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 “L’ACTION FRANÇAISE”

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JP B
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MessageSujet: “L’ACTION FRANÇAISE”   Mar 23 Oct - 15:03

On entend parfois dire que, sur ses derniers jours, Charles MAURRAS, qui insuffla à l’organisation « Action Française » fondée par Henri VAUGEOIS et Maurice PUJO sa position monarchiste et de sa doctrine du nationalisme intégral (cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Action_fran%C3%A7aise), se convertit et mourut catholique. C’est tout à fait possible et même peut-être fort probable. Tant mieux ! Dieu ait son âme !

Napoléon Ier se convertit aussi à la fin de sa vie et mourut, paraît-il, chrétiennement. Il n’en demeure pas moins celui qui, par toute sa vie avant sa captivité finale, a sauvé la Révolution dite française du chaos et a établi solidement l’État révolutionnaire français.

Dans cette étude, nous n’examinerons pas ce que Charles MAURRAS n’a pas écrit après s’être convertit, puisqu’il mourut alors trop tôt, ou ce qu’il aurait pu écrire et à quoi ses disciples ne se réfèrent pas, mais nous tâcherons d’examiner ce qui l’a dirigé dans ses idées et son action toute sa vie durant et ce sur quoi se basent tous les maurrassiens pour étayer leur doctrine. Il ne s’agit pas de faire le procès de l’homme mourant, qui n’appartient qu’à Dieu – et si nous parlons de lui sur le plan personnel, ce ne sera que de l’homme public – mais de faire celui des principes, bons ou mauvais, nous verrons, qui dirigent toujours ceux qui se réclament de lui.

On entend aussi parfois dire que les gens de L’Action Française s’opposèrent à la montée de l’hitlérisme. C’est tout à fait possible et même peut-être fort probable. Mais nous trouverons exposé dans cette étude la manière et les motivations de cette opposition ce qui nous permettra de voir si celle-ci était catholique ou non. Après tout, STALINE aussi, finalement, s’opposa à HITLER ; ce n’est pas pour cela que le stalinisme en est pour autant catholique ou même simplement acceptable du seul point de vue naturel !

Mais voyons précisément, cher lecteur, ce qu’il en est de « L’Action Française » et de Charles MAURRAS.

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Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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JP B
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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Mer 24 Oct - 14:08

L’agnosticisme des doctrines de plusieurs des membres dirigeants du journal « L’Action Française », souvent athées, doctrines qui inspirèrent profondément le journal et le mouvement, entraîna, dès 1914, la possibilité de les condamner. Saint Pie X lui-même disait de son chef, Charles MAURRAS : « Il est condamnable mais (entre autres et surtout à cause de la proximité de la guerre et de la pourriture encore plus grande des anti-monarchistes, tous ou peu s’en faut anti-cléricaux) je ne le condamnerai pas. » (Le 29 janvier 1914, Sa Sainteté le Pape saint Pie X condamnera cependant le livre commun de MM. Charles MAURRAS et Léon DAUDET, « L’Action Française et le Vatican »…) Le journal « L’Action Française» fut condamné à son tour le 29 décembre 1926 par S.S. le Pape Pie XI, quand les conditions le permirent, les circonstances n’étant plus les mêmes qu’en 1914 mais, cette décision n’étant que disciplinaire et, pour cette raison, étant susceptible d’être annulée ou modifiée contrairement à une définition dogmatique (la doctrine ne pouvant varier) le Pape Pie XII, de sainte mémoire, la leva uniquement pour les hommes, la doctrine restant effectivement condamnée.

Qu’était donc le journal « L’Action Française » mis à l’Index par S.S. le Pape Pie IX le 29 décembre 1926 dont la condamnation avait déjà été préparée, avec celle d’autres ouvrages de Charles MAURRAS et confrères, par le Pape saint Pie X ?

Nous irons chercher la réponse chez un monarchiste convaincu, de surcroît orléaniste comme Charles MAURRAS, qui ne pourrait donc certes pas être taxé d’antipathie pour les royalistes de tous poils en tant que tels, ni d’aversion pour les principes monarchistes. Je veux parler de Monsieur Ernest RENAULD et de son ouvrage « “L’Action Française” contre l’Église Catholique et contre la Monarchie », Tome 1er 1, d’où sont tirées toutes les citations qui vont suivre. La photocopie de cet ouvrage, dont je me sers ici, fut donné à l’un de mes fils par un prêtre appartenant à l’intégrisme catholique.
1
 : TOLRA ; Libraire – Éditeur ; 28, rue d’Assas et rue de Vaugirard, 76 ; PARIS 6ème ; 2ème édition, 1936.


(A suivre.)

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Jean-Paul BONTEMPS
 
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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Mer 24 Oct - 19:46

Ernest RENAULD se vit confier par le Duc d’Orléans en 1904 la direction du “Soleil” (qui était appelé à disparaître et qu’il sauva) « pour interpréter la doctrine de la royauté capétienne » 2 et, en accord avec le Prince et son Bureau Politique, il devait à cette occasion « [prendre] une part active à réorganiser sur des bases modernes notre parti, dispersé par la Haute-Cour (1899-1900) » 3. C’est dire l’autorité de cet auteur auprès des royalistes.
2 Ernest RENAULD, op. cit., Lettre du Duc d’Orléans, “Démarche de mes amis” citée en AVANT-PROPOS, page V.
3 Réponse de M. Ernest RENAULD à la dite lettre, page VI.

Les deux courtes citations faites ci-dessus sont donc extraites, comme indiqué en notes, de l’ouvrage de M. Ernest RENAULD. La première expose la motivation de son ouvrage, la seconde donne une succincte présentation de l’auteur, tirées de « [sa] réponse » à “Démarche de mes amis”, également citée en AVANT-PROPOS. Voyons la suite de cette réponse :
Citation :
Du fait de l’Action Française quotidienne, fondée en 1908 4, éclatait, en 1910, une crise royaliste violente, à l’issue de laquelle M. Charles Maurras devint le maître absolu de la direction à donner à la cause monarchiste.
4
Sans doute pour suivre les instructions de Léon XIII ? Ou … pour mieux les contrer ? Quand on connaît les dispositions très … religieuses de Charles MAURRAS, la question peut se poser ! (Note de JPB.)

Il n’était plus possible, à aucun homme de bon sens, de s’occuper de politique royaliste.

Avec toutes les personnalités ayant reçu un Mandat du Chef de la Maison de France, je m’éloignai volontairement (1913).
(Ernest RENAULD, op. cit., pages VI – VII.)

(A suivre.)

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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Mer 24 Oct - 22:23

Ernest RENAULD continue (Opus cit., pp. XII – XIII.)
Citation :

[...]

En 1934, la scandale Stawisky révèle, après les scandales Wilson, celui du Panama, les affaires Hanau, Oustric, etc., que la corruption coule à pleins bords et que les voleurs pullulent dans les sphères républicaines les plus influentes.

Les partis nationaux dénoncent et flétrissent avec raison les pilleurs de l’épargne, parlementaires radicaux-socialistes pot la plupart.

A l’instigation de L’Action Française, des manifestations sont organisées aux abord du Palais-Bourbon, notamment le 6 février 1934.

Rien de plus légitime.

Mais les organisateurs veulent aller plus loin : envahir la Chambre des Députés et l’Elysée, c’est-à-dire s’emparer du Pouvoir par la force.

Tout en s’évadant de cette méthode empirique, si encore les meneurs avaient eu un plan et un gouvernement prêt pour remplacer la République de Stawisky, ils seraient excusables ; mais ils n’avaient rien que leur étourderie, les poitrines de leurs amis à opposer à la force publique armée, d’une part, et à la supériorité numérique des partis de gauche et d’extrème-gauche, qui n’allait pas tarder à se montrer d’autre part. [Souligné par JPB.]

Résultats : vingt-trois bons Français tués, quinze cents blessés, contre-offensive des socialistes et communistes, le 9 février ; conclusion d’un pacte d’unité d’action entre les factions extrémistes, signé le 27 juillet 1934, formation du Front Populaire, manifestation impressionnante des partis de gauche, le 14 juillet 1935.

Le 13 février 1936, des néo-royalistes assomment M. Léon Blum, député socialiste, boulevard Saint-Germain ; et cette agression stupide achève d’unir radicaux-socialistes, socialistes et communistes, qui, deux mois après, mettent en déroute les partis nationaux, au cours des élections générales (26 avril et 3 mai 1936). [Voilà où menait L’Action Française… (Note de JPB.)]

[...] “l’ânerie” des partis nationaux, que l’on suivrait à la trace jusque dans les moindres détails, a même laissé échapper, au bénéfice des gauches, la raison sociale : Front Populaire, qui frappe l’imagination des masses, pour se baptiser : Front National, qui ne frappe que l’imagination des élites.

Au demeurant, depuis l’entrée de MM. Charles Maurras et Léon Daudet dans le parti royaliste (1899 – 1904), la Maison de France, jadis si respectée, est considérée, à tort, du reste, comme un mauvais lieu ; et les tares physiques et intellectuelles de ces deux individus, consécutives à tous les croisements de sang levantin, sarrasin, arabe, grec, juif, métèque dont ils sont issus, ont contaminé la Cause Capétienne, qui n’est plus propagée et défendue que par des exaltés, des agités, des épileptiques, des mythomanes, des paranoïaques des deux sexes [...]


(A suivre.)

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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Jeu 25 Oct - 0:47

Ernest RENAULD, op. cit., p. XV, a écrit:
En 1922, dans Politique Religieuse, page 92, M. Maurras a écrit que, de ses œuvres comparées, « se dégage un même fond d’opinions ».

M. Fernand Passelecq, écrivain catholique belge, le fait remarquer de son côté.

Au sujet de Chemin de Paradis, un des premiers ouvrages de M. Maurras, M. Fernand Passelecq écrit dans La Libre Belgique des 18, 19 et 23 septembre 1925 :
« Ce traité presque complet de la conduite de la vie, comme le dit l’auteur5 lui-même, (et comme il le répète exactement à la Préface, page 17, édition de 1927), ne doit pas être considéré comme une œuvre de jeunesse.
« Publié en novembre 1894, il a pris, en effet, l’initiative de le rééditer en avril 1921, en ajoutant une nouvelle Préface à la Préface primitive, qui était destinée à fixer le lecteur sur le sens caché des mythes païens du volume.
« Cette réédition, après vingt-cinq ans, d’un recueil de contes licencieux, dont l’athéisme ou plutôt l’antichristianisme sont plus accentués et plus directs encore que chez Anatole France, eût déjà suffi pour marquer la continuité de pensée de l’auteur, à travers le quart de siècle d’intervalle (1894 – 1921).
« La nouvelle Préface ne contient aucune rétractation ; bien plus, elle accuse à travers toutes sortes de feintes nouvelles, la persistance de l’intention irréligieuse.
« [...] »

(A suivre.)

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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Jeu 17 Jan - 20:59

Ernest RENAULD, op. cit. (“L’Action Française” contre l’Église Catholique et contre la Monarchie, Tome 1) pp. XVI – XVII, a écrit:
Dans son livre L’Action Française et le Vatican, paru en 1927, après5 les condamnations pontificales rendues publiques, M. Maurras écrit qu’Anthinéa n’est pas fait pour les catholiques [...]
5
Souligné dans le texte. (Note de JP B.)

Ne pas rééditer ce livre eût été le meilleur avertissement, une mise en garde plus sincère.

L’auteur, avec une audace réfléchie, n’en écrit pas moins, page 263
Citation :
Ce n’est pas sans fierté que je réinscris à notre Index mon Anthinéa.
Ainsi, rééditer un livre païen, le publier, c’est le mettre à l’Index. Index non des livres interdits par notre Mère la Sainte Église Catholique mais recommandés par Charles MAURRAS !... (Précision de JP B qui fait remarquer là combien Charles MAURRAS était rebelle à l’égard de notre Mère la Sainte Église Catholique.)

Autant dire que le blanc est noir.

M Maurras a-t-il également mis à l’Index ses droits d’auteur sur Anthinéa ?

Non. Il a encaissé l’argent que lui a rapporté cette œuvre qui scandalise les catholiques.

Or, « les thèses philosophiques d’Anthinéa forment le fondement de la Politique de M. Maurras », selon le témoignage de M. Jacques Bainville, dans L’Action Française du 15 octobre 1901.

La Politique de M. Maurras est donc païenne, puisque les thèses philosophiques d’Anthinéa sont païennes.

L’on voit que non seulement l’auteur d’Anthinéa persiste toujours dans ses idées de la trentième année, mais qu’il a fait pis : il les a, dans son âge mûr, délibérément rajeunies et relancées.

[...]


(A suivre.)

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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Ven 18 Jan - 17:17

A l'aide du livre déjà cité de Monsieur Ernest RENAULD, “L’Action Française” contre l’Église Catholique et contre la Monarchie, Tome 1, page III, jetons un bref aperçu de ce qu’était « L’Action Française » :
M. Hugues REBELL, dans “Action Française” du 1er septembre 1905, page 317, a écrit:

Soyons habiles…, ayons la ruse, pratiquons la violence.
Nous devons être, tour à tour, des combattants, des apôtres, des proxénètes.

“Action Française”, 1er octobre 1907, page 61 a écrit:

Un jour ou l’autre, le Français indigène apercevra la nécessité du Risorgimento.
Nous ferons notre Tugendbund, nous susciterons notre Sand et notre Orsini

M. POULARD (article-lettre) dans “Action Française” du 1er mars 1908, page 417, a écrit:

Ayons de l’argent, et par l’argent, achetons tous les moyens et tous les mobiles. Achetons les femmes, achetons les consciences, les trahisons.

