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 Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé

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JP B
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MessageSujet: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Dim 27 Nov - 20:18

Quoiqu'en disent certains qui ne veulent pas voir plus loin que le bout de leur nez et s'imaginent tout savoir, tout ce qui existe et n'est pas purement spirituel comme les Anges et Dieu Lui-même, s'explique, comme St Thomas l'enseigne ainsi que nous l'avons exposé dans notre publication « LEÇONS de MÉTAPHYSIQUE ÉLÉMENTAIRE ; exposé », au CHAPITRE IX (« UN TOUT CORPOREL QUEL QU’IL SOIT peut-il s’analyser sous l’angle de quatre causes : MATÉRIELLE, FORMELLE, EFFICIENTE ET FINALE ? »), TOUT ÊTRE CORPOREL SUBSTANTIEL (non accidentel : « UN TOUT ») peut précisément s’analyser sous l’angle de quatre causes : MATÉRIELLE, FORMELLE, EFFICIENTE ET FINALE. (Les Anges, ne possédant pas de principe matériel, ne peuvent s’analyser que sous l’angle de trois causes : formelle, efficiente et finale ; Dieu, étant le Principe efficient de tout et n'ayant sa finalité qu'en Lui, ne peut s'analyser, autant que notre intelligence finie puisse Le saisir, Lui, qui est infini, que sous l'angle formel quant à Son Essence.)

UN TOUT CORPOREL QUEL QU’IL SOIT peut donc s’analyser sous l’angle de ces quatre causes : MATÉRIELLE, FORMELLE, EFFICIENTE ET FINALE. C'est ce que nous avions montré dans le CHAPITRE IX en question :
Citation :


[…]

Saint Thomas dans son opuscule intitulé “les principes de la réalité naturelle” énonce qu’elle se compose de deux causes intrinsèques : la cause matérielle et la cause formelle ; et de deux causes extrinsèques : la cause finale et la cause efficiente.
Ce que confirment la VIIIe (ad) et la XXIIe (v) thèse : « La créature corporelle est… composée… de matière et de forme » (VIIIe) ; « Nous démontrons… Dieu… par les créatures… remontant des effets à la cause (efficiente) »… « une intelligence qui dispose toute chose et l’ordonne à sa fin » (XXIIe).

(ad) : Voir dans le chapitre VI. (Note de JP B.)

(v) : Voir cette précédente note (v) dans le chapitre IV. (Note de JP B.)



En effet dans l’ordre de l’être, nous avons distingué deux principes qui sont constitutifs de cet être : la matière et la forme. Mais, si nous considérons maintenant cet être du côté des raisons qui font qu’il existe, la matière et la forme font partie des raisons pour lesquelles cet être existe, elles en sont donc causes. D’où l’appellation de causes matérielle et formelle. En outre, la matière et la forme sont constitutives de l’existence même de cet être, ce sont donc des causes intrinsèques.

D’autre part, la forme donne à la matière, puissance pure, son acte d’existence, tandis que la matière soutient la forme, comme la cire soutient le cachet. Ainsi, la cause matérielle et la cause formelle sont-elles réciproques l’une de l’autre dans l’ordre des causes intrinsèques.

Si on envisage la production de l’être, on constate qu’il a un but, une fin, le verre pour boire, l’homme pour louer et servir Dieu, c’est pour cela qu’il a été fait. Mais s’il a été fait il l’a été par un ouvrier, l’horloger pour l’horloge la cause efficiente et la cause finale, qui sont extérieures à l’objet ou extrinsèques. C’est en vue de la fin qu’œuvre la cause efficiente, tandis que c’est la cause finale qui détermine la cause efficiente à agir. Si donc la fin est première dans l’ordre de l’intention, la cause efficiente l’est dans l’ordre des moyens et elles sont réciproques l’une de l’autre dans l’ordre des causes extrinsèques.

[…]

Lorsque l’oiseau fait son nid, il n’a pas conscience de travailler pour la conservation de l'espèce, car il ne possède pas d’intelligence. Toutefois le marteau non plus n’a pas conscience de planter des clous, il n’en a pas moins été fait pour cela et telle est sa cause finale. Aussi suffit-il qu’un être doué d’intelligence ait fixé sa fin à la créature qui en est privée pour que cette fin existe. Le comportement de l’oiseau est la preuve de l’existence de cet Etre supérieur qui lui a fixé sa cause finale […]


La Révolution, bien qu'étant en elle-même un phénomène abstrait (on ne peut pas la toucher physiquement mais seulement en voir les effets) mais se manifestant dans le monde matériel des hommes, possède nécessairement les caractéristiques de ces quatre causes : MATÉRIELLE, FORMELLE, EFFICIENTE ET FINALE qui, quoiqu'en disent donc ceux qui ne veulent pas voir plus loin que le bout de leur nez et s'imaginent tout savoir dont nous parlions au début de ce message, doivent s'étudier attentivement si nous voulons la combattre et, tout d'abord, en vue précisément de mieux la combattre, si nous voulons la connaître le mieux possible.

C'est ce que, pour faire suite à ce que nous avions annoncé ici, nous nous proposon de faire dans ce nouveau fil.

Pour cela, nous reprendrons un petit opuscule publié en la Fête de l'Annonciation, le 25 mars, 2004, par Éric et Philippe TAILHADES qui, après quelques citations en exergue en page 2 de couverture, ont écrit cet avertissement
Citation :

A partir d'octobre 1977, dans le N° 25, le premier rédigé par nos soins, paraissait dans le BOC [Bulletin de l'Occident Chrétien] une étude intitulée « Les quatre causes de la Révolution ». Elle fut publiée en tiré à part en 1981. Comme ossature de tout le travail auquel nous nous sommes livrés, cette brochure a été pour nous le guide constant depuis plus de vingt ans. [...] Certains lecteurs nous ont fait des reproches [...] Cette étude manquait de rigueur sur le plan philosophique. Aussi avons-nous décidé d'en profiter pour la réécrire entièrement.


(A suivre)

Nous remercions d'avance nos aimables lecteurs de bien vouloir ne pas venir perturber le déroulement de la reproduction de la brochure d'Éric et Philippe TAILHADES jusqu'à ce que nous l'ayons terminée. Tout message qui s'interposerait sera purement et simplement supprimé ! En attendant, ceux qui le désirent, peuvent discuter ici, dans « Les quatre causes de la “Révolution” – Discussion »

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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JP B
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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Jeu 1 Déc - 8:59




LES QUATRE CAUSES

de la

RÉVOLUTION


par

Éric et Philippe TAILHADES


______________________________________________




EXEMPLES D’ÉCRITS RÉVOLUTIONAIRES :

(Le Monde du 07 janvier 2004)

Citation :

LE SEXE DES ÂMES. Aléas de la différence sexuelle dans la Cabale,
de Charles Mopsik

Voici un essai magistral et étonnant, que son auteur, Charles Mopsik, n’aura pas eu le temps de tenir entre ses mains. Fondateur de la belle collection « Les Dix Paroles », chez Verdier, ce grand spécialiste des études juives est mort en juin 2003. Dans ce volume consacré aux « anticipations » de la Cabale (la mystique juive médiévale) concernant le trouble des identités sexuelles, il conjugue érudition philosophique et souci du monde présent pour éclairer les débats contemporains (féminisme, pacs, homoparentalité…) à la lumière des textes les plus audacieux de cette tradition ésotérique. Faire retour, par exemple sur la bisexualité divine (à l’origine de tout, un Dieu à la fois mâle et femelle),ou envisager l’union mystique sur le modèle de l’union sexuelle (« Ils seront une seule chair »...) : le commentaire minutieux de ces textes fondateurs, en rupture avec « le verrouillage actuel des discours religieux normatifs », débouche sur une pensée inédite de la différence des sexes, tendant à montrer qu’au final « l’homme est aussi une femme comme les autres ». Avec, en creux, cette question : l’ancienne Cabale sera-t-elle bientôt reconnue comme le vrai livre saint de la religion queer, cette nouvelle passion du brouillage des genres qui a saisi l’Occident ?
J. Bi.
Ed. de l'Éclat,. 256 p., 18€.


LE TRAVAIL DU GENRE

Les sciences sociales du travail à l'épreuve des différences de sexe,
sous la direction de Jacqueline Laufer, Catherine Marry
et Margaret Maruani

Dans ce riche collectif international, une vingtaine de chercheurs montrent comment la nouvelle pensée du genre (différence sexuelle, masculin/féniinin) a bouleversé le paysage des sciences sociales. Histoire d’en montrer la fécondité, niais aussi de lui conférer, enfin, une vraie légitimité intellectuelle.
La Découverte, 370 p., 35€.

Ces propos scandaleux suffisent à eux-mêmes comme commentaires !… (Observation de JP B.)

(A suivre)

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Jean-Paul BONTEMPS
 
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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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JP B
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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Ven 2 Déc - 15:16





La Révolution ?



La plupart de nos contemporains s’imaginent que le déroulement des faits historiques dont ils sont les témoins, voire même les acteurs, sont le résultat des passions humaines confrontées au progrès des sciences et des techniques. Toute autre analyse passe pour “préjugé”! C’est pourquoi la plus grande partie des “modernes”, considérant “l’évolution” des mœurs, y voient un progrès sinon “moral”, au moins “global”.

