Tradition Catholique (Sede Vacante)

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 Pour Dieu et pour le Roy

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JP B
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MessageSujet: Pour Dieu et pour le Roy   Mar 4 Fév - 21:33





P
OUR DIEU

ET

POUR LE
ROY


________






Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre Dame


A mes amis Prêtres italiens ;
A mes enfants ;
A tous mes amis, et même aux autres...

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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JP B
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Mar 4 Fév - 22:19




A
VANT-PROPOS


_____________


R
AISONS DE CETTE ÉTUDE

Qui comprend vraiment ce cri des Vendéens de 1793 : « Dieu et le Roy » ? Puissent ces quelques lignes éclairer ce pour quoi ils se sont si vaillamment battus. Que ces glorieux martyrs daignent prier pour nous.

Certains peuvent penser que cette étude, traitant plus particulièrement d’ un problème politique, est, somme toute, plutôt secondaire dans la crise générale du monde actuel et surtout en regard de celle, bien plus importante encore, de Notre Mère la Sainte Eglise Catholique, en particulier, dans la question cruciale et essentielle de l’autorité (inexistante actuellement) de sa hiérarchie.

Et en effet, le problème religieux est aujourd’hui bien plus capital que les questions contingentes du domaine politique. Apparemment, donc, mais en apparence seulement, cela semble donner quelque peu raison à ces braves gens qui pourrait trouver un caractère plutôt optionnel à la présente étude. Celle-ci serait ainsi moins importante que voudrait le laisser supposer la passion avec laquelle ces lignes furent écrites.

En apparence seulement, car ce serait méconnaître là le caractère éminemment religieux que doit présenter toute politique digne de ce nom.

Toute politique digne de ce nom doit en effet être basée et promouvoir la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ Qui en est en quelque sorte à la fois sa cause exemplaire et sa cause finale ; finalité qui est bien toujours première dans l’intention et dernière dans la réalisation, dans l’accomplissement. La fin de la société étant en effet la recherche du bien commun et celui-ci, dans son but ultime, étant l’obtention de la béatitude éternelle, tout au moins pour le plus grand nombre possible, béatitude éternelle qui consiste à jouir pour toujours de la vision de Dieu et plus précisément de Notre Divin Roi Jésus-Christ, la finalité de toute politique digne de ce nom est donc bien dans la promotion de la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ laquelle, devant donc être première dans l’intention, doit nécessairement être la cause exemplaire de toute politique et de la société elle-même.

Or, Notre-Seigneur Jésus-Christ est Roi, cela est de Foi, et nous avons donc obligation de baser toute politique sur cette Royauté qui a un Droit imprescriptible à être promue par toute politique.

Notre-Seigneur Jésus-Christ est Roi, premièrement par nature : Fils de Dieu et vrai Dieu, deuxième Personne de l’Unique Dieu, la Très Sainte Trinité, Le Verbe de Dieu est en tout égal au Père, engendré de toute éternité, non pas créé, consubstantiel au Père, et donc Il est Roi comme le Père est Roi, parce qu’Il est Dieu !

Notre-Seigneur Jésus-Christ est Roi, secondement en raison de l’Union hypostatique de Sa Très Sainte Humanité avec Sa Divinité. Vrai Dieu et également vrai homme, Notre-Seigneur Jésus-Christ est Roi, dans Son Humanité, étant la personne même du Verbe de Dieu. Étant Le Fils de Dieu, Il est donc Roi dans Son Humanité comme l’est, par sa Divinité, La deuxième Personne de la Très Sainte Trinité, l’Unique Dieu.

Ensuite, Notre-Seigneur Jésus-Christ est Roi, également dans Sa très Sainte Humanité considérée en elle-même : Il est Le Nouvel Adam, le plus beau de tous les enfants des hommes, et cela Lui donne un droit tout particulier à la royauté.

Enfin, Notre-Seigneur Jésus-Christ est Roi, par droit de conquête : Il a racheté, acquis de haute lutte sur Sa très glorieuse Croix, contre le Prince de ce monde qui régnait en maître sur toute l’humanité, toute cette humanité sur qui Il a maintenant, en plus des raisons de Sa Nature divine, de Son union hypostatique et de Sa Supériorité humaine, ce Droit imprescriptible de régner en Suprême Souverain.

Cela est de Foi, et la Foi, comme Vertu théologale, ne pouvant exister si l’on en retranche un seul article, cela a autant d’importance que le combat pour la question, certes cruciale et essentielle, de l’autorité (inexistante) de la hiérarchie actuelle de Notre Mère la Sainte Eglise Catholique.

Cette étude, « EXISTE-T-IL UNE MISSION “DIVINE” DE LA FRANCE ? », précédée de celle de « L’AUTEL ET LE TRÔNE » et suivie de « L'INFAILLIBILITÉ DE L'ÉGLISE ET LA FRANCE », n’a pas d’autre but que de vouloir faire pénétrer dans les esprits cette Vérité de Foi selon laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ doit régner en Roi sur toute la société humaine et, en particulier puisque nous sommes Français, sur notre propre Patrie, la France, car avant de s’occuper des autres, “chinois, japonais ou flamands”, il faut d’abord s’occuper de soi (Charité bien ordonnée commence par soi-même) parce que, “avant d’aller balayer chez les autres, il convient d’abord de balayer devant chez soi”.

Elle a été écrite principalement pour des proches qui s’y sont opposés, en raison des paroles de Notre-Seigneur Jésus-Christ :
« Nolite arbitrari quia pacem venerim mittere in terram: non veni pacem mittere, sed gladium. Veni enim separare hominem adversus patrem suum, et filiam adversus matrem suam, et nurum adversus socrum suam: et inimici hominis, domestici ejus. Qui amat patrem, aut matrem plus quam me, non est me dignus: et quiamat filium, aut filiam super me, non est me dignus. » – (Matt., X, 34-37.)
« Si quis venit ad me, et non odit patrem suum, et matrem, et uxorem, et filios, et fratres, et sorores, adhuc autem et animam suam, non potest meus esse discipulus. » – (Luc, XIV, 26.)

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Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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JP B
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Mer 5 Fév - 16:48




L’A
UTEL ET LE TRÔNE



L
’un sans l’autre ou les deux ensemble ?

L’Église et la France – Pourquoi et comment je suis monarchiste.


_____________


« Les grands conflits d’idées qui agitent à l’heure actuelle la société moderne et qui s’étendent jusqu’aux derniers secteurs de la vie économique exigent des esprits solides et irréductibles. Les autres, ceux qui doutent, ceux qui restent dans l’ambiguïté ou l’incertitude doivent se résigner à échouer et à succomber, quelle que soit par ailleurs l’intelligence dont ils peuvent être dotés ».
S.S. Pie XII, Pape, 10 juin 1945.

Dans la “Semaine Religieuse de Cambrai”, 1884, p. 735,
Mgr Delassus a écrit:

Aimons les défenseurs de la Vérité. Ils ne sont que des hommes et peuvent avoir des défauts ; mais en défendant la Vérité, ils rendent à la Société, à l’Eglise et à Dieu Lui-même, le premier de tous les services. Plus je réfléchis, plus je suis consterné de la masse d’idées fausses dans lesquelles nous nous noyons ; plus je comprends cette décadence absolue de tant de peuples que nous retrace l’histoire.

C’est l’erreur plus que le vice qui les a perdus.

Le grand mal vient des sophistes qui se font une renommée en donnant une forme entraînante à l’erreur. Le vice et même le crime ont des limites, l’erreur n’en a pas.

Il faut donc dire la vérité sans finesse, ni stratégie habile.

Je ne connais rien de plus dangereux que les gens qui propagent des idées fausses, sous prétexte que la nation ne voudra jamais y renoncer. Si elle n’y renonce, elle périra ; mais ce n’est pas un motif pour accélérer la décadence en adoptant l’erreur.

Il n’y a d’autre règle de réforme que de chercher le vrai et de le confesser sans réserve quoi qu’il arrive.

Je conçois qu’un homme prudent se taise momentanément sur le vrai, bien que je condamne cette prudence, mais je repousse tout homme qui se rallie par politique à l’erreur.

(Cité par Louis-Hubert RÉMY dans son excellent livre “VRAIS & FAUX Principes & maîtres” – A.C.R.F., BP 2, 44140 AIGREFEUILLE – France ; Tél. : 02 40 33 55 49 ; fax : 02 40 33 55 35 – page 451 [peut varier selon les éditions] – Souligné dans le texte.)

« Le monde est arrivé à un point où il doit périr ou renaître. Tous les entre-deux seront broyés par la destruction ou rejetés avec dédain par la reconstruction. »
Louis VEUILLOT : L’illusion libérale
(rééditée en 1987 chez Dismas. – Cité par le Révérend Père Théotime de Saint Just, O.M.C., dans son ouvrage fort réputé et indispensable, “LA ROYAUTÉ SOCIALE DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST D’APRES LE CARDINAL PIE”, Éditions de Chiré, “La Caillauderie Rigault”, 86190 CHIRE en MONTREUIL, p. 11.1
1
Cette édition est malheureusement incomplète mais on en trouve une autre, dans la totalité de l’originale, aux Editions SAINT-RÉMI, BP 79, 33410 CADILLAC.

Le R.P. Théotime de Saint Just, opus cit., pp. 127-128 (note 2 de la page 126) a écrit:

« Il existe, dit Louis Veuillot, un principe de 89 qui est le principe révolutionnaire par excellence et, à lui seul, toute la Révolution et tous ses principes. On n’est révolutionnaire qu’au moment où on l’admet, on ne cesse d’être révolutionnaire qu’au moment où on l’adjure ; dans un sens comme dans l’autre, il emporte tout ; il élève entre les révolutionnaires et les catholiques un mur de séparation à travers lequel les Pyrames catholiques libéraux et les Thisbés révolutionnaires ne feront jamais passer que leurs stériles soupirs. Cet unique principe de 89, c’est ce que la politesse révolutionnaire des conservateurs de 1830 appelle la sécularisation de la société, c’est ce que la franchise révolutionnaire du siècle, des Solidaires et de M. Quinet appelle brutalement, l’expulsion du principe théocratique. C’est la rupture avec l’Église, avec Jésus-Christ, avec Dieu, avec toute reconnaissance, avec toute ingérence et toute apparence de l’idée de Dieu dans la société humaine. »
L’illusion libérale, 135-136.

Le même auteur, écrivant au général Trochu, lui disait : « Encore que vous soyez le plus honnête homme du monde et bon et ferme chrétien pour vous même, prêt, je n’en doute pas, à mourir plutôt que d’adjurer la foi du Christ, vous n’avez pas, selon moi, la qualité et la quotité de foi sociale que nous devons tous à l’Évangile. Vous en avez ce que tolère le monde, vous n’avez pas ce qu’il faut à la société. Je ne vois rien du tout dans vos actes publics qui me déclare que l’Évangile soit pour vous la loi du salut politique autant que celle du salut particulier. Vous croyez qu’il n’est permis et même urgent de n’être chrétien que dans la vie privée. C’est l’essence du poison révolutionnaire ; c’est par là que la Révolution trompe les intelligences et dissout les consciences à qui ses autres maximes et pratiques font horreur. C’est ce poison surtout qui tue la société. Il paralyse les bras et les cœurs qui pourraient la sauver. Il ôte aux hommes de bien le sens vigoureux du juste et de l’injuste, il affaiblit en eux la majesté généreuse de la foi, il leur interdit la grandeur, il les ravale aux incertitudes et aux compromis, à toutes les fausses habiletés de la pauvre raison humaine si mesquine et si profondément déraisonnable lorsqu’elle éteint le flambeau que Dieu lui a donné. »
Paris pendant les deux sièges, 1 280.




_____________


A suivre :
Nos ennemis le savent souvent bien mieux que beaucoup d’entre nous ...

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Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)


Dernière édition par JP B le Sam 15 Fév - 16:03, édité 1 fois (Raison : Amélioration de certaines mise en forme)
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JP B
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Jeu 6 Fév - 20:15

Nos ennemis le savent souvent bien mieux que beaucoup d’entre nous (du moins de ceux qui se piquent d’être dans nos rangs) comme le rappelle le “POUR QU’IL RÈGNE”, page 86 de l’édition bleue de 1970 ou page 120 de l’édition rouge CLC, qui cite le numéro de juin 1879 du Journal “La Révolution Française”. Dans celui-ci, sous la signature “Un socialiste”, on trouve ceci qui est fort éloquent : « Le monde moderne est placé dans l’alternative : ou l’achèvement de la Révolution, ou un retour pur et simple au christianisme. » (C’est moi qui souligne.) Nous verrons dans ce qui suit que tout le reste n’est qu’histoires d’enfants de cœur, pas de combattants.

Certains se demanderont peut-être : Quel rapport avec le monarchisme ? Entre celui-ci et le christianisme honni des socialistes ?

Je répondrai par deux autres genres de questions : le premier, selon l’ordre objectif des choses ; le second, selon l’aspect subjectif de cette objection.

  1. Selon l’ordre objectif des choses :
    Qu’a fait la Révolution française dont se réclament les socialistes si ce n’est que, pour abattre le christianisme, elle a tué le Roi ? Ne faut-il donc pas, pour défendre le christianisme comme c’est notre devoir, rétablir la royauté très chrétienne ?


  2. Selon l’aspect subjectif de l’objection :
    Quelle est donc la motivation profonde de ceux qui, se disant catholiques français, veulent néanmoins se passer à tout prix du Roi ? Leur christianisme est-il bien sincère et ne préfèrent-ils pas leur volonté propre républicaine
    2 à la Très Sainte Volonté de Dieu exprimée par la voix de Son Épouse, notre Mère la Sainte Église Catholique au travers des paroles de ses Souverains Pontifes, Vicaires de Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Et ceux-ci n’ont-ils pas maintes et maintes fois, comme, entre autres, saint Pie X, rappelé aux Français de faire leurs « trésors des testaments de St Rémi, de Charlemagne et de St Louis » ? Oui, la question se pose : ces Français républicains qui se disent “catholiques”, le sont-ils vraiment ?
    2
    Si tant est qu’une volonté républicaine puisse être propre...

C’est là le véritable problème qui se pose à tout Français : pouvons-nous être républicains ou nous faut-il être monarchistes pour rester catholiques ?

Quand donc aurons-nous enfin des Catholiques vraiment catholiques, qui savent ce qu’ils veulent et qui sont capables de prendre les moyens nécessaires pour atteindre le but qu’ils se fixent ? Quand donc aurons-nous enfin des Catholiques conséquents avec eux-mêmes, c’est-à-dire des Catholiques suffisamment catholiques pour comprendre que la France ne trouvera son salut qu’en retrouvant un Roi très chrétien, qu’il nous faut porter tous nos efforts politiques dans ce seul sens et que ce domaine politique, compris dans ce sens absolument vital, est essentiel et tellement crucial que la gravité de ses conséquences est incalculable ?

Tout le reste, disais-je plus haut, n’est qu’histoires d’enfants de cœur, oui, mais certainement pas de combattants.

En effet, beaucoup – ou, du moins, beaucoup trop – de ceux qui résistent encore vaillamment sur le plan de la religion catholique selon l’Église de toujours, pensent, et même affirment, trop souvent, que cette résistance pour défendre l’Autel est seule essentielle – ce qui signifie, dans leur esprit, “suffisante” – et que la lutte pour l’établissement de la Royauté sociale et politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ au travers de l’avènement de son lieutenant dans notre Pays est, ou plutôt serait, secondaire, voire superflue. Malheureusement, c’est cette dernière notion de superfluité qui se trouve signifiée dans l’esprit de ces gens.

Mon propos est de montrer qu’il s’agit là d’un sophisme pernicieux d’autant plus funeste qu’il est mieux caché sous les apparences d’une noble piété souvent réelle. Car, quoi de plus vénérable qu’une dévotion sincère et profonde envers notre mère l’Église catholique, sa sainte religion et leur Divin Fondateur, notre doux Sauveur ?

Cependant, Notre-Seigneur Jésus-Christ est véritablement le Roi de la société. Il est ce Roi, tout d’abord par nature : premièrement parce qu’Il est Dieu, secondement parce que, par l’union de Sa nature divine et de Sa nature humaine dans Son unique Personne, Il est l’Homme Dieu et est donc le Roi de la société même dans Sa nature humaine ; enfin et troisièmement, Il est Roi parce l’Homme qu’Il est également, tout en étant Dieu, a racheté l’humanité – la société des hommes – au prix inestimable et infini de Sa douloureuse Passion et de Sa mort sur la Croix. C’est pourquoi Notre-Seigneur Jésus-Christ doit nécessairement régner non seulement sur Son Église – Royaume spirituel – puisque Il l’a Lui-même fondée et qu’Il la dirige toujours du ciel où Il règne à la droite du Père, mais également sur la société civile3 des hommes, société qu’avec le Père en l’unité du Saint-Esprit, Dieu, Il a créée et voulue pour eux.
3
J’avais tout d’abord écrit naturelle au lieu de civile. Un ami (Éric TAILHADES, avec qui je ne suis toutefois pas toujours d’accord) m’a judicieusement fait remarquer ceci : « la société civile gagne à être appelée ainsi plutôt que société naturelle car actuellement nous avons à faire, chez l’homme, à une nature déchue qui a besoin de la Grâce – Gracia sanens – pour se retrouver “guérie” (au moins en partie) des conséquences du péché originel par le Baptême.  »

Or, Dieu ayant créé les hommes, comme les anges d’ailleurs, libres – donc responsables – au contraire des animaux, la société humaine doit, pour vivre, s’organiser. Et comme les hommes, au contraire des anges, ne sont pas de purs esprits mais ont un corps matériel comme les animaux, cette organisation sociale nécessaire ne sera pas seulement spirituelle et religieuse mais également temporelle sur le plan de la cité, c’est-à-dire politique4. Car la chrétienté est bien UN TOUT (l’Autel ET le trône) parce que et tout comme, me le fait remarquer Éric TAILHADES, « l’homme est un tout : intelligence et volonté. Que peut faire l’intelligence sans la volonté ? C’est comme la Foi sans les œuvres... »
4
Relisons, si vous le voulez bien, ami lecteur, ce que Monseigneur Henri DELASSUS écrivait à ce propos dans son ouvrage « La mission posthume de sainte Jeanne d’Arc », au chapitre LXXVI, “Que reste-t-il à faire ?” (réédité en 1983 aux Éditions Sainte Jeanne d’Arc) :
Citation :
La nature humaine diffère de celle des anges. A chacun des anges Dieu adonné une nature spécifique, de telle sorte qu’ils se distingue l’un de l’autre, par leur essence et leur nature même.
Il n’en est pas ainsi des hommes. Ils reçoivent par la génération, sous les notes particulières qui caractérisent les races, les familles et les individus, une humanité identique en tous. C’est ainsi que la nature déchue d’Adam, père des hommes, se retrouve en tous ses descendants. Privé, par son péché, de la grâce qui complétait sa nature, il ne transmit à ses enfants qu’une nature n’ayant pas droit à la grâce. Cela n’est point, si l’on peut parler ainsi, un caprice divin, l’effet d’une volonté arbitraire, mais la conséquence de la génération qui ne donne à l’engendré que ce que le générateur possède. [Souligné dans le texte – Note de JP B.]
Il y a donc entre les hommes une solidarité qui n’existe pas dans le monde angélique.
Cette solidarité en Adam existe aussi en Jésus-Christ, mais sur un autre fondement. A l’humanité déchue par la faute de son chef a été donné, par la miséricorde divine, un autre chef, de qui nous procédons par une génération nouvelle, dans les eaux du baptême.
Ce chef, qui garde la plénitude du pouvoir sur l’humanité rachetée, a voulu le diviser dans son exercice.
Il s’est donné, dans l’ordre des choses spirituelles, un Vicaire ayant pouvoir de parler et d’agir en son nom : c’est le successeur de saint Pierre, c’est le Pape, Père de l’humanité régénérée...
Il s’est aussi donné, dans l’ordre des choses temporelles, des lieutenants, les princes des nations.
« Que toute âme soit soumises aux autorités supérieures, car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été instituées par Lui »
[En note : Ad Rom., XIII, 1.]
Au Pape l’autorité spirituelle, aux princes l’autorité temporelle. L’Eglise a son chef, les nations ont leurs chefs. Eux aussi représentent Dieu auprès de leurs peuples et ils représentent leurs peuples auprès de Dieu. C’est au nom de Dieu qu’ils exercent l’autorité sur les nations, et il leur appartient de parler à Dieu au nom de leurs sujets.

(Pages 481-482. J’ajouterais qu’il appartient également aux princes, quoique dans une mesure moindre que celle de la Hiérarchie sacrée, de parler à leurs peuples au Nom de Dieu – Précision de JP B.)

C’est pourquoi, si Notre-Seigneur Jésus-Christ est pleinement Roi – et Il l’est, sa Royauté s’étend (ou devrait s’étendre si nous étions vraiment catholiques) sur la totalité de l’être humain, dans toutes ses applications, et cette Royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ est non seulement sociale mais aussi politique. Il est, du reste, précisément le Roi des rois.

En conséquence, s’il est effectivement fort vertueux et indispensable de résister vaillamment sur le plan de la religion catholique selon l’Église de toujours, cela ne saurait toutefois suffire. Se limiter en effet à la seule défense de ce que, pour prendre un raccourci, j’appelle “l’Autel”, serait concrètement ne pas reconnaître la Royauté sociale et politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur une partie de Sa création, l’univers matériel (dont l’homme est le roi) et, qui plus est, sur cette partie de Sa création qu’il a rachetée à si haut prix : l’humanité. Celle-ci désormais Lui appartient en effet, comme j’y ai déjà fait allusion plus haut, de plein droit en raison : primo, de la nature divine du Créateur qu’Il est ; secundo, de l’Union Hypostatique entre Dieu et l’Homme réalisée lors de l’Incarnation et, tertio, du droit de conquête au Golgotha, droit acquis par Sa Rédemption du genre humain au prix de Son Précieux Sang. De plus, la lutte pour l’établissement de cette Royauté est une question de Charité5. Analogiquement, c’est comme dans le domaine spirituel : la Foi est première et sans elle il ne peut y avoir ni Espérance ni Charité, mais cette dernière, comme la seconde, est indispensable pour être sauvé (la Foi sans les œuvres n’est pas plus utile que les œuvres sans la Foi) et elle surpasse du reste infiniment les deux autres car – St Paul nous l’enseigne dans la 1ère Épître aux Corinthiens, chapitre 13, versets 8 à 13 – « La charité ne passera jamais […] lorsque viendra ce qui est parfais, ce qui est partiel sera aboli […] Maintenant donc foi, espérance et charité demeurent toutes les trois, mais la plus grande, c’est la charité. » Ainsi donc, s’il est vrai que la lutte pour l’établissement de la Royauté sociale et politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne peut exister sans la vraie vertu de religion (tout comme la Charité ne peut exister sans la Foi – ni d’ailleurs l’Espérance) il est également vrai que les seules pratiques personnelles purement religieuses ne serviront pas à nous sauver sans cette lutte pour l’établissement de la Royauté sociale et politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ tout comme la Foi, et l’Espérance, ne peuvent nous sauver sans la Charité.
5
La Charité est : 1° et avant tout, l’amour de Dieu et, 2° et en conséquence, l’amour du prochain pour et à cause de l’amour de Dieu. La lutte pour l’établissement de la Royauté sociale et politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ, est une question d’amour de Dieu, bien sûr, puisque Notre-Seigneur Jésus-Christ est précisément Dieu. C’est également une question d’amour du prochain parce que 1°, en tant qu’Homme, Notre-Seigneur Jésus-Christ est notre premier prochain et, 2°, l’amour des autres hommes doit nous porter à désirer pour eux ce qu’il y a de meilleur, non seulement sur le plan naturel mais surtout au niveau des biens éternels, à leur faire accepter volontairement et par amour (non par la force que l’Église proscrit toujours) le « joug doux et le fardeaux suave » de notre Divin Maître.

Or, parmi les différentes sociétés dans lesquelles les hommes sont politiquement organisés, Dieu, par l’intermédiaire de Sa Sainte Église au baptistère de Reims, a voulu instituer une Nation, pour Lui chère entre toutes, la fille aînée de l’Église, et Il confirma la chose par l’éclatant miracle de la Sainte Ampoule, événement qui ne s’est vu nulle part ailleurs.

Peut-être cette Nation, à cause de ses péchés publics et de son apostasie, méritera de disparaître, mais, tant qu’elle demeure, elle ne peut exister dignement que dans la forme que Dieu Lui-même lui a assignée la nuit de Noël 496, c’est-à-dire la royauté catholique (alors que le modèle des Républiques antiques existait parfaitement, soit dit en passant) avec, donc, un roi qui nécessairement, dans le plan de Dieu, doit être « le lieu-tenant du Roi des cieux » 6, lieu-tenant que ne peuvent être tous nos autres chefs d’État en France, esclaves qu’ils sont de la Contre-Église.
6
Comme l’a confirmé l’épopée tout aussi miraculeuse de Ste Jeanne d’Arc dont la mission manifestement divine était le rétablissement d’un tel roi.

De plus, le domaine humain – sur lequel Notre-Seigneur Jésus-Christ doit régner – n’étant pas seulement spirituel et abstrait mais également corporel et matériel, cette Royauté sociale et politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne peut se cantonner dans le domaine purement théorique : elle doit se concrétiser, non seulement dans la praxis de chacun de membres de la société, mais aussi et surtout, pour être précisément sociale et politique, dans une forme éminemment chrétienne des institutions. J’oserais dire qu’elle doit s’incarner. Comme notre doux sauveur S’est incarné dans le Corps du Fils de l’Homme tiré du sein très pur de la Bienheureuse Marie toujours Vierge, cette Royauté sociale et politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ doit s’incarner, dans le Corps mystique du Christ, l’Église catholique. Or, celle-ci n’est pas constituée seulement de la société ecclésiastique mais aussi, ou du moins elle devrait l’être, de la société civile chrétienne. Et, pour cette incarnation de la Royauté sociale et politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la société, on préfèrera, et de loin, de toutes les formes de société, la forme la plus pure, la forme la meilleure, celle qui sera la plus digne pour Le recevoir Roi : la forme monarchique. C’est donc en vue de cette incarnation de la Royauté sociale et politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la société qu’il faut être, que je suis, monarchiste. Le salut de la société, aujourd’hui tellement en péril, n’est qu’au prix de cette incarnation de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans toute la société, y compris la société civile. Ainsi, cette incarnation doit donc se manifester dans le forme monarchique, et elle ne peut se manifester en France qu’avec et par le roi de France, lieu-tenant du Roi des cieux, à l’avènement duquel tout Catholique français doit travailler selon toutes ses aptitudes et dispositions. C’est bien une question de Charité.

En conséquence de tout cela, un Français ne peut réellement être un digne fils de l’Église catholique sans, non seulement appartenir pleinement à notre sainte religion, mais, et c’est tout aussi important, sans mener le combat social et politique pour la pleine Royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ au travers de l’avènement de son lieutenant dans notre Pays.

D’autre part, le quatrième commandement de Dieu, qui impose d’honorer nos père et mère si nous voulons vivre longuement, prescrit également d’honorer notre Patrie, la Terre des pères et, pour cela, il convient de rechercher ce qu’il peut y avoir de meilleur pour elle comme pour chacun de nos parents. Or, l’Ange de l’École, St Thomas d’AQUIN, encore appelé le Docteur angélique, démontre dans son “De Regimine principum”, ou “De regno”, que, si l’Église accepte bien toutes les formes possibles de sociétés civiles3 et de gouvernements politiques (qui se classent en trois grandes catégories : la monarchie, l’aristocratie et la démocratie) la meilleure, aux yeux mêmes de l’Église, comme l’ont toujours déclaré les Papes, reste bien la forme monarchiste. Un vrai Catholique français ne peut donc être, en vue du bien de sa Patrie qu’il a le devoir de désirer, que monarchiste et, ainsi, désirer nécessairement un roi, mais un roi tout d’abord catholique selon la règle principale de la loi salique.

Par ailleurs, veut-on vraiment servir notre Mère la Sainte Église ? N’est-ce pas là, du reste, le devoir particulier des Français et la Mission divine de la France, fille aînée de l’Église ? Même un “ultramontain7 comme Dom Prosper GUÉRANGER, pourtant antilibéral, a écrit, me rappelle Éric TAILHADES : « ce que les monarchies n’ont pas fait pour le Christ, les républiques le feront. » Ce n’est là, hélas ! qu’un vœu pieux et c’est, finalement, quoiqu’il en soit des justes raisons qu’avait Dom GUÉRANGER d’écrire cela, se tromper lourdement comme le montre l’histoire actuelle… Du reste, « Léon XIII dit exactement le contraire en louant les monarchies de ce qu’elles ont fait pour le Saint siège et principalement le trône de France (Pépin, Charlemagne...) »8

7
Partisan du Pape, à la fin du 19ème siècle, qui se trouvait de l’autre côté de la montagne (en Italie, d’où le terme d’ultramontanisme).

8
Éric TAILHADES dans une lettre privée du 29 mars 2004.


Aussi donc, un vrai Français réellement catholique, fier de saint Louis modèle humain du roi très chrétien, ne saurait être que monarchiste et non républicain car la république en France n’est l’œuvre que des sectes anticatholiques (toutes infiltrées et inspirées par le judaïsme) quand ce n’est pas l’œuvre directement de la juiverie elle-même. Celles-ci ont en effet historiquement provoqué la Révolution, institué la République ou promu l’Empire, et elles ont tout fait avec, hélas ! suffisamment d’efficacité (à cause des péchés des Français, tant de nos derniers rois que du peuple) pour que d’éventuels élus catholiques ne parviennent jamais au pouvoir ou soient pieds et mains liés à leur merci. Voilà du reste pourquoi il est parfaitement vain d’espérer des élections catholiques un jour en France. C’est là un châtiment et nous ne finirons pas d’y échapper autrement qu’en revenant pleinement à l’observation de la Très Sainte Volonté de Dieu à notre égard.

Non seulement un vrai Français réellement catholique sera donc monarchiste mais, de plus, il désirera nécessairement pour son pays un roi vraiment catholique, un roi selon les Très Saintes Vues de Dieu.

Toute autre considération ne sera jamais qu’inquiétante, voire suspecte, pour le moins douteuse.

Voilà pourquoi, le catholique français que je suis est monarchiste de droit divin9 – non dans le sens gallican qui voudrait que le roi ne dépendît directement que de Dieu sans l’intermédiaire du chef suprême de l’Église sur la terre, mais dans le sens catholique selon lequel l’autorité du roi ne vient pas du peuple mais de Dieu Lui-même par l’intermédiaire de Son Vicaire et selon les modalités qu’Il a Lui-même choisies pour la France, c’est-à-dire le Sacre de Reims.
9
L’expression « monarchie de droit divin » est pour la France, à juste titre il faut dire, fortement décrié dans le milieu vraiment catholique et antilibéral. Celui-ci est l’héritier de celui que les gallicans dénommaient “ultramontain”. Car, comme je le dis ensuite dans mon texte, les gallicans l’employaient pour signifier que le roi de France ne dépendait que de Dieu seul et jamais du Pape (qui se trouvait en Italie, de l’autre côté de la montagne) ce qui, bien sûr, n’est manifestement pas catholique. Le Souverain Pontife, est pourtant bien le chef suprême sur terre de toute la Chrétienté. De là, se pose la question de savoir si l’on doit, ou même seulement si l’on peut légitimement, employer cette expression « monarchie de droit divin ». Le problème nous semble, à Mon ami Éric TAILHADES (avec qui, comme je l’ai déjà signalé, je ne suis pas toujours d’accord) qui m’a conseillé le raisonnement suivant, identique à celui de l’emploi du mot “liberté” que des catholiques sincères voulaient bannir du vocabulaire de notre sainte religion sous prétexte que les révolutionnaires de tous poils l’utilisaient par trop abondamment. On en vint à ce que le pape lui-même (Pie XI ou Pie XII, nous trouvons cela dans le “POUR QU'IL RÈGNE”) chef par excellence des antilibéraux, intervint pour dire que ce mot étant irremplaçable pour parler de la vraie « liberté des enfants de Dieu », de la Vérité qui nous libèrera et de l’immense libéralité de notre Divin Maître, il ne fallait pas nous laisser nous en déposséder par des voyous qui lui donnaient un tout autre sens inacceptable pour ne pas les laisser triompher sur ce point. Puisqu’en France la désignation du successeur du défunt roi précédent se fait selon des règles particulières conformes aux prescriptions du Légat du Pape, saint Rémi, Évêque de Reims, il nous semble qu’il en va de même (que pour le mot “liberté”) pour l’expression « monarchie de droit divin » et que l’on peut, d’une manière parfaitement légitime, l’employer pour exprimer ceci :
L’autorité du roi (comme, du reste, toute autorité) vient de Dieu et non – comme veulent précisément le prétendre à tort tous les révolutionnaires – du peuple qui serait, selon eux, tout puissant en la matière.

« Monarchie de droit divin » donc, puisque, comme je l’ai dit plus haut, c’est de par la volonté de Dieu que la France est un royaume. Et elle ne peut exister dignement que dans la forme qu’Il lui a Lui-même assignée la nuit miraculeuse (Sainte Ampoule) de Noël 496, c’est-à-dire avec, donc, un roi essentiellement catholique qui (comme l’a confirmé, je le répète, l’épopée tout aussi miraculeuse de Ste Jeanne d’Arc dont la mission manifestement divine était le rétablissement d’un tel roi) doit nécessairement, dans le plan de Dieu, être « le lieu-tenant du Roi des cieux ». Et le caractère vraiment catholique d’un tel roi, en tout ce qui n’est pas uniquement de son propre ressort, ne peut se manifester que dans l’humble et pleine soumission directement au Pape, Vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ et chef suprême sur la terre de la Sainte Église Catholique. A celle-ci, en effet, tous les autres souverains, et chacun d’entre eux en particulier, même et surtout les souverains temporels (car le domaine temporel est, ou doit être, subordonné au spirituel) doivent soumission et obéissance.

Une telle position, employant l’expression « monarchie de droit divin », peut-elle être taxée de gallicanisme ? Je ne pense pas mais estime au contraire qu’elle est parfaitement catholique et que ceux qui voudraient encore nous gratifier de cette accusation de gallicanisme ne feraient que nous calomnier comme l’ont été Notre-Seigneur Lui-même et Ste Jeanne d’Arc à qui nous aurions l’insigne honneur sur ce point de ressembler.