“Action Française” quotidienne du 10 décembre 1910 a écrit:

Nous portons légèrement, nous portons fièrement tout reproche d’avoir attenté à la vie Privée…


A suivre.

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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Ven 18 Jan - 19:17




Qu’était le milieu de « L’Action Française » et qui étaient ses dirigeants ?

Le milieu :

M. Ernest RENAULD, opus cit., pages 78 à 80, a écrit:
Au cours de l’affaire Dreyfus, M. Henri Vaugeois fonda le groupe L’Action Française ; puis, le 1er août 1899, la revue bi-mensuelle du même nom...

L’Action Française du 16 juillet 1931 conte l’histoire de la fondation de l’Ecole néo-royaliste « au café restaurant de Flore, quartier général des rédacteurs de la Revue, qui avait déjà abrité bien des conciliabules ».

Le 1er mars 1935, M. Maurice Pujo répète et confirme les mêmes faits :
Citation :
Henri Vaugeois, dit-il, venait du radicalisme et moi, de l’anarchie.
Et M. Pujo s’étend sur les « discussions », les
Citation :
assises mêmes du mouvement qui, parti d’un humble cabaret, “le café de Flore”, où nous prenions nos repas en compagnie de Maurras, aboutit à la construction moralement et matériellement majestueuse que présente aujourd’hui L’Action Française.
Ainsi, L’Action Française prend sa source dans un café, un cabaret, un bistro témoin des « discussions » de M. Vaugeois, radical, de M. Pujo, anarchiste et de M. Maurras, républicain (comme on le verra plus loin – note de JP B), en marche vers le néo-royalisme.

Cacophonie !

...

Donc, la Revue bi-mensuelle L’Action Française fut fondée en 1899 par M. Henri Vaugeois.

Directeur : M. Charles Maurras...

La revue devint l’organe d’une nouvelle Ecole, dite néo-royaliste, dont le chef, M. Charles Maurras, se proposait de rétablir la Monarchie Capétienne sur le modèle de la Cité antique et païenne des Tyrans et des Césars romains : une monarchie absolue.

Absolu signifie délié, indépendant.

Délié, passe encore, en ce sens que le Souverain est au-dessus des partis ; mais il ne s’ensuit pas qu’il doive être indépendant.

Il dépend de la conception chrétienne du pouvoir6 et de la volonté populaire.

Impossible de faire la monarchie7 si Dieu8 ne le veut pas.

Impossible, si le peuple9 n’en veut pas.

Dans cette Revue, la doctrine monarchique était dénaturée, faussée, allait à l’encontre de la Vérité politique ; les méthodes préconisées pour rétablir la royauté étaient des méthodes révolutionnaires et anarchistes.

M. Maurras et ses collaborateurs ne cessaient de juger et d’outrager l’Eglise catholique, comme on le verra plus loin ; ... ; de préconiser la dictature, la force et tous les moyens pour arriver à leur but.

Tous les moyens étant bons pour conquérir le pouvoir, le sont également pour s’y maintenir

La morale n’a rien à faire avec la Politique. (Pour Maurras et consorts. – Note de JP B.)

Donc, deux postulats :
  1. Restaurer la Monarchie absolue ;
  2. Atteindre ce but par tous les moyens.

Notes de JP B :
6 Pouvoir (civil) dont la cause finale est le bien commun temporel qui est la vie vertueuse du plus grand nombre. (Le pouvoir civil actuel, qui est loin de viser cette finalité, n’a donc, de droit, aucune légitimité.)

7 La monarchie est une des causes formelles possibles et admissibles du gouvernement de la société et, pour la France, la seule que Dieu veuille, l’Histoire le démontre.

8 Dieu est, bien sûr, cause efficiente.

9 Le peuple, lui, est cause matérielle de la société. Il est en effet impossible de donner une forme déterminée à un matière (seconde) si cette matière ne s’y prête pas : il n’est pas possible de faire une scie avec du chewing-gum comme il est impossible de donner la forme de l’état de grâce à une âme qui refuse de sortir de l’état de péché mortel.


A suivre.

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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Sam 19 Jan - 16:46

La dernière citation du livre de M. Ernest RENAULD, dans le message précédent, se terminait ainsi
Citation :
Donc, deux postulats :
  1. Restaurer la Monarchie absolue ;
  2. Atteindre ce but par tous les moyens.
Il est nécessaire de faire là les remarques suivantes :
  1. La monarchie absolue n’est pas d’inspiration catholique : elle est basée sur la puissance absolue du monarque, hors de la morale catholique si besoin et nous avons vu François Ier s’allier avec le Turc mahométan contre l’Empereur catholique et Louis XIV refuser l’autorité du Pape en s’appuyant sur les articles gallicans. La monarchie de St Louis (Louis IX) était loin d’être absolue.

  2. Il est profondément immoral de chercher à atteindre un but autre que le Salut éternel « par tous les moyens ».

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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Sam 19 Jan - 19:25

Continuons l’étude du livre de M. Ernest RENAULD et passons à la seconde partie de notre titre précédant.

Qui était le directeur de « L’Action Française » ?

M. Ernest RENAULD, opus cit., pages 1 à 6, a écrit:


CHAPITRE PREMIER

PRÉSENTATION DE M. CHARLES MAURRAS

UN MÉTÈQUE.
M. Maurras (Charles-Marie-Photius) est né en Provence, à Martigues, le 20 avril 1868, [...]

Par ses origines, il est métèque : ascendances grecques et arabes.

Maurras, en effet, signifie : Gros Maure (Souligné dans le texte. – Précision de JP B.).

Au cours d’une polémique entre l’Action Française et La Vieille France, revue hebdomadaire dirigée par M. Urbain Gohier, l’auteur d’Anthinéa discuta l’état-civil de son confrère, dans l’Action Française du 7 février 1923 et publia qu’il « devait » (souligné dans le texte) être juif.

M. Urbain Gohier produisit son état-civil jusqu’à la quatrième génération, et prouva qu’il n’avait aucune ascendance juive ; puis, dans La Vieille France du 22 février 1923, il demanda à son adversaire de publier, à son tour, son état-civil.

Il n’en fit rien ; mais l’étymologie du nom qu’il porte est révélatrice, comme ses écrits (souligné par JP B), et témoigne qu’il est né de croisements de métèques [...]

M. Urbain Gohier, en effet, reçut au sujet du nom : Maurras, la consultation d’un arabisant et inséra cette consultation dans La Vieille France du 29 mars 1923 :
Citation :
[...] Le nom de Maurras sent le Maure et le sauvage.

Le littoral de la Provence a été colonisé depuis six mille ans par des Phéniciens, des Grecs, des Juifs ; tous les rôdeurs et les naufrageurs de la Méditerranée y ont fait leur habitat ; les Sarrasins, des incursions fréquentes et un séjour continu d’un demi-siècle.

Il en résulte, parmi les autochtones, la population de métis et de métèques la plus bariolée du monde ; et le patois local conserve, naturellement, des débris de toutes les langues méditerranéennes, en particulier l’arabe.

Maurras est simplement le mot arabe : ma’aras, injure ignoble que s’adressent, du matin au soir, les pirates sarrasins et que s’adressent encore les mokos, les voyous des bas cartiers dans les villes d’Orient.

Vous n’avez qu’à lire dans Les Mille et une Nuits ces expressions : « C’est un ma’aras !... Va donc, ma’aras !... Espèce de ma’aras ! »

En Provence, on prononce : « maurras ».
[...]

Rappelons également, comme nous l’avons dit, que Maurras, signifie : Gros Maure (Souligné dans le texte. – Précision de JP B.).

le prénom du fondateur de l’Ecole néo-royaliste est Photius, d’origine byzantine.

Photius était, en effet, un patriarche byzantin. Ambitieux et sans scrupules il suscita le schisme des Grecs, condamné en 858 par le Pape Nicolas Ier, schisme qui déchire encore la Chrétienté.

De même que, d’une manière générale, les protestants ont un prénom biblique, comme Daniel, ou d’origine étrangère, comme Frédéric, révélateur de la religion à laquelle ils appartiennent, le prénom de M. Maurras : Photius, accuse son origine phénicienne, byzantine, grecque, berbère ou mauresque d’une façon si évidente que presque tous ceux qui portent ce nom de famille : Maurras sont affublés d’un prénom phénicien, grec, byzantin, berbère ou maure, comme on peut le constater sur les registres d’état-civil, ou simplement par la lecture des journaux du 19 juillet 1934, notamment La Croix, qui annoncent la mort, à Frontignan (Hérault) de M. Ulysse (souligné dans le texte) Maurras.

[...]

NÉ DANS UN MILIEU BONAPARTISTE10
10 Tout comme l’ascendance de BONNET DE VILLER dont la « noblesse » est de cette origine. Cf. Louis-Hubert RÉMY, VRAIS & FAUX Principes & maîtres, p. 287. (Note de JPB.)

Le père de M. Charles Maurras, fonctionnaire sous Napoléon III, était bonapartiste militant.

[...] ce qui explique, comme on le verra par la suite, que son idéal politique soit la dictature11.
11
 Tout comme Adrien de BONNET DE VILLER qui prétend, pour justifier l’emploi de la force qu’il préconise, que Clovis emmena ses soldats se faire baptiser, l’épée dans les reins ! Alors qu’ils ont suivi leur roi librement, de leur plein gré et tout à fait volontairement après avoir été convaincus, comme lui, par le miracle de Tolbiac, et comme si l’Église avait déjà accepté qu’on baptisât quelqu’un de force... (Note de JPB.)



LE BONNET A POIL DE M. MAURRAS.
L’on sait que, dans plusieurs circonstances, l’empereur Napoléon Ier fit remettre à des grenadiers, ou à des serviteurs fidèles et dévoués entre tous, un bonnet en peau d’oie et en chèvre du Tibet.

Un grand-père de M. Charles Maurras fut honoré de cette faveur impériale, conservée comme une relique dans la famille, et transmise religieusement, de génération en génération, de père en fils.

A la mort de son Père, M. Charles Maurras hérita de cette relique dont il se coiffa pour se faire photographier.

M. Gustave Janicot, Directeur de la Gazette de France, m’a dit avoir eu sous les yeux une photographie de M. Charles Maurras, coiffé du bonnet à poil bonapartiste.

[...]


ÉLEVÉ DANS UN COLLEGE ECCLÉSIASTIQUE.
[M. Charles Maurras,] Élève de l’Abbé Guillibert, devenu Evêque de Fréjus et Toulon, qui, le 24 décembre 1910, écrivait à l’Abbé Jules Pierre (« L’immoralisme de M. Charles Maurras », brochure de M. l’Abbé Jules PIERRE) :
Citation :
Maurras, depuis l’âge de huit ans, a été mon élève. Ce garçon nous reste fidèle, quoique dévoyé dans son esprit, qui fut essentiellement épris de l’extraordinaire, de l’extravagant12, [...]
12
 Souligné dans le texte.

Il démontrera que deux et deux font cinq avec autant de virtuosité qu’il en déploie pour son système nietzschéiste, aboutissant à Dom Besse et compagnie.
Maurras, en effet, étudia surtout le sophisme, où il s’est spécialisé depuis cinquante ans, ce qui explique qu’il le manie avec virtuosité, [...]

Ses études terminées, Maurras ne tarda pas à devenir anarchiste, comme le publie L’Action Française du 16 juillet 1931 :
Citation :
Ce sont les premières lectures, et singulièrement Les Paroles d’un Croyant, qui inclinèrent notre jeune homme à l’anarchie, [...]

SOUS L’ÉGIDE D’ANATOLE FRANCE.
Lorsque M. Charles Maurras quitta Martigues, en décembre 1885, il se fixa à Paris, où il embrassa la carrière littéraire sous l’égide d’Anatole France, comme le rappelait Excelsior, le 24 avril 1923.

En 1894, il publia Le Chemin de Paradis, livre païen, et M. Anatole France lui adressa un poème :
Citation :
Au bord des eaux de lumière fleuries,
Sur l’antique chemin où le Vieillard des mers,
Entre les oliviers de la Vierge aux yeux pers,
Vit dans leur manteau bleu passer les trois Maries,
Tu naquis….
………………les dieux indigètes, les dieux
Exilés et le dieu qu’apporta Madeleine
T’aimaient : ils t’ont donné le roseau de Silène
Et l’orgue tant sacré des pins mélodieux,
Pour soutenir ta voix qui dit la beauté sainte,
L’Harmonie, et le chœur des Lois traçant l’enceinte
Des cités, et l’amour et sa divine sœur,
La Mort qui l’égale en douceur.
L’envoi de M. Anatole France était accompagné de ce billet :
Citation :
Voici, cher ami, l’épigramme dans la manière de Christodore de Coptos, qui mit des inscriptions aux statues de Zeuxippe.
J’aurais voulu qu’elle fût plus digne de votre beau livre.
Comme on le voit, on est entre païens. Quelle joie !

M. Maurras s’en gargarisait encore dans L’Action Française du 26 août 1934, vingt ans après sa condamnation par Pie X, et huit ans après confirmation publique de cette condamnation par Pie XI.

En effet, il imprimait :
Citation :
Le beau poème envoyé par M. France à Charles Maurras, pour Le Chemin de Paradis, que tout le monde peut réciter de mémoire.
Vanité ! Sauf quelques esthètes constipés, tout le monde ignore ce poème.

