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 La Religion peut-elle être intolérante et extrémiste ?

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JP B
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MessageSujet: La Religion peut-elle être intolérante et extrémiste ?   Ven 9 Fév - 17:02

Il convient, avant de traiter de la question qui fait le titre du présent fil, de définir exactement et de considérer ce qu’est la Religion.

Or, la Religion est, pour toutes les religions sous toutes les latitudes et à toutes les époques, la relation qui relie Dieu, ou ce que l’on considère comme Dieu voire les dieux, aux hommes qui observent « leur religion ».
Que Dieu soit considéré objectivement comme un être transcendant et absolument distinct de l’univers qu’Il a créé, ou que ce que l’on considère comme Dieu voire les dieux soit (soient) subjectivement considéré(s) – comme des inventions de l’homme, donc – cela n’a pour l’instant, pas d’importance immédiate dans la définition de la Religion qui vient d’être donnée ici.

Or, si donc la Religion est, pour toutes les religions sous toutes les latitudes et à toutes les époques, la relation qui relie Dieu, ou ce que l’on considère comme Dieu voire les dieux, aux hommes qui observent « leur religion », que Dieu soit considéré objectivement comme un être transcendant et absolument distinct de l’univers qu’Il a créé, ou que ce que l’on considère comme Dieu voire les dieux soit (soient) subjectivement considéré(s) – comme des inventions de l’homme, donc – ce Dieu (ou ces dieux), pour être tel(s), est (sont) nécessairement, d’une condition sine qua non, infini(s) et absolu(s). Sinon, il ne s’agit pas de Dieu (ou des dieux).

Il s’ensuit que la Religion, qui relie Dieu, ou ce que l’on considère comme Dieu voire les dieux, aux hommes qui observent « leur religion », est nécessairement elle-même absolue en tant que religion et donc obligatoirement intolérante et, par voie de conséquence, extrémiste. Sinon ce n’est pas une religion, qui relie Dieu, ou ce que l’on considère comme Dieu voire les dieux, aux hommes, mais de simples observances décidées subjectivement par ceux-ci, observances qui n’ont aucun caractère de stabilité ni donc d’inviolabilité.


Objections
 :
  1. La vertu se trouve dans un juste milieu, lequel exclut toute intolérance et extrémisme.

  2. L’intolérance et l’extrémisme relèvent du fanatisme digne du djihadisme islamique.

Réponses
 :
dans les prochains messages.

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Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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JP B
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MessageSujet: Re: La Religion peut-elle être intolérante et extrémiste ?   Sam 10 Fév - 14:48

Première objection : La vertu se trouve dans un juste milieu, lequel exclut toute intolérance et extrémisme.

Pour répondre à cette objection, il sera tout d’abord cité le texte suivant que nous avons trouvé dans les écrits de Monsieur l’abbé Hervé BELMONT (celui-ci n’en est cependant pas l’auteur dont ignorons l’identité) :
Citation :

[…] vous avez parfois entendu justifier la médiocrité ou la lâcheté par cette explication facile : « c’est le juste milieu, il faut fuir les extrêmes ». À l’inverse, des esprits ingouvernables se disculpent en exprimant un grand mépris pour quiconque s’efforce de discerner quelle est la bonne mesure avec laquelle il faut traiter chaque chose. Il est donc un peu difficile de s’y reconnaître, et c’est à cela que je voudrais vous aider aujourd’hui.

In medio stat virtus
, dit l’adage scolastique : la vertu se tient dans le [juste] milieu. Voilà un principe qui est vrai, mais qu’il importe de bien comprendre.

Il trouve sa première expression chez Aristote (quatrième siècle avant Jésus-Christ), Aristote le philosophe qui a usé de la raison humaine avec une hauteur et une justesse inégalées – inégalées sans le secours de la foi, bien sûr. Voici donc ce qu’il écrit à Nicomaque (dont on ne sait s’il s’agit de son père ou de son fils) :
Citation :
Ainsi tout homme prudent fuit l’excès et le défaut, recherche la bonne mesure et lui donne la préférence, mesure établie non relativement à l’objet, mais par rapport à nous.

De même toute connaissance remplit bien son office, à condition d’avoir les yeux sur une juste moyenne et de s’y référer pour ses actes. C’est ce qui fait qu’on dit généralement de tout ouvrage convenablement exécuté qu’on ne peut rien lui enlever, ni rien lui ajouter, toute addition et toute suppression ne pouvant que lui enlever de sa perfection et de cet équilibre parfait la conservant. Ainsi encore les bons ouvriers œuvrent toujours les yeux fixés sur ce point d’équilibre.

Ajoutons encore que la vertu, de même que la nature, l’emporte en exactitude et en efficacité sur toute espèce d’art ; dans de telles conditions, le but que se propose la vertu pourrait bien être une sage mesure. Je parle de la vertu morale qui a rapport avec les passions et les actions humaines, lesquelles comportent excès, défaut et sage mesure.

Par exemple, les sentiments d’effroi, d’assurance, de désir, de colère, de pitié, enfin de plaisir ou de peine peuvent nous affecter ou trop ou trop peu, et d’une manière défectueuse dans les deux cas. Mais si nous éprouvons ces sentiments au moment opportun, pour des motifs satisfaisants, à l’endroit de gens qui les méritent, pour des fins et dans des conditions convenables, nous demeurerons dans une excellente mesure, et c’est là le propre de la vertu : de la même manière, on trouve dans les actions excès, défaut et juste mesure. Ainsi donc la vertu se rapporte aux actions comme aux passions. Là l’excès est une faute et le manque provoque le blâme ; en revanche, la juste mesure obtient des éloges et le succès, double résultat propre à la vertu.

