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 Evangile selon Saint Matthieu , chap 21 ; verset 33 - 43

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MessageSujet: Evangile selon Saint Matthieu , chap 21 ; verset 33 - 43   Dim 8 Déc - 16:08

Evangile selon Saint Matthieu , chap 21 ; verset 33 - 43

Citation :
Ecoutez une autre parabole. Il y avait un maître de maison qui planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour ; et l’ayant affermée à des vignerons, il partit en voyage.
Quand vint le temps des fruits, il envoya aux vignerons ses serviteurs pour recevoir ses fruits.
Les vignerons, s’étant saisis de ses serviteurs, battirent l’un, tuèrent l’autre et lapidèrent un troisième.
Il envoya de nouveau d’autres serviteurs en plus grand nombre que les premiers, et ils les traitèrent de même.
À la fin, il leur envoya son fils, disant : « Ils auront égard à mon fils. »
Mais quand les vignerons virent le fils, ils se dirent entre eux : « Voici l’héritier ; venez, tuons-le, et nous aurons son héritage. »
Et s’étant saisis de lui, ils le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.
Lors donc que reviendra le maître de la vigne, que fera-t-il à ces vignerons ? »
Ils lui dirent : « Il fera périr misérablement ces misérables, et il affermera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en donneront les fruits en leur saison. »
Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Ecritures : La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue tête d’angle ; c’est par le Seigneur qu’elle l’est devenue, et c’est merveille à nos yeux ?
C’est pourquoi je vous le dis : le royaume de Dieu vous sera ôté pour être donné à un peuple qui en produira les fruits.
http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89vangile_selon_Saint_Matthieu_-_Crampon#Chapitre_21

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 21 ; verset 33 - 43   Dim 8 Déc - 16:08

Commentaire par Saint Thomas d'Aquin.

Verset 33-43

http://docteurangelique.free.fr/index.html


Saint Jean Chrysostome :

(hom 68.) A cette première parabole le Seigneur en ajoute une autre, pour montrer que les Juifs sont beaucoup plus coupables encore et indignes de tout pardon. « Écoutez une autre parabole : Il y avait un maître de maison qui planta une vigne. »

Origène :

(Traité 19 sur S. Matth.) Cet homme, père de famille, c’est Dieu qui prend le nom d’homme dans quelques paraboles, comme un père qui bégaie avec son petit enfant, et qui descend jusqu’à son langage enfantin pour l’instruire plus facilement.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) On donne à Dieu le nom d’homme, non pas sans doute qu’il en ait la nature, il l’est par comparaison et non pas en réalité ; et le Fils, qui prévoyait que ce nom qu’il portait lui-même donnerait lieu aux blasphèmes de ceux qui le regardaient comme un simple mortel, a voulu le donner à son Père, Dieu invisible, qui, par nature, est le Seigneur des anges et des hommes et qui en est le père par sa bonté.

Saint Jérôme :

C’est lui qui a planté la vigne dont Isaïe a dit : « La vigne du Seigneur des armées est la maison d’Israël (cf. Ps 79). »

Suite : « Et il l’entoura d’une haie. »

Saint Jérôme :

Cette haie, ce sont les murs de la cité ou les secours des anges.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Ou bien, par cette haie, il faut entendre que cette vigne est confiée à la garde des saints patriarches, qui sont devenus comme un rempart pour le peuple d’Israël.

Origène :

Ou bien encore, la garde de Dieu, c’est la haie qui entoure cette vigne, et le pressoir le lieu où se faisaient les libations « Et il y fit un pressoir »

Saint Jérôme :

Ce pressoir c’est l’autel, ou bien les pressoirs qui forment le titre de trois psaumes : huitième, quatre-vingtième, quatre-vingt-troisième ; pressoirs qui désignent les martyrs.

Saint Hilaire :

(can. 22.) Ou bien Dieu a préparé les prophètes comme autant de pressoirs dans lesquels les flots de l’Esprit saint devaient se répandre en abondance, comme un vin qui bouillonne.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Ou bien encore, le pressoir c’est la parole de Dieu qui crucifie l’homme, malgré les contradictions de la chair.

Suite : « Et il y bâtit une tour. »

Saint Jérôme :

C’est-à-dire le temple, dont le prophète Michée a dit : « Et la tour de la fille de Sion qui est environnée de nuages. »

Saint Hilaire :

Ou bien, par cette tour, il faut entendre 1’élévation de la loi qui, sortant de la terre, élevait les hommes jusqu’au ciel, et du haut de laquelle on pouvait découvrir [dans le lointain des âges] l’avènement du Christ.