Il a été proposé, par certain de nos proches, l’expression « monarchie de droit divin dans l’obéissance au Pape ». Les formules longues ne semblent pas facile d’utilisation. Cela nous rappelle trop le tristement célèbre “Office international des Œuvres de Formation Civiques et d’Action Culturelle selon le Droit naturel et chrétien”. (Cf. la plaquette du Monastère Saint-Joseph, « Une fausse contre-révolution : l’Office ».) Toutefois, comme il existe des vérités à croire de Foi divine parce qu’elles sont directement révélées par Dieu Lui-même, qu’il existe par ailleurs des vérités à croire de Foi catholique parce qu’elles sont définies et enseignées par notre Mère la Sainte Église Catholique, qu’il existe également des vérités à croire de Foi divine et catholique parce qu’elles sont non seulement révélées directement par Dieu Lui-même mais qu’elles ont été aussi et en plus définies par la Sainte Église Catholique et qu’elles sont enseignées comme telles, ne pourrait-il pas y avoir  des choses, telle une monarchie ou un roi, de droit divin et catholique ? Je ne sais si l’expression gagnerait en clarté. Une chose me paraît sûre pour la monarchie française : l’expression de droit catholique seulement ne saurait suffire contrairement aux autres royaumes chrétiens qui, historiquement dans leur origine et, donc, nécessairement, ne présentent pas les mêmes caractéristiques.
(Fin de la note N° 9.)


En résumé, ce que je veux dire, c’est qu’il ne suffit nullement d’être juste favorable et de vouloir d’une manière théorique la Royauté sociale et même politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ établie dans les Nations considérées abstraitement : il faut désirer ardemment et promouvoir le plus efficacement possible cette Royauté chez soi, concrètement, non seulement dans son âme et dans son cœur particuliers mais aussi dans son propre pays et, pour la France, en raison de l’Histoire 10, cette Royauté sociale et politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ ne peut pleinement advenir et réellement se manifester que par un roi lieu-tenant du Christ 11.

10
C’est-à-dire de manière purement accidentelle, je suis bien d’accord, mais cela n’enlève rien à la réalité de la chose.

11
Remarquons bien qu’un vrai lieu-tenant du Christ ne peut l’être que dans l’obéissance au Vicaire de Jésus-Christ Chef suprême de l’Église Catholique, comme je l’ai déjà dit plus haut.


Toute autre considération ne peut être que démobilisatrice parce qu’extrêmement démotivante, décourageante et donc fort préjudiciable. (Surtout en France où la république et l’empire sont nécessairement révolutionnaire c’est-à-dire anti-catholique.) CQFD.

Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre Dame Patronne de la France.

Jean-Paul BONTEMPS
Un Catholique français adoubé Chevalier par Mgr M.L. GUÉRARD DES LAURIERS.

En la fête de l’Annonciation 2004

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Ven 7 Fév - 16:02

En annexe à cette première partie, voici ce qu’on trouve écrit dans le “POUR QU’IL RÈGNE”, pages 27 à 30 de l’édition bleue de 197012 (les notes en bas de pages sont d’origine, sauf précision expresse de soulignés) :
12
39-41 et 42-43 de l’édition rouge CLC.

Citation :

IMPORTANCE DU POLITIQUE POUR LE SALUT DES ÂMES

Puisque nous n’avons pas le choix ou, mieux, puisque nous n’avons que le choix entre la vérité et l’erreur, il faut que la Vérité, il faut que Dieu, il faut que Jésus-Christ et Son Église, par la doctrine sociale de celle-ci, règnent sur l’État, parce que l’État est une de ces positions-clefs dont l’importance est telle qu’on ne la peut abandonner sans ruines.

« Chose étrange ! notait le Bienheureux Pierre-Julien Eymard, les faux prophètes, les fondateurs des fausses religions sont l’âme des lois civiles de ces peuples : ainsi, Confucius pour les Chinois, Mahomet pour les Musulmans, Luther pour les réformés. Jésus-Christ seul, le fondateur de toutes les sociétés chrétiennes, le souverain législateur, le Sauveur du genre humain, le Dieu fait homme, n’a plus un mot dans le code de la plupart des nations même chrétiennes. Dans certains pays Son nom est une sentence de vie ou de mort. » (13)
(13)
La Sainte Eucharistie: La Présence Réelle. I. (Edit. 1950).


« De la forme donnée à la Société, conforme ou non aux lois divines, écrivait Pie XII (14), dépend et découle le bien ou le mal des âmes, c’est-à-dire le fait que les hommes, appelés tous à être vivifiés par la grâce du Christ, respirent; dans les contingences terrestres du cours de la vie, l’air sain et vivifiant de la vérité et des vertus morales ou, au contraire, le microbe morbide et souvent mortel de l’erreur et de la dépravation. » (15)

(14)
(1er juin 1941). Cinquantième anniversaire de Rerum Novarum.

(15)
Gardons-nous, au surplus, d’oublier la relation, si bien mise est lumière par Mgr Pie, savoir que « la mauvaise politique n’est pas autre chose que la mauvaise philosophie érigeant ses principes en maximes de droit public ». Il serait absurde de reconnaître à l’Église le droit (et l’autorité) d’enseigner la vraie philosophie et de combattre La fausse, mais de lui refuser celui d’indiquer les justes applications sociales de la première et de stigmatiser les conséquences néfastes de la seconde... On connaît la valeur des conseils selon lesquels il faudrait ne pas faire de politique... « Quiconque s’épuise, disait toujours Mgr Pie, à vous dire qu’il n’a pas d’opinion politique et que le mieux est de n’en pas avoir termine rarement son discours sans vous démontrer qu’il en a une mauvaise et qu’il veut vous la faire partager. »


« En conséquence, coopérer au rétablissement de l’ordre social, n’est-ce pas là, poursuit Pie XII, un DEVOIR SACRÉ pour TOUT chrétien ? Ne vous laissez pas, chers fils, déconcerter par les difficultés extérieures, ni décourager par les obstacles qui naissent du paganisme croissant de la vie publique. Ne vous laissez pas induire en erreur par les fabricants de théories fausses et malsaines, tristes courants qui mènent, non à l’accroissement, mais à la dégradation et à la corruption de la vie religieuse ; théories qui prétendent que, La Rédemption appartenant à l’ordre de la Grâce surnaturelle et étant, par suite, œuvre exclusive de Dieu, elle n’a pas besoin de notre coopération sur cette terre. Ah ! déplorable inintelligence de l’œuvre de Dieu ! « Se disant sages, ils sont devenus fous. » Comme si le premier effet de la grâce n’était pas de soutenir nos sincères efforts pour remplir, chaque jour, les commandements de Dieu, et comme individu, et comme membre de la Société ! Comme si depuis deux mille ans, ne vivait pas et ne persévérait pas, dans l’âme de l’Église, le sentiment de la responsabilité collective de tous pour tous, ce sentiment qui a poussé et pousse encore les âmes jusqu’à L'héroïsme charitable des moines agriculteurs, des libérateurs d’esclaves, des guérisseurs de malades, des messagers de foi, de civilisation, de science, à toutes les générations et à tous les peuples, en VUE DE CRÉER DES CONDITIONS SOCIALES CAPABLES DE RENDRE A TOUS POSSIBLE ET AISÉE UNE VIE DIGNE DE L’HOMME ET DU CHRÉTIEN. Vous, conscients et convaincus de cette responsabilité sacrée, ne vous contentez pas, au fond de votre âme, d’une médiocrité générale des conditions publiques, dans laquelle la masse des hommes ne puisse, sinon par des actes de vertu héroïque, observer les divins commandements inviolables toujours et dans tous les cas...

« Devant de telles considérations, serait-il permis à l’Église, Mère si aimante, si soucieuse du bien de ses fils, de rester indifférente à La vue de leurs dangers et de se taire, ou de faire comme si elle ne voyait pas, ne comprenait pas des conditions sociales qui, volontairement ou non, rendent ardue et pratiquement impossible une conduite chrétienne conforme aux commandements du Souverain Législateur. »


Comme Joseph Vassal l’écrivait en janvier 1931(16) :
(16)
Le Messager du Cœur de Jésus, cité par Apostolat et milieu social, janvier 1931, p. 48.
Citation :
Dire que la Société serait chrétienne si les individus qui la composent étaient de vrais chrétiens est une vérité de La Palisse. il resterait à prouver, et ce serait plus difficile, qu’on peut avoir de vrais chrétiens, en grand nombre, dans un pays où les quatre cinquièmes des enfants reçoivent une éducation sans Dieu, où les neuf dixièmes de la presse sont mauvais, où la famille est dissociée par la loi du divorce, où l’immoralité règne en maîtresse dans les usines et les ateliers et se propage partout par cette apothéose de la chair qu’est le cinéma.

Que peut devenir un enfant dont les parents sont séparés et remariés ? Que peut-on espérer d’une génération élevée par des maîtres dont la grande préoccupation est de la rendre impie ? Comment escompter sérieusement le retour à la foi de populations qu’aucune propagande catholique n’atteint et dont les idées sont à peu près complètement païennes ?...

Nous pallions le mal, nous en atténuons certains effets, nous ne l’atteignons pas dans sa source profonde : lois de laïcité qui démoralisent les jeunes générations, loi du divorce qui dissocie les familles, loi contre les congrégations qui enlève à l’apostolat catholique d’inappréciables ressources, par-dessus tout, diffusion universelle et presque sans contre-partie de la littérature malsaine et du film corrupteur... 17
17 [Souligné par JP B.]


Voilà ce que l’Église ne pourra jamais accepter. Voilà ce qu’elle a pour devoir de combattre. Voilà qui explique son droit de régner sur les institutions comme sur les individus.

Ce ne sont plus, dès lors, de froids théoriciens, spécialistes passionnés de questions politiques, qui se sont appliqués à rappeler semblable doctrine. Ce sont des saints. Et cela, parce qu’étant saints, ils étaient, plus ardemment que d’autres, épris du salut des âmes
. 17

« Nous nous tuons, Madame, écrivait saint Jean Eudes à la reine Anne d’Autriche, à force de crier contre quantité de désordres qui sont dans la France et Dieu nous fait la grâce de remédier à quelques-uns. Mais je suis certain, Madame, que, si Votre Majesté voulait employer le pouvoir que Dieu lui a donné, elle pourrait plus faire, à elle seule, pour la destruction de la tyrannie du diable et pour l’établissement du règne de Jésus-Christ, que tous les missionnaires et prédicateurs ensemble. » (18)
(18)
Lettre citée dans La Vie Spirituelle, 1925. p. 235.

Et saint Alphonse de Liguori, docteur de l’Église : « Si je parviens à gagner un roi, j’aurai plus fait, pour la cause de Dieu, que si j’ avais prêché des centaines et des milliers de missions. Ce qu’un souverain, touché par la grâce de Dieu, peut faire, dans l’intérêt de l’Eglise et des âmes, mille missions ne le feront jamais. »

Car, à côté d’un nombre restreint de catholiques qui croient fermement, savent exactement à quoi ils croient et pratiquent ce qu’ils croient, il y en a un grand nombre qui ne croient qu’à moitié, ne savent qu’à moitié à quoi ils croient et ne le pratiquent qu’à moitié. Comme ils manquent de vie religieuse personnelle, leur foi et leur pratique sont trop exclusivement liées au milieu où ils vivent et, si des usages non chrétiens, des institutions non chrétiennes viennent à s’implanter dans leur milieu, leur foi n’y résista pas.


Cette citation du “POUR QU’IL RÈGNE” illustre parfaitement mon propos et n’a besoin d’aucun commentaire. Nous pouvons passer à la seconde partie de mon étude, « EXISTE-T-IL UNE MISSION “DIVINE” DE LA FRANCE ? ».

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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Sam 8 Fév - 21:37




E
XISTE-T-IL UNE



MISSION “DIVINE” de la France ?

_____________


I
NTRODUCTION


La question de ce titre aurait pu être posée de toute autre façon. Il aurait très bien pu être écrit, pour garder le même genre interrogatif, une des questions suivantes :
  • DIEU A-T-IL DONNÉ UNE MISSION PROPRE À LA SEULE FRANCE ?

  • LA FRANCE A-T-ELLE REÇUE DE DIEU UNE MISSION PARTICULIÈRE ?

  • EXISTE-T-IL UNE MISSION SPECIFIQUE À LA FRANCE ?

Ou, plus proche de notre question :
  • PEUT-ON PARLER D’UNE MISSION DIVINE DE LA FRANCE ?

  • Etcetera, etcetera...

C’est fort intentionnellement que le titre choisi l’a été dans ces termes précis car nombreux sont ceux, surtout chez les clercs, qui pensent que, même dans le cas où la France aurait reçu une Mission particulière, et même si cette mission avait été donnée par Dieu, ce dont beaucoup doutent, surtout dans le clergé et le jeune clergé “traditionaliste”, on ne peut, d’après eux, on ne doit pas parler d’une prétendue “Mission divine” de la France. Il est d’ailleurs étrange que, bien souvent, chez les ennemis mêmes de notre sainte civilisation catholique, le doute d’une Mission particulière de la France, donnée par Notre Mère la Sainte Eglise Catholique, existe bien moins qu’une farouche et, malheureusement, déterminée et obstinée opposition.

C’est ainsi que l’on voit des clercs, surtout parmi ceux qui ont été formés à Écônes, rirent du titre d’un livre écrit par un Camérier de Pie XII qui a étudié profondément la question se référant aux textes sérieux d’auteurs pour la plupart ecclésiastiques ayant autorité (alors que l’on peut se poser la question de celle que peuvent avoir ces jeunes – à l’époque – clercs...19) ; non seulement rire mais s’en insurger presque, du titre d’un livre écrit par le Marquis DE LA FRANQUERIE, « LA MISSION DIVINE DE LA FRANCE »...
19
Voir plus loin, le chapitre “DÉSAPPROBATIONS”.

C’est de la même façon que l’on a pu voir un ennemi acharné de notre sainte civilisation catholique, Juif et député français (car, pour les Juifs, on est d’abord Juif ; puis éventuellement, dans la société juive, député ; puis enfin, dans la diaspora, français...) Jules ISAAC, s’écrier du haut de la tribune de l’hémicycle, à l’occasion de la chute de la quatrième République en 1958 : « Non ! La France ne redeviendra pas la fille aînée de l’Eglise.20 »
20
Expression tout à fait récente dans l’Histoire de l’Église comme dans celle de la France.

C’est que Jules ISAAC, lui, croyait en une Mission particulière de la France ,donnée par Notre Mère la Sainte Eglise Catholique, et la craignait, on peut dire, par-dessus tout. Il savait, le croyait (non avec la vertu théologale de la Foi du baptisé, bien sûr, mais avec la conviction naturelle de l’historien objectif) et craignait pour l’avenir à cause de ceci : la France a reçu des mains de la Sainte Eglise catholique en la personne de son Pontife champenois, saint Rémi, la Mission de porter, devant le monde entier, le flambeau du catholicisme politique et social, et d’assurer, par la force de ses armes, la défense des Successeurs de Pierre.

Jules ISAAC savait cela et le croyait au point de craindre que ce ne soit restauré, complètement rétabli et réinstauré ; et des clercs, qui se veulent et se prétendent “traditionalistes” ou intégralement catholiques, voire qui se réclament des traditions monarchiques en France et dans toute l’Eglise, en font des gorges chaudes et s’opposent même à la diffusion des idées promotionnelles de cet idéal auquel nous devons, Catholiques et Français, tendre de toutes nos forces et avec toute l’ardeur de nos âmes pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de notre Patronne et Reine de France et du Ciel !

Des Prêtres, en effet, et non des moindres, des figures de proue parmi ceux qui assurent le relève du Sacerdoce Catholique, se gaussent, hélas ! de cette prétention, à leurs yeux, de certains Catholiques français qui voudraient, ce qui est tout à leur honneur, rétablir, avec la grâce de Dieu et potentiam in brachio suo, conformément à la mission de sainte Jehanne d’Arc (mission posthume, selon Mgr H. DELASSUS) la Royauté temporelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la France, son domaine privilégié, et, par celle-ci, l’instaurer partout dans le monde.

Des Prêtres, et même de bons Prêtres (dans le domaine religieux) s’en moquent ! (...) Pourquoi ?

Parce que, aux yeux de beaucoup de Prêtres, il est faux de parler d’une mission divine de la France. Se basant sur le principe exact que, s’il est une mission divine sur terre, c’est l’Eglise Catholique, fondée et instituée par notre Divin Rédempteur, qui, seule, l’a reçue de Lui, ils ne peuvent imaginer qu’à son tour Notre Mère la Sainte Eglise à investi certaines personnes, non seulement des personnes physiques comme eux, les Prêtres (ce que cela, ils conçoivent très aisément...) qui sont “Prêtres pour l’éternité”, mais également des personnes morales, voire une nation, pour établir le Règne d’Amour de Dieu sur la terre toute entière.

Et en effet, il est bien exact que, seule, l’Eglise Catholique, fondée et instituée par Dieu Lui-même, a reçu de Lui mission sur la terre, qu’elle a du reste reçu de Lui toute(s) mission(s), et que, puisque cette mission vient de Lui à l’Eglise, seule aussi la mission de l’Eglise peut être dite divine.

Néanmoins, par la voix de ses Pasteurs à qui Notre-Seigneur a délégué tout pouvoir pour paître le troupeau et le conduire au céleste bercail, l’Eglise peut déléguer à qui elle veut, notamment à des puissances temporelles, une partie de sa Mission divine, précisément celle qui convient moins bien aux clercs qu’aux princes séculiers. Comment et, surtout, pourquoi l’Eglise peut-elle faire cela ? C’est ce que nous verrons plus loin, dans le chapitre “FONDEMENT DE CETTE ATTITUDE DE L’EGLISE”.

L’a-t-elle fait et doit-elle le faire encore ? Comment le fait-elle quand elle le peut ?
L’a-t-elle fait particulièrement pour la France et comment l’a-t-elle fait pour sa fille aînée ? C’est ce que nous essaierons de voir immédiatement dans le prochain chapitre.

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Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)


Dernière édition par JP B le Mar 4 Mar - 23:02, édité 2 fois (Raison : 1 : Etablissement du lien à la fin de l'avant-dernier § ; 2 : Etablissement du lien pour la note N° 19.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Dim 9 Fév - 19:38




U
N PEU D’HISTOIRE :

Lorsque, après la bataille du pont Milvius (28 octobre 312) contre l’empereur Maxence qu’il battit, ayant vu dans le ciel, la veille de cette bataille, la Croix resplendissante de Notre-Seigneur et reçu ce message « PAR CE CIGNE, TU VAINCRAS », le maximus augutus CAIUS FLAVIUS VALERIUS AURELIUS Constantinus, (CONSTANTIN Ier le Grand) prit, avec l’empereur d’Orient Licinius rencontré à Milan au début de l’année 313, les décisions qu’il est convenu d’appeler édit de Milan concernant la liberté de la Religion Chrétienne et la sauvegarde des biens de l’Eglise, CONSTANTIN Ier le Grand éleva-t-il ainsi l’Empire romain au rang de fils aîné de l’Église ?

L’édit de Milan avait en effet l’avantage d’accorder aux Chrétiens (comme aux autres) la liberté d’observer notre sainte Religion. Dans un monde où, jusque là, ceux- là étaient persécutés, c’était une véritable bénédiction pour la propagation de la Vérité catholique. Néanmoins, cet édit de Milan n’était pas, loin de là, la proclamation de la Religion catholique comme Religion d’Etat (la seule qui ait droit – et un droit absolu – à cette définition) mais, malgré l’énorme progrès qu’il réalisait pour la liberté de la sainte Eglise, comme il attribuait exactement à tous la liberté d’adorer Dieu comme ils voulaient (c’est-à-dire n’importe comment) il était, pour cette raison précise, en fait fort libéral avant la lettre et digne de la déclaration du conciliabule vaticandeux “Dignitatis humanæ personæ” sur la liberté religieuse.

Ainsi, cette liberté si chère et tant avantageuse pour l’Eglise catholique jusqu’ici persécutée, n’instaurait nullement une Nation, un Empire catholique et cet Empire restait, malgré la cessation des persécutions, fondamentalement païen, d’autant plus que, même après la conversion de CONSTANTIN Ier le Grand, à la suite de sa victoire au pont Milvius, les empereurs conservèrent le caractère sacré que la tradition romaine leur accordait (surtout depuis Néron et Domitien) « dans la mesure où [ils adhérèrent] à la forme arienne du christianisme, qui [leur permettait] d’être, au temporel, l’intermédiaire entre [leurs] sujets et Dieu, de même que le Fils l’est au spirituel » (4ème volume du Grand LAROUSSE encyclopédique en 10 volumes, édition de 1960, page 491, 2ème colonne). Ce dictionnaire expose en effet que cela n’eût pas été possible avec « la forme orthodoxe (de droite doctrine – note de JP B) du christianisme, qui, proclamant l’égalité des trois Personnes de la Trinité, aurait ainsi ramené l’empereur au niveau de ses sujets. Ainsi s’explique [par le fait qu’il se considère encore et toujours, au temporel, comme l’intermédiaire entre ses sujets et Dieu] qu’il [CONSTANTIN Ier lui-même] se soit efforcé de diriger l’Eglise... » !

A l’article « CONSTANTIN », le même dictionnaire dit : « ...[l’édit de Milan eut] le soucis d’attribuer à tous la liberté d’adorer Dieu sous la forme qui leur plaisait. D’où la préoccupation d’obtenir que chaque religion fît sa paix et son unité (concile de Nicée). “Evêque du dehors”, en quelque sorte chef de l’Eglise (ce qui, pour un laïc, qui plus est, un prince temporel, est incompatible avec les institutions politiques catholiques car cela est, justement, du césarisme – note de JP B) à l’extérieur de celle-ci, comme il est ailleurs pontifex maximus et maître du paganisme, il est à lui seul un syncrétisme vivant... [L]’arianisme [est] une doctrine permettant d’accorder une place privilégiée à l’empereur (si le Père et le Fils sont sur le même plan [consubstantiels – note de JP B] suivant l’orthodoxie, il y a une infinie distance entre eux et les créatures ; s’ils sont à des degrés divers de divinité, ce que prétendent les ariens, il peut y avoir de même des degrés divers parmi les créatures, et l’empereur peut être leur intercesseur auprès de Dieu comme le Fils est celui des créatures auprès du Père)... » (3ème volume du Grand LAROUSSE encyclopédique, page 421, 2ème colonne.)

Ainsi donc, Constantin ne se fit pas, entre 312 et 337, baptisé ! Si Constantin « reste l’empereur qui a rendu possible le triomphe du christianisme dans l’Empire [...] par les privilèges qu’il accorde aux chrétiens : liberté du culte, restitution des biens ecclésiastiques, dispense des munera pour les clercs, droit d’héritage accordé à l’Eglise, suppression des peines contre le célibat, privilèges judiciaires, protection des chrétiens contre Lucinius et, plus tard, contre Sapor, pèlerinage d’Hélène (Ste Hélène, sa mère – note de JP B) aux lieux saints et construction des basiliques [...] par les diverses entraves apportées au paganisme et au judaïsme : fermeture des temples, interdiction de faire des sacrifices aux dieux, reproches aux soldats d’en célébrer en l’honneur de Jupiter Capitolin [...] » (ibidem) on ne peut pas dire qu’il ait pour autant élevé l’Empire romain au rang de fils aîné de l’Eglise. Car, malgré « son action même dans l’Eglise, à laquelle il donna (pourtant – note de JP B) un caractère quasi officiel : intervention dans le conflit donatiste (concile d’Ancyre, 314) et dans celui qui opposait ariens et orthodoxes (Catholiques de droite doctrine – note de JP B) (convocation et organisation du concile de Nicée [325] ; action pour imposer le Credo nicéen et combattre l’arianisme ; puis retournement et intervention en faveur de l’arianisme contre l’orthodoxie alexandrine) » (Ibid. – souligné de JP B) et, bien qu’il ait favorisé comme nul autre à cette époque (et peut-être même après) le christianisme, Constantin (Dieu ait son âme comme le veut le tradition qui l’honore comme un saint) n’a toutefois pas, en raison de ce retournement, favorisé comme il eut fallu l’orthodoxie catholique pour que l’on puisse dire son Empire “fils aîné de l’Eglise”. D’autant plus que son intervention en faveur de l’arianisme a été indubitablement une des raisons, sinon la principale, de la durée si longue (de 323 environ jusque, pour les Lombards, sous le règne d’Aribert Ier entre 653 et 661) de cette crise affreuse que fut l’arianisme...

Dans un post (http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=369430) que l’on ne trouve plus aujourd’hui et qui était intitulé « Quelques éléments par Abel (2008-02-01 14:54:21) »,
Abel a écrit:
[...] Constantin ne sut pas retenir avec fermeté la doctrine définie à Nicée. Sa sœur Constantia, plus ou moins gagnée à l’arianisme, le poussa à rappeler de l’exil l’évêque Eusèbe de Nicomédie, qui entra très avant dans sa confiance. Eusèbe réussit à lui faire croire que ce mot de consubstantiel avait une saveur de sabellianisme et qu’il effaçait toute distinction réelle entre le Père et le Fils. À la faveur de ces équivoques, Arius fut rappelé d’exil vers 329 ou 330, après avoir émis une confession de foi très insuffisante. L’arianisme pur trouva moyen de se revêtir de formes atténuées et l’on va se traîner longtemps encore de symbole en symbole, sans parvenir à une solution précise.

En conclusion, en conséquence de tout cela et malgré tous ses indéniables mérites, le Grand CONSTANTIN Ier n’éleva pas son Empire au rang de fils aîné de l’Eglise et ce n’est pas même grâce à lui que la péninsule italienne, la botte dont la Capitale, Rome, est la ville éternelle, ce n’est pas même grâce à lui qu’elle est appelée, à juste titre, “le berceau du christianisme”.

D’autre part, après la disparition de Constantin (337) JULIEN (l’apostat – empereur de 361 à 363) tenta de restaurer le paganisme et, malgré le christianisme orthodoxe (de droite doctrine) catholique de THÉODOSE Ier le Grand (379-395) qui favorisa tant l’Église et alla jusqu’à fermer définitivement, en 394, les temples païens, les empereurs ne sont pas sacrés tels par l’Église. Aussi, avec toutes les turpitudes de l’Empire Romain qui avait tellement fait la guerre aux Chrétiens et les avait tant martyrisés, Dieu permit finalement aux Barbares de le détruire, du moins, dans un premier temps, en Occident.

En fait, ce ne sera qu’avec CLOVIS Ier, roi des Francs, combattant l’arianisme après sa conversion à la Foi catholique et la réception du saint Baptême en la fête de Noël 496 avec trois mille de ses soldats, que l’Église, par le sacre de ce roi en cette même nuit de Noël 496, fera de son pays, la France, à partir de cette date, la fille aînée de l’Eglise.

Comment, exactement, cela est-il arrivé et l’Eglise, ce faisant, a-t-elle délégué une partie de sa Mission divine à la France et comment l’a-t-elle fait pour sa fille aînée ?
C’est ce que nous verrons demain, si Dieu veut, dans mon prochain post.

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Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Lun 10 Fév - 16:45

CLOVIS, encore païen malgré les exhortations de la Patronne de Paris, sainte Geneviève, qui avait une très grande influence sur la famille royale, mais peut-être plus encore par l’exemple de la reine, la douce sainte Clotilde, CLOVIS, donc, sur le point de succomber sous les forces des Alamans lors de la célèbre bataille de Tolbiac en 496, son armée en débandade battant en retraite devant les avancées irrésistibles de l’ennemi, invoqua en pleine bataille le Dieu de Clotilde, le Christ Jésus et Lui promis de se convertir au Catholicisme s’il sortait vainqueur de la mêlée. Il obtint alors une éclatante et décisive victoire en écrasant les Alamans qui ne s’en remirent jamais bien.

C’est ainsi que la nuit de Noël de la même année, CLOVIS Ier, roi des Francs, reçu le Baptême catholique des mains de l’Evêque de Reims qui le sacra à cette occasion Roi de France, tandis que, à minuit, Dieu voulut, par un miracle éclatant, affirmer la Mission, divine donc, de la France et de ses rois.

Laissons la parole à HINCMAR, Archevêque de Reims, qui décrit, en 878 dans La vie de saint Rémi, le début de la cérémonie en ces termes
Citation :

Soudain, une lumière plus éclatante que le soleil inonde l’église ! Le visage de l’Evêque en est irradié ! En même temps retentit une voix : « LA PAIX SOIT AVEC VOUS ! C’EST MOI ! N’AYEZ PAS PEUR ! PERSEVEREZ EN MA DILECTION ! »

Quand la voix eut parlé, ce fut une odeur céleste qui embauma l’atmosphère.

Le Roi, la Reine, toute l’assistance épouvantés, se jetèrent aux pieds de saint Rémi qui les rassura et leur déclara que c’est le propre de Dieu d’étonner au commencement de ses visites et de réjouir à la fin.

Puis soudainement illuminé d’une vision d’avenir, la face rayonnante, l’œil en feu, le nouveau Moïse [saint Rémi – note de JP B] s’adressant directement à Clovis, Chef du nouveau Peuple de Dieu, lui tint le langage – identique quant au sens – de l’ancien Moïse à l’Ancien Peuple de Dieu :
Citation :
APPRENEZ, MON FILS, QUE LE ROYAUME DE FRANCE EST PREDESTINE PAR DIEU A LA DEFENSE DE L’EGLISE ROMAINE QUI EST LA SEULE VERITABLE EGLISE DU CHRIST.

CE ROYAUME SERA UN JOUR GRAND ENTRE TOUS LES ROYAUMES.

ET IL EMBRASSERA TOUTES LES LIMITES DE L’EMPIRE ROMAIN !

ET IL SOUMETTRA TOUS LES PEUPLES A SON SCEPTRE !

IL DURERA JUSQU’A LA FIN DES TEMPS !

IL SERA VICTORIEUX ET PROSPERE TANT QU’IL SERA FIDELE A LA FOI ROMAINE.

MAIS IL SERA RUDEMENT CHATIE TOUTES LES FOIS QU’IL SERA INFIDELE A SA VOCATION.

(HINCMAR : Vita Sancti Remigii, cap.XXXVI et ss. et FLODOARD : Historia Ecclesiæ Remensis. Lib. I, cap. XIII. – Bibl. Nat. A, 112 à 329. – Souligné en rouge par JP B.)

Le même auteur, à propos du Baptême proprement dit et du sacre du premier de nos rois, poursuit ainsi
Citation :

Dès qu’on fut  arrivé au baptistère [après la scène décrite ci-dessus – note de JP B] le clerc qui portait le chrême, séparé par la foule de l’officiant [saint Rémi – note de JP B] ne put arriver à le rejoindre.

Le saint Chrême fit défaut.

Le pontife lève alors ses yeux en larme au ciel et supplie le Seigneur de le secourir en cette nécessité pressante.

SOUDAIN APPARAIT, VOLTIGEANT A PORTEE DE SA MAIN, AUX YEUX RAVIS ET ETONNES DE L’IMMENSE FOULE, UNE BLANCHE COLOMBE TENANT EN SON BEC UNE AMPOULE D’HUILE SAINTE DONT LE PARFUM D’UNE INEXPRIMABLE SUAVITE EMBAUMA TOUTE L’ASSISTANCE.


DES QUE LE PRELAT EUT REÇU L’AMPOULE, LA COLOMBE DISPARUT !

(HINCMAR : Op. cit., cap.XXXVIII. – Souligné en rouge par JP B.)

Monsieur le marquis DE LA FRANQUERIE – de qui sont tirées, dans son ouvrage “La Mission divine de la France”, 5ème édition de 1955 (avec nihil obstat du 1er mars 1926 de D. Lallement, Parisiis, et imprimatur du 2 mars 1926 de E. Adam, Vic. gén., Paris. Et du 27 octobre 1955 pour les parties ajoutées, de N. Lalague, Vic. gén., Auch) pages 16 à 19, toutes ces citations prises par lui dans Migne, Patr. lat., T. CXXV, pp. 1159-1160 et T. CXXXV, p. 51 – continue ainsi (pages 19 - 20)
Citation :

C’est avec le saint Chrême contenu dans cette ampoule, qu’ont été sacrés tous nos Rois 21.
21
La sainte ampoule fut brisée en 1793 par le révolutionnaire Ruhl, mais :
« Un ecclésiastique et un magistrat de cette ville qui, dans ces temps affreux craignirent de compromettre un grand nombre de gens de bien, s'ils enlevaient ce précieux vase, avaient eu le soin d'en retirer une partie du baume qu'il contenait. Partagé entre cet ecclésiastique et ce magistrat, ce baume a été gardé religieusement. En 1819, les parcelles en ont été réunies dans le tombeau de saint Remy sous la garde du Curé de Saint-Remy de Reims, et des preuves authentiques, constatées dans un procès-verbal lequel a été déposé au greffe du Tribunal de Reims, ne laissent aucun doute sur la fidèle conservation de ce précieux monument du sacre de Clovis »
Clausel de Coussergues : “Du Sacre des Rois de France”, mai 1825, p. 127.

Comme au baptême du Christ, c’est « le Saint-Esprit qui par l’effet d’une grâce singulière apparut sous la forme d’une colombe et donna ce baume divin au pontife 22 » voulant assister visiblement au sacre du premier de nos Rois pour marquer ainsi d’un signe sacré de toute spéciale prédilection notre Monarchie, consacrer tous nos Rois et imprimer sur leur front un caractère indélébile qui leur assurerait la Primauté sur tous les autres Souverains de la terre ; enfin les munir de ses sept dons pour qu’ils puissent accomplir leur mission providentielle dans le monde.
22
Cérémonial du Sacre des Rois de France : Prière à Saint Rémi.

Ainsi, pour le Sacre de nos Rois, Dieu a voulu non d’une huile terrestre, mais d’une huile céleste afin que le Roi de France – tout comme le Christ – fut non pas fictivement mais très réellement et véritablement “l’oint” du Seigneur. Ce privilège UNIQUE était reconnu dans le monde entier...


A quelle autre dynastie de quelle autre Nation la Divine Providence, depuis la chute d’Israël, a-t-Elle manifesté sa Protection par d’aussi éclatants miracles ? Qui peut en citer une seule ?

