe pas. Il ne peut donc y avoir simultanément dans un même être (l’eau par exemple) la forme substantielle de cet être (l’eau) et les formes substantielles de ses composants (dans l’eau, l’hydrogène et l’oxygène : les formes substantielles de l’hydrogène et l’oxygène sont seulement en puissance dans l’eau).
Et St Thomas donne l’explication suivante : « Si les formes substantielles des éléments demeuraient intégralement dans le composé, elles seraient en diverses parties de la matière. C’est de cette diversité que découlent les dimensions sans lesquelles la matière ne serait pas divisible. Or la matière ne se trouve sujette à la dimension que dans les corps. [La matière prime n’existe pas seule en dehors du composé matière et forme.] Mais divers corps ne peuvent être dans un même lieu. Il suit de là que si les formes demeuraient en acte dans les composants, ceux-ci seraient distincts dans le corps mixte selon l’emplacement. Et ainsi ce ne serait pas véritablement un corps mixte qui est un tout, ayant une unité, [comme dans le cas de l’eau] mais une combinaison apparente, composée de très petites particules juxtaposées, comme dans le cas d’un alliage ».
Prétendre le contraire n’est autre chose que reformuler l’atomisme. En effet, affirmer comme le font Daujat et Salet que la forme substantielle de l’être n’est que « le principe de l’organisation des interactions des formes des composants », ne concorde en rien avec l’expérience, puisque, dans le cas de l’eau par exemple, les “interactions” des composants oxygène et hydrogène n’ont rien de commun lorsqu’ils sont en puissance dans l’eau et lorsqu’ils sont en acte en dehors de l’eau : dans le premier cas, ils sont impropres à la combustion, dans l’autre ils sont l’un comburant, l’autre combustible ; à température et pression identiques, l’eau est à l’état liquide, l’oxygène et l’hydrogène sont à l’état gazeux. Par conséquent, prétendre que la forme substantielle « inclut en elle toutes les formes des composants en les liant entre elles », c’est affirmer qu’il n’y a pas « véritablement un corps mixte qui est un tout ayant une unité, mais qu’il n'y a qu’une combinaison apparente, composée de très petites particules juxtaposées, comme dans le cas d'un alliage ».

Il convient d’ajouter ici que Jean Daujat ne faisait que répéter les erreurs de son maître le marrane Maritain (cf. notre étude sur ce dernier), lequel n’eut jamais d’autre but que de désagréger et de dissoudre l’enseignement de St Thomas pour n’en faire qu’un paravent de formules derrière lesquelles se trouve en réalité le Bergsonisme.Et on trouve tout à fait l’esprit de Maritain dans ces lignes qu’écrivait il y a une quinzaine d'années Georges Salet au directeur du BOC (*) au sujet de la forme des composants dans le composé : « si Duns Scott (qui est le père de la position de Daujat) et St Thomas avait pu en conférer directement, ils se seraient mis d'accord ». A ce sujet je ne ferais que renvoyer le lecteur à la Synthèse Thomiste du P. Garrigou Lagrange ; il y découvrira comment Suarez passa sa vie à essayer de prouver précisément que malgré leurs contradictions absolues Scott était parfaitement d’accord avec St Thomas, et comment ce même Suarez se trouve être le père du cartésianisme en ayant dissout les principes de St Thomas qui pouvaient seuls s’opposer aux innovations cartésiennes.

(*) : Éric T
AILHADES. (Note de JP B.)


[…]


Quelques remarques:
Le refus d'admettre la différence entre la forme vivante, et la forme inanimée:
pensons à la forme de l'homme Lambda qui subsiste entre l'embryon, l'enfant, l'adulte puis le vieillard qu'il est, tour à tour, alors que toutes ses cellules se renouvellent sans cesse ; comment cet "homme" subsiste-t'il, comment est-il ?
Il existe par ce que l'on nomme dans l'Eglise, l'âme humaine.

Il n'y aurait pas de forme supérieure unifiant les formes des composantes d'une chose déterminée.
Cela manifeste la métaphysique aristo-néo-platonicienne qui se limite à ne voir en chaque chose (exemple : un verre d'eau) que la pensée d'une chose supérieure (la pensée du "récipient" en général) ou la variation sur le thème (ici du récipient) comme le dit l'auteur.
En tout (la pensée générale et abstraite supérieure, penser un objet qui a pour fonction de contenir un liquide) se trouve l'ouverture au 'tout" (la pensée dérivée du "verre d'eau").

J'avais lu une page de Salet, il y a quelques années, et j'avais vite compris; de plus, Daujat ne serait qu'un disciple de Maritain: pas étonnant. Les trois-quarts des commentateurs de Saint Thomas (les "thomistes" et "néos") n'ont pas l'âme d'un thomiste, à savoir: ils ne sont pas des catholiques qui cherchent à voir chez Saint Thomas le docteur catholique qui a trouvé les outils conceptuels pour démontrer la véracité de la Révélation incarnant le Transcendant dans l'immanent.
A commencer par Cajetan qui n'est pas un fidèle thomiste. Certains prétendent conserver sa méthode...Wojtyla avec sa houtspah incommensurable.
Je reste plus réservé sur Duns Scott, car je pense que, dans le sillage de Saint Augustin, il était un authentique Catholique, qui a instrumentalisé son système métaphysique pour la plus grande gloire intelligente de son Seigneur...
Un philosophe a dit:
Saint Augustin affirme la continuité de l'être (le Créateur, et sa création) et donc, la continuité de la connaissance (concession à son aristo-néoplatonisme conceptuel de l'époque);
Saint Thomas affirme la continuité de l'être, à l'instar de Saint Augustin (précisément par le concept d'"être!) , mais il affirme la discontinuité de la connaissance.
Duns Scott affirme la discontinuité de l'être (Dieu transcendant opposé à la création obsolescente) et la discontinuité de la connaissance.
En ce qui concerne le panthéisme qui colonise la pensée dominante dans, et hors, des clercs occupant l'Eglise, l'auteur parle avec exactitude de l'immonde A. de Benoîst, ami intellectuel de G de Tanouarn: "microcosme et macrocosme se répondent; oui en ce système de la Pensée, de l'Esprit, méprisant la matière et le monde, le "fragment" a la même substance que l'ensemble dont est tiré le fragment. C'est toujours cette métaphysique "néo-platoni-stoicienne" panthéiste.

Cependant, je profite de cette enième référence au panthéisme (sans parler de l'autre qui est négatif et beaucoup plus perfide!) pour ouvrir la question suivante question auprès de tous ceux qui lisent ou interviennent sur les forums catholiques !

On a raison de dévoiler au grand jour cette métaphysique choisie par les imposteurs; mais dans ce cas, il faudrait peut-être savoir répondre à l'objection d'après laquelle les faussaires, ennemis, occupants, de l'Eglise nous adressent: "nous ne sommes pas modernistes, le modernisme n'existe pas; c'est une idéologie inventée par Pie X" Notre Saint de prédilection nous a enseigné que le modernisme a pour fondement métaphysique, l'agnosticisme, lequel procède
- des pré-socratiques, qui s'interrogent sans savoir répondre sur la nature véritable de ce qui existe, des choses qui existent d'une part,
- et d'autre part du pyrrhonisme. Or le panthéisme est la métaphysique du stoïcisme, qui prend lui-même racine en partie dans la métaphysique - post-socratique - de Platon
Ce qui démontre bien , et je m'en rends compte fortuitement aujourd'hui, que ce que je pense depuis des années est vérifié par ce seul rapport, c'est que la nouvelle religion enseignée par Babel-sur-Tibre, n'est pas le "modernisme". Le modernisme en est un des éléments, mais n'en est pas la substance, l'être. Et Tant que nous ne serons pas d'une rigueur, d'une technicité, d'une précision cent fois supérieures à celles de nos ennemis notre zèle intempestif, et parfois irrationnel, et dans certains cas convulsionnaire, nous ridiculisera, ce qui n'est pas très grave;
mais qu'en pense, maintenant, Notre Seigneur, alors que nous devons travailler humblement, coopérer à la vérité, et être des modèles de prudence comme le serpent et de douceur comme la colombe?




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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Jeu 19 Mai - 16:46

Luernos a écrit:

[…]

Quelques remarques:

Luernos a écrit:
Le refus d'admettre la différence entre la forme vivante, et la forme inanimée:
pensons à la forme de l'homme Lambda qui subsiste entre l'embryon, l'enfant, l'adulte puis le vieillard qu'il est, tour à tour, alors que toutes ses cellules se renouvellent sans cesse ; comment cet "homme" subsiste-t'il, comment est-il ?
Il existe par ce que l'on nomme dans l'Eglise, l'âme humaine.
Au cours du développement de l'être vivant (de sa conception jusqu'à la mort) "ses cellules se renouvellent sans cesse", en effet, conformément, selon, la forme propre à cet être vivant (avec, bien sûr, leurs caractéristiques propres qui les différencient les unes des autres mais qui ne sauraient être séparées de la forme générale dudit être vivant car, sinon, ces cellules ne seraient pas viables).
Pour les être vivants animés, cette forme est leur âme qui, chez l'homme, "animal raisonnable" (en principe Smile ...), est, précisément par ce que "raisonnable", immortelle.
Il n'y a pas que l'Église catholique qui parle de "l'âme humaine" et on en a parlé bien avant elle : cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82me

Luernos a écrit:
Il n'y aurait pas de forme supérieure unifiant les formes des composantes d'une chose déterminée.
Cela manifeste la métaphysique aristo-néo-platonicienne qui se limite à ne voir en chaque chose (exemple : un verre d'eau) que la pensée d'une chose supérieure (la pensée du "récipient" en général) ou la variation sur le thème (ici du récipient) comme le dit l'auteur.
En tout (la pensée générale et abstraite supérieure, penser un objet qui a pour fonction de contenir un liquide) se trouve l'ouverture au 'tout" (la pensée dérivée du "verre d'eau").
"Il n'y aurait pas de forme supérieure unifiant les formes des composantes d'une chose déterminée."
Cela veut nécessairement dire que la forme des composants est en acte dans le composé substantiel, ce qui est une erreur philosophique comme nous le verrons dans le chapitre VIII des leçons.

"Cela manifeste la métaphysique aristo-néo-platonicienne qui se limite à ne voir en chaque chose (exemple : un verre d'eau) que la pensée d'une chose supérieure (la pensée du "récipient" en général) ou la variation sur le thème (ici du récipient) comme le dit l'auteur.
En tout (la pensée générale et abstraite supérieure, penser un objet qui a pour fonction de contenir un liquide) se trouve l'ouverture au 'tout" (la pensée dérivée du "verre d'eau").
"
J'avoue ne rien comprendre ! Embarassed ...

Luernos a écrit:
J'avais lu une page de Salet, il y a quelques années, et j'avais vite compris; de plus, Daujat ne serait qu'un disciple de Maritain: pas étonnant. Les trois-quarts des commentateurs de Saint Thomas (les "thomistes" et "néos") n'ont pas l'âme d'un thomiste, à savoir: ils ne sont pas des catholiques qui cherchent à voir chez Saint Thomas le docteur catholique qui a trouvé les outils conceptuels pour démontrer la véracité de la Révélation incarnant le Transcendant dans l'immanent.
"le Transcendant dans l'immanent" Question

Luernos a écrit:

[…]

En ce qui concerne le panthéisme qui colonise la pensée dominante dans, et hors, des clercs occupant l'Eglise, l'auteur parle avec exactitude de l'immonde A. de Benoîst, ami intellectuel de G de Tanouarn: "microcosme et macrocosme se répondent; oui en ce système de la Pensée, de l'Esprit, méprisant la matière et le monde, […]

A. de Benoîst donne manifestement dans la gnose et il ne faudrait pas s'étonner que l'abbé de Tanouarn fasse de même ! Suspect ...



Merci de vos remarques, cher Luernos, et de vos prochains éclaircissements sur ce qui m'apparaît, probablement à tort, incompréhensible.

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Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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Luernos
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Ven 20 Mai - 14:18

JP B a écrit:
Bonsoir, cher Luernos !

Vous avez parfaitement compris ! Et cela, au sens étymologique de “comprendre”, du latin comprehendere : « prendre en soi »…

Et, pour en venir directement à la fin de votre message, c’est parce que beaucoup n’ont pas compris que l’acte pur – qui est l’existence – ne se trouve qu’en Dieu tandis que pour toutes les créatures, et donc pour nous les hommes, fussions-nous assis sur le Siège de Pierre (matériellement, c’est-à-dire en puissance ; ou formellement, i.e. en acte), fussions-nous partie de la hiérarchie conciliaire, il n’y a qu’une composition de puissance et d’acte, d’essence distincte de l’existence quoiqu’elles soient, en chaque créature, inséparables, c’est parce que beaucoup n’ont pas compris cela, dis-je, qu’ils s’imaginent qu’aucun membre de cette hiérarchie conciliaire à laquelle je viens de faire allusion ne peut, avec la grâce de Dieu qui est tout puissant, se convertir et redevenir catholique, tandis qu’eux-mêmes pensent sans doute être fixés à jamais dans la Vérité…
Vérité que, soit dit en passant et entre parenthèses, ils ne connaissent du reste pas, s’imaginant tout connaître et n’ayant pas besoin d’en connaître plus !
Nous non plus, d’ailleurs, nous ne connaissons pas la Vérité ; mais du moins essayons-nous de ne pas être trop orgueilleusement tranchant en refusant d’écouter la nature, autrui, et Dieu au fond de notre cœur…

Cela dit, j’avoue ne pas avoir très bien saisi, veuillez m’en excuser, ce passage : « mais la pensée de la chose dépendante ne contiendrait pas toute la pensée de la chose ayant suscité la chose dépendante. »
Cette incompréhension de ma part ne me semble toutefois pas bien grave pour pénétrer le sens général de votre aimable message.