Suite : « Et il la loua à des vignerons. »

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Ce fut lorsque Moïse établit des prêtres et des lévites d’après la loi, et qu’ils reçurent le pouvoir de gouverner le peuple de Dieu. Or de même qu’un fermier, quoiqu’il offre à son maître de ses propres biens, ne peut lui être aussi agréable qu’en lui présentant les fruits de sa vigne ; ainsi le prêtre ne plaira jamais autant à Dieu par sa justice personnelle qu’en enseignant au peuple à se sanctifier, parce que la justice du prêtre n’est que la justice d’un seul homme, tandis que la justice du peuple c’est la justice d’un grand nombre.

Suite : « Et il s’en alla en voyage. »

Saint Jérôme :

Ce n’est pas que Dieu change de lieu, car il est nécessairement présent partout, puisqu’il (Jr 23, 23) remplit tout de son immensité ; mais il paraît s’éloigner de sa vigne pour laisser aux vignerons toute liberté dans leur travail.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 68,) Ou bien il part pour un pays lointain, en usant à leur égard de longanimité, et en ne leur infligeant pas toujours les châtiments que leurs péchés méritaient.

Origène :

Ou bien ces paroles signifient que le Seigneur, qui avait marché avec eux sous la forme d’une nuée pendant le jour et d’une colonne de feu pendant la nuit (Ex 13), ne leur apparut plus ensuite de cette manière. Or, dans le prophète Isaïe, c’est le peuple juif qui est appelé la vigne, et c’est à cette vigne que s’adressent les menaces du père de famille ; dans l’Évangile, au contraire, ce n’est pas à la vigne qu’il fait des reproches, mais à ceux qui la cultivent. C’est qu’en effet, dans l’Évangile, la vigne est le royaume de Dieu, c'est-à-dire la doctrine qui est contenue dans les Saintes Ecritures ; la vie exempte de toute faute en est le fruit. La haie qui entoure la vigne, c’est la lettre de l’Écriture, qui cache aux yeux de ceux qui sont en dehors les fruits mystérieux qu’elle renferme ; la profondeur des oracles divins, c’est le pressoir dans lequel ceux qui ont mis à profit la connaissance de la parole de Dieu versent tous leurs soins comme autant de fruits ; la tour qui est élevé dans la vigne, c’est le Verbe qui vient de Dieu lui-même, et des largesses (de l’Incarnation) du Christ ; il a loué cette vigne à des vignerons, c’est-à-dire au peuple qui nous a précédés, tant prêtres que laïques. Or, il part pour un pays lointain, afin de laisser aux vignerons le temps de la cultiver. Le temps de la vendange arrive, et pour chacun en particulier, et pour tout le peuple en général. La première saison de la vie est celle de l’enfance, et alors la vigne, sans rien produire au dehors, n’a encore en elle que la sève de la vie Lorsque l’enfant commence a parler, c’est le temps de la mise en œuvre de la vie. Or, plus l’âme de l’enfant fait de progrès, plus aussi la vigne, c’est-à-dire la parole de Dieu, se développe, et c’est à la suite de cet accroissement successif qu’elle produit, dans leur maturité, les fruits de la charité, de la joie, de la paix et d’autres vertus semblables Pour le peuple qui reçut la loi de Moise, le temps de la vendange approche également : « Or, le temps des fruits étant proche, il envoya aux vignerons ses serviteurs pour recevoir ses fruits. »

Raban :

C’est avec raison qu’il dit : « Le temps des fruits », et non le temps de recueillir les produits de cette vigne, car un peuple rebelle ne produit aucun fruit.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 68.) Les serviteurs ce sont les prophètes, qui, comme autant de prêtres, offrent au Seigneur les fruits du peuple et les témoignages de son obéissance, qui consiste dans les oeuvres. Or, ces vignerons ont fait paraître toute l’étendue de leur méchanceté, non seulement en ne portant pas de fruits, mais encore en entrant dans une grande colère contre les serviteurs qu’on leur avait envoyés et en plongeant leurs mains dans le sang. « Mais les vignerons s’étant saisis de ses serviteurs, tuèrent l’un et lapidèrent l’autre.»