Quelques personnes, de mauvaise foi, mettront peut-être en doute l’authenticité historique des faits rapportés plus haut 23. A de tels adversaires, il n’y à rien à répondre : on peut également mettre en doute, dès l’instant qu’on refuse les témoignages des historiens surtout ceux de l’époque, l’authenticité de “La guerre des Gaules” de Jules César, la réalité de l’existence de celui-ci ou, comme on l’a déjà affirmé et même qu’on l’affirme encore parfois, celle de la vie de notre Divin Sauveur... Péché, dans ce dernier cas, contre l’Esprit et aveuglement volontaire !
23
Seconde citation de HINCMAR ci-dessus.


Certains, peut-être aussi, se poseront la question de savoir avec quelle autorité saint Rémi agissait ainsi et proclamait tout ce qu’il disait lors de ce Baptême et de ce Sacre du roi Clovis : agissait-il vraiment avec l’Autorité de l’Eglise c’est-à-dire au nom du Pape glorieusement régnant ?

Pour répondre à cette interrogation plus ou moins légitime (saint Rémi étant quand même Ordinaire de Reims et, sans opposition de la part du Souverain Pontife c’est-à-dire dans la subordination à celui-ci, il avait donc l’Autorité de l’Eglise dans sa Juridiction) on citera la lettre adressée à Clovis par Anastase II, Pape de 496 à 498 :
Anastase II a écrit:

Illustre et glorieux Fils, soyez sa [de l’Eglise] gloire, SOYEZ POUR ELLE UNE COLONNE DE FER !

Nous louons Dieu, qui Vous a retiré de la puissance des ténèbres, pour faire d’un si grand Prince LE DÉFENSEUR DE SON EGLISE et opposer votre gloire aux attaques des pervers.

Continuez donc cher et glorieux Fils, afin que le Dieu tout-puissant entoure votre sérénité et votre royaume de sa protection et commande à ses anges de vous protéger dans toutes vos voies et vous donne la victoire sur tous vos ennemis. 24
24
Anast. II, ép. II ad Clod. tom. VI, Conc. col. 1282 cité par Bossuet : Politique tirée de l’Ecriture Sainte, tome  I, livre VII, page 529, éd. Delestre Boulage 1822, et par Zeller, “Les Francs Mérovingiens : Clovis et ses fils”, p. 38.

(Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit., p. 21.)

On citera, dans la même optique, la lettre que « le grand Pape Saint Hormisdas [514-523] écrivit à Saint Rémi lorsqu’il l’institua en ces termes Légat pour toute la France 25 :
Saint Hormisdas, Pape, a écrit:

Nous donnons tous nos pouvoirs pour tout le Royaume de notre cher Fils spirituel Clovis que par la grâce de Dieu vous avez converti avec toute Sa Nation, par un apostolat et des miracles dignes du temps des Apôtres.

25 Migne, t. 125, p. 1168. Hincmar : Vita Sancti Remigii, cap. LIV ; Baronius, Annales Ecclesiastici – Tome VI, p. 635.
(Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit., p. 25. – Souligné par JP B.)

On voit, par ces citations d’Anastase II et de saint Hormisdas, que saint Rémi était en parfait accord avec le Saint-Siège Apostolique et, dans la seconde, on trouve la confirmation par le Saint-Père de la réalité indéniable des miracles opérés lors du Baptême et du Sacre du roi Clovis à Noël 496.

Ayant ainsi établi sa conformité avec l’Autorité suprême dans l’Eglise, on peut, sans aucun risque pour l’orthodoxie, se référer à ce texte du grand Evêque de Reims, Légat pour toute le France, appelé “Le TESTAMENT de saint Rémi” qui sera reproduit demain, si Dieu veut, dans un nouveau post.

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Jean-Paul BONTEMPS
 
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« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Mer 12 Fév - 3:54



T
ESTAMENT de saint Rémi

Reproduisant, pages 26 à 28 de son ouvrage cité, le “Testament de saint Rémi”, le Marquis de la Franquerie a écrit:

QUE LE PRÉSENT TESTAMENT 26 QUE J’AI ÉCRIT POUR ETRE GARDÉ RESPECTUEUSEMENT INTACT PAR MES SUCCESSEURS LES ÉVÊQUES DE REIMS, MES FRÈRES, SOIT AUSSI DÉFENDU, PROTÉGÉ PARTOUT ENVERS ET CONTRE TOUS PAR MES TRES CHERS FILS LES ROIS DE FRANCE PAR MOI CONSACRES AU SEIGNEUR A LEUR BAPTÊME, PAR UN DON GRATUIT DE JÉSUS-CHRIST ET LA GRÂCE DU SAINT-ESPRIT.
26
Migne, t. 135, pp. 60 à 68. FLODOARD : Historia Ecclesiæ Remensis. Lib. I, ch. XVIII “Testamentum ab ipso editum.”.

QU’EN TOUT ET TOUJOURS IL GARDE LA PERPETUITE DE SA FORCE ET L’INVIOLABILITE DE SA DUREE...

MAIS PAR ÉGARD SEULEMENT POUR CETTE RACE ROYALE QU’AVEC TOUS MES FRÈRES ET CO-ÉVÊQUES DE LA GERMANIE, DE LA GAULE ET LA NEUSTRIE, J’AI CHOISIE DELIBEREMENT POUR REGNER JUSQU'A LA FIN DES TEMPS, AU SOMMET DE LA MAJESTÉ ROYALE POUR L’HONNEUR DE LA SAINTE EGLISE ET LA DÉFENSE DES HUMBLES.

PAR ÉGARD POUR CETTE RACE QUE J’AI BAPTISÉE, QUE J’AI REÇUE DANS MES BRAS RUISSELANTE DES EAUX DU BAPTÊME : CETTE RACE QUE J’AI MARQUÉE DES SEPT DONS DU SAINT-ESPRIT, QUE J’AI OINTE DE L’ONCTION DES ROIS, PAR LE SAINT CHREME DU MEME SAINT-ESPRIT ;

J’AI ORDONNÉ CE QUI SUIT :


I° MALÉDICTIONS

SI UN JOUR CETTE RACE ROYALE QUE J’AI TANT DE FOIS CONSACREE AU SEIGNEUR, RENDANT LE MAL POUR LE BIEN, LUI DEVENAIT HOSTILE ; ENVAHISSAIT SES ÉGLISES, LES DÉTRUISAIT, LES DÉVASTAIT :

QUE LE COUPABLE SOIT AVERTI UNE PREMIÈRE FOIS PAR TOUS LES ÉVÊQUES RÉUNIS DU DIOCÈSE DE REIMS.

UUNE DEUXIÈME FOIS PAR LES ÉGLISES RÉUNIES DE REIMS ET DE TRÊVES 27.
27
Ainsi, à l’origine même de notre Histoire, nous trouvons indiquée, comme frontière naturelle de notre pays, la rive gauche du Rhin. [On comprend alors pourquoi nos amis Belges, germanophiles quoique francophones, n’aiment guère le livre du Marquis DE LA FRANQUERIE ! On comprend beaucoup moins bien qu’un Prêtre français, lui, partage leur opinion... – Observation entre crochets ajoutée par JP B.]

UNE TROISIÈME FOIS PAR UN TRIBUNAL DE TROIS OU QUATRE ARCHEVÊQUES DES GAULES. 28
28
[Ainsi donc le prétendu “cléricalisme” dénoncé par certains “Catholiques” tel Adrien LOUBIER DE BONNET DE VILLER, non seulement n’est pas un “cléricalisme” mais était en fait préconisé, imposé même, par le grand saint Rémi dans son “TESTAMENT” ! (Cette note de JP B entre crochets n’est nullement “un règlement de compte” mais, dans l’ambiance délétère actuelle, une mise au point indispensable...)]

SI À LA SEPTIÈME MONITION IL PERSISTE DANS SON CRIME, TRÊVE À L’INDULGENCE ! PLACE À LA MENACE !

S’IL EST REBELLE À TOUT, QU’IL SOIT SÉPARÉ DU CORPS DE L’ÉGLISE, PAR LA FORMULE INSPIRÉE AUX ÉVÊQUES PAR L’ESPRIT-SAINT : PARCE QU’IL A PERSÉCUTÉ L’INDIGENT, LE PAUVRE, AU CŒUR CONTRIT ; PARCE QU’IL NE S’EST POINT SOUVENU DE LA MISÉRICORDE ; PARCE QU’IL A AIMÉ LA MALÉDICTION, ELLE LUI ARRIVERA ; ET N’A POINT VOULU DE LA BÉNÉDICTION, ELLE S’ÉLOIGNERA.

ET TOUT CE QUE L’ÉGLISE A L’HABITUDE DE CHANTER DE JUDAS LE TRAITRE ET DES MAUVAIS ÉVÊQUES, QUE TOUTES LES ÉGLISES LE CHANTENT DE CE ROI INFIDÈLE.

PARCE QUE LE SEIGNEUR A DIT : « TOUT CE QUE VOUS AVEZ FAIT AU PLUS PETIT DES MIENS, C’EST À MOI QUE VOUS L’AVEZ FAIT, ET TOUT CE QUE VOUS NE LEUR AVEZ PAS FAIT, C’EST À MOI QUE VOUS NE L’AVEZ PAS FAIT ».

QUÀ LA MALÉDICTION FINALE ON REMPLACE SEULEMENT, COMME IL CONVIENT À LA PERSONNE, LE MOT ÉPISCOPAT PAR LE MOT ROYAUTÉ :

QUE SES JOURS SOIENT ABRÉGÉS ET QU’UN AUTRE REÇOIVE SA ROYAUTÉ !

SI LES ARCHEVÊQUES DE REIMS, MES SUCCESSEURS, NÉGLIGENT CE DEVOIR QUE JE LEUR PRESCRIS, QU’ILS REÇOIVENT POUR EUX LA MALÉDICTION DESTINÉE AU PRINCE COUPABLE : QUE LEURS JOURS SOIENT ABRÉGÉS ET QU’UN AUTRE OCCUPE LEUR SIÈGE.


II° BÉNÉDICTIONS

SI NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST DAIGNE ÉCOUTER LES PRIÈRES QUE JE RÉPANDS TOUS LES JOURS EN SA PRÉSENCE, SPÉCIALEMENT POUR LA PERSÉVÉRANCE DE CETTE RACE ROYALE, SUIVANT MES RECOMMANDATIONS, DANS LE BON GOUVERNEMENT DE SON ROYAUME ET LE RESPECT DE LA HIÉRARCHIE DE LA SAINTE EGLISE DE DIEU.

QUAUX BÉNÉDICTIONS DE L’ESPRIT-SAINT DÉJÀ RÉPANDUES SUR LA TÊTE ROYALE S’AJOUTE LA PLÉNITUDE DES BÉNÉDICTIONS DIVINES !

QUE DE CETTE RACE SORTENT DES ROIS ET DES EMPEREURS 29 QUI, CONFIRMÉS DANS LA VÉRITÉ ET LA JUSTICE POUR LE PRÉSENT ET POUR L’AVENIR SUIVANT LA VOLONTÉ DU SEIGNEUR POUR L’EXTENSION DE SA SAINTE EGLISE, PUISSENT RÉGNER ET AUGMENTER TOUS LES JOURS LEUR PUISSANCE ET MÉRITENT AINSI DE S’ASSEOIR SUR LE TRÔNE DE DAVID DANS LA CÉLESTE JÉRUSALEM OÙ ILS RÈGNERONT ÉTERNELLEMENT AVEC LE SEIGNEUR. AINSI SOIT-IL. 30

29
[...] Le nombre des couronnes que [la race des Rois de France] a portées est là pour le prouver ; la Race Royale de France a régné en effet en France, en Lorraine, en Allemagne, en Hongrie, en Pologne, en Savoie, en Italie, à Constantinople, en Espagne, à Parme, à Naples, en Sicile, au Portugal, en Autriche, au Brésil, etc. ...

30
L’authenticité indiscutable de ce document capital pour notre Histoire a été prouvée par l’Abbé Dessailly, de l’Académie de Reims, dans un ouvrage fondamental et décisif sur la question : “L’authenticité du grand Testament de Saint Rémi”, publié au [19ème siècle] chez Dumoulin, à Paris... (Disponible aux Editions Saint-Rémi – voir note 1. – Observation entre parenthèses ajoutée par JP B)


Comment, de notre côté, devons-nous accueillir ce document ?
C’est ce que nous verrons demain, si Dieu veut, dans le prochain message.

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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Jeu 13 Fév - 13:15

En fait, le Testament dit “de saint Rémi”, ne fut pas signé uniquement par le seul Evêque de Reims. Outre d’autres Prêtres, six autres Evêques y apposèrent effectivement leur signature dont trois d’entre eux « sont réputés pour leur sainteté : Saint Vedast, Evêque d’Arras ; Saint Médard, Evêque de Noyon et Saint Loup, Evêque de Soissons. Ils, le signèrent sous la formule suivante :
Citation :
« X…, Evêque.
« Celui que mon Père Rémi a maudit, je le maudis ; celui qu’il a béni, je le bénis.
« Et j’ai signé. »
(Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit., page 29, en haut.)

Ainsi donc ce Testament est un document collectif d’Evêques ! Sauf condamnation, cela devient par conséquent un véritable document d’Eglise...

On peut aussi voir ce que disait saint Avit, évêque de Vienne, en écrivant à Clovis :
Citation :
Le Noël du Seigneur est aussi le Noël des Francs ; vous êtes né au Christ, le jour où le Christ est né pour nous... Votre foi est notre victoire, et nous sommes les vainqueurs partout où vous combattez.
(Acta Sanctorum, 1a Octobris, Sanctus Remigius. Cité par Zeller, op. cit., p. 34. Cf. Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit., page 21, en haut.)

Toutefois, c’est à un Pasteur suprême, le grand saint Pie X, que nous irons demander comment nous devons recevoir ce document. Or, nous trouverons ces réponses :
  • et d’abord celle-ci :
    Citation :

    Le 19 décembre 1907, à l’Archevêque de Reims, Monseigneur Luçon, nouvellement promu Cardinal, Saint Pie X déclarait 31 :
    « Reims conserve la source baptismale d’où est sortie toute la France Chrétienne, et elle est justement appelée pour cela le Diadème du Royaume. C’était une heure ténébreuse pour l’Eglise de Jésus-Christ. Elle était d’un côté combattue par les Ariens, de l’autre assaillie par les Barbares ; elle n’avait plus d’autre refuge que la prière pour invoquer l’heure de Dieu. Et l’heure de Dieu sonna à Reims, en la fête de Noël 496. LE BAPTÊME DE CLOVIS MARQUA LA NAISSANCE D’UNE GRANDE NATION : LA TRIBU DE JUDA DE L’ÈRE NOUVELLE, QUI PROSPÉRA TOUJOURS TANT QU’ELLE FUT FIDELE A L’ORTHODOXIE, TANT QU’ELLE MAINTINT L’ALLIANCE DU SACERDOCE ET DU POUVOIR PUBLIC, TANT QU’ELLE SE MONTRA, NON EN PAROLES, MAIS EN ACTES, LA FILLE AINÉE DE L’EGLISE. » 32

    31
    Bulletin du Diocèse de Reims, 28 déc. 1907, p. 621.

    32 Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit., pages 15-16. – Souligné ici en capitales par JP B.

  • Et encore :
    Reproduisant les paroles qui suivent de St Pie X, le Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit. (page 244) a écrit:

    Que vous dirai-je à vous maintenant, chers fils de France, qui gémissez sous le poids de la persécution ? Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux fonds baptismaux de Reims se convertira et retournera à sa première vocation [...] Les fautes ne resteront pas impunies mais ELLE NE PERIRA JAMAIS, la fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes.

    Un jour viendra, et nous espérons qu’il n’est pas très éloigné, où la France, comme Saul sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une lumière céleste et enten-dra une voix qui lui répétera : ‘Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ?’ Et sur sa réponse : ‘Qui es-tu Seigneur ?’ La vois répliquera : ‘Je suis Jésus que tu persécutes. Il t’est dur de regimber contre l’aiguillon, parce que dans ton obstination, tu te ruines toi-même’. Et, Elle, tremblante et étonnée, dira : ‘Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?’ Et lui : ‘Lève-toi, lave-toi des souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, fille aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et devant les rois de la terre 33.

    33 [Soulignés dans le texte. – On peut voir, dans cette citation, comment saint Pie X, lui aussi, se réfère à saint Paul en dehors du sens littéral...]
    Actes de saint Pie X
    , tome VII, pages 162 et 163. Allocution VI Ringrazzio, lors de l’imposition de la barrette aux Cardinaux de Cabrières, Billot, Dubillard et Amette, le 29 novembre 1911. Comparez : Cardinal Pie V : Œuvres. – 506-507.
    Lors de la béatification du Curé d’Ars, le 8 janvier 1905, saint Pie X avait dit aux Pèlerins Français : « Et puisque la béatification du Curé d’Ars prouve que Dieu garde pour la France sa prédilection, je vous prie de vous unir à moi dans cette conviction : bientôt Dieu opérera des prodiges qui nous donneront non plus seulement la confiance que la France ne cesse point d’être la fille aînée de l’Eglise, mais la joie de le constater, non seulement par des paroles, mais par des actes. » (Semaine Religieuse d’Autun, 29 août 1914, p. 729.) [Souligné dans le texte du Marquis
    DE LA FRANQUERIE. – Observations entre crochets ajoutées par JP B.]

  • Mais, surtout, nous trouverons cette autre réponse dans la déclaration faite toujours par le même Très Saint Père « le 13 décembre 1908 à l’Evêque d’Orléans, lors de la lecture du Décret de béatification de Jeanne d’Arc 34.
    34
    Actes de saint Pie X, tome V, pp.204-205. »
    Citation :

    VOUS DIREZ AUX FRANÇAIS QU’ILS FASSENT LEUR TRESOR DES TESTAMENTS DE SAINT RÉMI
    , DE CHARLEMAGNE ET DE SAINT LOUIS, QUI SE RÉSUMENT DANS CES MOTS SI SOUVENT RÉPÉTÉS PAR L’HEROÏNE D’ORLÉANS :
    « VIVE LE CHRIST QUI EST ROI DE FRANCE ! »

    A CE TITRE SEULEMENT LA FRANCE EST GRANDE PARMI LES NATIONS. A CETTE CLAUSE DIEU LA PROTÈGERA ET LA FERA LIBRE ET GLORIEUSE. A CETTE CONDITION, ON POURRA LUI APPLIQUER CE QUI DANS LES LIVRES SAINTS EST DIT D’ISRAËL : QUE PERSONNE NE S’EST RENCONTRÉ QUI INSULTAT CE PEUPLE, SINON QUAND IL S’EST ELOIGNÉ DE DIEU... 35

    35 Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit., pages 25-16. – Souligné d’un trait et/ou en gras, par JP B.

    Ainsi, le grand Pape saint Pie X nous demande de faire notre “TRESOR [DU] TESTAMENTS DE SAINT RÉMI” !

  • Il ajoutait encore, à l’occasion de la béatification de la Pucelle :
    Citation :
    Je n’ai pas seulement l’espérance, j’ai LA CERTITUDE DU PLEIN TRIOMPHE... Je suis affermi dans cette certitude par la protection des martyrs36 qui ont donné leur sang pour la foi et par l’intercession de Jeanne d’Arc, qui, comme elle vit dans le cœur des Français, répète aussi sans cesse au ciel la prière : Grand Dieu, sauvez la France ! 37

    36
    Louis XVI fut déclaré martyr par le Pape Pie VI dans l’allocution qu’il prononça au Consistoire du 11 juin 1793. Voir Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit., pages 164 à 175, notamment 171 au milieu, 172 en bas, 173 en haut, 174 en haut et au milieu ; mais c’est tout le chapitre, de la page 149 à 179, qu’il convient de méditer ! (Note de JP B.)

    37 Pie X, Actes. – Tome V, p. 205, 206.
    (Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit., page 246, en haut. – Souligné dans le texte.)

Voilà comment nous devons accueillir le Testament dit “de saint Rémi” !

Dans les conditions politiques actuelles particulièrement si difficiles (cf. cette vidéo, « “Nous vivons en France un temps de ténèbres”... »), il s’avérait urgent de faire ces rappels...

(A suivre) :
Saint Pie X fut loin d’être le seul Vicaire de Notre-Seigneur qui ait parlé de la Vocation particulière de la France et...

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Ven 14 Fév - 14:51

Saint Pie X fut loin d’être le seul Vicaire de Notre-Seigneur qui ait parlé de la Vocation particulière de la France et il a déjà été également cité plus haut (http://foicatholique.cultureforum.net/t4640-pour-dieu-et-pour-le-roy#30286) Anastase II et saint Hormisdas.

Le Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit., en bas de la page 88,
a écrit:
Le Grand Grégoire VII, au temps de Philippe Ier, écrira que les Rois de France sont « autant au-dessus des autres monarques que les souverains sont au-dessus des particuliers 38. »
38
Grég. VII, Magn. Ep. Lib IV, cp. 6, tome II, col. 795.
(Souligné dans le texte.)

Alexandre III, quant à lui, « déclara la France “un Royaume chéri et béni de Dieu dont l’exaltation est inséparable de celle de l’Eglise 39. »
39
« Alexandre III : Epst. XXX t. X, Conc. Col. 1 212. C'est également ce qu'affirmait Grégoire XI : t. XI, Conc. Col. 367. » (Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit., page 89, en bas.)

Dans une lettre à saint Louis, Grégoire IX a écrit:
Ainsi, Dieu choisit la France de préférence à toutes les autres nations de le terre pour la protection de la Foi catholique et pour la défense de la liberté religieuse. [Dans le bon sens : celui de la liberté de religion pour, et exclusivement pour, la sainte Eglise catholique ; non dans le sens hérétique de la liberté religieuse entendue selon le conciliabule “vaticandeux”... – note de JPB] Pour ce motif, le royaume de France est le royaume de Dieu ; les ennemis de la France sont les ennemis du Christ.
(Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit., Avant-Propos, page VII, en haut.)

Citation :
De même qu’autrefois la tribu de Juda reçut d’en haut une bénédiction toute spéciale parmi les autres fils du Patriarche Jacob ; de même le ROYAUME DE FRANCE EST AU-DESSUS DE TOUS LES AUTRES PEUPLES, COURONNÉ PAR DIEU LUI MÊME DE PRÉROGATIVES EXTRAORDINAIRES.

LA TRIBU DE JUDA ÉTAIT LA FIGURE ANTICIPÉE DU ROYAUME DE FRANCE.
(LABBE, Tome XI, p. 366 et 367. Cf., Marquis DE LA FRANQUERIE, Op. cit., pages 9 et 106-107.)

Qui peut dire si Dieu, dans Ses infinies Clémence et Miséricorde, a jamais manifesté pareil soutien privilégié par Ses miracles et l’appui des Successeurs de Pierre pour le sacre d’un autre roi que le roi de France ? Qui, après cela, oserait encore prétendre qu’il n’y a pas et qu’on n’en peut parler, de Mission divine de la France, et seulement d’icelle ?

Qu’elle autre Nation peut se glorifier d’avoir écrit dans sa Constitution (la seule vraie, celle qui est catholique et a duré treize siècles sans modification essentielle ; non pas l’une des “Constitutions” révolutionnaires apostates, si nombreuses depuis 1789) des choses aussi belles que ce qui est écrit dans la Loi Salique ? (CLOVIS Ier étant descendant de MÉROVÉE, roi des Francs Saliens, la Constitution écrite à la suite de son baptême fut appelée Loi Salique – qui ne consiste nullement en premier dans la fameuse règle de primogéniture mâle ajoutée par la suite.)

Le MarquisDE LA FRANQUERIE la résume ainsi 40
40
« Traduction de l’abbé Lemann d’après les Leges Salicæ illustratæ de Godefroy Wandelin (Anvers 1649). » (Marquis DE LA FRANQUERIE, op. cit., pages 12-13.)
Citation :

« LA NATION DES FRANCS, ILLUSTRE, AYANT DIEU POUR FONDATEUR, FORTE SOUS LES ARMES, FERME DANS LES TRAITES DE PAIX, HARDIE, AGILE ET RUDE AU COMBAT, DEPUIS PEU CONVERTIE A LA FOI CATHOLIQUE, LIBRE D’HÉRÉSIE.

« ELLE ÉTAIT ENCORE SOUS UNE CROYANCE BARBARE.

« MAIS AVEC L’INSPIRATION DE DIEU, ELLE RECHERCHAIT LA CLÉ DE LA SCIENCE, SELON LA NATURE DE SES QUALITÉS, DÉSIRANT LA JUSTICE, GARDANT LA PIÉTÉ.

« ALORS LA LOI SALIQUE FUT DICTÉE PAR LES CHEFS DE CETTE NATION QUI EN CE TEMPS COMMANDAIENT CHEZ ELLE...

« PUIS LORSQUE AVEC L’AIDE DE DIEU, C[size=1 ]LODWIGH LE [/size]CHEVELU [CLOVIS Ier – note de JP B], LE BEAU, L’ILLUSTRE ROI DES FRANCS EUT REÇU, LE PREMIER, LE BAPTÊME CATHOLIQUE, TOUT CE QUI DANS CE PACTE ÉTAIT JUGÉ PEU CONVENABLE FUT AMENDÉ AVEC CLARTÉ PAR LES ILLUSTRES ROIS CLODWIGH, CHILDEBER ET CLOTAIRE.

« ET AINSI FUT DRESSÉ CE DÉCRET :

« “VIVE LE CHRIST QUI AIME LES FRANCS !

« “QU’IL GARDE LEUR ROYAUME ET REMPLISSE LEURS CHEFS DES LUMIÈRES DE SA GRÂCE !

« “QU’IL PROTÈGE L’ARMÉE !

« “QU’IL LEUR ACCORDE DES SIGNES QUI ATTESTENT LEUR FOI, LEUR JOIE, LA PAIX, LA FÉLICITÉ !

« “QUE LE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST DIRIGE DANS LE CHEMIN DE PIÉTÉ CEUX QUI GOUVERNENT !

« “CAR CETTE NATION EST CELLE QUI, PETITE EN NOMBRE, MAIS BRAVE ET FORTE, SECOUA DE SA TÊTE LE DUR JOUG DES ROMAINS ET QUI, APRÈS AVOIR RECONNU LA SAINTETÉ DU BAPTÊME, ORNA SOMPTUEUSEMENT LES CORPS DES SAINTS MARTYRS QUE LES ROMAINS AVAIENT CONSUMÉS PAR LE FEU, MUTILÉS PAR LE FER, OU FAIT DÉCHIRER PAR LES BÊTES...

Voilà notre première Constitution !

Elle repose sur l’Evangile ! Deux phrases la résument :

« VIVE LE CHRIST, QUI EST ROI DE FRANCE !

« VIVE LE ROI DE FRANCE, QUI EST LIEUTENANT DU CHRIST ! »


Qu’elle Constitution d’un autre pays peut être aussi splendide que celle de notre France catholique et royale ?

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Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Sam 15 Fév - 18:40




C
ONFIRMATIONS :


Parmi les preuves les plus magnifiques de ce qu’est la “Mission divine” de la France, il en est trois des plus resplendissantes : 1°) le rituel, les prières et les formules du Sacre des rois de France ; 2°) la guérison miraculeuse faite par eux des écrouelles, et 3°) l’épopée et la doctrine de sainte Jeanne d’Arc. Mais auparavant il serait peut-être bon d’étudier quelque peu le fondement de l’attitude de l’Eglise, en la personne de son Evêque saint Rémi, à l’égard du roi des Francs, CLOVIS Ier.

Pourquoi donc, en effet, saint Rémi – et toute l’Eglise avec lui par la voix approbatrice de ses Souverains Pontifes – a-t-il agit de la sorte ? Quels principes l’ont guidé ? Sur quel fondement s’est-il basé ?

Qui, mieux que le grand Evêque de Poitiers, son Eminence le Cardinal Pie, peut exposer ce fondement avec toute la compétence et toute l’autorité requises ? Nous irons donc quémander sa doctrine (qui est, à dire vrai, celle de toute la Sainte Eglise Catholique) dans la présentation qu’en a faite le Révérend Père Théotime de SAINT JUST, O.M.C., dans son ouvrage réputé et indispensable, “LA ROYAUTÉ SOCIALE DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST d’après le Cardinal Pie 41.
41
Disponible aux Éditions de Chiré, “La Caillauderie Rigault”, 86190 CHIRE en MONTREUIL. Voir note 1.



F
ONDEMENT DE CETTE ATTITUDE DE L’EGLISE :


Le Révérend Père Théotime de SAINT JUST, O.M.C., dans sa troisième partie, “Comment rétablir le règne social de Jésus-Christ ?”, section II, “Le programme de restauration chrétienne”, chapitre I,
a écrit:

L'union de l'Église et de l'État, c'est la condition primordiale d'un gouvernement chrétien.

« L'accord parfait du sacerdoce et de l'empire est le droit commun et l'état normal des sociétés chrétiennes 42 » enseigne Mgr Pie avec toute la tradition catholique, et il repousse énergiquement toute idée de séparation 43. Sur ce sujet des rapports de l'Église et de l'État, il faudrait lire l'œuvre entière de l'Évêque de Poitiers, mais particulièrement les trois instructions synodales sur les erreurs du temps présent. Sa doctrine, qui est très exactement celle de l'Église, se résume ainsi : La société civile et la société religieuse sont deux sociétés réellement distinctes et indépendantes dans leur sphère propre. Pourtant, la société civile, bien que distincte de l'Église, société religieuse, doit lui être unie et subordonnée. La raison de cette union et de cette subordination est la volonté expresse de Jésus-Christ qui impose l'ordre surnaturel non seulement aux individus et aux familles, mais aux sociétés elles-mêmes, ainsi qu'il a été prouvé plus haut 44.

42
II, 32 Entretien avec le clergé diocésain (1853).

43
Commentant un passage du prophète Zacharie, le Cardinal Pie affirme que doctrine de l'union de l’Église et de l’État est une doctrine révélée : « Les commentateurs de tous les temps ont été unanimes à déduire du chapitre quatrième et du chapitre sixième de Zacharie, la doctrine divinement révélée de l'union et de l'accord nécessaire du sacerdoce et de l'empire. » Tout l'état du monde, dit Bossuet, roule sur ces deux puissances. IX, 29.
Il faut lire sur ce sujet R
OHRBACHER : Histoire universelle de l’Église catholique, t. 1, L. IX : Des rapports entre les deux puissances d'après la tradition universelle.

44
Dans un discours prononcé en 1848, Mgr Pie compare l'union qui doit exister entre l'Église et l'État à l'union de l'âme et du corps. Si les différentes formes du gouvernement ont péri en France, c'est qu'elles n'étaient pas unies à l'Église, comme le corps doit être uni à l'âme. « Or si heureusement qu'il soit pourvu d'articulations, de ressorts et de muscles, un corps sans une âme, c'est un cadavre, et le propre d'un cadavre est de tomber bientôt en dissolution. L'âme de toute société humaine, c'est la croyance, c'est la doctrine, c'est la religion, c'est Dieu » I, 85. Cette comparaison de l'Église et de l'État avec l'union du corps et de l'âme est classique. C'est la doctrine rappelée par Léon XIII dans l'encyclique « Immortale Dei » sur la constitution chrétienne des États. Lettres apost. de Léon XIII, T. II, p. 27-28 (Edit. Bonne Presse).


Mgr Pie, cherchant la cause de cette volonté, la trouve en Jésus-Christ lui-même, Dieu et homme. Jésus-Christ, type et modèle de l'union de l'Église et de l'État ! Bien peu d'écrivains, même ecclésiastiques, élèvent leur théologie à cette hauteur. Mgr Pie s'y complaît, y trouvant la preuve capitale et la base de toute la doctrine qui fixe les relations de l'Église et de l'État. Il nous montre que Jésus-Christ a uni en Lui indissolublement l'ordre naturel et l'ordre surnaturel et qu'Il astreint la société chrétienne à une semblable union.

De même qu'en Jésus-Christ, la nature divine et la nature humaine sont distinctes, sans se confondre, conservant chacune, sans altération, leurs qualités et leurs opérations, unies indissolublement sans jamais se séparer en la personne du Fils de Dieu, ainsi la société chrétienne, est constituée par deux éléments : l'Église et l'État qui doivent être distincts, non confondus, unis, non séparés 45.
45
IV, 247-248. Lettre à M. le ministre de l'instruction publique et des cultes (16 Juin 1861).

Ajoutons que les deux natures du Christ étant inégales et par conséquent subordonnées, l'humaine à la divine, les deux éléments de la société chrétienne doivent être de même subordonnées, l'État à l'Église.

Citons quelques textes : « Si le Christ est le Dieu fait homme, l'humanité tout entière fait partie du système dont Il est le centre : elle est tenue de se laisser emporter dans sa loi, dans son mouvement et de graviter vers Lui 46 ».
46
Pie IX, dans l'allocution consistoriale du 9 juin 1862 avait résumé en quelques mots tout le système des coryphées actuels de la secte antichrétienne : « Ces hommes, dit-il, détruisent absolument la cohésion nécessaire qui par la volonté de Dieu unit l'ordre naturel et surnaturel. » Ayant cité ces mots, Mgr Pie continue : « LÀ, en effet, EST LE CŒUR DE LA QUESTION, là est le champ clos de toutes les luttes de l'heure présente. Nous disons nous, et l'Église catholique enseigne que Dieu, par un acte libre de Son amour, a établi un lien supérieur et transcendant entre notre nature et la sienne ; nous disons qu'un pareil lien n'était pas nécessaire en soi, qu'il n'était commandé ni même formellement réclamé par aucune exigence de notre être, qu'il est dû à la charité immense, à la libéralité gratuite et excessive de Dieu envers Sa créature ; nous proclamons que ce lien par suite de la volonté divine est devenu obligatoire, indéclinable, nécessaire ; qu'il subsiste éminemment et qu'il subsistera éternellement en Jésus-Christ, Dieu et homme tout ensemble, nature divine et nature humaine toujours distinctes, mais irrévocablement unies par le nœud hypostatique ; nous ajoutons que ce lien doit s'étendre, selon des proportions et par des moyens divinement institués, à toute la race dont le Verbe incarné est le Chef et qu'aucun être moral, soit individuel et particulier, soit public et social ne peut le rejeter ou le rompre, en tout ou en partie, sans manquer à sa fin, et par conséquent sans se nuire mortellement à lui-même et sans encourir la vindicte du maître souverain de nos destinées. Telle est non pas seulement la doctrine, mais la substance même du christianisme. V, 39-40. Troisième ins-truction synodale sur les principales erreurs du temps présent.
« N'oublions pas et ne laissons pas oublier, écrit Mgr Pie dans la même synodale, ce que nous enseigne le grand apôtre, que Jésus-Christ, après être descendu des cieux, y est remonté afin de remplir toutes choses : ut impleret omnia. Il ne s'agit pas de sa présence comme Dieu, puisque cette présence a toujours été, mais de sa présence comme Dieu et homme tout à la fois. – Au fait, Jésus-Christ est désormais présent à tout, sur la terre aussi bien qu'au ciel ; Il remplit le monde de Son nom, de Sa loi, de Sa lumière, de Sa grâce. Rien n'est placé hors de Sa sphère d'attraction ou de répulsion ; aucune chose ni aucune personne ne Lui peuvent demeurer totalement étrangères et indifférentes ; on est pour Lui ou contre Lui ; Il a été posé comme la pierre angulaire : pierre d'édification pour les uns, pierre d'achoppement et de scandale pour les autres, pierre de touche pour tous. L'histoire de l'humanité, l'histoire des nations, l'histoire de la paix et de la guerre, l'histoire de l'Église surtout n'est que l'histoire et la vie de Jésus remplissant toutes choses : ut impleret omnia » V, 166.
Nous avons fait ces longues citations pour bien montrer que pour Mgr Pie l'exposé du mystère du Christ est la réfutation décisive et la plus profonde du naturalisme et du libéralisme.
Sur ce point, Mgr Gay, sa vie, ses œuvres par Dom BERNARD DE BOISROUVRAY. T. 1, p.207.