La vertu est donc une sorte de milieu, puisque le but qu’elle se propose est un équilibre entre deux extrêmes. (…) La vertu est donc une disposition acquise volontaire, consistant par rapport à nous, dans la mesure, définie par la raison conformément à la conduite d’un homme réfléchi. Elle tient le juste milieu entre deux extrémités fâcheuses, l’une par excès, l’autre par défaut.

[…]

La première chose à remarquer est qu’Aristote attribue la qualité de juste mesure à la vertu
, et pas du tout à la vérité
 [1]. La vérité n’est pas dans un juste milieu – cela n’a pas de sens – parce que la vérité est ce qu’elle est : fondamentalement elle existe en dehors de nous et avant nous. Il n’y a pas de mesure dans la vérité parce que c’est la vérité qui nous mesure.

Au contraire, nous devons mesurer notre action, la proportionner à son objet, à son but et aux circonstances ; plus encore nous devons la proportionner à notre fin dernière : et c’est là qu’intervient nécessairement la vertu. Ainsi, même si la vérité n’est pas mesurée par nous, nous devons apporter une juste mesure (de justice, de gravité, d’opportunité) dans notre énonciation de la vérité.

La seconde chose à remarquer est qu’Aristote ne connaissait pas l’ordre surnaturel : il ignorait que Dieu peut infuser dans l’âme des vertus qui atteignent directement Dieu, vertus qu’on appelle pour cela théologales : la foi, l’espérance et la charité. Et il ignorait plus encore que de fait Dieu les infuse par le sacrement de Baptême et par la contrition parfaite. Dans ces vertus théologales, il n’y a pas de juste milieu parce qu’il n’y a pas d’excès possible : on ne peut trop croire en Dieu, ni trop espérer en lui, ni trop l’aimer. L’objet est infiniment bon et dépasse totalement nos capacités. C’est ce qui faisait dire à saint Bernard : « la mesure d’aimer Dieu, c’est de l’aimer sans mesure. »

La troisième chose à remarquer, c’est que le milieu en lequel consiste la vertu n’est pas un milieu de médiocrité, une sorte de moyenne entre le bien et le mal :
cela n’aurait rien de vertueux, ce serait un vice se faisant illusion, une exécrable hypocrisie. Ce milieu est une mesure, une proportion, qui fait éviter deux maux opposés (et complices), l’un par excès et l’autre par défaut. L’un de ces défauts est la négation de la vertu, l’autre en est la caricature (et l’on passe facilement de l’un à l’autre). Ainsi, si l’on parle de la si nécessaire vertu de force (vertu d’une vie énergique, courageuse et persévérante) la mollesse est négation, la brutalité est caricature ; la peur (à laquelle on cède déraisonnablement) est négation, la témérité est caricature ; l’inconstance est négation, l’entêtement est caricature, la faiblesse est négation, la dureté est caricature.

Et il en est ainsi de toutes les vertus morales, qui doivent être dirigées par la première d’entre elles : la prudence, à laquelle il revient d’apporter cette juste mesure – qu’elle conquiert en ordonnant tout à notre fin dernière, fin dernière qui est l’objet direct des vertus théologales.

Pardonnez-moi d’avoir été un peu long, mais je crois qu’il est important d’avoir une notion exacte du juste milieu, afin d’éviter la médiocrité de l’âme et la témérité de l’esprit, qui sont deux vices ravageurs.
[…]

  1. Or, la Religion, qui relie Dieu, ou ce que l’on considère comme Dieu voire les dieux, aux hommes qui observent « leur religion », doit nécessairement, pour être vraie, précisément, et ne pas être une fausse religion, s’attacher à la seule Vérité et non à quelque(s) erreur(s) imaginée(s) par l’homme ou suggérée(s) par quelque esprit trompeur. Il importe donc que la Religion, pour être véritable, relie l’homme, non pas à un (ou des) faux dieu(x) mais au véritable Dieu (qui est nécessairement unique car il est infini – sinon ce n’est pas Dieu – et s’il y a plusieurs dieux, chacun d’eux limite les autres qui ne sont donc pas infinis). Nous reparlerons de la nécessité d’adhérer au seul vrai Dieu… (Note de JP B qui souligne, dans cette citation, en gras ou/et d’un trait, les italiques étant d’origine dans le texte de l’abbé BELMONT.)

Cela dit, comme nous venons de le voir, il importe de s’attacher à la seule Vérité et non à quelque(s) erreur(s) imaginée(s) par l’homme ou suggérée(s) par quelque esprit trompeur.
À ce propos, à propos de la seule Vérité, dans le cadre du présent fil qui traite de l’intolérance et de l’extrémisme, il sera maintenant cité ces extraits d’un sermon prononcé par le Cardinal Louis-Édouard PIE en la cathédrale de Chartres, dont il était vicaire (puis vicaire général le 4 janvier 1843 et vicaire général du diocèse en 1845 avant d’être nommé évêque de Poitiers par Sa Sainteté le Pape Pie IX le 28 septembre 1849), sermon prêché en 1841 et 1847 sur l’intolérance doctrinale, et tiré des « Œuvres sacerdotales du Cardinal Pie, Choix de sermons et d’instructions de 1839 à 1849 », Tome I (Paris/Poitiers, H. Oudin, 1891), pp. 357 à 360 et 364-365 :
Citation :

[…]

Notre siècle crie : Tolérance ! tolérance ! Il est convenu qu'un prêtre doit être tolérant, que la religion doit être tolérante. M. F., en toutes choses rien n'égale la franchise ; et je viens vous dire sans détour qu'il n'existe au monde qu'une seule société qui possède la vérité, et que cette société doit nécessairement être intolérante. Mais, avant d'entrer en matière, pour nous bien entendre, distinguons les choses, convenons du sens des mots et ne confondons rien.