A propos de l’envoi de M. France, L’Action Française ajoute :
Citation :
Tous les lecteurs de Chemin de Paradis se doivent de recopier ces quelques lignes sur une page de leur exemplaire !
Il n’y a vraiment pas de quoi se donner cette peine, sinon pour faire plaisir à Maurras, à Zeus, à Bacchus et à son père nourricier, bouffon de l’Olympe.

Donc, Anatole France, patron, ami, répondant de M. Maurras.

Or, nul n’ignore qu’Anatole France fut le Voltaire13 ou le Renan de notre époque, c’est-à-dire un des écrivains les plus dangereux parmi les adversaires de l’Eglise et des Traditions Nationales Françaises.
13
 Voltaire, qu’à la demande d’un client tordu de l’Imprimerie du Pays Fort au début des années 1980, Adrien de BONNET DE VILLER eut, paraît-il, des velléités de réimprimer... (Note de JPB.)

Le R. P. Exupère, Capucin, royaliste déclaré, écrit dans La Revue Critique du Libéralisme :
Citation :
Je ne crois pas que depuis Voltaire, la France ait eu un homme aussi funeste qu’Anatole France 14. Entre les deux, je serais porté à croire que c’est Anatole France qui l’emporte en impiété résolue et tranquille, en mépris de l’humanité, en haine spéciale de la France et de Jeanne d’Arc.
14 Ce n’est peut-être pas sans raison mais c’est peut-être bien en raison de cela qu’à Paris le quai Anatole France (depuis la rue du Bac) fait suite au quai Voltaire (où habita ce triste individu, au-dessus du restaurant qui porte aujourd’hui son nom, Le Voltaire et où se trouve honteusement une plaque commémorative, à l’angle de la rue de Beaune)...

page 7 (op. cit.) M. Ernest RENAULD a écrit:

Néanmoins, L’Action Française quotidienne du 22 février 1922, osait encore à la barbe de ses lecteurs catholiques et royalistes, défendre le « génie naturel » et la « nature profonde » de ce révolutionnaire écarlate15 ; le 31 décembre 1924, le comparer à Joseph de Maistre, à Bonald, à Louis Veuillot, M. Photius-Charles Maurras ayant toujours eu la plus vive admiration pour M. Anatole France : je crois même qu’il s’est battu en duel pour défendre l’auteur de Jardin d’Epicure et de Lys rouge.
15
 « [...] au lendemain du Congrès révolutionnaire de Tours, [Anatole France, au mariage civil et laïque de qui, si l’on ne joua pas ‘La Marche Nuptiale’ d’Hiram, pontife maçonnique, comme au mariage civil et laïque de M. Léon Daudet, [...] des délégations socialistes-révolutionnaires assistèrent] Anatole France, dis-je, adhéra bruyamment au parti communiste, [...] et L’Humanité’ du 20 février 1922 lui adressa un “salut communiste” et rappela qu’“il admire Lénine et Trotsky”. » (Op. cit., p. 7. – Note et souligné de JPB.)



A suivre.

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Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)


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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Dim 20 Jan - 16:18

Poursuivons, dans le chapitre premier, la présentation de Charles MAURRAS que M. Ernest RENAULD, opus cit., maintenant pages 8-9, a écrit:

A LA “GAZETTE DE FRANCE”.
Suivons M. Maurras à La Gazette de France, journal catholique et royaliste, qui lui donna l’hospitalité, vers 1892.

[...]

La collaboration de M. Charles Maurras à La Gazette de France fut d’abord purement littéraire, car il avait horreur de la Politique et répétait à tout venant : “La Politique n’existe pas”.

L’Action Française” du 16 juillet 1931 nous dit que “Maurras tenait la politique active plus qu’en horreur”. (Souligné dans le texte. – Précision de JPB.)

Comme La Fontaine découvrit la prière des Juifs en lisant Baruch que Racine lui fit connaître, M. Maurras découvrit la Monarchie en collaborant à La Gazette de France dont il ne soupçonnait pas l’existence avant d’y collaborer ; [...],M. Maurras, en découvrant par hasard la Monarchie, et en exploitant effrontément les convictions royalistes, est le profiteur de l’idée capétienne, dont le commerce l’a sorti de l’obscurité.

A la Gazette de France, il devint donc royaliste 16, rejeta sa première formule : “La Politique n’existe pas”, et se fit le champion de la devise : “Politique d’abord !” 17, puis de la devise : “Par tous les moyens !” 18
Notes de JP B :
16
 Difficile de rester quelque part en ne prenant pas la couleur du milieu ou, au moins, en ne faisant pas semblant d’adhérer...

17
 On voit qu’Adrien LOUBIER de BONNET DE VILLER n’a rien inventé...

18
 Idem.


Son royalisme lui était d’ailleurs particulier : la dictature, et il est resté fidèle à cette singulière conception de la Monarchie.

Au cours de l’hiver 1899, il voulut publier dans La Gazette de France, un article pour établir que la Monarchie doit être une dictature.

Ce fait est confirmé par M. Louis Dimier dans son livre, Vingt ans d’Action Française, page 19 :
Citation :
Sous un titre où les mots Dictateur et Roi se trouvaient associés, M. Maurras tint prêt, pour La Gazette de France, un article où était expliqué l’assemblage, et que M. Janicot (Directeur de La gazette de France – précision de JP B) ne voulut jamais laisser paraître.
Son article ayant été refusé à La Gazette de France, il résolut de publier une brochure intitulée : La Monarchie, c’est la Dictature 19 ; et il sollicita des adhésions auprès de personnalités royalistes qui, toutes, se dérobèrent.
19
 Le slogan des antimonarchistes que Charles MAURRAS, qui veut se faire passer pour monarchiste, fait sien, apportant ainsi de l’eau au moulin de ceux-là !... (Note de JPB.)


Il fit alors imprimer sa brochure : Dictateur et Roi, comme le rappelle et le corrobore L’Action Française du 14 avril 1934 ; puis, publia, en 1899-1900, L’Enquête sur la Monarchie, où la fantaisie se mêle à la sainte doctrine.

Cette fantaisie, est bien également celle d’Adrien LOUBIER de BONNET DE VILLER qui prétend que « Clovis emmena ses soldats se faire baptiser, l’épée dans les reins », n’ayant pas peur, par cette affirmation, du ridicule de la situation : un homme seul, fût-il roi, emmenant de force trois mille soldats là où ils ne veulent pas aller d’eux-mêmes !

pages 9-10 (op. cit.) M. Ernest RENAULD a écrit:
En tête de L’Enquête sur la Monarchie, M. Maurras écrivit :
O. S. P.
P. T. E. M.
V(20). N.
N. V. M.
S.

(20) Le signe V est un U dans les inscriptions anciennes. (Note d’origine dans le texte. – Précision de JP B.)


Dans la première édition d’Anthinéa et dans le seconde édition du même ouvrage, année 1912, page 217, il a indiqué le sens de cette inscription :
Optumo. Sive. Pessumo.
Peiori. Tamen. Et. Meliori.
Utrique. Nefando.
Numini. Vel. Monstro.
Sacrum.

M. l’Abbé Jules Pierre ayant remarqué cette inscription, en donne la traduction dans sa brochure : Nouveaux défis à la Conscience Chrétienne, page 36 :
Citation :
Au Très Bon ou au Très Mauvais. – Du moins au Pire et au Meilleur. – L’un et l’autre Innommable. – Divinité ou Monstre. – Offrande.
Cette inscription, dit M. l’Abbé Jules Pierre, est une « dédicace blasphématoire à la divinité, considérée comme le principe du Bien et du Mal, ce qui est l’expression la plus formelle et la plus effrontée du nihilisme manichéen ».

M. Maurras concluait son Enquête sur la Monarchie par cette formule :
Citation :
Ou la France et le Roi, ou point de Roi, mais non plus de France. 21
21 Ce qui risque bien d’être quand même vrai à plus ou moins long terme, SI L’ON CONSIDÈRE QUE LE ROI DE FRANCE EST, par nature, par tradition et depuis la triple donation de Saint-Benoît-sur-Loire en 1429, NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST. (Note de JPB.)


formule fausse, puisque depuis près de cent ans, il n’y a point de Roi, et la France existe toujours. 22
22 Mais elle risque bien de disparaître réellement, en châtiment de son apostasie, si elle ne redevient pas catholique. (Note de JPB.)


A suivre.

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Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Lun 21 Jan - 16:47

Sous le titre « LE CONTRAIRE DE LA MONARCHIE CAPÉTIENNE »,
M. Ernest RENAULD, opus cit., pages 16-17, a écrit:
[...]

[...] s’il la conçoit (la monarchie) avec des Capétiens, les principes, la doctrine, les méthodes, les moyens qu’il lui prête sont absolument anarchistes23, tout le contraire de la Monarchie franque.
23
 L’empirisme organisateur... Du bricolage politico-administratif d’amateur ! (Note de JPB.)


La Monarchie doit être catholique : Maurras est païen.

La Monarchie doit être voulue par le pays ; le roi, porté par la volonté populaire : Maurras entend restaurer la Monarchie par la force, contre la volonté nationale, et la maintenir par la force, contre l’immense majorité des Français. 24
24
 Les quatre causes de la société sont :
  • Pour les deux causes extrinsèques des sociétés catholiques :
    la cause efficiente : Dieu, bien évidemment, avec, comme cause instrumentale, le Chef de l’Église (au religieux) et, quand il est catholique, le Chef de l’État (au civil, subordonné au précédent) ;
    la cause finale : le salut du plus grand nombre (qui est le bien commun spirituel) avec, comme moyen pour cela, le bien commun temporel qui est la vie vertueuse de la multitude pour et en face de laquelle le bien matériel, s’il est nécessaire, n’est que secondaire.
  • Pour les deux causes extrinsèques des sociétés anti-catholiques :
    la cause efficiente : à l’origine quand la société créée par Dieu n'était pas encore anti-catholique, Dieu Lui-même, mais après le dévoiement par la volonté perverse des hommes, Satan le démon, avec, comme cause instrumentale, la synagogue et les sectes (toutes plus ou moins subordonnées à celle-là) ;
    la cause finale : à l’origine, de la part de Dieu, toujours le salut du plus grand nombre, mais après le dévoiement par la volonté perverse des hommes, la perdition du plus grand nombre.

  • Pour les causes intrinsèques :
    la cause formelle : la forme, précisément, du gouvernement ;
    la cause matérielle : le peuple à diriger.

Si la cause matérielle, du fait de la liberté laissée par Dieu aux hommes, refuse qu’on lui applique telle ou telle forme, les formes de gouvernements correspondantes ne pourront pas diriger dans la sérénité le peuple du pays. C’est le même problème que si l’on veut faire un marteau avec du chewing-gum ou de la pâte à modeler avec un bloc de fonte : à moins de faire subir à la matière (seconde, ayant déjà sa forme propre) qui se révèle rebelle, un traitement (s’il existe) particulier (contre-nature) qui modifie sa forme première, on ne peut pas lui appliquer la forme seconde qui, déterminant l’essence de l’objet désiré, serait alors capable de permettre l’existence de cet objet. Donc, si les hommes ne veulent pas de telle ou telle forme de gouvernement, celles-ci ne pourront pas exister paisiblement et le bien commun, qui doit viser le salut du plus grand nombre, sera très fortement compromis. (Note de JPB.)


La Monarchie doit être ouverte à tous, tolérante25, libérale26, paternelle, juste : Maurras27 chasse à coups d’injures, de diffamations, de violences verbales, toute une catégorie de citoyens, et il énumère complaisamment jusque dans le chant de combat de sa ligue, comment il entend leur mettre les tripes au soleil pour imposer sa tyrannique volonté et assurer sa domination.
Notes de JP B :

25
 Dans les limites permises par la doctrine catholique et la vertu de prudence qui appartient à un véritable chef d’État.

26
 Au sens catholique, non pas au sens du « libéralisme » : de la libéralité dont Notre-Seigneur Jésus-Christ est la cause exemplaire.

27
 Tout comme Adrien de BONNET DE VILLER, surtout quand il s’agit de clercs, Prêtres, Évêques et même Papes...


Comme nous n’avançons aucun fait sans preuves, et que notre documentation est aussi précise qu’abondante, voici un couplet, ralliement des affiliés à L’Action Française :
Citation :
Quand on pendra la Gueuse au réverbère,
On illuminera dans la France entière,
Et pour les Youpins
Ça s’ra cett’ fois l’ coup du lapin.28
Quant aux francs-maçons, qu’on les fout’ à l’eau :
Briand nagera comme un vieux maqu’reau,
On verra sur l’ dos Daniélou flotter
Et les Députés
S’en aller comm’ des chiens crevés (29).

28
 Vraiment, quel mauvais genre ! Pourquoi ne pas avoir écrit, pour ce vers, « Ça sera le coup du lapin » ? Il y a là le même nombre de pieds. Cela aurait sans doute été trop bien... (Note de JP B.)

(29) « La Gueuse » (1908-1910), en vente à la Librairie d’Action Française, 1, rue de Boccador, et 12, rue de l’Isly, en mai 1936. (Note d’origine dans le texte de M. Ernest RENAULD. – Précision de JP B.)



A suivre.