U. de P.


Cher Jean-Paul je n'ai pas encore réussi à remettre la main sur la citation de l'auteur de qui je tiens cette formule sur laquelle vous me demandez des explications.
Dès que je la retrouve je vous la répercute, car je pense qu'à partir d'elle je pourrai vous apporter davantage de précision sur cette question.
Au bout d'une centaine de pages de lecture extrême ardue, lorsque vous trouvez sous la plume de l'auteur une expression qui paraphrase d'une façon qui, pour vous, apparait lumineuse, alors elle se grave dans votre reflexion, puiqu'elle elle va vous permettre de manière rétrospective et rétroactive de comprendre ce que vous n'aviez compris que de manière partielle. Je ne prétends non plus que j'ai compris intégralement ces systèmes extrêmement abscons, mais lorsque comme je le disais, lorsque à un certain moment nous pouvons reformuler nous-même avec nos propres notions, ou au moyen de notions qui nous sont plus personnellement plus parlantes, alors les choses extrêmement abstraites s'éclairent un peu plus.
En particulier, la notion simple pour moi de "pensée" explique la notion savante de "noétique", la notion excessivement équivoque d" "esprit" -puisqu'il existe cent définitions de ce terme - ou encore d'"âme"! ; et en l'espèce, elle m'a permis de mettre à ma portée de manière enfin plus concrète, pratique, concevable, représentable... la notion tarte à la crème d'émanation, voire de procession. On peut très bien faire un exposé par exemple sur le panthéisme, et expliquer qu'il est d'un côté la division , par émanation, - de l'Un(-Principe) vers le multiple des choses, et de l'autre, la remontée des choses empiriques, individuelles, singulières, vers l'un (-Fin). Or je ne crains pas d'avouer que durant des décennies je n'ai jamais compris concrètement ce qu'était cette histoire d'émanation; c'est pourquoi j'ai apprécié assez récemment de lire "la pensée" et ici "pensée de la pensée", et les rapports qu'on peut établir entre ces "pensées" des choses, comme explication.




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Luernos
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Ven 20 Mai - 14:46

JP B a écrit:
Luernos a écrit:

[…]

Quelques remarques:

Luernos a écrit:
Le refus d'admettre la différence entre la forme vivante, et la forme inanimée:
pensons à la forme de l'homme Lambda qui subsiste entre l'embryon, l'enfant, l'adulte puis le vieillard qu'il est, tour à tour, alors que toutes ses cellules se renouvellent sans cesse ; comment cet "homme" subsiste-t'il, comment est-il ?
Il existe par ce que l'on nomme dans l'Eglise, l'âme humaine.

Au cours du développement de l'être vivant (de sa conception jusqu'à la mort) "ses cellules se renouvellent sans cesse", en effet, conformément, selon, la forme propre à cet être vivant (avec, bien sûr, leurs caractéristiques propres qui les différencient les unes des autres mais qui ne sauraient être séparées de la forme générale dudit être vivant car, sinon, ces cellules ne seraient pas viables).
Pour les être vivants animés, cette forme est leur âme qui, chez l'homme, "animal raisonnable" (en principe Smile ...), est, précisément par ce que "raisonnable", immortelle.
Il n'y a pas que l'Église catholique qui parle de "l'âme humaine" et on en a parlé bien avant elle : cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82me

Cher JP, en effet chaque philosophie profane possède sa propre conception de l'âme humaine. Mais que ce soit celle de Platon, celle d'Aristote qui est éminemment païenne en tant que telle, celle de Plotin penseur éminent du panthéisme (qui dit que "l'âme d'un vivant contient en elle à l'état de raisons séminales inséparables les unes des autres" tout le détail du corps vivant") celle d'Averroès (qui serait une continuité d'une "mentalité", ou psychologie, ou raison collective, de Descartes qui sépare l"esprit" d'un corps, etc...
Chez les hébreux, l'âme est nefesch, ce qui s'apparente, pour nous modernes, à la psychologie et aux les facultés humaines, et à l'instinct de vie. Mais c'est aussi neshama qui est l'intelligence la raison. C'est aussi ruah, qui rapprocherait davantage cette "âme" humaine de sa destinée spécifique, et nous permet de comprendre la Révélation de sa résurrection par le Bon Dieu.
Ici, je me référais simplement à la conception métaphysique issue de la Révélation hébraïque, et trahie depuis vingt-trois siècles par le phariso-talmudisme qui a adopté les métaphysiques païennes hellénistiques - ce qui est d'ailleurs en harmonie avec l'origine extra-palestinienne de ses nouveaux adeptes - L'âme est l'être, l'acte la substance l'identité du corps d'essence biologique; selon la Révélation, je me borne à dire que c'est l'homme créé et voué à la résurrection.

Si vous le permettez, je vous répondrai ultérieurement au surplus de vos observations dont je vous remercie.



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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Mar 5 Juil - 10:19

Il y a quand même un problème, Luernos : notre Mère la Sainte Église Catholique a imposé comme doctrine philosophique profane celle de St Thomas d'Aquin lequel, en philosophique profane, précisément se base sur "le Philosophe" comme il l'appelle, c'est-à-dire Aristote.
Celui-ci n'est donc peut-être pas à mettre sur le même plan d'égalité qu'un Platon, un Plotin ou même un Averroès qui est un autre commentateur (arabe) d'Aristote du XIIe siècle (tout comme Avicenne, Persan du Xe-XIe siécle) qui n'a donc rien à voir avec Descartes du XVIIe siècle !...

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Jean-Paul BONTEMPS
 
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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Mar 5 Juil - 10:20




Quelques considérations sur les

QUATRE CAUSES

et le problème du pape


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Généralités :

Deux catégories de causes président à l’existence des créatures : les causes extrinsèques et les (ou la, pour les purs esprits comme on le verra un peu plus bas) causes intrinsèques.

L’existence de Dieu, le Créateur, qui est (le seul) Être parfait nécessaire et contient tout en Lui-Même, n’a pas, pour cette raison, de cause extrinsèque.

Tous les autres êtres, qui pourraient très bien ne pas exister, possèdent cependant l’existence puisqu’ils existent réellement mais ils ne jouissent que d’une existence contingente c’est-à-dire qui a besoin, pour rendre compte de sa réalité, de l’existence de l’Être nécessaire, Dieu, qui contient tout. (Dieu n’est pas “le Grand Tout” des panthéistes mais, étant infini, Il contient bien l’Univers entier qui, lui, nécessairement, n’est pas infini.)


Les causes intrinsèques ou essence :

Nous ne nous pencherons pas sur les causes autres que philosophiques de l’Existence de Dieu dont l’étude relève de la théologie et dépasse infiniment la pauvre intelligence humaine qui, sans la Révélation divine, n’en connaîtrait quasiment rien, à plus forte raison à cause de la chute originelle qui obscurcit nos esprits. Si, par la saine philosophie nous pouvons connaître l’Existence de Dieu (1) et certains de Ses attributs (comme le fait qu’Il est infini, Sa nécessité pour expliquer l’existence contingente des créatures, ou, pour expliquer le mouvement dont tout l’univers est animé, le fait qu’Il soit le premier moteur indispensable, etc.) même sans la chute originelle nous avions besoin de Sa Révélation pour savoir qui Il est et Le connaître un peu mieux Lui-même intimement.
(1) : La doctrine de ceux qui, au 19ème siècle, niaient cette possibilité et, pour cette raison, s’appelaient faussement “traditionalistes” – comme BONALD, LA MENNAIS, BAUTAIN, etc. – doctrine qui est l’aboutissement du fidéisme, a été condamnée par le Concile Vatican Ier.



Deux principes président à l’existence des créatures corporelles :
  • Un principe qui rend compte de la matérialité et donne aux corps d’avoir une masse, une étendue et une énergie (2). Ce principe, c’est la cause matérielle ;
    (2) : La masse, l’étendue et l’énergie sont les trois accidents toujours présents dans les corps. (Saint Thomas d’Aquin enseigne : “Bien que la quantité soit liée à la matière, c’est autre chose d’être un corps que d’être une quantité. La quantité est un véritable accident.”) C’est parce que ces trois accidents sont toujours présents dans les corps que la particule lumineuse appelée photon, qui est bien une corpuscule matérielle puisque ce n’est pas un être spirituel, possède bien réellement une masse (quoiqu’en disent nos physiciens absolument court en saine philosophie mais imbus de cartésianisme car, ne faisant pas la distinction indispensable et nécessaire entre substance et accidents, ils en arrivent à admettre que le photon n’est qu’énergie : l’accident serait la substance !...) même si, dans l’état actuel de la possibilité des expériences, on n’a pas encore pu mesurer cette masse.

  • Un principe qui fait que telle créature corporelle est ce qu’elle est, c’est-à-dire qui lui donne sa forme (non pas – ou pas seulement – sa figure géométrique, mais ce qui la constitue dans son être profond, dans son essence, qui la constitue la chose qu’elle est) et ce principe est la cause formelle.

Remarquons d’emblée que la cause matérielle dont il s’agit ici, n’a rien de palpable en elle-même, même si elle donne aux corps la caractéristique d’être palpables : c’est, comme il est indiqué, un principe on ne peut plus abstrait, et cette cause matérielle n’existe jamais en acte, c’est-à-dire de fait, sans une forme qui lui est adjointe. Elle n’existe seule qu’en puissance, c’est-à-dire dans la possibilité d’exister réellement quand une forme appropriée lui sera attribuée. Ainsi, ce que les philosophes appellent la matière prime n’existe pas d’elle-même dans l’univers sans qu’une forme, la constituant telle matière et non telle autre, lui soit adjointe.

Les purs esprits n’ayant pas de corps, leur existence n’a pas de cause matérielle mais seulement la cause formelle. (Voilà pourquoi ils n’ont chacun qu’une seule cause intrinsèque.) Cependant, comme ce qui différencie chaque ange l’un de l’autre n’étant donc que dans la forme, chacun d’eux possède une forme différente des autres. L’essence de chaque ange (fidèle ou rebelle) est différente de celle de n’importe quel autre.
Pour Dieu, la forme, ou essence, est la seule cause de Son Existence. Dieu possède donc bien en Lui-Même les raisons de Son Existence.

Tout être corporel est donc intrinsèquement composé, dans son essence, de matière et de forme.

Ainsi, l’atome de matière le plus simple, celui d’hydrogène, est-il composé philosophiquement d’un principe qui le rend matériel et de la forme de l’atome d’hydrogène et non de la forme de l’atome de l’hélium. Comme l’atome d’oxygène est composé philosophiquement d’un principe qui le rend matériel et de la forme de l’atome d’oxygène et non de la forme d’un autre atome.

On voit donc bien que c’est la forme seule qui détermine ce qu’est un être. Par conséquent, pas de forme, pas d’objet en acte, mais seulement en puissance éventuellement (pour les être possibles et non pour les chimères). Voilà pourquoi la matière prime n’existe pas en acte dans l’univers sans une forme qui lui soit appliquée.

Néanmoins, à une matière donnée, une plaque d’aluminium par exemple, une forme secondaire peut lui être ajoutée : l’ouvrier peut donner à cette plaque d’aluminium la forme d’une casserole (récipient destiné à retenir les liquides) ou celle d’une passoire (récipient destiné à retenir des particules solides d’une certaine grosseur mais à laisser les liquides s’échapper).

Dans ce cas, la matière (dans notre exemple l’aluminium) n’est pas la matière prime. Elle est appelée seconde et possède déjà sa forme propre (dans notre exemple, celle de l’aluminium).

Les êtres corporels (dont les hommes) sont donc composés d’un corps matériel et d’une forme. Celle-ci, dans les êtres corporels, semblable à celle des autres êtres dans la même espèce (au contraire des purs esprits dont chacun a une forme entièrement différente de celle des autres) est la forme essentielle dite aussi de première intention, car c’est la première que l’esprit appréhende. La différenciation dans les êtres corporels provient de la forme seconde qui affecte la matière, celle-ci permettant la multiplication des êtres dans la même espèce. (La même forme essentielle peut en effet être appliquée à différentes quantités de matière identiques ou non.) Néanmoins, dans le même objet individuel, la forme essentielle de première intention est confondue, ne fait qu’une, avec la forme de seconde intention. Ainsi, tous les hommes possèdent un corps, d’où provient leur multiplication, comme ils possèdent la forme humaine commune à tous, mais aussi quelque chose dans cette forme – qui est alors individuelle et, au juste, est l’âme elle-même – qui fait que chacun d’eux est différent des autres.

D’autre part, un homme, composé d’un corps matériel et d’une forme qui fait que c’est tel homme et non tel autre, peut recevoir une forme supplémentaire qui fera de lui, par exemple, un baptisé, un confirmé, un prêtre, etc.


Les causes extrinsèques :

Dieu, nous l’avons vu, possède en Lui-Même les raisons de Son Existence. Celle-ci n’a donc pas de causes extrinsèques.

Toutes les créatures, spirituelles comme corporelles, proviennent du Créateur Qui leur est nécessairement distinct et Qui leur donne d’exister. Sans quoi, elles n’existeraient pas. Une partie des causes de l’existence des créatures leur est donc extrinsèque.

Ces causes extrinsèques sont au nombre de deux :

  • La cause efficiente (celle qui fait, fabrique ou créé, l’objet – spirituel ou corporel) que se soit Dieu Lui-Même (en dernier ressort, c’est toujours Lui qui est à l’origine) ou que se soit une créature (un ouvrier, par exemple) qui intervient comme cause instrumentale (distinction dans la cause efficiente elle-même) que la créature agisse de son propre mouvement (toujours avec la permission de Dieu) ou déterminée par la Volonté divine. Dans l’ordre de la cause efficiente, outre la cause instrumentale, on peut encore distinguer la cause motrice, etc. La première dans l’ordre productif, et la dernière dans l’ordre spéculatif, est Dieu de qui tout provient.

  • La cause finale ou finalité qui rend compte de la raison pour laquelle la cause efficiente agit ainsi et qui est bien la finalité de l’objet (matériel ou intellectuel) considéré, c’est-à-dire sa raison d’être.


Premier résumé et quelques remarques :

On voit donc bien qu’il existe au maximum quatre causes principales : la cause formelle, la cause matérielle, la cause finale et la cause efficiente.

Remarquons que la forme est donnée par la cause efficiente en vue de la finalité.

Exemple :

  1. Dieu a créé les anges et l’homme intelligents et libres de leurs mouvements, de leurs sentiments et de leur volonté (attributs de leurs formes) pour que, par ces attributs, ils Le connaissent, L’aiment et Le servent.

  2. Le potier donne à la glaise posée sur son tour et qu’il façonne entre ses mains, la forme d’une cruche en vue qu’elle contienne un liquide (finalité de la cruche) ou la forme d’une assiette afin que l’on puisse manger dedans (cause finale de l’assiette).