La tolérance peut être ou civile ou théologique ; la première n'est pas de notre ressort, je ne me permets qu'un mot à cet égard. Si la loi veut dire qu'elle permet toutes les religions parce qu'à ses yeux elles sont toutes également bonnes, ou même encore parce que la puissance publique est incompétente à prendre un parti sur cette matière, la loi est impie et athée ; elle professe, non plus la tolérance civile telle que nous allons la définir, mais la tolérance dogmatique, et, par une neutralité criminelle, elle justifie dans les individus l'indifférence religieuse la plus absolue. Au contraire, si, reconnaissant qu'une seule religion est bonne, elle supporte et permet seulement le tranquille exercice des autres, la loi en cela, comme on l'a observé avant moi, peut être sage et nécessaire selon les circonstances. […] Mais je laisse de côté ce champ hérissé de difficultés, et, m'attachant à la question proprement religieuse et théologique, j'exposerai ces deux  principes :
  1. La religion qui vient du ciel est vérité, et elle est intolérante
    envers les doctrines,


  2. La religion qui vient du ciel est charité, et elle est pleine de tolérance envers les personnes.
Prions Marie de venir à notre aide, et d'invoquer pour nous l'Esprit de vérité et de charité: Spiritum veritalis et pacis. Ave Maria.

  1. Il est de l'essence de toute vérité de ne pas tolérer le principe contradictoire. L'affirmation d'une chose exclut la négation de cette mémo chose, comme la lumière exclut les ténèbres. Là où rien n'est certain, où rien n'est défini, les sentiments peuvent être partagés, les opinions peuvent varier. Je comprends et je demande la liberté dans les choses douteuses : ln dubiis libertas. Mais dès que la vérité se présente avec les caractères certains qui la distinguent, par cela même qu'elle est vérité, elle est positive, elle est nécessaire, et, par conséquent, elle est une et intolérante : In necessariis unitas. Condamner la vérité à la tolérance, c'est la forcer au suicide. L'affirmation se tue, si elle doute d'elle-même; et elle doute d'elle-même, si elle laisse indifféremment la négation se poser à côté d'elle. Pour la vérité, l'intolérance c'est le soin de la conservation, c'est l'exercice légitime du droit de propriété. Quand on possède, il faut défendre, sous peine d'être bientôt entièrement dépouillé.

    Aussi, mes Frères, par la nécessité même des choses, l'intolérance est partout, parce que partout il y a bien et mal, vrai et faux, ordre et désordre ; partout le vrai ne supporte pas le faux, le bien exclut le mal, l'ordre combat le désordre. Quoi de plus intolérant, par exemple, que cette proposition : 2 et 2 font 4 ? Si vous venez me dire que 2 et 2 font 3, ou que 2 et 2 font 5, je vous réponds que 2 et 2 font 4. Et si vous me dites que vous ne contestez point ma façon de compter, mais que vous gardez la vôtre, et que vous me priez d'être aussi indulgent envers vous que vous l'êtes envers moi ; tout en demeurant convaincu que j'ai raison et que vous avez tort, à la rigueur je me tairai peut-être, parce qu'après tout il m'importe assez peu qu'il y ait sur la terre un homme pour lequel 2 et 2 font 3 ou 5.

    […] s'il s'agit de la vérité religieuse, enseignée ou révélée par Dieu lui-même ; s'il y va de votre avenir éternel et du salut de mon âme, dès lors plus de transaction possible. Vous me trouverez inébranlable, et je devrai l'être. C'est la condition de toute vérité d'être intolérante ; mais la vérité religieuse étant la plus absolue et la plus importante de toutes les vérités, est par conséquent aussi la plus intolérante et la plus exclusive.

[…]




(Source: http://www.liberius.net/livres/OEuvres_sacerdotales_du_cardinal_Pie_(tome_1)_000000744.pdf, pp. 399 à 407 du document PDF. Souligné en gras ou/et d’un trait par JP B.)

On aura compris, espérons-le,
  1. que le fameux « juste milieu » ou, plus exactement, la « juste mesure » ne concerne que les actes, les passions ou les sentiments, qui doivent être vertueux, et non la Vérité doctrinale de la Religion ;

  2. que la Vérité doctrinale, elle, est nécessairement (d’une condition sine qua non) OBJECTIVE et obligatoirement intolérante sous peine de ne pas être la Vérité mais une (ou des) simple(s) opinion(s) SUBJECTIVE(S). Étant intolérante, elle est tout autant “extrémiste” aux yeux des libéraux (qui admettent également « la “vérité” de chacun » – subjectivisme – et les erreurs pour tous) car il n’y a qu’une seule Vérité (qui est donc nécessairement unique) tandis que les erreurs sont multiples.
    C’est que la Vérité, pour être Vérité, est nécessairement objective car elle s’impose à l’homme qui ne fait que la découvrir et non l’inventer. Sinon ce n’est pas la Vérité mais une (ou plutôt des) imaginations car l’erreur est multiple.
    Toute vérité s’impose en effet à l’homme de l’extérieur, comme on le voit dans les sciences expérimentales par exemple, et en matière religieuse c’est exactement la même chose : la Vérité, en matière religieuse, est imposée à l’homme par Dieu qui la lui révèle. Sinon l’homme ne peut pas connaître la Vérité religieuse.

