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 Evangile selon Saint Matthieu , chap 4 ; verset 1 - 2

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MessageSujet: Evangile selon Saint Matthieu , chap 4 ; verset 1 - 2   Sam 14 Déc - 17:26

Evangile selon Saint Matthieu , chap 4 ; verset 1 - 2

Citation :
Alors Jésus fut conduit par l’Esprit dans le désert pour être tenté par le diable.
Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.

http://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89vangile_selon_Saint_Matthieu_-_Crampon#Chapitre_4

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MessageSujet: Re: Evangile selon Saint Matthieu , chap 4 ; verset 1 - 2   Sam 14 Déc - 17:29

Commentaire par Saint Thomas d'Aquin.

Verset 1-2

http://docteurangelique.free.fr/index.html


Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Après avoir été baptisé dans l’eau par Jean-Baptiste, le Seigneur est conduit par l’Esprit dans le désert, pour y être baptisé dans le feu de la tentation (cf. Is 4, 4). Alors, dit l’Évangéliste, « Jésus fut conduit par l’Esprit dans le désert. » Alors, c’est-à-dire aussitôt que le Père eut fait entendre cette voix du haut du ciel: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. »

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 13 sur S. Matth.) Qui que vous soyez, qui après le baptême vous trouvez en butte à de plus fortes tentations, ne vous en troublez point. Ce n’est pas pour tomber, mais pour combattre que Dieu nous a revêtus d’une armure divine. Il ne défend pas à la tentation d’approcher de vous, pour vous apprendre premièrement que vous êtes devenu beaucoup plus fort; secondement pour que la grandeur des grâces que vous avez reçues ne soit pas pour vous un principe d’orgueil; troisièmement pour faire connaître par expérience au démon que vous avez rompu entièrement avec lui; quatrièmement pour augmenter la force dont vous êtes revêtu; cinquièmement pour vous donner une juste idée du trésor qui vous est confié (cf. 2 Co 4, 7), car le démon ne viendrait pas pour vous tenter, s’il ne vous voyait élevé à une plus grande dignité.

Saint Hilaire :

(Can. 3 sur S. Matth.) C’est contre ceux qui ont été sanctifiés que le démon dirige ses plus violents efforts, car la victoire qu’il désire le plus ardemment est celle qu’il peut remporter sur les Saints.

Saint Grégoire le Grand :

(hom. 13 sur les Evang.) Il en est qui n’osent décider quel fut l’esprit qui conduisit Jésus dans le désert, à cause de cette circonstance que l’Évangéliste rapporte plus loin: « Le démon le transporta dans la cité sainte. » Mais il est hors de doute, et c’est le seul sens convenable, que Jésus fut conduit par l’Esprit saint, c’est-à-dire que son propre esprit le conduisit dans le désert, où le malin esprit devait venir pour le tenter.

Saint Augustin :

(de la Trinité, chap. 13) Pourquoi s’est-il rendu accessible à la tentation ? pour nous aider comme médiateur à triompher des tentations, non seulement par la puissance de son secours, mais encore par l’efficacité de son exemple.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Il ne fut pas conduit dans le désert comme un inférieur [qui obéit] au commandement de son supérieur. En effet, on n’est pas seulement conduit lorsqu’on marche sous les ordres d’un autre, mais lorsqu’on se détermine par quelque sage raison de quelqu’un; c’est ainsi que nous lisons qu’André trouva Simon son frère, et qu’il le conduisit à Jésus.

Saint Jérôme :

(sur S. Matth.) Il n’est conduit ni par force, ni par violence, mais par le désir qu’il a de combattre.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Le démon vient trouver les hommes pour les tenter; mais comme il ne pouvait marcher contre le Christ, c’est le Christ qui s’avance contre lui, c’est pour cela qu’il est dit: « afin qu’il fût tenté par le diable. »

Saint Grégoire le Grand :

(hom. 16 sur les Evang.) Il faut savoir que la tentation nous attaque en trois manières : par la suggestion, par la délectation, par le consentement. Lorsque nous sommes tentés, nous tombons presque toujours dans le consentement ou dans la délectation, parce que nous tirons notre origine du péché de la chair, et que nous portons en nous-même la cause des combats que nous avons à soutenir; tandis que le Dieu incarné dans le sein d’une vierge, étant venu dans le monde sans péché, ne portait en lui aucun principe de lutte intérieure. Il a donc pu être tenté par la suggestion; mais la délectation du péché n’a eu aucune prise sur son âme, et tous les efforts du démon dans cette tentation se bornèrent à l’extérieur, et non à l’intérieur.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 13.) Le démon redouble surtout ses tentations à l’égard de ceux qu’il voit solitaires; c’est ainsi qu’au commencement il a tenté la femme qu’il trouvait éloignée de son mari; et la présence de Jésus-Christ qu’il voit seul dans le désert, devient également pour lui une occasion de le tenter.