La forme est ainsi toujours donnée en vue de la fin. Prenons un autre exemple qui tombe sous le sens : celui d’un cendrier en porcelaine (par exemple, ou en une autre matière qu’on voudra, peut importe) que l’on trouve sur les tables à l’attention des fumeurs. La fin de ce cendrier, comme son nom l’indique, est de recueillir les cendres. Remarquons les petites encoches disposées sur son pourtour. Elles sont là pour recevoir la cigarette du fumeur quand celui-ci désire ne pas la tenir entre ses doigts ou dans ses lèvres. Il est donc évident que cette forme du cendrier (forme qui correspond là à sa figure géométrique à cause de la simplicité de l’exemple) a bien été donnée par le fabricant en vue que son objet recueille les cendres provoquées par les fumeurs.

(A suivre)

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Mer 6 Juil - 15:37




Quelques considérations sur les

QUATRE CAUSES

et le problème du pape


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Suite


Considérations plus particulières sur les causes intrinsèques (pour les êtres corporels) :

Il est des formes secondes qui peuvent être enlevées et changées : l’aluminium constituant une casserole peut être aplati et redevenir une simple plaque, trouée et arrondie pour devenir une passoire. Une âme en état de grâce peut malheureusement tomber dans l’état de péché mortel (accidents affectant la forme qu’est l’âme humaine) et, fort heureusement par la miséricorde divine, quitter ce dernier pour retrouver le premier.

Il est d’autres formes secondes qui deviennent définitives : ainsi, un manche de marteau en hêtre ne pourra pas devenir un pied de table en hêtre et un pied de table de style Louis XV ne pourra pas être transformé en pied de table Louis XIII, même s’ils sont faits dans la même essence de bois. Il en est ainsi des Sacrements qui imprime un caractère dans l’âme humaine (laquelle est la forme même de chaque homme) : un baptisé est baptisé pour l’éternité comme un prêtre est également prêtre pour l’éternité.

Styles de pieds de table :


Pied de style Louis XIII



Pied de style Louis XV



Pied de style Louis XVI

Une forme seconde déterminée peut être appliquée à n’importe quelle matière (du bois, par exemple) apte à la recevoir : la forme de style Louis XV peut être donnée aussi bien à une pièce de chêne qu’à une pièce d’ébène, pourvue que la pièce de chêne ou d’ébène choisie par l’ébéniste ne contienne pas trop de nœuds faisant obstacle à son travail.

Si une matière seconde (ayant déjà sa forme propre) peut exister sans la forme surajoutée qui fera devenir cette matière tel ou tel objet, un objet, n’importe lequel, ne peut exister sans la forme qui le constitue tel.

Ainsi, telle pièce de merisier ne sera un pied de table Louis XIII, par exemple que lorsque l’ébéniste lui aura donné cette forme. Auparavant, ce ne sera qu’une pièce de merisier et rien d’autre en acte. Toutefois, si l’ébéniste a choisi une belle pièce de bois pour en faire un pied de table de style Louis XVI, on peut dire que cette pièce de bois particulière est en puissance un pied de table Louis XVI, surtout si l’ébéniste a commencé à la travailler dans ce sens. Elle constitue d’avance la matière prochaine de ce pied de table. Quant à toutes les pièces de bois identiques à celle choisie, y compris celle-ci, elles en constituent, avant le choix de l’ébéniste, la matière éloignée.

De même, telle motte de glaise que le potier a disposée sur son tour en vue d’en faire un vase ne sera en acte rien d’autre qu’une motte de glaise tant que le potier ne lui aura pas donné la forme du vase qu’il projette de fabriquer. Toutefois, cette motte particulière de glaise – et non les autres – est, par la disposition que le potier en a fait sur son tour, en puissance de devenir ce vase et elle en constitue la matière prochaine ; la totalité des mottes de glaise, avant cette disposition par le potier, en constituant la matière éloignée.

Autre exemple, classique celui-ci : Un bloc de marbre peut devenir une colonne ou une statue. Ce bloc de pierre ne sera nullement statue ou colonne en acte, avant que le sculpteur ne lui ait donné la forme de statue ou de colonne. Tant que ce morceau de pierre n’a pas reçu la forme de statue ou de colonne, il n’est en acte qu’un bloc de marbre et pas autre chose.

Toutefois, si le sculpteur (un vrai, Michel-Ange par exemple, pas Maillol dont les horreurs informes(3) polluent depuis quelques années les Champs Élysée, la plus belle avenue du monde, paraît-il) si le sculpteur, dis-je, a déjà disposé à l’endroit adéquat tel bloc de marbre en vue de lui donner la forme d’une piétà, par exemple, ce bloc de marbre particulier peut alors être alors appelé « piétà en puissance », voire « piétà materialiter ». Demandez voir, par exemple, à Michel-Ange à qui un Cardinal français vient de commander une de ces “Vierges de pitié” pour une chapelle de Saint-Pierre de Rome, demandez-lui ce qu’il vous dira si, étant son élève, vous faites de cebloc de marbre” une de ces “sculptures” hideuses de Maillol, surtout s’il a commencé son œuvre et y a déjà passé un certain temps ! Ou si vous sciez en deux, sans même en détériorer les morceaux, son “bloc de marbre” destiné à devenir à ses yeux la Piétà de Palestrina pour la cathédrale de Florence… « Ma piétà ! Espèce d’iconoclaste ! » vous dira-t-il en colère. Ce ne sont pourtant encore, au moins tant que l’œuvre n’est pas suffisamment avancée, en acte, que des “blocs de marbre” ! Et pourtant cette réaction avec de telles paroles se comprend car l’essence devance l’existence comme la puissance devance l’acte. C'est pourquoi on peut avoir materialiter quelque chose en puissance sans que soit formaliter en acte.
(3) : Remarquons bien pourquoi ces blocs de Maillol sont horribles : ils sont informes. « Informe : sans forme nette déterminée. » (Larousse.) Et remarquons bien le parallèle : pourquoi Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II et Benoît XVI, et peut-être Jean XXIII qui était tellement moderniste et a donné une si mauvaise orientation au “concile” Vatican II, ne sont pas Papes ? Parce qu’ils n’en ont pas la forme. Le reste est vain bavardage : à quoi sert, concrètement, de se pencher sur la question (ou les questions, si difficilement démontrables et nullement probantes) de savoir pourquoi ils n’en ont pas la forme ? Ils ne sont pas Papes (en acte j’entends, pour le moins – même s’il leur reste, tant qu’ils sont vivants, la possibilité de le devenir qui ne dépend que de leur bon vouloir) un point c’est tout, cela est suffisant ! Et permet amplement de diriger notre conduite à leur égard.


Certitude de cette doctrine :

Dieu nous a créer, c’est sûr car nous ne nous sommes pas faits nous-mêmes (rien dans l’Univers ne s’est pas fait tout seul) avec une âme spirituelle (c’est-à-dire possédant une certaine dose d’intelligence au contraire de celle des animaux qui ne possèdent en rien l’intelligence) pour que, par cette intelligence, nous Le connaissions ; que nous L’aimions, Le louions et Le servions par notre volonté libre et notre cœur. Néanmoins, même avec notre intelligence, nous ne pouvons vraiment Le connaître sans qu’Il Se révèle à nous et nous dévoile quelque peu l’intimité de Son Être. En conséquences, Dieu, dans l’histoire, S’est révélé plusieurs fois à l’homme : la première fut à nos premiers parents dans le Paradis terrestre ; d’autres fois parmi les plus importantes, mais il y en a bien d’autres, fut à Abraham puis à Moïse, etc.. La Révélation divine la plus grande et la plus complète qui fut et sera à jamais, est celle de l’Incarnation de la seconde Personne de la Très Sainte Trinité, le Verbe de Dieu Lui-même, Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Ce divin Maître a laissé sur terre, pour nous enseigner la Vérité en toutes choses après Lui, une Église qui, pour cela, est continuellement et pour toujours infaillible (4). Elle est infaillible dans son Magistère Ordinaire Universel (de tous les jours et par la voix générale de ses Pontifes et des Évêques qui leur sont unis. Elle est encore infaillible par l’enseignement solennel de ses Papes seuls (Magistère extraordinaire pontifical) mais, bien que ce ne soit pas défini aussi clairement que pour ces deux premiers modes d’expression de l’enseignement magistériel, on peut difficilement concevoir que notre Mère, la Sainte Église Catholique, ne soit pas également infaillible par la voix ordinaire de ses Souverains Pontifes eux-mêmes. Bref ! Quand le Pape (un vrai Pape) parle en tant que Pape, que ce soit solennellement ou dans son enseignement ordinaire, il est nécessairement, en vertu de l’assistance divine à lui promise en la personne de Pierre, dans l’inerrance c’est-à-dire dans la Vérité.
(4) : Sinon, la Révélation perd, à cause de la possibilité de l’erreur chez l’homme due à la faute originelle, sa raison d’être et Dieu, en nous donnant notre part d’intelligence, nous aurait fait un cadeau empoisonné, ce qui est impossible à Sa Sainteté, à Sa Justice et à Sa Bonté.


Or l’Église a imposé comme règle de vérité philosophique, notamment par le Canon 1366 § 2, ce qu’on appelle les 24 thèses thomistes. Les 24 thèses thomistes sont donc l’expression même de la Vérité dans le domaine philosophique. En conséquence, un catholique est tenu moralement d’adhérer d’intelligence (pour ceux capables, bien sûr, de les comprendre) à ces 24 thèses thomistes.

Pour notre présent propos, je citerai, mais sans commentaire pour ne pas allonger mon discours, les principales thèses (quoique d’autres soient également concernées, notamment les thèses II, III, VII, XI, XIII à XVIII et XXII à XXIV) thomistes suivantes tirées des Principes de philosophie du R.P. Edouard HUGON, O.P. :

  • THÈSE I :
    « Potentia et actus ita dividunt ens, ut quidquid est vel sit actus purus, vel ex potentia et actu tamqam primis atque intrinsecis principiis necessario coalescat. »
    « La puissance et l’acte divisent l’être de telle sorte que tout ce qui est ou bien soit acte pur, ou bien soit composé nécessairement de puissance et d’acte comme principes premiers et intrinsèques. » (4)
    (4) : Cette proposition est contenue ouvertement dans les œuvres de St Thomas, non seulement dans la Somme, où il est dit : “Cum potentia et actus dividant omne ens et omne genus entis”, I P., q. 77, a. 1, mais encore dans Metaphys., lib. VII, lect. I; lib. IX, lect. I, lect. IX.


  • THÈSE V :
    « Est praeterea in omni creatura realis compositio subjecti subsistentis cum formis secundario additis, sive accidentibus; ea vero nisi esse realiter in essentia distincta reciperetur, intelligi non posset. »
    « Il y a en outre dans toute créature, composition réelle du sujet subsistant avec des formes qui lui sont ajoutées secondairement, c'est-à-dire les accidents ; et cette composition ne se comprendrait pas si l’être n’était point reçu réellement dans une essence distincte de lui. » (5)
    (5) : Cette proposition est enseignée ouvertement par St Thomas dans ses écrits, notamment De ente et essentia, c. 7; I Cont. Gent., c. 23 ; II Cont. Gent., c. 52 Sum. Theol. I P., q. 3, a. 6.


  • THÈSE VIII :
    « Creatura vero corporalis est quoad ipsam essentiam composita potentia et actu; quae potentia et actus ordinis essentiae materiae et formae nominibus designantur. »
    « La créature corporelle est, quant à l’essence elle-même, composée de puissance et d’acte ; cette puissance et cet acte dans l’ordre de l’essence sont désignés par les noms de matière et de forme. » (6)
    (6) : Cette doctrine revient constamment dans tous les ouvrage de saint Thomas. Qu'il suffise de citer ici De spiritualibus creaturis, a. 1.



(A suivre)

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Mer 6 Juil - 21:27




Quelques considérations sur les

QUATRE CAUSES

et le problème du pape


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Fin.


Application au problème actuel du pape :

La personne désignée par le conclave n’est réellement Pape qu’après l’acceptation par cette personne de sa désignation. (Il s’agit, bien entendu, d’une acceptation réelle, c’est-à-dire celle de vouloir servir le bien et la finalité de l’Église, non d’une acceptation simulée qui ne servirait en fait, comme dans le triste état actuel, qu’à chercher à détruire la sainte Église.) Analogiquement – mais judicieusement car la personne désignée possède une âme (forme) et un corps (matière) – on dira qu’entre le moment de sa désignation et celui de son acceptation (réelle) elle constitue la matière prochaine du Pape, en puissance de devenir tel, mais qu’elle n’est pas Pape en acte.

Il faut noter en passant que, entre la mort ou la défection du Pape précédent et la désignation d’un successeur faite par le conclave subséquent, toutes les personnes humaines de sexe masculin baptisées dans l’Église catholique et qui n’en ont pas été exclues juridiquement par l’autorité compétente (excommunication) ou n’ont pas proclamé explicitement ne plus vouloir y appartenir, que ce soit des marranes (Juifs faussement convertis) ou de vrais Catholiques (peu importe là : il suffit d’être de sexe masculin, baptisé et non exclu de l’Église soit par l’autorité soit explicitement de soi-même) toutes les personnes humaines ainsi définies constituent, toujours analogiquement, la matière éloignée de l’éventuel futur Pape. Une fois la désignation opérée par ceux qui en ont le pouvoir (principalement le clergé de Rome) la personne désignée constitue la matière prochaine de l’éventuel futur Pape que cette personne sera effectivement, par la grâce de Dieu, dès qu’elle aura accepté de servir ainsi l’Église.

Est-ce pour autant l’acceptation de la personne désignée qui la constitue Pape en acte ?

Nullement car, d’une part, la personne désignée n’étant pas en acte Pape, elle ne peut pas devenir elle-même ce qu’elle n’est pas et, d’autre part, le Pape étant le Vicaire visible sur terre de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ce n’est pas l’homme ou les hommes qui font le Pape, mais Dieu Lui-Même.

C’est ce qu’enseigne à ce sujet le Cardinal saint Robert BELLARMIN, Docteur de l’Église, dans le livre II, chapitre 30, de son ouvrage spécialisé sur les questions de la papauté, Du Pontife romain, lequel
a écrit:
… les cardinaux lorsqu’ils créent le pontife, exercent leur autorité non pas sur le pontife, puisqu’il n’est pas encore, mais sur la matière, c’est-à-dire sur la personne qu’ils disposent en quelque manière par l’élection, pour qu’elle reçoive de Dieu la forme du pontificat ; …
« … cardinales dum pontificem creant, exercent suam auctoritatem, non supra pontificem quia nondum est, sed circa materiam, idest circa personam quam per electionem quodammodo disponunt, ut a Deo pontificatur formam recipiat ; … » Cité par Abbé Bernard LUCIEN, qui souligne, dans le N° 2 des Cahiers de Cassiciacum, page 83.