C’est pourquoi l’amant de la Vérité est fier d’être un religieux… extrémiste et intolérant au niveau des principes !

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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JP B
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MessageSujet: Re: La Religion peut-elle être intolérante et extrémiste ?   Lun 12 Fév - 15:06


Seconde objection : L’intolérance et l’extrémisme relèvent du fanatisme digne du djihadisme islamique.


On l’aura deviné à la lecture du précédent post, du moins pour les lecteurs les plus perspicaces, la réponse à cette objection est déjà contenue en substance dans ledit précédent message.
C’est pourquoi il peut être répondu à la présente objection de la manière suivante :

L’intolérance et l’extrémisme, quand cela relève de la profession de la Vérité, nous l’avons vu ci-dessus dans le sermon de l’abbé (à l’époque) Louis-Édouard PIE sur l’intolérance doctrinale (dans les 3 derniers § de la citation recopiée par votre serviteur, avant les photocopies – dues à Benjamin : http://messe.forumactif.org/t7922p125-les-citations-de-benjamin#143835 – des pages 364-365 de l’ouvrage ainsi reproduit), l’intolérance et l’extrémisme, quand cela est en rapport avec la profession de la Vérité, ne relève aucunement du fanatisme (qui n’est que la manifestation excessive, brutale et souvent violente, d’un sentiment irrationnel) mais s’impose NÉCESSAIREMENT par le fait même que cela est en rapport, précisément, avec la Vérité.

Il est vrai que certaines personnes qui défendent objectivement la Vérité et prétendent combattre efficacement pour elle, peuvent tomber, ce faisant, dans le fanatisme.
Mais, dans ce cas, ce n’est pas l’intolérance et l’extrémisme propres à la Vérité elle-même et lui sont comme consubstantiels, qui sont la cause de cet éventuel fanatisme : c’est bien plutôt le fait que de telles personnes se laissent emporter par une passion excessive dans le combat pourtant juste qu’elles mènent et ne parviennent pas à rester dans la juste mesure décrite au post ci-dessus dans les citations de Monsieur l’abbé Hervé BELMONT.

Nous comprenons donc bien (ou nous devrions donc bien comprendre) par le précédent message, que le fanatisme (qui n’est, répétons-le, que la manifestation excessive, brutale et souvent violente, d’un sentiment irrationnel) n’a, de soi, rien à voir avec l’intolérance et l’extrémisme propres et comme consubstantiels à la Vérité. Car le fanatisme religieux, du moins le fanatisme fondamental, basé sur les principes essentiels et non sur l’accident d’une passion excessive, n’est le propre que d’une religion FAUSSE qui ne se réfère qu’à un faux dieu, ou, a fortiori, un polythéisme, et qui n’a donc pas de rapport avec la réalité des choses.



Dès lors, quand on professe et surtout défend la Vérité si souvent méprisée, tournée en ridicule par des caricatures ridicules et malhonnêtes, défigurée quand ce n’est pas attaquée de front, quand on professe et surtout défend la Vérité avec intolérance et extrémisme comme il se doit puisqu’il est indéniable que l’intolérance et l’extrémisme lui sont propres et comme consubstantiels, c’est-à-dire quand on professe et surtout défend la Vérité en matière religieuse, la Vérité de le Religion véritable et du vrai Dieu ; que l’on ne tombe pas pour autant dans l’excès du fanatisme (comme firent les Protestants massacrant les Catholiques, pillant les monastères et violant les religieuses [1] – ce qui appela nécessairement des représailles mémorables) ; cette profession et cette défense de la Vérité, pour autant intolérantes et extrémistes qu’elles soient nécessairement, n’ont rien à voir avec le djihadisme islamique. [2]

C’est que le djihadisme islamique ne défend pas la Vérité, laquelle ne vient seulement que de la Révélation du vrai Dieu transmise par l’Église qu’Il a fondée, mais il se bat pour une idée politique de domination universelle au nom d’une religion qui n’offre aucune preuves rationnelle ni aucun motif de crédibilité (contrairement à la Religion catholique avec toute son apologétique et, par exemple, ses millions de martyrs assassinés parce qu’ils avaient la Foi et ne voulaient pas apostasier attestant, en préférant mourir que de porter un faux témoignage, de la véracité de leur Religion [3]; et tous les si nombreux miracles qui jalonnent l’histoire de l’Église Catholique [4]), djihadisme islamique qui se réfère à un faux dieu (puisque ce n’est pas la Sainte Trinité [5]) qui n’est, en réalité, qu’un démon puisque ce n’est pas Dieu.

Notes
 :
  1. Cf. Jean GUIRAUD, Histoire partiale, Histoire vraie, Tome II, chapitre 14, p.329 et ss. puis les chapitres 15 à 17 inclus (de la page 345 à 432)…
    La description de ces chapitres 14 à 17, que l’on trouve dans la table des matières de ce tome II en pp. 466-467 (https://archive.org/stream/histoirepartiale02guiruoft#page/466/mode/2up) donne une idée de la chose :
    Citation :