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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Jeu 24 Jan - 22:01

M. Ernest RENAULD, opus cit., pages 19 à 23, a écrit:
La Monarchie doit être le parti de l’ordre et de la paix, à l’intérieur et à l’extérieur : Maurras ne cesse de faire appel aux passions, à la haine des Français et des peuples les uns contre les autres, c’est-à-dire à la guerre civile et à la guerre étrangère.
Maurras, marxiste-léniniste derrière des apparences royalistes ? Pour les révolutionnaires, ce n’est pas impossible... Surtout pour l’ancien collaborateur enthousiaste d’Anatole FRANCE ! Il n’aurait ainsi servi qu’à infiltrer intelligemment et efficacement, même peut-être inconsciemment, les milieux monarchistes. Cela expliquerait fort bien les résultats de son action... (Note de JP B.)

Il est impossible de restaurer une monarchie ainsi comprise.
 30
30 Souligné par JP B.


UNE VEDETTE POUR CIMETIÈRES ROYALISTES.
[...]

La politique de l’Ecole néo-royaliste est malfaisante, avons-nous dit.
Malfaisante ?
Oui, et il n’y aurait qu’à hausser les épaules en signe de dérision, si l’animateur de cette Politique, M. Maurras, ne la croyait pas féconde, d’autant plus féconde qu’elle est stérile, et s’il n’avait fait partager sa croyance à un certain nombre de Français.

Le malentendu est là. Malentendu tragique 31, puisque Maurras et ses amis en arrivent à l’émeute, à l’assassinat 32. Comme leurs adversaires, mais bien plus souvent que leurs adversaires, ils sont, du reste, victimes de leurs méthodes et moyens : Marius Plateau, Ernest Berger, Jean Guiraud assassinés, les vingt-trois morts et les quinze cents blessés au cours de l’émeute du 6 février 1934, émeute née des excitations exprimées quotidiennement et spécialement par L’Action Française, qui s’en est vantée.
31 Idem.

32 Toutes choses que S. S. le Pape Léon XIII a voulu éviter par la promulgation de son Encyclique « Au milieu des sollicitudes » à laquelle il a été fait largement allusion ailleurs et qu’Adrien LOUBIER de BONNET DE VILLER, pour faire suite à Charles MAURRAS dans sa doctrine, ses méthodes et ses moyens, attaque (tant l’Encyclique que son pontifical Auteur – Cf. son odieux ouvrage « Démocratie cléricale ») avec une audace et une virulence dignes d’un sectateur schismatique et hérétique. (Note de JP B.)


En effet, M. Maurras écrivait, le 14 mars 1934 :
Citation :
Qu’était la France avant que L’Action Française eût organisé les manifestations contre les voleurs ? Elle était, depuis 1932, aux mains des Chautemps-Daladier. Qu’est la France après le mouvement amorcé le 9 janvier et terminé le 12 février ? Elle est délivrée de ces mains sales et sanglantes ; elle a un Ministère dit d’Union Nationale. Ces cinq semaines historiques mesurent ce qui a été fait sur notre initiative.
Il est vrai que L’Action Française a amorcé et organisé les manifestations de janvier 1934 ; et elle a été suivie par les Jeunesses Patriotes et quelques autres groupes ; mais ce ne sont pas les manifestations de janvier qui ont déterminé la chute du Ministère Daladier et la constitution du Ministère Doumergue : c’est la manifestation du 6 février 1934.

Cependant, si c’est grâce à L’Action Française que nous avons eu un Ministère d’Union Nationale, comme ce Ministère a rétabli la confiance et consolidé la République, menacée en janvier et février 1934, cela revient à dire que M. Maurras a sauvé la République.

De plus, le 25 janvier 1936, M. Camille Chautemps était de nouveau Ministre dans le Cabinet Sarraut, ce qui prouve que l’influence de l’Ecole néo-royaliste est négative, en dépit de tout ce que peut dire ou écrire M. Maurras.

Il serait facile de prouver dix fois, cent fois, que tous ceux que L’Action Française a le plus combattus ont vu leur influence grandir, ou sont revenus au pouvoir : Caillaux, Daladier, Malvy, Bonnevay, dernier en date, réélu député du Rhône le 26 avril 1936, au premier tour de scrutin, avec une majorité d’autant plus accrue, qu’il a été plus salement injurié et diffamé par le trio Maurras-Daudet-Pujo.
Si seulement ce genre de malheureuse expérience pouvait servir à ceux qui s’imaginent qu’en allant manifester dans la rue ils changeront le fond des choses... Réaction de révolutionnaire ! (Note de JP B.)

D’autre part, le 8 juin 1934, L’Action Française rappelait un discours de M. le Docteur Pichon, farouche néo-royaliste, qui, faisant allusion à l’affaire du 6 février précédent, s’écria :
Citation :
C’est bien contre les institutions actuellement en vigueur que l’élite de Paris s’était soulevée, ce jour là.
Or, le 6 février 1934, plusieurs groupes de manifestants voulaient franchir le Pont de la Concorde 33 et envahir le Palais-Bourbon.
33 Le Pont de la Concorde se trouve devant l’Assemblée Nationale ou Chambre des Députés, derrière laquelle se trouve le Palais-Bourbon dont elle fait partie et dont on lui attribue parfois le nom de Palais-Bourbon. Cela est situé sur la rive gauche (sud) de la Seine. Les manifestants se trouvant sur la Place de la Concordante, rive droite, avaient donc le pont à franchir. (Note de JP B à l’attention des lecteurs non Parisiens.)

Eh bien ! les camelots du roy 34 n’étaient pas au premier rang mais à l’arrière 35.
34 De L’Action française. (Précision de JP B.)

35 Souligné dans le texte.


M. Ramette, député, membre de la Commission d’Enquête, l’a fait remarquer à M. Maxime Réal del Sarte, lorsqu’il fit sa déposition devant elle, le 27 mars 1934 ; et M. Maxime Réal del Sarte l’a reconnu en disant :
Citation :
Si les Camelots du roi avaient attaqué le Pont de La Concorde, ils seraient passés 36
36 Idem.


Ainsi, depuis trente-cinq ans, M. Maurras et ses Ligueurs tonitruent contre les députés, les menacent des pires représailles et menacent même de renverser la République.

Le 6 février 1934, une occasion se présente de « jeter les Députés à la Seine », et peut-être de mettre la République par terre : M. Maurras et M. Maxime Réal del Sarte laissent à d’autres le soin d’envahir la Chambre des Députés, et, éventuellement, de renverser la République !

– « C’est le moment de se montrer, cachons-nous », disent Maurras et Réal del Sarte, aux Camelots du roy.

Et ils les placent à l’arrière des manifestants, comme on vient de le voir.
L’Action Française et les Ligueurs de Charles MAURRAS, une « voie de garage », une « fausse contre-révolution » ? Eh oui ! Ainsi, M. Ernest RENAULD a parfaitement raison de dire, comme il est écrit plus haut : « M. Maurras a sauvé la République »... (Note de JP B.)

Alors, que devient « le coup de force » libérateur, promis par Maurras à sa naïve clientèle ?

Oui, les manifestations dont il s’agit eurent lieu, en grande partie, à l’instigation des chefs néo-royalistes ; mais ils se sont dérobés au moment d’agir ; en sorte que « le coup de force » n’eut même pas l’apparence d’un succès, et, enfin, il se termina dans le sang de victimes innocentes, alors que, lorsqu’on tente un coup pareil, il faut le réussir 37, sinon, on fait preuve d’une ânerie impardonnable 38, comme ce fut le cas, place de la Concorde et aux Champs-Elysées !
37 Ou au moins avoir la certitude d’y arriver. C’est ce qu’enseigne saint Thomas d’Aquin dans son « De Regimine Principum » comme condition sine qua non pour avoir le droit de tenter de renverser un tyran (ou un gouvernement contre-nature)... Comment tous ces messieurs « de droite » pouvaient-ils l’ignorer ? (Note de JP B.)

38 M. Ernest RENAULD fait preuve de beaucoup d’indulgence! Je dirais, pour ma part : MAURRAS, manifestement, est un traître et s’est révélé l’émule de Judas Iscariote ! (Idem.)


Certes, les violences de langage 39 du journal Néo-royaliste, l’attitude menaçante de la foule des manifestants, elle-même, se ruant à l’assaut du Palais-Bourbon et de l’Elysée 40, n’excusent pas les conséquences meurtrières dont se sont rendus coupables de criminels imbéciles : Ministère Daladier, Préfet de Police Bonnefoy-Sibour 41, qui, incapables de la canaliser, ont mis les gardes-mobiles dans la terrifiante obligation de tirer sur elle ; mais elles prouvent que L’Action Française n’est pas une florissante entreprise de restauration monarchique, comme le prétendent MM. Charles Maurras et Léon Daudet ; elles prouvent, au contraire, une fois de plus, et indiscutablement, que L’Action Française n’est qu’une entreprise de pompes funèbres, une vedette pour cimetières royalistes, puisque ces manifestations se terminent en cortèges escortant des corbillards conduits par Maxime Réal del Sarte, Maurice Pujo, Léon Daudet et Charles Maurras, croque-morts fleurdelysés !
39 Qui ne s’avèrent être, finalement, que des provocations... (Note de JP B.)

40 Résidence du Président de la République, en bordure de l’avenue des Champs-Élysées qui donne sur la Place de la Concorde. (Idem.)

41 Et qui prouve que l’ancien collaborateur enthousiaste d’Anatole FRANCE n’était pas leur complice (au moins indirecte, par personne initiée interposée…) ? Quand on connaît, après tout cela, la vraie personnalité de Charles MAURRAS, on peut légitimement se poser la question. (Id.)


Ainsi, la Politique néo-royaliste, qui a pour but la restauration de la Monarchie, équivaut exactement à zéro comme résultat final.
Pire : comme je le rappelais dans un note plus haut, M. Ernest RENAULD a parfaitement raison de dire « que M. Maurras a sauvé la République » ce qui est vraiment curieux et inquiétant pour lui... (Note de JP B.)

Dans ces conditions, nous comprenons que L’Association de la Jeunesse Catholique n’ait pas pris part à la manifestation du 6 février 1934, telle que la conçurent les groupes néo-royalistes et césariens.
Elle a prouvé ainsi que les Œuvres Catholiques de jeunesse restent en dehors de l’agitation stérile des partis de droite et de dictature, [...]
[...]
C’est, d’ailleurs, parce que nous comprenons l’abstention de L’Association de la Jeunesse Catholique à la journée du 6 février, et l’approuvons, que M. Dorsay, à Je suis partout, feuille césarienne de droite, M. Auguste Cavalier, à L’Intransigeant, organe ultra-nationaliste, et autres journaux de même acabit, ne le comprennent pas et ne l’approuvent pas.

Car ne croyant qu’à la poigne, à la violence, comme tous les impuissants, la violence n’étant que l’effort de la faiblesse, ils sont incapables de comprendre toute autre politique, semblables aux Iroquois et aux Caraïbes, qui, ne croyant qu’aux pattes de caïmans et aux poils des sarigues, sont incapables de comprendre Dieu et l’Eglise catholique. 42

42 C’est là l’exacte description de l’attitude de M. Adrien LOUBIER de BONNET DE VILLER avec sa préconisation de l’emploi de la force et son antipathie à l'encontre des papes en général et de l'obéissance qui leur est due en particulier... (Note de JP B.)

Après tout cela, on se demande vraiment comment ce Monsieur peut encore être maurrassien envers et contre tout...


A suivre.

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Dim 27 Jan - 22:49

M. Ernest RENAULD, opus cit., pages 113 à 120, a écrit:

CHAPITRE XVII

LE SYSTÈME POLITIQUE ET SOCIAL DE MAURRAS

Le Système Politique de M. Maurras est celui d’Auguste Comte, un de ses Maîtres dont il s’est réclamé si souvent. Comte estimait que les principes de la Réforme religieuse du XVIe siècle, et ceux de la Révolution de 1789, n’ont pas été bienfaisants pour la France ; qu’ils ont leur source dans le Libre Examen, c’est-à-dire dans la liberté de conscience illimitée ; que le Protestantisme, après avoir détruit le pouvoir théologique par la liberté illimitée de conscience, a détruit, par la Souveraineté du peuple et sa conséquence, le Parlementarisme, principes protestants, le gouvernement temporel : la Monarchie, comme le même Protestantisme a décomposé, par l’égalité, l’ancienne classification sociale, notamment l’aristocratie.
Ce qui est bien vrai, quant à cette analyse, mais ne donne pas pour autant raison à Auguste Comte dans l’application qu’il prétend en tirer comme on le voit dans la suite de la lecture de ce passage. (Note de JPB.)


Toutefois, Auguste Comte regarde ces principes révolutionnaires comme ayant été nécessaires pour détruire l’ordre ancien, l’ordre théologique et royaliste ...

[...] [dans Le Système Politique d’Auguste Comte], page 268, M. [Léon] de Montesquiou précise :
Citation :
Pour rentrer dans ses vues, disons dictature héréditaire, au lieu de monarchie.
Or, une dictature héréditaire, est-ce là le gouvernement pour lequel Comte se prononçait ? On peut répondre oui et non. Il voulait, en effet, une dictature héréditaire, mais basée seulement sur une certaine hérédité. Il conseillait, en effet, non l’hérédité fondée sur la naissance, mais l’hérédité résultant du choix, ce qu’il appelait l’hérédité sociocratique.
[...]