Saint Jérôme :

Ils les battirent de verges comme Jérémie (Jr 27), les tuèrent comme Isaïe, les lapidèrent comme Naboth (3 R 21) et comme Zacharie, qu’ils immolèrent entre le temple et l’autel. (Mt 23)

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) A chaque degré de la malice des Juifs, Dieu ajoutait un degré de miséricorde ; mais la malice des Juifs s’augmentait en proportion égale de la miséricorde divine, et la méchanceté des hommes engageait ainsi un véritable combat contre la clémence de Dieu. « Il leur envoya encore d’autres serviteurs, en plus grand nombre que les premiers, et ils les traitèrent de même.»

Saint Hilaire :

(Can. 22,) Ces prophètes envoyés en plus grand nombre que les premiers désignent le temps où, à la prédication individuelle et successive de chaque prophète, Dieu en fit succéder un plus grand nombre, pour annoncer tous en même temps ses oracles.

Raban :

Ou bien ces premiers serviteurs qui furent envoyés sont Moïse, qui donna la loi, et Aaron, premier grand prêtre de Dieu, qu’ils renvoyèrent sans leur avoir donné aucun fruit, après les avoir flagellés par leurs plaintes insolentes. Dans les autres serviteurs, vous pouvez voir les chœurs des prophètes.

Saint Hilaire :

Le fils envoyé en dernier lieu signifie l’avènement de Notre-Seigneur Jésus-Christ. « Enfin, il leur envoya son propre Fils. »

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 68.) Pourquoi ne l’a-t-il pas envoyé en premier lieu ? C’était pour leur laisser l’occasion de se reconnaître coupables des mauvais traitements qu’ils avaient faits aux premiers envoyés, et que, renonçant à leur fureur, ils fussent saisis de honte en voyant le Fils de Dieu lui-même venir à eux. C’est pour cela qu’il dit : « Ils auront quelque respect pour mon Fils. »

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Il le leur envoie, non comme un juge qui porte à des coupables la sentence de condamnation, mais pour offrir le pardon au repentir ; il le leur envoie, non pour les châtier, mais pour les couvrir de honte.

Saint Jérôme :

Cette parole : « ils auront quelque respect » ne veut pas dire que le père de famille était dans l’ignorance de ce qui devait arriver ; car que peut-il ignorer lui qui, ici, n’est autre que Dieu lui-même ? Si donc Dieu nous est représenté comme sujet au doute, c’est pour sauvegarder la libre volonté de l’homme.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 68.) Ou bien le Seigneur exprime ici ce qui aurait dû se faire, car ils auraient dû le respecter, et il montre ainsi toute l’énormité de leur crime et combien ils sont inexcusables.

Origène :

Ou bien enfin ces paroles : « Ils respecteront mon fils » se sont accomplies dans ceux d’entre les Juifs qui connurent Jésus-Christ et crurent en lui ; et quant à celles qui suivent : « Les vignerons, voyant le Fils, dirent entre eux : Voici l’héritier, venez, tuons-le », elles ont trouvé leur accomplissement dans ceux qui, ayant vu Notre-Seigneur Jésus-Christ, et l’ayant reconnu pour le Fils de Dieu, l’ont néanmoins crucifié.

Saint Jérôme :

Interrogeons ici Arius et Eunomius : Vous le voyez, leur dirons-nous, on dit du Père qu’il ne sait pas. Tout ce qu’ils pourront répondre en faveur du Père, qu’ils l’appliquent donc au Fils, qui a déclaré ne pas savoir le dernier jour.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Il en est qui prétendent que Jésus-Christ reçut le nom de Fils après son incarnation, à son baptême, comme les autres saints ; mais le Seigneur lui-même détruit ici cette interprétation en disant ici : « Je leur enverrai mon Fils. » Or, lors qu’il songeait à leur envoyer son Fils après les prophètes, il était déjà Fils. D’ailleurs, s’il n’est appelé Fils qu’au même titre que tous les autres saints auxquels Dieu a fait entendre sa parole, le Seigneur aurait dû donner aux prophètes le nom de Fils comme au Christ, ou lui donner le nom de serviteur comme aux autres prophètes.