  2. Nous verrons si Dieu veut, dans un prochain message, tout ce que l’humanité doit à la Religion chrétienne, c’est-à-dire catholique car toutes les sectes schismatiques ou/et hérétiques, prétendument “orthodoxes” (seule l’Église Catholique est, et peut être dite, orthodoxe), protestantes et autres, ont leur origine dans et par l’Église Catholique qui est celle (la seule) fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ.
    Il faut d’ailleurs remarquer que si l’Église Catholique avait dévié dans la doctrine établie par Notre-Seigneur Jésus-Christ comme le prétendent toutes ces sectes schismatiques ou/et hérétiques, nous ne voyons pas comment l’une d’elles aurait retrouvé la Vérité du divin Fondateur ! Il s’ensuit que si nous avions perdu cette divine Vérité, loin de la retrouver, tout le monde s’en serait encore plus éloigné… Or Dieu n’a pas fondé une Religion pour que les hommes la perdent. Donc, non seulement Il a fondé la vraie Religion, mais, de plus, nécessairement, Il protège Sa Sainte Église de toute déviation éventuelle. C’est du reste pourquoi les dépravations, les dissolutions doctrinales, du conciliabule vaticandeux, qui sont par trop manifestes, ne sont pas d’Église, ne peuvent pas provenir de l’Église Catholique mais d’une secte ennemie qui l’a infiltrée et noyautée… (Cf. l’Encyclique Pascendi Dominici gregis (http://w2.vatican.va/content/pius-x/fr/encyclicals/documents/hf_p-x_enc_19070908_pascendi-dominici-gregis.html) de St Pie X, n° 2 : « […] les artisans d'erreurs, il n'y a pas à les chercher aujourd'hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c'est un sujet d'appréhension et d'angoisse très vives, dans le sein même et au cœur de l'Eglise, ennemis d'autant plus redoutables qu'ils le sont moins ouvertement. […] » Souligné par JP B. Ce sont précisément ces « artisans d’erreurs » qui ont pris le pouvoir à la mort de Pie XII et l’on comprend, avec cela, les sentiments prémonitoires « d’appréhension et d’angoisse très vives » qui animaient St Pie X !…)

  3. Les djihadistes islamistes qui se suicident eux-mêmes volontairement en tuant de malheureuses victimes innocentes autour d’eux et qui s’autoproclament, ce faisant, “martyrs”, sont totalement différents ! Cela est évident pour qui regarde bien les choses…

  4. Quels ont les miracles chez les Mahométans, ou chez les Protestants comme chez n’importe quelle communauté schismatique, hérétique ou païenne ? Aucun !…

  5. Il est toujours dommage, sous bien des aspects, de se citer soi-même, mais, pour ne pas avoir à exposer des ouvrages trop ardus (car le sujet est fort difficile) qu’il soit permis à votre humble serviteur de renvoyer son aimable lecteur, au sujet de la Très sainte Trinité, à ce post (http://foicatholique.cultureforum.net/t3794-faut-il-croire-a-la-tres-sainte-trinite-pour-etre-sauve#19682), et à celui-ci (http://foicatholique.cultureforum.net/t3794-faut-il-croire-a-la-tres-sainte-trinite-pour-etre-sauve#32664) et celui qui le suit immédiatement.

On voit par là que l’accusation selon laquelle l’intolérance et l’extrémisme réellement catholiques, propres et comme consubstantiels à la Vérité, seraient digne du djihadisme islamique, est absolument fausse, téméraire et calomnieuse !…


En revanche, dans toutes les communautés schismatiques ou/et hérétiques [1], païennes [2] ou athées [3], on a toujours vu se développer le fanatisme de manière constitutif à l’essence des dites communautés :
  1. pour les communautés schismatiques ou/et hérétiques, nous avons vu cela dans la note 1 ci-dessus ;

  2. pour les communautés païennes, il suffit de voir de nos jours ce qui se passe, par exemple, en Birmanie de la part des Bouddhistes contre les Rohingyas musulmans, ou en Thaïlande (5 à 6% de Musulmans dans une population à majorité bouddhiste) ;

  3. pour les communautés athées, rappelons-nous les génocides de la Révolution dite française contre les Catholiques en tant que tels, ou ceux opérés derrière le rideau de fer ou celui de bambou…
Jamais, oh jamais ! nous avons vu de telles choses dans le catholicisme : même les croisades, faites pour défendre les pèlerins chrétiens en Palestine et non pour attaquer sans motif les occupants musulmans, ne présentaient rien de semblable ; les massacres des populations autochtones, s’ils ont véritablement eu lieu, lors des conquêtes dans les Amériques, sont dus non pour des motifs religieux mais à l’appétit de possession temporelle des conquistadors ; les sévices eux-mêmes contre les hérétiques à l’occasion de la sainte inquisition n’est pas le fait de l’Église elle-même qui ne cherchait qu’à les convertir mais du pouvoir séculier à qui, s’ils refusaient opiniâtrement de se convertir, elle les abandonnait… Rien, donc, de comparable entre la sainte et charitable Religion catholique et toutes les autres religions erronées !

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« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: La Religion peut-elle être intolérante et extrémiste ?   Mar 13 Fév - 21:24

Comme il a été indiqué dans la note n° 2 du précédent message ci-dessus, § 1, voici maintenant l’exposition succincte de tout ce que l’humanité doit à la Religion catholique.
À l’énoncé qu’en fait le Cardinal (à l’époque simple abbé, vicaire en la cathédrale de Chartres) Louis-Édouard PIE dans un sermon prêché en 1841 et 1847 sur « le sacerdoce, sa nécessite et sa véritable influence dans la société », et tiré des « ŒUVRES SACERDOTALES DU CARDINAL PIE, CHOIX DE SERMONS ET D’INSTRUCTIONS DE 1839 À 1849 », Tome I (Paris/Poitiers, H. Oudin, 1891), pp. 334 à 355 [pp. 376 à 397 du document PDF http://www.liberius.net/livres/OEuvres_sacerdotales_du_cardinal_Pie_(tome_1)_000000744.pdf], nous verrons qu’aucune autre religion n’a fait les apports de civilisation à l’humanité que celle-ci doit à la Religion catholique.