Aussi, pour Mgr Pie, séparer l'Église et l'État, c'est porter atteinte au Christ, s'attaquer directement à Lui, commettre « cet attentat qui consiste à dissoudre Jésus-Christ ; solvere Jesum (I Jean IV, 3), à briser ce nœud de l'Incarnation, ce nœud du Verbe fait chair, ce nœud vivant et éternel où s'unissent indissolublement, sans jamais se confondre, la nature divine et la nature humaine, le Dieu parfait et l'Homme parfait » 47.
47
III, 167-168. Seconde instruction synodale sur les principales erreurs du temps présent.

Et quant au point spécial de la subordination de l'État à l'Église, Mgr Pie, dans une lettre fameuse 48, la déclare au “Ministre de l'instruction publique et des cultes”, en ces termes : « Vouloir que l'Église de Jésus-Christ, dit-il, se démette du droit et du devoir de juger en dernier ressort de la moralité des actes d'un agent moral quelconque particulier ou collectif, père, maître, magistrat, législateur, même roi ou empereur, c'est vouloir qu'elle se nie elle-même, qu'elle abdique son essence, qu'elle déchire son acte d'origine et les titres de son histoire, enfin qu'elle outrage et qu'elle mutile Celui dont elle tient la place sur la terre » (IV, 249).
48
16 juin 1862. IV, 228-256.

Même doctrine dans une instruction pastorale célèbre, où il appelle hardiment antéchrists tous ceux qui voulant de Jésus-Christ pour l'individu et la famille, l'excluent de l'État, sécularisant la société. « Ni dans sa personne, dit-il, ni dans l'exercice de Ses droits, Jésus-Christ ne peut être divisé, dissous, fractionné ; en Lui la distinction des natures et des opérations ne peut jamais être la séparation, l'opposition ; le divin ne peut être antipathique à l'humain, ni l'humain au divin. Au contraire, Il est la paix, le rapprochement, la réconciliation ; Il est le trait d'union qui a fait les deux choses une : Ipse est pax nostra qui fecit utraque unum. C'est pourquoi saint Jean nous dit : “Tout esprit qui dissout Jésus-Christ, n'est pas de Dieu et c'est proprement lui qui est cet antéchrist dont vous avez entendu dire qu'il vient et qu'il est déjà dans le monde”. Lors donc que j'entends certains bruits qui montent, certains aphorismes 49 qui prévalent de jour en jour, et qui introduisent au cœur des sociétés, le dissolvant sous l'action duquel doit périr le monde, je jette ce cri d'alarme : Prenez garde à l'antéchrist : Unum moneo, cavete antichristum. » 50

49
Séparation de l’Église et de l’Etat en est un. L'axiome énigmatique « l’Église libre dans l’Etat libre » en est un autre. V, 358.

50
IV, 588-589. Instruction pastorale sur cette parole de saint Jean : Et il y a déjà beaucoup d'Antéchrists (Carême 1863).


Ainsi l'évêque de Poitiers a toujours combattu la séparation de l'Église et de l'État. Au reste, il a combattu toute séparation, celles de la raison et de la foi, de la nature et de la grâce, de la religion naturelle et de la religion révélée, la séparation du philosophe et du chrétien, de l'homme privé et de l'homme public 51. Il voyait en elles une résurrection du dualisme manichéen 52 et il les a toutes combattues avec, pour argument suprême, la loi constitutive du Christ. Aussi, c'est en toute vérité, qu'écrivant au comte de Persigny, il pouvait se rendre ce témoignage : « Nous n'avons rien de commun avec les théoriciens et les praticiens de la désunion et de l'opposition des deux ordres, temporel et spirituel, naturel et surnaturel. Nous luttons, au contraire, de toutes nos forces contre ces doctrines de séparation qui aboutissent à la négation même de la religion et de la religion révélée. » 53

51
Première et deuxième synodale sur les erreurs du temps présent.

52
II, 524. IX, 168.
Au sujet de ce dualisme manichéen. Mgr Berteaud, évêque de Tulle donne peut-être écho de ses conversations avec l'évêque de Poitiers, quand il dit :
« Le devoir de tout législateur est de tourner ses regards vers Jésus-Christ, vers ce grand exemplaire descendu vers nous par amour, et de Le prendre comme l'âme et la forme de son œuvre. A cet idéal divin, opposer un autre idéal selon lequel se gouverneraient les peuples, c'est tomber dans un manichéisme ridicule. Il y a donc deux dieux, l'un qui enseigne le dogme, l'autre qui fait la loi ? Au premier, l'empire sur les intelligences, qui le voudront accepter, Dieu de chances et de fortunes diverses, adopté et conspué, comme chacun l'entendra. L'autre, maître absolu des volontés humaines qu'on ploiera au besoin par le fer ; le premier créant la beauté intérieure dans les âmes, mais impuissant à répandre sur les choses extérieures, sur les institutions de l'ordre civil, l'éclat de la vie ; l'autre, vrai père de la civilisation et de la grandeur des peuples. Au premier les autels et les temples resserrés ; au second, les vastes espaces, les champs, les empires, toutes choses étalées au soleil ; une ville avec une frange de fleurs suffit au premier, le reste est l'héritage inaliénable du second. Ce partage est absurde ; il n'y a qu'un Dieu qui doit régner dans les temples et dans les cités, dans le secret des âmes et dans le grand jour de la vie publique ». G. B
RETON, Un évêque d'autrefois, Mgr Berteaud, évêque de Tulle, p. 386-387.

53
IV, 528. Deux lettres à M. le comte de Persigny, ministre de l'intérieur. 18 et 27 décembre 1862.


A cette doctrine de l'Église, que Mgr Pie rappelait aux chefs des nations, les libéraux opposaient des faits en faveur de la séparation.

Certains pays : la Belgique et l'Amérique par exemple, n'avaient-ils pas proclamé la séparation de l'Église et de l'État, et l'Église dans ces pays ne jouissait-elle pas de la plus complète liberté ?

Il répond hardiment :

« Le système américain et belge, ce système d'indifférence philosophico-politi-que, est éternellement un système bâtard. » 54 ; et s'adressant à une délégation de l'Université de Louvain, il ne craint pas de dire aux Belges eux-mêmes : « Sans doute, je ne garantirais pas le lendemain de la nation (Belge), car malheureusement son organisation politique et sociale, n'est point calquée sur les principes de l'Université de Louvain, et les États ne subsistent qu'à la condition de mettre la vérité à la base du gouvernement. Mais moyennant l'action continue et féconde de ce grand établissement catholique, je me plais à espérer pour le peuple belge, à défaut du lendemain dont je ne réponds pas un surlendemain d'ordre durable et sérieux parce qu'il sera assis sur des institutions chrétiennes. » 55

54
Lettre à M de l'Estoile. Histoire du Cardinal Pie, I L. 1, ch. 5, p. 173.

55
IX, 213. Les adversaires de l'union de l'Église et de l'État sont allés jusqu'à prétendre qu'à Rome, on re-garda la Constitution belge de 1830 comme un modèle. C'est une erreur. Rome a regardé la constitution comme un modèle à proposer aux peuples qui ne pourraient pas faire mieux, oui, comme un modèle en soi, non. Certainement, la nouvelle position des Belges après leur séparation d'avec la Hollande, était préférable à l'ancienne. Il y avait donc lieu de se féliciter du changement auquel on devait une si grande amélioration. Mais, Rome n'a pas cessé pour autant de regarder cette amélioration comme précaire, et la meilleure preuve à en donner est la condamnation des doctrines séparatistes, fulminée par l'Encyclique “Mirari vos” qui éclata le 15 août 1832.
Au sujet de l'Amérique, qu'on se souvienne des graves réserves formulées par le pape Léon XIII dans son Encyclique “Longinqua” 6 janvier 1895 : « Error tollendus est ne quis hinc sequi existimet petendi ab America exemplum optimi Ecclesiæ status ». Bonne Presse : Encyclique Encyclique de Léon XIII, T. IV, p. 163, 164, 166.
On ne relira pas non sans profit la lettre doctrinale que Mgr Pie adressait, en 1860, à M. Foisset sur cette délicate question des rapports de l'Église et de l'État. M. Foisset alléguait, en faveur de la thèse libérale, les progrès que le catholicisme devait au régime indifférentiste de 1830. C'était ériger en principe ce qui n'était qu'un fait accidentel de transition et de transaction. Mgr Pie répondit : « La Providence a tiré bon parti pour le réveil religieux, de la période d'indifférentisme de la loi : c'est vrai ; Elle en avait tiré un plus grand encore de la période de la persécution. Mais ni la persécution, ni l'indifférentisme politique du pouvoir ne sont dans l'ordre régulier. On ne sera jamais assez reconnaissant, selon moi, envers les hommes qui, soit au sortir de la grande tribulation révolutionnaire, soit depuis trente ans, ont employé leurs talents, leur dévouement, leur foi, leur amour de l’Eglise, à dégager de la situation existante tout ce qui pouvait en sortir de bon, et qui ont rendu ainsi d'incomparables services à la religion et à la société. Mais cela ne m'empêcherait pas de considérer désormais leur action comme doublement funeste et à la religion et au pouvoir que l'avenir tient en réserve, s'ils persistaient dans la thèse absolue que quelques-uns ne se lassent pas de reproduire.» Histoire du Cardinal Pie, II, L. III, ch. 2, p. 65.


La parole du grand évêque est franche ; elle est nette. Elle s'adresse à tous les chefs de peuples et se résume ainsi L'état normal et le salut pour les gouvernements n'est que dans l'union avec l'Église.


_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Dim 16 Fév - 20:49



R
ITUEL, PRIERES ET FORMULES DU SACRE DES ROIS DE FRANCE :


Le Marquis DE LA FRANQUERIE, dans son ouvrage déjà cité, décrit ainsi, de la page 37 à la page 47, « LA CÉRÉMONIE DU SACRE »
Citation :

Quelques-unes de prières et des formules du Sacre montreront l’importance de cette cérémonie et des serments qui y sont prononcés tant au point de vue National que Catholique, si tant est que l’on puisse séparer l’un de l’autre.

  • A l’arrivée du Roi :
    « Voilà que je vais envoyer mon Ange devant vous pour vous garder. Si vous écoutez mes paroles et si vous les observez, je serai l’ennemi de vos ennemis et j’affligerai ceux qui vous affligerons, et mon Ange marchera devant vous » 56
    56
    Cet Ange est Saint Michel, le grand vainqueur de Satan, auquel tous les Rois de France, à l’exception de Louis XV, se sont consacrés. L’Archange Saint Michel est donc le spécial protecteur de nos Rois et de notre France. Voir notre étude [du Marquis DE LA FRANQUERIE – précision de JP B] : « Mémoire pour servir à une nouvelle consécration de la France à Saint Michel » honorée d’une préface de S. E. Monseigneur du Bois de la Villerabel, Evêque d’Annecy.

  • Le Grand Prieur de Saint-Rémi, en remettant la Sainte Ampoule au Prélat consécrateur :
    « Monseigneur, je vous remets entre les mains ce précieux trésor envoyé du Ciel au grand Saint Rémi pour le sacre de Clovis et des Rois ses successeurs... »

  • L’oraison suivante est récitée par le Consécrateur :
    « Prions. Dieu Tout Puissant et éternel qui par un effet de votre bonté avez voulu que la race des Rois de France reçut l’onction sainte avec le baume qui est ici présent et que vous avez envoyé du Ciel au saint Evêque Rémi, faites que notre Roi, votre Serviteur, ne s’écarte jamais de votre service et qu’il soit délivré, par votre miséricorde, de toute infirmité par Notre-Seigneur ».

  • Puis le Roi prête les serments suivants :
    « Je promets de conserver à chacun de vous (les Evêques), et aux Eglises qui vous sont confiées, les privilèges canoniques, les droits et la juridiction dont vous jouissez, et de vous protéger et défendre autant que je pourrai, avec le secours de Dieu, comme il est du devoir d’un Roi, dans son Royaume, de protéger chaque Evêque, et l’Eglise qui est commise à ses soins ».

  • Et après que le Peuple a accepté le Roi pour son Souverain, celui-ci la main sur l’Evangile :

    Citation :
    Je promets, au nom de Jésus-Christ, au Peuple Chrétien qui m’est soumis : Premièrement de faire conserver en tous temps à l’Eglise de Dieu, la paix par le peuple chrétien.

    D’empêcher les personnes de tous rangs de commettre des rapines et des iniquités de quelque nature qu’elles soient.

    De faire observer la justice et la miséricorde dans les jugements, afin que Dieu ? qui est la source de la clémence et de la miséricorde ? daigne la répandre sur moi et sur vous aussi.

    DE M’APPLIQUER SINCÈREMENT, ET SELON MON POUVOIR, A EXPULSER DE TOUTES LES TERRES SOUMISES A MA DOMINATION LES HÉRÉTIQUES NOMMÉMENT CONDAMNÉS PAR L’EGLISE.

    Je confirme par serment toutes les choses énoncées ci-dessus : Qu’ainsi Dieu et ses Saints Evangiles me soient en aide » 57.
    57
    C’est une véritable constitution.

    Et Dom Besse 58 de conclure
    Citation :
    LE SERMENT LIE LE SOUVERAIN À DIEU DONT IL EST LE REPRÉSENTANT SUR TERRE. DIEU LUI A DONNÉ LE ROYAUME ; IL PROMET DE LE GOUVERNER CONFORMÉMENT A SES VOLONTÉS. IL Y A ENTRE EUX UN CONTRAT. L’EGLISE EN EST LE TÉMOIN ».
    58 Ces lignes sont tirées de son ouvrage “Eglise et Monarchie”, ch. VIII, pp. 255 à 270. (Note de JP B.)

  • Après le serment, le Roi se « prosterne tout de son long, les Evêques, le Clergé, tout le monde fléchit les genoux. Le spectacle est grandiose. C’est la France entière qui est là, suppliante. Le Ciel est entr’ouvert au-dessus de la Basilique. Dieu, entouré de la Cour de ses Saints, contemple. Il bénit. C’est la France qu’il bénit en la personne de son Chef. Il lui donne tout ce qui peut rendre son Gouvernement prospère 59 ».
    59
    Dom Besse : “Eglise et Monarchie”, p. 261.

  • Puis, avant de procéder à l’onction sainte, le Prélat consécrateur remet l’épée entre les mains du Roi et dit :
    « Prenez cette épée, qui vous est donnée avec la Bénédiction du Seigneur ; afin que par elle et par la force de l’Esprit Saint, vous puissiez résister à tous vos ennemis, et les surmonter, protéger et défendre la sainte Eglise, le Royaume qui vous est confié et le camp du Seigneur, par le secours de Jésus-Christ, le triomphateur invincible. Prenez, dis-je, de nos mains consacrées par l’autorité des saints Apôtres, cette épée dont nous vous avons ceint, ainsi qu’on a ceint les rois, et qui, bénite par notre ministère, est destinée de Dieu pour la défense de sa sainte Eglise. Souvenez-vous de celui dont le prophète Daniel a parlé ainsi dans ses psaumes : O VOUS QUI ÊTES LE FORT D’ISRAËL ! PRENEZ VOTRE ÉPÉE ET DISPOSEZ-VOUS AU COMBAT ; VOTRE ÉPÉE ET DISPOSEZ-VOUS AU COMBAT ; QUE VOUS PROTÉGIEZ ET DÉFENDIEZ LA SAINTE EGLISE DE DIEU et de ses enfants ; que vous n’ayez pas moins d’horreur pour les ennemis secrets 60 du nom chrétien que pour ceux qui le sont ouvertement, et que vous les travailliez à les perdre 61 ; que vous PROTÉGIEZ avec bonté les veuves et les orphelins ; que vous CONSERVIEZ ce qui a été établi ; que vous PUNISSIEZ l’injustice ; que vous AFFERMISSIEZ tout ce qui a été mis dans l’ordre ; afin que, couvert de gloire par la pratique de toutes ces vertus et faisant régner la justice, vous méritiez de régner avec notre Sauveur, dont vous êtes l’image, et qui règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »

    60
    Un peu plus loin une autre oraison dit : « Qu’il vous fasse triompher de vos ennemis invisibles ».
    Une chose encore : « Qu’il éloigne de vous tous ceux qui voudraient vous nuire ». Ainsi, par la répétition réitérée de ces formules, Dieu semble vouloir mettre nos Rois en garde à l’avance contre les agissements des sociétés secrètes et notamment de la judéo-maçonnerie. La chose est d’autant plus certaine que Notre Seigneur lui-même au cours de ses apparitions à Marguerite-Marie réemploie à dessin la même formule : «Ce Divin Cœur se veut rendre protecteur et défenseur de sa sacrée personne (celle du Roi) contre tous ses ennemis visibles et invisibles. » (5ème lettre, du 28 août 1689).

    61
    Souligné de JP B. (Tous les autre soulignés non signalés sont dans le texte du Marquis DE LA FRANQUERIE.)


  • Et un peu plus loin, en ceignant le Roi de son épée : « Passe le glaive autour de tes reins, ô très puissant, et souviens-toi que les saints ont vaincu les royaumes, non avec le glaive, mais avec leur foi... »

    Puis :
    « Seigneur, daignez le combler des bénédictions de votre grâce spirituelle et revêtez-le de la plénitude de votre puissance. Que la rosée du Ciel, la graisse de la terre, procure dans ses Etats une abondance de blé, de vin et d’huile, et que par vos divines largesses la terre soit couverte de fruits pendant de longues années… afin que sous son règne les peuples jouissent de la santé. QU’IL SOIT LE PLUS PUISSANT DES ROIS… Que pour la suite des siècles, il naisse de lui des Successeurs à son trône. »

  • Ensuite a lieu la préparation du Saint chrême, pendant laquelle le chœur chante les versets suivants par lesquels l’Eglise affirme que c’est le Saint-Esprit qui est venu en personne apporter le baume destiné au sacre de nos Rois :

    Citation :
    Le bienheureux Rémi, ayant pris ce baume céleste, sanctifia d’une grâce sans fond la race illustre des Français en même temps que leur noble Roi et LES ENRICHIT DE TOUS LES DONS DU SAINT-ESPRIT.

    QUI PAR L’EFFET D’UNE GRACE SINGULIERE, APPARUT SOUS LA FORME D’UNE COLOMBE ET DONNA CE BAUME DIVIN AU PONTIFE. 62.
    62
    « Gentem Francorum inclytam, simul cum Rege nobili, beatus Remigius sumpto cœlitus Christmate, sacra sanctificavit gurgite atque Spiritus Sancti, plene ditavit munere.
    « Qui dono singularis gratiæ, in columba apparuit et divinum Christma cœlitus pontifici ministravit. »

  • Enfin a lieu le sacre proprement dit :
    « JE VOUS SACRE ROI AVEC CETTE HUILE SANCTIFIÉE, AU NOM DU PÈRE ET DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT. »

    Pendant le sacre la prière suivante est récitée :
    « ... Qu’il réprime tous ses ennemis visibles et invisibles ; qu’il n’abandonne pas ses droits sur les royaumes des Saxons, des Merciens, des Peuples du Nord et des Cimbres ; qu’en inspirant à ces peuples des sentiments de paix, il change leurs cœurs et qu’il les rappelle à leur ancienne fidélité ; ... que sa puissance inspire de la terreur aux infidèles... »

  • Puis le Prélat consécrateur remet au Roi la main de justice en disant :
    « Recevez cette verge de vertu et d’équité : qu’elle vous serve à pacifier les pieux, et à terrifier les méchants, à mettre les errants dans le bon chemin, à corriger les orgueilleux et à relever les humbles. »

  • Ensuite, c’est le couronnement :

    Citation :
    RECEVEZ LA COURONNE DE VOTRE ROYAUME, AU NOM DU PÈRE ET DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT.

    Comprenez qu’elle symbolise la gloire de la Sainteté, l’honneur et la force de la puissance. N’oubliez point que par elle, vous participez à notre ministère. Si nous sommes les Pasteurs et les Recteurs des âmes, chargés de leurs besoins intérieurs, soyez dans les choses extérieures le véritable serviteur de Dieu. ASSISTEZ VAILLAMMENT LA SAINTE EGLISE CONTRE TOUTES LES ADVERSITÉS : ACQUITTEZ-VOUS UTILEMENT DE LA FONCTION ROYALE, QUE VOUS AVEZ REÇUE DE DIEU ET QUI VOUS EST REMISE PAR LE MINISTÈRE DE NOTRE BÉNÉDICTION AU NOM DES APÔTRES ET DE TOUS LES SAINTS.

    Qu’Il établisse autour de vous ses bons anges pour vous garder, vous accompagner et vous suivre toujours et en tous lieux...

    Qu’Il tourne le cœur de vos ennemis vers la paix et la douceur, qu’Il couvre d’une confusion salutaire ceux qui vous persécuteraient et vous haïraient avec obstination… Qu’Il vous fasse toujours triompher de vos ennemis invisibles... » 63.
    63
    Comparer avec la note (23)... » [Non reproduite ici. Précision de JP B.]

    Puis, s’adressant à Dieu :
    « Soyez son aide et sa protection dans toutes les occasions, ainsi que de ceux en faveur de qui il vous implorera. »

    Dom Besse écrit
    Citation :
    On ne peut célébrer avec plus de force l’union des Représentants de l’Eglise et de celui qui personnifie l’Etat... L’Evêque en intronisant le Souverain dans l’Eglise, lui assigne SA FONCTION ECCLÉSIASTIQUE. Il n’appartient pas au Clergé, mais le Sacre le met au-dessus des simples Fidèles ; sa place est entre la hiérarchie qui gouverne et la masse du Peuple Chrétien qui est gouvernée. ON COMPREND DÈS LORS LES HONNEURS LITURGIQUES DÉCERNÉS AUX ROIS ET LE CARACTÈRE RELIGIEUX DE LEUR AUTORITÉ ET AUSSI DE LEUR PERSONNE... LE ROI EST UN ENFANT PRIVILÉGIÉ DE L’EGLISE. ELLE VEUT ÊTRE POUR LUI UNE AUXILIAIRE... 64
    64
    Dom Besse, op. cit., p. 266 à 270.

    Nous ne pouvons passer sous silence ce que dit du Sacre de nos Rois l’un des théologiens les plus estimés, Monseigneur Delassus.
    Citation :
    L’onction sainte donnait la personne du Roi à la France, de telle sorte que LE ROI APPARTENAIT PLUS AU PAYS QU’IL NE S’APPARTENAIT A LUI-MÊME. APRÈS LES ETATS DE L’EGLISE, C’EST EN FRANCE QUE LA ROYAUTÉ ÉTAIT LA PLUS DÉGAGÉE DES LIENS TERRESTRES, LA PLUS SPIRITUALISÉE, 65 PEUT-ON DIRE, LE ROI ÉTAIT PLUS VÉRITABLEMENT LE PÈRE DE SON PEUPLE QUE DE SES PROPRES ENFANTS. Il devait sacrifier ceux-ci à celui-là ; et il savait le faire, comme les tables de marbre de Versailles en font foi. Ou plutôt ses enfants n’étaient plus à lui, c’étaient les “FILS DE FRANCE”.
    65
    Et, après les États de l’Église, c’est en France, avec sa royauté, leurs protectrices, et à la suite de Pépin le Bref, fondateur de ces États, que nous devons trouver, et que nous avons trouvé à quelques exceptions près très chèrement payées, la meilleure protection de l’Église, notamment du Diocèse de Rome. (Note de JP B.)

    L’ONCTION SAINTE DONNAIT AU ROI UN CERTAIN CARACTÈRE DE SAINTETÉ 66, non point de cette sainteté qui rend l’homme capable de voir Dieu tel qu’il est dans les splendeurs éternelles, mais de celle QUI ÉTABLIT DES RAPPORTS PARTICULIERS ENTRE DIEU ET TELLE OU TELLE DE SES CRÉATURES, C’EST SAINT THOMAS QUI LES A QUALIFIÉES DE CE NOM : SAINTETÉ. Et il donne en preuve de leur existence ce qui s’est passé au Baptême de Clovis et ce que Dieu a renouvelé de Siècle en Siècle jusqu’à nos jours 67. [C’est-à-dire, au temps où Mgr Delassus écrivait cela, plus de 14 siècles. – Note de JP B.]

    66
    « Nous trouvons, écrit Saint Thomas d’Aquin, une preuve de cette sainteté dans les gestes des Francs et du Bienheureux Rémi. Nous la trouvons dans la Sainte Ampoule apportée d’en haut par une colombe pour servir au sacre de Clovis et de ses successeurs, et dans les signes, prodiges, et diverses cures opérées par eux. ». (De Regimine Principum, II, 16.) [Soulignés de JPB.]

    67
    Mgr Delassus, Les Problèmes de l’heure présente, tome II, p. 604.

    L’éminent théologien ajoute :
    Citation :
    Le sacre de ses rois a longtemps été un privilège réservé à la France. Aucun empereur romain, ni Constantin, ni Théodose n’avait demandé à l’Eglise de consécration religieuse. Quand le moment vint où la Providence voulut avoir en France des rois protecteurs du Saint-Siège et propagateurs de la Foi catholique, saint Rémi, comme un nouveau Samuel, donna l’onction sainte au fondateur de la monarchie française.

    Ce ne fut que bien plus tard que l’Espagne voulut avoir, elle aussi, un roi oint de l’Huile sainte. L’Angleterre, puis les autres nations de l’Europe, exprimèrent ensuite le même désir.

    Le roi de France était sacré avec le saint Chrême, la plus noble des Huiles Saintes, celle qui est employée au sacre des évêques (auquel on mélangeait une parcelle de l’Huile apportée du Ciel par le Saint-Esprit et conservée dans la Sainte Ampoule). Lorsque d’autres rois demandèrent à l’Eglise de les sacrer eux aussi, elle ne voulut leur appliquer que l’Huile des catéchumènes.

    Le roi était oint à la tête d’abord, comme l’évêque, pour montrer que de même que l’évêque a la première dignité dans le clergé, le roi de France avait la prééminence sur tous les souverains... 68.
    68
    Mgr Delassus, op. cit., pp. 602 et 604.

  • Les prières suivantes compléteront bien l’idée que les Français doivent se faire du sacre de leurs Rois :

    Citation :
    QU’IL SOIT HONORE PLUS QUE LES ROIS DES AUTRES NATIONS : qu’Il règne heureusement sur ses peuples : QUE LES NATIONS LE COMBLENT DE LOUANGES ET CÉLÈBRENT TOUTE SA MAGNANIMITÉ.

    Bénissez, Seigneur, la force de notre Prince et coopérez à toutes ses œuvres ; et que par votre bénédiction le pays de sa domination soit remplis des fruits de la terre, des fruits du ciel, de la rosée des vallées, des fruits du soleil et de la lune, de ceux du haut des montagnes et des collines éternelles ; de ceux que la terre donne en abondance de son sein...

    Et celle-ci que récite le prélat consécrateur, après avoir conduit le Roi sur son trône et en le tenant par le bras droit :
    « Tenez-vous debout et restez ainsi jusqu’à ce que vous teniez la succession paternelle qui vous est déléguée en vertu du droit héréditaire, par l’autorité du Dieu tout-puissant et dont nous vous mettons en possession, nous et tous les Evêques et tous les serviteurs de Dieu ; et COMME VOUS VOYEZ LE CLERGÉ PLUS PRÈS DES SAINTS AUTELS QUE LE RESTE DES FIDÈLES, PLUS VOUS DEVEZ AVOIR ATTENTION A LE MAINTENIR DANS LA PLACE LA PLUS HONORABLE, ET EN TOUS LIEUX CONVENABLES, AFIN QUE LE MÉDIATEUR DE DIEU ET DES HOMMES VOUS ÉTABLISSE LE MÉDIATEUR DU CLERGÉ ET DU PEUPLE ».

  • Le Roi s’assied sur son trône.

    Et cette dernière :
    « Prions. Dieu, Auteur ineffable du monde, créateur du genre humain, qui consolidez les trônes, qui avez choisi dès le sein de votre fidèle ami, notre Patriarche Abraham, le Roi qui devait venir dans la suite des siècles, par l’intercession de la bienheureuse Marie toujours vierge et de tous les saints, enrichissez de votre féconde bénédiction ce Roi insigne et son armée ; fixez-le sur son trône inébranlablement, visitez-le, comme vous avez visité Moïse dans le buisson ardent... répandez sur lui cette bénédiction céleste et cette rosée de sagesse que le bienheureux David reçut... Soyez-lui CONTRE L’ARMÉE DE SES ENNEMIS UNE CUIRASSE, UN CASQUE QUI LE GARANTISSE DE L’ADVERSITÉ, la sagesse qui la modère dans la prospérité, le bouclier QUI LE PROTÈGE SANS CESSE. Faites que ses peuples lui restent fidèles, que les grands vivent en paix, qu’ils s’attachent à la charité et s’éloignent de la cupidité, qu’ils observent la justice et la vérité dans leurs discours. Que ce peuple, chargé de la bénédiction éternelle, se multiplie sous son gouvernement. Que tous tressaillent dans la paix et la victoire. Que celui qui vit et règne avec vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu, dans tous les siècles des siècles, daigne nous exaucer. Ainsi soit-il ».

  • A la fin du sacre l’Officiant s’écrie

    Citation :
    VIVAT REX IN ÆTERNUM !

    VIVE LE ROI POUR L’ÉTERNITÉ !

  • « La messe continue. Le Roi fait la Sainte-Communion 69. Il s’associe de la sorte au Sacrifice Eucharistique. Ces énergies divines descendent en son âme et le pénètrent tout entier pour confirmer l’œuvre Sainte qui vient de s’accomplir. Quand l’office liturgique est terminé, les Evêques laissent le Roi au peuple. Il lui appartient sans réserve 70 » et c’est pour faire des miracles 71 en sa faveur. Alors la Basilique résonne des ovations de ceux qui ont le bonheur d’assister à cette grandiose cérémonie ; les cloches mêlent leurs joyeux sons à l’enthousiasme général et le peuple, dehors, ne cesse d’acclamer son Roi au cri mille fois répété par nos Pères et que bientôt, espérons-le, nous crierons, nous aussi : NOËL ! NOËL ! VIVE LE ROI ! NOËL ! NOËL !

    69
    « Sous les deux espèces. » (Clausel de Coussergues, page 646.)

    70
    Dom Besse : dito, p. 269.

    71
    Entre autres, la guérison des écrouelles, qui pouvait avoir lieu chaque fois que le Roi était en état de grâce après avoir reçu la Sainte Communion : voir dans le texte du prochain message. (Note de JP B.)


Après le festin royal, le Roi, accompagné de la Reine, se promène sans garde au milieu de son peuple et s’entretient avec les uns et les autres, comme un père au milieu de ses enfants ; le peuple peut l’approcher, lui parler sans protocole.


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Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Dim 23 Fév - 13:51



L
A GUÉRISON MIRACULEUSE DES ÉCROUELLES :

(Cette photo m'a été envoyée par Avaris.)

Il est nettement préférable de reproduire ici tout l’excellent chapitre écrit par le Marquis DE LA FRANQUERIE dans son ouvrage déjà cité, dans les pages 49 à 55 qu’il convient de lire attentivement.

Citation :

Les marques de la faveur divine ne s'arrêtèrent pas là ; à tant de miracles, Dieu en ajouta un qu'Il accorda à tous les Rois de France : LE POUVOIR DE GUÉRIR MIRACULEUSEMENT LES ÉCROUELLES.

Comme le montre très bien Claude de Seyssel, Archevêque de Turin, ce privilège n'est pas accordé à tel ou tel de nos Rois à titre personnel, mais exclusivement à la fonction de Roi de France, quel qu'en soit le détenteur, dès qu'il est l'héritier légitime de la couronne et qu'il a été sacré.

« Quant à l'origine de ce don, écrit M. Frantz Funck-Brentano, d'après la croyance générale, dont on trouve trace jusque dans les écrits de saint Thomas d'Aquin 72, elle se serait également rattachée à ‘l'onction par la Sainte Ampoule 73. Certains auteurs la font remonter à Saint Marcoul 74 ».

72
De Regimine Principum.

73
Frantz Funck-Brentano : L'ancienne France : le Roi, p. 177.

74
Mgr Delassus, les Problèmes de l’heure présente, pp. 215 et suivantes.


Ce miracle n'était possible au Roi qu'autant qu'Il était en état de grâce et venait de recevoir la Sainte Communion. Le Roi touchait les malades, puis les embrassait, en disant :
« DIEU TE GUÉRISSE, LE ROI TE TOUCHE ».

Non seulement nos Rois pouvaient accomplir ce miracle en France, mais encore à l'étranger ; c'est ainsi que l'on vit Jean II, après la bataille de Poitiers, prisonnier à Londres, et François Ier, après Pavie, à Madrid, guérir « bien des malheureux atteints de semblables maladies 75 ».
75
Relation Chigi : comparer également avec les témoignages de Saint-Simon, du Marquis de Sourches, d'Argenson, etc...

« Marie-Thérèse, la femme de Louis XIV, avait fait disposer une maison à Poissy où étaient reçus et logés les malheureux qui venaient souvent de contrées lointaines afin de se faire toucher par le Roi : ils y attendaient le jour fixé pour la cérémonie ».