Raban :

Cet aveu qu’ils font en disant : « Voici l’héritier » nous prouve clairement que ce n’est point par ignorance, mais par jalousie, que les princes des prêtres ont crucifié Jésus-Christ. Ils comprirent qu’il était celui à qui Dieu a dit par son prophète : « Demandez-moi, et je vous donnerai les nations pour héritage. » L’héritage du Fils est, en effet, la sainte Église, [formée de toutes les nations], héritage que le Père ne lui a pas laissé en mourant, mais qu’il a conquis lui-même d’une manière admirable par sa mort.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Cependant, ce n’est qu’après qu’il fut entré dans le temple, et qu’il en eut chassé tous ceux qui vendaient les animaux destinés aux sacrifices, qu’ils formèrent surtout le projet de le mettre à mort. Et ils se dirent entre eux : « Venez, tuons-le. » Tel était en effet leur raisonnement : « Cet homme fera nécessairement perdre au peuple l’habitude de sacrifier ces victimes qui font notre profit, pour le déterminer à offrir le sacrifice de justice (Ps 4, 6 ; Ps 59, 20 ; Ml 3, 3) qui tend directement à la gloire de Dieu, et ce peuple cessera ainsi d’être à nous pour être tout à Dieu. Si, au contraire, nous le mettons à mort, alors que personne ne demande à ce peuple les fruits de la justice, l’habitude d’offrir des victimes persistera, et le peuple sera toujours sous notre domination. C’est ce qu’ils expriment en propres termes : « Et nous aurons son héritage. » Telles sont les pensées ordinaires des prêtres qui suivent les inspirations de la chair, et qui, sans se préoccuper que leur peuple vive sans péché, n’ont en vue qu’une seule chose : les offrandes qui sont faites dans l’église, et qu’ils considèrent comme le gain du sacerdoce.

Raban :

Ou bien les Juifs cherchaient à lui enlever son héritage après l’avoir mis à mort, en s’efforçant d’éteindre la foi dont il est l’auteur, de lui substituer leur justice, qui vient de la loi, et d’en semer les germes dans le cœur des Gentils qu’ils voulaient former eux-mêmes. D’où la suite : « Ainsi, s’étant saisis de lui, ils le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. »

Saint Hilaire :

(can. 22.) Jésus-Christ fut jeté hors de Jérusalem, comme hors de la vigne, pour y subir la sentence qui le condamnait à mort.

Origène :

Ou bien ces paroles : « Ils le jetèrent hors de la vigne » veulent dirent, à mon avis, qu’autant qu’il était en eux, ils le traitèrent comme étranger à la vigne et à ceux qui la cultivaient. Suite : « Lors donc que le maître de la vigne sera venu, que fera-t-il à ces vignerons ? »

Saint Jérôme :

Le Seigneur leur fait cette question, non qu’il ignore ce qu’ils doivent y répondre, mais pour qu’ils trouvent leur condamnation dans leur propre réponse. « Ils lui dirent donc : « Il fera périr misérablement ces méchants, et ils louera sa vigne à d’autres vignerons.»

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Si leur réponse est conforme à la vérité, il ne faut pas en attribuer le mérite à ceux qui ont prononcé une sentence aussi juste, mais à la justice de la cause elle-même ; car c’est la vérité qui leur a fait violence.

Origène :

Non plus que Caïphe (Jn 11) ; ce n’est pas d’eux-mêmes que les princes des prêtres prononcent contre eux ce jugement prophétique, d’après lequel la parole de Dieu leur sera enlevée pour être donnée aux Gentils, qui produiront des fruits dans leur temps. Ou bien, c’est le Seigneur qu’ils ont mis à mort qui, aussitôt sa résurrection, fit périr misérablement ces mauvais vignerons, et loua sa vigne à d’autres (c’est-à-dire aux Apôtres), qui avaient embrassé la foi parmi le peuple juif.

Saint Augustin :

(de l’accord des Evang., 2, 70.) Saint Marc ne donne pas cette réponse comme venant des Juifs (Mc 10), mais comme une suite du discours du Seigneur, et comme s’il avait répondu lui-même, d’une certaine façon, à la question qu’il avait faite. Mais il est facile de lever cette difficulté en disant que leur réponse suivit de si près la question, que l’Evangéliste n’a pas cru devoir la faire précéder de ces mots : « Ils répondirent, » laissant au lecteur le soin de les suppléer ; ou bien que cette réponse a été attribuée plutôt au Seigneur, parce qu’étant conforme à la vérité, c’est lui qui, étant la vérité même, a parlé par leur bouche.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 68.) Ou bien encore, il n’y a aucune contradiction, car cette réponse a pu être donnée deux fois, d’abord par les Juifs, et puis par Notre-Seigneur lui-même.