En page 335 (377 du document PDF) le rédacteur a écrit:

[…]

S'il arrivait donc qu'une société humaine mît son orgueil
à se suffire à elle-même, qu'elle se glorifiât d'avoir exclu
du milieu d'elle toute puissance qui ne serait pas exercée
directement en son nom, qu'elle affectât de proclamer que
toutes ses institutions sont laïques et qu'elles doivent l'être,
cette société qui ne chercherait qu'en elle-même son point
d'appui verrait infailliblement bientôt la morale publique
chanceler et s'anéantir.
[…]

C’est bien là, dans ce paragraphe, ce que l’on voit qu’il arrive de nos jours…

Au bas de la même page (335) il a écrit : « […] voici les deux idées principales auxquelles je m'arrête : 1° le sacerdoce a reçu de Jésus-Christ une puissance que rien ne peut suppléer sur la terre ; 2° le sacerdoce a été placé par Jésus-Christ dans des conditions qui doivent lui faire pardonner sa puissance. […] »

En page 336-339 (378-381 du document PDF) il a écrit:

[…]

I. Le monde était plongé dans les plus épaisses ténèbres.
Toutes les passions et toutes les erreurs se disputaient l'em-
pire de la terre. Le mensonge et le vice siégeaient dans
les temples et sur les autels ; ils régnaient dans les écoles
et les académies ; la synagogue elle-même était livrée à
un sacerdoce dégénéré et corrompu, qui s'asseyait dans la
chaire de Moïse et qui ne connaissait plus l'esprit de Moïse.
Pontifes des idoles et sages du Portique, philosophes et
poètes, princes des prêtres et pharisiens, tous avaient plus
ou moins altéré le dépôt des vérités fondamentales.

Et ce n'est point là, mes Frères, un lieu commun, un
thème de déclamations banales. Plus on étudie à fond l'é-
tât moral du monde ancien, plus on reconnaît que la rai-
son humaine s'était obscurcie, et qu'en perdant le fil des
traditions divines elle s'était égarée et ne pouvait plus se
reconnaître dans son propre domaine. Incapable de pro-
noncer d'une façon claire et absolue sur le vrai et le faux,
sur le bien et le mal, n'ayant que des barrières faibles et
incertaines à opposer aux mauvais penchants delà nature,
la philosophie pouvait varier ses maximes et prendre des
noms différents selon les différentes écoles où elle était
enseignée ; mais la seule philosophie pratique était celle
qui flatte les sens et qui favorise les instincts corrompus.

La vérité et la vertu semblaient s'être retirées dans les
cieux, quand, au milieu de la société défaillante, de la
société fatiguée de paradoxes et de sophismes, tout à coup
le Fils de Marie fit entendre sa voix. À sa parole, l'humanité
releva la tête. Pareille à l'aveugle qui retrouve enfin la
lumière, elle ne se lassait point d'entendre la doctrine de
Jésus. Ses discours avaient une autorité qui convainquait
les esprits, et une grâce qui satisfaisait tous les cœurs. L'ad-
miralion, l'étonnement étaient universels : jamais homme
n'avait parlé comme cet homme. Et ce qu'il disait, et la
façon dont il le disait avaient un égal ascendant. Car, nous
dit l'Évangéliste, il enseignait comme ayant puissance,
et non pas comme leurs scribes et leurs pharisiens, comme
leurs docteurs et leurs philosophes : Erat enim docens eos
sicut potc&tatem habem, et non sicat scribœ eorum et
Pharisœi
.
[…]

Pendant quelque temps, ce Dieu Sauveur parcourut une
province assez étroite, répandant par lui-même le double
trésor de la vérité et de la grâce. Puis, après avoir passé
par la croix et par le sépulcre, un jour, avant de remonter
dans les cieux, il rassembla, non point les rois ni les
sages, les gouverneurs ni les philosophes, mais douze
pauvres artisans qu'il nommait ses Apôtres : Recevez, leur
dit-il, recevez le Saint-Esprit : Accipite Spiritum Sanctum.
Puis, allez, et enseignez tous les peuples, et baptisez-les
au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Portez à toutes
les nations jusqu'à la fin des siècles la foi par votre ensei-
gnement, la grâce par le baptême et les sacrements.

Jésus-Christ avait parlé ; et comme, à sa voix, le soleil
aux premiers jours du monde s'était élancé dans les cieux
d'où il n'a cessé de verser des flots de lumière ; ainsi le
sacerdoce s'élanca dans le monde, soleil des intelligences
et des cœurs, pour les éclairer, les échauffer jusqu'à la fin
des siècles par les rayons brillants de la foi et la vivifiante
chaleur de la grâce.
[…]

[Le sacerdoce] prêche, et aussitôt après il baptise ; et comme il a reçu la
puissance de celui qui renferme la plénitude de la grâce
,
comme il baptise non seulement dans l'eau, mais dans
l'Esprit-Saint
, les mystères sacrés qu'il dispense renou-
vellent les âmes, touchent, convertissent les cœurs, adou-
cissent les caractères les plus féroces, civilisent les natures
les plus barbares, domptent les passions les plus cruelles
.
[…]

[…] et après avoir fait des martyrs, après avoir été surtout
martyr lui-même pendant trois siècles, le sacerdoce chré-
tien a renouvelé la face du monde. Dans le bain de la
vérité et de la grâce, dans le baptême de sa doctrine et
de son sang, il a régénéré la société
. Alors de nouveaux
jours se lèvent sur la terre
. Hier, c'était le vieux monde
payen avec tout son cortège d'infamies, c'est-à-dire,
c'était le règne insolent du démon parmi les hommes
.
Aujourd'hui, c'est le monde conquis à Jésus-Christ, c'est-
à-dire, c'est une image du ciel sur la terre.