C’est là l’avis de nombreux autres théologiens, notamment le Cardinal CAJETAN.

De nos jours, il est évident à toute personne qui vit de la Foi – laquelle nous fait croire qu’un vrai Pape ne peut pas, en tant que tel, enseigner officiellement des erreurs à toute l’Église comme font manifestement, hélas ! ceux qui sont assis sur le Siège de Pierre depuis le « “concil[iabul]e” Vaticandeux » – il est évident, dis-je, que ces derniers ne peuvent pas être de véritables papes. Toutefois, comme ils ont été désignés et sont encore et toujours acceptés par la totalité de ceux qui ont l’autorité nécessaire dans la sainte Église pour cela, la question se pose de savoir comment ils ne sont pas Papes.

Ce ne peut pas être parce que Dieu leur refuse la forme du pontificat, Sa grâce, mais parce que, ces prétendus papes, font obstacle à cette grâce, par leur refus d’atteindre la fin pour laquelle ils ont été désignés, fin qui est de servir le Bien de l’Église. Et ce refus, qui est manifeste à tout vrai croyant catholique, montre qu’ils n’ont pas eu la véritable intention d’accepter leur désignation pour servir le Bien de l’Église. Ils se trouvent donc dans la situation de ceux qui, désignés par un conclave, n’ont pas encore accepté cette désignation. Ils refusent, en quelque sorte, la forme du pontificat qu’ils sont désignés pour recevoir ; ils ne sont pas Papes en acte mais, par leur désignation et le fait qu’ils n’ont pas été jusque là exclus juridiquement par l’autorité compétente (excommunication) de l’Église catholique et n’ont pas proclamé explicitement ne plus vouloir y appartenir, ils sont matériellement en puissance de devenir Papes s’ils finissent par le bien vouloir et quand ils le voudront bien. Par analogie, on peut dire qu’ils sont “papesmaterialiter – ce qui ne signifie pas qu’ils sont un peu Papes, car ils ne le sont pas du tout en acte (ils n’ont, en particulier, pas l’autorité du Souverain pontife et, conséquemment, il n’y a pas à leur obéir en rien, ni, du reste, à leur désobéir car il ne peut y avoir désobéissance à leur égard) mais qu’ils demeurent en puissance de le devenir éventuellement. (En condamnant notamment et nécessairement les erreurs qui les empêchent d’être Papes et en supprimant tous les nouveaux rites pour le moins douteux, voire absolument invalides.) En attendant, puisque la forme est en vue de la fin, que la fin pour laquelle ils sont désignés pour devenir les chefs de l’Église catholique n’est pas atteinte (réalisée) par eux, il s’ensuit nécessairement qu’ils n’ont pas la forme du pontificat, qu’ils ne sont pas Papes formaliter.

Un exemple plus concret fera mieux comprendre la chose :
Une ménagère quelque peu aveugle (et dans le domaine de la Foi, de nous-mêmes, nous sommes naturellement aveugles, ne nous appuyant que sur l’autorité divine de la Révélation comme l’aveugle s’appuie sur sa canne : c’est là la signification du mot amen) croyant prendre une casserole en aluminium afin de faire chauffer de l’eau, se trompe et, sans s’en rendre immédiatement compte, prend une passoire également en aluminium. Elle commence à y faire couler de l’eau mais, s’apercevant que celle-ci s’écoule au travers de son ustensile qui n’en retient aucune goutte, conclut logiquement que celui-ci, quoiqu’en aluminium, n’a pas la forme de la casserole qu’elle croyait prendre mais qu’il a la forme d’une passoire. Son ustensile, quoiqu’on puisse y boucher les trous pour en faire une casserole, n’est pour l’instant pas une casserole formaliter et ne doit pas être pris pour lui faire retenir un liquide.

Ainsi, Josef RATZINGER, homme baptisé, non-excommunié par l’autorité compétente (avant, bien sûr, son élection au Souverain Pontificat) appartenant donc à l’Église Catholique, et que, jusqu’à preuve du contraire, il n’a pas explicitement proclamé vouloir s’en détacher, qui a été semble-t-il régulièrement désigné par le clergé de Rome (les cardinaux) pour siéger sur le trône pontifical (cela n’est pas à prouver : c’est un fait accepté par l’ensemble unanime de tous ceux qui en avaient le pouvoir ; c’est le contraire qu’il conviendrait de prouver) Josef RATZINGER, dis-je, constitue pour l’instant la matière prochaine d’un éventuel futur Pape mais, à cause des hérésies qu’il ne cesse de manifester en tant que pape (qu’il devrait être) comme il se proclame être (alors qu’en raison de l’assistance divine il est impossible qu’un Pape enseigne officiellement l’hérésie) il ne possède pas la forme du pontificat qui l’empêcherait de manifester en tant que pape une seule hérésie, il n’est pas Pape en acte.
La théologie ne peut pas contredire là la philosophie, comme, du reste, nulle part ailleurs, la vérité dans n’importe quel domaine, provenant du même auteur : Dieu. D’autant moins que ce chapitre, sur le problème du pape, relève précisément de la théologie. Par conséquent, ou bien celle qui est exposée ici est exacte et celles qui s’y opposent sont erronées, ou bien le contraire, mais il est faux de dire que certaines oppositions proviendraient du fait que le raisonnement ici exposé serait basé sur la philosophie et d’autres sur la seule théologie. En effet, d’une part la présente argumentation n’est nullement basée sur la seule philosophie et, d’autre part, une théologie qui ne serait pas en accord avec la saine philosophie (thomiste) imposée par l’Église (Canon 1366, § 2) s’avérerait être une fausse théologie. Tout comme la prétendue philosophie – ou toute autre science – qui s’oppose à la théologie enseignée par la sainte Église catholique, est nécessairement une fausse philosophie ou une fausse science, du moins pour ce qui est du domaine où se manifeste cette opposition.


Conséquences annexes :

Les catholiques traditionalistes qui proclament Josef RAZINGER réellement Pape sous le nom de Benoît XVI et qui, pourtant refusent ses directives officielles – cela, journellement (…) – sont, qu’ils le veuillent ou non, animés d’un esprit schismatique.
Les catholiques sédévacantistes, complets tout comme ceux qui sont seulement formaliter, ne peuvent souffrir d’un tel reproche (6) car ils ne refusent pas, eux, d’obéir à quelqu’un qu’ils reconnaissent comme Pape : ils refusent d’écouter, d’obéir à quelqu’un qu’ils reconnaissent ne pas être Pape au moins en acte.
(6) : Même si les premiers présentent le risque de refuser l’autorité d’un futur Pape qui serait éventuellement devenu tel par sa conversion manifestée par le nécessaire condamnation du « “concil[iabul]e” Vaticandeux » et de tous les rites liturgiques y faisant suite. (Dans le cas – indispensable – d’une telle condamnation faite avec l’autorité d’un Souverain Pontife, que faudrait-il de plus, aux yeux des sédévacantistes simplistes totaliter, pour accepter un tel Pape ? Nous posons la question ; aurons-nous un jour une réponse ?…)

Cependant, reconnaître que telle personne désignée sur le Siège de Pierre ne possède pas la forme du pontificat, qu’elle n’est pas Pape en acte et n’en a donc pas l’autorité, n’empêche pas de lui concéder un certain pouvoir (notamment ce qui relève exclusivement du droit ecclésiastique – humain – non du Droit divin) limité à ce qui est nécessaire pour la continuité de la vie publique de l’Église et accordé en vertu d’une suppléance divine. Le cas est identique, et historiquement produit, pour des laïcs nommés évêques de quelque diocèse : ces laïcs ne sont réellement Évêques que lorsqu’ils ont reçu le Sacrement de l’Ordre dans sa plénitude, c’est-à-dire après être devenus Prêtres puis sacrés Évêques, mais, avant même cela et dès qu’ils prennent possession de leurs sièges épiscopaux, ils en ont la juridiction, peuvent l’administrer régulièrement et sont bien Ordinaires de lieu. (C’est, du reste, là une preuve de la séparation possible, quoique assez exceptionnelle, du pouvoir d’Ordre et de celui de juridiction, c’est-à-dire de la Missio et de la Sessio. Il en va de même, mais en sens inverse, pour les Évêques in partibus : ils sont bien sacrés Évêques mais n’ont pas la juridiction de leur diocèse qui, de fait, leur échappe.)

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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Sam 26 Nov - 13:54

Dans l'avant-dernier message ci-dessus (« Mer 06 Juil 2011, 20:27 »), nous avions fait état, à partir de la doctrine des « quatre cause » enseignée par St Thomas d'Aquin et appliquée au problème du pape, de ce qu'on appelle « la thèse de Cassiciacum » qui se trouve exposée dans cet autre fil.

Beaucoup d'opposants (pas tous) à ladite thèse, en particulier les intervenants d'un certain forum québécois, incapables par ailleurs de démontrer qu'elle serait en contradiction avec la doctrine intégralement catholique, nous demandent de prouver qu'elle est pleinement conforme à l'orthodoxie catholique.

Cette démarche de nos opposants est extrêmement vicieuse car ce n'est pas à celui qui est accusé (en l'occurrence, de ne pas être dans l'orthodoxie catholique) de démonter qu'au contraire il y est exactement, mais c'est à qui lui lance cette accusation de prouver que celle-ci, par une argumentation précise et pertinente, est pleinement fondée.
C'est ce que nous allons voir dans l'analogie suivante :

Des mécréants qui refusent de croire en les miracles opérés par Notre-Seigneur et qui sont relatés dans les Saints Évangiles, et en ceux des Apôtres qui le sont dans « les Actes », nous objectent (cela m'est arrivé hier soir à propos de l'épisode de Simon le magicien avec St Pierre) d'un air dubitatif : « Et vous croyez à cela !... » sous-entendant par là que ce serait faux et nous demandant implicitement de prouver la véracité des faits évoqués.
Tout le monde, dans la sphère catholique, comprend que les Apôtres n'ont pas accepté en vain le martyre, que cela est la preuve de la vérité des Écritures du Nouveau Testament, et que c'est aux mécréants en question à prouver, s'ils le peuvent que celles-ci sont fausses.

Eh bien ! Il en va de même avec la distinction « materialiter / formaliter » pour laquelle, celui qui fut le théologien privé de Sa Sainteté le Pape Pie XII, professeur à l'Université du Latran puis au séminaire d'Écône, préféra être jeté hors ce séminaire par Mgr Lefebvre plutôt que de renier ce qui fondait sa foi en ce qui concerne la question du pape...
Et il en va de même pour tous les Prêtres qui ont été également jetés hors d'Écône pour la même raison !...
Les gens se rendent-ils bien compte de ce que cela veut dire : être jeté hors de la congrégation religieuse à laquelle on appartient ? Shocked affraid ...

Nous attendons donc (encore et toujours) que nos opposants nous démontrent (et non pas affirment gratuitement) en quoi, exactement, ladite thèse de Cassiciacum serait contraire à la doctrine intégralement catholique...

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Jean-Paul BONTEMPS
 
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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Mar 7 Aoû - 9:29

Nous attendons donc (encore et toujours) que nos opposants nous démontrent (et non pas affirment gratuitement) en quoi, exactement, ladite thèse de Cassiciacum serait contraire à la doctrine intégralement catholique...

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Sam 17 Oct - 3:16

Dans un courriel privé (puisqu’il a été banni de tous les fora...)
le parano-schizophrène de service a écrit:

[...]

Toi, ce n'est pas du juif que tu vois de partout mais la dissociation entre la  matière et la forme comme si une forme  pouvait être sans matière ou si une matière ne pouvait pas avoir de forme. [...]

(Souligné en gras par JPB.)

Nous verrons ci-dessous que ce que ce décidément trop triste parano-schizophrène croit pouvoir nous reprocher sur le plan philosophique, quant aux distinctions à faire entre la matière et la forme, est l’enseignement même de St Thomas d’Aquin.
Ce pédant ignorant, en effet, qui ne sait pas ce dont il parle car il n’y connaît manifestement rien, nous reproche donc « la dissociation entre la  matière et la forme comme si une forme  pouvait être sans matière ou si une matière ne pouvait pas avoir de forme. »
Or, qu’“une forme [puisse très bien] être sans matière”, et que la proposition selon laquelle « il est impossible que la matière existe sans la forme » soit erronée (plus précisément qu’“une matière [SECONDE puisse] ne pas avoir de forme [ACCIDENTELLE]”) se démontre comme suit :

  • A). « Une forme [peut très bien] être sans matière »
    Le premier exemple que nous prendrons (mais qui est un peu trop facile, cet andouille de Gégé n’y ayant manifestement tout simplement pas pensé), c’est celui de l’existence des purs esprits : Dieu Lui-même et tous les anges (saints ou déchus).
    Si cela n’était, on ne pourrait jamais et nulle part parler de la « forme [essence sans la cause matérielle] divine [ou/et] angélique » et jamais personne n’en aurait parlé alors que de très nombreux auteurs l’on fait !...

    Ensuite, nous avons des enseignements précis de théologiens thomistes, comme, per exemple, le R. P. Thomas PÈGUES, O. P., qui est l’un de meilleurs commentateurs moderne (mais non “moderniste”) de St Thomas d’Aquin avec le R. P. Édouard HUGON, O. P. lui aussi tout comme Mgr Michel-Louis GUÉRARD DES LAURIRS (le R. P. Édouard HUGON a écrit un excellent exposé sur « Les Vingt-quatre thèses thomistes » que nous citerons plu bas et qui a déjà été publié ici [http://foicatholique.cultureforum.net/t4126-principes-de-philosophie] mais dont Gégé se moque éperdument comme il se moque pareillement de ce qu’a écrit le R. P. Thomas PÈGUES, amplement cité ci-dessous, qui a pourtant été publié sur le Forum T. D. qu’il affectionne particulièrement pour ne cesser d’y retourner sous différents pseudonymes alors qu’à chaque fois il en est continuellement banni !...), R. P. Thomas PÈGUES qui, dans « APERÇUS de PHILOSOPHIE THOMISTE et de PROPÉDEUTIQUE » (http://messe.forumactif.org/t3786-apercus-de-philosophie-thomiste-complet),

Citation :

  1. http://messe.forumactif.org/t3786p45-apercus-de-philosophie-thomiste-complet#75135 :

    « [...]
    Nous allons trouver ici, pour la première fois, et ils ne nous quitteront plus, ces termes de matière première et de forme substantielle , qui sont, pour nous, êtres humains, dans l'ordre naturel de nos connaissances, la clef de toutes nos conclusions, dans l'étude philosophique de l'ordre des choses. [...] » (Souligné en gras ou/et d’un trait par JP B.)