La Glose :

Ce désert s’étend entre Jérusalem et Jéricho; il était habité par des bandits, et on l’appelait Dammaïm, c’est-à-dire désert du sang, à cause des meurtres qu’y commettaient ces brigands. Aussi lisons-nous que cet homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho tomba entre les mains des voleurs. Cet homme représentait Adam qui fut vaincu par les démons. Il convenait donc que le démon fût vaincu à son tour par le Christ dans ce même endroit où existait une figure de son triomphe sur l’humanité.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Jésus-Christ n’est pas le seul qui soit conduit dans le désert par l’Esprit; il en est ainsi de tous les enfants de Dieu que l’Esprit saint dirige. Ils ne peuvent supporter de rester inactifs, car l’Esprit saint les presse d’entreprendre quelque œuvre importante, et pour le démon, une de ces œuvres, c’est de se retirer dans le désert, car on n’y voit aucune de ces injustices qui font sa joie. Tout vrai bien d’ailleurs se trouve en dehors de la chair et du monde, parce qu’il n’est pas conforme à la volonté de la chair et du monde. C’est donc dans ce désert que se retirent tous les enfants de Dieu pour être éprouvés par la tentation. Si, par exemple, vous avez résolu de ne pas vous marier, c’est l’Esprit saint qui vous a conduit dans le désert, c’est-à-dire au delà des limites de la chair et du sang, pour y être tenté par la concupiscence de la chair. Car comment celui qui se trouve continuellement avec sa femme pourrait-il ressentir les atteintes de la concupiscence ? Sachons donc que les enfants de Dieu ne sont tentés par le démon que lorsqu’ils se retirent dans le désert. Au contraire, les enfants du diable, placés au milieu du monde et sous l’empire de la chair, sont tous les jours brisés et se soumettent à l’esclavage. Ainsi un homme vertueux est marié, il ne se livre pas à la fornication, mais sa femme lui suffit; un homme vicieux au contraire, même s’il a une épouse, n’en est pas content, et se livre à la fornication; et il en est ainsi de tous les autres devoirs. Les fils du démon ne vont donc pas au-devant de lui pour être tentés, car qu’est-il nécessaire de combattre pour celui qui ne désire pas la victoire ? Au contraire, les plus illustres des enfants de Dieu franchissent les limites de la chair pour marcher contre le démon, parce qu’ils aspirent à la gloire du triomphe. C’est pour cela que le Christ vint dans ce désert à la rencontre du démon afin d’y être tenté par lui.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 12.) Notre Seigneur commence par jeûner, sans avoir besoin du jeûne, mais pour nous apprendre quelle est son excellence, quel bouclier il nous offre contre les traits du démon, et aussi qu’après le baptême, nous devons nous appliquer non pas aux plaisirs, mais à la mortification des sens.

Saint Jean Chrysostome :

(Sur S. Matth.) Il jeûna quarante jours et quarante nuits pour fixer lui-même la durée du jeûne que nous devons pratiquer pendant le Caême: « Après qu’il eut jeûné quarante jours et quarante nuits », dit l’Évangéliste.

Saint Jean Chrysostome :

(hom. 13.) Il ne prolongea pas son jeûne au delà du jeûne de Moïse et d’Élie (cf. Ex 24, 18; 34, 28; Dt 9, 9.18; 3 R 19, Cool, pour ne pas faire douter de la vérité de son incarnation dans la chair.