Pourtant « le mal de vivre », semble, à notre époque, coller à la peau. Nous n’en voulons comme illustration que cette lettre qu’Antoine de Saint Exupéry adressait, quelques jours avant sa mort, au « Général X » (http://www.biblisem.net/etudes/stexlagx.htm – Note de JP B.) Bien que datant d’un demi siècle, elle n’a rien perdu de son actualité :
« Je viens de faire quelques vols sur P. 38. », écrivait le célèbre pilote de chasse, « C’est une belle machine. J’aurais été heureux de disposer de ce cadeau là pour mes vingt ans. Je constate avec mélancolie qu’aujourd'hui, à cinquante trois ans, après six mille cinq cents heures de vol sous tous les ciels du monde, je ne puis plus trouver grand plaisir à ce jeu-là… Ceci est peut-être mélancolique, mais peut-être bien ne l’est pas. C’est sans doute quand j’avais vingt ans que je me trompais.
En octobre 1940, de retour d'Afrique du Nord où le groupe 26 33 avait émigré, ma voiture étant remisée exsangue dans quelque garage poussiéreux, j’ai découvert la carriole et le cheval. Par elle, l’herbe des chemins, les moutons et les oliviers. Ces oliviers avaient un autre rôle que celui de battre la mesure derrière les vitres à 130 kilomètres à l’heure. Ils se montraient dans leur rythme vrai, qui est de, lentement, fabriquer des olives. Les moutons n’avaient pas pour fin exclusive de faire tomber la moyenne. Ils redevenaient vivants. Ils faisaient de vraies crottes et fabriquaient de la vraie laine. Et l’herbe aussi avait un sens, puisqu’ils la broutaient…
Tout cela pour vous expliquer que cette existence grégaire au cœur d’une base américaine, ces repas expédiés en dix minutes, ce va-et-vient, entre les monoplaces de 2.600 CV dans une sorte de bâtisse abstraite où nous sommes entassés à trois par chambre, ce terrible désert humain, en un mot, n’a rien qui me caresse le cœur…
Je suis malade pour un temps inconnu. Mais je ne me reconnais pas le droit de ne pas subir cette maladie. Voilà tout.
Aujourd’hui, je suis profondément triste, et en profondeur. Je suis triste pour ma génération, qui est vide de toute substance humaine… On ne sait pas le remarquer. Prenez le phénomène militaire d’il y a cent ans. Considérez combien il intégrait d’efforts pour qu’il fut répondu à la vie spirituelle, poétique ou simplement humaine de l’homme. Aujourd'hui que nous sommes plus desséchés que des briques, nous sourions de ces niaiseries.
Les costumes, les drapeaux, les chants, la musique, les victoires (Il n’est pas de victoire, aujourd’hui, rien, qui ait la densité poétique d'Austerlitz ; il n’est que des phénomènes de digestion lente ou rapide), tout lyrisme sonne ridicule et les hommes refusent d’être réveillés à une vie spirituelle quelconque. Ils font honnêtement une sorte de travail à la chaîne. Comme dit la jeunesse américaine, « nous acceptons honnêtement ce job ingrat », et la propagande, dans le monde entier, se bat les flancs avec désespoir…
Siècle de la publicité… des régimes totalitaires et des armées sans clairons, ni drapeaux, ni messes pour les morts.
Je hais mon époque de toutes mes forces. L’homme y meurt de soif.
Ah ! … Général, il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde : rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles. Faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. Si j’avais la foi, il est bien certain que, passé cette époque de « job nécessaire et ingrat », je ne supporterai plus que Solesmes.
On ne peut plus vivre de frigidaires, de politique, de bilans et de mots croisés, voyez-vous… On ne peut plus. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Rien qu’à entendre un chant villageois du XV° siècle, on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (Pardonnez-moi !) Deux milliards d’hommes n’entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot, se font robots.
Tous les craquements des trente dernières années n’ont que deux sources : les impasses du système économique du XIX° siècle, le désespoir spirituel… Les hommes ont fait l’essai des valeurs cartésiennes ; hors les sciences de la nature, ça ne leur a guère réussi !
Il n’y a qu’un seul problème, un seul : redécouvrir qu’il est une vie de l’esprit, plus haute encore que la vie de l’intelligence, la seule qui satisfasse l'homme… Et la vie de l’esprit commence là où un être “un” est conçu au-dessus des matériaux qui la composent. L’amour de la maison, cet amour inconnaissable aux Etats Unis, est déjà de la vie de l’esprit. Et fête villageoise et le culte des morts. (Je cite cela, car il s’est tué, depuis mon arrivée ici, deux ou trois parachutistes ; mais on les a escamotés : ils avaient fini de servir.) Cela, c’est de l’époque, non de 1’Amérique : L’HOMME N’A PLUS DE SENS.
Il faut absolument parler aux hommes. A quoi servira de gagner la guerre si nous en avons pour cent ans de crise d’épilepsie révolutionnaire ?…
Ah quel étrange soir, ce soir, quel étrange climat ! Je vois de ma chambre s’allumer les fenêtres de ces bâtisses sans visage. J’entends les postes de radio divers débiter leur musique de mirliton à cette foule désœuvrée, venue d’au-delà des mers, et qui ne connaît même pas la nostalgie. On peut confondre cette acceptation avec 1’esprit de sacrifice ou la grandeur morale. Ce serait là une belle erreur !
Les liens d’amour qui nouent les hommes d’aujourd’hui aux êtres comme aux choses sont si peu tendus, si peu denses, que l’homme ne sent plus l’absence comme autrefois. C’est le mot terrible de cette histoire juive : Tu vas donc là-bas ? Comme tu seras loin ! Loin d’où ? Le “où” qu’ils ont quitté n’était plus guère qu’un vaste faisceau d’habitudes. En cette époque de divorce, on divorce avec la même facilité d’avec les choses. Les frigidaires sont interchangeables. Et la maison aussi, si elle n’est qu’un assemblage… Et la ferme. Et la religion. Et le parti. On ne peut même pas être infidèle : a quoi serait-on infidèle ? Loin d’où et infidèle à quoi ? Désert de l’homme.
Qu’ils sont sages et paisibles, ces hommes en groupe ! Moi je songe aux marins bretons d’autrefois qui débarquaient à Magellan, à la Légion étrangère lâchée sur une ville, à ces nœuds complexes d’appétits violents et de nostalgie intolérable qu’ont toujours constitués les mâles un peu trop sévèrement parqués. Il fallait toujours, pour les tenir, des gendarmes forts ou des principes forts ou des lois fortes. Mais aucun de ceux-là ne manquerait de respect à une gardeuse d’oies. L’homme d’aujourd’hui on le fait tenir tranquille, selon le milieu, avec la belote ou avec le bridge. Nous sommes étonnamment bien châtrés. Ainsi sommes-nous, enfin ! libres. On nous a coupé les bras et les jambes, puis on nous a laissés libres de marcher. MAIS JE HAIS CETTE ÉPOQUE OU L’HOMME DEVIENT SOUS UN TOTALITARISME UNIVERSEL, BÉTAIL DOUX POLI ET TRANQUILLE. On nous a fait prendre cela pour un progrès moral… Ce que je hais dans le marxisme, c’est le totalitarisme à quoi il conduit. L’homme y est défini comme producteur et consommateur ; le problème essentiel est celui de la distribution. Ainsi dans les fermes modèles. Ce que je hais dans le nazisme, c’est le totalitarisme auquel il prétend par son essence même… L’homme robot, l’homme termite, l’homme oscillant du travail à la chaîne… L’homme châtré de tout son pouvoir créateur et qui ne sait même plus, du fond de son village, créer une danse ou une chanson. L’homme qu’on alimente en culture de confection, en culture standard, comme on alimente les bœufs en foin. C’est cela l’homme d’aujourd’hui.
Et moi je pense que, il n’y a pas trois cents ans, on pouvait écrire « La princesse de Clèves » ou s’enfermer dans un couvent pour la vie à cause d’un amour perdu, tant était brûlant l’amour. Aujourd’hui, bien sûr, des gens se suicident. Mais la souffrance de ceux-là est de l’ordre d’une rage de dents. Intolérable. Cela n’a point à faire avec l’amour.
Certes ! Il est une première étape. Je ne puis supporter l’idée de verser des générations d’enfants français dans le ventre d’un Moloch allemand *. La substance même est menacée. Mais quand elle sera sauvée, alors se posera le problème fondamental, qui est celui de notre temps, qui est celui du sens de l’homme et auquel il n’est point proposé de réponse, et j’ai l’impression de marcher vers les temps les plus noirs du monde.

* : Edouard Marie Laugier trouvera certainement à redire contre cet aspect “libéral” d’Antoine de Saint Exupéry qui « [se place] sans ambiguïté dans la défense de ce [qu’il reconnaît] être un "droit", un acte positif qu'il ne faudrait pas adultérer en le cédant à des tiers » ! (Note de JP B.)

Cela m’est bien égal d’être tué en guerre. De ce que j’ai aimé, que restera-t-il ? Autant que des êtres, je parle des coutumes, des intonations irremplaçables, d’une certaine lumière spirituelle, du déjeuner dans la ferme provençale sous les oliviers, mais aussi de Haendel. Les choses, je m’en fous, qui subsisteront. Ce qui vaut, c’est un certain arrangement des choses. La civilisation est un bien invisible, puisqu’elle porte sur les invisibles liens qui les nouent l’une à l’autre ainsi et non autrement. Nous aurons de parfaits instruments de musique distribués en grande série ; mais où sera le musicien ?

Si je rentre vivant de ce « job nécessaire et ingrat », il ne se posera pour moi qu’un problème : que peut-on, que faut-il dire aux hommes ?…
Depuis le temps que j’écris, deux camarades se sont endormis devant moi dans ma chambre. II va me falloir me coucher aussi, car je suppose que ma lumière les gène (ça me manque bien un coin à moi). Ces deux camarades, dans leur genre, sont merveilleux. C’est droit, c’est noble, c’est propre, c’est fidèle. Et, je ne sais pourquoi, j’éprouve à les regarder dormir ainsi, une sorte de pitié impuissante. Car s’ils ignorent leur propre inquiétude, je la sens bien. Droits, nobles, propres, fidèles, oui ! mais aussi terriblement pauvres. ILS AURAIENT TANT BESOIN D’UN DIEU !
 »

(A suivre)

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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JP B
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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Sam 3 Déc - 5:58

De fait, bien peu se posent cette question de l’existence de causes à nos malheurs ; cela découle logiquement de l’atténuation de la notion causale dans l’esprit de « l’homme moderne », et particulièrement de son acceptation de la possibilité d’existence de ce que l’on doit bien admettre comme « des effets sans cause ».

Un exemple particulièrement illustratif de ce tour d’esprit se rencontre dans ce que le biologiste Jean Rostand a appelé « un conte de fées pour grandes personnes », j'ai nommé le transformisme ou évolution des espèces animales et végétales **. Reprenant la thèse du poète Virgile, qui voyait les espèces sortir au hasard des flots de l’océan, les pseudo scientifiques modernes imaginent, comme Teilhard de Chardin, que la vie a surgi par hasard de la matière et que par « complexification croissante » on parvient, grâce à des millions d’années de délai, de l’amibe à l’homme.

Mais, « tout vivant provient d’un vivant préexistant ». Celui-ci contient « un patrimoine génétique » qui lui confère ses perfections. Elles sont héréditaires, propres à son “espèce” et “résumées” en quelque sortes sur ses chromosomes. Or ce « patrimoine génétique » se transmet d’une génération à l’autre par copie, il ne peut donc y avoir apparition de caractère nouveau que par création : passage du néant à l’être. Or seul Dieu peut agir ainsi, c'est ce qu’Il nous a révélé dans la Genèse.

** : Cf. http://vimeo.com/8224238. (Note de JP B.)


Ce genre d'événement échappe, par définition, à la science qui est l'étude des causes secondes, et non de la Cause première. Le délai imaginaire de millions d’années que l’on met en avant masque la déification absurde du hasard. Quant à l’apparition de l’homme à partir d’une lignée animale, c’est faire l’impasse sur l’existence, chez l’être humain, d’un esprit capable d’abstraction et de conceptions indépendantes de la matière, de l’espace et du temps, qui isole l'homme de la lignée des autres animaux. Quel est l’animal capable d’extraire une racine carrée ? Et c’est ainsi qu’on en arrive à admettre « des effets sans cause » comme le passage du minéral à l’être vivant ou l’apparition de l’homme.