  2. http://messe.forumactif.org/t3786p60-apercus-de-philosophie-thomiste-complet#75215 :

    « [...]
    Deux termes existent, consacrés par un usage autorisé entre tous, pour désigner les deux principes que la raison philosophique découvre au plus profond de tout être corporel. Ce sont les termes de matière première et de forme substantielle, ou, plus simplement et en abrégé, et par antonomase, les termes de matière et de forme. [...] » (Souligné en gras ou/et d’un trait par JP B.)


  3. http://messe.forumactif.org/t3786p60-apercus-de-philosophie-thomiste-complet#75225 :

    « [...]
    On parle couramment [dans le langage usuel parmi les hommes] de la forme des corps, entendant ce mot des linéaments ou des modalités extérieures des parties quantitatives de l'être corporel. »

    « Seulement, ici [...], le mot forme n'a pas le même sens que celui que l'on assigne dans le langage philosophique, quand on l'emploie pour signifier le second principe essentiel de l'être corporel. Et toutefois, si le sens n'est pas le même, il y a cependant entre les deux acceptions un certain rapport qui explique et justifie l'usage du même mot. »

    « La forme, au sens usuel, indique les modalités extérieures des parties quantitatives, pour autant que ces modalités fixent l'aspect de ces parties. Il s'agit donc de ce qui précise, de ce qui détermine, de ce qui donne un certain être à ces parties quantitatives, si bien que le tout s'appellera du nom de cette forme. »

    « C'est ainsi qu'un bloc de marbre [1], qui était d'abord sans nom précis ou déterminé, parce qu'il n'avait, si l'on peut ainsi dire, au sens où nous en parlons maintenant, aucune forme et qu'il était informe, devient quelque chose de déterminé et prend un nom spécial [2], dès là qu'il reçoit telle ou telle forme [3] ; par exemple, la forme de César, ou de Napoléon. Et l'on voit, tout de suite, le rapport de la forme ainsi comprise, à la forme, principe essentiel de l'être corporel. Les deux impliquent le caractère de détermination, de fixation dans l'être, eu égard à quelque chose qui était d'abord ou que l'on conçoit comme étant, au préalable ou de soi, indéterminé dans l'être, pouvant être ceci ou cela ; mais n'étant, de soi, ni ceci ni cela, jusqu'à ce que la forme le détermine ou lui donne, en effet, d'être ceci ou cela. Toute la différence est que dans un cas il ne s'agit que d'être accidentel, pour ce qui est de la fixation ou de la détermination dans l'être; tandis que, dans l'autre, il s'agit d'être substantiel. »
    Notes de JP B :
    [1] Ou, pour le problème qui nous intéresse plus particulièrement et occupe nos disputatios, la personne élue par un Conclave.
    [2] Le nom de Pape, dans l'exemple de la note [1]
    [3] Transcription : dès lors que tette personne élue par un Conclave a réellement reçue de Dieu la forme du Pontificat. (Cf. http://messe.forumactif.org/t2317-de-romano-pontifice-de-saint-robert-bellarmin-avec-commentaires#44811)

    « Et, inversement, pour le mot matière appliqué au bloc de marbre ou à tout être corporel par rapport à la forme du langage usuel. Cette matière désignera non pas une partie substantielle d'être corporel, ou plutôt un principe essentiel exigeant, pour exister dans l'ordre de l'être corporel, un autre co-principe essentiel ; mais un être corporel substantiel, existant en soi, n'étant indéterminé que dans l'ordre de telle ou telle modalité ou mode d'être accidentel. Au contraire, la matière, au sens philosophique, selon qu'elle se distingue de la forme dans le même sens, n'est qu'un principe d'être, non un être, proprement dit. Mais ce principe dit, à l'être proprement dit ou pur et simple et substantiel, un rapport analogue à celui de la matière entendue au sens usuel par rapport à la forme d'ordre accidentel. [...] » (Souligné en gras ou/et d’un trait par JP B.)


  4. http://messe.forumactif.org/t3786p60-apercus-de-philosophie-thomiste-complet#75236 :
    « [...] »


    « Aussi bien est-ce par la notion de matière et de forme au sens ordinaire de ces mots que nous pouvons arriver à une certaine notion de la matière et de la forme prises dans le sens philosophique. Pour les distinguer, quand on veut préciser le sens de ces mots, on désigne la matière, prise au sens philosophique, par les mots de matière première et la forme, par les mots de forme substantielle. Du même coup, en effet, la matière, principe du corps, est distinguée du corps lui-même, qui, désigné par le mot matière, équivaut alors à ce que nous appellerons la matière seconde ; et la forme substantielle se distingue de la forme accidentelle : l'une, fixant son sujet indéterminé dans l'être corporel pur et simple ; l'autre, le supposant déjà fixé dans cet être corporel, mais lui donnant telle ou telle modalité d'ordre secondaire. »

    « Ce même rapport des deux mots appliqués à la matière première et à la matière seconde, ou à la forme substantielle et à la forme accidentelle, nous permet de saisir, dès maintenant, et sur le vif, deux autres termes, d'ordre usuel eux aussi et d'ordre philosophique, qui n'auront pas moins d'importance, dans l'économie de la science philosophique, que les termes de matière et de forme. Leur importance est d'ordre plus transcendant. Car si nous en retrouvons l'usage dans l'ordre du monde corporel, comme pour les termes de matière et de forme, il dépasseront les limites de ce monde corporel et s'appliqueront au monde même de l'ordre incorporel ou spirituel que nous aurons à étudier dans la suite. »

    « Ce sont les termes puissance et acte…. »
    (Souligné en gras et d’un trait par JP B.)

    Ainsi nous voyons que la personne élue par un Conclave mais qui, en raison d’un obstacle quelconque qu’elle oppose à la réception de la grâce divine qui lui donnerait la forme du Pontificat, constitue la matière SECONDE du Pape qu’elle devrait être (et, pour cette raison, peut être appelée « “pape” materialiter ») et, tant que la désignation faite par les cardinaux ne lui est pas retirée, cette personne (matière du possible futur Pape) est en PUISSANCE de devenir Pape ; tandis que si elle enlève l’obstacle en question et qu’ainsi elle reçoit de Dieu la forme du Pontificat, elle devient alors, en acte, « Pape formaliter ».
    Nous approfondirons ces notions ci-dessous.


  5. http://messe.forumactif.org/t3786p60-apercus-de-philosophie-thomiste-complet#75264 :

    « [...] [les termes puissance et acte] sont, dans l'ordre de l'universalité des choses, le pendant des termes matière et forme dans l'ordre des choses corporelles, même à prendre ces termes au sens du langage usuel. »

    « Avant que le bloc de marbre, matière de la statue de César, eût reçu la forme de César, il pouvait la recevoir
     [4] ; s'il n'avait pu la recevoir, il ne l'aurait jamais reçue. Mais, s'il pouvait recevoir la forme de César, puisqu'il l'a reçue, il pouvait en recevoir bien d'autres, une infinité d'autres. Le même bloc de marbre, en effet, au lieu de devenir une statue de César, aurait pu devenir la statue de Napoléon, ou de n'importe qui. Même après qu'il a reçu la forme de César, il pourrait en recevoir d'autres, si on le modifiait : il cesserait d'être la statue de César, et deviendrait la statue d'autre chose.»

    « C'est ce qu'on veut signifier, quand on dit que le bloc de marbre était ou est encore en puissance à telle ou telle chose, à telle ou telle forme, à tel ou tel être accidentel
     [5]. Quand, au contraire, il est devenu, dans l'ordre de l'être accidentel [5], cette chose ou cette autre, ayant reçu sa forme, on dit qu'il est cette chose en acte [6]. Par où l'on voit que ces termes puissance et acte se disent en fonction du fait d'être. Ce qui n'est pas encore, mais peut être est dit être en puissance. Ce qui est en fait est dit être en acte. Le mot acte ne se prend donc pas, ici. dans le sens d'action, mais dans le sens d'être. »

    « [...] »
    (Souligné en gras par JP B.)

    Notes de JP B
     :


    [4] Ainsi, avant que le Cardinal Sarto, par exemple, matière du futur Pape Pie X (qui hésita beaucoup, paraît-il, pour accepter la charge du Souverain Pontificat alors qu’il avait été désigné pour cela par ses pairs), eût reçu, par son acceptation définitive, de Dieu la forme du Pontificat, il pouvait la recevoir. Pour cela, entre sa désignation par les autres Cardinaux et son acceptation de la charge du Souverain Pontificat, le Cardinal Sarto était en puissance à devenir le Pape Pie X dont sa personne constituait la matière. Et n’étant alors (pendant ce temps) qu’en puissance à devenir le Pape Pie X dont sa personne constituait la matière, on peut dire qu’il était alors (entre sa désignation par les autres Cardinaux et son acceptation de la charge du Souverain Pontificat) « “pape” materialiter ». Ce n’est qu’une fois son acceptation devenue effective, qu’il fut réellement Pape en devenant « Pape formaliter » car, par cette acceptation pleine et entière, il avait reçu de Dieu la forme du Pontificat.
    Il en a d’ailleurs été de même pour Simon-Pierre entre la Promesse qu’il reçut de Jésus-Christ en St Matt., XVI, 18-19 (l’acceptation de l’élu étant là remplacée par la Volonté de Notre-Seigneur d’attendre jusqu’après Sa Résurrection pour rendre cette Promesse effective) et l’ordre reçu (en St Jean, XXI, 15-17) de paître tout le troupeau.

    [5] Et pour ce qui est du Pape, il faut bien le préciser, le Souverain Pontificat par rapport à la personne du Pontife suprême, est de « l’ordre de l’être accidentel » et non pas substantiel car c’est la personne du Pape (et non son Pontificat) qui est de l’ordre de l’être substantiel.
    Nous verrons dans la prochaine citation (n° 6) les différences entre l’être accidentel et l’être substantiel.

    [6] Et ainsi, quand la personne élue par le Conclave a, par son acceptation réelle et effective (efficace), reçu de Dieu la forme du Pontificat, on dit qu’elle est alors Pape en acte. Tout cela est pourtant fort logique !...


  6. http://messe.forumactif.org/t3786p60-apercus-de-philosophie-thomiste-complet#75276 :

    « Et comme il est deux sortes d'être : l'être accidentel et l'être substantiel, c'est par rapport à l'un et à l'autre que nous pourrons user des termes puissance et acte. Le bloc de marbre, avant d'être la statue de César, pouvait le devenir ; il l'était en puissance [7]. Quand il l'est devenu, en recevant la forme accidentelle de statue de César, il est cette statue en acte. Mais, pareillement, et dans un sens plus profond, si nous supposons que la matière même de marbre, ou l'être corporel que nous appelons de ce nom n'ait pas toujours été marbre, ou qu'il ne doive pas toujours l'être, nous dirons que le marbre a été en puissance par rapport au fait d'être marbre. Il était en puissance, puisque, par hypothèse, il n'était pas encore et que cependant il pouvait être, puisque maintenant il est. »

    « Encore est-il que dans ce cas et à l'entendre en ce sens plus profond, le terme puissance pourra se présenter avec une double acception. Il pourra signifier une possibilité d'être, pour le marbre
     [8], avant qu'il soit, uniquement en raison d'une puissance active ou d'un pouvoir existant quelque part ou en quelque sujet capable de produire ce marbre [9], avec la simple connotation de non-impossibilité à être produit, du côté du marbre [10]; ou, même, une possibilité d'ordre passif existant quelque part, dans la réalité des choses, conjointement avec la possibilité ou la puissance et le pouvoir au sens actif existant quelque part en un sujet donné capable de produire ce marbre, en faisant passer de la puissance à l'acte, la possibilité au sens passif existant parmi les choses : comme l'artiste fait passer de la puissance à l'acte, dans l'ordre accidentel, le bloc de marbre existant bloc de marbre et pouvant devenir statue de César, quand, de fait, par son action, il produit dans ce bloc de marbre l'image ou la forme de César. »

    « Les termes puissance et acte se diront dans les deux cas. Mais, comme pour les termes matière et forme, leur sens ne sera pas le même. Il sera plus obvie, plus apparent, pour nous, dans l'ordre accidentel; parce que, dans ce cas, nous avons un sujet préalable qui existe en lui-même
     [11], formant un tout d'ordre corporel et tombant ou pouvant tomber sous nos sens. Le bloc de marbre est là devant nous ; et nous voyons très bien qu'il y a en lui la possibilité réelle de recevoir la forme accidentelle qui lui donnera d'être en acte ce qu'il n'est encore qu'en puissance : une statue de César [12]. Ici, la matière ou la puissance est plus réelle que la forme ou l'acte. »

    « La matière est un tout d'ordre substantiel; la forme est d'ordre accidentel. Cette forme ne donne pas au bloc de marbre d'être purement et simplement. Il est en dehors d'elle. Il est marbre
     [13]. Ce qu'il recevra d'elle, ce sera non pas d'être purement et simplement, mais d'être statue de César [14] : et ce n'est là qu'un être d'ordre accidentel. »

    « Dans l'ordre essentiel, c'est exactement le contraire… »
    (Souligné en gras et d’un trait par JP B.)