M. Maurras a exposé lui-même dans l’Avenir de l’Intelligence, page 137, et dans Romantisme et Révolution, page 115, édité en 1922, à la Nouvelle Librairie Nationale d’Action Française, les heureux résultats de l’union des catholiques, ou parti rétrograde, avec les positivistes et les bons éléments du parti révolutionnaire (comme s’il pouvait y avoir de bons éléments dans un parti révolutionnaire ! – Note de JPB) :
Citation :
Les bons éléments du parti rétrograde abjurent, tout au moins en politique, la théologie et le droit divin. 48 Les Positivistes font, avec les premiers, une alliance politique, avec les seconds, l’alliance religieuse. Car les premiers ont de l’ardeur et de la vie, semences ignées du progrès, et les seconds possèdent une discipline du plus grand prix.
Au Catholicisme [que Comte ose appeler «le polythéisme du Moyen-Age»] se substitue sans secousse le culte de l’Humanité 49, au moyen de la transition ménagée par la Vierge-Mère50, cette « déesse des Croisées », « véritable déesse des cœurs méridionaux », « suave devancière spontanée de l’Humanité 51.
Notes de JP B :
48 Souligné dans le texte.

49 Paul VI à l’ONU : « Nous, plus que quiconque, avons le culte de l’Homme ! »

50 Pourquoi le nom de la Très Sainte Vierge Marie n’est-il pas prononcé ? Vierge-Mère, Mère de qui, de quoi, de Dieu ou d’autre chose ? Cela ne commence-t-il pas à sentir la gnose ?

51 C’est JPB qui souligne ces étranges manières de s’exprimer qui sentent, là, complètement la gnose et plus particulièrement le catharisme.


Notons en passant les impertinences et les grossièretés du langage de M. Maurras à l’adresse des catholiques chez lesquels il ne recherche « ni l’ardeur, ni la vie, semences ignées du progrès 52 », réfugiées chez leurs ennemis les révolutionnaires, et qu’il n’accepte les dits catholiques que pour leur faculté d’obéissance et de discipline, à condition, tout simplement, qu’ils « abjurent, tout au moins en politique, la théologie et le droit divin 53 », ce qui est la formule même du libéralisme le plus outré, au sens où il a été condamné par le Syllabus... ; notons également que M. Maurras présente le culte de la Vierge-Mère, à laquelle l’Eglise chante cette louange incomparable : tu sola interemisti omnes haereses in universo mundo, comme le moyen assuré de conduire « sans secousse» les peuples catholiques à une prochaine apostasie54...
Notes de JP B :

52 En italiques dans le texte.

53 Idem.

54 Celle, effectivement, que soutiendra Paul VI.


[...]
M. Maurras [ignore], quand il ne les nie pas, le transcendant naturel ou révélé, Dieu, la divinité du Christ, [...]

[...], c’est cet agnosticisme, cet athéisme prétendu négatif, ce positivisme que M. Maurras voulait réconcilier avec le catholicisme et sa discipline, pour rétablir et faire régner, par la Monarchie, l’Ordre bouleversé par la république démagogique issue de la révolution.

CHAPITRE XVIII

M. MAURRAS RECRUTE DES ALLIÉS

[...]
Ainsi, M. Maurras s’est proposé de restaurer la Monarchie en associant le Positivisme et le Catholicisme.

Sans doute, la philosophie d’Auguste Comte est d’accord avec la philosophie catholique sur la volonté de mettre de l’ordre dans le monde, mais elle ne l’est que sur ce point.

Or, l’Eglise veut l’ordre en Dieu le Positivisme de Comte veut l’ordre sans Dieu.

Donc, opposition absolue.

Comme la Monarchie Capétienne a été catholique depuis son origine, le Roi de France, le Roi Très Chrétien, la Monarchie positiviste de M. Maurras est une conception contraire à celle de la Monarchie Capétienne, une négation des lois fondamentales de la Monarchie franque, du programme royaliste moderne et des instructions des Princes de la Maison de France.

Vouloir unir le catholicisme et le positivisme pour restaurer la Monarchie, est aussi absurde que vouloir marier une carpe avec un lapin.

[...]

*
* *
Au point de vue social, la Monarchie étant restaurée, M. Maurras entend que la France revienne à l’esclavage antique, ainsi que nous le prouverons par la suite.

Sur les esclaves, la domination d’une aristocratie orgueilleuse et implacablement dure, assurerait, fût-ce par la force, la durée du régime monarchique.

Etrange Système que le Système de M. Maurras, aruspice d’une monarchie fossile qu’il croit nouvelle :
Cité païenne des dieux mythologiques ;
Dictature illimitée, combinée avec le Positivisme d’Auguste Comte ;
Méthodes et moyens révolutionnaires, excluant toute morale ;
Emploi55 de la Force ;
Domination d’une aristocratie orgueilleuse autant qu’impitoyable pour le peuple;
Retour à l’esclavage
[...]
55 Omniprésent, universel, généralisé et permanent: tel le préconise A. Loubier de BONNET DE VILLER. (Note de JPB.)


CHAPITRE XIX

LE SYSTÈME NATIONAL DE MAURRAS

Dans le programme de L’Action Française on lit :
Citation :
Un vrai nationaliste place la Patrie avant tout. Il conçoit donc, Il traite donc, il résout donc toutes les questions pendantes dans leur rapport avec l’intérêt national.
Ce nationalisme étroit d’origine et outrecuidant de prétentions56, [...], rend le Système de M. Maurras impraticable en politique internationale, sans perpétuer un état d’hostilité entre la France et le reste du monde, [...].
56 Qui ne tient pas compte des intérêts supérieurs de l’Église. (Note de JPB.)


Dans cette politique de l’Ecole Maurras, l’idéalisme moral, partout arraché des concepts et des institutions, est partout remplacé par l’intérêt collectif du groupe social ou de nation.

L’individu n’est fait, d’après M. Maurras, que pour son groupe ; les groupes inférieurs, pour l’élite ou aristocratie ; tous les groupes ensemble, pour la Nation ou l’Etat qui résorbe tous les autres intérêts 57 ; et toutes les Nations n’ont l’air d’exister que pour la suprématie des intérêts d’une seule : celle de Maurras, la Nation française.
57 En cela, la conception sociale de Charles MAURRAS et de ses disciples ne diffère en rien de la conception des démocrates et totalitaristes socialistes et communistes !... (Note de JPB.)


Il s’ensuit, comme le constate M. Lucien Moreau, dans La Revue d’Action Française du 1er mai 1900, qu’il est « tout à fait impossible qu’un homme amené par le Maurrassisme aux spéculations politiques puisse considérer un intérêt quelconque comme plus important que l’intérêt de l’Etat » ; de même, M. Maurras écrit, de son côté, qu’« envers toutes les Nations, la justice doit se mesurer à leur aptitude à se maintenir et à grandir ».

Au panégyrique de la violence et de la raison d’Etat, à l’intérieur, répond donc, à l’extérieur, l’apothéose de l’égoïsme national et de la Force.

De ce coup, M. Maurras exclut des relations entre peuples toute possibilité d’un ordre fondé sur le respect mutuel du Droit et de la Justice.

Là, où ses théorèmes ont passé, il ne subsiste plus rien que l’intérêt français.

Que d’autres peuples se mettent à raisonner de même, c’est le déchaînement, dans le monde, de la plus atroce des compétitions d’intérêt. La Force du Droit fait place au droit de la Force, au droit du poing comme disait Bismarck.
(Et c’est bien ce qui est, hélas ! arrivé avec les guerres mondiales de 14-18, 39-45 et, depuis, avec la domination progressive et finalement universelle des États Unis d’Amérique qui se sont imposés dans toutes les guerres, depuis celle dite « froide » jusqu’aux dernières en dates. – Note de JPB)


Maurras, Français, raisonne exactement, politiquement et diplomatiquement, en Prussien retourné (C’est-à-dire en libéral : cf. Don SARDÀ Y SALVANY, « Le libéralisme est un péché », chap. XII, “D'une chose qui ressemble au libéralisme et qui ne l'est pas, et d'une autre qui est le libéralisme quoiqu'elle ne lui ressemble pas”, in fine. – Note de JPB.)

.
Enfin, le Nationalisme qui considère la patrie comme une fin en soi et l’oppose aux autres patries, va à l’encontre de la loi chrétienne qu’il entrave dans son idéal d’unité humaine, et n’est, en réalité, qu’une conception païenne.


A suivre.

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Lun 4 Fév - 7:30

Nous avons déjà vu, cher ami lecteur, dans le deuxième message de ce fil, que le 29 janvier 1914, Sa Sainteté le Pape saint Pie X condamna le livre commun de MM. Charles MAURRAS et Léon DAUDET, « L’Action Française et le Vatican ». A son tour, le journal « L’Action Française » fut mis à l’Index le 29 décembre 1926 et donc interdit de lecture pour les Catholiques.
Examinons plus en détail si vous le voulez bien, la doctrine dudit journal exposée dans ses propres écrits, celle de son directeur, M. Charles MAURRAS, et nous verrons probablement par là si S. S. le Pape Pie XI n’a pas eu raison de le condamner ainsi que ceux de ses abonnés refusant d’obéir à la Sainte Église Catholique, notre mère aimante en Jésus-Christ Notre-Seigneur.
M. Ernest RENAULD, opus cit., pages 125 à 139, a écrit:

[...]
Ils enseignèrent, non pas le catholicisme, mais l’athéisme ; non pas la Monarchie Très Chrétienne, qui a fait la France des Berrichons, des Provençaux, des Bretons ; mais une monarchie païenne, qui a fait la Grèce des Pélasges, de Argonautes, des Béotiens, et comment pourrait être rétabli cette monarchie fossile, qui serait sans doute appréciée sur l’Hélicon et que M. Photius-Charles Maurras pourrait consacrer aux Muses, mais que ne sauraient apprécier les royalistes français qui, sur la colline de Montmartre entendent consacrer la Monarchie au Sacré-Cœur !
[...]

CHAPITRE XXI

UN PAÏEN COMME MAURRAS.

M. Maurras est païen. Il ne le nie pas, au contraire.
En effet, il a publié, dans L’Action Française du 14 avril 1928, qu’il n’a “pas la foi catholique”.

A la page 8 de son livre, La Raison d’Etat, M. de Montesquiou parle de son ami Maurras et écrit familièrement :
Citation :
Un païen comme Maurras.
Ce païen regrette “le beau génie polythéiste”, comme il est dit dans la Revue Critique du 25 septembre I908, page 421 ; se désole de « la fâcheuse scission, intervenue à l’Ere Chrétienne, entre l’ordre religieux et l’ordre civil », ainsi que M. Maurras le déclare dans Trois Idées Politiques, page 60, et s’afflige que « le souffle de l’Orient », c’est-à-dire le Christianisme, ait « altéré la grande âme antique » ; il l’imprime dans le même livre, publié en 1898, Trois Idées Politiques, page 53.

Le paganisme de M. Maurras est une des raisons pour lesquelles l’Ecole néo-royaliste donne le premier rang à la Politique et relègue la Religion à l’arrière-plan.

Grands caractères et soulignés en gras de JPB : cette position est, bien sûr, à relent hérétique !...


« Politique d’abord », ou « Par tous les moyens », maximes de M. Maurras, n’étaient pas celles du Christ qui a dit :
Citation :
Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice ; le reste vous viendra par surcroît.
Donc, Religion d’abord et justice pour tous.

*
* *
Ayant offert un de ses livres à M. Ernest Judet, Directeur de L’Eclair, M. Maurras traça cette dédicace : « Hommage d’un païen ».
Les théologiens s’accordent pour reconnaître que toute autorité légitime vient de Dieu : omnis potestas a Deo.

Si donc M. Maurras est païen, que deviendra l’autorité de son gouvernement monarchique ? Elle n’existera pas. Il ne peut, par conséquent, établir un gouvernement, puisqu’il n’y a pas de gouvernement sans autorité, pas d’autorité sans Dieu et que M. Maurras ne croit pas en Dieu.

Voilà à terre tout le système paradoxal de M. Maurras !

Dans Anthinéa il déplore la disparition du paganisme et écrit de Jésus, mort sur la Croix :
Citation :
il me semblait qu’ainsi, sous la croix de ce Dieu souffrant, la nuit s’était répandue sur l’âge moderne.
M. Henri Bazire, commentant l’athéisme de M. Charles-Photius Maurras, a reproduit dans La Libre Parole, un long passage d’Anthinéa, expurgé ; ce passage a pour titre : Athènes antique – Les Collections :
Citation :
Les amis de M. Mauras soulignent ainsi l’importance de ce livre dans L’Action Française du 1er novembre 1901, page 752 :
Citation :

Si, dans cet ouvrage où Il use du mode lyrique aussi souvent que de l’analyse, Charles Maurras n’apparaît plus comme le théoricien de l’Enquête sur la Monarchie, ceux de ses amis qui ont suivi ses campagnes pour toutes les causes nationales, et notamment pour les lettres françaises, savent bien que les thèses philosophiques et esthétiques d’Anthinéa forment le fondement même de sa politique.
L’on s’explique, dès lors assez, que M. Maurras ait fait reproduire dans les Annales Politiques et Littéraires du 24 novembre 1912, cette page où il se lamente sur le Christianisme triomphant du paganisme, aux termes de la conclusion d’un voyage qu’il fit à Athènes :
Citation :

Je transcrirai mon impression finale ; elle fut la plus forte de la journée. Je l’éprouvai dans un recoin, à droite d’une porte, devant le buste d’un homme jeune encore, à barbe longue terminée en boucles épaisses, au nez fin, aux joues creuses, les pommettes délicatement aiguisées, les orbites proéminentes et comme usées par le souci. Une ossature mince soutenait ce visage fiévreux, d’un caractère inquiet et souffrant. Joignez, autant qu’il une souvient, de grands cheveux roulant à flots sur les épaules, comme pour soulager, dramatiser, outrer un masque de douleur dont tous les traits finissaient en pointes subtiles. J’ouvris le catalogue de M. Calvadias. Je ne fus pas peu surpris d’y lire :
Citation :
419. Buste de jeune homme barbu, trouvé au théâtre de Bacchus, à Athènes. L’expression et les traits du visage nous rappellent l’image de Jésus-Christ. Art très intéressant.
Non, je n’eus aucune surprise. Je sentis pourtant le besoin de courir au grand air pour dissiper le trouble où me jetait ce brusque retour du nouveau monde et du Nazaréen par qui tout l’ancien s’écroula. 58. C’était le dernier jour d’avril et l’un des premiers du véritable printemps.
58 Souligné par JPB.