Saint Augustin :

(de l’accord des Evang.) Mais une difficulté plus sérieuse, c’est que, d’après saint Luc, non seulement les Juifs n’ont pas fait cette réponse, mais qu’ils en ont donné une toute contraire ; car voici comment cet Évangéliste s’exprime : « Ce qu’ayant entendu, c’est-à-dire cette sentence tombée des lèvres du Seigneur, ils dirent : A Dieu ne plaise. » Or, on peut lever cette apparente contradiction en disant que parmi le peuple qui l’écoutait, quelques-uns firent la réponse rapportée par saint Matthieu, et d’autres celle de saint Luc : « A Dieu ne plaise. » Et on ne doit pas se laisser ébranler par cette circonstance que saint Matthieu raconte que les princes des prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent du Seigneur, et continue sa narration jusqu’à la parabole de la vigne louée aux vignerons sans faire paraître d’autres interlocuteurs. Car on peut très bien supposer que tout ce discours s’adressait aux princes des prêtres, mais que saint Matthieu, pour abréger, a omis ce que rapporte saint Luc, c’est-à-dire que la parabole de la vigne fut exposée non seulement devant ceux qui avaient interrogé Jésus sur son autorité, mais encore en présence du peuple, et c’est parmi le peuple qu’il s’en est trouvé pour faire cette réponse : « Il les fera périr, et il donnera sa vigne à d’autres. » Saint Marc attribue cette réponse au Seigneur lui-même, à cause de la vérité qu’elle renferme, ou par suite de l’union des membres avec leur chef, [union qui en fait un seul corps]. Mais il y en eut aussi qui, entendant cette réponse, s’écrièrent : « A Dieu ne plaise », parce qu’ils comprenaient que cette parabole était dirigée contre eux.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Ou bien encore, saint Luc a rapporté la réponse de leur bouche, et saint Matthieu celle de leur cœur ; car ils le contredirent réellement en face en lui répondant : « A Dieu ne plaise », tandis qu’ils l’approuvaient dans leur âme, et répondaient intérieurement : « Il fera périr misérablement ces méchants » ; c’est ainsi qu’un homme qui est surpris en faute cherche à excuser sa conduite, qu’il est obligé de condamner dans sa conscience.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 68.) On peut dire encore, dans un autre sens, que le Seigneur leur a proposé cette parabole pour leur faire prononcer leur propre condamnation sans le savoir, comme Nathan le fit à l’égard de David (2 R 22), mais qu’ayant compris que c’était contre eux-mêmes que cette parabole était dirigée, ils s’écrièrent : « A Dieu ne plaise. »

Raban :

Dans le sens moral, le Seigneur loue à chacun de nous sa vigne pour la cultiver lorsqu’il nous donne le sacrement du baptême pour que nous lui fassions produire des fruits [de justice]. Il envoie un serviteur, puis un second et un troisième lorsqu’on nous lit la loi, les psaumes et les prophéties, pour nous exhorter à faire le bien. Mais nous frappons, et nous chassons ces envoyés lorsque nous méprisons ou, ce qui est plus grave encore, lorsque nous blasphémons la parole de Dieu. Tout chrétien, autant qu’il est en lui, met à mort l’héritier lorsqu’il foule aux pieds le Fils de Dieu et fait outrage à l’esprit de grâce. Après le châtiment du premier vigneron, la vigne est louée à un autre, ce qui arrive lorsque l’âme qui est humble reçoit le don de la grâce que le superbe a méprisé.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 68.) Mais comme les princes des prêtres n’acceptaient pas ce jugement, le Seigneur leur apporte un témoignage de I’Écriture : « Jésus ajouta : N’avez-vous jamais lu dans l’Écriture : « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue pierre d’angle ». C’est-à-dire : Si vous ne comprenez cette parabole, comprenez au moins ce passage de l’Écriture.

Saint Jérôme :

Il leur présente la même vérité sous des paraboles diverses, et ceux qu’il vient d’appeler laboureurs et vignerons, il les présente comme des architectes et des maçons.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 68.) La pierre, c’est Jésus-Christ, et ceux qui bâtissent sont les docteurs des Juifs qui l’ont rejeté en disant : « Cet homme ne vient pas de Dieu. »

Raban :

Mais c’est justement parce qu’ils l’ont rejeté qu’il devint cette pierre angulaire qui affermit le sommet de l’angle, parce qu’il réunit dans une même foi ceux qu’il avait choisis dans les deux peuples, et c’est pour cela qu’il ajoute : « Elle est devenue la principale pierre de l’angle. »

Saint Hilaire :