On cite même des Jésuites qui furent envoyés de Portugal, d'Espagne, etc., dans notre pays par leur Compagnie, pour être guéris par le Roi de France.

Les derniers miracles, enregistrés avec le plus grand soin, se produisirent au sacre de Charles X en 1825 76.
76
Mgr Delassus, op. cit., p. 66, et L'Esprit familial, p. 215 et suivantes.

Dans la Revue de Philosophie 77, le Docteur Robert Van der Elst, dans la magistrale critique qu'il fait du livre de M. Bloch, Les Rois Thaumaturges, affirme la guérison des écrouelles et conclut
77
Revue de Philosophie, novembre-décembre 1925, p. 621.
Citation :
Le fait ne s'explique donc que par une cause transcendante. Et cette cause, c'est la prédilection marquée par Dieu envers la Dynastie des Rois de France. Est-ce parce qu'ils sont Rois ? Non, certes, car les Rois des autres Pays ne sont pas favorisés du même prestige. Est-ce parce qu'ils sont saints ? Non, pas davantage, car ils le sont très inégalement et quelques-uns ne le sont pas. Qu'y a-t-il donc en eux qui justifie cette sorte d'alliance entre leur race et Dieu ? Eh ! précisément la vocation de leur règne ! Ils sont Rois pour concourir au règne de Dieu. Ils sont de la race élue pour cette fonction, ils reçoivent ce privilège à la façon d'une grâce, sans doute imméritée comme toute grâce, mais motivée par leur devoir sur le sens duquel le peuple est ainsi renseigné. C'est ce que rappelle le traité de Regimine Principum, commencé par saint Thomas, achevé sans doute par le docte Tolomée, imbu, quoi qu'il en soit, de la pensée de l'Ange de l'Ecole. – De ce point de vue, pour l'esprit humain affamé de justes rapports et non de probabilités, indéfiniment discutables, une claire relation s'établit entre deux ordres de faits inégalement patents : d'une part la destinée de la France, surnaturellement soumise, dans l'intention de Clovis, aux fins de l’Eglise et parfois honorée, comme au temps de Jeanne d'Arc, d'une libération miraculeuse ; d'autre part le privilège des Rois qui n'est qu'un moyen de leur influence et un motif de leur confiance en Dieu, subordonnées elles-mêmes aux fins que ce privilège signifie.

Au surplus, ces miracles sont attestés dans la bulle de canonisation de saint Louis (11 août 1297) ; le Souverain Pontife, Boniface VIII, prend soin de distinguer les miracles que faisait le saint Roi en vertu de sa sainteté et ceux qu'il faisait de par sa dignité de Roi de France, la guérison des écrouelles ; et Benoît XIV écrit :
« Citons, par exemple, le privilège qu'ont les Rois de France de guérir les écrouelles, non par une vertu qui leur est innée, mais par une grâce qui leur a été accordée gratuitement soit lorsque Clovis embrassa la foi, soit lorsque saint Marcoul l'obtint de Dieu pour tous les Rois de France 78 ».
78
Mgr Delassus, op. cit., p. 606, De Canon. Sanct, livre IV, ch. III.

Enfin, saint François de Sales, dans ses Controverses pour convertir les Protestants, s'appuie, entre autres miracles certains, indubitables sur ceux que faisaient les Rois de France pour montrer que la « vraye Eglise doit reluire en miracles » et que l'Eglise catholique romaine est la seule vraie parce qu'elle seule jouit du miracle. Il écrit
« Le bon père Louys de Grenade, en son Introduction sur le Symbole 79 récite plusieurs “miracles récens et irréprochables”. Entre autres, il produit la guérison que les Roys de France catholiques ont faict, de nostre aage mesme, de l'incurable maladie des écrouelles, ne disant autre que ces paroles : Dieu te guérit, le Roy te touche n'y employant autre disposition que de se confesser et communier ce jour-là 80 ».

79
Père Louis de Grenade : Introduction sur ce symbole pars II, chap. XXIX, VIII.

80
Saint François de Sales, op. cit., p. 102 et 103, 1ère Partie, ch. III. Article VII, Grande édition d'Annecy (1892).


Ces deux seules conditions mises par Dieu s'expliquent :
  • Sans l'état de grâce, l'âme étant éloignée de Son Créateur est hors d'état de pouvoir faire aucun bien, à plus forte raison un miracle.

  • N'est-il pas logique aussi que la Communion soit nécessaire dans une œuvre de charité et d'amour comme la guérison de malades incurables. Le Christ n'est-Il pas la source de tout amour et de toute charité, et la Communion n'est-elle pas le moyen par lequel Il se donne et nous nous donnons à Lui pour qu'Il vive en nous. Quoi d'étonnant alors qu'au moment où Il vit réellement dans le cœur du Roi, Son Oint et Son Représentant dans l'ordre temporel, Il accomplisse des miracles par son bras ?

Ainsi, Dieu a voulu orner le front de nos Rois d'un rayon de Sa Puissance, et Il a choisi l'un des plus beaux : celui du miracle source de la santé, c'est-à-dire du bien le plus précieux à l'homme après la foi 81. Comme s'Il avait voulu montrer à notre France qu'elle ne recouvrera sa force et sa santé que par son retour aux traditions monarchiques, qui ont assuré sa gloire et sa prospérité dans le passé. Privilège unique dans sa permanence puisqu'il ne dépend que du Roi – une fois sacré – d'en prodiguer sans cesse les effets.
81
On voit par-là, aussi, que Dieu a voulu montrer que le rôle du roi, comme l’enseigne St Thomas d’Aquin, est de procurer le bien de ses sujets : « [...] il ressort donc avec évidence que le roi est celui qui gouverne la multitude d’une cité ou d’une province, et ceci en vue du bien commun. [...] » (“DE REGNO” [cliquez], “La notion de roi”, p. 6.) Note de JP B.

Dans le même ouvrage saint François de Sales s'appuie sur le miracle pour prouver la divinité de l'Église 82
82
Saint François de Sales, op. cit., pp. 100 à 108.
Citation :
Dieu donnait témoignages à la foy qu'il annonçait par miracles. Dieu mit en mains de Moyse ces instruments afin qu'il fust creu (Exod. IV) dont Notre-Seigneur dit que s'il n'eus faict des miracles, les Juifs n'eussent pas été obligés de Le croire. (Jean. XV, 24).

... Pour vray ce que nous avons toujours veu, en toutes sortes de saisons, accompagner l'Eglise, nous ne pouvons que nous ne l’appelions propriété de l'Eglise; la vraye Eglise doncques fait paraître sa sainteté par miracles...

L'Eglise a toujours été accompagnée de miracles solides et bien assurés, comme ceux de son Espoux, doncques c'est la vraye Eglise car me servant en cas pareil de la rayson du bon Nicodème (Jean, III, 2) je diray : nulla societas potuit facere quae haec facit, tam illustria aut tam constanter, nisi Dominus fuerit cum illa 83... ainsy oyant qu'en l'Eglise se font de si solemnelz miracles, il faut conclure que vere Dominus est in loco isto 84. (Gen. XXVIII, 16)... La nostre doncques seule est la vraye Eglise.
83
« Il n'est aucune société qui puisse faire ce que celle-ci fait, ni des choses aussi éclatantes, ni d'une manière aussi constante, si Dieu n était avec Elle ».

84
« Vraiment le Seigneur est dans ce lieu ».

Ce raisonnement irréfutable s'applique rigoureusement aussi à la Royauté Française. IL S'ENSUIT DONC QU'EN FRANCE LE SEUL RÉGIME POLITIQUE VOULU PAR DIEU EST LA ROYAUTÉ, PUISQUE, SEULE, ELLE A ÉTÉ ÉTABLIE MIRACULEUSEMENT ET QU'AU COURS DES AGES, ELLE A TOUJOURS JOUI DE PRIVILÈGES MIRACULEUX, A ELLE SEULE ACCORDÉS PAR DIEU. LES AUTRES RÉGIMES SONT DONC SEULEMENT PERMIS PAR DIEU POUR LE CHÂTIMENT DES FAUTES DE NOTRE PAYS. Que si ces autres formes de gouvernement prétendent à la légitimité, avec saint François de Sales on leur « imposera silence avec ces saintes paroles : si filii Abrahae estis, opera Abrahae facite ! (Jean VIII, 39) »85.
85
« Si vous êtes les fils d'Abraham, faites les œuvres d’Abraham ».

Et saint François de Sales ajoute pour nous obliger à croire, sous peine de péché, à la vérité de ce qui repose sur le miracle 86
86
Saint François de Sales, op. cit., Les règles de la foi, ch. VII, art. 1. pp. 319 et 320.
Citation :
Si Nostre Seigneur n'eust faist tant de miracles on n'eust pas péché de ne le croire pas... Saint Pol témoigne que Dieu confirmait la foy par miracle (Heb. II, v. 4) doncques le miracle est une juste rayson de croire, une juste preuve de la foy, et un argument pregnant pour persuader les hommes à créance ; car si ainsy n'estait, nostre Dieu ne s'en fut pas servi.

Là où il plaict à la bonté de Dieu d'en fayre pour confirmation de quelque article, nous sommes obligés de le croire. Car, ou le miracle est une juste persuasion et confirmation ou non – si c'est une juste persuasion, doncques en quel temps qu'ils se fassent ils nous obligent à les prendre pour une très ferme rayson, aussy le sont-ils. Tu es Deus qui facis mirabilia 87, dict David (Ps. LXXVI, 14) au Dieu tout puissant, doncques ce qui est confirmé par miracles est confirmé de la part de Dieu ; or Dieu ne peut estre autheur ni confirmateur du mensonge, ce doncques qui est confirmé par miracles ne peut être mensonge, ainsi pure vérité.
87
« Tu es Dieu, Toi qui fais ces merveilles ! »

[C’est pourquoi le Marquis DE LA FRANQUERIE termine là ce chapitre par ces mots que, pour mieux les souligner, je place en caractères gras au centre de cette citation]

LA ROYAUTÉ EST DONC BIEN LA SEULE VÉRITÉ POLITIQUE EN FRANCE.


Il s’agit là, de la guérison des écrouelles faite par les Rois de France, d’une preuve absolument miraculeuse, reconnue comme telle dans l’Eglise en général et par plusieurs Papes en particulier, maintes fois répétée notamment à l’occasion de leur Sacre, et un privilège exclusivement réservé par Dieu à eux seuls. Nulle part ailleurs, en effet, il n’en n’a jamais été question... Et cette prérogative miraculeuse des Rois de France s’est encore manifestée lors du Sacre de CHARLES X en 1825 et a été minutieusement enregistrée.

A suivre :
L’ÉPOPÉE ET LA DOCTRINE DE SAINTE JEANNE D’ARC

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Mar 25 Fév - 18:23



L’
ÉPOPÉE ET LA DOCTRINE DE SAINTE JEANNE D’ARC :


Toutefois, la confirmation la plus grandiose de l’origine exclusivement divine de la Mission de la France et de ses Rois, est sans conteste l’épopée exaltante de sainte Jeanne d’Arc dépêchée expressément du Ciel pour, non seulement sauver la France, mais sauver sa Monarchie et surtout établir indubitablement la Royauté, sur cette Puissance, de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Il est également nettement préférable de reproduire ici tout l’excellent chapitre sur “LA MISSION DE JEANNE D’ARC” écrit par le Marquis DE LA FRANQUERIE dans son si bel ouvrage déjà cité, dans les pages 112 à 121 qu’il convient de lire respectueusement 88.
88
Ainsi que les œuvres du Père J.B.J. AYROLES, en particulier le résumé “JEANNE D’ARC SUR LES AUTELS ET LA RÉGÉNÉRATION DE LA FRANCE”. Dans le cadre de cette étude, il est également très intéressant de lire le livre de Mgr Henri DELASSUS, “LA MISSION POSTHUME DE SAINTE JEANNE D’ARC”. Tous ces ouvrages sont disponibles aux Editions SAINT-RÉMI. (Voir note 1.)

Juste avant le chapitre “LA MISSION DE JEANNE D’ARC” lui-même, le Marquis DE LA FRANQUERIE écrit :
« HUMAINEMENT, C’EN ÉTAIT FAIT DE LA FRANCE.
« MAIS DIEU VEILLAIT ! »

Donc, le Marquis DE LA FRANQUERIE a écrit:

L
A MISSION DE JEANNE D’ARC
Le Peuple priait ; le Dauphin Charles, lui aussi, n'espérait plus qu'en Dieu :
Citation :
Adonc Seigneur mon Dieu, est-ce que à cause de la conduite de ma Mère, je ne serais pas, ainsi que je l'ai cru, l'héritier légitime du trône et de la couronne de France ? S'il en est ainsi, inspirez-moi, Seigneur, auquel cas je suis décidé à rendre le Royaume à qui il appartient et à quitter le pouvoir pour me retirer en royaume ami. Au contraire, si je suis véritablement Fils du Roi et légitime héritier de la Couronne, je Vous prie et demande de combattre pour moi et m'aider à recouvrer mon royaume.

Si les malheurs de la France sont arrivés à cause de mes péchés, qu'il Vous plaise, Seigneur, de me punir tout seul, tout en m'épargnant rude prison et male mort ; mais si ces malheurs sont la conséquence des péchés du Peuple veuillez bien apaiser Votre colère et pardonner 89 !
89 Prière faite secrètement une nuit par Charles VII ; c'est cette prière que, par une inspiration céleste, Jeanne d'Arc va révéler au Roi, comme preuve de sa mission divine.

JEANNE D'ARC ! TELLE FUT LA RÉPONSE DIVINE.

« Le 6 janvier 1412, écrit Mgr Debout, les habitants de Domrémy sont rentrés chez eux après avoir assisté aux offices de la belle fête de l’Épiphanie. Soudain, à chaque foyer, sans qu'aucun motif extérieur ait pu y donner lieu, un souffle d'allégresse pénètre dans les cœurs ; étonnés, les bons villageois s'interrogent, ouvrent les portes, se mettent sur le seuil de leurs chaumières, examinent le firmament. C'est en vain : rien ne leur révèle la cause du sentiment de bonheur qu’ils éprouvent. Et voici que des êtres sans raison, eux-mêmes, partagent cette exubérance, les coqs battent des ailes et pendant deux heures font entendre leurs chants sonores et prolongés... »

Que se passe-t-il donc ? Pourtant tous ont l'âme endeuillée ; le lendemain s'annonce encore plus sombre que la veille ; pourquoi cette joie délirante, subite, inexplicable et générale ?

Pourquoi ? parce qu’elle est née notre Jeanne d'Arc : c'est la réponse de Dieu. Le Seigneur a voulu qu'à la naissance de notre Pucelle – tout comme à celle de Son Divin Fils – la terre tressaillit d'allégresse à la venue de sa libératrice ; Il a voulu aussi – comme pour bien marquer le sens monarchique de la mission de Jeanne – qu’Elle naquît en ce jour de l’Épiphanie, fête des Rois.

Saint Michel, le Chef des milices célestes, l'archange gardien de notre France et de nos Rois, le grand vainqueur de Satan, apparaît à l'humble bergère et pendant plusieurs années l'inspire, la guide, demeure jusqu'à la fin le chef de son « céleste conseil » et lui affirme sa mission et ses droits sur notre Pays par ces paroles définitives :
« Je suis Michel, le protecteur de la France ! » 90
90
Voir notre étude [du Marquis DE LA FRANQUERIE– Précision de JP B] : Mémoire pour servir à une nouvelle consécration de la France à Saint Michel.

A dix-sept ans, la petite bergère quitte son Père, sa Mère, sa Famille, et son village et ses moutons ; elle s'en va, elle, l'humble fille – mais la Fille au grand cœur – rendre son Roi à la France et bouter l'Anglais. Elle surmonte tous les obstacles, traverse le pays, échappe miraculeusement aux brigands, aux Bourguignons, aux Anglais ; arrivée à Chinon, sans avoir jamais vu le Roi, qui s'est déguisé en simple chevalier et qui a fait revêtir à l'un de ses seigneurs les insignes royaux, elle le reconnaît et se jette à ses pieds :
« En nom Dieu, je sais bien que c’est vous et non un autre qui êtes le Roi, Gentil Dauphin... »

Tant qu'Il ne sera pas sacré et couronné, elle appellera toujours Charles « Gentil Dauphin » pour bien montrer que le pouvoir n'est légitime qu'autant qu'il est de Dieu : omnis potestas nisi a Deo. Or ce pouvoir est conféré au Roi par l’onction sainte du Sacre.

« ...J'ai nom Jehanne la Pucelle ET VOUS MANDE PAR MOI LE ROI DES CIEUX QUE VOUS SEREZ SACRE ET COURONNE A REIMS ET QUE VOUS SEREZ LIEUTENANT DU ROI DES CIEUX QUI EST ROI DE FRANCE ! »

Elle affirme ainsi dès sa première rencontre avec le Roi – en présence de toute la Cour – le caractère divin de sa mission et la mission divine de la Monarchie Française.

Afin de prouver au Roi sa mission, elle l'entraîne au fond de la salle et lui révèle – à lui seul qui doute de sa légitimité – la prière qu'il a faite à Dieu au cours d'une nuit de détresse et lui apporte la réponse divine ; pour bien marquer au Roi que c'est Dieu qui parle par sa bouche, elle le tutoie :
«Eh bien, je te dis, de la part de Messire, TU ES LE VRAI HERITIER DE FRANCE ET FILS DU ROI, et Il m'envoie pour te conduire à Reims y recevoir ton Sacre et la couronne, si tu le veux ! »

Par cette affirmation fulgurante et qui ne peut être que divine, Jehanne arrache au Roi tous ses doutes. Dès lors Charles VII ne doute plus de la mission de la Pucelle non plus que de lui-même et de son droit. Elle lui a rendu la foi. Il accepte d'accomplir la volonté divine, elle entreprend alors sa mission libératrice.

Elle sait que la guerre est l'ultima ratio d'un peuple en état de légitime défense, que ce fléau n'est justifié [... A suivre.]


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Jean-Paul BONTEMPS
 
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« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Mer 26 Fév - 22:57

Suite de « L’ÉPOPÉE ET LA DOCTRINE DE SAINTE JEANNE D’ARC » :
De Chinon à Reims, exclusivement : délivrance d’Orléans et triple donation.

Le Marquis DE LA FRANQUERIE a écrit:

Elle sait que la guerre est l'ultima ratio d'un peuple en état de légitime défense, que ce fléau n'est justifié qu'autant que le droit est violé, que, dans ce cas seulement, la guerre devient non seulement légitime, mais sainte et bénie de Dieu, aussi, avant de faire couler le sang, elle somme, au nom de Dieu, les Anglais de quitter le Royaume qu'ils ont injustement envahi :
Citation :
Jhésus ! Maria !

Roi d'Angleterre et vous, duc de Bedford qui vous dites régent du Royaume de France...

FAITES RAISON AU ROI DU CIEL DE SON SANG ROYAL.

Rendez au Roi, par la Pucelle, qui est envoyée par Dieu le Roi du Ciel, les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France.

ELLE EST VENUE DE PAR DIEU RÉCLAMER LE SANG ROYAL 91.
91
« Nous avons donné aux pages 79 et 80 le sens de cette phrase capitale. »
(Le Marquis
DE LA FRANQUERIE fait ici allusion à un parallèle qu’il a pensé pouvoir établir entre la descendance éternelle de David [Notre-Seigneur Jésus-Christ] promise par Dieu sur son Trône éternel [cf. Psaume 88] et la promesse faite à Clovis : « Que de cette race sortent des Rois et des Empereurs qui, … régneront éternellement avec le Seigneur » [“Testament de St Rémi”] ; parallèle jugé un peu trop hardi et d’interprétation certainement trop terrestre – Précision de JPB)

Elle proclame hautement à la face du monde que, seule la Race Royale des Francs, la Maison de France doit régner sur notre Pays, et cela, de par la VOLONTÉ DIVINE. Elle ajoute :
« Elle est toute prête de faire la paix si vous lui voulez faire raison en quittant la France et payant le dommage que vous lui avez fait !... »

Quelle leçon de haute et chrétienne sagesse elle donne au monde. Elle sait en effet que le pardon et la charité ne doivent intervenir – dans les relations internationales aussi bien qu'entre particuliers – qu'une fois la justice pleinement satisfaite et le dommage intégralement réparé. Il eût été bien utile, après les deux dernières conflagrations mondiales, de s'inspirer de cet enseignement.

Enfin, elle achève sa lettre par cette magnifique déclaration :
« VOUS NE TIENDREZ POINT LE ROYAUME DE FRANCE, DE DIEU LE ROI DU CIEL... MAIS LE TIENDRA LE ROI CHARLES, VRAI HÉRITIER, CAR DIEU LE ROI DU CIEL LE VEUT » 92.
92
Ayroles : La vraie Jeanne d’Arc, IV, p. 44 et III, p. 74. Delassus : Mission Posthume de Sainte Jeanne d'Arc, p. 447.

Affirmant ainsi que si le Christ est Roi de l'univers, Il est plus spécialement le Roi de France, et proclamant, au nom de Dieu, que la Loi Salique – cette loi de succession au trône qui a assuré la grandeur et l'unité de la France – doit toujours être respectée.

Et comme les Anglais ne répondent pas, elle marche sur Orléans. Avant la bataille elle entend la Messe et communie, et son Écuyer, Simon Beaucroix, déclare au Procès de réhabilitation : « Je me rappelle fort bien que Jeanne recommanda à tous les hommes de l'armée de se confesser, de mettre leur conscience en ordre ; que Dieu alors leur viendrait en aide et qu'avec Son aide ils obtiendraient la victoire. »

EN LA FÊTE DE SAINT MICHEL, PATRON DE LA FRANCE, ELLE DÉLIVRE MIRACULEUSEMENT ORLÉANS.

Les jours suivants, elle met en déroute, les armées de secours anglaises : c'est la miraculeuse campagne de la Loire.

Dès lors, elle a suffisamment prouvé la réalité de sa mission ; elle va – sur l'ordre exprès de Dieu – par un acte officiel, solennel, public, authentique et ainsi revêtu de toutes les formes légales d'un contrat, pour lui donner toute sa signification et sa portée aux yeux du peuple, renouveler le pacte conclu à Tolbiac et aux fonts baptismaux de Reims, l'alliance du Christ et de la France :
Citation :
« Gentil Roi, il me plairait avant de descendre dans le cercueil, d'avoir votre palais et votre Royaume. »
– « Oh ! Jeanne, répond Charles VII, mon palais et mon Royaume sont à toi. »
– « Notaire, écrivez, dit la Pucelle inspirée : Le 21 juin à 4 heures du soir, l'an de Jésus-Christ 1429, le roi Charles VII donne son royaume à Jeanne. – Écrivez encore : Jeanne donne à son tour la France à Jésus-Christ. – Nos Seigneurs, dit-elle d'une voix forte, à présent c'est Jésus-Christ qui parle : “MOI, SEIGNEUR ÉTERNEL JE LA DONNE AU ROI CHARLES » 93.
93
P. Théotime de Saint-Just : La Royauté Sociale de N. S. J.-C., d'après le Cardinal Pie, p. 17.

Jeanne interpelle les Seigneurs, la Cour, pour les prendre à témoin que c'est Jésus-Christ qui parle par sa bouche, et pour consacrer, par leur témoignage et leur adhésion, ce pacte qui lie non seulement le Christ au Roi et le Roi au Christ, mais le peuple de France tout entier dans la personne de son Roi.

Qu'elle est donc émouvante cette triple donation passée en bonne et due forme – par devant notaires ! Elle est l'éclair fulgurant qui explique, éclaire, illumine, irradie toute notre Histoire. ELLE EST L'ACTE CAPITAL94 QUI CONSACRE LA RAISON D’ETRE DE NOTRE PAYS. A la face de l'univers, elle proclame non seulement la royauté universelle du Christ sur le monde et plus particulièrement sur notre Patrie, mais aussi la mission divine de la France et de la Maison de France. Car cet acte a une portée générale ; ce n'est pas seulement à Charles VII que Dieu confie le Royaume ; en sa personne, c'est à toute la race royale pour bien montrer que la Race Royale est aussi inséparable de la France que la France est inséparable de l'Église et du Christ.
94
Souligné dans le texte. (Note de JP B.)

Le Père Ayrolles écrit de ce véritable contrat qui fait du Roi de France le Lieutenant du Christ :
« Si Charles VII et ses successeurs avaient compris, ils auraient fait enchâsser le merveilleux parchemin dans l'or et la soie ; ils l'auraient entouré de pierres précieuses, car ils n'avaient pas dans leur trésor de diamant comparable. Ils l'auraient relu et médité tous les jours. Non seulement ils seraient aujourd'hui sur le trône, mais l'univers serait dans les bras de Jésus-Christ et ce serait la France qui l'y aurait placé ».

L'Alliance étant renouvelée entre le Christ et la Monarchie, Jeanne d'Arc peut conduire le Dauphin à Reims.
« C'est à Reims maintenant qu'il me faut vous conduire... Venez donc au plus vite prendre la Couronne à laquelle vous avez droit. Mon Conseil me tourmente on ne peut plus là-dessus ! »


A suivre
...

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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Sam 1 Mar - 22:35

Suite et fin de « L’ÉPOPÉE ET LA DOCTRINE DE SAINTE JEANNE D’ARC » :
Sacre de Charles VII à Reims et conclusion.

Le Marquis DE LA FRANQUERIE a écrit:

C'EST DONC BIEN LA VOLONTÉ DE DIEU QUE LE ROI SOIT SACRÉ, ET SACRÉ A REIMS. Nous n'insisterons pas sur l'importance de ce fait, le lecteur connaissant déjà toute la signification du Sacre par l'un des chapitres précédents.

Le 17 juillet 1429 quand le Prélat consécrateur eut prononcé la formule :
« JE TE SACRE ROI DE FRANCE AU NOM DUPÈRE ET DU FILS ET DU SAINT-ESPRIT » aux cris enthousiastes de tous les assistants : « Noël ! Noël ! Vive le Roi ; NOËL ! NOËL ! », Jeanne en larmes – larmes de joie – se jette aux pieds du Roi :
« GENTIL PRINCE, MAINTENANT EST EXÉCUTÉ LE PLAISIR DE DIEU, QUI VOULAIT QUE VOUS VINSSIEZ À REIMS POUR Y RECEVOIR VOTRE DIGNE SACRE, MONTRANT QUE VOUS ÊTES LE VRAI ROI ET CELUI AUQUEL LE ROYAUME DOIT APPARTENIR ! »

Très justement, Monseigneur Delassus écrit : « EN DEHORS DE LA RACE DE DAVID 95, JAMAIS DYNASTIE N'A REÇU UNE PAREILLE CONSECRATION 96 ».

95
Souligné dans le texte. (Note de JP B.)

96
Mgr Delassus, op. cit., p. 47. Voir pp. 79-80 de la présente étude (“La Mission divine de la France”, du Marquis DE LA FRANQUERIE) l'explication de cette consécration par Dieu de notre Race Royale. » (Cf. note 91 – Précisions et ajouts entre parenthèses, de JP B.)


Le jour même elle écrit au Duc de Bourgogne pour lui demander de faire la paix car :
« Vous fais assavoir, de par le Roy du Ciel, mon droicturier et souverain Seigneur, pour votre bien et pour votre honneur et sur votre vie, que vous ne gagnerez point de bataille à l'encontre des loyaux Français et que TOUS CEUX QUI GUERROIENT AU DIT SAINT ROYAUME DE FRANCE GUERROIENT CONTRE LE ROI JÉSUS, ROI DU CIEL ET DE TOUT LE MONDE... »

Sa mission est terminée, elle a sauvé la France en lui rendant son Roi, elle a consacré la mission divine de notre Pays et de notre Monarchie ; elle a sauvé la chrétienté, car en boutant l'Anglais hors de France, elle a empêché le Protestantisme, qui devait sévir en Angleterre au siècle suivant, de triompher de l'Eglise ; elle a proclamé la Royauté Universelle du Christ.

« Et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle ». Une fois de plus : Gesta Dei per Francos.

A la mission de Jeanne, il manquait encore une chose : l'auréole du sacrifice et du martyre, la prison, le procès et le bûcher de Rouen. Comme le Christ, elle est trahie, livrée à ses ennemis, insultée, traînée devant un tribunal ecclésiastique. Pour tous deux, pas d'avocats, pas de débats contradictoires ; leurs juges sont leurs pires ennemis. Jeanne en appelle au Pape, il ne l'entend pas ; l’Épiscopat l'abandonne ou la trahit. Elle qui a sauvé l'Eglise et la France, elle est condamnée comme hérétique et schismatique ! Quelle douleur ne dut pas être la sienne de se voir si injustement persécutée, si odieusement condamnée ! C'est seulement après qu'elle eut consommé son sacrifice jusqu'au martyre que la France fut complètement sauvée, comme le monde le fut par la mort du Christ.

Mais pourquoi tant de haine, tant d'acharnement contre Jeanne ? Parce que tous les ennemis de la France et de nos Rois voulurent atteindre en elle le principe divin de la Monarchie Française. Or, pensèrent-ils, quoi de plus efficace pour discréditer ce principe que de faire condamner comme hérétique et sorcière celle qui était venue le sauver et le confirmer au nom de Dieu. Oui, vraiment notre Jeanne est la martyre par excellence du principe divin de la Monarchie Française.

Un dernier mot encore sur Jeanne d'Arc. Toutes ses prédictions se sont réalisées jusqu'à ce jour. Or, le samedi 10 mars, lors de son procès, au cours de l'interrogatoire de Cauchon, elle a dit que la Couronne de France « durera mille ans et plus ».

« Jeanne a prédit que la France accomplirait un jour pour le salut de la Chrétienté, un exploit grandiose qui dépasserait tout ce que l'univers a vu jusqu'ici. Le Monde sera donc un jour le témoin de cette entreprise merveilleuse qui surpassera les Croisades et Lépante. Et, pour l'accomplir, il faut bien que la France se relève et reprenne sa noble épée de Dieu ! 97 ».
97
Chanoine Coubé, Revue O Salutaris, juillet 1903.

Lors de la mort de la Pucelle, au milieu des flammes du bûcher, le Saint-Esprit s'envola, sous la forme d'une colombe, pour bien marquer qu'Il inspirait et habitait l'âme de la Vierge Martyre.

Malgré l'acharnement des bourreaux et les ordres des Anglais, JAMAIS LE CŒUR ET LES VISCERES DE JEANNE NE PURENT ETRE CONSUMÉS ET CE CŒUR, QUI INCARNA SI INTENSÉMENT CELUI DE LA FRANCE, CONTINUA À BATTRE AU MILIEU DES CENDRES... N'a-t-elle pas assuré qu'elle reviendrait pour accomplir le « plus beau fait qui jamais aura été fait pour la Chrétienté » ? Ses restes sacrés furent mis dans un sac et jetés à la Seine...

Jeanne d'Arc est unique dans l'Histoire Universelle. Sa formation fut toute céleste. Nulle héroïne ne peut lui être comparée, elle les dépasse toutes. Sa mission surpasse toutes les autres. Après la Vierge, Mère de Dieu, et co-Rédemptrice du Genre Humain, la Pucelle est la créature la plus merveilleuse qui ait jamais paru ici-bas 98.
98
Consulter pour ce chapitre :
R. P. Ayroles : La vraie Jeanne d'Arc. – Jeanne d'Arc sur les autels et la régénération de la France.
Chan. Ph. Dunand : Histoire complète de Jeanne d’Arc.
Ed. Richer : Histoire de la Pucelle d'Orléans.
R. P. Clérissac : La mission de Sainte Jeanne d'Arc. Abbé Vial : Jeanne d'Arc et la Monarchie.
Colonel Billard : Jeanne d'Arc et ses juges.
M.-L. Amiet : La condamnation de Jeanne d'Arc.
G. Guilbert : La Mission divine et royale de Jeanne d'Arc.
Dom Monnoyeur : Le Traité de Jean Gerson sur la Pucelle. – Sainte Jeanne d'Arc héraut de la Royauté du Christ.
Mgr Delassus : La Mission posthume de sainte Jeanne d'Arc et la Royauté Sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ.
R. P. Pie de Langogne : Jeanne d’Arc devant la Congrégation des Rites.


Que les aimables lecteurs veuillent bien excuser ces si longues citations, qui nous apparaissent essentielles, de cet excellent ouvrage du Marquis DE LA FRANQUERIE intitulé « LA MISSION DIVINE DE LA FRANCE » à se procurer à tout prix. (Disponible aux Éditions SAINT-RÉMI déjà citées.)

La lecture du chapitre sur “LA TRIPLE DONATION”, dans les pages 363 à 390 de l’excellent livre “VRAIS & FAUX Principes & maîtres” de Louis-Hubert RÉMY déjà cité, est également essentielle pour bien comprendre tout cela qui ne relève non d’un surnaturalisme excessif mais de la pure réalité des faits objectifs. On y voit, entre autres, pages 386-387 (selon les éditions, cela semble varier de quelques pages) décrite une des erreurs profondes commises par certains Monarchistes “catholiques” traditionalistes français (tel Adrien LOUBIER DE BONNET DE VILLER, par exemple et pour ne citer que lui) qui, “de gouvernés, ont voulu devenir gouvernants” et veulent eux-mêmes, non seulement choisir leur roi mais encore, contre les sages conseils de Notre Mère la Sainte Eglise qui, assistée du Divin Maître, sonde parfaitement les circonstances, définir seuls la forme précise du gouvernement !

On peut, que dis-je, on doit aussi s’imprégner du remarquable ouvrage, indispensable, de Mgr Henri DELASSUS : « LA MISSION POSTHUME DE SAINTE JEANNE D’ARC » 99.
99
Disponible aux Éditions SAINT-RÉMI déjà citées (voir note 1) mais également aux Éditions SAINTE-JEANNE-D’ARC, “Les Guillots”, 18260 VILLEGENON. (Chez A.M. DE BONNET DE VILLER, , preuve, là, de son incohérence vraiment incompréhensible...)



A suivre
 :

APPROBATIONS – DÉSAPPROBATIONS

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Dim 2 Mar - 15:57

Avant même de continuer notre exposé, nous voudrions faire ici les remarques suivantes :

Ce qu’il faut retenir de cette leçon que nous a ainsi donnée notre héroïne nationale, c’est que :
  1. finalement, elle s’est battue pour établir la Royauté sociale et Politique de Notre-Seigneur Jésus-Christ, au-dessus même du roi de France qui n’est, dans notre pays, que le lieu-tenant du Roi du Ciel et de toute la terre ;

  2. elle nous a montré quel doit être notre propre combat !