Nos contemporains, admettant sans peine l’existence d’un effet sans chercher sa cause, nous nous voyons donc dans l’obligation de prouver l’existence de la Révolution, qui pourtant crève les yeux, et pour cela, de tenter d’en donner une description.

(A suivre)

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Sam 3 Déc - 20:45

En effet, si nous nous penchons sur les évènements historiques survenus depuis 1789, nous constatons qu’il existe un affrontement entre les “partisans” et les “adversaires” de La Révolution. Dans le journal La Révolution française 1, sous la signature d’“un socialiste”, nous lisons : « Le monde moderne est placé dans l’alternative : ou l’achèvement de la Révolution ou un retour pur et simple au christianisme. » Ainsi se résume “l’idéal”, le but des partisans de la Révolution : Son achèvement.

1
 : Numéro de juin 1879, cité dans Pour qu Il règne de Jean Ousset.


Ils ne dissimulent ni les mobiles ni les moyens qu’ils entendent employer : « Notre but final », peut-on lire dans les instructions de Haute Vente du Carbonarisme (lettre de Piccolo Tigre le 18 janvier 1822), « est celui de Voltaire et de la Révolution française : l’anéantissement à tout jamais du catholicisme, et même de l’idée chrétienne… Le travail que nous allons entreprendre n’est l’œuvre ni d’un jour, ni d’un mois, ni d’un an ; il peut durer plusieurs années, un siècle peut-être ; mais dans nos rangs le soldat meurt et le combat continue. »2 La Révolution se définit donc elle-même comme une volonté de détruire l’Eglise catholique. Quant aux adversaires de la Révolution que lui reprochent-ils ? Au premier chef, sa volonté de destruction systématique : Citons encore Jean Ousset et Pour qu Il règne. « Il reste un… point que nous voudrions mettre en lumière dans cette frénésie d’anéantissement de la Révolution : réalisation la plus fidèle que le monde ait jamais connu depuis l’ère chrétienne, de ce rêve de Lucifer : La tuerie, le supplice des hommes…

2
 : Cité dans Pour qu Il règne de Jean Ousset.


Certes une objection courante consiste à faire observer que l’histoire des peuples chrétiens contient, elle aussi, d’assez tristes pages… Pourtant l’objection ne tient pas… parce qu’il y a d’abord disproportion gigantesque quant au chiffre même de ces crimes
3. Et Ousset de poursuivre : « A Lyon (pendant la Terreur) 31.000 citoyens périrent et 1.700 maisons furent détruites pour en faire “la ville affranchie”. Massacres analogues à Toulon (14.650 habitants massacrés). Carrier à Nantes fit périr… 32.924 citoyens innocents, un grand nombre avec des raffinements de barbarie inouïs. Et l’historien Taine de conclure : “Plus de 1.200.000 particuliers ont pâti dans leurs personnes »c. La Révolution depuis a fait mieux… en Russie : plusieurs dizaines de millions de morts, au Cambodge avec les Khmers rouges… et encore aujourd’hui en Algérie et… ailleurs.

3
 : Dans Histoire partiale histoire vraie, Jean Guiraud cite le chiffre admis par le prêtre apostat et révolutionnaire espagnol Llorente : « 27 condamnations à mort par l'inquisition espagnole… dans l’espace de trois cents ans par le tribunal de Séville… Enfin il importe de ne pas oublier que ces prétendues victimes (de l’Inquisition) étaient de véritables ennemis de l’ordre public. » (Note d’origine. – Précision de JP B.)

c : http://www.lesmanantsduroi.com/articles2/article35374.php ;
http://www.lesmanantsduroi.com/articles/article5317.php ;
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2010/07/les-charniers-des-guerres-de-vend%C3%A9e-t%C3%A9moignent-de-lacharnement-r%C3%A9volutionnaire.html#comments ;
http://www.gloria.tv/?media=169670 ;
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2011/09/loriginal-du-plan-dextermination-et-dan%C3%A9antissement-de-la-vend%C3%A9e.html#comments ;
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2011/10/le-plan-dextermination-de-la-vend%C3%A9e-militaire-un-g%C3%A9nocide.html ;
http://www.ndf.fr/nos-breves/31-10-2011/reynald-secher-explique-le-genocide-vendeen-et-le-memoricide-sur-europe-1 ;
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2011/11/le-calvaire-dun-historien.html.
(Note de JP B.)


A côté de la disproportion du nombre des victimes, vient l’état d’esprit des assassins. Jamais les Chrétiens n’ont tenté de justifier ce que l’ont pourrait appeler « des bavures », comme la saint Barthélemy par exemple, solennellement condamnée par le Pape. Il n’en va pas de même pour les révolutionnaires pour qui la terreur n’est qu’un moyen d’action comme les autres. Et Ousset de citer Jean Bon Saint André qui déclarait en 1793 : « Pour établir solidement la République, il faut réduire la population de moitié. »d Inutile d’évoquer Robespierre, tant son nom sinistre demeure associé à celui de la Terreur. Quant à Staline, ses “purges” sont célèbres ; il réclamait l’assassinat de 50.000 allemands, à Yalta, pour « établir la paix » en Europe. On multiplierait à l’infini ce genre d’aveux : le mépris de la vie humaine est une constante des révolutionnaires.
d :





Un film de FRANCE 3 (91mn) à voir en cliquant ici

(Note de JP B.)


Un autre reproche est cette volonté de détruire l’Eglise Catholique au nom du « bonheur du peuple ». Or, Mgr Rhodain, dans un Message du « Secours catholique », en février 1956, a pu écrire : « Je voudrais… réagir contre cette frénésie contritionnelle qui se développe curieusement depuis dix ans, chez les fils de 1'Eglise : Certains se frappent sans cesse la poitrine, mais en mettant l’Eglise en accusation. Ce mea culpa facile n’est pas fatigant pour leur poitrine personnelle… Voulez-vous me dire quelles sont les autres institutions qui présentent un bilan égal, c’est-à-dire qui, en tous les points du monde, avec une permanence de vingt siècles consécutifs, avec une formation pénétrant jusqu’au fond de l’âme, ont réalisé ou réalisent, au service de la misère humaine, un labeur égal à celui de l’Eglise ? Cherchez dans l’annuaire des institutions actuelles. Cherchez dans le passé. Cherchez, vous ne trouverez pas… » Pourquoi donc vouloir détruire une “institution” dont on peut dire qu’aucune autre ne « [i]présente un bilan égal, c’est-à-dire qui… ait réalisé ou réalise, au service de la misère humaine, un labeur égal. » ?

(A suivre)

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)


Dernière édition par JP B le Mar 20 Déc - 13:21, édité 3 fois (Raison : Correction de mise en forme et ajout du filme de FRANCE 3.)
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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Dim 4 Déc - 11:41

Procédant selon la méthode scientifique, utilisé notamment par la philosophie scolastique, qui commence par poser la question : « Cela existe-t-il ? »4 nous avons donc essayé de montrer que la Révolution existe bel et bien : Ses partisans et ses adversaires s’affrontent ; les premiers revendiquent même la responsabilité des évènements historiques qui se déroulent depuis 1789, dans le monde.
4 : Cf. « LEÇONS de MÉTAPHYSIQUE ÉLÉMENTAIRE ; exposé », CHAPITRE V, ESSENCE ET EXISTENCE.

Ainsi, peut-on dire que la Révolution est la cause des évènements politiques que vit l’humanité depuis bientôt trois siècles, si on inclut la période de préparation de l’explosion qui s’est produite à cette date. Comme l’a écrit Joseph de Maistre : « C’est une époque ! », de l’histoire humaine.

L’existence de l’objet établie, la seconde question que se pose ensuite l’observateur est : « Qu’est-ce que c’est ? » On atteint là ce qui caractérise essentiellement l’objet, appréhendant son “essence”. C’est ainsi que voyant surgir un bipède qui déambule sur le trottoir, l’observateur déclarera : « C’est un être humain ! » Il a atteint, par son intelligence, « lu à l’intérieur » (intus legere) la “nature” de l’objet ; il ne reste plus qu’à y associer une formule intelligible, c’est la “définition” : pour l’homme, « animal raisonnable ». Nous sommes donc amenés à tenter de définir la Révolution.

(A suivre)

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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Mar 13 Déc - 17:20





Qu’est-ce que la Révolution ?



Nous puiserons tout d’abord dans l’œuvre d’un ecclésiastique du XIXe siècle, Mgr Gaume, ce jugement porté sur la Révolution : « Si arrachant son masque, vous lui demandez qui es-tu ? Elle vous dira : Je ne suis pas ce que l’on croit. Beaucoup parlent de moi et bien peu me connaissent. Je ne suis ni le carbonarisme…, ni l’émeute, ni le changement de la monarchie en république, ni la substitution d’une dynastie à une autre, ni le trouble momentané de l'ordre public… Je ne suis ni le combat des barricades, ni le pillage, ni l’incendie, ni la loi agraire, ni la guillotine, ni les noyades… Ces choses sont mes œuvres, elles ne sont pas moi… Ce sont des faits passagers et moi je suis un état permanent. Je suis la haine de tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et dieu tout ensemble. Je suis la proclamation des droits de l’Homme e… Je suis Dieu détrôné et l’homme mis à sa place. Voilà pourquoi je m’appelle Révolution c’est-à-dire renversement. »
e : Et la proclamation de la « Dignité de la personne humaine » (Dignitatis Humanæ personæ) au lieu de « Dignitatis Divinis Personis » (Dignité des Personnes Divines) !… (Note de JP B.)

[…]

La Révolution, c’est « Dieu détrôné », nous dit Mgr Gaume ; donc, en quelque sorte rejeté. Les habitants […] s’En étaient détournés. Or la théologie catholique définit le péché comme un mouvement par lequel l’homme se détourne de Dieu, avant de se tourner vers les créatures. Puisque par la Révolution, l’homme se détourne de Dieu, la Révolution est donc un péché. Mais pas n’importe quel péché et, bien qu’elle recrute à son service toutes les passions humaines, elle ne peut pas être définie comme tout péché. Si la Révolution est donc essentiellement un péché, il nous reste à définir quel péché.