Saint Grégoire le Grand :

(hom. 16.) L’auteur de toutes choses ne prit absolument aucune nourriture pendant quarante jours; nous donc aussi, autant que nos forces nous le permettent, mortifions notre chair par l’abstinence pendant le temps du Carême. Le nombre quarante est ici consacré, parce qu’il est formé par le nombre dix répété quatre fois, et que la perfection du Décalogue trouve son accomplissement dans les quatre livres du saint Évangile. Ou bien, c’est parce que notre corps mortel est composé de quatre éléments, et que la concupiscence, dont il est la source, nous met en opposition avec les commandements de Dieu qui nous sont transmis par le Décalogue.

Or, puisque les désirs de la chair nous portent à transgresser les commandements du Décalogue, il est bien juste de mortifier cette chair pendant quarante jours. On peut dire encore que, comme, dans la Loi, le Seigneur exigeait la dixième partie des biens de la terre, nous nous efforçons de lui offrir la dixième partie des jours de l’année. En effet, du premier dimanche de Carême à la fête de Pâques, on compte six semaines, c’est-à-dire quarante-deux jours, et trente-six seulement, si l’on supprime les six dimanches qui sont exempts de la loi du jeûne. Or l’année étant composée de trois cent soixante-cinq jours, en consacrant trente-six de ces jours à la pénitence, nous offrons à Dieu la dixième partie des jours de l’année.

Saint Augustin :

(liv. des LXXXIII, quaest. 8.) Ou bien, dans un autre sens, toute la sagesse consiste à connaître le Créateur et la créature. Le Créateur c’est la Trinité, le Père, le Fils et le Saint-Esprit; la créature est en partie invisible, comme l’âme, dans laquelle le nombre trois est consacré par le triple commandement qui nous est fait d’aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de tout notre esprit; elle est en partie visible comme le corps, auquel convient le nombre quatre, à cause des quatre éléments qu’il renferme, le chaud et le froid, l’humide et le sec. Le nombre dix, qui résume toute la morale, étant multiplié par le nombre quatre qui est le nombre spécial et distinct du corps, parce que le corps est chargé de la direction des choses extérieures, forme le nombre quarante. Or les parties égales de ce nombre font cinquante. En effet, les nombres un, deux, quatre, cinq, huit, dix et vingt, qui sont les parties du nombre quarante, additionnés ensemble, donnent cinquante. Ainsi donc le temps des gémissements et de la douleur est figuré par le nombre quarante, et le temps de la félicité et de la joie par le nombre cinquante, qui s’écoule entre la fête de Pâques et celle de la Pentecôte.

Saint Augustin :

(serm. pour le Carême.) De ce que le Christ a voulu jeûner immédiatement après son baptême, il ne faut pas croire qu’il nous ait imposé par là l’obligation rigoureuse de jeûner aussitôt que nous avons reçu le baptême. C’est lorsque nous nous mesurons au Tentateur dans une lutte plus violente, qu’il faut recourir au jeûne, afin que le corps s’exerce aux combats de la mortification et que l’âme puisse remporter la victoire par ses humiliations.

Saint Jean Chrysostome :

(sur S. Matth.) Le Seigneur connaissait le dessein que le démon avait de le tenter; en effet le démon avait appris la naissance du Christ par l’apparition des anges, par le rapport des bergers, par les recherches des Mages et par la déclaration de Jean-Baptiste. Le Seigneur s’avança donc contre lui, non comme Dieu, mais comme homme, ou plutôt comme Dieu et homme, car il n’est pas dans la nature de l’homme de ne point éprouver la faim pendant quarante jours, comme il n’est pas dans la nature de Dieu d’être jamais soumis à la nécessité de la faim. Il eut faim, pour ne pas rendre la divinité trop évidente, car le démon aurait ainsi perdu tout espoir de le tenter, et lui-même l’occasion d’en triompher; c’est pour cela qu’il est dit: « Après cela il eut faim. »

Saint Hilaire :

Ce ne fut pas pendant les quarante jours qu’il eut faim, mais seulement lorsqu’ils furent écoulés. Lors donc que le Seigneur eut faim, ce ne fut pas l’effet naturel du jeûne, mais parce qu’il abandonna en ce moment la nature humaine à sa faiblesse, car c’est par la faiblesse de la chair et non par Dieu que le démon devait être vaincu. Ainsi nous est figurée la faim mystérieuse qu’il devait avoir du salut des hommes, lorsque, les quarante jours qu’il passa sur la terre après sa résurrection étant écoulés, il porta à Dieu son Père ce présent si désiré de l’humanité qu’il s’était unie.

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