Jusqu’au soir, je courus les monceaux de ruines informes, répandues en des terrains vagues entre la rue d’Hermès et la pente septentrionale de l’Acropole. Dans l’enclos déserté de l’ancien gymnase de Diogène, où quelques moutons paissaient l’herbe, je me couchai au sol et regardai, sans dire ni penser à rien, la nuit qui approchait : il me semblait qu’ainsi, sous la croix de ce Dieu souffrant, la nuit s’était répandue sur l’âge moderne.
(En italiques dans le texte de Monsieur Ernest RENAULD. – Précision de JPB.)


Mais les nuits de l’Attique ne sont jamais tout à fait sombres. Je fis un mouvement. La fluide clarté que développaient les étoiles me désigna avec instance et autorité, sur un morceau de marbre pâle, ce mot inscrit en lettres majuscules XOPOS.
En lettres grecques qui forment le mot : Choros. (Note dans le texte de Monsieur Ernest RENAULD. – Précision de JPB.)


Choros veut dire danse. Une danse est un mouvement concerté et réglé qui laisse dans l’esprit de belles figures. Ces lettres assemblées me gonflèrent le cœur d’espérances mystérieuses. Elles me firent voir les générations de morts ressuscités, de dégénérés refleuris. De la terre aux étoiles tout passe, tout revient, tout est lié en chœur. Des circuits infinis correspondent à tous les vœux. Un chrétien s’afflige, l’impie 59 ! Mais Il n’est rien que ne soulève la volonté tendue d’un esprit préparé et fort.
59 Souligné par JPB.

J’étais entré au gymnase de Diogène, pleurant la mort de Phidias ou la décadence du monde, mais le beau mot répété dans l’ombre brillante, XOPOS, XOPOS, dévora tout ce qui n’était plus digne de Phidias 60. L’idée du chœur universel m’ayant éclairci la pensée, je repris passage sur le vaisseau qui me ramena chez les miens, apportant dans mes mains vides plus de trésors que n’en avait Ulysse quand il regagna sa patrie.
60 Idem.

Ainsi, M. Maurras déplore la disparition du paganisme ! Se peut-il concevoir rien de plus païen, de plus anti-catholique, de plus blasphématoire ?

Mais le “cœur” de M. Maurras gonflé « d’espérances mystérieuses », attend le retour de l’époque païenne, car « tout passe, tout revient » ; il suffira, pour que le paganisme renaisse, de « la volonté tendue d’un esprit préparé et fort », celui de M. Maurras qui s’applique, en effet, de son mieux, à entraîner vers le paganisme les catholiques qui lisent L’Action Française.
(Voilà pourquoi de nombreux lecteurs de L’Action Française préférèrent encourir l’excommunication plutôt que d’abandonner la lecture de ce journal antireligieux et anti-catholique, certains même n’hésitant pas à se targuer, au Tribunal de la Pénitence, d’en être toujours lecteurs alors même qu’il était interdit, et à répondre au confesseur, qui leur refusait alors l’absolution, qu’ils iraient la recevoir ailleurs où ils savaient qu’on ne leur reprocherait cette indiscipline irréligieuse et réellement schismatique... Impiété profondément irrévérencieuse envers ce Sacrement de miséricorde ! – Note de JPB.)


*
* *
De son côté, M. l’Abbé Jules Pierre fait remarquer que quatre édifiantes propositions se dégagent de cet article de M. Maurras :
  1. Jésus-Christ a amené la nuit sur l’âge moderne et la décadence sur le monde ;
  2. L’évolution fatale va ramener le paganisme ;
  3. Les impies sont les chrétiens qui s’affligent de cette renaissance du paganisme ;
  4. M. Maurras a l’espoir qu’un « esprit préparé et fort » 61 soulèvera toutes les difficultés qui retarderaient cette “résurrection”, qui ramènera la lumière sur le monde en chassant la nuit du christianisme et fera refleurir les hommes du paganisme, dont le Christ a fait des “morts” et des “dégénérés”.
    61 (Celui de Lucifer, sans doute !... – Note de JPB.)

Toute l’œuvre de M. Maurras est pleine des mêmes pensées : le blasphème raffiné s’y rencontre à chaque pas.
M.Maurras n’en donne pas moins des leçons de catholicisme. Son journal L’Action Française en est rempli.

*
* *
Dans son livre, L’Action Française et le Vatican, publié en 1927, M. Charles Maurras écrit, page 262, qu’il a supprimé ce passage d’Anthinéa. C’est exact. Nous lui en donnons acte.
Mais, bien qu’expurgé, Ânthinéa n’en est pas moins un livre païen, archipaïen.

L’on sait que l’Eglise catholique, pour préciser son dogme, a ajouté au Symbole de Nicée le Filioque, qui déterminait, d’une manière plus complète, la procession du Saint-Esprit.

Or, comment M. Charles Maurras juge-t-il cette précision ?
Il l’appelle « une vénérable nuée qui, en son temps, brouillait Photius avec le Pape Nicolas, et Byzance avec Rome ».
Ces mots se trouvent encore dans l’édition d’Anthinéa de 1923 et de 1926, année de la condamnation pontificale rendue publique.

M. Maurras ne peut donc pas soutenir qu’il s’agit, là, de politique ; il s’agit de religion 62 ; et Anthinéa, livre resté païen, malgré les suppressions faites par son auteur, demeure toujours un livre qui scandalise les catholiques.
62 (Souligné d’un trait ou/et en gras par JPB.)

L’Action Française quotidienne a, d’ailleurs, annoncé, en première page, la nouvelle édition toujours païenne d’Anthinéa, celle de novembre 1926.

Après la condamnation, M. Maurras, a-t-il expurgé Anthinéa des passages païens ? – Non.

Donc, la condamnation pontificale est justifiée.

*
* *
Les journaux du 24 novembre 1927 annoncent, à titre de publicité payée par l’éditeur de M. Maurras, et d’accord avec ce dernier, une édition courante de Chemin de Paradis, « récits d’une pureté, d’une grâce – et d’une audace – proprement païennes ».
Cette réédition, publiée en ces termes, après la condamnation de ce livre par le Pape, est une double injure au Souverain Pontife.

*
* *
M. Charles Maurras, dans Politique Religieuse, année 1912, page 289, ne voit pas d’inconvénient à “déchristianiser”, au contraire ; mais “décatholiciser”, non pas, car le catholicisme, pour l’auteur d’Anthinéa, est l’héritier de Rome et d’Athènes, c’est-à-dire du paganisme.

N’insistons pas. Chacun sait que M. Maurras est païen.


CHAPITRE XXII

“L’ACTION FRANÇAISE” CONTRE DIEU.

Un païen comme Maurras est nécessairement contre Dieu.

M. Louis Dimier, dans son livre, Vingt Ans d’Action Française, le déclare et trace de cet homme en qui ses fidèles célèbrent le profond politique, voire le thaumaturge, ce portrait intellectuel et moral :
Citation :
Quant à son esprit, il portait sur un nihilisme absolu. Je n’ai jamais vu d’âme plus désolée que la sienne. Il ne croyait ni en Dieu, ni à l’homme, ni au bien, ni généralement à quelque objet que ce fût qui dépassât les apparences. Dans ce grand vide, pour donner matière à la pensée qui s’agitait, il avait construit la Cité dans l’idée de laquelle il vivait uniquement. Pour lui, ce n’était qu’une peinture dont il repaissait son imagination et charmait se mélancolie. Il n’avait nul soin véritable, nul besoin organique de la faire passer en fait.

*
* *
[...]

*
* *
De M. Maurras dans Trois Idées Politiques, année 1912, pages 58, 59 et 60 :
Citation :
en dépit du grand préjugé que l’autorité de Voltaire a fait régner en France, c’est une question de savoir si l’idée de Dieu, du Dieu unique et présent à la conscience, est toujours une idée bienfaisante en politique.
Les positivistes font observer avec raison que cette idée peut aussi tourner à l’anarchie.
Trop souvent révolté contre les intérêts généraux de l’espèce et des sous-groupements humains (patrie, caste, cité, famille), l’individu ne s’y soumet, en beaucoup de cas, que par nécessité, horreur de la solitude, crainte du dénûment ; mais si dans cette conscience naturellement anarchique, l’on fait germer le sentiment qu’elle peut nouer directement des relations avec l’être absolu, infini et tout-puissant, l’idée de ce Maître absolu et lointain l’aura vite éloignée du respect qu’elle doit à ses maîtres visibles et prochains : elle aimera mieux obéir à Dieu qu’aux hommes.
(En italiques dans le texte de Monsieur Ernest RENAULD. – Précision de JPB.)


[...] Il ne devrait y avoir qu’un cri parmi les moralistes et les politiques sur les dangers de l’hypocrisie théistique.
(Idem et id.)


Si, pour un instant, elle donne à chaque individu quelque ardeur et quelque ressort, ce n’est qu’une apparence ; cette passagère excitation de l’orgueil ne vaut pas tous les maux qu’elle fait, puisqu’elle décompose et dissout tous les éléments de la communauté des hommes, non seulement l’Etat et ses modes divers, mais aussi la science, mais jusqu’à la pensée. L’individu perd, de la sorte, outre les conditions de sa vie élémentaire, ses ornements et ses plaisirs supérieurs.
Si ce n’est pas là être contre Dieu, je me demande ce que c’est ?

*
* *
[...]

*
* *
De M. Soury dans L’Action Française, tome 8, page 462 :
Citation :
Je suis absolument sûr que le surnaturel n’existe pas plus dans la nature que dans l’histoire. L’adjectif divin n’a point de sens pour un athée.

*
* *
De M. Rémy de Gourmont dans La Culture des idées, page 178, livre publié en 1901 et recommandé par M. Jacques Bainville et L’Action Française du 15 juin, même année :
Citation :
Une croyance, quelle qu’elle soit, est une superstition. Croire en un seul Dieu et le prier, si c’est un acte pieux, il est d’une piété plus large et plus belle de croire en tous les dieux du Panthéon.

*
* *
De M. de Lapouge dans L’Action Française du 1er juillet 1900, page 56 :
Citation :
Le Bon Dieu des chrétiens et le Grand Architecte de l’Univers me paraissent un même personnage, bien susceptible de ne pas exister.
Je ne crois pas que la morale du christianisme soit la meilleure possible.
Je la regarde comme profondément vicieuse en bien des points et responsable de l’arrêt de l’évolution de l’humanité vers le beau physique et moral.
M. Maurras contre Dieu, L’Action Française qu’il inspire est également contre Dieu; et, dès lors, les théories monarchiques de ce journal sont la ruine de l’idée religieuse elle-même.


CHAPITRE XXIII

“L’ACTION FRANÇAISE” CONTRE L’ANCIEN TESTAMENT.

[...]

*
* *
De M. Maurras, Trois Idées Politiques, année 1912, page 61 :
Citation :
Chez les anciens israélites, les Prophètes, élus de Dieu en dehors des personnes sacerdotales, furent des sujets de désordre et d’agitation.

*
* *
De M. Maurras, Action Française, tome 1, page 313 et suivantes
Citation :
Isaïe et Jésus, David et Jérémie, Ezéchiel et Salomon donnaient par leurs exemples et leurs discours, les modèles de la frénésie toute pure.
Page 315 :
Citation :
La Barbarie judéo-chrétienne.
Tome 4, page 544 :
Citation :
Le Venin du Magnificat
Ou plus exactement dans la préface de Chemin de Paradis, page 27 :
Citation :
D’intelligentes destinées ont tait que les peuples policés du Sud de l’Europe n’ont guère connu ces turbulentes Ecritures Orientales que tronquées, refondues, transposées par l’Eglise dans la merveille du Missel et de tout le Bréviaire. Ce fut un des honneurs philosophiques de l’Eglise, comme aussi d’avoir mis aux versets du Magnificat une musique qui en atténue le venin.
Le dernier membre de phrase a été supprimé dans l’édition de 1929, huitième mille, et remplacé par un ensemble catholique qui passe après les images d’Athènes païenne.

*
* *
La plupart des idées exprimées par M. Maurras dans la revue L’Action Française, dans L’Action Française quotidienne comme dans ses livres de doctrine ne lui appartiennent pas; il les a empruntées à ses Maîtres et imposées aux catholiques et aux royalistes français.

Or, un des Maîtres de M. Maurras, pour tout ce qui se rapporte à l’Ancien Testament et à la Bible, c’est Voltaire, dont L’Action Française du 14 janvier 1901 publie de larges extraits blasphématoires sous ce titre significatif : Nos Maîtres, Voltaire.

[...]