Dans le Programme du musée d’art et d’histoire de Saint Denis, nous étions invités à visiter du 14 mars au 31 août 2003, une exposition intitulée La Franc Maçonnerie …de l’art royal à la citoyenneté républicaine. Dans le texte de présentation, nous lisons : « Association d’un type nouveau, révolutionnaire pour son époque… elle s’implante en France au début du XVIIIe siècle et s’affirme ensuite progressivement dans une conception tolérante, humaniste et universaliste qui relève du grand mouvement des Lumières… son implication sociale républicaine… l’amène à bâtir un projet citoyen dont la société contemporaine est largement héritière, que ce soit à travers l’imposition du suffrage universel ou celle des principes de laïcité, l’extension des libertés démocratiques… » Cette exposition « restitue à la fois d’une part une continuité notamment dans une fidélité aux combats pour la liberté et les droits de l’homme et d’autre part, la diversité des engagements, les évolutions de l’Ordre maçonnique depuis ses origines. Le passage de l’Ancien Régime à la modernité républicaine fut un accouchement long et difficile, mené au milieu des contradictions par une chaîne d’hommes… Beaucoup étaient francs-maçons. »

On ne peut pas avouer plus clairement que « la société contemporaine » est le résultat de « l’imposition du suffrage universel et des droits de l’homme » à une nation qui n’en voulait pas, car « l’accouchement fut long et difficile, … par une chaîne d’hommes » dont « beaucoup étaient francs-maçons.  »

De cette description il nous semble difficile à première vue de dégager une définition plus précise. Aussi proposons-nous, après notre ami Yves de Verdières, qui fut le premier, à notre connaissance, à appliquer cette méthode, d’user de l’analyse à partir des quatre causes.


Les quatre causes.

Prenons un exemple pour illustrer ce que nous entendons par là. Soit un potier plaçant de la glaise sur son tour ; c’est la matière : Elle est informef. L’ouvrier la pétrit tout en faisant évoluer le tour : il lui donne une formeg et en fait, par exemple, un pot. Matière et forme sont les causes intrinsèques ou internes à l’objet.

f
 : « Elle est informe », par rapport à l’objet que le potier désire obtenir ! Car elle n’est pas « matière prime » (laquelle n’existe jamais sans une forme) : elle possède sa forme substantielle qui fait que c’est de la glaise et non du charbon, par exemple…
La forme que le potier veut donner à cette glaise, est, par rapport à ladite glaise, la forme dite accidentelle ; car que l’on donne à cette glaise, la forme d’un bol ou celle d’une assiette, par exemple, cela ne change pas le fait que c’est de la glaise, même après que le potier lui ait imposé la forme accidentelle qu’il veut qu’elle ait !…
(Note de JP B.)

g : Forme qui, par rapport à la glaise d’origine, est dite accidentelle. (Mais, par rapport à l’objet que le potier fait de cette glaise, cette forme est alors dite substantielle pour le bol, l’assiette ou le pot…) – Note de JP B.


Le potier qui impose la forme à la matière est, quant à lui, la cause efficiente. Si l’on veut cerner complètement la réalité, il convient de distinguer à côté du potier, cause efficiente, le tour, dont il se sert, et qui reçoit le nom de cause instrumentale. Mais ce pot a un but : Contenir de l’eau, par exemple, c’est la cause finale. Cause efficiente et cause finale sont extérieures à l’objet, c’est pourquoi les philosophes les nomment extrinsèques.

Ce but qu’est la cause finale, peut s’envisager du côté de l’objet : le pot dont le but est de contenir un liquide ; on la nomme finis operis, la fin de l’ouvrage. Elle peut également se concevoir du côté de l’ouvrier. Le potier fait des pots pour les vendre et assurer ainsi sa vie économique : « gagner son pain ». On a alors le but de l’opérateur : La finis operantis.


Comment définir la société ?

Dieu a créé l’homme « social et politique », nous dit Aristoteh. Social, qu’est-ce à dire ? Si on analyse les rapports des hommes entre eux, on voit que ce qui les rapproche ce sont leurs différences : L’homme s’associe à la femme parce qu’elle possède tout ce qui est nécessaire pour être mère, tandis que l’homme, lui, possède tout ce qui peut en faire un père et que, dès lors, associés, ils peuvent se reproduire, ce qu’ils ne peuvent isolément i. C’est ainsi que s’édifie la cellule de base de la société : La famille. Il en va de même des autres relations comme celle du savetier et du financier. La société repose donc sur les différences entre les hommes, en quelque sorte leurs inégalités. Elle est constituée de l’ensemble des relations qui unissent les hommes entre eux, afin d’atteindre le bien commun temporel : la vie vertueuse de la multitude j.

h
 : Repris par St Thomas d’Aquin. (Note de JP B.)

i : Rien qu’à cela on voit l’absurdité de la prétendue, fausse et essentiellement révolutionnaire « “égalitéentre l’homme et la femme » !…. (Idem.)

j : Souligné en italiques par JP B.
Notons que le bien commun, dans son ensemble, comprend aussi le bien commun spirituel : le Salut éternel du plus grand nombre qui doit être, car Dieu l’a voulu ainsi en créant l’homme « animal raisonnable, social et politique », la finalité (cause finale) de la société humaine, même au niveau temporel.
(Id.)


Or l’homme est « un animal » non seulement “social”, mais “politique”. Il a donc un pouvoir sur les règles qui régissent ces relations et qu’on appelle les lois : Il les modifie. Sous l’Ancien Régime, il revenait au Roi de faire rédiger et appliquer les lois à la nation dont il était le magistrat suprême. « La société contemporaine », nous dit-on, est « la citoyenneté républicaine ». Or « le monde moderne », nous affirment ses partisans, « est placé dans l’alternative : ou de l’achèvement de la Révolution ou d’un retour pur et simple au christianisme. » La Révolution consiste donc dans une action cherchant à modifier les rapports qui existent entre les hommes au sein de la société : On peut dire que c’est un mouvement allant de l’Ancien Régime, ou christianisme pur et simple, à la citoyenneté républicaine.

Nous aurons défini la Révolution si nous parvenons à définir la citoyenneté républicaine, qui en est le terme, le point d’arrivée. Car l’Ancien Régime, nous pouvons le connaître : Il a existé bien que la Révolution cherche à le détruire complètement. Aussi, la difficulté à résoudre ce problème de définition réside-t-elle dans le fait que la citoyenneté républicaine est en devenir k : Ses promoteurs n’ont pas réussi à l’atteindre, si bien qu’ils craignent toujours de devoir revenir à « un retour pur et simple au christianisme », c’est-à-dire à « l’Ancien Régime ». Mais nous pouvons, dès maintenant, compléter la définition déjà donnée de la Révolution : « C’est un péché » ; s'attaquant à la forme de la société, c’est un péché social et politique.

k
 : Les philosophes diraient : en puissance, non en acte ! (Note de JP B.)


(A suivre)

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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Mar 13 Déc - 21:23


Les causes intrinsèques de la Révolution.

Si elle n’existe pas dans les faits, la citoyenneté républicaine peut toutefois être atteinte “intellectuellement”, en tant qu’idéologie. Elle se réfère, nous dit-on, à la liberté etaux droits de l’homme. Nous ne craignons donc pas de dire que ce qui caractérise formellement la Révolution, à l’intérieur de l’essence de péché qui la constitue, ce qui en fait telle forme de péché et non telle autre, sa cause formelle, c’est cet “immortel” principe : « Les hommes naissent libres et égaux en droits. »

Rien évidemment n’est plus faux ! Lorsque l’enfant naît, si personne ne s’en occupe pour le nourrir, le vêtir, le chauffer, lui apprendre à marcher, à parler…, il mourra extrêmement rapidement. Car pour être “libre”, il faut “pouvoir”. A quoi me servira un permis de conduire, si je n’ai jamais touché un volant ? Telle est à peu près la position de l'homme revêtu de la citoyenneté républicaine : « Le peuple souverain » n’est qu’un mythe, que d’habiles phraseurs utilisent pour masquer ceux qui organisent réellement les rapports des hommes entre eux et en profitent. En effet, quant à l’égalité, il suffit de passer de Neuilly à Sarcelles, pour avoir une éclatante démonstration du célèbre « faîtes ce que je dis ne faites pas ce que je fais » et de se convaincre ainsi qu’entre le fils du professeur d’université, résidant à Neuilly et celui de l’éboueur de Sarcelles « les chances ne sont toujours pas égales » d’arriver dans la vie.
Sur le plan philosophique, il faut se rendre à l’évidence que cette formule, « Les hommes naissent libres et égaux en droits », contient une contradiction. Car si les êtres humains sont égaux en droits, ils ne peuvent pas faire de lois particulières, comme le proclamait l’exposé des motifs du décret d’Allarde ( http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9cret_d'Allarde ), interdisant aux « citoyens d’un même métier de s’organiser en corps », affirmant qu’ils n’avaient entre eux que « de prétendus intérêts communs[i] ».

Or ces intérêts existent bel et bien, il faut donc, on le voit, une puissante contrainte légale pour empêcher les hommes de tendre à exprimer leur nature, et « [i]de s’organiser en corps
 ». Les hommes ne peuvent plus alors être déclarés libres. C’est pourquoi la Révolution aboutit toujours à la dictature. Ainsi, sa cause formelle contenant une contradiction, la révolution doit-elle être dite absurde, au sens philosophique du terme. Comment se fait-il alors qu’en face de telles évidences massives, il y ait tant de gens qui se disent de “gauche”, c’est-à-dire qui croient plus ou moins à de telles billevesées et aspirent à la citoyenneté républicaine ?

Pour que la forme s’allie à la matière, il faut, comme disent les philosophes, que la matière soit susceptible de la forme. Ainsi essayez donc de faire une scie avec du chewing-gum ! Cette matière n’est pas compatible avec une forme de scie. C’est pourquoi, si la Révolution existe, c’est qu’alliée à la forme, au sein même de son essence, se trouve une matière. Quelle est donc cette cause matérielle de la Révolution, qui fait que « les hommes déraisonnant en masse » acceptent cette idéologie contradictoire d’êtres humains libres mais asservis, comme sous Staline, et égaux mais aussi éloignés que « Le zéro et l’infini », comme l’écrit Arthur Kestler, dans son ouvrage qui porte ce titre ? Comment les humains sont-ils attirés à cette idéologie ? Par la jalousie. C’est le fond de commerce de tous les partis de gauche : « Je n’ai pas, d’autres ont, ce n’est pas juste ! » Cette tendance innée chez l’homme procède tout simplement du péché originel, qui se transmet, nous dit la Théologie catholique, par la génération.

Chaque âme nouvelle, sauf celle de la Sainte Vierge, se trouve unie à la conception avec un corps qui hérite du péché légué par Adam et Eve à tous leurs descendants, et qui en font, à la naissance, des ennemis de Dieu. Or, Celui-ci a créé l’homme « social et politique », caractère d’où découle la société qui est voulue par Dieu, hiérarchisée. C’est cette révolte – le refus de l’ordre hiérarchique – qui est la cause matérielle de la Révolution et s’unit à l’idéologie des grands principes : « liberté, égalité », comme à sa forme.