(can. 22.) Il est devenu la pierre principale de l’angle, parce qu’il a été le lien qui a uni le peuple de la loi au peuple des Gentils.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 68.) Il veut leur montrer ensuite que rien en cela n’était contraire à la volonté de Dieu, et il ajoute : « Ceci est l’œuvre du Seigneur. »

Origène :

C’est-à-dire c’est Dieu lui-même qui a donné cette pierre à tout l’édifice, et cette pierre angulaire est un spectacle admirable à nos yeux, à nous qui pouvons le voir des yeux de l’intelligence.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) C’est comme s’il leur disait : Comment ne comprenez-vous pas dans quel édifice cette pierre doit devenir le sommet de l’angle. Ce n’est pas dans le vôtre sans doute, puisque vous l’avez rejetée, mais dans un autre. Or, si un nouvel édifice doit s’élever, le vôtre doit donc être abandonné. Aussi ajoute-t-il : « Je vous déclare donc : Le royaume de Dieu vous sera enlevé, et sera donné à une nation qui en rendra les fruits.» etc...

Origène :

Le royaume de Dieu, ce sont les mystères du royaume de Dieu, c’est-à-dire les divines Écritures que le Seigneur a données aux hommes, d’abord à ce premier peuple à qui ont été confiés les oracles divins (Rm 3, 1-2), et ensuite aux nations qui en ont produit les fruits. Or, Dieu ne donne sa parole qu’à celui qui lui fait produire des fruits, et le royaume de Dieu n’est point donné à celui qui laisse régner en lui le péché. Comment donc a-t-il pu donner ce royaume à ceux qui devaient en être dépouillés ? Remarquons ici que par les dons de Dieu il faut comprendre des dons gratuits. Ceux à qui Dieu n’a fait que louer son royaume, il ne le leur a pas donné comme aux élus et comme aux fidèles ; ceux, au contraire, à qui Dieu l’a donné, l’ont reçu comme étant marqués du sceau des élus.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Jésus-Christ est appelé la pierre, non seulement à cause de sa force, mais parce qu’il doit briser tous ses ennemis. Voilà pourquoi il ajoute : « Et celui qui tombera sur cette pierre, se brisera, etc... »

Saint Jérôme :

Celui qui est pécheur, mais qui croit en Jésus-Christ, tombe il est vrai, sur cette pierre et s’y brise, sans toutefois être entièrement réduit en miettes, car la patience de Dieu lui réserve des occasions de salut. Mais celui sur lequel tombera, c’est-à-dire sur lequel viendra fondre cette pierre, et qui aura tout à fait renié Jésus-Christ, elle le réduira tellement en miettes, qu’il ne restera pas le moindre fragment avec lequel il soit possible de puiser une goutte d’eau (Is 30, 14).

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Être brisé et être broyé sont deux choses différentes : quand un objet est brisé, il en reste quelque chose ; mais quand il est broyé, il est comme réduit en poussière. Or, ce qui tombé sur une pierre ne se brise pas en proportion de la dureté de la pierre, mais en raison de la violence de sa chute, ou de la force de son poids, ou de la hauteur d’où il tombe ; ainsi la ruine du chrétien qui pêche n’est pas en proportion de ce que Jésus-Christ peut faire pour le perdre, mais en raison de ce qu’il fait pour se perdre lui-même par ses oeuvres, en raison de l’énormité de ses péchés ou de la grandeur de sa dignité ; la ruine des infidèles, au contraire, n’est qu’en raison de la puissance que Jésus-Christ a pour les perdre.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 69.) Ou bien il leur indique ici deux ruines différentes : l’une qu’ils éprouveront en venant se heurter contre cette pierre qui a été pour eux un objet de scandale, et à laquelle il fait allusion en disant : « Celui qui tombera sur cette pierre » ; l’autre qui viendra à la suite de la captivité qui les menace, et qu’il exprime en ajoutant : « et elle écrasera celui sur qui elle tombera. »

Saint Augustin :

(Quest. évang.) Ou bien, ceux qui tomberont sur cette pierre sont ceux qui l’accablent actuellement de mépris et d’outrages ; ils ne périssent pas complètement ; mais ils sont cependant brisés, et ne marchent plus dans les sentiers de la justice ; ceux, au contraire, sur lesquels tombera cette pierre, la verront fondre sur eux du haut du ciel au jour du jugement avec des châtiments sans retour ; c’est pour cela qu’il ajoute : « Elle les écrasera. » Car les impies seront comme la poussière que le vent disperse de dessus la face de la terre.

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