Passons maintenant à la suite.



A
PPROBATIONS – DÉSAPPROBATIONS


L’excellent ouvrage du Marquis DE LA FRANQUERIE, “LA MISSION DIVINE DE LA FRANCE” a, bien sûr, provoqué des réactions en tout genre, tant d’approbation que de désapprobation, et, comme il a été dit dans l’Introduction (deux premiers § qui suivent l'énumération des cinq points du début) de cette partie de notre étude, ces réactions de désapprobation se sont vues même chez des Prêtres, et même de bons Prêtres (dans le domaine religieux) et non des moindres, des figures de proue parmi ceux qui ont été formés à Écônes et qui assurent le relève du Sacerdoce Catholique...

Aussi, a-t-il paru nécessaire de mettre en relief les réactions d’approbation de nombreuses personnes ayant eu jadis charge d’autorité dans l’Eglise et de mettre leur autorité, justement, en regard de celle des désapprobateurs de cet excellent livre du Marquis DE LA FRANQUERIE.



1. A
PPROBATIONS
 :


A) Q
UELQUES LETTRES REÇUES LORS DE LA PREMIÈRE EDITION


Rome
, 23 décembre 1926.
Citation :
Le Cardinal Billot offre ses meilleurs remerciements à M. de la Franquerie pour l'hommage de son livre sur La Mission Divine de la France. On y trouve assurément beaucoup de belles pages, mais aucunes ne valent celles du dernier chapitre : Le plus grand des châtiments : la République.


A
RCHEVÊCHÉ DE ROUEN

Citation :
Rouen, le 24 septembre 1926,

Votre livre, La mission divine de la France n'est, suivant votre propre expression, qu'une ébauche. Comment épuiser en un court volume les immenses miséricordes et la complaisance de Dieu pour Son peuple ? En nous annonçant une œuvre puissante, cette étude nous en donne l'avant-goût. A certaines heures de notre histoire, les signes de Dieu furent éclatants, s'ils se font plus rares aujourd’hui, nous n'oublions pas cependant les apparitions célèbres du XIXè siècle. Elles ont été des rappels de la vocation de la France. Notre mission continue, mais notre ingratitude envers le Seigneur, depuis la guerre, risque de la faire passe en d'autres mains. Votre livre ramène opportunément aux plus fécondes réflexions sur les desseins de la Providence à notre endroit et les conditions de notre grandeur nationale. Prenons conscience de notre glorieux destin.

Croyez, Monsieur, à mes félicitations et à mes sentiments dévoués.

ANDRÉ, Archevêque de Rouen.


A
RCHEVÊCHÉ DE BESANÇON

Citation :
Besançon, le 1er octobre 1926.

Monsieur de la Franquerie,

J'ai lu avec le plus vif intérêt votre beau livre La Mission Divine de la France.

Que Notre Seigneur Jésus-Christ ait fait de la France Son royaume, et de notre peuple, Son peuple de prédilection, il est difficile de le nier !

Je vous félicite donc de l'avoir prouvé surabondamment, et mis en relief saisissant, les gloires ou les abaissements de notre Nation, selon qu'elle s'est montrée, unie à ses Chefs, fidèle ou infidèle à sa mission, à sa vocation.

Veuillez agréer, Monsieur de La Franquerie, avec mes remerciements, l’assurance de mes respectueux sentiments,

LOUIS, Archevêque de Besançon.



Citation :
Mgr. A. Baudrillart, de l'Académie Française, Évêque d'Himéria, Recteur de l'Université Catholique,

s'excuse de remercier si tardivement M. de la Franquerie de l'envoi de son ouvrage, arrivé pendant une de ses absences. Il le félicite de sa haute inspiration et de ce commentaire éloquent du Gesta Dei per Francos.

Paris, le 12 décembre 1926.


É
VÊCHÉ DE MAURIENNE

Citation :
Saint-Jean-de-Maurienne, le 30 septembre 1926.

J'ai reçu en effet l'ouvrage dont vous avez bien voulu me faire gracieux hommage. Merci de tout cœur. Je l'ai parcouru vivement et me suis laissé entraîner à le lire jusqu'au milieu. C'est vous dire l'intérêt qu'il m'a inspiré. Oui ! ce sont des idées vraies... Il me souvient les avoir exposées, dans les grandes lignes à Gênes, en une conférence donnée à la Jeunesse Universitaire catholique. C'était en mai 1914 ! Ces idées frappèrent l'auditoire et je me permis même d'annoncer la prochaine guerre (je ne la croyais pas imminente !!) et son résultat avec l'Italie revenue à sa Sœur Latine... J'avoue que ce ne fut pas accepté de même façon. Je tins bon, avec l'affirmation très nette et catégorique de ma certitude du succès Latin... Je finis par en imposer à mon auditoire quelque peu turbulent. J'ai revu, je revois ces jeunes hommes depuis... et nous reprenons ce thème ! Hélas : l’Italie actuelle est plus loin de nom que l'Italie de 1914 ! Et il devrait, et si facilement il eût pu en être tout autrement. Pauvres gouvernants de notre France !

Reste l'avenir... Il est à Dieu : mais il faut y croire fermement et le préparer ; des ouvrages comme le vôtre y contribuent surtout si au lieu de la simple esquisse qu'il est, il devient un ouvrage plus important.

Merci de tout cœur et religieux sentiments.

Auguste GRUMEL, Évêque de Maurienne.
P.S. J'oubliais de vous féliciter d'avoir bien noté et fait ressortir la différence essentielle qui vous sépare du point de vue de Bainville, dont l'Histoire a quelque peu étonné nombre de catholiques et de prêtres. Pour nous, Français catholiques, il y a erreur historique à démarquer l'histoire de France en y voyant seulement une suite d'éléments humains, ce qui la rend absolument incompréhensible et inexplicable.


Le Puy
, 17 novembre 1926.
Citation :
L’Évêque du Puy-en-Velay vous remercie vivement de votre hommage.

Vous avez réuni dans un faisceau serré et lumineux toutes les gloires saines, parce que chrétiennes, de notre France.

C'est une heureuse et féconde idée d'établir le parallèle des fidélités et des gloires de la France, des abandons et des humiliations de notre pays. Vous l'avez mis en relief avec une belle clarté, avec une conviction qui trahit vos nobles sentiments de chrétien et de patriote.

Avec ses plus chaleureuses félicitations.

NORBERT, Évêque du Puy-en-Velay.


É
VÊCHÉ DE NÎMES

Citation :
Nîmes, le 23 octobre 1926.

Vous avez eu la délicate attention de m'envoyer votre ouvrage : La Mission Divine de la France, qui n'est, dites-vous qu'une ébauche et les premières pierres d'un plus bel édifice. Je vous remercie. Vos pages sont fortes et consolantes. Les heures sombres que nous vivons risqueraient de nous faire douter de l'avenir de notre pays, si l'étude du passé, l'action visible de la Providence ne nous avertissait pas que nous avons des promesses de vie. Votre ouvrage apportera ce qui manque à l’histoire de France de Bainville. Les événements ont un fil conducteur que la belle intelligence de Bainville a cherché dans une évolution fatale, tandis que c'est Dieu qui le tient dans Sa main. Je vous félicite d'avoir complété le grand historien et d'avoir écrit l'histoire d'une France Catholique d'une plume catholique.

Veuillez agréer, Cher Monsieur, l'assurance de mes sentiments dévoués.

JEAN, Évêque de Nîmes.


V
ERSAILLES
, le 3 avril 1928.
Citation :
Cher Monsieur,

Je vous remercie de m'avoir fait remettre La Mission Divine de la France.

C'est avec la plus entière satisfaction que je le lis.

Il mériterait d'être entre les mains de tous les vrais Français. Ils y verraient que, de par Dieu, le salut de la France est dans son retour à une Monarchie Chrétienne.

Veuillez croire, Cher Monsieur, à tout mon religieux dévouement.

CARON, Prélat de la Maison de Sa Sainteté, Ancien Supérieur du Petit Séminaire.

« A ces lettres, nous tenons à associer le souvenir de S.G. Monseigneur Nègre, Archevêque de Tours, qui aimait à répandre notre étude. Il nous l'a bien souvent affirmé. Nous n'oublions pas non plus l'intrépide Monseigneur Marty, Évêque de Montauban, qui, le jour même où il avait reçu ce petit livre, avant même de le lire, avait voulu immédiatement nous écrire : “Dès aujourd'hui, je veux vous envoyer mon affectueux merci avec mes vœux pour le plein succès de votre ouvrage”. Tous deux nous témoignaient une très affectueuse bienveillance et nous honoraient de leur confiance. Ils ont été des guides très sûrs, un réconfort puissant et une lumière très vive pour notre âme au milieu de nos luttes pour la défense de la vérité totale, vérité qui unit dans un même amour Dieu, la France et le Roi. » (Marquis DE LA FRANQUERIE.)


B) PRÉFACE
POUR LA DEUXIEME ÉDITION

E. JOUIN, Protonotaire apostolique, Curé de Saint-Augustin a écrit:

Le temps est aux histoires et à la philosophie de l'histoire. Un récent travail de M. Jacques Bainville, par exemple, a connu un des plus gros succès de librairie de ces dernières années. Mais on sait les lacunes de l'ouvrage. Il est d'un royaliste d'Action Française malheureusement incroyant, et l'auteur vise, surtout à y définir l'œuvre politique de la monarchie capétienne : d'où l'unité, l'intérêt et aussi les limites de son remarquable essai. Car, au-dessus des desseins même les plus sages d'un gouvernement ou d'une dynastie, plane, pour nous catholiques, l'action de la Providence. Action permanente et visible, sinon pour nos faibles yeux dans tout le détail de la vie des peuples, du moins dans ses lignes principales au courant des siècles. Ainsi saint Augustin, Bossuet, de Maistre ont-ils su saisir les traits de ce gouvernement divin à travers l'histoire universelle. Et comment n'en trouverait-on pas les traces à travers nos quinze cents ans d'histoire de France ? M. A. L. de la Franquerie s'est efforcé à bon droit de les relever.

Oui, au-dessus de nos dynasties nationales, il est un Souverain qui n'a cessé de régner sur notre pays depuis les origines. Roi Tout-Puissant, maître de la terre entière, mais qui S'est réservé d'exercer plus particulièrement sur nous Son empire. C'est Jésus-Christ. Et ce Roi, mieux encore que Ses lieutenants en terre, a eu sur nous Ses manifestes desseins séculaires, attentifs et persévérants, attestés par des milliers de monuments authentiques et par de glorieuses légendes incorporées aujourd'hui à toute notre vie nationale. Il n'est pas permis à un catholique d'ignorer, de méconnaître ou de taire cette autre Histoire de la France sur le plan surnaturel. Elle seule rend pleinement compte, plus que la constance politique de nos princes ou la valeur militaire de nos soldats, de ces longues réussites qui ont placé, au-dessus du miracle grec ou du miracle romain, ce qu'il est beaucoup plus légitime d'appeler le « miracle français », chef-d'œuvre le plus complet de la plus haute civilisation « indivinement » irréalisable parmi les hommes, selon le grand mot de Joseph de Maistre.

M. A. L. de la Franquerie donne excellemment les actes de cette souveraineté, très réellement exercée par le Christ sur la France, depuis le baptême de Clovis jusqu’à nos jours ; et s'il ne se pique, dans le choix de ses documents ni de sévérité critique ni d'érudition oiseuse, du moins a-t-il le mérite de fournir toutes les pièces importantes, susceptibles d'être versées au procès, depuis le légendaire testament de saint Remy jusqu'au secret de la Salette. Sous ce rapport, son travail, complet, clair, bien ordonné, peut rendre les meilleurs services au lecteur et même aux conférenciers.

Il complète et corrige ce que celui de M. Jacques Bainville avait de trop rationaliste pour des catholiques d'Action Française 100, soucieux de ne laisser laïciser ni notre passé ni notre avenir par leurs amis pas plus que par leurs ennemis. Le rôle des Sectes est suffisamment indiqué, et nul doute que sur ce canevas facile, à force de recherches, de mises au point et d'éloquence, le jeune écrivain n’arrive à élever peu à peu un monument de dimensions plus vastes sur des bases consolidées, tout à fait digne de sa foi, de son zèle et de son talent.
100
L’auteur [le Marquis DE LA FRANQUERIE – Précision de JP B] tient à préciser qu'il n’appartient pas à l'Action Française et est Royaliste de droit divin.

Telle puisse être du moins sa récompense.

E. JOUIN, Protonotaire apostolique, Curé de Saint-Augustin.

A suivre :
2. DÉSAPPROBATIONS.

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Mar 4 Mar - 22:52




2. D
ÉSAPPROBATIONS
 :


Qui, en face des grandes figures catholiques et ecclésiastiques citées ci-dessus, peut être opposé à leur position approbatrice sans réserve du livre du Marquis DE LA FRANQUERIE, “La Mission divine de la France” ?

Et surtout, aujourd’hui, qui prétend s’y opposer ? Mis à part les membres de l’Église officielle qui ne comptent pas car cette dernière n’est plus catholique, s’agit-il d’Évêques ayant Juridiction et de Prêtres faisant autorité comme ceux cités plus haut ou plutôt de clercs sans aucune juridiction et encore assez jeunes pour avoir été formés à Ecônes ?

La question mérite en effet d’être posée : Quelle est l’autorité de ceux qui prétendent aujourd’hui s’opposer à “La Mission divine de la France” ?

Surtout : le jeu de quel camp font-ils ?
Celui du camp de ceux qui veulent suivre le conseil de saint Pie X et rebâtir la civilisation catholique ou, finalement même si c’est involontaire, celui des ennemis de cette civilisation ?

Ne faire seulement que regarder à ces questions, c’est déjà y répondre catégoriquement, radicalement et presque sans appel !

Et, de plus, comment s’y opposent-ils ?

Hélas ! La plupart du temps, en mettant en doute la réalité historique des faits merveilleux qui ont émaillé notre Histoire nationale et Catholique...

Sur ce dernier point, c’est Monseigneur GAUME qui leur répondra par ce qu’il écrivait sur les “Hypers Critiques” dans les pages 171 et suivantes de son splendide ouvrage “L’Évangélisation Apostolique du globe” :
Citation :

Au milieu d'un riche cortège de traditions, si vénérables et si émouvantes que leur histoire même est de la poésie, l'Eglise catholique semblable à une reine environnée de sa cour, s'avançait tranquillement à travers les âges, lorsque, après de longs siècles de paisible possession, des hommes se levèrent pour lui disputer ses gloires.

Littéraire, artistique, traditionnel, historique même, l'héritage du passé, ou fut répudié tout entier, ou accepté sous le bénéfice du plus partial inventaire.

Le caractère particulier d'un miracle, le silence d'un historien, une erreur de date, l'altération d'un texte, des fautes de copistes quelques variantes dans les manuscrits, l'absence de classicisme dans le langage, et surtout l'ombre d'une intervention surnaturelle furent autant de fins de non-recevoir.

Les récits jusqu'alors les plus autorisés, furent traités de légendes et ceux qui les écrivirent de cuistres et derobins. Ce qui avait obtenu la foi des contemporains les plus respectables devint le produit de cerveaux malades, transmis à la postérité par des esprits trompés ou trompeurs.

Survint le protestantisme, fils des hypercritiques de la Renaissance : Ego peperi ovum, Lutherus exclusit. Contempteur de la tradition universelle, à plus forte raison des traditions locales, il prétendit circonscrire la discussion sur le terrain de la Bible. On lui fit d'imprudentes concessions. Sous prétexte de sauver le cœur de la place, on abandonna les ouvrages avancés. Alors se produisit, dans l'ordre intellectuel, quelque chose d'analogue aux ravages successifs des arbres et des plantes, décrit par le prophète Joël (1-5).

Au protestantisme succéda le jansénisme qui dévora le résidu du protestantisme. Au jansénisme succéda le voltairianisme qui dévora le résidu du jansénisme. Au voltairianisme succéda le rationalisme qui dévore le résidu du voltairianisme : insecte à la dent d'acier qui ne laisse intact aucun fait de l'histoire religieuse...

Cependant, dénigrer n'est pas raisonner : nier n'est pas prouver
. Traiter notre histoire et nos traditions comme font les rationalistes, n'est pas de la saine critique, mais de la critique malsaine et de la fausse science. Dans cette fièvre continue de négation, il faut voir l'influence du père du mensonge et une maladie de l'esprit humain.

En effet, cette prétendue critique repose sur l'oubli de cinq choses essentielles :
  1. Elle oublie que nos aïeux avaient, pour le moins, autant de bon sens que nous et autant de crainte du mensonge : rien ne prouve le contraire.

  2. Elle oublie qu'étant plus rapprochés des événements, ils étaient mieux que nous à même d'en juger.

  3. Elle oublie qu'avant la Renaissance et l'invention de l'imprimerie, la tradition n'était pas livrée au gaspillage des premiers venus ; qu'il n'y avait ni journaux pour la falsifier, ni faiseurs de lignes à tant la ligne pour la tourner en ridicule ; mais qu'elle se conservait à l'ombre du sanctuaire, dans le calme des monastères, au paisible foyer des familles patriarcales. Cela veut dire que le patrimoine de tous était confié à la garde de la classe la plus savante et la plus vertueuse de la société.

  4. Elle oublie que les miracles sont les lettres de créance de l'apostolat ; que dans la vie des saints, surtout des premiers âges, le surnaturel devient le naturel, et que la place de l'homme, assez impertinent pour refuser à Dieu le pouvoir de faire des miracles, n'est ni à l'Académie, ni à l'Institut, mais à Charenton 101.
    101
    Célèbre asile d’aliénés dans une bourgade de la banlieue parisienne et qui porte le nom de cette ville. (Note de JP B.)

  5. Elle oublie que les anciens possédaient des détails ignorés aujourd'hui et des monuments que nous n'avons plus. Il est notoire qu'un grand nombre de documents ont péri dans les invasions des barbares, dans les guerres locales, dans les guerres de peuples à peuple, surtout dans les guerres de religion, qui saccagèrent tant de bibliothèques, tant de monastères, et même tant de villes.

... En général, ce qui est moderne a pour nous peu d'attrait, c'est la vérité qui est ancienne, et l'erreur est moderne. Tout ce qui est nouveau en théologie est hérétique ; tout ce qui est nouveau en philosophie est absurde ; tout ce qui est nouveau en politique est révolutionnaire, tout ce qui est nouveau en Histoire est roman.


Et Louis-Hubert RÉMY de commenter 102
102
Présentation du livre de l’abbé DESSAILLY, “L’AUTHENTICITE DU GRAND TESTAMENT DE SAINT RÉMI”. Les citations de Mgr GAUME faites plus haut sont également tirées de cette Présentation faite par Louis-Hubert RÉMY.
Citation :

Quelles pages admirables ! Voilà ce qu'écrivait au siècle dernier un vrai savant catholique. Voilà les bons principes. L'étude sérieuse et concomitante de ces auteurs anciens, avec celle des auteurs modernes, universitaires ou non, aboutit pratiquement toujours à l'avantage de ces anciens.

Au faux principe cité plus haut et que l'on voudrait imposer partout, s'oppose le vrai principe suivant :

« Dans les événements passés catholiques, s'impose comme vrai, ce qui n'est pas démontré faux par des CONTEMPORAINS catholiques. »


Nous précisons bien : catholique, et ce pour deux raisons.

La première se comprend facilement : mon père qui était catholique ne nous mentait jamais. Son père non plus, et il en est ainsi chez tous les vrais catholiques : on ne ment pas ; quand ils ont été trompés et qu'on leur a démontré leur erreur, bien vite et humblement, ils se soumettent. C'est chez les autres que l'on ment, et que l'on persévère dans le mensonge.

La seconde est prouvée par l'Histoire : chaque fois qu'un hérétique a enseigné une erreur, il y a toujours eu un contemporain, clerc en général, qui a défendu la Vérité même au prix de son sang.

Qui aurait pu inventer des faits aussi importants que le Sacre ou la Sainte Ampoule, sans qu'il y ait eu de nombreux contemporains pour s'élever contre, si de tels faits avaient été imaginés ? Depuis 496, de nombreux Papes, parmi les plus saints comme saint Pie X, de nombreux théologiens, parmi les plus éminents comme saint Thomas d'Aquin, de nombreux historiens, parmi les plus savants comme BARONIUS, ont cru et enseigné toutes nos traditions ; depuis 496, aucun Pape, aucun théologien, aucun grand historien n'a enseigné le contraire, et il a fallu attendre plus de 1100 ans pour attaquer ce que l'on voudrait aujourd'hui nous faire avaler comme pieuses légendes. De qui se moque-t-on ?

Les historiens modernes nous agressent en exigeant de nous le document d'époque pour prouver un fait. Nous leur répliquons : découvrez-nous le document catholique d'époque prouvant que c'est faux.

Abandonnons les tristes “historiens blasphémateurs” dans le camp de ceux qui haïssent la Vérité et qui nous le prouvent tous les jours. Leur devise est : « Nous ne voulons pas qu'Il règne sur nous ». (Luc 19-14). Il peut y avoir d'excellents passages dans leurs écrits, mais sur ces sujets-là, on ne peut se contenter de demi-vérités, qui ne sont finalement que de véritables mensonges.

Oui le Sacre gêne, et gêne beaucoup de monde.

« C'est le grand épouvantail de la révolution. La pensée du Sacre la fait rugir, ricaner, grincer des dents, écumer. La révolution est l'horreur du divin, et par le Sacre, le divin s'épanche à flots sur la nation entière, la nation entière devient odorante des parfums du chrême que le Sacre fait couler sur son chef. La naissance désigne le roi lieutenant, elle ne le fait pas. C'est le Sacre qui le constitue ».

Et si le Sacre est vrai, vrais aussi la sainte Ampoule, la conversion de Clovis, toutes nos traditions, et surtout, le pacte entre Dieu et le Fils Aîné...

[...]

En conclusion de cette partie, méditons ces lignes de Le Play :
Citation :
Plus je réfléchis, plus je suis consterné de la masse d'idées fausses dans lesquelles nous nous noyons, plus je comprends cette décadence absolue de tant de peuples que nous retrace l'Histoire. C'est l'erreur plus que le vice qui les a perdus. Le grand mal vient des sophistes qui se font une renommée en donnant une forme entraînante à l'erreur.

Le vice et même le crime ont des limites, l'erreur n'en a pas.

Je ne connais rien de plus dangereux que les gens qui propagent des idées fausses, sous prétexte que la nation ne voudra jamais y renoncer. Si elle n'y renonce, elle périra, mais ce n'est pas un motif pour accélérer la décadence en adoptant l'erreur. Il n'y a pas d'autres règles de réforme que de chercher le vrai et de le confesser sans réserve, quoiqu'il arrive. Je conçois qu'un homme prudent se taise momentanément sur le vrai, bien que je condamne cette prudence, mais je repousse tout homme qui se rallie par politique à l'erreur.
(cité dans la semaine religieuse de Cambrai, 1884, pages 734 –735. Et Mgr Delassus commente ainsi : « Aimons les défenseurs de la vérité. Ils ne sont que des hommes et peuvent avoir des défauts, mais en défendant la Vérité, ils rendent à la société, à l'Eglise et à Dieu Lui-même, le premier de tous les services ».

[...]

Nous ne pourrions faire mieux pour conclure que de citer le cher Jean Vaquié. Dans le numéro spécial de “Lecture et Tradition” (n° 126), de nouveau disponible à DPF, il posait cette question :

« Mais alors jusqu'où allons-nous devoir remonter pour échapper à cette glissade ? »

Et voici sa réponse :

« Il faut, si l'on veut trouver un terrain solide, remonter jusqu'au Sacre de Clovis par saint Remy, à Reims, le jour de Noël 496. C'est là que la race de nos rois a été désignée par Dieu qui a envoyé une huile céleste pour servir désormais de sacramental pour le Sacre. C'est à ce moment-là que Dieu a fondé une autorité temporelle chrétienne pour être le rempart et l'épée de la Sainte Eglise. C'est jusque là qu'il faut remonter pour trouver une base ferme de raisonnement ».



A suivre
 :
CE N’EST PAS DE FOI

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Mer 5 Mar - 21:15




C
E N’EST PAS DE FOI...


On entend parfois, sinon souvent, le type d’objections suivant  :
« Tout ce que vous nous dites là, des évènements de Noël 496 et du “Testament de saint Rémi”, en particulier d’une prétendue “Mission divine de la France”, relève du domaine des révélations privées qui ne sont jamais “de Foi”. En effet, ce qui est “de Foi” appartient à La Révélation qui est close avec la mort du dernier Apôtre et, tout ce qui est infailliblement déclaré “de Foi” depuis que La Révélation est close, découle nécessairement de cette Révélation. Même si elles sont bonnes et reconnues telles par l’Eglise, les révélations privées ne sont donc jamais “de Foi”. Il n’est, par ailleurs, pas non plus “de Foi” que la France doive être exclusivement dirigée par une Monarchie plutôt que par une Aristocratie ou une démocratie car l’Eglise reconnaît et admet les trois formes de gouvernement sans en condamner aucune et il n’est pas, par essence, absolument nécessaire que la France, pas plus qu’un autre pays, soit un Royaume et non une République. »

Certes, en effet, les révélations privées, même les meilleures, ne sont jamais “de Foi”. On ne peut donc contraindre quiconque à y adhérer avec un tel assentiment. Néanmoins, outre le fait qu’il ne faille pas purement et simplement rejeter en bloc toute révélation privée, surtout s’il s’agit d’une révélation reconnue et approuvée par Notre Mère la Sainte Eglise qui, étant “régie par l’Esprit de Dieu,” ne peut pas nous proposer une chose mauvaise (condamnation en 1794, par la Constitution Auctorem fidei du Pape Pie VI, de la 78ème proposition du Synode de Pistoie, en Toscane, tenu en 1786) outre le fait, donc, qu’il ne faille pas purement et simplement rejeter en bloc toute révélation privée mais, selon la recommandation de l’Apôtre, retenir ce qui est bon, on peut répondre à cette objection par les trois argumentations qui suivent :
  • 1. La Mission donnée par Dieu à notre pays en la personne de Son saint Evêque Rémi représentant officiel de la Sainte Eglise, est la vocation propre de ce pays, or aucune vocation, tant pour les nations que pour les individus, ne peut être dite “de Foi”.

    Cependant, tout Catholique comprend qu’il est fort dangereux pour le salut de son âme qu’une personne appelée par Dieu à une vocation ne suive pas celle-ci et en fasse à son gré selon sa volonté propre plutôt que selon la sainte Volonté de Dieu.

    De même, un pays appelé par Dieu à remplir une Mission particulière, est moralement dans l’obligation de suivre la vocation que lui a assignée le Divin Créateur et Maître de toutes choses.

    Cela n’est, certes, pas “de Foi” mais cela reste obligatoire !


  • 2. Ce n’est pas parce que ce ne serait pas “de Foi” que ce serait nécessairement faux, loin de là : il est assez prouvé plus haut que, tout ce qui est écrit dans la présente étude sur le sujet, est absolument historique et, donc, parfaitement exact...

    Néanmoins, concernant les révélations divines (prophéties) qui ne sont pas “de Foi”, l’auteur de l’Introduction dans l’“INTERPRÉTATION DE L'APOCALYPSE” du Vénérable Barthélemi HOLZHAUSER, écrit :
    Citation :

    C’est au grand Cardinal Pie que nous demanderons la doctrine à laquelle nous devons nous référer pour savoir ce qu’il faut retenir ou rejeter des prophéties privées.

    C’est dans son “Homélie prononcée dans la solennité du couronnement de Notre-Dame-de-Lourdes par Mgr le nonce apostolique, délégué de Pie IX”, qu’il donne cet enseignement. Cette homélie fut tellement appréciée qu’elle lui mérita un Bref Pontifical de Pie IX particulièrement louangeur. On peut la lire au tome 9 pages 330 à 353 de ses Œuvres Episcopales. Nous n’en retiendrons que les lignes relatives à notre sujet, mais nous incitons le lecteur à la relire entièrement.
    Citation :
    ...Ce qui s’explique plus difficilement, c’est que des chrétiens qui admettent la parole de Dieu, bien mieux, ceux-là surtout qui basent leur croyance sur cette parole librement et individuellement interprétée, aient posé en principe que Dieu S’est interdit de parler dorénavant aux hommes, et que toute vision et révélation privée est désormais chimère ou mensonge...

    Or, mes très chers frères, l’enseignement authentique de l’Eglise, l’enseignement des docteurs, des conciles et des papes n’a pas été muet sur cette question. Sans doute, le dépôt sacré de la révélation a été clos avec l’ère apostolique... Mais il ne suit pas de là que la révélation privée ait été exclue de l’économie de la loi nouvelle. La raison toute seule nous enseigne qu’il est toujours libre à Dieu de Se mettre en rapport avec Sa créature ; et les annales de l’Eglise nous montrent de siècle en siècle de grands fruits de sainteté obtenus, de grandes lumières et de grandes grâces octroyées aux âmes, des consolations et des directions très opportunes offertes au peuple chrétien par la voie de ces communications extraordinaires.

    « A toutes les époques, dit Saint Thomas d’Aquin, il y a toujours eu quelques personnes favorisées de lumières surnaturelles, non pour révéler une nouvelle doctrine de foi, mais pour la direction de la conduite humaine »
    .


    Le cinquième concile œcuménique de Latran, en réponse aux diatribes anticipées de l’école luthérienne, dont Mélanchton et les centuriateurs de Magdebourg allaient se faire les porte-voix, a solennellement affirmé et vengé cette permanence de l’inspiration dans l’Eglise ; et il n’a pas fait difficulté de l’appuyer sur l’autorité de l’ancien et du nouveau Testament : « Le Seigneur Lui-même, dit-il, S’est engagé à cela par le prophète Amos » : Ut per Amos prophetam ipse promittit.

    Je vois sourire l’incrédule. Mon frère, ne récusez pas trop légèrement cet oracle. En fait de science politique, vous avez le vôtre, et c’est peut-être Machiavel. Or Machiavel, c’est-à-dire, je veux le reconnaître, l’un des écrivains qui ont porté dans l’étude de l’histoire des sociétés humaines un flair très fin et très exercé, Machiavel a écrit que “jamais il ne s’est produit dans le monde de grands événements qui n’eussent été prédits de quelque manière”. Savait-il qu’il traduisait le verset d’Amos auquel la constitution conciliaire du pape Léon X semble avoir fait allusion ?

    « Le Seigneur ne fait rien sans qu’il ait révélé Son secret à Ses serviteurs, les prophètes »
    Amos, III, 7.

    Mais, me dites-vous, on peut être conduit loin par cette doctrine ; et ne voyez-vous pas naître des milliers de visionnaires ?

    Assurément, mes frères, s’il y a des visions vraies, il y en a de fausses ; j’accorde même, étant donnée la disposition des esprits, à certaines époques surtout, qu’une vision vraie devient le signal d’une multitude de visions fausses. Que conclure de là ? qu’il faut mettre en même catégorie ce qui est vrai et ce qui est faux ? C’est ce que le concile nous défend... et il nous le défend, armé de l’autorité de l’apôtre, lequel, à côté du principe, établit la règle et le moyen de discernement.

    « Donnez-vous bien garde, dit saint Paul, d’éteindre l’esprit, et de mépriser de parti pris toute espèce de révélations. Mais soumettez-les à l’épreuve, et retenez ce qui est bon »
    I Thess, V, 19 à 21. Ainsi fait l’Eglise. Elle a appris de saint Jean “qu’il ne faut pas se fier à tout esprit, mais qu’il faut éprouver si les esprits proviennent de Dieu” I Jean, IV, 1.

    ...L’Eglise, quand elle a formé sa conviction sur la valeur de la révélation, si elle en autorise la croyance, ainsi que les actes de piété qui s’y rattachent, ne fait pourtant de commandement et n’impose d’obligation à personne.

    ...Il est d’autres trempes d’esprit, d’autres tempéraments, d’autres caractères, qui n’aiment point aller au devant de ces manifestations, parce qu’elles sont pour eux un sujet d’ahurissement et d’effroi...

    Ainsi parlait le Cardinal Pie. Que ceux qui suivent des révélations privées, sérieuses, non condamnées, éprouvées, soient rassurés. Que ceux qui les rejettent systématiquement, n’imposent pas aux autres leur sectarisme. Ces derniers sont bien souvent de pseudo-théologiens, plus attachés à une formation universitaire sceptique, libérale et naturaliste que catholique.



  • 3. Il est cependant “de Foi” que Notre-Seigneur a dit à saint Pierre “Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux” tout comme il est “de Foi” que le Magistère Ordinaire et Universel est infaillible.

    Or nous avons vu que de nombreux Papes, tout au long de l’Histoire, ont proclamé que Dieu avait, par l’intermédiaire de Son saint Evêque Rémi représentant officiel de la Sainte Eglise (Légat du Pape) donné une Mission particulière, une Vocation, à la France lors de la fondation de ce pays. Il a en effet été cité, outre plusieurs fois saint Pie X (1903-1914) : Anastase II (496-498), saint Hormisdas (514-523), Grégoire VII (1073-1085), Alexandre III (1159-1181) et encore Grégoire IX (1227-1241).

    La « Mission divine de la France”, relève du domaine des révélations privées qui ne sont jamais “de Foi » ?

    Comment ne pas voir que toutes ces déclarations de si nombreux Papes, faites tout au long de l’Histoire sans jamais aucune note discordante (malgré ce qu’on a faussement appelé “le ralliement” de Léon XIII) relèvent assurément du Magistère Ordinaire et Universel infaillible ?

Cela ne serait pas “de Foi” ? C’est encore à voir !


Il paraît bien aventureux (l’auteur de ces lignes n’est ni théologien ni canoniste) de faire une telle affirmation...