La cause matérielle de la Révolution réside donc dans la révolte innée de l’homme contre Dieu. Les différences entre les hommes, nous l’avons vu, sont à la racine de la société. Aussi, prétendre que « les hommes naissent libres et égaux en droits » lance-t-il un mouvement de destruction de la société politique. Car si les êtres humains sont libres, c’est-à-dire indépendants les uns des autres, ils ne sont pas sociaux ; et s’ils sont égaux en droits, ils ne sont pas politiques, car ils ne peuvent pas faire de lois particulières, comme le décret d’Allarde l’interdisait aux « citoyens d’un même métier ». On voit donc à quel point la Révolution, comme le disait Picasso, tend à « décréer l’homme » ! C’est pourquoi nous ne craignons pas de dire que le péché de Révolution est vraisemblablement le plus grave que l’homme ait jamais commis depuis le commencement du monde.

Maintenant que nous avons découvert les causes intrinsèques de la Révolution, il nous reste à en analyser les causes extrinsèques : Les causes finale et efficiente.

(A suivre)

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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Jeu 15 Déc - 23:52


Les causes extrinsèques de la Révolution.

Nous avons vu que la Révolution est un péché, mais c’est aussi une erreur, car il n’est pas vrai l que les hommes soient libres et égaux en droits, ce n’est même pas possible. En effet n’est possible que ce qui ne contient pas, dans sa définition, de contradiction. Or nous avons vu que libres et égaux sont des termes contradictoires. La citoyenneté républicaine n’est donc pas autre chose qu’un cercle prétendu carré. Voilà pourquoi elle est toujours « pour demain » : « Demain on rase gratis ! » C’est ce que les philosophes appellent une utopie, du nom de l’œuvre de Platon qui, l’un des tout premiers, imagina une société “idéale”.

l
 : En règle générale, les soulignés d’un trait sont le fait de JP B ; en principe, ceux en gras sont d’origine. (Note de JP B, bien sûr.)


Une notion contradictoire est non seulement une erreur dans l’ordre de l’intelligence, mais aussi un mal dans celui des affections. Le mal est un manque de l’être dû à la nature. Ainsi, l’homme est-il fait pour voir, c’est pourquoi être aveugle pour lui est un mal. La pierre, elle, n’est pas faite pour voir ; son incapacité à voir n’est pas un mal. Or une notion contradictoire, absurde au sens philosophique, manque totalement d’être : un rond prétendu carré n’existe pas et ne peut exister. L’utopie révolutionnaire est donc un mal.


Mais l’homme est ainsi fait qu’il aspire au bonheur ; il ne désire donc jamais qu’un bien et ne peut désirer qu’un bien. Même lorsqu’il fait du mal à son prochain, il l’envisage du côté où il se fait du bien à lui-même, comme dans la vengeance, par laquelle il aspire à rétablir la justice, en punissant celui par qui il estime avoir été méprisé. Comment dès lors l’homme peut-il désirer un mal, s’il ne le prend pas pour un bien ? Il faut donc quelqu’un qui fasse prendre à l’être humain ce mal pour un bien ; autrement dit qu’il existe un menteur. Mais qui fut « menteur et homicide dès le commencement », ainsi que nous le dit l’Ecriture Sainte, sinon le démon Lucifer ou Satan ?

Jean Ousset n’écrivait-il pas : « II reste un point que nous voudrions mettre en lumière dans cette frénésie d’anéantissement de la Révolution : réalisation la plus fidèle que le monde ait jamais connue depuis l’ère chrétienne, de ce rêve de Lucifer : La tuerie, le supplice des hommes… » Ainsi donc la cause efficiente de la Révolution c’est le diable.

« Facile », prétendront certains. Soit donc le témoignage des révolutionnaires eux-mêmes : « Viens, Satan. Viens, le calomnié des prêtres et des rois. Que je t’embrasse, que je te serre sur ma poitrine ! Il y a longtemps que je te connais, et tu me connais aussi. »
« Tes œuvres, ô le béni de mon cœur, ne sont pas toujours ni belles, ni bonnes ; mais elles seules donnent un sens à l’Univers en l’empêchant d’être absurde. Que serait, sans toi, la justice ? Un instinct. La raison ? Une routine. L’homme ? Une bête. Toi seul animes et féconde le travail. Tu ennoblis la richesse. Tu sers d’excuse à l’autorité. Tu mets le sceau à la vertu. Espère encore proscrit. Je n’ai à ton service qu’une plume, mais elle vaut des millions de bulletins », écrivait Proudhon, l’un des “pères” du socialisme. De son côté, le très universitaire Journal des Débats, dans son numéro du 25 avril 1855, publiait ceci : « De tous les êtres maudits que la tolérance de notre siècle a relevés de leur anathème, Satan est, sans contredit, celui qui a le plus gagné au progrès des lumières… Le Moyen Age, qui n’entendait rien à la tolérance, le fit à plaisir méchant, laid, torturé… Un siècle aussi fécond que le nôtre en réhabilitation de toute sorte ne pouvait manquer de raisons pour excuser un révolutionnaire malheureux que le besoin d’action jeta dans des entreprises hasardeuses… » On voit le ton ! Quant à Oswald Wirth, écrivain hermétiste franc-maçon de la fin du XIXe siècle, dans Le livre du compagnon, il affirme : « Le serpent, inspirateur de désobéissance, d’insubordination et de révolte, fut maudit par les anciens théocrates, alors qu’il était en honneur parmi les initiés… Rendre semblable à la divinité, tel était l’objet des anciens mystères ; de nos jours, le programme de l’initiation n’a pas changé. »

Quant aux adversaires de la Révolution, ils ne sont pas moins affirmatifs, tel le Pape Léon XIII qui lors du « consistoire du 30 juin 1889, se vit obligé de protester contre l’exhibition publique du drapeau de Satan dans la Ville Sainte, à l’occasion de l’inauguration de la statue d’un moine apostat, perdu de mœurs, Giordano Bruno. Quand Léon XIII eut parlé, la Revue de la Maçonnerie italienne écrivit : « Vexilla regis prodeunt inferni », a dit le Pape. Eh bien, oui ! Les drapeaux du roi des enfers s’avancent. » Adversaires, comme partisans de la Révolution se retrouvent pour voir dans Lucifer l’inspirateur, la cause efficiente de la Révolution.
Si nous nous tournons vers l’Eglise catholique, mère et maîtresse de vérité, pour connaître la « finis operantis », le but, que poursuit le diable, Elle nous répond : « La damnation du plus grand nombre » m. En séparant les hommes de Dieu, leur Créateur et leur Rédempteur, Satan travaille à pouvoir assouvir sa haine à leur encontre, en les torturants pendant l’éternité. Ayant été rejetés du Ciel, les démons ne peuvent voir sans jalousie les hommes, créatures inférieures aux anges, y accéder à leur place.

m
 : Voir, avec la note (i) (dans ce message), l’opposition entre la « finis operantis » que Dieu avait en créant l’homme « animal raisonnable, social et politique », c’est-à-dire le Salut éternel du plus grand nombre, et celle du démon qui est « La damnation éternelle du plus grand nombre »… Opposition per diametrum irrémédiable ! (Note de JP B.)


Mais les démons n’agissent pas en personne, sauf exception, ils se servent des hommes, de certains hommes, dont on peut dire qu’au regard de la Révolution ils se comportent comme sa cause instrumentale. C’est elle qui va maintenant retenir notre attention, car c’est sur elle que se porte généralement le regard des observateurs.

La Très sainte Vierge nous dit dans son Magnificat : « La miséricorde de Dieu s’étend d’âge en âge sur ceux qui Le craignent. » Il y a donc une Tradition du bien : la vérité se transmet de génération en génération. « Satan est le singe de Dieu », aussi comme l’a rappelé plusieurs fois Jean Vaquié dans ses articles, il y a aussi, à côté de la Tradition du Bien, une Tradition du mal, « cathedra pestilentiæ », nous dit le psaume : c’est la gnose. Mais s’il y a transmission de l’erreur et du mal celle-ci se fait par des hommes.

(A suivre)

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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Ven 16 Déc - 7:45


La Franc-Maçonnerie.

« La Franc-Maçonnerie … », nous dit le dépliant de l’exposition à Saint Denis, dont nous avons parlé plus haut, exprime « à la fois d’une part une continuité notamment dans une fidélité aux combats pour la liberté et les droits de l’homme et d’autre part, la diversité des engagements, les évolutions de l’Ordre maçonnique depuis ses origines. Le passage de l’Ancien Régime à la modernité républicaine fut un accouchement long et difficile, mené au milieu des contradictions par une chaîne d’hommes... Beaucoup étaient francs-maçons ». « Le travail », nous dit de son côté la Haute Vente du Carbonarisme (lettre de Piccolo Tigre le 18 janvier 1822), « … que nous allons entreprendre n’est l’œuvre ni d’un jour, ni d’un mois, ni d’un an ; il peut durer plusieurs années n, un siècle peut-être ; mais dans nos rangs le soldat meurt et le combat continue. »

n
 : Les révolutionnaires n’auront jamais terminé leur “travail” : il leur faut toujours le recommencer pour les raisons suivantes
  • Leur utopie de « citoyenneté républicaine », selon laquelle « les hommes [seraient] libres et égaux en droits », étant contre-nature, il leur faudra toujours combattre la tendance naturelle de l’homme à revenir à ce qui est conforme à la nature des choses et, pour cette raison, ils trouveront toujours des adversaires, pour un motif ou pour un autre, à leurs absurdités : c’est donc « la Révolution permanente » qui est nécessairement la règle avec eux, qu’ils le veuillent ou non, pour combattre leurs adversaires toujours renaissants ;
  • Même sans compter sur leurs adversaires nécessairement renaissants en raison de la nature des choses et pour n’importe quel motif, il leur faudra toujours combattre la Sainte Église Catholique, qu’ils abhorrent, puisque « les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle » !
(Note de JP B.)


L’action de Satan dans le monde passe donc aujourd’hui par la maçonnerie, condamnée en de multiples occasions par l’Eglise 5 comme courroie de transmission des « erreurs modernes ». « Le serpent, inspirateur de désobéissance, d’insubordination et de révolte, fut maudit par les anciens théocrates, alors qu’il était en honneur parmi les initiés… », nous dit Oswald Wirth qui ajoute : « Rendre semblable à la divinité, tel était l’objet des anciens mystères ; de nos jours, le programme de l’initiation n'a pas changé. » Ainsi le démon agit sur ses hommes à partir de l’initiation. Celle-ci se transmet d’un initié initiateur, qui joue le rôle de médium, à un “profane” qui devient à son tour initié. Les démons ayant ainsi subjugué leurs adeptes, les conduisent en les inspirant au jour le jour, comme le Saint Esprit le fait pour les saints.