[…] Le peuple était esclave ; le sacerdoce brise ses fers, il lui assure
la liberté mais une liberté soumise. Les empereurs elles
rois étaient des tyrans, des bêtes féroces ; le sacerdoce les
adoucit et les humanise
, au besoin il a des foudres et des
anathèmes pour la tyrannie des rois comme pour la rébel-
lion des peuples. La femme était déshonorée et flétrie ; le
sacerdoce la réhabilite
 ; il lui rend à la fois sa dignité et
sa vertu
qu'elle avait oubliée et perdue dans les oppro-
bres. Les pauvres étaient méprisés ; le sacerdoce les cano-
nise, et il leur apprend à aimer et à honorer leur posi
tion. Le peuple était ignorant ; le sacerdoce l'instruit, et les
lumières qu'il lui donne ne le conduisent pas dans la voie
des abîmes. [1]
[…]

(Souligné en gras ou/et d’un trait par JP B qui ajoute cette note :
[1] Contrairement aux prétendus “philosophes” du même nom [les “lumières”] du XVIIIe siècle.)

En page 343 (385 du document PDF) le rédacteur a écrit:

[…] Le sacerdoce fondé par Jésus-Christ s'adressait à l'âme, il
l'élevait au-dessus de ce monde grossier, il la nourrissait
des principes de la foi, il fortifiait sa faiblesse, guérissait
ses blessures par les sacrements qui répandent la grâce.
[…]


En page 345-346 (387-388 du document PDF) il a écrit:

[…]

Entendez ce récit des Actes des Apôtres : Il y avait un
certain Simon, charlatan célèbre, qui avait séduit toute la
contrée de Samarie. Il avait fasciné tous les yeux par ses
enchantements ; tous l'écoutaient depuis le premier jus-
qu'au dernier, et disaient : c'est lui qui est la grande vertu
de Dieu. Ce Simon ayant vu les prodiges opérés par les
Apôtres, les morts ressuscités, les paralytiques et les boi-
teux guéris, se sentit vaincu ; les signes et les miracles
excitèrent son admiration et aussi son envie. Il va donc
trouver les Apôtres, et leur offrir une somme d'argent en
leur disant : Donnez-moi aussi ce pouvoir, afin que
ceux à qui j'imposerai les mains reçoivent le Saint-Esprit.
Mais Pierre lui répond : Que votre argent périsse avec
vous, puisque vous avez cru que le don de Dieu pouvait
s'acquérir à prix d'argent. Vous n'avez aucune part, aucun
droit à ce ministère. Faites pénitence de la mauvaise
pensée que vous avez conçue, car je vois que vous êtes
« dans le fiel de l'amertume et dans les liens de l'iniquité. »

M. F., ce que Pierre dit à ce charlatan célèbre, l'Eglise
de Jésus-Christ aurait à le dire à ces nouveaux Simon, les-
quels voudraient emprunter, acheter, s'arroger la vertu de
notre sacerdoce, sans en subir les obligations ni les charges,
tout prêts à tourner contre Dieu et l'Eglise le don qu'ils en
auraient reçu.

[…]

La puissance humaine s'aperçoit qu'elle est débordée,
que la terre tremble sous ses pieds, que l'ordre public
chancelle, que la propriété est compromise, et elle appelle
l'évangile à son aide, mais c'est encore en lui faisant des
conditions. La société veut de tous les bienfaits de la reli-
gion et du sacerdoce, mais elle ne veut pas de leur in-
fluence. Et si le sacerdoce prend trop au sérieux, l'appel
que lui fait la société, celle-ci s'alarme toute coup. Rien
n'effraierait cette pauvre malade comme la présence visible
et avouée du médecin ; elle voudrait être délivrée du mal
qui la ronge, mais avant tout elle a horreur du remède.
La société actuelle ne veut devoir à l'évangile que ce qu'elle
ne peut absolument se procurer sans lui.
[…]


Et en page 349-350 (391-392 du document PDF) il a écrit:

[…]
M. F., voilà la façon de penser, voilà le fond de l'âme de
beaucoup d'hommes de nos jours. Ils aimeraient mieux
voir périr la société que de laisser la religion exercer la
légitime influence que Dieu lui a donnée. Ils ne peuvent
contenir leur jalousie, en voyant les signes et les prodiges
qui s'opèrent par les mains du sacerdoce. L'éclat de cet astre
blesse leurs paupières envieuses. C'est bien mal, en effet,
que Dieu se soit ainsi rendu nécessaire, et qu'il n'ait pas
fait sa créature assez puissante pour qu'elle se passe
de lui !

Mais ici, M. F., voyez en quelques mots combien la société
humaine est peu fondée à se montrer ainsi jalouse et en-
nemie des prérogatives du sacerdoce catholique. Je ne
développerai pas cette seconde proposition ; je ne ferai
qu'en indiquer les preuves.


II. Si le sacerdoce exerçait en son propre nom, et non
pas au nom de Dieu, ses fonctions augustes ; si ce glorieux
ministère était l'apanage exclusif d'une condition privi-
légiée ; enfin si le pouvoir spirituel dont il est investi
était sans tempérament et sans correctif, ah ! je pourrais
comprendre la jalousie des hommes. Mais il n'en est pas
ainsi, vous le savez, mes Frères.