    Notes de JP B :

    [7] Tout comme « Le bloc de marbre [qui], avant d'être la statue de César, pouvait le devenir [et...] l'était en puissance », ainsi l’élu du Conclave qui, pour ne pas avoir donné son acceptation franche et complète à remplir la charge propre à un Souverain Pontife, n’a pas encore reçu de Dieu la forme du Pontificat et n’est donc pas encore Pape en acte, cet élu de Conclave, quoiqu’en pensent les malheureux bornés incapables non seulement d’abstraction et de considérations analogiques mais encore et surtout de saisir un seul mot du langage philosophique tel Gégé ou/et EML, cet élu de Conclave, donc, appelé à devenir Pape, « [l’est déjà] en puissance » (tant que les Cardinaux ne lui retirent pas leur désignation, ce qu’ils peuvent faire puisque, dans ce cas, leur élu n’a pas encore acquiescé à sa désignation)...
    Il faut cependant remarquer que, dans ce cas, deux possibilités se présentent :
    1°)
    L’élu n’a pas encore manifesté l’acceptation de sa désignation (et surtout celle de bien vouloir remplir la charge propre à un Souverain Pontife) car il hésite pour une raison ou pour une autre et, de leur côté, les Cardinaux savent cela et attendent docilement ladite acceptation. Le pape en puissance qu’est cet élu N’A AUCUNE AUTORITÉ, ni humainement (selon le Droit ecclésiastique) puisque les Cardinaux savent qu’il n’y a pas de Pape en acte, ni selon le Droit divin, bien sûr, puisque seul le Pape en acte (c’est-à-dire qui a reçu de Dieu, précisément, la forme du Pontificat) possède l’Autorité selon le Droit divin ;
    2°)
    L’élu a trompé l’Église (avec la complicité ou non de la majorité des Cardinaux) en feignant, par exemple, de donner réellement une acceptation qui, dans son cas, ne serait pas de remplir la charge propre à un Souverain Pontife mais serait (ceci est possible) de lutter contre la véritable Église du Christ (sciemment ou, se trompant soi-même, involontairement, comme dans une sorte d’hérésie, moderniste ou autre, subie involontairement et inconsciemment) avec des cardinaux au moins en partie complices consciemment et les autres inconscients de la situation ou gravement silencieux ; un tel élu,
    primo
    paraîtrait (au moins dans un premier temps) être réellement Pape mais ne le serait bien sûr qu’en apparence,
    secondo
    conserverait, tant qu’aucun Cardinal ou Ordinaire de lieu (Évêque résident, ayant donc le pouvoir de Juridiction) ne lui retire sa désignation en le confondant d’hérésie, la possibilité de se convertir et ainsi de devenir formellement Pape en recevant alors de Dieu la forme du Pontificat, et, en raison de cette possibilité (même si elle est très fortement improbable) resterait pape en puissance (ou « “pape” materialiter »)
    tertio
    n’aurait bien sûr AUCUNE AUTORITÉ selon le Droit divin (puisque seul le Pape en acte, ou Pape formaliter, possède l’Autorité selon le Droit divin) mais, aux yeux de l’Église trompée, et puisque tous ceux qui sont participants de l’autorité le reconnaissent alors comme Pape (même s’il ne l’est pas réellement), un tel « “pape” materialiter » conserverait, tant que, répétons-le, aucun Cardinal ou Ordinaire de lieu (Évêque résident, ayant donc le pouvoir de Juridiction) ne lui retire sa désignation en le confondant d’hérésie, humainement l’autorité selon le Droit ecclésiastique (c’est-à-dire humain) puisque tous le reconnaissent comme Pape et qu’aucun ayant le pouvoir de Juridiction ne lui retire sa désignation en le confondant d’hérésie.
    Voilà la triste situation dans laquelle nous sommes ! Ce n’est pas la peine d’en prendre prétexte pour se rebeller, nous qui n’avons dans l’Église pas l’ombre d’une quelconque autorité... Il nous faut subir, comme le Christ durant Sa Passion, en silence, c’est-à-dire sans regimber ni contre Dieu ni contre les hommes mais, comme le Christ durant Sa Passion, en proclamant la Vérité par la confession claire et manifeste, d’abord de notre foi mais également, si nous en avons l’occasion, des reproches légitimes que nous pouvons (et devons) formuler contre les autorités en place sans chercher à les remplacer par nous-mêmes, il nous faut subir ainsi, cette fort triste situation dans laquelle notre Mère l’Unique Église, Sainte Catholique Apostolique et Romaine, fondée par Jésus-Christ Notre-Seigneur, est ainsi bafouée par des ennemis qui l’ont infiltrée et qui l’oppressent intérieurement lui supprimant toute liberté, sa glorieuse liberté d’enseigner, de gouverner et de sanctifier les âmes, et, l’enchaînant de leurs malicieuses et perverses machinations diaboliques, lui font subir à son tour sa Passion ; il nous faut subir, avec Elle, comme étant aussi notre Passion puisque nous sommes ses enfants, cette situation qui, n’en doutons pas finira dans le triomphe de sa résurrection car « les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle », et il nous faut prier avec vigilance et dans l’humilité, nous défiant que nous-mêmes ne tombions pas dans les pièges de l’Ennemi en quittant notre Mère défigurée ou en ajoutant à son opprobre par des critiques odieuses, scandaleuses, injustifiées (même si elle nous paraissent fondées) et en tout cas toujours injustes car relevant d’une grossière ingratitude sans borne et révoltante, contre ses véritables Papes, les Vicaires de son divin Époux, prier avec confiance et persévérance pour que ses membres ne disparaissent pas tous engloutis par cette révolution et surtout pour que ceux qui sont encore participants de l’autorité ecclésiastique se redressent et défendent enfin la vérité, prier avec résignation pour que nous supportions avec constance cette tragique épreuve sans nous en révolter, et, surtout pour tout cela, prier Notre Dame, la Très Sainte Vierge Marie, Mère de l’Église et Mère de nos âmes.

    [8] Comme pour le pape en puissance lequel possède la « possibilité d’être » Pape en acte c’est-à-dire formellement Pape.

    [9] Il en va du Pape en acte, c’est-à-dire Pape formaliter, comme de « ce marbre » du R. P. Thomas PÈGUES : « le terme puissance pourra [...] signifier une possibilité d'être, pour le [pape en puissance], avant qu'il soit, uniquement en raison d'une puissance active ou d'un pouvoir existant quelque part ou en quelque sujet [Dieu, qui donne à l’élu du Conclave quand cet élu accepte réellement de remplir la charge propre à un Souverain Pontife, la forme du Pontificat] capable de produire ce [Pape formaliter] ».

    [10] Ou de la personne élue par le conclave (« le terme puissance pourra [...] signifier une possibilité d'être, pour le [pape en puissance], avant qu'il soit, uniquement en raison [de Dieu, qui donne à l’élu du Conclave quand cet élu accepte réellement de remplir la charge propre à un Souverain Pontife, la forme du Pontificat] capable de produire ce [Pape formaliter] avec la simple connotation de non-impossibilité à être produit, du côté [de la personne élue par le Conclave] »). Car il est bien évident que si la personne élue par le Conclave n’est pas un homme mais une femme ou si cette personne n’est pas membre de l’Église Catholique, une telle personne serait dans l’impossibilité à être élue pape en puissance.
    On nous objecte que c’est le cas avec les “papes” vaticandeux pour être, nous dit-on, formellement hérétiques et donc hors de l’Église Catholique.
    Or, malgré les nombreuses hérésies que ces “papes” vaticandeux profèrent, répandent et mettent en œuvre, il est absolument faux de dire, dans l’état actuel des choses où, n’ayant reçu d’aucune autorité un quelconque rappel à l’ordre (“avertissement” selon St Paul ou “monition” selon le Code de Droit Canonique – de 1917, évidemment), ils ne peuvent pas être considérés en droit « hors de l’Église Catholique ». (Cf. http://foicatholique.cultureforum.net/t3730-la-these-de-cassiciacum#18968 où Mgr SANBORN répond fort justement à l’objection N° X « Celui qui n’est pas membre de l’Eglise ne peut en être le chef. Or “les papes du concile” ne sont pas membres de l’Eglise. Donc ils ne peuvent en être le chef ».)
    Donc,
    dans l’état actuel des choses où, n’ayant reçu d’aucune autorité un quelconque rappel à l’ordre (“avertissement” selon St Paul ou “monition” selon le Code de Droit Canonique – de 1917, évidemment), les “papes” vaticandeux restent (pour ceux qui sont encore vivant) en puissance à devenir Papes.
    Donc,
    quoiqu’en pensent les abrutis super surexcités plus durs que les durs de durs, et autres partisans bornés de l’application inconsidérée, et en l’occurrence inexacte, de la méditation dite des « deux étendards » mal faite par ces imbéciles super surexcités, méditation mal faite qui leur fait voir des ennemis là où il n’y en a pas et des amis en de véritables ennemis formant une dangereuse secte, et qui fausse ainsi leur fameuse (et fumeuse) “grille” arbitraire et totalement (ou peu s’en faut) illusoire, quoiqu’ils en pensent, donc, dans cet état actuel des choses les “papes” vaticandeux restent « “pape” materialiter » ! Que cela fasse plaisir ou non à leur sentimentalisme ou leur sensualisme de matérialistes qui s’ignorent eux-mêmes et ne comprennent quasiment rien aux raisonnements philosophiques, il n’y a pas opposition avec le principe de non-contradiction (qui veut qu’une chose ne puisse être et ne pas être en même temps et sous le même rapport) car ces “papes” vaticandeux sont, sous le rapport de la puissance, « “pape materialiter », et, sous le rapport de l’acte (différent du rapport de la puissance), « non-Pape formaliter ».

    [11] Tout comme existe en elle-même la personne de l’élu du Conclave qui, quand elle donne réellement son acceptation à sa désignation faite par les Cardinaux pour remplir effectivement la charge propre à un Souverain Pontife, reçoit de Dieu la forme accidentelle pour elle du Pontificat. Car cette personne n’est pas, pour le Pape que, dans ce cas, elle constitue, la matière prime (qui n’existe en effet pas sans forme substantielle), mais la matière seconde possédant déjà, avant son élection, la forme substantielle qui la caractérise et pouvant donc, si ladite personne ne remplit pas les conditions requises rappelées ci-dessus pour devenir réellement (formellement) Pape, ne pas recevoir de Dieu la forme accidentelle pour elle du Pontificat. Ce qui ne l’empêche pas, dans ce dernier cas, de recevoir, par sa désignation des Cardinaux, la forme accidentelle pour elle de l’élue du Conclave qui la constitue « “pape” materialiter » mais ne suffit pas pour la constituer Pape formaliter ; seule la forme accidentelle du Pontificat reçue par elle de Dieu pouvant la constituer Pape formaliter.

    [12] Et pour l’élu du Conclave, il doit en être de même! « [Cet élu] est là devant nous ; et nous voyons très bien [tant qu’il n’a pas donné son acceptation à sa désignation faite par les Cardinaux] qu'il y a en lui la possibilité réelle de recevoir la forme accidentelle qui lui donnera d'être en acte ce qu'il n'est encore qu'en puissance : [Pape formaliter qu’il sera quand il aura reçu de Dieu la forme du Pontificat] ».

    [13] Et pour l’élu du Conclave, il en va exactement de même.
    En effet, dans nos exemples, « la matière est un tout d'ordre substantiel ; la forme est d'ordre accidentel. [Et dans le nôtre (d’exemple),] cette forme ne donne pas [à l’élu du Conclave] d'être purement et simplement. Il est en en dehors d'elle. Il est [élu du Conclave]. »

    [14] De même pour l’élu du Conclave : « Ce qu'il recevra d'elle, ce sera non pas d'être purement et simplement, mais d'[être élu du Conclave]. »
    Et de même pour le Pape en acte (formaliter) : « Ce qu'il recevra d'elle [cette forme accidentelle du Pontificat reçue de Dieu], ce sera non pas d'être purement et simplement, mais d'[être devenu Pape en acte, autrement dit formaliter] »...


  7. http://messe.forumactif.org/t3786p60-apercus-de-philosophie-thomiste-complet#75301 :

    « Dans l'ordre essentiel, c'est exactement le contraire. La matière ou la puissance se dit par rapport à l'être pur et simple. D'où il suit que cette matière ou cette puissance, sans la forme ou l'acte, n'est pas, dans l'ordre de l'être pur et simple. Pour que cette matière ou cette puissance soit, il faut, de toute nécessité, que la forme ou l'acte lui donne d'être. La forme ou l'acte sont ici, dans l'ordre d'être pur et simple, ce qu'était la forme ou l'acte de la statue, pour le bloc de marbre, dans l'ordre d'être telle statue [15] ou la statue de tel personnage. Seulement, tandis que tout à l'heure nous pouvions saisir le bloc de marbre en lui-même, indépendamment de la forme qui devait lui donner d'être la statue de tel personnage, ici, quand il s'agit de la matière ou de la puissance dans l'ordre de l'être pur et simple, nos sens ne peuvent rien saisir, puisque aussi bien nos sens ne peuvent saisir que ce qui est d'un être pur et simple, dans l'ordre des choses corporelles. Notre raison elle-même ne peut s'en faire une idée que par voie d'analogie. Car pour se faire l'idée d'une chose, elle a besoin de se la représenter, d'une certaine manière, selon que les choses sensibles, d'où partent toutes nos connaissances, tombent, dans leur réalité concrète, sous les sens. »

    « [...] »
    (Souligné en gras par JP B qui conseille de lire la suite sur le forum T.D. !...)

    [15] Il en va de même pour ce qui est de la forme ou l’acte du Pape en acte (formaliter), pour la personne élue du Conclave, dans l'ordre d'être tel Souverain Pontife : « La forme ou l'acte sont ici, dans l'ordre d'être pur et simple, ce qu'était la forme ou l'acte [du Pape en acte (formaliter)], pour [la personne élue du Conclave], dans l'ordre d'être [tel Souverain Pontife] ». (Note de JP B.)



Il conviendrait également, cela paraît indispensable pour bien saisir ces différentes notions philosophiques et se rendre compte de leur véracité (puisque, nous le verrons plus bas, elles sont enseignée par St Thomas d’Aquin) de voir encore en détail ce que les 24 thèses thomistes (approuvées par St Pie X le 27 juillet 1914 comme contenant bien les principes et les thèses principales du Docteur Angélique) disent de la distinction entre matière et forme & entre puissance et acte, et c’est ce que nous verrons, si Dieu veut, dans le prochain message, à la suite de celui-ci (déjà bien long) sur le présent fil.