5
 : On s’accorde généralement pour voir la naissance de la maçonnerie “moderne” avec l'apparition de la Grande Mère Loge de Londres (1717). Elle fut condamnée dès 1738 par Clément XII, à nouveau en 1751 par Benoît XIV, puis Pie VII (1821), Léon XII (1826), Pie VIII (1829), Grégoire XVI (1832), Pie IX (1846), Léon XIII (1884). (Note d’origine, comme toutes celles avec un chiffre. – Précision de JP B.)


L’origine de la Maçonnerie a donné lieu à de nombreux développements, d’auteurs profanes et “initiés”. Beaucoup y ont vu l’œuvre de la Grande Bretagne, dont la jalousie et la haine à l’égard de la France sont bien connues. La plupart des maçons “français” qui ont joué un rôle dans la préparation de la Révolution « dite française », comme Voltaire, Diderot, Chamfort… ont été initiés à Londres. La responsabilité de l’Angleterre est donc établie. On date généralement l’apparition de la maçonnerie moderne de la fondation de Grande Mère Loge de Londres. De nombreux auteurs maçonniques font remonter leur “ordre” aux Rose Croix, aux Templiers, voire aux mystères païens. Il y a certes du vrai là dedans, mais toutes ces explications sont incomplètes.

Le mérite de l’étude la plus objective de cette question revient à Copin Albancelli, ancien franc-maçon devenu, par patriotisme, adversaire de la secte, étant revenu à l’Eglise catholique, après avoir été anti-clérical. Il fait remarquer que, dans la maçonnerie, le calendrier, les symboles, les mots de passe…, tout est juif6. Il souligne que la maçonnerie a surgi au même moment, dans le monde entier et sous la même forme. Or, bien que les Britanniques aient eu des colonies dans le monde entier, le seul peuple mondialement répandu est le peuple juif. On peut donc conclure que, si le concept de la société secrète est hébraïque, la maçonnerie est née de l’alliance des peuples juif et britannique pour la domination de monde. Leurs intérêts, qui jusqu’ici étaient communs, tendent de plus en plus à diverger. Aussi peut-on prédire, après Blanc de Saint Bonnet, que la puissance de la secte est sur son déclin.

6
 : Par exemple : L’acacia est un Symbole maçonnique notoirement connu. Or le tabernacle de l’Ancienne Alliance était en bois d’acacia.


Si l’essence de la société secrète remonte à l’origine des temps, les méchants ayant tendance à se cacher pour commettre le mal, on ne peut faire l’impasse sur le rôle particulier de la nation juive. Phénomène comparable, dans la naissance du communisme, résultat de l’association des juifs marxistes avec le peuple russe : Marx était fils de rabbin, la mère de Lénine était juive, plus de 95% du premier Soviet suprême était composé de juifs…


La persistance du judaïsme « sans sacrifice et sans autel » et ses causes éclaireront notre compréhension. Lors de la séance du 23 décembre 1789 de l’Assemblée constituante, le député Maury, au cours des débats relatifs à l’attribution de la nationalité française aux juifs, devait déclarer : « Le mot juif n’est pas le nom d’une secte, mais d’une nation qui a des lois, qui les a toujours suivies, et qui veut encore les suivre. »

Mgr Delassus, qui cite ces propos dans La conjuration antichrétienne, écrit : « Si l’Assemblée constituante n’avait pas su voir les juifs à travers la Déclaration des Droits de l’homme, il est plus que probable que ceux-ci étaient depuis longtemps embusqués derrière cette Déclaration, comme ils l’étaient derrière la Franc-Maçonnerie qui, créée par eux, faisait la Révolution non pour le bien de la France, mais pour leur compte. » Mais si la nation juive persiste alors que Grecs, Romains, Egyptiens… ont tous disparus, il faut en chercher les causes secondes, puisque généralement on se borne à en énoncer la raison théologique : Le témoignage « en creux » de la vérité catholique.

La cause principale qui maintient l’existence de la nation juive, c’est qu’elle dispose d’un gouvernement, qui continue à exercer un pouvoir unifiant sur le peuple dispersé. L’Ecriture ne dit-elle pas : « Si le gouvernement disparaît, le peuple se dissout. » ? C’est faute de savoir cela que les autres nations sont subjuguées et vaincues par cet étrange peuple, qui n’est ni une race, ni une religion, ne possède aucun territoire en propre et semble n’obéir à aucun pouvoir central. En fait, nous péchons par ignorance de l’histoire du peuple juif. Après la destruction de Jérusalem par Titus, un gouvernement juif demeura dans les environs de la capitale de la Judée. Il portait le nom de Princes de la Captivité, et se doublait d’un second à Babylone : Les Princes de l’Exil. Après la défaite de Barchochébas, l’empereur Hadrien détruisit le premier de ces deux gouvernements, mais le second subsista jusqu’en 1005, où il fut supprimé par le calife de Bagdad. Mais il se reconstitua et devint occulte. Nous en avons la preuve écrite par la publication au XVIIe siècle, par l’abbé Bouis, d’une réponse émanant de ce gouvernement occulte à une lettre des rabbins d’Arles 7. Nous sommes également “emberlificotés” par les mensonges judaïques. Ceux-ci, comme leur mentor le démon, sont passés maîtres dans l’art de trafiquer la vérité. C’est en effet pour eux une condition sine qua non de réussite, que leurs adversaires ignorent leurs complots, d’où leur acharnement à faire passer Les protocoles des Sages de Sion pour un faux.

7
 : Pour plus de développements voir notre brochure La cabale derrière les principaux évènements contemporains. (Note d’origine. – Cette brochure est disponible au : BOC ; BP 13 ; 30440 SUMÈNE. Ladite lettre des rabbins d’Arles divulguée par l’abbé Bouis, sera reproduite dans l’“Annexe I” de la présente étude. – Précisions de JP B.)


Quant au concept même de société secrète, il ne peut surgir, ainsi que le remarque Copin Albancelli, qu’entraîné par la présence de circonstances qui rendent obligatoires une telle organisation pour assurer la survie, en un mot : La nécessité. C’est ainsi que lors de l’occupation allemande en France après la défaite de 40, se constitua une organisation secrète de résistance : certains régiments entiers passèrent dans le maquis. Au fil des ans, une telle organisation se renforce par l’expérience. Mais tel est le cas de la nation juive confrontée à l’hostilité générale des nations au sein desquelles elle a trouvé refuge.

A cela il faut ajouter la démonstration de Flavien Brénier qui, à la suite d’autres historiens, justifie l’apparition à Babylone, durant l’exil du peuple juif, d’une secte nouvelle. Née de la synthèse de l’enseignement des mages chaldéens et de celui de la synagogue, au sein de la petite communauté de savants israélites de la caste sacerdotale, au contact de leurs collègues babyloniens, cette société secrète joua un grand rôle dans la mort de Notre Seigneur et l’apostasie du peuple juif. C’est celle des Pharisiens 8. Ayant pris de plus en plus d’influence au sein du Sanhédrin au retour de l’exil de Babylone, c’est elle qui joua le rôle prépondérant dans l’orientation du judaïsme, après l’apostasie. Elle constitue l’ossature de la nation qu’elle gouverne comme la maçonnerie gouverne la France, « par influence personnelle soigneusement dissimulée ».

8
 : Flavien Brennier : Les Juifs et le Talmud.


Il est à noter que cette secte, aussi appelée Cabale, mot qui signifie Tradition en hébreux, a hérité des mages perses la Tradition ésotérique qui, de Caïn s’est transmise par le petit-fils de Noé, à l’humanité après le Déluge. La Tour de Babel devait servir de piédestal à la sépulture de ce Canaan, maudit par son grand-père. Dieu choisit Abram, parce qu’il était le petit-fils d’Hébert, le seul homme ayant refusé de participer à la construction de la fameuse Tour de Babel. C’est ainsi que sous le nom d’Abraham, il devint le premier patriarche, ancêtre fondateur du Peuple Elu.

Reste à préciser, mais le lecteur l’aura vraisemblablement comprise de lui-même, la finis operantis, le mobile en ce qui concerne le peuple juif. Enivrés par leur orgueil d’être le plus ancien peuple existant sur la planète, les juifs aspirent à gouverner le monde. Ils le gouvernent déjà ! Certes, mais de manière occulte. Ce qu’ils veulent c’est que les autres peuples, réduits à ne plus être que de simples ilotes, s’inclinent devant eux et acceptent leur souveraineté absolue. C’est ainsi que le démon les trompe depuis vingt siècles ! Ils ne se convertiront qu’à la fin du monde, lorsque la persécution qu’exercera sur eux l’Antéchrist leur fera abandonner cette funeste et coupable illusion. En attendant l’Ecriture nous dit, dans l’Apocalypse, Dieu s’adressant au Christ : « Je te donnerai certains de ceux qui se disent juifs et ne le sont pas. » Ces paroles obscures semblent annoncer un premier contingent de conversions, pour un futur qui pourrait être proche. Le démon, en constituant la société secrète moderniste, s’en est servi pour tromper les catholiques, qui ont cru voir les prémices de ce retour des juifs […].

Enfin, quelle est la finis operantis des maçons et autres révolutionnaires ? Il semble qu’entraînés par leur orgueil, ils s’imaginent combattre pour la justice. En effet, Maritain, marrane ayant joué un grand rôle dans la subversion en milieu catholique, avant et après la dernière guerre mondiale, écrit dans Le paysan de la Garonne : « L’homme de gauche est pour la justice, l’homme de droite est pour l’ordre. » Cette phrase sibylline ne peut se comprendre sans explications. En effet, saint Thomas nous dit : « Opus justitiae pax » : le fruit de la justice c’est la paix ; mais il nous dit aussi que « la paix est la tranquillité de l’ordre. » Ainsi l’ordre et la justice sont-ils liés. Comment l’esprit torturé de Maritain l’amène-t-il à concevoir une opposition entre l’ordre et la justice ? Cela ne peut se comprendre que si on admet que, pour le prétendu philosophe thomiste, la justice c’est l’égalité. Or, l’égalité engendre l’anarchie, et la hiérarchie maintient l’ordre, c’est pourquoi Maritain les oppose !

Au chapitre des fauteurs de révolution, agissant comme cause instrumentale de l’enfer, il ne faut pas omettre une fraction importante du clergé, et pas seulement le clergé moderniste. « Il s’agit d’abord de façonner… une génération digne du rêve que nous rêvons », peut-on lire dans les instructions de la Haute vente du Carbonarisme ; « Que le clergé marche sous votre étendard en croyant toujours marcher sous la bannière des Clefs Apostoliques. Vous voulez faire disparaître le dernier vestige des tyrans et des oppresseurs ; tendez vos filets comme Simon Barjona ; tendez-les au fond des sacristies, des séminaires et des couvents… et si vous agissez sans précipitation, nous vous promettons une pêche plus miraculeuse que la sienne… Vous aurez pêché une révolution en tiare et en chape, marchant avec la croix et la bannière, une révolution qui n’aura besoin que d’être un peu aiguillonnée pour mettre le feu aux quatre coins du monde. » Gardons-nous de croire que cette « pêche au fond des sacristies, des séminaires et des couvents » soit abandonnée, même à Ecône ou à Avrillé ! Car, ainsi que l’écrivait Piccolo Tigré, un des chefs du Carbonarisme : « La Révolution dans l’Eglise, c’est la Révolution en permanence, c’est le renversement obligé des trônes et des dynasties. »

(A suivre)

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)


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JP B
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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Lun 19 Déc - 22:05



Conclusions.