Le sacerdoce se présente aux hommes, non point en
son nom, mais au nom de Dieu et de Jésus-Christ, son Fils.
Le prêtre n'est point un souverain ; il n'est qu'un ambassa-
deur : Pro Christo ergo legatione fungimur. S'il parle, c'est
parce qu'il est l'envoyé du Roi, son maître. Il a reçu du
ciel les vérités qu'il annonce. Les faveurs qu'il dispense,
il n'en est que le canal. Soit qu'il enseigne, soit qu'il bap-
tise, soit qu'il lie, soit qu'il délie, c'est au nom du Fère, du
Fils et du Saint-Esprit. Sa personne, le prêtre en fait volon-
tiers l'abandon, ou du moins il le doit faire. Mais comme
le maître qu'il représente doit être connu et glorifié,
voilà pourquoi le prêtre soutient et défend sa dignité
d'ambassadeur. Du reste, il n'exerce ici-bas d'autres droits
que ceux de son maître. Mon royaume n'est pas de ce
monde, a dit Jésus-Christ ; et le prêtre de Jésus-Christ ne
s'occupe des choses de ce monde que dans leur rapport
avec les intérêts des âmes.
[…]


Cela se passe d’autre commentaire…

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: La Religion peut-elle être intolérante et extrémiste ?   Mar 20 Fév - 13:56


Pourquoi l’Église Catholique, intransigeante dans les principes parce qu’ils sont l’expression de la Vérité intransigeante en elle-même, est-elle la seule à ne pas donner prise au fanatisme
 :


Parce que
  1. comme le démontrent la sainteté de son divin Fondateur, la sainteté de sa doctrine on ne peut plus raisonnable, et la sainteté de tous ses nombreux vénérables, béatifiés et surtout canonisés, elle est La Sainte Église (voir également http://foicatholique.cultureforum.net/t2138-hors-de-l-eglise-point-de-salut-catholique-vs-conciliaire#34524) ; 

  2. comme le démontre, quand on l’examine attentivement, la vie dépravée de tous les autres fondateurs (Mahomet 1., Luther, Calvin, Henri VIII d’Angleterre, Joseph SMITH, Charles RUSSELL, etc.) ou adeptes (scribes et Pharisiens, Anne et Caïphe ; tous les Islamistes ; la plupart des Protestants 2. de tout poil ; Élisabeth Ire et ses persécutions contre les Catholiques en Angleterre ; etc.) de toutes les autre religions (nous ne citons que les religions monothéistes) l’Église Catholique est SEULE à être sainte.
    1. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pouses_de_Mahomet
      Cf. entre autres Aïcha https://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%AFcha qui avait 6 ou 7 ans quand elle a été mariée à Mahomet…

    2. Voir Jean GUIRAUD, Histoire partiale, Histoire vraie, Tome II, chapitre 14, pp. 329 et ss. puis les chapitres 15 à 17 inclus (de la page 345 à 432)…
      La description de ces chapitres 14 à 17, que l’on trouve dans la table des matières de ce tome II en pp. 466-467 (https://archive.org/stream/histoirepartiale02guiruoft#page/466/mode/2up) donne une idée de la chose…

  3. La sainteté de l’Église Catholique, qui n’appartient qu’à elle seule, fait qu’elle est la seule à rester, dans l’application de ses principes (par eux-mêmes intransigeants parce qu’ils sont l’expression de la Vérité intransigeante en elle-même) dans le juste milieu, ou plus exactement la juste mesure, dont il a été question dans ce post http://foicatholique.cultureforum.net/t4851-la-religion-peut-elle-etre-intolerante-et-extremiste#34513) comme le démontre
    1. toute l’histoire du catholicisme ;
    2. tous les fanatismes mis en œuvre dans toutes les autres religions et les violences de l’athéisme révolutionnaire, comme cela a été montré dans ce post (http://foicatholique.cultureforum.net/t4851-la-religion-peut-elle-etre-intolerante-et-extremiste#34515), qui relèvent du déséquilibre dans l’EXCÈS ;
    3. tous les principes libéraux anti-catholiques, laxistes et indifférents sur le plan de la religion et donc de la vérité (et donc nécessairement erronés) et sur le plan de la morale, prétendus “neutres” (en réalité athées modérés), qui relèvent du déséquilibre dans le DÉFAUT, la PRIVATION.

    Seule, donc, l’Église Catholique est dans le juste milieu, la juste mesure.

Il s’en,suit nécessairement qu’elle ne peut pas donner prise au fanatisme.

_________________

Jean-Paul BONTEMPS
 
Pour la plus grande gloire de Dieu et l’honneur de Notre-Dame, par le triomphe de notre Mère la Sainte Église Catholique, Une et Apostolique, laquelle est traditionnelle (telle qu'avant le conciliabule vaticandeux) et non moderniste.
 
« Il n’y a pas de liberté, sinon dans la vérité; la “liberté” de l’erreur est le délire de la liberté de la perdition. » (Sodalitium, calendrier 2013, p. 5.)

« car la liberté nous est donnée pour choisir tel bien plutôt que tel autre, et non pas entre le bien et le mal qui marque plutôt un infirmité de notre liberté. » (CATÉCHISME MARIAL - Par Henri-Marie Guindon, S.M.M. - 1947 - p.14. Source.)
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MessageSujet: Re: La Religion peut-elle être intolérante et extrémiste ?   

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La Religion peut-elle être intolérante et extrémiste ?
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