Ce n’est pas tout :

Pour la seconde partie de l’objection, d’autre part, il n’est, certes, pas non plus “de Foi” que la France doive être exclusivement dirigée par une Monarchie plutôt que par une Aristocratie ou une démocratie car l’Eglise, en effet, reconnaît et admet les trois formes de gouvernement sans en condamner aucune et il est vrai qu’il n’est pas, par essence, absolument nécessaire que la France, pas plus qu’un autre pays, soit un Royaume et non une République.
Néanmoins, si cela n’est pas “de Foi”, en effet, c’est peut-être quand même la Volonté de Dieu, et s’il n’est pas, par essence, absolument nécessaire que la France, pas plus qu’un autre pays, soit un Royaume et non une République, c’est peut-être aussi quand même, par accident, la Volonté de Dieu.
Il n’est pas non plus “de Foi” qu’un tel devait avoir les yeux clairs comme son père, tandis que sa maman, comme “Tosca ha l’occhio nero” (Giacomo PUCCINI : “Recondita armonia” !) Cela n’était pas non plus essentiel. Cependant, il était dans la Volonté de Dieu, de toute éternité, que ce soit ainsi...
Comme il était manifestement dans Sa Volonté, puisque cela s’est ainsi réalisé, que la France Catholique fut un Royaume et que la République Française, par Sa permission et pour notre châtiment, fut révolutionnaire. Il ne s’agit pas là de la forme substantielle mais de la forme dite de seconde intention, réalité imposée par la cause efficiente c’est-à-dire par Dieu dans le Royaume Catholique de France ; et, avec Sa permission pour nous châtier justement des fautes de nos pères, de nos Rois et des nôtres (nous, qui ne valons souvent pas mieux...), par Son adversaire (et le nôtre), dans la République Française démocratique et révolutionnaire.

Les ennemis du roi de France sont ennemis du Roi des Cieux ! Car : “TOUS CEUX QUI GUERROIENT AU DIT SAINT ROYAUME DE FRANCE GUERROIENT CONTRE LE ROI JÉSUS, ROY DU CIEL ET DE TOUT LE MONDE...” (Ste Jehanne d’Arc.)

Sainte Jehanne d’Arc et saint Louis Roi de France, délivrez-nous et restaurez la France Catholique !

Saint Michel Archange, Patron de la France, défendez-nous dans le combat !


Fait à D..., en la fête de la Conversion de saint Paul, 25 janvier de l’an de grâce 2003,

Pour la plus grande gloire de Dieu, notre très doux Sauveur Jésus-Christ, Roi de France,
et l’honneur de Sa Très Sainte Mère, la Bienheureuse Vierge Marie, Notre Dame Reine de France,
et pour que leur Règne advienne, sicut in cælo et in terra.


A suivre
 :

3ème partie : L’INFAILLIBILITÉ DE L’ÉGLISE ET LA FRANCE

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Ven 7 Mar - 0:45




I
NTERMÈDE 1



Qu’en est-il des régimes dictatoriaux ?


_____________



A la suite de ce message dans lequel il a été écrit « [...] l’Église accepte bien toutes les formes possibles de sociétés civiles 3 et de gouvernements politiques (qui se classent en trois grandes catégories : la monarchie, l’aristocratie et la démocratie) [...] », un correspondant m’a demandé dans ma messagerie personnelle
Citation :

Que doit on penser d’une dictature ?
Peut-il y avoir dictature catholique ?


Ma réponse est celle-ci :

Oui, il peut y avoir une dictature catholique, à condition, toutefois, qu’elle ne soit pas une tyrannie :
  • Ce que nos modernes appellent une “dictature”, n’est qu’une monarchie même si celle-ci est élective quant à la désignation du monarque, car, quant au mode de fonctionnement gouvernementale, une dictature marche bien comme une monarchie.

  • On peut même envisager une aristocratie dictatoriale catholique qui impose dans les lois civiles le catholicisme ; mais, en raison du nombre des gouvernants, un tel régime est plus difficile pour être catholique.

  • Il en est de même, avec une difficulté plus grande encore, avec un régime républicain (démocratique au sens antique du terme) comme, par exemple, l’était le Valais suisse avant que l’infâme Paul VI en fasse changer la Constitution.

Tout cela peut parfaitement être catholique à condition que ce ne soit pas tyrannique : voir St Thomas d’AQUIN, “De regno”, Les gouvernements injustes (en cliquant, dans le sommaire au début, sur la page 5).

La dictature, si elle est catholique, est d’ailleurs le seul régime dictatorial qui soit légitime et permis par notre Mère la Sainte Église !
Que l’on pense, par exemple, à l’Espagne franquiste, au Portugal de Salazar António de Oliveira de 1926 à 1974...



A cela, il faut apporter les précisions suivantes :

  • A propos de mon premier point ci-dessus, il faut ajouter que les modernes, qui peuvent perturber par leur omniprésence notre juste compréhension des choses, confondent “monarchie”, “dictature” et “tyrannie”. Or ce sont là des notions totalement différentes qui n’ont pas nécessairement des choses à voir entre elles :

    — La monarchie est le gouvernement d’un seul et peut fort bien n'être ni dictatorial ni tyrannique : pensons au gouvernement d’un St Louis (Louis IX) par exemple.

    — La dictature est un régime (qu’il soit, il faut le noter, monarchique, aristocratique, démocratique-républicain ou – comme de nos jours – révolutionnaire et secrètement oligarchique) qui se maintient en place et impose les lois par la force. La dictature, comme je l’ai dit plus haut, peut fort bien être catholique et, dans ce cas, elle peut, si elle n’est pas tyrannique, être légitime, permise et justifiée. Elle a cependant des limites, j’y reviendrai plus bas.

    — La tyrannie est excellemment décrite par St Thomas d’AQUIN dans son “De regno”, Les gouvernements injustes que l’on peut lire avec beaucoup de profits en cliquant, dans le sommaire au début du document donné par ce lien, sur la page 5. Comme la dictature, la tyrannie n’est pas réservée à la monarchie mais elle peut très bien concerner l’aristocratie, la démocratie ou la république, et surtout les régimes révolutionnaires et secrètement oligarchiques que l’on connaît malheureusement de nos jours.

    Il importe donc de ne pas confondre, comme le font nos modernes, ces notions réellement différentes.


  • La question portant sur la dictature, j’y reviens pour donner quelques précisions complémentaires et, comme je le dis dans mon 2ème point ci-dessus, parler de ses limites.

    Car l’emploi de la force a des limites, même dans le cadre d’une société catholique avec un gouvernement catholique :
    Si une majorité du peuple, pour une raison ou pour une autre, manipulé par les révolutionnaires (dans ce cas il importera au pouvoir de lutter contre eux et de tenter de redresser, en toute charité, le dévoiement du peuple) ou spontanément (je n’y crois pas) de lui-même, en vient à refuser obstinément le gouvernement (monarchique, aristocratique ou républicain-démocratique) qui le dirigeait jusque là, ledit gouvernement ne peut plus diriger en employant de manière inconsidérée et trop appuyée la force qui ne peut être que modérée.

    Pourquoi ?
    Non pas pour une raison démocratico-libérale mais parce que
    1 – le rôle d’un gouvernement est de procurer le bien de la société qu’il dirige et que si la majeure partie de la société se trouve opprimée (même pour son bien réel) par des lois, des dispositions, etc., que cette majorité refuse, elle ne vivra aucunement ni dans le bien ni dans la paix, et un tel gouvernement manquera inévitablement son but ;
    2 – le peuple (et ceci est très important) est la cause matérielle de la société.

    Je m’explique :
    Saint Thomas d’AQUIN enseigne que, pour toutes les choses qui ne sont pas purement spirituelles (contrairement aux anges ou à Dieu qui sont de purs esprits) il existe quatre causes : deux causes extrinsèques, la cause efficiente et la cause finale ; et deux causes intrinsèques, la cause formelle et la cause matérielle (cette dernière ne concerne pas les purs esprits).

    — La cause efficiente de la société est Dieu Lui-même car c’est Lui qui a déterminé les hommes à vivre en société : nous ne l’avons pas choisi délibérément de nous-mêmes.

    — La cause finale de la société, la véritable cause finale, laquelle n’est pas celle voulue par les révolutionnaires qui renversent tout et sont guidés par le démon, la véritable cause finale, donc, est, comme toute cause finale qui est toujours imposée par la cause efficiente, définie par Dieu Lui-même : c’est le Salut éternel des hommes. Voilà pourquoi Dieu a voulu que nous vivions en société : pour que nous puissions atteindre notre but (le ciel) plus facilement. Benedicamus Domino !

    — La cause formelle de la société dans laquelle nous vivons (avec la cause formelle et la cause matérielle nous sommes dans les causes intrinsèques et sommes donc obligés de considérer la société concrètement) la cause formelle de la société, donc, est le régime politique de cette société : forme monarchique, aristocratique, démocratique-républicaine ou – comme de nos jours, hélas ! – révolutionnaire et secrètement oligarchique.

    — Et la cause matérielle est, bien sûr, le peuple qui constitue matériellement cette société dans laquelle nous vivons.


    Or,
    1°) toute matière ne peut pas recevoir n’importe quelle forme : du chewing-gum ne fera jamais un marteau !...
    2°) Dieu a créé les hommes libres et donc ceux-ci, exerçant leur libre-arbitre (à tort ou à raison), peuvent refuser résolument, opiniâtrement, telle ou telle forme de gouvernement.

    C’est pourquoi, raisonnablement, décemment, on ne peut pas employer de manière inconsidérée la force contre un peuple qui refuse absolument telle forme de gouvernement.

J’espère que tout cela éclaire suffisamment toutes ces questions difficiles.

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Dernière édition par JP B le Ven 7 Mar - 13:48, édité 1 fois (Raison : Ajout de la 2éme ligne du titre)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Ven 7 Mar - 1:35




I
NTERMÈDE 2



Les finalités respectives du Royaume et de la République français


_____________



Quelle est la cause finale du Royaume de France d’une part et la cause finale de la République Française d’autre part ?
  • Cause finale du Royaume de France :
    Nous avons dans ce fil que la finalité du Royaume de France est la défense armée de la Sainte Église Catholique.
    Certes, nos rois ont souvent manqué à cette vocation qui est essentiellement la leur, mais il l’ont chèrement payé chaque fois qu’il ont trahis leur mission.
    Du reste, il ne faut pas chercher ailleurs la raison de la catastrophique réussite de la révolution dite “française” qui n’est qu’un châtiment ! Cette catastrophique réussite de la révolution dite “française”, essentiellement antireligieuse, prouve d’ailleurs, a contrario, la mission de défense armée de la Sainte Église Catholique qui est celle des rois de France...

  • Cause finale de la République Française :
    La République Française, de la première à l’actuelle cinquième, est fille de la révolution dans laquelle elle trouve son origine. Là-dessus, personne ne contredira la chose.
    Or, nous venons de le dire, la révolution dite “française” fut essentiellement antireligieuse et personne, non plus, ne contredira le fait qu’elle s’attaqua principalement aux Prêtres et aux Religieux et religieuses catholiques et qu’elle fit parmi eux un nombre incalculable de martyrs.
    Citation :
    La déchristianisation, déjà entamée avec le culte de la Raison, s’intensifie.

    Dans le rapport du 18 floréal, Robespierre présente, au nom du comité de salut public un calendrier de fêtes républicaines devant remplacer les fêtes catholiques, à travers lequel sont affirmées les valeurs républicaines [...]

    Le culte catholique est interdit. Les églises parisiennes sont fermées le 23 novembre 1793, pour ne rouvrir que le 31 mai 1795. Elles sont transformées en temples de la Raison, ou bien en entrepôts. […]

    Les agendas sont supprimés dans les campagnes, à la suite de l’instauration du calendrier républicain. Le calendrier grégorien n’est rétabli qu’en 1806.
    (Wikipédia, titre 9.5 « La déchristianisation ».)

    La finalité de la République Française, qui est fille de la révolution dans laquelle elle trouve son origine, est nécessairement la même que celle de la révolution : la lutte contre la Sainte Église Catholique et la déchristianisation.
    Cela a du reste été vérifié en 1903 et 1905 comme c’est encore vérifié de nos jours sous François HOLLANDE et Manuel VALLS.

Comment, dès lors, peut-on se prétendre à la fois catholique et républicain ? scratch Suspect...

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« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Sam 8 Mar - 14:37




I
NTERMÈDE 3



Où va la France révolutionnaire ?

La République Française est-elle viable ?


_____________



Dans ce message à propos de la dictature nous avons dit que
Citation :
[...] l’emploi de la force a des limites, même dans le cadre d’une société catholique avec un gouvernement catholique :
Si une majorité du peuple, pour une raison ou pour une autre, manipulé par les révolutionnaires (dans ce cas il importera au pouvoir de lutter contre eux et de tenter de redresser, en toute charité, le dévoiement du peuple) ou spontanément (je n’y crois pas) de lui-même, en vient à refuser obstinément le gouvernement (monarchique, aristocratique ou républicain-démocratique) qui la dirigeait jusque là, ledit gouvernement ne peut plus diriger en employant de manière inconsidérée et trop appuyée la force qui ne peut être que modérée.

Pourquoi ?
Non pas pour une raison démocratico-libérale mais parce que
1 – le rôle d’un gouvernement est de procurer le bien de la société qu’il dirige et que si la majeure partie de la société se trouve opprimée (même pour son bien réel) par des lois, des dispositions, etc., que cette majorité refuse, elle ne vivra aucunement ni dans le bien ni dans la paix, et un tel gouvernement manquera inévitablement son but [...]

La question peut dès lors se poser de savoir, puisque le rôle d’un gouvernement est de procurer le bien de la société qu’il dirige ; qu’à cause du fait que si la majeure partie de la société se trouve opprimée (même pour son bien réel) par des lois, des dispositions, etc., que cette majorité refuse, elle ne vivra aucunement ni dans le bien ni dans la paix, et un tel gouvernement manquera inévitablement son but ; qu’en conséquence, si cette majeure partie du peuple en vient à refuser obstinément le gouvernement (monarchique, aristocratique ou républicain-démocratique) qui la dirigeait jusque là, ledit gouvernement ne peut plus diriger en employant de manière inconsidérée et trop appuyée la force qui ne peut être que modérée ; la question se pose, dis-je, de savoir ce qu’il advient d’une telle société, en particulier, ce qu’il advient de la société française révolutionnaire (toujours et encore) depuis plus de deux cents ans.
Plus brièvement, la République Française, voulue par la majorité du peuple, peut-elle lui procurer le bien et la paix ?

Eh bien, pour répondre à cette question, puisque cette société révolutionnaire existe depuis plus de deux cents ans, il suffit de regarder ce qu’elle a produit et plus particulièrement ce qu’elle produit de nos jours où, avec toutes les modifications (censées être des améliorations) qu’elle a subit, elle est censée aller vers son bien.

Nous trouvons dans ce fil, « C'est la france d'aujourd'hui », ce qu’il advient actuellement de notre pauvre pays.
Comme ledit fil est en principe illisible pour les non-inscrits, j’ai reproduit dans celui-ci (« Où va la France actuelle ? ») les principaux messages qui y ont été postés.
Nous y verrons combien ce que je dis dans les deux derniers § de mon dernier point dans ce message est véridique, savoir
Citation :
La finalité de la République Française, qui est fille de la révolution dans laquelle elle trouve son origine, est nécessairement la même que celle de la révolution : la lutte contre la Sainte Église Catholique et la déchristianisation.
Cela a du reste été vérifié en 1903 et 1905 comme c’est encore vérifié de nos jours sous François HOLLANDE et Manuel VALLS.

A partir de tout cela nous pourrons aisément conclure qu’une société, et particulièrement celle de la France, quand elle se détourne de son Dieu créateur s’en va vers la tyrannie et le chaos : vers la tyrannie des politiciens véreux secrètement téléguidés par les oligarques apatrides, et vers le chaos dans l’absorption d’un mondialisme qui sera aux mains de l’Antéchrist, mondialisme mortifère pour toute Nation et tyrannie de l’Antéchrist néfaste pour tout être humain...

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Sam 8 Mar - 16:40




I
NTERMÈDE 4



Petite discussion


_____________



Après avoir communiqué le projet du dernier message ci-dessus à quelques correspondants, j’ai reçu de l’un d’eux, en réponse à ma question « la République Française, voulue par la majorité du peuple, peut-elle lui procurer le bien et la paix ? » ceci : « Non mais Dieu peut en tirer un bien. Si le peuple « si » il se convertit, ce peuple pourra en tirer un grand mérite. »

Il faut remarquer que Dieu tire toujours un plus grand bien que le mal qui est fait, ne serait-ce que pour Sa plus grande gloire par l’application de Son infinie justice, mais si le peuple ne se convertit pas, on peut se demander quel bien Dieu pourra tirer, non pour Lui-même et Sa plus grande gloire, mais pour le peuple, précisément, en réponse à son apostasie... Il faut craindre qu’Il n’en retire qu’un grand châtiment !
Plus grand encore que celui que nous subissons déjà actuellement !...

Ce correspondant écrivait encore dans son dernier § : « Il se peut que Dieu jette l’anathème sur notre société et qu’elle disparaisse [...] »
C’est bien là ce qu’il faut en effet craindre !...
Si la France ne se convertit pas, elle disparaîtra comme nous disons dans le dernier paragraphe du précédent message et c’est pour cela, pour contribuer à éviter cela, que nous publions tout ça.

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Mer 12 Mar - 17:33




3ème partie



L’I
NFAILLIBILITÉ DE L’ÉGLISE ET LA FRANCE


_____________



P
RÉLIMINAIRE

La seconde partie de cette étude, seconde partie intitulée « EXISTE-T-IL UNE MISSION “DIVINE” de la France ? » (de ce message à celui-ci inclus) a fait l’objet, en son temps, d’un envoi spécial, par courrier électronique, à tous mes correspondants, dont tous les Prêtres de ma connaissance dont j’avais l’adresse “e-mail”, avec, en particulier, les lignes du dernier chapitre « CE N’EST PAS DE FOI ».

Avec un correspondant de Loire atlantique qui m’a aidé à cette rédaction, et un autre, de Gironde (je les remercie tous deux publiquement ici) seuls autres correspondants, quoique l’un d’eux de manière indirecte, m’ont formellement répondu.

Le Girondin m’a précisé que l’affirmation selon laquelle l’adhésion à « tout ce que vous nous dites là, des évènements de Noël 496 et du “Testament de saint Rémi”, en particulier d’une prétendue “Mission divine de la France” ; toutes ces déclarations de si nombreux Papes, faites tout au long de l’Histoire sans jamais aucune note discordante », l’affirmation selon laquelle cette adhésion ne serait pas de Foi, « est une hérésie », (car opposée au Magistère Ordinaire et Universel).

Hormis, donc, une autre réponse formelle, faite directement,  dont je dirai deux mots parce qu’elle fait précisément l’objet de la présente partie de cette étude, et une réponse indirecte de la part d’un autre correspondant, réponses contradictoires à celle du correspondant girondin, je n’ai reçu, de mémoire, aucune observation, aucune autre remarque, pas un mot étayé, notamment rien de tel de la part de TOUS les Prêtres quels qu’ils soient. Seul de ceux-ci, un Français ( Exclamation ) m’a simplement dit sans aucune explication qu’il ne croyait pas à la “Mission divine de la France” et était opposé à une telle formulation, illustrant ainsi exactement ce que j’écrivais au début de la seconde partie et ce qui est entre parenthèses dans la note 27 (c’est d’ailleurs le même qui est visé dans cette note N° 27) simple Prêtre allant contre les Cardinaux, Évêques et Prêtres élevés en dignité cités ici et tous les Papes cités dans le point (qui n’en présente qu’une récapitulation) N° 3 de  ce post !

On peut penser que ce silence – rompu seulement de manière isolée, on pourrait dire exceptionnelle et en l’absence de tout argument – équivaut à une approbation : « qui ne dit mot, consent. » Aussi, ce manque de désapprobation sérieuse de la part de tous les clercs traditionalistes contactés, peut donc être interprété en fait comme une certaine approbation cléricale (je ne dis pas ecclésiale, pas même ecclésiastique pour ne pas laisser induire le premier mot) et c’est donc fort de cette tacite approbation cléricale, finalement, que je me penche à nouveau, en ce printemps de l’année de grâce 2004, sur le sujet.

J’ai donc reçu de la part d’un correspondant (laïc) une réponse de désapprobation explicite et, d’un autre, une attaque voilée, et ce n’est qu’à cause de la qualité de ces correspondants (des proches qui me touchent de près) que je reprends cette discussion.

Cette réponse de désapprobation explicite, faite oralement, en voici globalement la substance : « Ce n’est pas à cause d’une approbation mineure donnée par les Papes que se trouve effacée la solennité d’une Lettre Encyclique comme celles de Léon XIII sur le “ralliement”. » Sous entendu : la valeur d’un document de la solennité d’une Lettre Encyclique, est plus forte que celle de quelques paroles, voire écrits, mineurs, même de plusieurs Papes.

Peut-on concevoir, quand on se veut un digne fils de l’Église Catholique (comme c’est le cas), impiété plus grande ? Ainsi, on oppose le Pape au Pape ! Comme si ce qui relève du Magistère universel (plusieurs Papes) pouvait entrer en contradiction avec une Encyclique d’un autre véritable Pape ! (D’autant plus que si contradiction il y avait, l’Encyclique étant plus récente et l’adhésion aux proclamations antérieures des autres papes étant obligatoire, il nous faudrait rejeter ladite Encyclique et constater que son auteur n’était pas formellement Pape...)

C’est pourquoi nous examinerons si ce que dit Sa Sainteté Léon XIII dit dans son Encyclique “Au milieu des sollicitudes”, à laquelle certains attribuent ce qu’on appelle “le ralliement”, entre ou non en opposition avec ce que nous avons cité des autres Papes.


A suivre
 :

LE PROBLÈME DU “RALLIEMENT” DE LÉON XIII

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)


Dernière édition par JP B le Jeu 13 Mar - 21:00, édité 2 fois (Raison : Précision à la fin du 5ème § et ajout des deux derniers § (8 et9).)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Jeu 13 Mar - 15:41




L
E PROBLÈME DU “RALLIEMENT” DE LÉON XIII

À QUOI ET POURQUOI ?


Essai exégétique libre

Préambule


_____________



L’idée maîtresse de l’objection ci-dessus exposée étant la valeur, due à la solennité, de l’Encyclique de Léon XIII, “Au milieu des sollicitudes”, examinons d’abord, cher lecteur, avant d’analyser cette Lettre Encyclique elle-même, ce que dit, en résumé, le Saint Père. Pour ce résumé, je citerai une lettre privée qu’un Prêtre, ami de mon contradicteur, m’adressa jadis (en septembre 1990) à propos de M. Adrien LOUBIER DE BONNET DE VILLER sur le sujet (Je suis l’auteur de toutes les notes ajoutées pour cette lettre et c’est moi qui souligne en gras ou en corps de caractères plus grand.) :
Citation :

Cher Monsieur,

A propos de votre question sur l’Encyclique de Léon XIII et de l’attitude que doit avoir un catholique, je vous donne les principes qui permettent de rester dans la vérité et dans la Foi.

L’Église est assistée divinement – par le Saint-Esprit 103 dans sa fonction de gouverner, légiférer et sanctifier les fidèles dans toutes les choses qui régissent la Foi et la Morale. Or une partie importante de la Morale est la politique 104 et l’Église a le devoir et le pouvoir de s’en occuper. L’Église jouit de l’infaillibilité lorsqu’elle parle de choses sur la Foi et la Morale. Donc elle peut aussi parler, même infailliblement, sur des questions regardant la politique (en tant qu’elles sont annexées à la Révélation) et, de toute manière, elle peut en parler avec son Magistère authentique. Par exemple : “l’Autorité vient de Dieu” est un principe des plus importants de la Politique, et ce principe appartient au Dépôt de la Révélation. La séparation entre Politique et Morale a été l’œuvre de Machiavel 105 qui a consacré le laïcisme dans ce domaine ; comme plus tard, la séparation entre l’Église et l’État 106. Dire, donc, que l’Eglise ou le clergé (qui constitue la hiérarchie dans l’Eglise et dont le Chef Suprême 107 est celui qui jouit de cette infaillibilité ou, du moins, de l’authenticité du Magistère) est par principe 108 incompétent en matière de Politique, est une hérésie. 109

103
En vertu des promesses de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui l’assiste d’ailleurs Lui-même : « Et ecce ego vobiscum sum omnibus diebus, usque ad consummationem sæculi » (St Matt., XXVIII, 20), dont Il est la véritable Tête.

104
La Morale relève de l’Autorité de l’Église. La politique, quant à elle, est une partie de la Morale. Elle dépend donc de la Morale et, dans la mesure même de cette dépendance, elle relève également de l’Autorité de l’Église.

105
Les légistes du roi de France, Philippe IV “Le Bel”, avaient déjà tenté de justifier l’indépendance de la politique à l’égard de l’Église, et, avant eux, ceux de l’Empereur l’avaient tenté également.

106
De la 3ème République Française, par exemple, laquelle n’a fait qu’appliquer les principes des légistes de Philippe Le Bel, de Machiavel et des juridictionalistes des cours du XVIIIème siècle.

107
Visible sur cette terre.

108
Souligné dans le texte.

109
Car cela s’oppose au dogme de l’infaillibilité en matière de Morale.


Les formes de gouvernement d’un Etat sont
 110 au nombre de trois : monarchie, aristocratie, démocratie. Aucune des trois n'est intrinsèquement mauvaise : il y en a certaines meilleures, d’autres moins bonnes. Pour cela, l’Eglise n’a jamais condamné aucune forme 111, mais elle a toujours indiqué la monarchie comme étant la meilleure. En effet, lorsque l’Eglise était écoutée par les nations, elles ont eu, pour la plupart, une structure monarchique. Mais l’Eglise n’a pas empêché les autres formes, dans la mesure où elles assuraient l’obtention de la sanctification des personnes par le respect et l’observation des Commandements de Dieu et de l’Eglise 112. Ainsi il y a eu une aristocratie à Venise, la démocratie113 en Equateur avec Garcia Moreno...

110
Ou plutôt : peuvent être désignées, définies, parmi l’une des catégories suivantes (suite dans le texte).

111
Encore que, jusqu’en 1789, elle n’avait pas connu la fausse démocratie – noyau dirigeant occulte – foncièrement anti-catholique que nous connaissons.

112
Ce n’est pas le cas en France depuis la Révolution.

113
Non pas démocratie au sens moderne du terme mais République catholique car celui qui est officiellement désigné pour détenir le pouvoir, même si c’est par le peuple, reconnaît, avec ceux qui l’ont désigné, qu’il tient ce pouvoir de Dieu Lui-même et il le détient effectivement d’une manière bien réelle et non pas seulement de façon apparente comme c’est en fait le cas avec nos “Présidents” théâtraux. (Cf. ce fil et, pour ceux qui, inscrits sur ce forum, peuvent le lire, celui-ci.)


Léon XIII répète cette doctrine dans son Encyclique114et tout fidèle catholique doit conformer son intelligence à cette doctrine car elle est vraie108.
114
« Au milieu des sollicitudes ».

Dans la même Encyclique, il y a aussi des conclusions pratiques. Que faut-il en penser ?

Les conseils pratiques ne font pas partie de l’exposition de la doctrine. Ces conclusions pratiques ne sont pas couvertes par l’infaillibilité et donc elles peuvent ne pas être opportunes, précises, complètes 115. Un fidèle doit se contrister en voyant qu’il y a de mauvaises conséquences 116 ; mais il n’a pas le droit de penser mal de Léon XIII et encore moins de le dénigrer, de l’attaquer en privé ou en public, parce qu’il est le Bon Pasteur, le Vicaire de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la terre, le Père de tous les chrétiens. Les devoirs – pour les catholiques qui ont la Foi – de respect, d’amour, de dévotion filiale, ne sont pas compatibles avec une telle attitude.

115
Parce que, par exemple, celui qui les a données peut avoir manqué d’informations suffisantes sur les circonstances concrètes déterminant telle ou telle situation. C’est ainsi qu’un véritable Pape peut très bien se tromper quand il intervient comme docteur privé – ce qui arriva à l’un d’eux à propos du moine Adam – mais, lorsqu’il intervient en tant que Docteur de tous les croyants, nous lui devons obéissance et ces paroles de saint Pie X restent parfaitement vraies : “Quand on parle du Vicaire de Jésus-Christ (c’est-à-dire du Docteur de tous), ce n’est pas le lieu d’examiner, mais d’obéir… Que les conclusions pratiques de l’Encyclique “Au milieu des sollicitudes” ne furent pas “opportunes, précises, complètes”, n’est-ce pas ce qui arriva en réalité ? Léon XIII a-t-il parlé là comme Docteur de tous les croyants ou seulement comme conseiller de certains Français ? Nous verrons cela plus bas, dans l’étude de cette Encyclique.

116
Avec l’Encyclique “Au milieu des sollicitudes”.


De plus, devant une application abusive 117 de cette Encyclique, le catholique avait le droit d’agir diversement.
117
Léon XIII a-t-il vraiment voulu obliger les Catholiques français à accepter en droit (de jure) la pseudo démocratie de la République Française anti-catholique ? Il y a, me semble-t-il, un sérieux doute : Léon XIII a surtout demandé aux Catholiques français de tous bords, royalistes comme républicains, de s’unir entre eux pour s’opposer à l’anti-catholicisme de la République maçonnique et aux royalistes d’accepter, pour le bien commun de toute la société française le fait (de facto) du pouvoir républicain établi depuis assez longtemps pour ne plus avoir à le combattre indéfiniment. Ce sont les modernistes, tous républicains, qui ont fait croire que Léon XIII avait voulu vraiment obliger les Catholiques français à accepter en droit (de jure) la pseudo démocratie de la République Française et, s’ils ont en apparence raison, mais en apparence seulement, il faut examiner pourquoi le Souverain Pontife a demandé ce sacrifice aux Français véritables. Nous verrons cela dans l’étude de cette Encyclique plus bas.

Même si on peut déplorer que Léon XIII ait pu faire un tel choix, il faut être prudent et respectueux lorsqu’on parle de cela. A tel point que l’Abbé Barbier – très apprécié de Saint Pie X – vit son livre “Les progrès du libéralisme sous Léon XIII” mis à l’index, par le même Saint Pie X, parce qu’il manquait de ce respect. Et l’Abbé Barbier se soumit et s’excusa. On est loin, là, de l’attitude de Monsieur Bonnet. On peut donc critiquer un Pape, surtout lorsqu’il est passé à l’histoire, mais toujours avec respect de l’Institution118.
118
Ecclésiastique.

Dire que l’expérience montre que le clergé catholique est incompétent en politique est aussi faux.
(je parle du clergé catholique et non du libéral : car celui-ci appuiera toutes les mauvaises politiques, non par incompétence, mais par libre choix.) Le Pape n’a-t-il pas été le souverain des Etats Pontificaux 119 ? Est-ce que, pour cela (c’est-à-dire parce qu’il était du clergé), ces Etats ont eu pour plus de 1000 ans de mauvais chefs ? En outre, l’histoire nous rapporte le nombre de fois où les Rois s’adressaient à des membres du clergé pour certaines charges du gouvernement de la nation ou de certaines provinces. Enfin aussi, Richelieu, Mazarin, étaient des Cardinaux, très peu “hommes d’Église”, mais très compétents en politique malheureusement : car ils ont préféré la “grandeur” de la France à celle de l’Église.120

119
Et il devrait l’être encore.

120
Ce qui, du reste, n’a finalement pas profité à la France car, quand elle s’éloigne de sa mission et lui est infidèle, elle finit par être rudement, mais très justement, châtiée !...


On dit que de nombreuses fois le clergé s’est trompé dans les décisions pratiques et que cela montre son incompétence. Combien de fois les Chefs d’État, et autrefois les Rois chrétiens, se sont trompés ? ... Et 121 bien plus gravement que le clergé, en politique 122 ! Regardez, même le bon Roi Louis XVI qui a été coiffé du bonnet phrygien 123. [...]

121
Parfois.

122
C’est une opinion. Le contraire en est une autre. Nous laissons à chacun la responsabilité de ses affirmations et estimons, pour notre part, que c’est une querelle néfaste à la coopération qui doit être promue entre les clercs et les laïcs pour le bien de la Cité – de Dieu – qui n’est autre, pour les vrais Catholiques, que l’Église du même nom.

123
Et pourtant, qui, plus que lui, était “compétent” en matière de politique française ? A qui, plus qu’à lui, celle-ci était “son devoir d’état” pour lequel il avait “spécialement grâce d’état” ?...



A suivre
 :

Lettre Encyclique de Léon XIII, “AU MILIEU DES SOLLICITUDES”, elle-même

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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)


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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Ven 14 Mar - 15:08



L
A LETTRE ENCYCLIQUE “AU MILIEU DES SOLLICITUDES



_____________




Présentation


Le 16 février 1892, Sa Sainteté Léon XIII publiait une Lettre Encyclique, « AU MILIEU DES SOLLICITUDES », qui fit grand bruit et fait toujours parler d’elle pour le motif qu’on lui attribua – à tort – un prétendu ordre que le Pape aurait donné aux Catholiques français de se “rallier” au gouvernement républicain en place. C’est pourquoi cette Encyclique fut, et est toujours, appelée l’Encyclique du “ralliement”, attribution qui, comme nous le verrons ci-dessous, lui est fort impropre et imméritée, fausse et mensongère.

De quoi s’agit-il ?

A partir de 1890 et à la suite de la crise Boulangiste 124, Sa Sainteté le Pape Léon XIII demanda, aux Catholiques français de faire abstraction de leurs différents politiques, parfois légitimes, afin de s’unir au sein de la République, seul régime politique réalisable et viable à l’époque en France 125, pour une lutte commune contre l’impiété régnante, afin de tendre au maximum à rendre chrétiennes les lois et les institutions. La lecture objective de son Encyclique, “Au milieu des sollicitudes”, le prouvera aisément.

124
Le général BOULANGER, derrière qui étaient entre autres rassemblés surtout les ORLÉANISTES, s’était enfui à l’étranger le 19 avril 1889 pour ne plus en revenir.

125
Une restauration de la monarchie catholique était impossible en l’état des choses (le COMTE DE CHAMBORD – Henri V – étant décédé en 1883) à restaurer comme l’a bien démontré Louis-Hubert RÉMY, dans son excellent livre « VRAIS & FAUX Principes & maîtres » – A.C.R.F., BP 2, 44140 AIGREFEUILLE – France ; Tél. : 02.40.33.55.49 ; fax : 02.40.33.55.35 – pages 236 à 238. Voir également les pages 226 et suivantes qui expliquent bien la position de Léon XIII à l’égard d’une éventuelle restauration monarchique en France à l’époque, depuis la chute du second Empire, c’est-à-dire sur le COMTE DE CHAMBORD lui-même qui n’aurait pas assuré le retour d’une politique vraiment catholique.