A suivre, donc :
« Distinction entre matière et forme & entre puissance et acte »
dans
LES VINGT-QUATRE THÈSES THOMISTES

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Lun 19 Oct - 0:59

Comme il a été dit à la fin du précédent message, il convient donc également, après ces citations du R. P. Thomas PÈGUES (dont, il est vrai, Gégé se moque éperdument [ou EML, ou « Cave Ne Cadas » ou encore LHR et autres partisans, adeptes sectaires, du forum T.D. dont l’Admin. a pourtant publié ces citations ! Rolling Eyes... ou le forum D.J., mais ici il s’agit de Gégé] il est vrai que Gégé, donc, est bien plus fort, en logique, en philosophie et en théologie, que le R. P. Thomas PÈGUES ! Laughing...) il convient également, donc, et cela paraît indispensable pour bien saisir les différentes notions philosophiques et se rendre compte de leur véracité (puisque, nous le verrons, elles sont enseignée par St Thomas d’Aquin) il convient donc également de voir encore en détail, ci-dessous (ce qui a déjà été publié dans http://foicatholique.cultureforum.net/t3671-distinction-entre-matiere-et-forme-entre-puissance-et-acte) ce qu’enseignent les 24 thèses thomistes (approuvées par St Pie X le 27 juillet 1914 comme contenant bien les principes et les thèses principales du Docteur Angélique) et ce qu’elles disent de la distinction entre puissance et acte & entre matière et forme. Nous verrons précisément (avec références) que St Thomas d’Aquin lui-même (dont ce triste et malheureux fanfaron qu’est Gégé prétend que nous le prendrions « pour un minus » comme si nous dédaignerions son enseignement) nous verrons, donc, par les références précises soulignées en rouge gars, que St Thomas d’Aquin sur qui nous ne cessons de nous baser, précisément, pour affirmer ce que nous disons, a bien enseigné lui-même tout ce que nous disons de la puissance et de l’acte, & de la matière et de la forme :

  • Première leçon du R. P. Édouard HUGON, O. P. sur le sujet (extraits)
    Citation :

    PRINCIPES DE PHILOSOPHIE


    L
    ES VINGT-QUATRE THÈSES THOMISTES


    par le R.P. Édouard HUGON, O. P.

    MAÎTRE EN THÉOLOGIE, PROFESSEUR DE DOGME AU COLLÈGE PONTIFICAL "ANGÉLIQUE" DE ROME,
    MEMBRE DE L'ACADÉMIE ROMAINE DE
    ST THOMAS D'AQUIN.



    EXTRAITS


    PREMIERE PARTIE
    L'ONTOLOGIE
    CHAPITRE IER : LA PUISSANCE ET L'ACTE.

    THÈSE I.

    « Potentia et actus ita dividunt ens, ut quidquid est vel sit actus purus, vel ex potentia et actu tamqam primis atque intrinsecis principiis necessario coalescat. »
    La puissance et l'acte divisent l'être de telle sorte que tout ce qui est ou bien soit acte pur, ou bien soit composé nécessairement de puissance et d'acte comme principes premiers et intrinsèques.
    (Cette proposition est contenue ouvertement dans les œuvres de St Thomas, non seulement dans la Somme, où il est dit : « Cum potentia et actus dividant omne ens et omne genus entis », I P., q. 77, a. 1, mais encore dans Metaphys., lib. VII, lect. I ; lib. IX, lect. I, lect. IX.)


    Ces notions sont les plus universelles de la philosophie, et elles se fondent sur l'expérience et le sens commun.

    Parmi les choses que nous atteste le sens commun, il en est qui peuvent être et ne sont pas encore, et il en est qui sont déjà. Ce qui peut être est en puissance, ce qui est déjà est en acte : l'enfant d'un jour est philosophe en puissance, l'écrivain qui vient de publier un traité de métaphysique est philosophe en acte ; le marbre peut devenir une belle vierge, il est statue en puissance ; le ciseau de l'artiste en a tiré le chef d'œuvre, le marbre est statue en acte ; le candidat au mandat législatif est député en puissance, l'élu est député en acte.
    (L’élu du Conclave qui, bien qu’élu, n’est pas encore Pape tant qu’il n’a pas donné son acceptation [réelle et efficace – non feinte...] à sa désignation [à dire vrai, son acceptation à remplir la charge propre à un Souverain Pontife – sinon nous ne voyons pas ce qui pourrait faire qu’il devienne Pape], cet élu, donc, est pape en puissance. Quand il a donné son acceptation, pleine et entière, à remplir la charge propre à un Souverain Pontife, il reçoit alors de Dieu ce qui lui manque [la forme du Pontificat] pour être réellement Pape, et alors, mais alors seulement, il est Pape en acte. Au sujet de ce que l’élu des Cardinaux reçoit de Dieu la forme du Pontificat, voir St Robert B
    ELLARMIN, Docteur de l’Église, http://messe.forumactif.org/t2317-de-romano-pontifice-de-saint-robert-bellarmin-avec-commentaires#44811. – Cette note est de JP B ; toutes les autre, sauf précision contraire, sont d’origine.)


    Ainsi la puissance et l'acte se définissent par leurs rapports mutuels : la puissance est comme une capacité, une ébauche, un commencement, l'acte est le complément ; la puissance est ce qui demande à être perfectionné, l'acte est la perfection ou ce qui la donne.

    Aristote définit la puissance : le principe d'agir ou de recevoir. (Cf. Aristot. II, III, VII, VIII Physic. et IX Metaphys. ; St Thom., Comment. in Aristot., loc cit.) Le principe désigne non pas une simple possibilité ou une pure non-répugnance à exister, mais une capacité réelle (*) dans un sujet réel. [...]
    (* : Les soulignés en italiques sont d’origine ; ceux en gras ou/et d’un trait (hormis les titres) sont de JP B. Cette précision ne sera pas répétée. Note de JP B.)

    [...]

    Celui qui reçoit manquait d'une perfection, il a passé d'un état à un autre en l'acquérant : il a donc changé. D'où il suit que la puissance est le principe du changement, de la mutation ou du mouvement, car changer c'est se mouvoir d'un état à un autre. Et, puisque le sujet ne saurait jamais se donner ce qu'il n'a pas, il doit recevoir cette mutation d'un autre qui, pour le faire passer à une condition nouvelle, doit être en acte lui-même, et partant distinct de celui qu'il meut.
    [...]

    On voit donc que l'idée de puissance suggère celle de mobile, et l'idée d'acte comporte celle de moteur.
    (Cf. Mgr A. Farges : Théorie fondamentale de l'acte et de la puissance, du moteur et du mobile.)

    Et c'est précisément la réalité du mouvement qui nous convainc que la puissance et l'acte ne sont pas de simples vues de l'esprit. [...] La nature entière est le théâtre du mouvement, les merveilles de la mécanique moderne, les progrès de l'industrie humaine proclament, avec la réalité du mouvement, la réalité de la puissance et de l'acte. L'oxygène et l'hydrogène, avant d'être unis, n'étaient pas l'eau, et l'eau n'a pas été tirée du néant : ils étaient donc l'eau en puissance réelle ; la graine n'était pas la plante et cependant la plante est sortie réellement de la graine ; l'embryon n'était pas l'enfant, l'enfant n'était pas le héros qui vient de gagner la bataille, et pourtant il y a eu passage réel d'un état à un autre. Il y avait donc capacité ou puissance réelle d'évoluer ainsi ; Il a fallu également une énergie, une activité, en un mot, un acte, pour réaliser le passage. Dès lors, nier la réalité de la puissance et de l'acte, c'est nier la réalité de la vie, du progrès dans l'humanité, nier l'expérience, se nier soi-même, nier l'univers et le sens commun.
    (Pour une étude plus complète, on pourra consulter le livre cité de Mgr Farges et le grand ouvrage du P. Kleutgen, La Philosophie scolastique, t. 1, c. 1, a. 3.)

    Nous sommes ainsi amenés peu à peu à comprendre la porté de l'axiome qui est la première thèse approuvée par la Sacrée Congrégation : « La puissance et l'acte divisent l'être de telle sorte que tout ce qui est ou bien soit acte pur, ou bien soit composé nécessairement de puissance et d'acte comme principes premiers et intrinsèques. »

    L'acte pur veut dire celui qui n'est nullement mélangé avec la puissance. Or, l'acte peut être mélangé de deux manières. Ou bien parce qu'il est reçu dans une puissance, comme l'âme dans le corps, la volonté dans l'âme, la vertu dans la volonté ; ou bien parce qu'il reçoit un acte ultérieur ; ainsi l'essence angélique n'est pas reçue dans un corps, mais elle reçoit l'être, elle reçoit des facultés, elle reçoit des opérations ; et, précisément, parce qu'elle reçoit ou peut recevoir, elle est en puissance à ces perfections qu'elle attend comme sa couronne. L'acte pur et donc celui qui n'est point reçu et, donc, qui n'a point de limitation par en bas, et qui ne peut rien recevoir, et, donc, n'a point de limitation par en haut. (L'acte pur est appelé, à juste titre, par les scolastiques, actus irreceptus et irreceptivus, l'acte inreçu et irrecevable. Cf. notre Cursus Phylosophiae Thomisticae, t. V, p. 41 et ss.) Il ne saurait donc ni perdre ni acquérir, il ne comporte ni parties, ni divisions, ni changement. Parce qu'il est acte, il est perfection ; parce qu'il est pur, il exclut tout élément étranger, il est tout entier lui-même et tout entier immuable et parfait. Son nom est celui que prononce tout âme naturellement chrétienne : c'est le Dieu béni dans tous les siècles.

    En dehors de Dieu, tout être est mélangé, parce qu'il est muable, capable de perdre et d'acquérir : il y a donc en lui l'élément potentiel, qui est précisément le terme ou la perfection dont l'autre a besoin. La puissance et l'acte sont ainsi les premiers et nécessaires principes dont tout être muable est constitué : impossible d'en concevoir d'autres qui soient plus universels et plus intimes au sujet. Ils sont donc appelés très justement : primis atque intrinsecis principiis, les principes premiers et intrinsèques.

    Telle est la première grande division de l'être : la puissance est comme le genre, le principe déterminable ; l'acte est comme la différence, le principe déterminant.

    Saint Thomas ajoute que la puissance et l'acte divisent tout genre d'être : omne ens et omne genus entis (Tout être et tout genre d'être. S. Thom., I. P., q. 77, a. 1.), c'est-à-dire que cette composition de puissance et d'acte est commune à toutes les catégories, à la substance comme à l'accident, de telle sorte que l'être substantiel est composé nécessairement de puissance substantielle et d'acte substantiel, et l'être accidentel est composé nécessairement de puissance accidentelle et d'acte accidentel. La puissance étant l'ébauche et le commencement, l'acte le terme et le complément, tous les deux doivent s'adapter, s'ajuster, se mesurer, s'unir étroitement, pour former un seul tout. Il est clair qu'il n'y aurait pas d'adaptation s'ils étaient dans un ordre différent : une puissance substantielle ne saurait être complétée que par un acte digne d'elle, c'est-à-dire substantiel ; et il est manifeste, d'autre part, qu'une puissance purement accidentelle ne saurait porter un acte substantiel : l'hypothèse se détruit d'elle-même.

    Telle est la portée de l'axiome thomiste : Potentia et actus sunt in eodem genere (la puissance et l'acte sont dans le même genre). Les applications en sont innombrables : ainsi, la matière première, puissance substantielle, est complétée par la forme, qui est un acte substantiel ; nos facultés, puissance accidentelles, sont complétées par les actes accidentels, qui sont les opérations. Ce principe nous fournit donc l'argument décisif pour démontrer la distinction réelle entre l'âme et ses facultés : puisque l'acte (c'est-à-dire notre opération) est accidentel, la puissance dont il procède immédiatement ne saurait être substantielle. Il faut dès lors conclure que la substance créée n'opère point directement et immédiatement par elle-même, mais par des accidents ou des facultés réellement distinctes d'elle. Nous reviendrons sur cette question à propos de la thèse XVII, mais il fallait signaler dès maintenant cette application, qui fait voir déjà la richesse du premier axiome.
    (Nous exposons toutes ces théories dans notre Cursus Phylosophiae Thomisticae, t. III, p. 208 et ss. ; t. V, p. 43 et ss. ; t. VI, p. 158 et ss.)

    [...]


  • Deuxième leçon donnée ici du R. P. Édouard HUGON, O. P. sur le sujet (extraits)
    Citation :

    DEUXIÈME PARTIE
    LA COSMOLOGIE
    Chapitre I : La matière et la forme .

    THÈSE VIII.

    [Le 27 juillet 1914, 24 jours avant sa mort, le Pape Saint Pie X approuva le décret de la Sacré Congrégation des études]
    qui a écrit:
    Creatura vero corporalis est quoad ipsam essentiam composita potentia et actu; quae potentia et actus ordinis essentiae materiae et formae nominibus designantur.
    La créature corporelle est, quant à l'essence elle-même, composée de puissance et d'acte; cette puissance et cet acte dans l'ordre de l'essence sont désignés par les noms de matière et de forme.
    (Cette doctrine revient constamment dans tous les ouvrage de saint Thomas. Qu'il suffise de citer ici De spiritualibus creaturis, a. 1.)

    […]

    I. Le Problème.

    [...]

    Voilà le dualisme que proclame l'expérience quotidienne. La raison, pour l'expliquer, est amenée spontanément à conclure : il doit y avoir dans les corps deux principes essentiellement distincts :

    1. le principe de passivité, d'inertie, de multiplicité, de division, commun, générique, permanent sous le fleuve des modifications indéfinies ;
    2. le principe d'activité, d'unité, qui distingue, caractérise chaque corps, lui donne son type et son espèce. Le premier parce qu'il est passif et déterminable, est potentiel et matériel; le second, parce qu'il est actif et spécifique, est dynamique et formel.

    Tout le problème de la constitution des corps se ramène à expliquer le rôle de ces deux éléments. Si l'on défend exclusivement le premier, on tombe dans les excès de l'atomisme ; la considération trop étroite du second conduit aux exagérations du dynamisme : la doctrine d'Aristote et de St Thomas, que la S. Congrégation nous propose comme norme sûre de direction, sauvegarde les deux éléments, non pas en les mettant sur le même pied d'égalité, mais en établissant entre eux les rapports fondamentaux de la puissance et de l'acte. Voilà le système scolastique de l'Hylémorphisme, c'est-à-dire de la matière première [*] et de la forme substantielle.
    [*] : «  matière première” » ou « matière prime” ».
    Il faut remarquer que lorsqu’on parle, tel St Robert B
    ELLARMIN, de “matière” du Pape, il s’agit :
    1. d’une analogie (pour comprendre ce que signifie ce terme, voir cette leçon du R.P. HUGON [http://foicatholique.cultureforum.net/t4126-principes-de-philosophie#23571] et ce commentaire de Monsieur Tailhades [http://foicatholique.cultureforum.net/t4126-principes-de-philosophie#23613].) ;
    2. d’un composé d’une substance préexistante (la personne élue par la Cardinaux, qui possède déjà sa forme propre, son âme) avec une forme accidentelle ajoutée par Dieu (la forme du Pontificat) [selon l’enseignement, à ce sujet, de St Robert BELLARMIN, Docteur de l’Église (http://messe.forumactif.org/t2317-de-romano-pontifice-de-saint-robert-bellarmin-avec-commentaires#44811) – nouvelle précision de JP B].