M. Bainville écrit [...] dans Le Mercure de France du 15 avril 1907, page 664 :
Citation :
L’athéisme des Français cultivés, l’athéisme classique était conservateur... M. Maurras... a décrit, dans une page imagée, l’entrée de J.-J. Rousseau à Paris, et compare le prophète Genevois à ses ancêtres directs, les prophètes hébreux. La page veut être citée.
M. Bainville cite la page de M. Maurras parue dans L’Action Française, tome 1, page 307 :
Citation :
Mais le méprisable Rousseau... Il vint comme ces énergumènes qui, vomis du désert, affublés d’un vieux sac, ceints de poils de chameau et la tête souillée de cendres, promenaient leurs mélancoliques hurlements à travers les rues de Sion et, mêlant leur pain à l’ordure, salissaient chaque passant de leur haine et de leur mépris.
M. Bainville ajoute :
Citation :
Folie, sauvagerie, ignorance, singularité, solitude, orgueil, révolte, voilà ce que l’aventurier, nourri de la moelle biblique, érigea sur l’autel sous le nom de vertu.
M. Jules Lemaître, à son tour, compare J.-J. Rousseau au saint homme Job sur son fumier : c’est la Bible tout entière qui revit avec J.-J. Rousseau. La Bible, mais avec quelque chose de plus. La Bible toute seule, toute nue, n’était pas assimilable pour nos contemporains. Ils n’en eussent pas supporté la rebutante nourriture.
Rousseau importa chez nous la manie du divin.
Le même esprit messianique, le même esprit biblique se retrouvent dans le Romantisme et dans la Révolution.
M. Bainville exprime [dans Le Mercure de France, où il publie un article sous le titre Jean-Jacques Rousseau et le Romantisme Français] ces trois propositions, en harmonie avec la pensée de M. Maurras :[ list=1][*]Les prophètes, d’Isaïe à Jésus-Christ, sont des énergumènes, de purs frénétiques ;[*]La Bible, jugée au point de vue littérature, n’offre qu’une nourriture rebutante ;[*]Dans le fumier de Jean-Jacques Rousseau revit la Bible ~tout entière, quoique un peu améliorée par le génie de l’écrivain.[/list]
Ainsi ce que les néo-royalistes blâment le plus en Jean-Jacques Rousseau, c’est ce qui lui reste de chrétien.

M. Maurras a réimprimé dans L’Action Française quotidienne du 13 juin 1912, la page ci-dessus sur Jean-Jacques Rousseau et les prophètes d’Israël.

*
* *
M. Hugues Rebell écrit, [...], dans L’Action Française, tome III, pages 907-912, ces lignes agréables pour M. Maurras, ami de Voltaire :
Citation :
L’affaire Dreyfus n’a pas causé tant de maux sans offrir aux esprits libres une leçon historique qui ne doit pas être perdue.
Elle a montré comment se crée une religion ; quelle folie un être suspect, médiocre et antipathique, s’il a seulement de l’orgueil et de l’entêtement, peut mettre en jeu ; quelles demi-intelligences il peut séduire, et comment Il arrive même à convertir l’esprit sans défense et le jugement timide.
Il est probable qu’il y a environ deux mille ans, l’aventure fut pareille.
Nous en gardons encore les traces. La lutte héroïque de Voltaire n’a pas triomphé de notre bêtise. Même les Voltairiens d’aujourd’hui ne se doutent pas que, pour aimer réellement Voltaire, il faut commencer par mettre la Bible au rang des livres de pathologie, parmi les traités des maladies humaines.
M. Hugues Rebell avance ces trois propositions, relevées par M. l’Abbé Jules Pierre :
  1. Le succès du “suspect, médiocre, antipathique, orgueilleux et entêté Dreyfus, est l’explication du succès de Jésus-Christ ;
  2. La lutte de Voltaire contre la Bible est une lutte héroïque contre la bêtise humaine ;
  3. La Bible est à mettre tout entière au rang des livres de pathologie, parmi les traités des maladies humaines.

Ces textes sont éloquents.

CHAPITRE XXIV

“L’ACTION FRANÇAISE” CONTRE L’ÉGLISE CATHOLIQUE.

M. Louis Dimier rapporte dans son livre : Vingt Ans d’Action Française, pages 28, 29 et 30, comment se forma I’Ecole néo-royaliste sous la direction de M. Charles Maurras :
Citation :
Une partie de nos amis, les premiers arrivés, n’étaient pas seulement incroyants, mais impies. Ils étaient hostiles au nom chrétien : quelques-uns en avaient la haine. Ils n’y détestaient pas seulement un tissu de fables, ils en réprouvaient l’enseignement, la morale, à cause de l’indépendance de la conscience chrétienne, soustraite (comme ils disaient) par la vie intérieure à l’empire du lien social, affranchie des puissances terrestres par l’unique engagement du commandement divin. Double source d’anarchie, dont on vit les effets dans la ruine de l’Empire romain d’abord, ensuite dans celles qu’accumulèrent la Réforme protestante au nom de l’Evangile, puis la Révolution française, qui en a été la conséquence.
Telles étaient les idées entretenues par des hommes qui faisaient de la Défense de l’Église catholique une partie de leur action publique.
Comment était-ce possible ? Voici :
C’est que l’Église mêlait à l’enseignement chrétien des influences venues d’ailleurs, qui en amendaient le méfait.
L’altération que les protestants dénoncent de l’ancienne foi dans la communion romaine, effet du paganisme, disent-ils, cette apologie d’un nouveau genre l’admettait, mais pour en faire l’éloge.
Le fort esprit social de la Rome des Empereurs, introduit dans l’Église catholique, y refoulait l’anarchie versée par l’Évangile et l’empêchait de s’y développer. Mais quoi, l’Église renie-t-elle l’Évangile ? N’enseigne-t-elle pas le primat de la vie intérieure et de l’obéissance à Dieu ? Oui, mais sous son contrôle, avec sa direction.
De ces franchises divines, dans l’Église catholique c’est une société qui décide, c’est une autorité extérieure et visible, et cela sauve l’inconvénient.
Ainsi, c’est en haine du Christianisme, en précaution contre les maux qu’il cause, qu’on défendait le catholicisme.
Maurras joignait à cela les idées venues d’Allemagne sur l’hellénisme, école de la nature, dispensateur de volupté, antidote des renoncements et des chimères chrétiennes.
La prudence dans les mœurs, l’ordre dans la Cité, étaient l’apanage de la Grèce ; la mutilation, le désordre, exprimés par le christianisme, lui Venaient d’une source plus profonde, essentiellement hostile au monde grec et romain et qui, dans cette espèce de manichéisme historique, représentait le mal éternel, c’est à savoir la nation juive, en qui s’incarnait la barbarie.
L’inspiration des livres saints, la croyance au Dieu unique même, dressées contre tout ordre social, en étaient les traits détestés.
Ces propos révoltaient le sentiment catholique. Ils n’offensaient pas moins le bon sens et l’histoire.
J’eus quelques prises avec Maurras.
« Avec votre religion, me dit-il un jour, il faut que l’on vous dise que, depuis dix-huit cents ans, vous avez étrangement sali le monde. » (En italiques dans le texte de Monsieur Ernest RENAULD. – Précision de JPB.)
L’on comprend que M. Louis Dimier, catholique pratiquant, ait fui L’Action Française ; ce que l’on comprend moins, c’est qu’il soit resté vingt ans dans un pareil milieu.

[...]

*
* *
M. Jules Soury a écrit, dans L’Action Française, sous le titre Cléricalisme, un article que M. Maurras fit reproduire inopinément dans la pieuse Gazette de France du 12 octobre 1901.
Nous lisons :
Citation :
Les dogmes de l’Eglise n’ont paru à quelques-uns une tyrannie que depuis qu’un Pontife s’est avisé de les prendre au sérieux (63).
(63) Par la suite, M. jules Soury rétracta une assez grande partie de ses erreurs ; et, à sa mort, un service religieux eut lieu, le 13 août 1915, en l’église Notre-Dame de la Miséricorde, sa paroisse. (Note d’origine dans le texte de M. Ernest RENAULD.)
Violente discussion, comme bien on pense, à La Gazette de France, entre le Directeur, M. Janicot, M. Maurras et les Rédacteurs de ce journal ; au cours de cette discussion, M. Maurras, l’écume à la bouche, précisait ainsi sa pensée :
Citation :
Le jour où il s’est trouvé un Pape pour prendre les dogmes au sérieux, la religion catholique est tombée à l’étal de mythologie indigne d’être discutée.

*
* *
De M. Rémy de Gourmont dans la Culture des idées, page 145, livre que M. Jacques Bainville loua en termes très flatteurs dans L’Action Française, 15 juin 1901 :
Citation :
Le catholicisme, fidèle à son nom, nous a transmis, au milieu de la religion du Christ, à peu près toutes les superstitions et toutes les théogonies orientales.

*
* *
Même livre, page 183 :
Citation :
En suivant les métamorphoses des croyances, on devrait parler de Jésus, sans doute, mais pas plus que de Bacchus, d’Isis ou de Méthra.

*
* *
De M. Launay, Action Française, tome 8, page 89 :
Citation :
Si les préceptes de Jésus-Christ, dépassant les limites de la morale particulière, prédominaient dans le Gouvernement, on sent que beaucoup de maux qui nous révoltent à l’heure actuelle ne cesseraient pas d’augmenter.

*
* *
De M. Hugues Rebell, rédacteur à L’Action Française, dans Union des Trois Aristocraties, page 18 :
Citation :
Je ne crois pas que le christianisme ait été un bienfait pour l’humanité ; les sociétés antiques me paraissent beaucoup mieux constituées que la société chrétienne.

*
* *
Du même auteur, page 21 :
Citation :
Cet esprit chrétien, dont tout aujourd’hui est infecté, jusqu’aux hommes qui s’en disent ennemis.

*
* *
[...]

CHAPITRE XXV

L’IMMORALISME DE “L’ACTION FRANÇAISE”.

Le 20 juin 1899, dans le discours d’inauguration de la fondation de L’Action Française, M. Henri Vaugeois prononça ces paroles très applaudies et publiées dans cet organe, page 13 :
Citation :
La moralité française ne tient pas à des théories ; elle est faite d’équilibre pratique ; elle peut être athée.

*
* *
[...]

M. Georges Pélissier qui, dans la Revue Encyclopédique, avait défini M. Anatole France par ces mots : « Païen et cynique », n’ayant pas « le souci et le sens de la vie morale », s’attira cette réplique de M. Maurras dans la même revue du mois de janvier 1895 :
Citation :
J’aurai le cynisme de répondre que j’aime justement M. France parce que ce souci et ce sens lui sont étrangers et qu’ils lui sont même odieux.

*
* *
De M. Charles Maurras dans la Revue Encyclopédique, année 1898, page 900 :
Citation :
Tantôt l’on a, comme Victor Hugo, la rage de chercher dans toute la répartition des biens et dus maux, les signes, les indices, les révélations d’une mystérieuse divinité du juste. Tantôt l’on s’amuse à considérer avec scandale l’innocence opprimée partout, le méchant partout couronné et ennobli, le vice insolent, heureux et triomphateur.
Les deux systèmes ont leur point de départ dans l’esprit de la Bible juive et chrétienne. Je les crois l’un et l’autre faux.
Ni morale, ni immorale, mais bien extérieure et supérieure peut-être à la moralité, vide de toute signification de cette portée, telle est la succession des événements pour le sage.

*
* *
Rendant compte du livre de M. Hugues Rebell, L’Espionne Impériale, M. Maurras écrivait dans La Revue Encyclopédique Larousse, année 1898, page 1061 :
Citation :
Une belle et digne sentence exprime la pensée générale du livre ile RebeIl :
La conscience, répète l’Archevêque, mon Dieu! quand il n’est pas en toc, c’est un bijou qui se nettoie plus vite que les vêtements. Un honnête homme n’a pas à s’occuper de sa conscience, que diable! (En italiques dans le texte de Monsieur Ernest RENAULD. – Précision de JPB.)

*
* *
Dans L’Action Française, 15 mars 1903, page 516, M. Charles Maurras publiait :
Citation :
L’idée du droit ou de la justice établie en reine dans la Politique détourne nécessairement celle-ci de son but.
Conclusion logique : « A bas le Duc de Guise, légitime par droit d’hérédité! Vive Tartempion, illégitime et qui n’a aucun droit à la Couronne ! »

D’après cette même théorie, si la « justice établie en reine dans la Politique détourne nécessairement celle-ci de son but», la Monarchie rêvée par M. Maurras pourra envoyer à l’échafaud le citoyen le plus pacifique en prétextant une raison politique.

Toujours en vertu de cette théorie, la politique des Alliés qui se sont battus contre les Austro-Allemands, pour le droit et la justice, comme M. Maurras l’a écrit si souvent, a été détournée de son but, puisque « l’idée du droit et de la justice détourne nécessairement la politique de son but ».

Conclusion : « En se battant contre le droit et la justice, les Allemands ont fait une excellente politique ».
Donc : « Vive l’Allemagne !... » « A bas les Alliés ! »
M. Maurras est un logicien...

*
* *
[...]

*
* *
M. Maurras prétend, dans L’Enquête sur la Monarchie, fascicule 2, page 78, que certains rois sont devenus les bienfaiteurs du peuple par leurs vices et non par leurs qualités :
Citation :
Ce serait une question de savoir si des princes, moralement assez mauvais, ne sont pas devenus, par leurs Vices, plus que par leurs qualités, de grands bienfaiteurs de leurs peuples. Le jeu psychologique de leur ambition, de leur cupidité s’est souvent conformé, parce que telle était la ligne du moindre effort, à la ligne du bien public.
(Idem et id.)
[...]