Il est temps maintenant de conclure notre propos. L’Eglise a été confrontée à de nombreux ennemis, elle les a tous vaincus. Aujourd’hui, elle est confrontée à la Révolution, elle la vaincra à son tour : « Finalement mon Cœur Immaculé triomphera » a affirmé la Très Sainte Vierge à Fatima (voir Annexe III).
 
Évoquons donc, pour terminer, quelques “remèdes”, que nous puiserons bien évidemment dans l’enseignement pontifical, et particulièrement dans l’enseignement de Léon XIII. Dans son encyclique Humanum genus, contre la maçonnerie, le Pape conseille l’adhésion au Tiers Ordre de saint François.
 
Nous ne craignons pas d’affirmer qu’en cela il s’oppose diamétralement à la cause matérielle de la Révolution : les trois concupiscences et plus particulièrement l’orgueil de la vie. Le Pape se fait ainsi l’écho de l’enseignement du généralissime des armées célestes, la Très Sainte Vierge, qui est venue dire à Lourdes : « Prières et pénitence. » Cette recommandation de la pénitence s’oppose à la cause efficiente, l’enfer. Celui-ci a en effet en horreur cette contrition du cœur qui retourne la créature vers son Créateur. Le démon accepte le remords pourvu qu’il ne tourne pas en repentir, car il peut alors pousser le pécheur au désespoir.
 
Mais parmi les opérations de la pénitence, il faut en placer une que « le monde moderne » a en horreur : C’est l’étude(o) ! Léon XIII n’a pas craint, dans son encyclique Æterni Patris, pour combattre le modernisme, qui n'est autre que la Révolution à l'intérieur de l'Eglise, d’appeler à l’étude et plus particulièrement à celle de la philosophie(o), de la philosophie scolastique et principalement celle de saint Thomas d’Aquin. Saint Pie X en a fait résumer les principaux enseignements dans les XXIV thèses (o) ( cf. http://foicatholique.cultureforum.net/t3786-lecons-de-metaphysique-elementaire-expose ), auxquelles les catholiques ont l’ordre de soumettre leur intelligence, obligation confirmée par Benoît XV au canon 1366 § 2. Et par là on combat la cause formelle de la Révolution, qui confond l’égalité avec la justice, mais aussi son état d’esprit latent : La libre pensée, le subjectivisme.
(o) : N’est-ce pas Messieurs Laurençon et Laugier…(Note de JP B.)

 
Dans Humanum genus également, Léon XIII donne aux catholiques l’ordre de « lever le masque » dont se couvrent les francs maçons ; il en va forcément de même à l’égard de tous les révolutionnaires qui sont nés de la maçonnerie comme les communistes, issus de la Loge du Vieux Moulin à Paris, ou du judaïsme, les mondialistes et autres Islamistes révolutionnaires. Ainsi se voit combattue la cause instrumentale.
 
Ne pas oublier, à ce niveau, d’inclure les membres de la nation juive et plus particulièrement de son noyau dirigeant : La cabale, aussi connue sous le nom de gnose, sans en exclure ceux qui se dissimulent sous la soutane.
 
Enfin, et terminons par là cette énumération des remèdes : Le souci du Salut éternel, que l’on puisera avantageusement dans la pratique des Exercices spirituels de saint Ignace, selon la méthode du Révérend Père Valet. Cette pratique, encouragée par tous les Papes et notamment par Pie XI, va directement contre la cause finale, poursuivie par l’enfer : La damnation du plus grand nombre. Aussi nous permettrons-nous de citer le mot d’ordre que donnaient les pères de Chabeuil à la fin de la retraite : « Persévérez jusqu’à la mort » et d’ajouter « sans vous décourager jamais », pensant à Notre Seigneur « qu’aucun affront ne lasse pour nous ! »
 
 
 
Pour conclure, insistons à nouveau sur les directives de l’Eglise qui, par l’organe du Pape Léon XIII, a déjà donné le remède à ce mal qu’est « la liberté de pensée », racine intellectuelle du péché de Révolution. Dans son encyclique Æterni Patris (4 août 1879), le Souverain Pontife rendait obligatoire la philosophie de saint Thomas d’Aquin. Mais le clergé, déjà “vérolé” à cœur, repoussa, à de rares exceptions près, ses directives et mit en circulation un “faux” thomisme. Il fallut saint Pie X pour définir ce qui était attribué à l’enseignement de saint Thomas et devait être tenu pour exact : ce furent les XXIV thèses. Cette obligation d’y soumettre son intelligence fut ensuite codifiée, dans le droit ecclésiastique, par Benoît XV, au canon 1366 § 2. Mais les membres du clergé, dans leur ensemble, n’obéirent guère mieux à saint Pie X et à Benoît XV qu’à Léon XIII, et préférèrent le thomisme de Sertilanges ou pire celui de Maritain, quand ils ne restèrent pas attachés à Suarez ; les laïcs suivirent.
 
Le triomphe actuel de la Révolution ne repose donc que sur une seule raison, dont il est le châtiment : La désobéissance des baptisés, même si elle découle le plus souvent de l’ignorance(o). Ainsi l’Eglise, par un retour de ses fils à la Vérité, anéantira-t-elle la Révolution. Mais la vérité se fonde sur l’infaillibilité, à condition de l’admettre (p) ! Lorsque les baptisés auront admis l’infaillibilité pontificale ordinaire, ils accepteront de soumettre leur intelligence aux XXIV thèses : La Révolution sera vaincue. L’humanité entrera dans une autre époque.
(p) : N’est-ce pas Gégé…(Note de JP B.)

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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Mar 20 Déc - 2:47





Annexe I



Nous ne voulons pas omettre de donner à nos lecteurs connaissance d’un document indispensable à la compréhension de ce qui se passe aujourd’hui dans le monde. Il s’agit de la lettre éditée par l’abbé Bouis au XVIIe siècle q. Prêtre du diocèse d’Arles, il diffusa deux écrits datant de 1489. Le premier, du 13 janvier, fut adressé par les rabbins d’Arles, à l’occasion de l’annexion de la ville par le roi de France qui leur donnait le choix entre la conversion et le départ. Ce courrier demandait des directives à Constantinople. Le second, daté du 21 de Casleu 1489, était ainsi libellé :
q : Il a déjà été question, plus haut, de cette histoire, dans ce message. (Note de JP B.)


« Bien aimés frères en Moïse, nous avons reçu votre lettre dans laquelle vous nous faites connaître les anxiétés et les infortunes que vous endurez. Nous en avons été pénétrés d’une aussi grande peine que vous-mêmes.

L’avis des grands satrapes et rabbins est le suivant :

A ce que vous dites que le roi de France vous oblige à vous faire chrétiens, faites-le, puisque vous ne pouvez faire autrement, mais que la loi de Moïse se conserve en votre cœur.
A ce que vous dites qu’on commande de vous dépouiller de vos biens : faites vos enfants marchands, afin que peu à peu, ils dépouillent les chrétiens des leurs.
A ce que vous dites qu’on attente à vos vies : faites vos enfants médecins et apothicaires afin qu’ils ôtent aux chrétiens leur vie.
A ce que vous dites qu’ils détruisent vos synagogues : faites vos enfants chanoines et clercs, afin qu’ils détruisent leurs églises.
A ce que vous dites qu’on vous fait beaucoup de vexations : faites en sorte que vos enfants soient avocats et notaires, et que toujours ils se mêlent des affaires des Etats, afin que mettant les chrétiens sous votre joug, vous dominiez le monde et vous puissiez vous venger d’eux.

Ne vous écartez pas de cet ordre que nous vous donnons, parce que vous verrez par expérience que, d’abaissés que vous êtes, vous arriverez au faîte de la puissance.


V.S.S. V.F.F. prince de juifs de Constantinople, le 21 de Casleu 1489. »

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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Mar 20 Déc - 10:52





Annexe II



La philosophie scolastique, sur laquelle nous nous sommes appuyés pour rédiger cette petite étude est le résultat du perfectionnement des découvertes d’Aristote, philosophe grec (384-322 av J.C.) par les philosophes chrétiens et principalement saint Thomas d’Aquin. Cette science a été reconnue exempte d’erreur par l’Eglise catholique, dans le résumé qu’elle en a fait sous le nom de XXIV thèses thomistes (cf. http://foicatholique.cultureforum.net/t3786-lecons-de-metaphysique-elementaire-expose et particulièrement ce récapitulatif) et rendue obligatoire pour toute étude touchant à ces matières (Canon 1366 § 2).

La première démarche scientifique dans ce domaine consiste à constater l’existence de l’objet ; c’est pourquoi pose-t-on la question : « An est? », cela existe-t-il ? Cette méthode peut ne pas paraît s’imposer, à première vue, et pourtant il existe de nombreux développements sur des “chimères”, c’est-à-dire des choses qui n’existent pas. Telle est, par exemple la sirène, être imaginaire composé d’une tête et d’un buste de femme avec un corps de poisson ou bien La République de Platon cité utopique issue de l’imagination de l’auteur.
Une fois l’existence établie, le savant cherche à donner une définition de l’objet en répondant à la question : « Quid est? », qu’est-ce que c’est ? Pour cela on cherche le genre prochain et la différence spécifique. Ainsi l’être humain se définit-il, selon Aristote par Animal, qui en est le genre et raisonnable, la différence spécifique.

Il nous faut dire, avant tout autre développement philosophique, que la connaissance humaine transite totalement par les sens, contrairement à ce que prétendent Platon et ses disciples, notamment Descartes. Cette connaissance sensible est ensuite couronnée par une connaissance abstraite qui se situe à trois niveaux : sciences de la nature (physique, chimie... )qui constitue le premier degré d’abstraction, mathématiques qui constitue le second, enfin philosophie ou métaphysique qui correspond au troisième.