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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Lun 17 Mar - 19:29


La reproduction de l’Encyclique “Au milieu des sollicitudes” ne sera pas faite intégralement.
Nous prendrons simplement quelques citations et ajouterons quelques commentaires, parfois sous forme de notes.

Dans cette Encyclique, par exemple,
Sa Sainteté Léon XIII a écrit:

[...]

Avant tout, prenons comme point de départ une vérité notoire, souscrite par tout homme de bon sens et hautement proclamée par l’histoire de tous les peuples, à savoir que la religion, et la religion seule, peut créer le lien social ; que seule elle suffit à maintenir sur de solides fondements la paix d’une nation. Quand diverses familles, sans renoncer aux droits et aux devoirs de la société domestique 127, s’unissent sous l’inspiration de la nature, pour se constituer membres d’une autre famille plus vaste, appelée la société civile 128, leur but n’est pas seulement d’y trouver le moyen de pourvoir à leur bien-être matériel, mais surtout d’y puiser le bienfait de leur perfectionnement moral. Autrement la société s’élèverait peu au-dessus d’une agrégation d’êtres sans raison, dont toute la vie est dans la satisfaction des instincts sensuels. Il y a plus : sans perfectionnement moral, difficilement on démontrerait que la société civile, loin de devenir pour l’homme, en tant qu’homme, un avantage, ne tournerait pas à son détriment.

Or, la moralité dans l’homme, par le fait même qu’elle doit mettre de concert tant de droits et tant de devoirs dissemblables, puisqu’elle entre comme élément dans tout acte humain, suppose nécessairement Dieu, et, avec Dieu, la religion, ce lien sacré dont le privilège est d’unir, antérieurement à tout autre lien, l’homme à Dieu. En effet, l’idée de moralité importe avant tout un ordre de dépendance à l’égard du vrai, qui est la lumière de l’esprit ; à l’égard du bien, qui est la fin de la volonté : sans le vrai, sans le bien, pas de morale digne de ce nom. Et quelle est donc la vérité principale et essentielle, celle dont toute vérité dérive ? c’est Dieu. Quelle est donc encore la bonté suprême dont tout autre bien procède ? c’est Dieu. Quel est enfin le créateur et le conservateur de notre raison, de notre volonté, de tout notre être, comme il est la fin de notre vie ? Toujours Dieu. Donc, puisque la religion est l’expression intérieure et extérieure de cette dépendance que nous devons à Dieu à juste titre de justice, il s’en dégage une grave conséquence qui s’impose : Tous les citoyens sont tenus de s’allier pour maintenir dans la nation le sentiment religieux vrai, et pour le défendre au besoin, si jamais une école athée, en dépit des protestations de la nature et de l’histoire, s’efforçait de chasser Dieu de la société, sûre par là d’anéantir le sens moral au fond même de la conscience humaine. Sur ce point, entre hommes qui n’ont pas perdu la notion de l’honnête, aucune dissidence ne saurait subsister. 129

[...]


127
On trouve là, dans ces paroles, la condamnation du communisme et du socialisme ; celle aussi de la prétendue “ÉDUCATIONNATIONALE OBLIGATOIRE, à fortiori si elle est laïque.

128
En fait, à l’origine, la société civile fut constituée par les différentes familles issues d’une même famille commune. Cela, pour la société en général. Cependant, c’est encore vrai pour toutes les nouvelles sociétés apparues dans le cours de l’histoire. Voilà pourquoi le chef naturel, le roi, de toute société est le patriarche, le père commun et tout cela devrait encore en être ainsi. Nous avons là l’origine de la différence essentielle entre le roi, père de la nation et qui aime ses enfants, et nos “Présidents de la République” animés de l’esprit de parti et qui ne défendent que leurs intérêts particuliers ou ceux des loges auxquelles ils sont, dans le monde actuel, nécessairement asservis.

129
Souligné par JP B.


Dans cette Encyclique, Léon XIII conseille de reconsidérer « la conduite à tenir envers la République actuelle ».
Pourquoi ?

C’est un monarchiste convaincu et un authentique Catholique de l’époque, Paul DE PRADEL DE LAMASE, qui nous donne la vraie réponse dans un livre écrit en 1891, Légitimisme et papauté (disponible aux Éditions SAINT-RÉMI (Voir note 1) :
Dans “VRAIS & FAUX Principes & maîtres”, pp. 236 à 238, Louis-Hubert RÉMY (qui souligne dans son texte) reproduisant Paul DE PRADEL DE LAMASE, a écrit:

« Puisque vous n’avez pu sauver votre monarchie, sauvez au moins votre religion », résumait Léon XIII à l’adresse de la France (page 13).

Page 2002 :
« … Léon XIII, par son initiative hardie, a démontré que les concessions, non point à la révolution, mais aux agents souvent inconscients de la révolution, étaient souvent frappées de caducité, comme tous les arrangements qu’on a essayés de passer avec les adeptes du Coran.
« On peut dire qu’il est allé aux extrêmes limites des tentatives de paix. Désormais il ne s’agit plus de lutte entre la république et la monarchie ; deux camps seuls subsistent, celui des catholiques et celui des révolutionnaires, les fidèles de l’évangile et les sectateurs du Talmud avec leurs complices. Toutes les espérances sont permises et toutes les solutions sont à prévoir.
« Si les hommes du gouvernement de Carnot dissimulaient leurs vrais sentiments à l’égard de la promulgation semi-officielle des directions pontificales, par contre, les orléanistes furent atterrés.
« Doit-on dire la présomption, doit-on dire l’outrecuidance, de ces messieurs fut toujours sans borne. Plus dépourvus de religion que nombre de révolutionnaires chez qui la négation la plus audacieuse n’est souvent qu’un masque de la foi refoulée au fond de l’âme, car on ne blasphème point un Dieu auquel on ne croit pas, ils s’imaginaient qu’il suffisait de quelques affirmations de principe pour duper les dépositaires de la religion. Ils s’imaginaient qu’il leur suffisait de promettre leur appui à l’Église, promesse que d’ailleurs ils n’auraient pas tenue, pour déterminer l’Église à maintenir ses forces à leur disposition. Ils furent atterrés et surtout étonnés d’apprendre que leurs intrigues étaient percées à jour et qu’ils n’avaient pas à compter sur les concours du chef de l’Église qui ne comptait pas du tout sur le leur. Ils semblaient s’être complus à exaspérer Léon XIII par des actes qui prouvaient au moins l’extrême maladresse de ces retors qui confondent, sans s’en douter, impudence et diplomatie et pensent que de banales excuses font pardonner toutes leurs fautes.
« IL FUT ÉVIDENT AUX YEUX DE TOUS QUE LA STRATÉGIE POLITICO-RELIGIEUSE DE LÉ0N XIII ÉTAIT DIRIGÉE PRINCIPALEMENT CONTRE LES ORLÉANISTES. Et ceux qui savaient comme moi-même que ce pape était monté sur le trône le cœur plein de bonnes dispositions à leur égard, même du temps du comte de Chambord, en témoignèrent quelque surprise. Ils auraient été moins surpris s’ils avaient réfléchi que leurs princes avaient tout fait pour mettre en défiance contre eux le père des fidèles et pour ulcérer son cœur de pasteur.
(Ici Paul de Lamase fait notamment allusion aux divers mariages princiers de la famille d’Orléans où ne furent points tenus les engagements pris solennellement vis-à-vis du Saint-Siège).
« Le pape était fixé sur les sentiments de cette famille et ne devait plus garder aucun ménagement envers elle »
.


On voit donc, à partir de là, ce qui a dicté au Pape sa Lettre Encyclique : le rétablissement de la monarchie en France n’était à l’époque raisonnablement pas possible ni envisageable du point de vue catholique. Ceux qui disent le contraire se moquent de la Catholicité et ne sont que des ennemis de notre Mère la Sainte Église. Les Orléans, fils de régicide et, probablement tous, francs-maçons, ne sont pas dignes, ni de monter sur le trône de France comme ils le désirent, ni d’y défendre l’Église comme ils n’en ont du reste certainement pas l’intention.
D’autre part, Léon XIII parle nécessairement ici d’une République pouvant être catholique, réellement dirigée par un gouvernement démocratique au sens classique, traditionnel – et catholique – du terme, non par une oligarchie occulte et anti-catholique, qui n’a même rien à voir avec une aristocratie et, de plus, qui est mue par une politique doctrinale (que je n’hésite pas à dire hérétique) : le libéralisme ; oligarchie occulte, donc cachée derrière un gouvernement fantoche à sa merci et à sa solde qui ne possède pas lui-même le pouvoir réel. (A ce sujet, Léon XIII peut avoir manqué d’informations suffisantes sur les circonstances concrètes déterminant notre situation exacte...) En conséquence, je pense que non seulement le Pape ne pouvait pas parler là des Républiques que le malheur des temps nous fait connaître mais, de plus, si celle de cette époque était, somme toute, peu différente des suivantes, Léon XIII espérait, en l’absence de la possibilité d’une restauration monarchique véritablement catholique, une christianisation des institutions nationales par l’effort conjugué des Fidèles français dans le cadre républicain existant de fait. Ceux-ci, comme on le sait, tant les républicains ivres de libéralisme que la majorité des royalistes imbus de leur prétendue supériorité, ont tous fait défection. Et cela n’est pas la faute du Souverain Pontife !...
On a prétendu que le Pape voulait, désirait, que nous changions l’esprit du régime sans chercher à changer le régime lui-même. Mais, justement, changer l’esprit du régime, c’est changer le régime ! Car l’esprit du régime, est l’essence du régime, la forme politico-gouvernementale n’étant qu’accidentelle... (Ce qui n’est pas une raison, si tant est qu’une raison puisse être, pour dénigrer le Pape publiquement comme beaucoup, pour l’insulter, et par écrit s’il vous plait, comme certain dont je possède la lettre à moi adressée... Un fils aimant n’insulte pas son père ou bien, quand ce père est le Pape, il n’est plus son fils !...)


Dans cette Encyclique, “Au milieu des sollicitudes”, Sa Sainteté Léon XIII a écrit:

[...]

Divers gouvernements politiques se sont succédé en France dans le cours de ce siècle, et chacun avec sa forme distinctive : empires, monarchies, républiques. En se renfermant dans les abstractions, on arriverait à définir quelle est la meilleure de ses formes, considérées en elles-mêmes ; on peut affirmer également, en toute vérité, que chacune d’elles est bonne, pourvu qu’elle sache marcher droit à sa fin141, c’est-à-dire le bien commun142, pour lequel l’autorité sociale est constituée ; il convient d’ajouter finalement, qu’à un point de vue relatif, telle ou telle forme de gouvernement peut-être préférab1e, comme s’adaptant mieux au caractère et aux mœurs de telle ou telle nation143. Dans cet ordre d’idées spéculatif, les catholiques, comme tout citoyen, ont pleine liberté de préférer une forme de gouvernement à l’autre144, précisément en vertu de ce qu’aucune de ces formes sociales ne s’oppose, par elle-même, aux données de la saine raison, ni aux maximes de la doctrine chrétienne. Et c’en est assez pour justifier pleinement la sagesse de l’Église alors que, dans ses relations avec les pouvoirs politiques, elle fait abstraction des formes qui les différencient, pour traiter avec eux les grands intérêts religieux des peuples, sachant qu’elle a le devoir d’en prendre la tutelle, au-dessus de tout autre intérêt. Nos précédentes Encycliques ont exposé déjà ces principes ; il était toutefois nécessaire de les rappeler pour le développement du sujet qui nous occupe aujourd’hui.

Que si l’on descend des abstractions sur le terrain des faits, il faut nous bien garder de renier les principes tout à l’heure établis ; ils demeurent inébranlables. Seulement en s’incarnant dans les faits, ils y revêtent un caractère de contingence, déterminé par le milieu où se produit leur application. Autrement dit, si chaque forme politique est bonne par elle-même, et peut être appliquée au gouvernement des peuples, en fait, cependant on ne rencontre pas chez tous les peuples le pouvoir politique sous une même forme ; chacun possède la sienne propre 145. [...]


141
Précisément, aujourd’hui (en d’autres temps, il en allait peut-être différemment) notre 5ème République qui, dans le second article de sa constitution, se proclame LAÏQUE, c’est-à-dire sans Dieu mais avec tout ce que cette négation comporte et signifie à Son égard, notre 5ème République, essentiellement pour cette raison, ne peut pas marcher droit à sa fin.

142
Il est important, non pour Léon XIII qui savait pertinemment ce que signifie l’expression “bien commun” mais pour le lecteur actuel, de préciser le sens exacte de cette expression. Saint Thomas d’Aquin, maître philosophique incontestable et, du reste, obligatoire pour tout fidèle catholique, enseigne que le bien commun se subdivise :
  1. en “bien commun temporel” qui est “la vie vertueuse de la multitude” et existe en vue du ;

  2. bien commun spirituel” qui est “le Salut éternel du plus grand nombre”.
    (Nos républiques modernes assurent-elles “la vie vertueuse de la multitude” et prédisposent-elles au “Salut éternel du plus grand nombre” ? Certainement pas ! Qui pourrait, qui oserait répondre positivement ? C’est tout le contraire que l’on trouve…) Il n’y a rien, donc, dans le bien commun, d’un bonheur uniquement matériel quoique celui-ci, dans une certaine mesure, c’est-à-dire dans la mesure ou il enlève les obstacles d’une vie trop pénible, puisse contribuer aussi, pour sa petite part, à cette prédisposition du plus grand nombre au Salut éternel.

Nous ne devons donc pas oublier, en lisant ces mots de Léon XIII, d’une part ce qu’ils signifient exactement, d’autre part, le fait que le Pape en connaissait l’exacte signification et, enfin, surtout le fait que, concrètement, nos diverses républiques qui ne visent pour leurs administrés qu’un bonheur uniquement matériel (et encore : quand ce n’est pas uniquement celui de ceux qui les dirigent secrètement en fait...), ne leur procurent, pour cette raison, nullement ce fameux bien commun. Seul un roi, en France, pourra le faire, parce que seul un roi, en France, pourra être catholique. Que ceux qui prétendent le contraire nous montrent un seul de nos Présidents de la République ou de nos premiers ministres, dans toute la suite de notre Histoire, qui n’ait pas été, depuis le premier jusqu’au dernier (et je ne parle pas de ceux qui étaient ouvertement F... M...) à la merci et à la solde des loges...


143
Il n’est donc pas illégitime, pour la France, en raison des circonstances historiques [et] nationale qui ont fait de ce pays, pendant quinze siècles, un royaume (voir, dans le texte de Léon XIII, le paragraphe suivant) de lui préférer la forme gouvernementale monarchique. Cela, en vertu des paroles mêmes de Léon XIII et en raison des « lois traditionnelles et même fondamentales » de notre Nation, qui remontent à Clovis et non à la Révolution. Les lois de celle-ci ne sont pas traditionnelles mais révolutionnaires, précisément, et non fondamentales mais illégitimes.

144
S’il n’est donc pas illégitime, comme je le disais dans la note précédente, de préférer pour la France la forme gouvernementale monarchique, il faut encore ajouter que, de plus, les catholiques [que nous sommes] comme tout citoyen, ont pleine liberté de préférer [cette] forme de gouvernement à l’autre...

145
Voilà pourquoi en France, comme l’expérience de quinze siècles bénis le démontre, – malgré les ombres et celles de deux siècles moralement désastreux et malgré les progrès matériels – la monarchie est la forme de gouvernement particulièrement et fondamentalement adaptée à notre Nation.



A suivre :

Quand la destruction de tout l’ordre naturel et surnaturel est manifestement le but...

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)


Dernière édition par JP B le Sam 22 Mar - 10:57, édité 2 fois (Raison : 1 : Correction d'une balise in d'italique erronée ; 2 : Correction de la référence erronée de la note 145.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Lun 17 Mar - 23:02

Quand la destruction de tout l’ordre naturel et surnaturel est manifestement le but que se sont fixé de nouveaux gouvernements, l’instauration et le maintien de ceux-ci ne sont en rien justifiés.
Or la destruction de l’ordre naturel lui-même est, aux yeux des révolutionnaires, rendu nécessaire comme le démontrent l’histoire et les faits actuels, pour parvenir à la destruction de l’ordre surnaturel. C’est ce qui c’est passé en France avec la Révolution.

Il faut bien comprendre que, pour les révolutionnaires et dans l’esprit des sectes, après le solve (dissous, détruis) il y a le coagula ( coagule [rassemble, rebâtis]) : « Solve et coagula ». (“En premier, dissous [détruis] et ensuite, coagule [rassemble, rebâtis]”.)

Les différents régimes issus de la Révolution, sont tous révolutionnaires, précisément, dans leur ESSENCE parce que basé sur des principes révolutionnaires tels les fameux droits de l’Homme qui ne sont autre chose que la négation des droits de Dieu.
Les anciennes monarchies (ou républiques antiques) païennes, qui reconnaissaient un pouvoir divin ou quasi-divin à leurs chefs, n’étaient pas, quoique idolâtres, révolutionnaires dans leur essence car :
  • N’ayant pas connue la Vérité Evangélique, elles n’étaient pas apostates, donc, elles étaient moins gravement pécheresses ;

  • Surtout, elles reconnaissaient qu’au-dessus des hommes (gouvernés comme gouverneurs) il y avait la (ou les) divinité(s) qui donnai(en)t l’autorité aux gouverneurs.

C’est cela l’essence de la Révolution : elle n’est pas le rejet de l’ordre public établi ni la violence des bains de sang mais la reconnaissance du principe erroné selon lequel l’autorité viendrait de l’Homme lui-même ; non pas seulement dans les faits (comme avec un Empereur romain, par exemple, qui d’homme qu’il est en réalité, se proclame dieu et se donne ainsi, d’une manière erronée, lui-même l’autorité, tandis que dans le principe, il affirme bien, de cette façon, que l’autorité vient de la divinité – qu’il s’attribue indûment, j’en conviens) mais surtout dans les principes car, avec la société révolutionnaire, il n’y a rien au-dessus de l’Homme et c’est de lui-même gouverné comme gouverneur, en tant qu’Homme (et non de l’un de ses semblables qui se fait dieu) que viendrait donc l’autorité que, s’il ne reconnaît pas comme venant exclusivement de lui, il se croit en droit de refuser. Ce n’est que consécutivement à ce principe qu’il rejette la monarchie en général et particulièrement la monarchie héréditaire. En un mot, la révolution n’est pas directement politique, ce n’est là qu’une conséquence ; elle est essentiellement doctrinale.

Dans La Révolution Française, p. 1, ROGER et CHERNOVIZ, édit., 1889 (cité dans le “POUR QU’IL RÈGNE”, p. 87 de l’édition bleue de 1970 et 121 de l’édition rouge CLC)
Mgr FREPPEL a écrit:

Il serait téméraire de prétendre que la Révolution est arrivée à ses dernières conséquences et qu’elle a parcouru un cycle désormais fermé ; il serait plus juste de penser que, loin d’avoir atteint son terme, elle poursuit sa marche, allant d’une étape à l’autre... Si tout s’était borné, en 1789 et en 1793, à renverser une dynastie, à substituer une forme de gouvernement à une autre, il n’y aurait eu là qu’une de ces catastrophes dont l’histoire nous offre maint exemple. Mais la Révolution a un tout autre caractère : elle est une doctrine ou, si l’on aime mieux, un ensemble de doctrines, en matières religieuse, philosophique, politique, sociale. Voilà ce qui lui donne sa véritable portée et c’est à ces divers points de vue qu’il convient de se placer pour la juger, en elle-même et dans son influence sur les doctrines de la nation française, comme aussi sur la marche générale de la civilisation.

(Souligné en gras par JP B.)

En conséquence, un Catholique doit nécessairement être opposé à tous les régimes basés sur cette doctrine, serait-ce des régimes monarchiques – cela peut exister et, d’ailleurs, cela existe avec les monarchies constitutionnelles modernes (anglaise, belge, suédoise, etc., même française avec un Louis-Philippe).

Les sociétés révolutionnaires modernes (qui se proclament laïques comme notre 5ème République, c’est-à-dire qui proclament que Dieu n’existe pas, qu’il n’y a pas de Dieu puisque, ayant connu le vrai Dieu, elles ne peuvent plus se tromper de Dieu) sont énormément pires (car l’apostasie est pire que l’erreur) que les sociétés païennes antiques qui, n’ayant pas connu le vrai Dieu, se trompaient certes de Dieu mais confessaient, même si c’était par l’intermédiaire d’une foule ridicule de dieux, l’existence de la divinité laquelle, si parfois c’était un homme, se trouvait toujours, par principe, au-dessus des hommes. Non, franchement, on ne peut décemment pas collaborer avec les sociétés révolutionnaires modernes.

Il faut comprendre que le Consulat et l’Empire, en rétablissant la paix publique, ont SAUVÉ la Révolution qui se serait éteinte dans les bains de sang en fatiguant par là l’ensemble de la population.

Voici ce que disait Napoléon BONAPARTE, au soir de l’assassinat du Duc d’Enghien, selon Thiers (Histoire du Consulat et de l’Empire) : « On veut détruire la Révolution (le “R” majuscule est d’origine...) Mais je la défendrai, car je suis la Révolution, moi ! »
Et Jules FERRY (discours du 5 septembre 1880) : « Nous vous convions à soutenir avec nous le combat de tous ceux qui procèdent de la Révolution (le “R” majuscule est d’origine...), de tous ceux qui ont recueilli son héritage... »
Quant à Viviani (Député puis Ministre du travail en 1906, de l’Instruction publique en 1913 avant de devenir Président de Conseil en 1914) dans son discours du 15 février 1901 : « Nous sommes chargés de préserver de toute atteinte le patrimoine de la Révolution (le “R” majuscule est d’origine...) ! »

Jean DE FABRÈGUES, de son côté, en pages 64 à 66 de “La Révolution ou la foi”, « note excellemment : “C’est André MALRAUX qui a écrit un jour une courte phrase qui explique toute notre époque. La voici : ‘La Révolution joue aujourd’hui le rôle que joua la vie éternelle...’ La Révolution est explication du monde, de son mouvement, de son rythme ; elle en donne le sens, le but ; elle en est l’espoir et elle en sera l’achèvement... La Révolution est Rédemption, elle est aussi création, ‘nouvelle création’ du monde. Le monde d’‘après’ ne sera plus celui d’‘avant’... La Révolution engendre non seulement des rapports nouveaux entre les hommes, un monde nouveau, mais très exactement aussi un homme nouveau. Entre la Foi et cette notion de la Révolution absolue, il n’y a ni compromission, ni composition possibles : elles s’excluent puisqu’elles sont toutes deux des explications du monde et des re-créations de l’homme et qui s’opposent diamétralement”. » (“POUR QU’IL RÈGNE”, p. 89 de l’édition bleue de 1970 – non cité dans l’édition rouge CLC. – Souligné en gras par JP B.)

Dans “La Révolution, Recherches historiques”, t. I, p. 18, Lille (Secrétariat Société Saint-Paul, 1887)
Mgr GAUME a écrit:

Si, arrachant son masque, vous lui demandez (à la Révolution) : qui es-tu ? elle vous dira :

Je ne suis pas ce que l’on croit. Beaucoup parlent de moi et bien peu me connaissent. Je ne suis ni le carbonarisme... ni l’émeute... ni le changement de la monarchie en république, ni la substitution d’une dynastie à une autre, ni le trouble momentané de l’ordre public. Je ne suis ni les hurlements des Jacobins, ni les fureurs de la Montagne, ni le combat des barricades, ni le pillage, ni l’incendie, ni la loi agraire, ni la guillotine, ni les noyades. Je ne suis ni Marat, ni Robespierre, ni Babœuf, ni Mazzini, ni Kossuth. Ces hommes sont mes fils, ils ne sont pas moi. Ces choses sont des faits passagers et moi je suis un état permanent.

Je suis la haine de tout ordre que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n'est pas roi et Dieu tout ensemble
. Je suis la proclamation des droits de l’homme sans souci des droits de Dieu. Je suis la fondation de l’état religieux et social sur la volonté de l’homme au lieu de la volonté de Dieu. Je suis Dieu détrôné et l’homme à sa place (l’homme devenant lui-même sa fin). Voilà pourquoi je m’appelle Révolution, c’est-à-dire renversement...


(Souligné en gras ou d’un trait par JPB.)

Et c’est à propos de ces pourris de révolutionnaires que l’on voudrait nous faire croire que Léon XIII aurait voulu que nous les suivions de jure et non seulement de facto ! Au diable de tels conseils pernicieux !...



A suivre

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: Pour Dieu et pour le Roy   Mar 18 Mar - 18:35

Dans son Encyclique, “Au milieu des sollicitudes”, Sa Sainteté le Pape Léon XIII a écrit:

[...]

En conséquence, jamais on ne peut approuver des points de législation qui soient hostiles à la religion et à Dieu ; c’est, au contraire, un devoir de les réprouver. C’est ce que le grand évêque d’Hippone, saint Augustin, mettait eu parfaite lumière dans ce raisonnement plein d’éloquence : « Quelquefois, les puissances de la terre sont bonnes et craignent Dieu ; d’autres fois, elles ne le craignent pas. Julien était un empereur infidèle à Dieu, un apostat, un pervers, un idolâtre. Les soldats chrétiens servirent cet empereur infidèle. Mais, dès qu’il s’agissait de la cause de Jésus-Christ, ils ne reconnaissaient que celui qui est dans le ciel. Julien leur prescrivait-il d’honorer les idoles et de les encenser ? Ils mettaient Dieu au-dessus du prince. Mais, leur disait-il, formez vos rangs pour marcher contre telle nation ennemie ? à l’instant ils obéissaient. Ils distinguaient le Maître éternel du maître temporel et cependant en vue du Maître éternel, ils se soumettaient même à un tel maître temporel (179). » Nous le savons, l’athée, par un lamentable abus de sa raison et plus encore de sa volonté 180, nie ces principes. Mais en définitive, l’athéisme est une erreur si monstrueuse qu’elle ne pourra jamais, soit dit à l’honneur de l’humanité, y anéantir la conscience des droits de Dieu pour y substituer l’idolâtrie de l’État. 181

179
Aliquando... potestates bonæ sunt, et timent Deum ; aliquando non timent Deum. Julianus extilit infidelis imperator, extitit apostata, iniquus idolatra : milites christiani servierunt Imperatori infideli : ubi veniebatur ad causam Christi, non agnoscebant nisi Illum qui in cœlis erat. Si quando volebat ut idola – colerent, ut thurificarent, prœponebant illi Deum : quando autem dicebat, producite aciem, ite contra illam gentem, statim obtemperabant. Distinguebant Dominum æternum, a domino temporali ; et tamen subdili erant propter Dominum æternum, etiam domino temporali.
(In Psalm., CXXIV, n. 7. fin.)

180
Souligné par JP B.

181
On voit que Léon XIII n’a pas connu le monde soviétique ou identique, ni celui de l’Allemagne nazie... Tous deux (soit dit en passant pour souligner la chose qui le mérite bien) inspirés fondés et financés par la juiverie internationale, du même nom que l’hymne communiste. (Note de JP B.)


Les principes qui doivent régler notre conduite envers Dieu et envers les gouvernements humains étant ainsi définis, aucun homme impartial ne pourra accuser les catholiques français182, si, sans épargner ni fatigues ni sacrifices, ils travaillent à conserver à leur patrie ce qui est pour elle une condition de salut, ce qui résume tant de traditions glorieuses enregistrées par l’histoire, et que tout Français a le devoir de ne pas oublier.
182
Oui, le Pape a là bien raison et nous ne pouvons qu’être entièrement soumis à ce conseil (après, toutefois, la reconnaissance de la malice intrinsèque de la République elle-même et la perversité de ses promoteurs) : Malgré cette malice intrinsèque de la République elle-même et la perversité de ses promoteurs qu’il faut (fallait) reconnaître et s’y opposer dans la mesure du possible et dans les limites des règles catholiques, tous les Catholiques français doivent (auraient dû) reconnaître également le fait du pouvoir établi de cette République que nous ne pouvons directement et systématiquement combattre sans d’énormes inconvénients et sans l’exacte observance des principes édictés par le Docteur commun sur cette matière, tous les Catholiques français, dis-je, doivent (auraient dû) rester unis pour « conserver à leur patrie ce qui est pour elle une condition de salut ». (Idem.)

Avant de terminer notre Lettre, Nous voulons toucher à deux points connexes entre eux, et qui, se rattachant de plus près aux intérêts religieux, ont pu susciter parmi les catholiques quelque division.

L’un d’eux est le Concordat qui, pendant tant d’années, a facilité en France l’harmonie entre le gouvernement de l’Église et celui de l’État. Sur le maintien de ce pacte solennel et bilatéral toujours fidèlement observé de la part du Saint-Siège, les adversaires de la re1igion catholique eux-mêmes ne s’accordent pas.

Les plus violents voudraient son abolition, pour laisser à l’État toute liberté de molester l’Eglise de Jésus-Christ.

D’autres, au contraire, avec plus d’astuces veulent, ou du moins assurent vouloir la conservation du Concordat : non pas qu’ils reconnaissent à l’État le devoir de remplir envers l’Église les engagements souscrits, mais uniquement pour le faire bénéficier des concessions faites par l’Église ; comme si l’on pouvait à son gré séparer les engagements pris des concessions obtenues, alors que ces deux choses font partie substantielle d’un seul tout. Pour eux, le Concordat ne resterait donc que comme une chaîne propre à entraver la liberté de l’Église, cette liberté sainte à laquelle elle a un droit divin et inaliénable.

De ces deux opinions, laquelle prévaudra ? Nous l’ignorons. Nous avons voulu seulement le rappeler, pour recommander aux catholiques de ne pas provoquer de scission sur un sujet dont il appartient au Saint-Siège de s’occuper.

Nous ne tiendrons pas le même langage sur l’autre point, concernant le principe de la séparation de l’État et de l’Église, ce qui équivaut à séparer la législation humaine de la législation chrétienne et divine. Nous ne voulons pas nous arrêter à démontrer ici tout ce qu’a d’absurde la théorie de cette séparation ; chacun le comprendra de lui-même. Dès que l’État refuse de donner à Dieu ce qui est à Dieu, il refuse, par une conséquence nécessaire, de donner aux citoyens ce à quoi ils ont droit comme hommes ; car, qu’on le veuille ou non, les vrais droits de l’homme naissent précisément de ses devoirs envers Dieu. D’où il suit que l’État, en manquant, sous ce rapport, le but principal de son institution, aboutit en réalité à se renier lui-même et à démentir ce qui est la raison de sa propre existence. Ces vérités supérieures sont si clairement proclamées par la voix même de la raison naturelle, qu’elles s’imposent à tout homme que n’aveugle pas la violence de la passion.

Les catholiques, en conséquence, ne sauraient trop se garder de soutenir une telle séparation. En effet, vouloir que l’État se sépare de l’Eglise, ce serait vouloir, par une conséquence logique, que l’Église fût réduite à la liberté de vivre selon le droit commun à tous les citoyens.

Cette situation, il est vrai se produit dans certains pays. C’est une manière d’être qui, si elle a ses nombreux et graves inconvénients, offre aussi quelques avantages, surtout quand le législateur, par une heureuse inconséquence, ne laisse pas que de s’inspirer des principes chrétiens ; et ces avantages, bien qu’ils ne puissent justifier le faux principe de la séparation, ni autoriser à le défendre, rendent cependant digne de tolérance un état de choses qui, pratiquement, n’est pas le pire de tous.

Mais en France, nation catholique par ses traditions et par la foi présente de la grande majorité de ses fils, l’Église ne doit pas être mise dans la situation précaire qu’elle subit chez d’autres peuples. Les catholiques peuvent d’autant moins préconiser la séparation, qu’ils connaissent mieux les intentions des ennemis qui la désirent. Pour ces derniers, et ils le disent assez clairement, cette séparation c’est l’indépendance entière de la législation politique envers la législation religieuse ; il y a plus, c’est l’indifférence absolue du pouvoir à l’égard des intérêts de la société chrétienne, c’est-à-dire de l’Église, et la négation même de son existence. — Ils font cependant une réserve qui se formule ainsi : Dès que l’Église, utilisant les ressources que le droit commun laisse aux moindres des Français, saura, par un redoublement de son activité native, faire prospérer son œuvre, aussitôt l’État intervenant pourra et devra mettre les catholiques français hors du droit commun lui-même.
Pour tout dire, en un mot, l’idéal de ces hommes serait le retour au paganisme : l’État ne reconnaît l’Église qu’au jour où il lui plaît de la persécuter.

Nous avons expliqué, Vénérables Frères, d’une manière abrégée mais nette, sinon tous, au moins les principaux points sur lesquels les catholiques français et tous les hommes sensés doivent pratiquer l’union et la concorde, pour guérir, autant qu’il est possible encore, les maux dont la France est affligée, et pour relever même sa grandeur morale. Ces points sont : la religion et la patrie, les pouvoirs politiques et la législation, la conduite à tenir à l’égard de ces pouvoirs et à l’égard de cette législation, le concordat, la séparation de l’État et de l’Église.

Nous nourrissons l’espoir et la confiance que l’éclaircissement de ces points dissipera les préjugés de plusieurs hommes de bonne foi, facilitera la pacification des esprits, et par elle l’union parfaite de tous les catholiques, pour soutenir la grande cause du Christ qui aime les Francs.
Quelle consolation pour Notre cœur, de vous encourager dans cette voie, et de vous contempler tous, répondant docilement à Notre appel ! — Vous, Vénérables Frères, par Votre autorité, et avec le zèle si éclairé pour l’Église et la Patrie qui Vous distingue, Vous apporterez un puissant secours à cette œuvre pacificatrice, — Nous aimons même à espérer que ceux qui sont au pouvoir voudront bien apprécier Nos paroles, qui visent à la prospérité et au bonheur de la France.
En attendant, comme gage de Notre affection paternelle, Nous donnons à Vous, Vénérables Frères, à Votre Clergé, ainsi qu’à tous les catholiques de France, la Bénédiction Apostolique.

Donné à Rome, le 16 février de l’année 1892, de Notre Pontificat 1a quatorzième.


LÉON XIII, PAPE.


Tiré des Actes de Léon XIII ; Tome III, Lettres Apostoliques (Encycliques, Brefs, etc.) ;
ÉDITION DES QUESTIONS ACTUELLES ; Imprimerie Paul Féron-Vrau – 5, rue Bayard – PARIS VIIIème ;
pages 112 à122.


A suivre :


Dans cette Encyclique, le Pape Léon XIII a donc bien...

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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