A suivre.

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Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Ven 8 Fév - 9:38

M. Ernest RENAULD, opus cit., page 142, a écrit:
De L’Action Française, tome 1, page 613 :
Citation :
Il faut, pour une malheureuse et funeste nécessité, que la politique s’élève au-dessus de la Morale 64 ; elle ne l’avoue point, mais elle fait comme Achille : jura negat sibi nata 65.

64 Souligné en gras ou/et d’un trait par JPB.

65 En italiques dans le texte de Monsieur Ernest RENAULD. (Précision de JPB.)


M. Ernest RENAULD, opus cit., pages 147-148, a écrit:

CHAPITRE XXVII

MAURRAS PROPAGE LA RELIGION COMTISTE.

[...]

[...] M. Maurras a écrit dans L’Avenir de l’Intelligence, page 124 :
Citation :
Auguste Comte institua donc une religion.
Si la tentative prête à sourire, je sais bien, par expérience 66 qu’on n’en sourit que faute d’en avoir pénétré bien profondément les raisons.
66 Idem et id.
Page 132 :
Citation :
Le culte qu’il (Auguste Comte) ajoute au dogme et à la morale de la religion n’est que le développement du culte catholique, et c’est sans doute ce qui en fait, au premier abord, la bizarrerie.
De même, l’établissement du pouvoir spirituel présidé par un grand-prêtre de l’Humanité, pape de l’Avenir. Eh ! le rituel du catholicisme ne doit-il pas aussi au rituel des religions qui l’ont précédé ?
Tant de dédain pour les origines du culte catholique explique la sympathie profonde de M. Maurras pour le culte d’Auguste Comte ; il vante la forme et le fond de la religion positiviste, en ces termes enthousiastes, pag 134 :
Citation :
Rien d’inorganique, rien d’impersonnel, ni rien de confus ne peut être souffert dans les prescriptions du Positivisme.
C’est une philosophie extrêmement vivante, figurée avec la dernière précision. La couleur et la vie qui lui sont naturelles sont avivées encore par cette force et cette clarté du dessin.
Page 135 :
Citation :
Du jour où s’établit cette Religion Positive, l’ordre, devenu la condition du progrès, impose le respect spontané de la tradition ; bien mieux, de «l’amour» de ce noble joug du passé, et, d’une façon plus générale, le sentiment de la supériorité de l’obéissance et de la soumission sur la révolte.
Tout le monde la subit, le sage la connaît, mais l’homme pieux l’affectionne.
Si donc le culte du Grand-Etre humain se propageait et s’imposait, les relations de dépendance universelle et d’universelle hiérarchie seraient précisément l’objet de ces exaltations, de ces enthousiasmes et de toutes ces agitations sensitives qui s’exercent aujourd’hui en sens opposé : ce grand facteur révolutionnaire, l’humeur individuelle, le sentiment, l’Amour, serait l’auxiliaire de la paix générale.
Pages 149 et 150, M. Maurras dit que Comte est un saint :
Citation :
Il y gagna de la véritable noblesse, dirai-je de la sainteté ?
J’ai écrit sainteté ; j’aurais pu écrire magnanimité.
[...]



A suivre.

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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Ven 8 Fév - 10:07

Dans son chapitre XXVIII, Une école de sacrilèges, M. Ernest RENAULD témoigne de ceci :
Citation :

M. Maurras admire tellement Nietzsche qu’il lui a emprunté une comparaison, celle de Dieu à une araignée.

Sous le pseudonyme de Criton, M. Maurras écrit dans L’Action Française quotidienne du 8 novembre 1908 :
Citation :
Le Dieu d’Aristote lui-même, le moteur établi au centre de tout, ne ressemble-t-Il pas à ‘l’araignée’ de Bernard Shaw ?
Ce blasphème de M. Maurras est, je le répète, emprunté à Nietzsche dans son livre L’Antéchrist :
Citation :
La conception directe de Dieu, Dieu, le Dieu des malades, Dieu l’araignée, Dieu l’esprit, est une conception divine, la plus corrompue que l’on ait jamais réalisée sur la terre ; peut-être est-elle même au plus bas niveau de l’évolution descendante du type humain.
[...]

*
* *
De M. Bainville, Action Française, tome 5, page 239 :
Citation :
Vous me demandez ce que je souhaite en matière de religion ? Que tous les esprits libres et français souscrivent aux récentes conclusions de M. de Gaultier dans son livre : De Kant à Nietzsche.

*
* *
Voici une des conclusions de M. de Gaultier dans De Kant à Nietzsche, page 47 :
Citation :
L’idée de Dieu telle qu’elle a été conçue par Pluton, imposée par le Diable, remaniée et achevée par la théologie chrétienne, est l’idée la plus antinomique et la mieux faite pour retarder la solution du problème de la connaissance. C’est, philosophiquement, le lieu même de l’absurde.

*
* *
De M. Lucien Moreau, dans L’Action Française du 1er janvier 1905, page 38 :
Citation :
M. J. de Gaulticr, dans son beau livre : De Kant à Nietzsche, a parfaitement montré qu’il n’y a pas, à proprement parler, de Vérité morale.

*
* *
Dans L’Action Française, tome III, page 421, M. Lucien Moreau se fait le champion du livre, De Kant à Nietzsche contre « les turlupinades de gens où l’on reconnaît le pur accent du cléricalisme ».

*
* *
[...]

(M. Ernest RENAULD, Opus cit., pages 153-154.)


A suivre.

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« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: “L’ACTION FRANÇAISE”   Sam 9 Fév - 19:08

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire à propos de L’Action Française et de ses gens, surtout de son Directeur Charles MAURRAS. C’est ainsi que dans l’ouvrage de M. Ernest RENAULD le chapitre XXIX dénonce « LA POLITIQUE DE MACHIAVEL » chez Charles MAURRAS ou dans le chapitre XXXI, ce que M. Ernest RENAULD appelle « LE SALUT PUBLIC OU L’ÉTAT DIEU », toutes choses que, pour de graves ennuis de santé, je ne peux prendre pas la peine de reproduire ici...
Toutefois, ce qui a déjà été reproduit dans les messages précédents, suffit amplement pour se forger une idée précise de la valeur morale de L’Action Française et de ses gens.

Pour toutes leurs théories perverses (tant sur le plan naturel que sur le plan spirituel) et anti-catholiques, L’Action Française fut condamnée par Rome de diverses manières :

  • Déjà en 1914, S. S. le Pape saint Pie X avait fait préparer la chose :
    M. Ernest RENAULD, opus cit., pages 341-343, a écrit:

    I. — Dans la Congrégation préparatoire tenue le jeudi 15 janvier 1914 :
    Citation :
    Tous les Consulteurs furent unanimement d’avis que les quatre œuvres de Charles Maurras : Le Chemin de Paradis, Anthinéa, Les Amants de Venise et Trois idées Politiques étalent vraiment mauvaises et donc, méritaient d’être prohibées ; A ces œuvres, Ils déclarèrent qu’il fallait ajouter l’œuvre intitulée, L’Avenir de l’intelligence.
    Plusieurs Consulteurs voulurent qu’on y ajoutât aussi les livres intitulés : La Politique Religieuse et Si le Coup de Force est Possible.
    II. — Dans la Congrégation générale tenue le lundi, 26 janvier 1914 :
    Citation :
    L’Eminentissime Cardinal Préfet a déclaré qu’il avait traité de cette affaire avec le Souverain Pontife et que le Saint-Père, en raison du nombre de pétitions à lui adressées de vive voix et par écrit, même par des personnages considérables, avait vraiment hésité un moment, mais enfin avait décidé que la Sacrée Congrégation traitât cette affaire en pleine liberté, se réservant le droit de publier lui-même le Décret.
    Les Eminentissimes Pères, entrant donc au cœur de la question, déclarèrent que, sans aucun doute possible, les livres désignés par les Consulteurs étaient vraiment très mauvais et méritaient censure, d’autant plus qu’il est bien difficile d’écarter les jeunes gens de ces livres, dont l’auteur leur est recommandé comme un Maître dans les questions politiques et littéraires et comme le Chef de ceux dont on doit attendre le salut de la patrie.
    Les Eminentissimes Pères décidèrent unanimement de proscrire, au nom de la Sacrée Congrégation, les livres énumérés, mais de laisser la publication du Décret à la sagesse du Souverain Pontife.
    Pour ce qui concerne le périodique L’Action Française, revue bimensuelle, les Eminentissimes Pères estimèrent qu’il fallait en décider comme des œuvres de Charles Maurras.
    III. — Le 29 janvier 1914 :
    Citation :
    Le Secrétaire, reçu en audience par le Saint-Père, a rendu compte de tout ce qui s’est fait dans la dernière Congrégation.
    Le Souverain Pontife se met aussitôt à parler de L’Action Française et des œuvres de M. Maurras, disant que de nombreux côtés il a reçu des requêtes lui demandant de ne pas laisser interdire ces œuvres par la Sacrée Congrégation, affirmant que ces œuvres sont cependant prohibées et doivent être considérées comme telles dès maintenant, selon la teneur de la proscription faite par la Sacrée Congrégation, le Souverain Pontife se réservant, toutefois, le droit d’indiquer le moment où le Décret devra être publié ; s’il se présente une nouvelle occasion de le faire, le Décret qui prohibe ce périodique et ces livres sera promulgué à la date d’aujourd’hui.
    Souligné en gras ou/et d’un trait par JPB.
  • Puis, en 1915, S. S. le Pape Benoît XV examine l’affaire et porte le même jugement prudentiel que son prédécesseur, saint Pie X.
    C’est pourquoi M. Ernest RENAULD poursuit
    Citation :

    IV. — Le 14 avril 1915 :
    Citation :
    Le Souverain Pontife [Benoît XV] a interrogé le Secrétaire au sujet des livres de Charles Maurras et du périodique L’Action Française.
    Le Secrétaire a rapporté eu détail à Sa Sainteté tout ce que la Sacrée Congrégation avait fait à ce sujet et comment son prédécesseur, Pie X, de sainte mémoire, avait ratifié et approuvé la proscription prononcée par les Eminentissimes Pères, mais avait différé à un autre moment plus propice la publication du Décret.
    Cela entendu, Sa Sainteté déclara que ce moment n’était pas encore venu ; car, la guerre durant encore, les passions politiques empêcheraient de porter un jugement équitable sur cet acte du Saint-Siège.
    Idem. Toutefois, les écrits concernés restent condamnables et virtuellement condamnés. – Précision de JPB.
  • C’est ainsi que le 29 décembre 1926, S. S. le Pape Pie XI condamnait L’Action Française
    Citation :

    Toutes ces choses ayant été rapportées avec soin à Notre Saint-Père par moi, soussigné, Assesseur du Saint-Office, Sa Sainteté a jugé qu’il était devenu opportun de publier et de promulguer ce Décret du Pape Pie X et a décidé d’en effectuer la promulgation, avec la date prescrite par son prédécesseur, d’heureuse mémoire, Pie X.
    Id.


    De plus, en raison des articles écrits et publiés, Ces jours derniers surtout, par le journal du même nom, L’Action Française, et, notamment, par Charles Maurras et par Léon Daudet, articles que tout homme sensé est obligé de reconnaître écrits contre le Siège Apostolique et le Pontife Romain lui-même, Sa Sainteté a confirmé la condamnation portée par son prédécesseur et l’a étendue au susdit quotidien L’Action Française, tel qu’il est publié aujourd’hui, de telle sorte que ce journal doit être tenu comme prohibé et condamné et doit être inscrit à l’index des livres prohibés, sans préjudice de l’avenir d’enquêtes et de condamnations pour les ouvrages de l’un et de l’autre écrivain.
    Id. (ainsi que tout ce paragraphe en grands caractères).


    Donné à Rome, au Palais du Saint-Office, le 29 décembre 1926.
    — Par ordre du Saint-Père, CANALI, Assesseur.

  • Et le 5 janvier 1927, à la suite du recouvrement des textes de la condamnation portée par saint Pie X et maintenue sans publication par Benoît XV, S. S. le Pape Pie XI écrivait au Cardinal Andrieux, Archevêque de Bordeaux :
    Citation :

    [...]

    C’est au milieu de telles révélations de cœurs que la divine Providence a mis entre Nos mains les documents 67 que Nous vous communiquons; ce sont ces révélations qui ont mis le comble à la mesure et Nous font proscrire le journal L’Action Française 68, comme Pie X a proscrit la revue bimensuelle du même nom 69.

    Notes de JP B :

    67 Reproduits ci-dessus.

    68 Souligné d’un trait par JPB.

    69 En italiques dans le texte de Monsieur Ernest RENAULD, souligné en gras par JPB.


    Quant aux livres de Charles Maurras, proscrits par Pie X 70, il est évident, pour tout bon catholique, que la proscription ne perd rien de sa force par le fait que l’auteur ait tenu à se faire son propre index, quand l’Index 70 de la sainte Eglise est intervenu, d’autant plus s’il déclare, comme il l’a déclaré que, par là, il n’entend se mettre en règle avec aucune loi.
    70 Idem.


    [...]

    ( M. Ernest RENAULD, opus cit., pages 341-343.)

On sait comment les gens de L’Action Française accueilleront cette condamnation du journal...

Il en a été assez dit, je pense, sur le sujet !


Fin.

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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