    C’est pourquoi on parle, dans un tel cas (substance préexistante), de «  matière seconde” » et non de « matière prime” »
    (Note de JP B.)

    On peut le résumer [ce « système scolastique de l'Hylémorphisme »] en trois points :
    1. il y a dans les corps un principe substantiel matériel et un principe substantiel formel ;
    2. l'un et l'autre est une substance incomplète ;
    3. le principe matériel est par rapport au principe formel ce qu'est la puissance par rapport à l'acte auquel elle est essentiellement ordonnée.

    [...]

    Il n'est pas possible d'entrer ici dans l'examen détaillé des systèmes, ce qui demanderait un volume (71) ; arrêtons-nous à quelques considérations pour justifier le système thomiste, préféré par l'Eglise, et qui est, en définitive, la solution du sens commun.
    (71) : On peut, pour cet examen, consulter spécialement Mgr Farges, Matière et Forme, et M. Nys, Cosmologie.


    II. Existence d'un principe matériel.

    Tout d'abord l'expérience et le raisonnement découvrent dans tous les corps un principe substantiel matériel. L'activité des corps s'accomplit dans l'espace, se répand se propage par l'espace; de même que nous voyons les corps agir les uns sur les autres par leur contact, dans la mesure de leur contact, au point que toute leur action s'arrête s'ils cessent de se toucher de quelque manière, ou immédiatement ou médiatement. Or l'espace suppose l'extension, et pareillement le contact corporel requiert une surface étendue. Il faut donc conclure à l'existence d'un principe qui est la racine de l'étendue, et partant matériel, puisque matière et étendue sont des concepts inséparables. Ce principe est permanent, comme le prouve la loi des poids : quel que soit le changement intervenu, le poids est demeuré le même, ce qui suppose un principe aussi immuable avant qu'après la mutation. Et, comme la série des accidents, phénomènes, changements, mouvements, activités, ne peut pas reposer sur le vide, il faut dire encore que cet élément est substantiel, pour être le premier support de ce flux incessant.


    III Existence d'un principe formel.

    Mais ce principe matériel ne suffit pas : l'expérience et le raisonnement réclament un autre principe substantiel, formel et dynamique, pour expliquer l'unité, la fixité, l'activité des vivants. Est-il possible de ne pas reconnaître dans l'animal une force interne, qui maintient l'être tout entier, qui dirige toutes ses énergies vers une fin unique, pour sa conservation et sa perfection, et qui, malgré la multiplicité et la composition de l'élément matériel, produit les phénomènes d'une sensation simple et indivisible, comme la vision, l'appétition, en un mot toute la vie psychologique de l'animal ?
    Que remarquons-nous aussi dans la plante ? Une tendance intérieure qui régit les diverses parties, les coordonne, le fait contribuer au bien de tout l'organisme. Le terme de cette activité demeure dans la plante elle-même; c'est la plante qui bénéficie de son travail ; en agissant, elle évolue, se parfait, et le dernier terme de cette évolution devient sa parure et sa couronne. La matière, qui change constamment et qui au bout de quelque temps est renouvelée tout entière dans le même vivant, n'explique pas cette fixité et cette unité spécifique. A moins de nier la réalité de la vie ou la distinction réelle entre les corps vivants et les corps inanimés, il faut admettre un principe substantiel et spécifique, source de cette unité et que nous appellerons la forme substantielle.
    Pour les corps inorganiques, l'évidence est moins complète. Toutefois, certains phénomènes constatés, surtout dans les cristaux, semblent confirmer la thèse thomiste. Le cristal est régi par une force mystérieuse qui groupe et ordonne les diverses molécules selon un type spécifique et invariable, de telle sorte que, si les angles du cristal viennent à être lésés, ou brisés, ils sont réparés infailliblement selon le même type constant. Cette énergie interne ne serait-elle pas le principe substantiel et formel d'Aristote et de saint Thomas ? Des savants de grande envergure n'ont pas craint de l'affirmer. « Ainsi, la cristallographie, écrivait l'illustre de Lapparent, donnerait raison à l'opinion philosophique exprimée dès le treizième siècle par le puissant génie de saint Thomas d'Aquin (72). »
    (72) : A. de Lapparent, cours de minéralogie, p. 68.

    [...]


    IV. Ce qui est définitivement acquis.

    Présentée sous cette forme générale, que la Sacrée Congrégation fait sienne, et sans descendre aux applications qui ne sont pas l'essence du système, la doctrine thomiste peut être appelée certaine, comme une conclusion du sens commun. Les données essentielles sont définitivement acquises et inébranlables :

    1. il faut dans les corps, outre la matière, la quantité, le mouvement, reconnaître un principe formel et dynamique et des qualités permanentes ;
    2. la matière est indestructible : rien ne se perd ;
    3. la forme n'est pas tirée du néant, mais du sujet potentiel qui la contenait et qui la reçoit : rien ne se crée [de soi-même. – Précision de JP B, comme toutes celles entre crochets.].

    [...]
    Le système aristotélicien et thomiste est la meilleure explication de nos dogmes catholiques sur l'union de l'âme avec le corps, la nature humaine du Christ, la présence réelle dans l'Eucharistie et la transsubstantiation (74) ; car tout cela suppose matière, forme, union substantielle et changement substantiel.
    (74) : C'est pour expliquer la réalité et l'unité de la nature humaine dans le Christ que le concile de Vienne (1311) définit que l'âme intellectuelle est véritablement, par elle-même, et essentiellement, la forme du corps humain. Le Fils de Dieu a pris les deux parties de notre nature unies ensembles, de telle sorte que restant vrai Dieu, il est devenu vrai homme. Cf. Denzinger, 480, 481.

    Nous aurons à rappeler plus loin certains documents ecclésiastiques à propos de l'âme humaine ; mais nous voulons citer un nouveau témoignage du savant P. Duhem : « Peu à peu cependant, et par le fait même de ce développement, les hypothèses mécanistes se heurtent de toutes parts à des obstacles de plus en plus difficiles à surmonter. Alors la faveur des physiciens se détache des systèmes atomistiques, cartésiens ou newtoniens, pour revenir à des méthodes analogues à celles que prônait Aristote. La Physique actuelle tend à reprendre une forme péripatéticienne (75). »
    (75) : P. Duhem, Le Mixte, p. 200. - Pour une étude plus complète, voir Nys, Cosmologie ; Farges, Matière et Forme, etc., et notre Cursus Philos. Thomist., t. II, Tract. II.


    R.P. Édouard HUGON


Voir également :

  1. ici (http://foicatholique.cultureforum.net/t3786-lecons-de-metaphysique-elementaire-expose#19908),

  2. (http://foicatholique.cultureforum.net/t3786-lecons-de-metaphysique-elementaire-expose#19913),

  3. ce message (http://foicatholique.cultureforum.net/t3786-lecons-de-metaphysique-elementaire-expose#20031)

    et, pour être complet,

  4. celui-ci (http://foicatholique.cultureforum.net/t3786-lecons-de-metaphysique-elementaire-expose#20047).

(Ces messages sont les uns à la suite des autres.)

A suivre :

  • B). Le fait que la proposition selon laquelle « il est impossible que la matière existe sans la forme » soit erronée (plus précisément le fait qu’“Une matière [SECONDE peut] ne pas avoir de forme [ACCIDENTELLE]” se démontre ainsi...

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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JP B
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Mar 20 Oct - 12:51


  • B). Le fait que la proposition selon laquelle « il est impossible que la matière existe sans la forme » soit erronée (plus précisément le fait qu’“Une matière [SECONDE peut] ne pas avoir de forme [ACCIDENTELLE]” se démontre ainsi :
  • 1. Monsieur LAURENÇON exécute en ce moment, entre autres paraît-il, des travaux « de plomberie, d’électricité, de carrelage, de maçonnerie, de charpente, de menuiserie et de peinture. »
    Il est courant, en plomberie (« Je sais, Monsieur le Directeur : j’étais plombier ! » [« L’aile ou la cuisse » avec Louis DE FUNES...] mais il est vrai que votre serviteur était plombier) il est courant, en plomberie, d’employer des tubes en cuivre pour les canalisations intérieures.

    Or, qu’est-ce qu’un tube en cuivre ?
  • Formellement, c’est un cylindre creux, d’une certaine épaisseur (en principe 1 mm.) et de différents diamètres extérieurs, par exemple Ø 12/14 ou 20/22 (où, dans nos exemples, les chiffres 14 et 22 représentent en millimètres le diamètre extérieur pour chacun d’eux, et les chiffres 12 et 20, leur diamètre intérieur);

  • Matériellement, c’est du cuivre.

    Or, parce qu’on travaille la plomberie, faudrait-il ne voir que ça et considérer aussi sottement qu’étroitement et obstinément que la matière “cuivre” n’existe exclusivement qu’associé à la forme du tube ? Laughing Very Happy...

    Il est bien évident que le cuivre existe de mille manières différentes que sous celle d’un tube !
    Ne serait-ce que sous celle, à l’origine, du minerai...

    Donc, il est bien évident que la matière (seconde, ici le “cuivre”) existe sans une éventuelle forme accidentelle (lingot, plaque, feuille ou tube...).

    Seule la matérialité de l’atome de cuivre (Cu) n’existe pas, dans le monde réel et concret, sans le forme de cet atome “Cu”, mais là, il s’agit de la « matière “prime” » et de la « forme “substantielle” » !...

  • 2. Il en va de même avec les pneus de son tracteur :
    Ceux-ci sont en caoutchouc synthétique, incorporant un treillis en fils d’acier tressés, et ont la forme de pneus de tracteur agricole.
    Gégé pourrait-il, pour cette raison, affirmer aussi péremptoirement que sottement que le caoutchouc synthétique n’existe pas sans la forme de pneus et que l’acier n’existe pas sans la forme de fils tressés pour faire un treillis ? clown lol!


  • 3. Et, pour en venir à la thèse dite « de “Cassiciacum” », quant au fait que la proposition selon laquelle « il est impossible que la matière existe sans la forme » soit erronée,
    M. l’abbé (aujourd’hui Évêque) Donald J. SANBORN a écrit:


    VII.
    Il est impossible que la matière existe sans la forme. Or dans la Thèse, la matière du pape existe sans la forme du pape. Donc la Thèse est erronée.

    Réponse :
    je distingue la majeure. Il est impossible que la matière existe sans la forme c’est-à-dire que la matière première existe en acte sans la forme substantielle, je concède ; qu’un être par soi [pas accidentel] ne puisse exister sans ses propres accidents, je nie. La substance est matérielle seulement par analogie par rapport aux accidents qui lui sont propres, qui à leur tour sont formels seulement par analogie quant à la substance, en tant qu’ils en sont les perfections.
    De la définition d’accident on peut déduire avec évidence que la substance peut subsister sans accident. Comme il a été dit avant, un pape en tant que pape est un simple être per accidens ; donc composé de matière et de forme seulement lato sensu et seulement par analogie à un être per se. La désignation à la charge de la papauté génère un droit en celui qui possède cette désignation, de plus l’autorité elle-même est un droit et tout cela ce ne sont pas des accidents. Il est absolument clair qu’un homme peut exister sans ces accidents et peut posséder la désignation sans cependant posséder aussi l’autorité.

    (M. l’abbé Donald J. SANBORN, http://foicatholique.cultureforum.net/t3730-la-these-de-cassiciacum#18965. Les italiques sont d’origine mais les autres soulignés [en grs ou/et d’un trait] sont de JP B.)


  • 4. Cela est enseigné ici (http://messe.forumactif.org/t3786p60-apercus-de-philosophie-thomiste-complet#75236) par le R. P. Thomas PÈGUES, déjà cité ci-dessus (http://foicatholique.cultureforum.net/t3785-lecons-de-metaphysique-elementaire-discussions#31746) et qui, dans « APERÇUS de PHILOSOPHIE THOMISTE et de PROPÉDEUTIQUE », donc,
    a écrit:

    PHYSIQUE ET MÉTAPHYSIQUE

    I. LES CORPS

    (suite)

    [...] est-ce par la notion de matière et de forme au sens ordinaire de ces mots que nous pouvons arriver à une certaine notion de la matière et de la forme prises dans le sens philosophique. Pour les distinguer, quand on veut préciser le sens de ces mots, on désigne la matière, prise au sens philosophique, par les mots de matière première et la forme, par les mots de forme substantielle. Du même coup, en effet, la matière, principe du corps, est distinguée du corps lui-même, qui, désigné par le mot matière, équivaut alors à ce que nous appellerons la matière seconde ; et la forme substantielle se distingue de la forme accidentelle : l'une, fixant son sujet indéterminé dans l'être corporel pur et simple ; l'autre, le supposant déjà fixé dans cet être corporel, mais lui donnant telle ou telle modalité d'ordre secondaire.

    Ce même rapport des deux mots appliqués à la matière première et à la matière seconde, ou à la forme substantielle et à la forme accidentelle, nous permet de saisir, dès maintenant, et sur le vif, deux autres termes, d'ordre usuel eux aussi et d'ordre philosophique, qui n'auront pas moins d'importance, dans l'économie de la science philosophique, que les termes de matière et de forme. Leur importance est d'ordre plus transcendant. Car si nous en retrouvons l'usage dans l'ordre du monde corporel, comme pour les termes de matière et de forme, il dépasseront les limites de ce monde corporel et s'appliqueront au monde même de l'ordre incorporel ou spirituel que nous aurons à étudier dans la suite.

    Ce sont les termes puissance et acte….

    (Hormis les italiques qui sont d’origine, tous les autres modes de soulignement sont de JP B.)

Nous voyons donc bien que ce que ce décidément trop triste parano-schizophrène croit pouvoir nous reprocher sur le plan philosophique, quant aux distinctions à faire entre la matière et la forme, est l’enseignement même de St Thomas d’Aquin et des véritables thomistes, ses disciples.

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Jean-Paul BONTEMPS
 
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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Leçons de métaphysique élémentaire ; DISCUSSIONS   Aujourd'hui à 20:19

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