En effet, la XXe thèse thomiste énonce : « Nous connaissons directement les choses universelles par les espèces (l’eau, par exemple, grâce à l’idée générale que l’esprit s’en fait, rien qu’à voir couler un robinet) ; nous atteignons les choses singulières par les sens (nous voyons Paul et nous le reconnaissons, par exemple à sa calvitie), mais aussi par l’intelligence, grâce à un retour sur les phantasmesr (nous savons également, par exemple, que Paul est plus intelligent que Pierre) ; nous nous élevons à la connaissance des choses spirituelles par analogie (l’homme a une âme : c’est un être “animé”, possédant la vie, comme les autres animaux s). »

r
 : Images. (Précision de JP B.)

s : L’homme a une âme immortelle, car spirituelle (l’esprit ne meurt pas, n’étant pas matériel) ; les autres animaux ont une âme qui disparaît avec la mort du sujet car elle est uniquement matérielle et non spirituelle. (Note de JP B.)


Pour être rigoureux, il nous faut rappeler ce qu’est l'analogie. L’analogie est un procédé intellectuel de compréhension qui consiste à voir qu’une chose ressemble à une autre, tout en étant différente. Il y a deux sortes d’analogie : Celle d’attribution et celle de proportion. On dit d’un homme en bonne santé qu’il est sain. Une nourriture ou un climat, susceptibles d’entretenir la santé, seront dits sains par analogie d’attribution. Quant à l’analogie de proportion, on la trouve par exemple entre le rapport de l’âme, mortelle, au corps animal, et celui qui unit l’âme immortellet de l’être humain à son corps. Dans les deux cas ces rapports correspondent à la vie. Mais la vie humaine, bien que ressemblant par certains côtés à la vie animale (l’être humain mange, dort et se reproduit) en diffère par d’autres (sa faculté d’abstraction, capacité de s’élever à des idées générales comme le beau, le vrai, le bien, impossible à la brute animale). Ainsi, l’analogie de proportion fait-elle correspondre entre eux des rapports semblables.
t : Parce que spirituelle : la matière meurt mais non l’esprit. (Idem.)


La substance, que ce soit de l’hydrogène, de l’eau, une plante ou un animal est “analogiquement” comparable, dans son analyse, au pot qui nous a servi d’exemple, dans nos développements sur la Révolution. Analogiquement, car dans la substance la matière est une pure puissance qui n’existe qu’avec et par la forme. Dans le pot, la matière a déjà une forme : c’est de la glaise par exemple. Les formes, quant à elles, diffèrent également : La stabilité de la forme substantielle est bien plus grande que celle de la forme accidentelle.

Il suffit de jeter le pot par terre pour le casser. Pour briser le noyau de la molécule d’une substance, il faut une énergie que seul le cyclotron peut atteindre : c'est la fission atomique.
C’est en s’appuyant sur le principe de l’analogie que saint Thomas, dans la Somme théologique, distingue dans tous les objets qu’il étudie, un principe formel et un principe matériel. Une science peut ainsi s’envisager du côté de ce qu’elle étudie : c’est sa matière. En géométrie, par exemple, il s’agit de la quantité d’espace. Cette même science s’étudie également sous l’angle formel, celui de la démonstration, qui engendre la certitude. Ainsi, lorsqu’on démontre par exemple que la surface d’un triangle est égale à la moitié du produit de la base par de la hauteur, le raisonnement suivi est la forme de la démonstration. En procédant ainsi on use d’analogie : la quantité d’espace n’est quelque chose de matériel, qu’à l’état abstrait du deuxième degré, car, dans notre exemple, le résultat vaut pour tout triangle, et pas seulement celui que nous avons construit sur notre papier. Quant à la démonstration qui est déductive, elle n’existe sous cette forme, que dans notre esprit. Nous avons tenté d’appliquer la même méthode tout au long des développements qui concernent particulièrement la Révolution.

La logique classe les idées au regard de leur fonction de sujet et d’attribut dans le discours, et selon l’extension et la compréhension ; ainsi lorsqu’on dit « la neige est blanche », neige est sujet, blanche attribut. Par compréhension, on entend la définition, par exemple « Homme : animal raisonnable », qui comprend, dans son extension, les Athéniens, les Perses, les Mèdes…

Si l’on envisage l’idée selon sa fonction d’attribut et selon sa compréhension, on a ce que l’on appelle les prédicaments, qui sont au nombre de dix : la substance, la qualité, la quantité, la relation, le temps, le lieu, l’action, la passion, la position et l’habit. En ce qui concerne sa compréhension, « la société » n’est ni une substance, ni une qualité, ni une quantité ; c’est une relation, plus précisément c’est l’ensemble des relations qui existent entre les hommes.

Pour définir un mouvement, il faut connaître son point de départ, « terminus a quo », et son point d’aboutissement, « terminus ad quem ». Ainsi, la ligne 1 du métro parisien, par exemple, est la ligne Vincennes Neuilly ; bien que prolongée, elle garde sa dénomination reçue lorsqu’elle allait effectivement de Vincennes à Neuilly.

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Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Les quatre causes de la “Révolution” – Exposé   Dim 8 Déc - 18:08




Annexe III


La période que nous vivons peut-elle être éclairée

par un épisode de l’Ancien Testament ?

 
Don de Monléon, dans l’ouvrage qu’il lui consacre, nous dit que Daniel avait huit ans quand, en 606 av JC, il fut emmené en captivité à Babylone, avec le premier contingent de déportés, envoyés comme otages en Chaldée, par les généraux de Nabuchodonosor. Le bénédictin de La Source précise que c’est à partir de cette date de 606 que se décomptent les 70 ans de captivité à Babylone et non de celle de 686, capture de Sédécias. En effet en 606, les Babyloniens vinrent mettre le siège devant Jérusalem, vainquirent le roi et le remplacèrent par Sédécias auquel ils imposèrent tribut. C’était le châtiment de l’inconduite du roi u et de la nation. Mais Sédécias, lui aussi se comporta comme si Dieu n’existait pas. La présomption lui monta à la tête et il refusa de payer le tribut au roi de Babylone. C’est pourquoi celui-ci vint mettre le siège devant la ville sainte et l’ayant prise d’assaut, détruisit le temple et fit prisonnier le roi de Juda et sa famille. Cette capture fut suivie de l’exécution de toute la famille royale par Nabuchodonosor, qui creva ensuite les yeux de Sédécias et l’emmena prisonnier, avec une grande partie de la nation, en exil à Babylone.
u : Joakim. Cf. Dan. I, 1. (Note de JP B.)

 
Le même Don de Monléon, dans son ouvrage consacré à Moïse, écrit (p. 45 de la réédition canadienne) : « Le buisson ardent est l’un des passages de l’Ancien Testament où il est le plus facile de saisir les différents sens mystiques qui viennent se greffer sur un même fait historique, et l’harmonie qui les unit ensemble malgré leur diversité... Les trois principaux d’entre eux sont, selon la doctrine commune des théologiens : le sens allégorique (ou typique), le sens tropologique (ou moral) et le sens anagogique. »
 
L’illustre bénédictin de La Source avait écrit dans la préface du même ouvrage (p. 10 et 11) : « Le sens allégorique n’est pas une variété d’accomodatice, la distance qui les sépare l’un de l’autre peut être, sans exagération, qualifiée d'infinie, étant donné que le premier a son fondement dans l’intelligence divine, tandis que le second n’est qu’une création de l’esprit humain… Le sens allégorique », poursuit l’auteur « constitue l’une des branches maîtresse du sens spirituel. A ce titre il est d’inspiration divine. Il a été, dit le Pape 9, “voulu et ordonné par Dieu” qui a “disposé d’une façon merveilleuse les paroles et les faits de l’Ancien Testament, de telle manière que le passé signifiât d’avance… ce qui devait arriver sous le Nouveau.” »
9 : Pie XII, dans Divino afflante.

 
Et Don de Monléon de préciser : « Le sens allégorique concerne, parallèlement à Notre Seigneur, la Très Sainte Vierge Marie » et plus loin « si nous considérons le sens allégorique, en fonction, non plus du Christ ou de sa Mère, mais de son Corps mystique, il [concerne] le peuple juif d’abord, jusqu à ce qu’il eût accompli sa mission, et après lui l’Église jusqu à la fin des temps… »
Ainsi, selon qu’on applique le sens allégorique au Corps mystique, ce qui est historiquement arrivé, dans l’Ancien Testament, au peuple hébreux, notamment au royaume de Juda, correspond à ce qui est vécu par l’Eglise sur le plan spirituel. C’est ainsi que le grand schisme d’Occident, qui a duré de 1378 à 1417, soit quarante ans, pourrait être rapproché des quarante années passées dans le désert par le peuple hébreux, après sa sortie d'Egypte. De même, la période actuelle pourrait être éclairée par la comparaison avec la captivité à Babylone. Dire que le peuple juif fut soumis aux Babyloniens pendant 70 ans pourrait signifier la soumission de l’Eglise à la secte des pharisiens, dont l’existence à l’intérieur de l’organisation sociale de l’Eglise a été dénoncée par saint Pie X, dans son Motu proprio de 1914.
A cause de ses péchés le peuple juif dut payer un tribut à Babylone pendant vingt ans ; le roi de Juda, bien que tributaire des Chaldéens resta en place à Jérusalem. Les Israélites, s’endurcissant dans le péché, Dieu envoya « Nabuchodonosor, son serviteur », qui détruisit le Temple et emmena captif le roi et la nation à Babylone. La première période de vingt ans pourrait alors correspondre au règne de Pie XII, qui fut Pape de 1939 à 1958. Car il disait lui-même que « son autorité ne dépassait pas le seuil de sa chambre » v. On le constata notamment lorsqu’il voulut fermer le Saulchoir, couvent des Dominicains de Sept, puis de Temps Présent, reparu immédiatement après l’interdiction pontificale. Bien qu’enseignant la saine doctrine, Pie XII n’a pu gouverner librement, la secte moderniste ayant installé, même à Rome, un contre-pouvoir qui s’imposait aux catholiques par le moyen de « l’opinion moyenne des théologiens » et contrecarrait l’enseignement du Pape.
v : Voilà qui répond aux accusations scandaleuses de Gérard LAURENÇON contre Sa Sainteté le Pape Pie XII. (Note de JP B.)

 
Le péché s'étant aggravé, avec la désobéissance de plus en plus grande des catholiques, ce fut le concile Vatican II, désigné par le cardinal Liénart comme « 89 dans l'église ». Le démon fut autorisé à « monter jusqu’au plus haut sommet de l’église », comme l’avait annoncé la Très Sainte Vierge à La Salette w. Dès lors, la secte moderniste détruit Jérusalem, gouverne par l’antipape et la collégialité et “déporte” l’ensemble de ceux qui leur sont soumis spirituellement « à Babylone », en les faisant adhérer à une sorte de protestantisme, défini par la liberté religieuse du concile Vatican II. Là, le peuple chrétien est spirituellement, comme jadis le peuple juif historiquement, « sans prince, sans sacrifice et sans autel ».
w : Qui a également dit « finalement mon Cœur Immaculé triomphera ». voir « Conclusions », § 1. (Note de JP B.)

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Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

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